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Comme un écureuil…

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Est-il mignon…

Tout a commencé à mon adolescence. L’adolescence est un moment magique atroce où l’on ne sait plus qui l’on est, qui que l’on va devenir, mais où pointent tout de même des traits de caractères qui vont aller en s’affirmant et s’accentuant (au secours !!!!)

Donc, j’avais 14 ans et si ce n’est pas l’adolescence en plein, vous repasserez un beau jour. C’était donc en l’an 1000 avant JC (Jules César) et fleurissait dans les magasines une publicité pour une ombre à paupières.

A l’époque où que j’étais bête et en pleine restructuration (déjà), et là je fais appel à mes lectrices de la même génération que moi, genre 1956/1962 pour date de naissance, existait un magasine qui s’appelait “Mademoiselle Age Tendre”. Je l’achetais régulièrement (enfin maman me l’achetait en soupirant  et en regrettant que je ne lise plus “Lisette” ou “15 ans fillette”). Tous les ans, ce mensuel élisait une “mademoiselle Age tendre” (qui enterrait miss France) + 2 dauphines. Les dauphines ont mieux réussi que les mademoiselle Age tendre en règle générale. Pour exemple : la mère de Marcel Pagnol dans “la gloire de mon père” et “le château de ma mère”, est Nathalie Roussel : une dauphine de l’élection d’une certaine année… (Alzaeïmer frappe quand il veut)

Quel rapport avec les écureuils se demandent les malheureux qui sont arrivés là par hasard avec une recherche gogole mentionnant “écureuil” ? Aucun. Il n’y a aucun rapport, c’est juste une introduction pour une publicité d’ombre à paupières… Et un rappel sur le fait que l’écureuil fait des réserves… (dont il oublie le lieu, moi pas)

Donc une dauphine élection Mlle Age Tendre, vantait les mérites d’une ombre à paupière comme maintenant ils n’oseraient jamais en vendre. Une base bleue ou verte bien flashant à bien tartiner. Rajouter du lumineux avec le deuxième pinceau, via des paillettes. Troisième couche avec deux ou trois étoiles à coller sur le tout. Hideux, maintenant que j’y pense.

Meilleure amie et moi rêvions de cette ombre à paupière qui nous agressait dans tous les journaux que nous lisions (le monde, figaro, science et vie…). Un beau WE nous voici chez Mrs Morgan dans sa maison de campagne. Meilleure amie adorait y aller, moi aussi (c’était magique). Mrs Morgan était une femme de grande intelligence, de haute culture, ET sophistiquée à mort, avec un goût très sûr.  Il fut acquit pour elle que nous ne pourrions survivre sans cette ombre à paupière qu’elle qualifiait “d’atroce“, et nous donnat généreusement 500.000 dollars à claquer dans la parfumerie de son bled. Petit bled, mais parfumerie trèèèèèèèès bien pourvue, car pourvoyant à 50 Km à la ronde.

En ce qui concerne l’ombre à paupière en 4 teintes, je pris le vert, meilleure amie le bleu. Au passage je pris également de “l’air du temps”, meilleure amie n’osat pas : c’était ma grand mère et pas la sienne qui payait la facture.

En rentrant, meilleure amie, se maquillat immédiatement. Si Mrs Morgan souffrait d’un théorique problème cardiaque, il ne se manifesta pas ce jour là. Quant à moi, je rangeais soigneusement mon ombre à paupière pour “le jour où”…

Ah, vous voyez pointer l’écureuil… Oui, je n’allais pas séduire l’élu avec cette ombre à paupière verte. Je la gardais pour quand je sortirais avec lui. Donc l’ombre à paupière c’était pour plus tard, un jour… Elle n’a jamais été utilisée…

Depuis mon adolescence, c’est horrible ce que j’ai pu acheter comme ça, pour plus tard, pour “quand”. Le sérum que je mettrai quand j’aurai mauvaise mine, l’anti ride que je mettrai quand j’aurai un jules. Le merveilleux maquillage que j’utiliserai pour quand je passerai à la télévision… Tout ceci gardé précieusement pour le jour où (n’importe quoi fait l’affaire)… Et je continue à faire des réserves pour l’avenir…

Les filles ont vite repéré à l’adolescence qu’il y avait des choses dans mes placards de salle de bain, intactes et non descellées… Mouth n’y verra que du feu, et comment que je lui pique ses collectors Dior et Yves Saint Laurent pour moi m’en servir. Sauf que Mouth a rencontré un mec et qu’elle recherche le collector Yves Saint Laurent acheté il y a 3 ans mais toujours intact, pour se faire une mine de rêve. Mouth hallucine : disparu de sa salle de bain (au prix que ça coûte, au pire elle pensait les renvendre sur internet, les collectors ça vieillit bien et c’est très demandé, pour payer sa vidange).Les filles interpellées d’urgence ramènent un collector avec bouchon cassé et poudre diminuée de moitié. Ou comment ne pas trucider sa descendance parce que cela ne se fait pas.

Je peux affronter une grève des parfumeurs et para-pharmacies avec sérénité : j’ai de quoi me tartiner la peau pour les 120 ans à venir… Oui j’ai tout acheté pour plus tard… Ce n’est pas maintenant… Maintenant j’utilise une crème ruineuse (+ le contour des yeux qui va avec) donnés par Pulchérie qui travaille dans une boîte de luxe.

Je l’aurais bien gardée pour plus tard, au cas où, mais quand elle viendra, ell va vérifier que je me sers bien de sa crème. Je n’avais pas le choix (d’un autre côté elle est super, j’aurais eu tort d’attendre…).

Ce syndrôme ne m’atteint que sur le produit de beauté ou de maquillage, de luxe, voire même le parfum… J’ai ainsi quelque part à la maison, mais je ne sais plus où, deux poudres libres de Caron, dont finalement je me servirais bien actuellement. Malgré leurs dénégations, je soupçonne les filles (hou la vilaine mère !) de les avoir poudrenapées.

Par contre, du jour où j’ai utilisé le produit une fois, je vais jusqu’au fond, sauf si bien entendu il me donne des boutons…

Et vous, vous gardez quoi pour l’avenir “un jour” (en vous souvenant de la planque, contrairement aux écureuils) ?

Posté le 5 février '07 par Calpurnia, dans Nos grands moments de solitude. Pas de commentaire.

La cuisine d’Alphonsine

Alphonsine_et_la_cuisine_JF7587_001Alphonsine se retrouva donc mère de famille avec 4 fils nés respectivement en 1911, 1912, 1913, 1914, tous les quatre un 15 août (pratique pour fêter les anniversaires), comme je l’ai déjà précisé, mais il y a des distraits…

La grande guerre interrompit ses galipettes avec l’oncle Jules qui partit au front d’où il revint intact à la fin, sans avoir fait de petit permissionnaire. Pendant son absence, elle avait apprit certains trucs (je reparlerai des “trucs” de la tante Alphonsine en règle générale, et non, ce n’était pas l’avortement) et renonça à tenter la petite fille qui ne viendrait peut-être jamais.

Elle avait Mrs Morgan sa nièce qui habitait 3 maisons plus loin (depuis que Jules et elle avaient émigré sur Rambouillet), et se faisait martyriser par ses 4 cousins, et elle lui servit de deuxième mère et de mère tout court au décès de mon arrière grand mère, bien trop précoce, Mrs Morgan n’ayant que 15 ans et sa mère 38.

5 mâles à la maison, les 4 fils sur le modèle du père… Qui grandirent rapidement et s’incrustèrent un peu chez leurs parents. A une certaine époque, elle se retrouva nantie d’un mari, et de quatre fils de 20, 19, 18 et 17 ans. L’horreur absolue, pour moi en tous cas…

Elle avait beau avoir “une domestique”, elle n’en était pas moins débordée et la guerre des boutons, la grève du sel, cela allait un moment, il fallait se renouveler, ce qu’elle faisait constamment, sans abandonner pour autant l’arme de préférence (les boutons). Mais tante Alphonsine avait de la ressource et plus d’une, je peux vous l’assurer.

Dès l’ouverture de la chasse (c’était une famille de chasseurs), elle devait passer ses weeks end toute seule, ses 5 hommes étant tranformés en 5 déserteurs le samedi et le dimanche, qui rentraient le soir harassés par une dure journée, en costume faisant “splotch” en tombant par terre dans l’entrée, en bottes crottées qui traînaient ça et là, et qui lui laissaient 5 lapins à vider et dépouiller et 7 faisans à plumer… Ceci sans compter les deux chiens de chasse dont elle s’occupait toute la semaine, et qui s’écroulaient cannés, devant la cheminée en embaumant le chien mouillé.

Un jour de fermeture de la chasse, elle avait bien précisé que “qui tue, se débrouille avec son gibier” “et qui chasse s’arrange avec son costume”… Naturellement le mâle fut sourd à l’allusion, on le reconnaît bien là…

Cette année là, là là là, les hommes rentrèrent le samedi soir pour laisser tout en vrac dans l’entrée de la jolie maison, et déposèrent glorieusement leurs victimes sur la table de la cuisine. Alphonsine attendait tout le monde avec le sourire, et après leur douche, les 5 hommes trouvèrent l’appéritif servi et une mère et épouse souriante devant le champagne offert. Ce soir là, on dînait dans la salle à manger et non pas à la cuisine. C’était la fête ! Chic elle n’était pas fâchée d’avoir passé sa journée seule !

Je me dois de préciser qu’à l’époque on se devait de manger ce qui était servi à table et qu’un “berk” était inadmissible, même de la part du chef de famille qui se devait de donner l’exemple (ce dernier n’étant pas du genre à mettre une trempe à sa femme pour cause de poulet trop cuit…). Il y avait eu la grande guerre et une autre menaçait, quant à l’argent il se gagnait difficilement. Bref on terminait son assiette et son pain.

Dans la joie et la bonne humeur  devant la belle nappe sortie, les 5 hommes virent arriver une soupière fumante. Les deux survivants, Louis et Léon, s’en souviennent encore. DE LA SOUPE AU POTIRON, POTIRON CUIT DANS LE LAIT. Ils détestaient tous cela. Mais mangèrent tout de même sans piper, l’assiette bien LARGE servie par leur mère et épouse. Tante Alphonsine elle, se régalait. Elle ADORAIT la soupe au potiron et s’en privait régulièrement.

Après ENDIVRES AU GRATIN. Ils détestaient également les endives (elle non), elle les avait choisies bien grosses, avait un peu-beaucoup pleuré la béchamelle, le jambon n’était qu’une mince lamelle insuffisante, et elle n’avait pas mis de fromage pour ne pas “tuer” le goût de l’endive.

Pour terminer du RIZ AU LAIT trop cuit. Ils détestaient le lait tous les 5, elle était la seule à en consommer. Le repas s’acheva sur un mal de tête atroce de la tante Alphonsine qui s’excusa en gémissant d’aller se coucher en les laissant défaire le couvert, dépités, car ils savaient à peine comment faire…

Le lendemain matin, leur mère et épouse ne s’étant pas levée la première comme de coutume, ils retrouvèrent la vaisselle sale dans l’évier, le gibier sur la table de la cuisine et les costumes figés par la boue dans l’entrée, ainsi que le café pas fait… Ils méprisèrent et enfilèrent leur costume de la veille en soupirant, pour aller prendre leur café au troquet du coin. Ils avaient tort de mépriser…

Le soir : FIN DU POTIRON EN SOUPE, CERVELLE DE BOEUF AUX EPINARDS, TARTE AUX POTIRONS (une recette venue d’amérique mes amours…). Le gibier commençait à sentir légèrement dans la cuisine et la migraine d’Alphonsine s’incrustait (et apparement quand elle avait la migraine, elle avait la migraine… l’oncle Jules avait du mal à supporter).

Le lundi soir : Alphonsine couchée et dolante, avec une envie de vomir anormale. Rien pour le diner que des restes de cervelle de boeuf aux épinards figés. Conciliabule des mâles : enceinte (elle avait encore l’âge)  ? Malade ? Le gibier étant la cause des nausées vu qu’il était grand temps de s’en occuper ? et les costumes et bottes toujours figés dans l’entrée… Les 5 hommes se mirent à vider, dépouiller, plumer, au bord de la nausée “mais comment fait-elle ?”. Ils s’occupèrent de leurs costumes de chasse et nettoyèrent même l’entrée jusqu’à ce qu’elle brille. Au passage ils firent la vaisselle en maugréant que ce n’était pas un travail d’homme, et qu’avait donc fait la domestique ce beau lundi ? (elle avait nettoyé toutes les lampes comme si c’était urgent…)

C’était donc ça. Le mard : exit une grossesse de plus : rillettes de lapin (où est passée cette P… de recette ?), faisans fricassés au chou et aux lardons, tarte aux pommes.

La saison de chasse se passa bien… Sauf quelques boutons ça et là, qui fuguèrent des costumes, mais les fils étaient plus avisés que le père….

Posté le 3 février '07 par Calpurnia, dans Notre vie quotidienne à nous les femmes. Pas de commentaire.

La guerre des blogs…

Quand j’ai débuté sur la blogosphère, j’y ai trouvé un ton, une politesse exquise, une courtoisie rare de nos jours… Un vrai plaisir.

Qui reste un vrai plaisir, sur mes blogs amis. Certains ont disparu de ma liste ou de mes favoris, comme par zazard

Car tout à coup, des rixes, des batailles, des 160 commentaires (dont 80 de la blogueuse et 40 de ses fans qui font que forcément ça fait du com), du “c’est mon style”, “je l’ai fait la première” “j’ai déposé un copyright”, et gnagnagna + une horde de chiens policiers vous tombant dessus si vous avez l’indélicatesse d’être choqué par quelque chose et de le dire…

Qui font que MA MECHANTE a tout dit et excellement bien !

Bisous à ma Pulchérie d’amour (dont je me souviens d’une bêtise dont bientôt vous allez rire ! d’ailleurs j’y cours (écrire le post))

PS : ici ça restera convival je l’espère, merci d’avance !!!

Posté le 2 février '07 par Calpurnia, dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

Je saute de joie !

SourireCe soir juste un petit post (demain je ferai mieux, promis si ça part dans les temps !)
Je saute de joie de savoir que l’argent de mes nombreux impôts a servi à la police scientifique pour faire les tests ADN ad hoc pour retrouver des voleurs de scooter… (qui ont été arrêtés, bien fait !) Je suis ra-vie, de savoir que cela pouvait se faire.
Ma mémoire flanche-t-elle ? Après le cambriolage dont ont été victimes Mrs Bibelot et Jean Poirotte, il n’y a même pas eu de relevé d’empreintes ou de ramassage de cheveux ou poils suspects… Quant aux nombreux scooters qui ont été un beau jour retrouvés (tu parles Edgard),  je n’ai jamais entendu dire qu’ils étaient passés au peigne fin par nos fins limiers (scientifiques ou pas)
Espérons que cela fera jurisprudence !
Bon d’accord, c’est cher le test ADN, mais la justice n’a pas de prix (et notre connerie non plus, sans doute ! parce que soit c’est vrai et c’est un scandale tout bonnement, soit c’est faux et on nous prend encore plus pour des cons qu’avant hier, c’est dire…)

Si vous êtes victimes de quoi que ce soit, n’hésitez surtout pas à exiger tout le bataclan, surtout n’hésitez pas : tests ADN, relevés d’empreintes, chiens policiers, et surtout tannez les, et débordez bien les tribunaux de vos légitimes requêtes…

Une sorcière qui a mauvais esprit, mais alors à un point pas possible.

Posté le 30 janvier '07 par Calpurnia, dans Coup de gueule. Pas de commentaire.

Mon autre grand père

RolandVoici le deuxième de mes grands pères à vous présenter : le papa de Jean Poirotte.

Pas rigolo le grand père allez-vous dire avec mauvais esprit. Cette photo date de 1943 alors qu’il purgeait sa peine pour un crime non commis dans un stalag du nord est de l’Allemagne. (où çà pèle à mort l’hiver au cas où vous ne le sauriez pas…, et où c’est vraiment trop chaud l’été quand on travaille pour n’importe qui et surtout les nazis)

Capturé en juin 40 en pleine débâcle, sur une plage de Veule les roses, il était parti, un peu confiant, comme tous les prisonniers de 40, pour l’Allemagne. ON racontait que les allemands renverraient très bientôt les prisonniers chez eux, qu’ils ne pouvaient pas nourrir toutes ces bouches inutiles. En fait il y resta 5 ans. Sur cette photo il a la trentaine, autre chose à faire qu’à moisir en allemagne de l’est, et le regard joyeux du prisonnier qui se bidonne à mort tous les jours (chez lui on ne creusait pas de tunnel, non…).

Il est parti trop tôt, alors que stupidement nous ne nous y attendions  pas, alors que c’était évident, mais que personne n’a voulu voir l’évidence. J’avais 20 ans. Je l’adorais, mais non pas  comme l’autre, après, que j’ai eu pour longtemps. C’était différent, peut-être parce qu’il est parti trop tôt. Celui là, je pense que j’en étais secrètement amoureuse quand j’étais petite. Je le trouvais beau et j’aimais son regard mélancolique, sa voix douce (alors que je trouvais l’autre grand et fort et criant facilement). Je n’ai pas eu le temps de le connaître vraiment. Je l’ai connu trop tard au travers les livres qu’il aimait (et que sa femme m’avait spontanément donnés), en me disant qu’il était dommage qu’il ne soit plus là pour parler avec moi de ce qui était important pour lui, et moi soudain. J’en reparlerai…

Car quand je l’ai vraiment connu, il était trop tard et il reste le regret éternel à jamais de ma vie. C’est sa perte qui m’a donné l’envie de profiter de ceux qui restent, et c’est aussi une autre histoire… Mais depuis qu’il est parti, je pense souvent à lui, à ce que l’on aurait pu se dire, aux recherches qu’il avait faites et que j’ai fait moi même à mon tour, comme par hasard.

Il parlait peu de la guerre et de sa captivité “quand j’étais prisonnier”. Depuis que j’étais née, je savais qu’il avait été “prisonnier”. Cela faisait partie de la culture familiale, ce côté “prisonnier”, c’était plutôt glorieux. Généralement quand il se laissait aller, c’est parce qu’il avait ce que l’on appelle vulgairement un “coup dans le nez”. Ma grand mère détestait qu’il ait un coup dans le nez alors il évitait. Mais parfois, Noël ou autre moment, très rarement le laissaient avec un verre de trop et là il parlait. Comme toutes les personnes secrètes, il était l’illustration vivante du dicton “in vino veritas” (et moi qui déteste les dictons…)

J’avais 15 ans et j’étais donc très con, parce qu’à 15 ans on est très con, la première fois où il se laissa aller vraiment devant moi. Nous passions notre mois de juillet les parents et nous, en vacance avec lui et sa femme, tous les ans depuis que j’étais petite. Quitte à sacrifier une journée  ou deux de plage, je partais et rentrais avec eux depuis plusieurs années. Il avait pour moi quelque chose de magique et le couple qu’il formait avec ma grand mère aussi. Mes autres grands parents étaient divorcés, et à l’époque c’était quasi la honte et interdiction en tous cas de prononcer le nom de l’un ou l’autre devant l’un ou l’autre : c’est toujours confortable pour un enfant.

Nous étions rentrés de Bretagne, et avant de me déposer chez l’autre grand père et de prendre ses quartiers d’août à 100 mètres, chez les parents de sa femme (en fait il travaillait en août et profitait du Paris qu’il aimait tant et ne rentrait que le WE), tradition pour lui : restaurant.

Il avait estimé que j’étais suffisement grande pour apprécier un bon restaurant, et il apprécia les bons vins (et moi les bons plats). Il fut convenu que sa femme prendrait le volant après, et il me raconta soudain, comment que c’était bien quand qu’il était prisonnier en Allemagne.

J’avais déjà sû par lui un soir de confidences, peu de mois auparavant, après avoir visionné un film de guerre propre américain des années 60, que la guerre c’était super drôle quand c’est la débâcle et que l’on meurt de trouille, que l’on s’endort d’épuisement à côté d’une batterie de 75 (il était dans l’artillerie) et de mourir de soif en attendant de monter dans un train qui va faire un très long chemin… Je savais aussi que la guerre c’est les morpions, les poux, la dysenterie, la pluie mortelle pour les mycoses s’incrustant, et de manière anectodique,  le copain coupé en deux de manière pas franche par un obus, qui va hurler pendant des heures sans qu’on ne puisse faire quoi que ce soit pour lui avant qu’il ne crève en demandant “pourquoi ???? Je veux ma mamannn !” ‘Je n’ai rien fait de mal ! Aidez moi !!!!”. J’étais archi anti-guerre et héroïsme tellement beau dans les films et tellement moche quand il se lâchait…

Sur le coup j’ai cru qu’il voulait plaisanter quand il a commencé à parler de “quand j’étais prisonnier”, mais rien n’était drôle. En plus, des larmes coulaient par moment de ses yeux et pour la première fois devant moi il intima l’ordre à sa femme qui voulait le faire taire, de “la boucler”. Il fallait que je sache. Et j’ai compris surtout que mon grand père pouvait pleurer et que ce soir là c’était l’option obligatoire, sinon il s’ouvrait les veines pour se punir d’avoir survécu…

C’était tellement drôle, ces hommes morts du typhus, de la dysenterie, de n’importe quelle pneumonie ou bronchite dans le stalag de rêve. On enterrait les copains, tu comprends ? les allemands prenaient juste des photos et gentiment nous donnaient les tirages. On écrivait à la femme et aux enfants en France qu’il ne fallait plus attendre. Et puis un beau jour, bombardement ! Clac une bombe en plein sur le cimetière. Youpeee !

C’est hilarant d’aller ramasser les morceaux du copain enterré il y a 6 semaines. Il fallait le faire quand même, en attendant son tour… Ou le prochain bombardement, et enterrer à nouveau ce qui jadis avait été un ami… Là les larmes coulaient vraiment et j’étais pétrifiée. Un grand père ça ne pleure pas et ça n’a jamais été malheureux !

Son tour n’était pas pour cette époque là. Il rentra, malade et épuisé, amer et désabusé, car rentra mal. Sur le chemin du retour, au gré des campements d’infirmerie avec leurs antibiotiques salvatrices : les camps, les vrais. Les vrais morts vivants, l’horreur absolue, ceux qui lui retiraient le droit de se plaindre.

Parfois, certains noëls il demandait à papa “ma chanson“. “Nuits et Brouillards“. Pour un noël c’est super gai ! Papa chantait seul en s’accompagnant de sa guitare, et nous regardions le grand père pleurer silencieusement dans son coin, mal à l’aise et peu pressés de comprendre. En plus, un grand père ça ne pleure pas !!! Un grand père c’est un grand père, ce n’est pas un homme. Un père non plus d’aileurs et je l’ai dit un jour à Jean Poirotte “oui mais toi tu n’es pas un homme !”.

Les photos d’avant la guerre sont différentes, c’est lui déjà, sauf le regard. Le regard n’est pas le même, il est joyeux, il pétille, il a la vie devant lui mon grand père. Après il a toujours gardé ce regard de ceux qui savent, qui ont vu, qui n’ont pas vaincu, et qui ont souffert. Il avait le regard de ceux qui ont touché la souffrance, l’abîme et l’horreur et après cette visite, les yeux ne changent plus. J’ai vécu chez un autre de ceux que j’aime cette perte du regard, fort heureusement restauré. Chez lui, rien n’a pu y faire, il a terminé sa vie avec son regard triste et mélancolique que j’aimais tant.

Les yeux, le regard, sont le miroir de l’âme dit-on, et j’ai peine pour lui, franchement, de ses souffrances tellement présentes en lui qu’elles l’ont peut-être empêché de profiter de ce que la guerre lui avait laissé devant lui. Je souffre pour lui de ce regard que j’aimais tant pourtant, qui maintenant m’explique la maladie de l’âme qui l’avait touché alors qu’il était bien trop jeune. En fait il ne s’est jamais pardonné d’avoir survécu.

Il est celui de mes grands parents qui a vécu le plus difficile, je l’ai perdu trop tôt, et là encore, j’ai envie que l’on sache qu’il a existé et que depuis le 28 août 1978, je l’aime toujours…

Pour ceux qui ont le courage, lire “le choix de Sophie”.

Une sorcière qui n’en a pas terminé avec ses grands pères…

Posté le 29 janvier '07 par Calpurnia, dans Chroniques d'une vie ordinaire. Pas de commentaire.

Au secours !

Au_secours_53329701_copierTout le monde sait (à moins de vivre sur une île déserte sans téléphone et sans internet, l’enfer sur terre) que le 1er février la loi anti tabac entrera en France en vigueur en partie, parce que l’on laisse le temps à certains de s’organiser (et qu’en France on fait toujours tout à moitié, c’est comme ça, faut s’y faire).

S’organiser c’est mettre en place une réelle salle fumeur, bien à part de la salle non fumeur, et dûment aérée suivant des normes très strictes qui permettront à certains ministres ou membres du gouvernement actuel de gagner plein de sous, parce qu’ils ont des actions dans les sociétés qui vendent les “aérateurs extracteurs” aux normes. J’ai mauvais esprit comme pas possible.

Depuis trois mois, mon patron (fumeur) se torturait l’esprit concernant cette loi et son application.

Nous avons depuis longtemps un lieu “fumeurs” dans ce qui s’appelle vulgairement le stock, qui doit faire approximativement 20 mètres de hauteur sous plafond. Même les non fumeurs (la moitié de l’entreprise), reconnaissent qu’en pénétrant dans le dit stock, aucune odeur ou fumée désagréable ne vient allergiser leurs poumons et narines de non fumeurs ou d’ex fumeurs (les pires). Il était donc décidé avec l’accord de tout le monde, de garder ce lieu fumeurs…

Il y a trois mois mon patron a pris la désagréable habitude de descendre fumer comme tout le monde, au lieu ad hoc, mais en allumant sa cigarette dans les escaliers en empestant tout le monde (même moi qui fume, (je ne peux pas avoir QUE des qualités), quand je suis dans un endroit non fumeur, la fumée m’agresse). Le lendemain, il a décidé de fumer dans son bureau (c’est mon bureau, c’est moi le chef), le surlendemain il s’est permis de fumer là où c’est strictement interdit (à proximité des produits chimiques, surtout de l’hypochlorite de sodium, plus communément connu sous le nom “d’eau de javel” dont chacun sait que cela explose comme une bombe H à proximité d’une cigarette allumée…), et encore le lendemain de rentrer dans le bureau de certains collaborateurs non fumeurs, avec sa clope allumée en ouvrant leur fenêtre malgré leur grippe couvant, pour jeter négligement sa cendre par la fenêtre. Normalement les mâles marquent leur territoire en pissant partout (aux frontières, faut pas rêver non plus), lui c’était son territoire patronal qu’il marquait en fumant “là ou que je veux, c’est moi le chef” (finalement on l’a échappé belle).

Il était bien décidé à laisser un espace fumeurs, mais la loi l’a rattrapé. Nonobstant le fait qu’il y ait 20 mètres de hauteur sous plafond au minimum, et que la fumée monte direct, il lui fallait prévoir un extracteur et un lieu fermé sous extraction (n’importe quoi dans ce cas précis). On connaît les extracteurs de fumée dans la société, on en vend. Mais ceux là ne sont pas homologués anti-tabac, aucun ministre ne touche de royalties sur leur utilisation, donc on s’asseoit dessus (et comment mon mauvais esprit se manifeste à nouveau).

Il a commencé à prévenir que le 1er février il faudrait aller fumer dehors et qu’il serait très strict là dessus, tout en précisant qu’il fumerait lui dans son bureau. Tous les fumeurs ayant un bureau privé ont dit la même chose, et là les choses se sont gâtées, car les délégués du personnel (tous non fumeurs), ont rappelé qu’il serait interdit de fumer où que ce soit dans les locaux dans leur globalité, et que l’inspection du travail, le service de la dératisation, de l’hygiène, le planning familial et le ministère des affaires étrangères, seraient avertis du moindre allumage de clope dans les locaux (bureau du patron ou pas), avec demande de contrôle. Exit les plus hauts placés en bureaux privés, invitant leurs chouchous à venir fumer dans leurs bureaux… Dehors comme tout le monde ! L’ambiance était super ! Mais bon, moi je ne voyais pas pourquoi j’irais fumer dehors alors que mon patron et d’autres pourraient griller leur clope tranquillement dans leurs bureaux. D’un autre côté nous étions peu voire même 0 à nous voir nous pointer dans leurs bureaux en déclarant “je viens fumer chez vous, dehors ce n’est pas possible”.

Du coup comme on aborde une période froide, le patron a décidé d’arrêter de fumer pour la 15ème fois en 3 ans, pour éviter de mettre en place un lieu fumeurs strictement conforme à la loi, et là c’est carrément l’enfer.

Lundi, il dévalait encore les escaliers, clope au bec. Mardi matin, nous n’avons rien remarqué de particulier (pauvres innocents), mais mardi en début d’après midi, il a tapé une crise pour une plante verte en train de décéder de la grippe aviaire, et que fait Coraline qui a la responsabilité des plantes vertes ? J’ai rétorqué que j’attendais un vaccin contre le virus et il a claqué la porte de son bureau ce qui est mauvais signe (MAIS que j’attends qu’il me débloque des crédit pour le pot, du terreau et la plante qui survivra, via mail, porte claquée ou pas). Ca a ricané un peu sur le coup de la grippe aviaire, mais il est tombé sur tout le monde au fur et à mesure que le temps passait, et de moins en moins aimable, les yeux injectés de sang et les oreilles rouges vif. En plus il crachait de la fumée par les narines et les oreilles, un reste sans doute…

  • C’est quoi ce bordel ? Rangez moi ce bureau !!!

  • Ce photocopieur fait un bruit d’enfer, arrêtez tout c’est intolérable ! Comment ça de l’impression urgente ? arrêtez tout je vous l’ordonne !!!

  • Internet merde ! J’en ai marre : appelez moi l’informaticien ! Comment ça sur répondeur ? Je vais changer d’informaticien, ça va chier un max ! Appelez moi Internet, ça va chier !

  • La vie n’est qu’un long calvaire, qu’est-ce que j’ai fait au ciel pour avoir des employés aussi nullissimes ? (tout le monde apprécie). Personne n’a un chewing gum ? c’est vraiment nul !

  • Réunion extraordinaire immédiatement tout de suite et sans délai, l’heure est grave, tout le monde en bas, on laisse tout tomber, même le café et l’immonde cigarette en cours !

  • Au fait je n’ai rien à vous dire de particulier, je testais vos réactions en cas d’alerte nucléaire. Vous pouvez mieux faire !

  • On en parle demain matin, rendez-vous dans mon bureau à 6 H 30.

Mercredi matin j’allume mon ordi, et je tombe sur un mail fort aimable s’excusant pour le coup de la grippe aviaire, mais me rappelant avec hargne que le big boss (lui) n’a pas la responsabilité du client X, même s’il m’a dit le contraire il y a deux semaines. Je suis donc priée de transférer les demandes de ce client con à mort à Bertrand qui s’en démerdera, il a intérêt, et que je me le dise une bonne fois pour toute et Bertrand idem. Je regarde l’heure d’envoi du mail : 3 H 30. Il était au bureau à 3 H 30. Et entre 3 H 30 et 8 H 30, seul au monde, il a pu incendier tout le monde. D’ailleurs il l’a fait. Tout le monde a eu sa dose.

Toute la journée du mercredi, il a arpenté nerveusement les locaux en faisant des bulles avec un chewing gum, à l’affût du moindre papier qui dépasse. Quand il passait dans le stock devant les fumeurs, il faisait un speach sur cette “horrible drogue”, et ricanait en nous pronostiquant un moins 35° pour la semaine prochaine, et comment qu’on aura l’air cons à fumer dehors sous la neige ou le blizzard. Là les plus innocents ont comprit ce qui lui arrivait, surtout quand il a convoqué tous les chefs de service pour 19 H avec aucun mot d’excuse accepté.

Jeudi, il a continué à se gratter la barbe et à machouiller nerveusement tout un paquet de chewing gum à la fois. Par contre, il a commencé à venir faire des speaches aux fumeurs (sans doute pour aspirer une bouffée malsaine).

“Tout est question de volonté ! Je me suis auto-suggestionné, vous n’avez qu’à en faire autant ! Je me sens très zen (ben sur ce coup là il est le seul à se sentir zen), j’ai juste un peu changé de caractère (déjà un peu de merde quand il fumait). Je suis par contre réveillé à deux heures du matin, du coup je suis au bureau à trois heures, c’est dingue le monde que l’on peut faire chier via mails dantesques le boulot qu’on peut faire quand on est tranquille”. Etc… Etc…

Vendredi, agité de tics nerveux, premier mail désagréable datant de 2 H 30, il a continué à arpenter l’ensemble des locaux, en ne fichant strictement rien, sauf à faire des discours de plus en plus incohérents sur la volonté des boudhistes qu’il va battre en ne touchant plus jamais à une cigarette de sa vie. S’il pouvait, comme certains boudhistes, faire plante verte qui n’a même pas besoin d’eau, en ce moment ça arrangerait tout le monde…

Scrutant le ciel en annonçant l’apocalypse glaciaire, ricanant en nous imaginant sous l’annoncée glaciation à fumer bêtement (certains ont prévenu que s’il y avait interdiction d’aller fumer dehors au lieu de dans le lieu fumeur comme autorisé jusqu’au 31 janvier, ils iraient voir ailleurs et ont les moyens de le faire…) il a déclenché un désir de collecte bien avant son anniversaire.

Il nous faut juste de quoi lui acheter deux cartouches de clopes, une à mettre sur son bureau, l’autre pour jeter ça et là des paquets sur son parcours préféré. Chacun se mobilise pour lui envoyer des ondes malsaines “fume, fume, fume donc…” “Achète l’extracteur homologué, on a les moyens, mais fous nous la paix !”

Parce que quand c’est le patron qui a ses nerfs sous prétexte qu’il a arrêté de fumer sans aide aucune, du jour au lendemain, c’est invivable… Quand ce sera moi, je serai priée de garder le sourire. Et il clopera dans les escaliers en emmerdant l’inspection du travail et la dératisation, parce que c’est lui le chef et qu’il aura bien entendu replongé…

La vie n’est qu’un long calvaire… (et vous trouvez ça drôle ?)

Posté le 26 janvier '07 par Calpurnia, dans Crise de nerf. Pas de commentaire.

La visite chez le coiffeur…

Coiffures_10153664La visite chez le coiffeur ne se déroule pas toujours comme on le voudrait. Maintenant j’ai ma petite coiffeuse à qui je rends visite deux fois par an pour un petit balayage discret, et que je me garde, parce qu’elle est de bon conseil et fait ce qu’on lui demande (sauf, elle m’a prévenue, si je lui demande du noir corbeau ou du rouge intense).

Ce n’est pas toujours le cas. Meilleure amie va très souvent chez le coiffeur depuis ses 14 ans et en a vu de toutes les couleurs et de toutes les coupes, jusqu’à ce qu’elle trouve son rêve elle aussi, il y a 10 ans. Cela lui coûte une fortune en essence, car sa coiffeuse a déménagé à 60 bornes, mais il faut ce qu’il faut, elle ne confiera pas sa tête précieuse à n’importe qui d’autre désormais, et fait brûler des cierges à tous les saints pour que sa coiffeuse lui survive.

Il y a le coiffeur têtu et coupeur, qui n’a qu’une envie : couper, couper, et couper encore. Celui à qui l’on demande de retirer “environ ça” en montrant 5 cm, qui coupe sèchement là où ça se voit le plus 20 cm et demande en montrant la mèche “comme ça ?” Trop tard de toutes manières. J’avais 16 ans, touché mon premier salaire de vacances et suis ressortie avec une coupe dégradée ratée au lieu du carré demandé… Il ne m’a jamais revue. J’étais traumatisée en plus et avait en travers la première mèche de 20 cm que avec laquelle je ne l’avais lâchement pas étranglé, avant de sortir dignement avec ma coupe curieuse et tout mon argent…

Ayant les cheveux raides, j’ai longtemps voulu des boucles. “Pas de problèmes” m’annonça une coiffeuse l’air très sûre d’elle. Je suis ressortie de chez elle le porte feuille à sec, frisée comme un mouton (la fameuse coiffure du mouton mouillé puis sec). Le pire est qu’elle était ravie alors que c’était immonde. EN plus cela a tenu 6 mois au lieu des 3 annoncés. Elle ne m’a jamais revue non plus. Les pointes étaient grillées et moi aussi, je ne me suis jamais autant faite arrêter par les flics qu’avec ma frisure “mouton”.

Mrs Bibelot a toujours rêvé d’être rousse (roux setter irlandais). “Pas de problème” lui assura un grand coiffeur de chez qui elle ressortie rousse setter irlandais effectivement (base blond clair au départ, je ne sais pas s’ils savent faire maintenant). Le lendemain nous partions à la mer et elle fit son plongeon habituel dans la grande bleue. Pour ressortir rose vif ! Le coiffeur estival ne put que la teindre vaguement en queue de vache. Elle dû se résoudre à se faire couper les cheveux quand ses racines furent suffisantes et accoucha de mon frère avec la coupe  dite “sortie de bagne” qui n’était pas bien vue à l’époque chez une femme.

Non découragée, j’allais consulter un jour pour un tout bête balayage que je voulais discret genre “retour d’un mois au bord de la mer” étant blonde, et n’allant pas à la mer cette année là. Discret ça ne l’était pas du tout. Les mêches étaient blanches, style “je me fais trop de soucis”. Elle trouvait cela ravissant, moi pas et pour la première fois de ma vie je refusais de payer. Pendant ce temps là, meilleure amie ressortait à son tour frisée comme un mouton avec une frange effilée, elle qui déteste tout ce qui est frange. Lors de notre rencontre suivante nous avons songé à fonder une amicale des victimes de coiffeurs, mais internet n’existait pas, c’était difficile…

Bien évidemment, nous en avons toutes vu revenir de chez le coiffeur, désespérées parce qu’elles avaient été ratées absolument, par une personne très sûre d’elle. Le problème étant la coupe sauvage, parce que, contrairement à ce que pensait Pulchérie petite, je ne pouvais pas “aller me les faire recoller tout de suite” “ah t’es moche maman, va te les faire recoller tout de suite !” (ça remonte le moral, et l’air consterné des adultes se taisant, également). J’avais en effet été victime (à nouveau) d’une coiffeuse me montrant une jolie coupe dite “sauvage”. Effectivement jolie, cela restait long… Je me laissais tenter (j’ai carrément oublié pourquoi j’y étais allée au départ) Sauf qu’avec elle, c’était court et vraiment sauvage… Albert fit la tête et se vengeat en se laissant pousser la moustache. Il me fallut un an pour rescaper le tout.

Le pompon revenant sans aucun doute à une coiffeuse sadique, à qui je demandais conseil pour une soirée costumée. J’avais décidé de me déguiser en bohémienne et je voulais tester le noir (avec perruque au départ, et elle en louait, d’où ma visite innocente). “Pas de problème“, me répondit-elle (fuir quand on entend cette phrase), “je ne vais pas vous faire une couleur permanente bien entendu, mais une temporaire qui s’estompe en 4 ou 5 shampoings”. Curieux d’être brune… 5 shampoings plus tard, le noir ne dégorgeait plus du tout, j’étais redevenue moi-même ? Hélas non.

Car il en restait un tout petit peu. Et que donne du noir bleuté sur du blond ? Du vert tout simplement. Vert Irlande. Obligée d’appeler tatie chérie au secours et de sortir avec un foulard m’acheter de quoi me rescaper de cette couleur immonde en rasant les murs… Et j’avais payé pour cela !

Votre pire c’était quoi vous ? (le gagnant aura le droit de manger un pot de nutellla ou une barre de tobleronnne)

La vie n’est qu’un long calvaire, chez le coiffeur c’est un aperçu du purgatoire… Mais c’est sans problème !

Posté le 25 janvier '07 par Calpurnia, dans Notre vie quotidienne à nous les femmes. 2 Commentaires.