La dernière fois qu’ON avait fait des crêpes chez les parents, l’idée était venue de Delphine et la pauvre avait souffert.
Si elle n’a flanqué un coup de poêle à personne c’est que c’est une douce nature…
Etant en résidence chez les parents pendant que papa s’éternise à l’hôpital pour faire chier en faisant celui qui n’en a rien à faire pour n’inquiéter personne (loupé, tout le monde s’inquiète toujours), je ne me contente pas de dormir avec un flingue pour protéger la maison (z’êtes prévenus).
De temps en temps, je cuisine un peu, ce que je ne fais pas chez moi, vu que ma cuisine n’est qu’une ruine et mon appartement globalement un taudis qui ferait la fortune d’un plombier (et d’installateurs divers).
Je cuisine si maman me laisse faire, car elle reste persuadée que même des oeufs coques, elle est la seule de la famille à savoir les faire.
Il y a 4 semaines et demie approximativement environ, celle qui n’est pas comme les autres venait passer le WE et enfin voir son père en réa, et les visites étant limitées dans le temps et en nombre de personnes, je lui ai évidemment cédé ma place le dimanche après midi, laissant le prochain créneau horaire à mon autre soeur.
Depuis la veille j’avais envie de crêpes, ce qui est à souligner, car ce genre d’envie me prend environ une fois tous les deux ans, vu que les crêpes et ma vésicule, cela fait mauvais ménage.
Je pouvais préparer la pâte TRANQUILLE et sans COMMENTAIRES, et je savais que maman n’insisterait absolument pas pour faire les crêpes elle-même.
Faire la pâte cela a l’air simple, sauf qu’il faut réunir les ingrédients. Fastoche vous direz-vous, sauf que vous ne connaissez pas ma mère.
- Les oeufs sont dans le frigo, jusque là tout va bien.
- Sauf qu’il n’en reste que deux et qu’il m’en faut quatre, les autres oeufs étant dans le deuxième frigo, dans l’arrière cuisine, derrière des bières que personne ne boit jamais.
- Faut donc trouver les oeufs excédentaires dont on sait qu’ils existent vu que votre mère a brandi la douzaine sous vos yeux la veille.
- Après, il faut trouver la farine.
Alors là j’ouvre une parenthèse intéressante, car trouver la farine n’est pas si évident que cela.
Chez moi, quand j’en ai, elle est rangée avec le riz, les pâtes, les trucs dans le genre, toujours si j’en ai.
Chez Mrs Bibelot, les pâtes sont rangées à plusieurs endroits.
Les coquillettes par exemple sont au dessus des plaques gaz, à droite, au fond du placard, derrière le mixer (le mot mélangeur n’existant pas en français… Alors ne comptez pas sur moi pour dire “blinder” dont je me demande toujours d’où cela sort…).
Si vous voulez des tagliatelles elles sont elles, au dessus du four le plus sophistiqué, derrière le thé et trois sortes de chocolats.
Pour les spaghettis, inutile de vous dire qu’il n’y en a pas : il y en a. Dans le buffet à vaisselle, derrière les assiettes à soupe dans une boîte faite pour les spaghettis. Ne me demandez pas pourquoi ma mère ne regroupe pas les pâtes, elle n’en sait rien elle-même tout en vous précisant que de toutes manières, elle n’aime pas spécialement les pâtes.
Si vous voulez savoir où sont rangées les sauces diverses allant avec les pâtes, vous allez avoir la migraine.
Donc, il fallait que je trouve la farine, ce qui n’a pas été une mince affaire. En effet, comme Mrs Bibelot avait fait le plein dans ses réserves, elle avait mis deux kg de farine bien à l’abri dans une cocotte, dans l’arrière cuisine, qu’heureusement connaissant l’esprit tordu de ma mère, j’avais eu l’idée d’ouvrir (la cocotte).
- Oeufs OK
- Farine OK
- Lait OK (dans le deuxième frigo de l’arrière cuisine au fond derrière le cidre de réserve)
- Cidre OK
- Parfum…
Le rhum est donc dans l’arrière cuisine (qui peut vous sembler immense mais c’est faux) sur l’étagère où l’on range les spiritueux et le vinaigre d’alcool dont la femme de ménage fait un usage éhonté.
Sauf que le rhum agonisait et que la pâte était peu parfumée.
Je savais qu’il y avait de l’eau de fleur d’oranger quelque part. Il y en a toujours.
Restait à la trouver…
- Salle de bain ou maman stocke ses eaux d’Hamamélis, de bleuet, de fleur d’oranger ou de rose : NIET
- Bibliothèque du couloir donnant sur la chambre du RDC où maman aime bien égarer des trucs (j’ai ainsi retrouvé, parce que je voulais lire, une lampe de poche bien en évidence devant 2 Tagada Christine, alors qu’elle la cherchait depuis 3 ans (la lampe)) : NIET
- Dans tous les placards de cuisine, y compris dans la boîte à spaghettis, ma soeur aimant bien parfumer son thé avec de l’eau de fleur d’oranger : NIET
- Dans le meuble ou mon père stocke ses cartouches, la dynamite et les pièges à ours : NIET
Il m’a fallu attendre le retour de maman, pour parfumer ma pâte à crêpe de manière correcte.
Evidemment, elle et ma soeur étaient ravies à l’idée que nous allions manger des crêpes et que j’allais m’occuper de la chose.
Et maman m’a expliqué où est rangée désormais mais ce n’est pas définitif, l’eau de fleur d’oranger.
Comme elle aime bien s’en mettre un peu dans le cou et sur les bras avant d’aller se coucher, vous trouverez l’eau de fleur d’oranger dans le placard des toilettes du RDC, derrière le PQ de réserve.
Pas devant le PQ. Ce serait trop simple.
Et c’était vraiment ballot, c’était le seul endroit du RDC dans lequel je n’avais pas fourré mon nez en cherchant.
Sinon j’y aurais retrouvé le thermomètre à vin rouge qu’Albert et moi avions offert à Jean-Poirotte il y a 30 ans, et qu’il cherche régulièrement partout quand il attend du monde. Je l’ai retrouvé le lendemain quand j’ai décidé de vider ce placard pour en faire l’inventaire (deux balles perdues, deux…)
La vie n’est qu’un long calvaire.
Quand j’étais petite, on ne parlait jamais d’Halloween, fête américaine soi-disant par excellence, qui nous est en fait revenue (je dis bien revenue car c’est une fête celte à l’origine, que les irlandais nombreux ont exportée là-bas).
Truc à fric ! N’importe quoi ! Ras le bol des USA ! voila ce que l’on entend…
Ce soir il y aura-t-il des enfants dans les rues ? Il paraît que l’an passé, ils demandaient du fric à défaut de bonbons, et que c’était donc, vraiment du commercial à tout crin…
Halloween, ce n’était pas le nom que lui donnait les anciens, les miens, les vôtres, les nôtres, à cette veille de la Toussaint, que beaucoup confondent avec la fête des morts qui a lieu le 2 novembre. La Toussaint, c’est la fête de tous les saints, de tout le monde. Et c’était une vraie fête.
Il aura fallu un 11 novembre et des millions de morts, pour faire du 1er novembre une fête triste… Et du chrysanthème, en Europe, la fleur de la mort.
J’ai connu assez de grands parents et d’arrières grands parents. Bien avant qu’Halloween ne débarque chez nous, ils en parlaient de cette fête du 31 octobre au soir.
- Pour éviter la venue des esprits on allumait une bougie qui ne devait pas s’éteindre d’un coup de vent, ce qui aurait porté malheur, à poser sur la parfois unique fenêtre donnant sur la rue.
- Alors pour ne pas qu’elle s’éteigne, on la mettait dans un légume ou un fruit découpé : rave, betterave, potiron, grosse pomme, qu’importe. Le légume ou fruit était creusé soigneusement, et laissait apparaître deux yeux et un sourire. Les esprits sont tristes, ils n’aiment pas les sourires qui les font fuir.
- La maîtresse de maison mettait dans une assiette à la disposition des esprits, quelques gâteaux au miel, quelques caramels maison, des douceurs sortant de l’ordinaire. Chez les plus pauvres, on sacrifiait des châtaignes grillées.
- Et les enfants se déguisaient en esprits ou fantômes pour aller tout manger. Et les parents faisaient semblant de ne pas savoir que les enfants avaient quitté la maison en douce, pour rentrer à minuit, heure où les vrais esprits risquaient vraiment de se manifester.
Ils portaient des galoches, des sabots, rarement des chaussures de cuir. Ils portaient leur blouse de tous les jours, leur tablier, et un mauvais manteau. Et pour faire l’esprit, rien ne valait mieux que le vieux drap refilé par l’aïeule s’amusant à l’avance, et dans lequel on avait découpé de quoi voir clair… Que de fantômes alentours…
Ils étaient du siècle d’avant le mien, ou bien nés pendant la grande guerre ou juste après, ils étaient d’un autre millénaire. De cette tradition, ils parlaient tous avec nostalgie, parce que tout se perdait pour eux, quand j’étais petite… Et qu’ils trouvaient dommage que leurs arrières petits enfants ou petits enfants, ne se déguisent pas en fantôme pour aller prendre des friandises partout, en faisant faussement peur à la maîtresse de maison…
Témoignages du Béri, de Bretagne, d’Alsace, du Vaucluse, de Savoie, d’un peu partout sauf du nord, parce que je n’ai pas d’ancêtres du nord.
Alors c’est un peu en pensant à eux que j’allumerai avec Mrs Bibelot, une bougie sur une fenêtre ce soir…
Même si les gosses ne passeront pas, parce que la maison de mes parents est au fond d’une ruelle…
Ce que je trouve dommage c’est la tradition qui s’est perdue, qui est revenue via une poussée “consommation” et finit donc par être méprisée en ayant perdu son sens profond que la majorité a oublié.
C’était la tradition d’une vraie/fausse crainte des esprits, une complicité parents/enfants ignorée par les enfants, un lien qui durait depuis longtemps, venu des Celtes. C’était une tradition qui avait défié le christianisme et dieu sait qu’il était risqué de défier l’église à certaines époques. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la Toussaint a été instaurée le 1er novembre, pour faire oublier la fête des esprits.
Dommage simplement que nous ne puissions pas fêter les esprits la nuit où l’on change d’heure.
Quel meilleur moment pour eux que de sortir à la 25ème heure ?
Cette heure de plus… Cette heure faite pour eux…
Souhaitant être objective, je trie depuis quelques temps, mes photos à moi, pour trouver le nec plus ultra du loupé de chez celle qui n’a pas le compas dans l’oeil (ou alors si, et c’est l’explication)…
Sauf que mes loupés, dès que j’allais chercher mes pellicules, ils filaient illico à la poubelle, avec le négatif qui allait avec, pour ne pas que le loupé passe à la postérité.
Oui, j’avais et j’ai toujours un argentique, avec tous les objectifs qui vont bien, sauf que cela coûte cher à faire développer alors depuis 5 ans, je ne fais plus de photos. Surtout qu’en plus je suis ultra difficile et que sur une 36 pauses, j’en garde 3 grand maximum…
Cette photo est donc le résultat d’une planque avec notre guide à Charles Hubert et moi, alors que nous étions en voyage de noces au Kenya. Ce voyage de noces, c’était toujours cela de pris avant qu’il ne me révèle sa chiantitude quotidienne en pensant stupidement que j’allais la supporter maintenant que j’avais signé.
Nous avions donc vu des vautours tournoyer quelque part par là-bas, mais Charles Hubert était obsédé par les zèbres. Il a fait 40 pellicules de zèbres (et payé le développement avec ses sous à lui).
Une fois quelques jours passés au Kenya, les zèbres, on s’en lasse un peu. Enfin quand il s’agit de mitrailler un peu. On guette plutôt une photo un peu originale à faire.
Donc nous sommes allés dans le petit matin glacial (eh oui, les réserves sont en altitude, on pèle de froid le matin et le soir, et le jour on crève de chaud). Pour tomber sur deux jeunes lions en train de casser la croûte.
Oui j’ai bien dit deux jeunes lions, car les jeunes mâles vivent souvent ensemble avant de se trouver un clan de femelles qui vont chasser pour eux et que généralement ils ne partagent pas, d’où une brusque rupture de l’amitié fraternelle.
La photo est donc tout de même loupée parce que j’ai cadré sur le mâle de gauche et qu’on ne peut pas soupçonner du tout qu’ils étaient deux à becqueter…
Le soir, nous sommes tombés sur les deux frères en train de digérer, pas très loin de là, et la photo est moche, vu la lumière, mais vous y aurez donc droit.
Il leur fallait bien deux ou trois jours, d’après le guide, pour digérer leur proie, dont ils n’avaient laissé que peu aux autres prédateurs (l’après midi, j’ai mitraillé les vautours, mais cela n’intéressait pas Charles Hubert qui cherchait dézèbres).
C’était beau, impressionnant, cruel, la nature quoi. De quoi faire réfléchir.
Car…
*Le coup de bol c’était pour le photographe, pas pour le gnou trucidé 2 H avant… Dont il ne restait rien le lendemain.
Car la vie n’est vraiment, qu’un long calvaire…
PS : cette photo a été authentiquement prise dans la brousse, et non pas dans un zoo…
Un peu de douceur dans ce monde de brutes… Changeons-nous les idées… (et oublions ces maudites vacances scolaires où la blogosphère se met en grève…)*
J’ai craqué devant ce briquet, vendu honteusement 2,50 Euros au tabac de mon bourg, au lieu des 1,50 Euros pour un briquet normal.
En ce qui concerne le normal, je parle de taille (de briquet), les mauvais esprits comptez-vous…
Non, je n’ai pas de petites mains, mignonnes et tout et tout, j’ai de grandes mains pour une femme (d’ailleurs c’est pour cela que j’ai pu jouer des accords plaqués de Chopin).
Car vous avez l’honneur et l’avantage de voir la paume de ma main gauche, pour que vous visualisiez bien le briquet (dont vous vous foutez).
Briquet qui est donc de grande taille…
J’ai craqué devant ce supermatozoïde (Delphine petite) rigolo, devant la taille de la chose (le briquet), et devant le fait qu’il était rechargeable, lui, tout de même. A ce prix là, c’était la moindre des choses.
Il vous faut savoir que le vol de briquet a été longtemps un sport familial, vu que personne n’est parfait, que je fais partie d’une famille de cinglés moyens, et que nous piquons donc, ce que nous pouvons, sans devoir passer par la case commissariat + juge d’instruction…
Là je me suis dit : ce briquet là est difficile à embarquer mine de rien. Même pas qu’il tient dans une poche de chemise sans dépasser. D’ailleurs il ne tient pas dans un paquet de clopes, alors que j’ai la manie d’y planquer mon briquet normal, d’ordinaire, pour éviter les emprunts intempestifs.
Forcément, du coup, j’utilise un briquet de taille normale, me gardant celui-ci en réserve, en cas de panne d’essence définitive.
Et puis, j’ai trouvé surtout, que ce briquet pourrait me donner l’occasion de poser des questions sortant de l’ordinaire :
- OU est mon spermatozoïde ?
- QUI m’a piqué mon spermatozoïde ?
- QUELQU’UN a-t-il vu mon spermatozoïde ?
- OU ai-je mis mon spermatozoïde ?
- JE SUIS ASSISE sur mon spermatozoïde
- ETC…
J’attends la sortie de la version “ovule”… un rien m’amuse…
*toutes mes confuses aux fidèles qui commentent sans jamais se lasser…
Il y a des choses que je déteste depuis ma plus tendre enfance : le cirque et particulièrement les clowns (mais j’ai appris que je n’étais pas un cas isolé), et les fêtes foraines qui me semblent trop chargées d’une joie artificielle et coûteuse.
Le reste de ce que je déteste fera l’objet d’un roman de 300.000 pages que la bible à côté c’est peanuts…
Pour la fête foraine j’ai fait longtemps une exception : celle qui se tenait JADIS, dans le village de mes parents.
Avec les auto-tamponneuses dans lesquelles j’ai dragué et me suis faite draguer, le stand de tir, et tout et tout.
Tant qu’elle a existé, je ne l’ai jamais loupée.
Il y avait la retraite aux lampions du samedi soir, avec la fanfare du village jouant les mêmes airs, et dans le même ordre depuis ma plus tendre enfance, et nous chantions tous en choeur.
Adulte, tout à coup c’était l’occasion de retrouver des copines et copains d’enfance.
- T’es marié(e) ?
- T’as des mômes ?
- Combien ?
- Et ton frère ? Comment va-t-il en gros, et combien de mômes ? 5, quel courage !
- Et ta soeur ?
- Et tes parents ?
- Et tes grands-parents (ils vivaient vieux et cela nous faisait plaisir de l’évoquer)
- Après coup : merde il/elle fait quoi dans la vie (pas important)
Je me souviens d’une retraite aux lampions alors que j’étais en cloque de Pulchérie jusqu’au menton, Albert et mon frère ayant enfilé un slip moule burnes sur leur jean pour rigoler, et d’une autre en cloque de Delphine quasi jusqu’au nez, avec deux copines retrouvées dans le même état que moi sauf qu’une commençait à compter les contractions..
C’était vraiment l’occasion de rencontrer un peu tout le monde. Papa lui-même ne loupait pas le ball-trap et de tailler une bavette avec les copains d’enfance (qu’il comptait bien battre en remportant le premier prix et lycée de Versailles) le soir quand tout le monde se retrouvait après la retraite aux flampions (Pulchérie).
Maman après son père, préparait les lampions de ses petits enfants, et s’empressait de les porter quand les gamins en avaient ras le bol, donc assez rapidement…
Vint le moment béni, où il nous fallut passer par le moment le plus exaltant de la fête (samedi soir ET dimanche après midi, nous allions faire croire aux gosses que le lundi c’était terminé) : regarder tourner la chair de notre chair sur un manège.
L’instant le plus glorieux de la vie d’une mère rapport à ses enfants n’est pas l’orgasme qui a fait qu’ils sont nés (chéri, c’est le jour où je t’ai arraché la peau du dos, ou celui où je suis grimpée aux rideaux en ruinant la tringle ?) ou quand elle chie sa pastèque, c’est QUAND elle s’avachit ENFIN sur un banc pour les regarder tourner sur un manège.
Même si elle est accompagnée de copines dans le même cas qu’elle, parfois enceintes à nouveau (comme elle).
Perso, je suis prête à exécuter de quelque manière que ce soit une personne qui menacerait la vie d’une de mes filles, puis de l’enterrer dans le jardin de mes parents à minuit une nuit de pleine lune après l’avoir percé de clous de girofle, plutôt que de revivre une épreuve pareille (chaque année renouvelée).
Il y a eu donc cette fête glorieuse où Pulchérie tournait sur le manège en flanquant des baffes à un pauvre gosse (dont la mère ne m’a jamais identifiée pour me demander des dommages et intérêts), sous prétexte qu’elle voulait tourner les DEUX volant de l’avant de la voiture.
Sa cousiiiiiiine était dans l’avion juste derrière et faisait la même chose. Les ainées de la famille de mon côté étaient de charmantes enfants…
J’étais en cloque de Delphine et ma belle soeur et moi avachies sur le banc destiné aux sacrifices humains pour le dieu du soleil sacrifié(e)s du manège, nous étions soulées grave par l’absence de nos conjoints partis faire des cartons au stand de tir, en nous laissant contempler notre progéniture en train de tourner (et d’imaginer comment plus tard, nous réglerions le cas de tueurs potentiels de nos petites filles, le temps passant nous rendant potentiellement de plus en plus dangereuses).
Mrs Bibelot, toujours généreuse, leur avait acheté un “abonnement”, le truc infâme qui fait que vous n’avez même pas l’excuse de ne plus avoir un sous pour que le cher bambin fasse un tour de plus.
D’ailleurs elle le leur avait précisé, aux chères trésors, qu’elles n’avaient pas à se faire de soucis et qu’elles pourraient tourner autant qu’elles le souhaitaient… Avant de remonter faire la soupe des chiens et préparer le diner (chacun sa croix, mais la sienne nous semblait légère)
Fans de tir également et nous débrouillant plutôt bien, nous regardions du côté du stand, et nos hommes ne nous voyaient soi-disant pas. Nous avons donc eu le temps en cogitant, légèrement énervées, de décider de flanquer la révolution rapport à :
- Le premier prix des dames (une pendule de merde avec des zozieaux à la place des chiffres)
- Le premier prix des hommes (une carabine)
A mesure que les mômes tournaient, il nous apparaissait de plus en plus qu’il était totalement injuste qu’une femme tirant aussi bien qu’un homme, soit classée dans une catégorie à part. C’était la révolution féministe qui nous rejoignait et nous avons eu gain de cause (cette fête là vit l’abolition des privilèges de la ségrégation homme/femme pour les prix au stand de tir, et cela fit plus d’UN vexé (surtout l’homme qui avait gagné la pendule).
Nous étions aussi remontées que la pendule du premier prix féminin quand les hommes firent l’erreur de venir nous rejoindre avec leurs cartons magiques :
- Tu as vu mon amour, j’ai trois mouches
- Et moi j’en ai 2 mais plus de bons coups que lui
Papa venu contempler sa descendance féminine en train de flanquer des bourres pifs à leurs compagnons d’infortune tourner, jugea plus sage de dissimuler ses cartons à lui, on sentait l’expérience… Comme j’étais en cloque en plus, il savait que j’avais un foutu caractère dans ces moments là, et a du remercier le ciel que je ne ponde pas 10 lardons… Cela aurait fait 10 ans de calvaire (comptez l’allaitement en ne comptant pas large, parce que moi c’était 6 mois ou rien)
Ma belle-soeur, exaspérée, explosa à ce moment là :
- Bon, asseyez vous sur le banc et regardez vos gamines tourner, Coraline et moi, on va tirer un coup ! Chacun son tour !
Certains, coincés du cul, nous regardèrent d’un drôle d’air, surtout moi, avec mon gros bidon (qu’est-il devenu snif !).
Le premier prix de tir cette année là a été classé “toutes catégories”. C’était cela ou l’émasculation pure et simple du chef de la fête…
Et remporté par une femme… C’est un homme qui a eu droit à la pendule de merde devenue 10ème lot… après plein de femmes !!!
Ca valait le coup d’aller tirer un coup en taxant de misogynie le chef de la fête foraine qui n’en menait pas large…
La vie n’est qu’un long calvaire.
PS : oui, j’aime bien cette photo représentant une faible femme sans défense
PPS : je pense que vous admirerez le fait que nonobstant les vacances scolaires, je ne fais pour l’instant pas de rééditions.

Nous avons retrouvé cette magnifique photo dans un album de Mrs Morgan.
Oui, elle avait été mise dans un album !
Nous voulons bien que maman conserve les photos de sa mère, mais nous sommes tout de même restés dubitatifs : quel est intérêt de conserver cette photo totalement loupée ?
Aucun a répondu Mrs Bibelot. En fait elle a la flemme de trier les photos elle-même, donc, elle est ravie que nous nous en chargions.
Nous ne savons plus trop, vu le chef d’oeuvre, QUI a pris cette photo du setter irlandais (pur race avec pedigree) de Mrs Morgan et son mari, installé dans la voiture.
L’animal coupé et une magnifique vision du tableau de bord, laisseraient entendre que c’est le mari qui a immortalisé sa voiture et que le chien n’était là que pour le décor (loupé). Sauf que nous ne savons plus de quelle marque et modèle il s’agissait (je parle de la voiture), donc il a foiré son coup.
Mrs Morgan n’ayant pas particulièrement la passion des voitures, nous pouvons penser également qu’elle tenait l’appareil et a voulu immortaliser son chien, et qu’elle a donc légué un sens aiguisé du cadrage à sa fille, Mrs bibelot (ICI).
Contemplez bien cette si belle image, comme on en voit hélas trop peu…
Vous verrez pire (si si, c’est possible).
Parce que la vie n’est qu’un long calvaire.
Je me suis installée chez mes parents pour tenir compagnie à maman pendant ces jours pas rigolos. Depuis notre retour de la Grande Motte, je ne viens donc chez moi que pour ordinateurer, et relever mon courrier généralement affligeant car il n’y a que des factures ou des mots doux de la SS (la Sécu !!!).
Maman a peur toute seule, même si elle prétend que non, alors qu’en fait si. Je suis donc chargée de la sécurité de la maison et de vérifier 3 fois le soir si les portes sont toutes bien fermées.
Au passage je m’occupe également de la chaudière, de l’eau chaude, des pannes de télécommandes, du fonctionnement du lecteur DVD (je me gausse) et de tout un tas de bricoles revenant d’ordinaire à mon père comme le rechargement du téléphone portable à tous points de vue (crédit, courant), etc…
Mes parents dorment avec un fusil de chasse dans leur chambre. C’est le 24 de mon grand-père, avec lequel papa se sent en sécurité parce que justement il y a une sécurité + une histoire de chiens à laquelle je n’ai rien compris, parce que je n’ai toujours pas pris la peine de regarder le 24 dans le blanc des yeux, de peur de me tirer dans un à moi (de yeux).
Cette histoire de chiens sécurise encore plus le 24, c’est tout ce que je sais. Maman l’a mis dans l’armoire de sa chambre et se sent rassurée. Elle est bien la seule, car, j’ai fait l’expérience, comme elle est de plus en plus sourde (et refuse de l’admettre), il faudra qu’un malfaiteur la secoue quand elle dort, pour réaliser qu’il y a peut-être comme un problème. Et l’autre ne l’écoutera pas quand elle lui dira “excusez-moi, j’ai quelque chose à prendre dans l’armoire”.
On ne plaisante pas avec cela dans la famille, depuis que tante Hortense s’est réveillée en pleine nuit, avec 3 mecs au pied de son lit, qui n’ont pas hésité à tabasser une vieille dame de 85 ans pour lui faire dire où étaient ses bijoux.
Moralité, moi qui suis à l’étage avec toute mon ouïe que maman qualifie d’anormalement aigüe, je dors armée.
Enfin, c’est façon de parler.
J’ai débuté avec une canne de mon arrière grand-père qui si on sait la manier, peut faire très mal. C’est une canne épée, mais je ne me vois pas transpercer le corps de quelqu’un avec. Tirer, cela me dérangerait moins, c’est dans la tête que cela se passe.
Un fusil me rassure.
J’aime bien les armes, je dois avoir un mauvais fond.
Elevée dans une famille de chasseurs, j’adore les fusils, regarder dans les canons, le bruit que fait le fusil que l’on referme sèchement, bref, je ne suis pas sortable.
Sauf que là, dernièrement, des individus louches ont rodé dans le secteur. Maman a vérifié auprès de la mairie qui n’avait mandaté personne pour prendre des mesures de rue, de portail, etc, alors elle a pris encore plus peur.
Nous avons donc eu des conversations à ne pas mettre entre toutes les oreilles, sous peine de passer pour une famille de tueurs à gages ou de mafioso avérés, avec papa, mon frère, et maman.
- Maman : cela me rassurerait que tu prennes un fusil également ma chérie. Vu que tu entends le chat monter l’escalier, tu entendrais quelqu’un défoncer une porte ou une vitre… (ce n’est pas vraiment un critère, ce chat se déplace avec toute la discrétion d’un troupeau d’éléphants obèses, il n’y a que maman qui ne l’entende jamais)
- Moi : OK. Je ne sais pas où sont les cartouches mais un bon coup sur la tête, ça ne peut pas faire de mal (façon de parler)
- Je me voyais donc déjà, en train de terrasser un salaud, en tenant le fusil par le canon et en l’assommant avec la crosse… Encore qu’un coup de canon ne puisse pas faire de mal non plus !
- Papa apprenant la chose : tu dors avec un fusil dans la chambre rose ? (si c’était la chambre verte, cela ne poserait sans doute aucun problème). Il n’est pas chargé j’espère (répété 1000 fois quand nous étions enfants : ne jamais avoir une arme chargée dans une maison)
- Moi : bien sûr que non. D’ailleurs je ne sais pas où sont les cartouches
- Lui : dans le meuble de gauche dans le fond du couloir à droite, ne prends pas les chevrotines, ça tue raide (utile précision)
- Moi : j’ai une tête à tuer quelqu’un ?
- Lui : … oui… enfin, tu as une tête à ne pas te laisser faire… Je sais que tu es capable de tirer quoi…
- Mon frère : tu as pris le 16, c’est ridicule, une des détentes ne marche pas (comme si j’allais tirer, et plusieurs fois en plus), prends le 12 plutôt (ce sont aussi des fusils de chasse, la seule chose qu’il manque dans cette baraque, ce sont des mines…)
- Lui toujours : la sécurité c’est là, et de préférence, si quelqu’un est dans la cour, tire sur les pavés, ça rebondit en faisant mal, c’est mieux que de tuer quelqu’un. Tu fais une sommation d’usage, avant ou après, c’est à toi de voir…
- Moi : je n’ai pas l’intention de tuer quelqu’un, je veux juste pouvoir faire peur pour nous défendre !
- Lui encore : tiens, voici des cartouches pour le 12.
Moralité : je dors avec le fusil prêt à être chargé, juste à côté de mon lit, avec deux cartouches sur ma table de nuit. Je vérifie tous les matins qu’il se referme bien (le fusil) pour le ré-ouvrir le soir…
On ne sait jamais, dès fois qu’un malotru ait dans l’idée de s’en prendre à de faibles femmes…
Vu que la vie n’est qu’un long calvaire…
PS : maman a remis la canne épée dans sa voiture. Dans le coffre, c’est plus sûr… On ne sait jamais, elle pourrait se blesser…