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'A lire, à relire, à découvrir'

Les rois maudits…

J’en ai déjà parlé ça et là. C’est la série livres cultes de ma jeunesse et de mon âge adulte.

Maurice Druon en est l’auteur. Pour le cas où vous l’ignoreriez, mais j’en doute, Maurice Druon qui nous a quittés il n’y a pas si longtemps, était le neveu de Joseph Kessel avec lequel il écrivit “le chant des partisans”.

Cette saga des rois maudits, concerne la fin de la dynastie des capétiens directs, et les querelles dynastiques à l’origine de la guerre de 100 ans, puisque l’on voit les capétiens directs remplacés par les Valois (également descendants de Saint Louis).

On peut y lire comment adapter un usage pour en faire une loi (la loi salique) et se dire que nous n’avons pas beaucoup changé depuis cette époque…

Il en a été tiré deux feuilletons, le premier excellent, avec Jean Piat et toute une équipe d’acteurs de la comédie française, qui respectait à la virgule près les dialogues de l’auteur. Un peu théâtral car manquant de moyens. Puis un autre feuilleton, à mon avis une sombre daube dont je n’ai regardé que 2 épisodes avant de renoncer, dégoutée, du coup j’ai oublié le nom du réalisateur…

Maurice Druon a cru bon réécrire en plus moderne sa première version, lors de la sortie de la première adaptation. A mon sens il a eu tort. J’ai chez moi, une première édition me venant du prisonnier, et une autre totalement neuve, achetée à bas prix dans une brocante.

Pourquoi cet achat en doublon ? Et bien c’était l’époque où quand on achetait un livre il fallait finir le découpage au coupe papier. Et j’ai eu donc le plaisir de procéder à cette opération que j’avais vu mes grands pères faire… C’est l’édition neuve vraiment. Découpée par moi, mais quand je relis les rois maudits, c’est toujours les livres du prisonnier…

L’histoire, la grande, la petite, est captivante. On plonge dans le moyen âge qui commence à devenir sombre, sans s’en rendre compte. Lire les “rois maudits”, c’est ne jamais oublier les rois se succédant à ce moment là, et l’époque où la future France sort de son âge d’or.

Ce sont des personnages de caractère, truculents et vivant sans trop réfléchir autrement qu’en suivant leurs instincts et intérêts. C’est l’époque du poison ou du crime facile…

C’est l’histoire de la procédure restant pour l’instant inégalée en terme de droit, entre Robert d’Artois et sa tante Mahaut. Robert est d’ailleurs le personnage principal du roman au travers de son combat pour prendre en possession ce qui lui semble être son héritage légitime.

On peut y lire aussi l’élection hilarante d’un pape et à quoi ressemblait la religion à l’époque, et comment un homme déterminé peut faire un coup d’état (Philippe V le long).

Robert d’Artois reste  LE personnage du livre. Aucune de ses actions ne l’éloigne de son but profond : prendre possession de SON héritage… Sa détermination est là, du début à la fin.

C’est le “boute guerre” entre la France et l’Angleterre, l’homme qui peut dire “cousin” à tout personnage régnant (y compris le roi d’Angleterre), dans les proches pays, un descendant de St Louis.

Et l’on découvre avec stupéfaction la première fois, que les pays voisins de la future France étaient truffés de descendants de St Louis…

Si l’on aime le livre, on se souviendra toujours où Robert recevra la blessure fatale, et où il est enterré.

Si vous ne l’avez pas lu, c’est vraiment dommage. L’idéal serait de vous procurer la première édition. La seconde n’est pas mauvaise, mais à mon sens trop moderne dans l’écriture et les dialogues.

A NE PAS MANQUER !

  • Le roi de fer
  • La reine étranglée
  • Les poisons de la couronne
  • La loi des mâles
  • La louve de France
  • Le lys et le lion

Tardivement, Maurice Druon a édité un opus 7 qui n’a rien à voir avec les 6 premiers tomes. J’ai renoncé à la 30ème page,  mais je ne bloque personne…

PS : les rois maudits sont enterrés à la basilique Saint Denis, dans un désordre indescriptible (pas de suite dans l’alignement, bordélique comme je le suis, ça me choque !)

Posté le 7 mars '10 par Calpurnia, dans A lire, à relire, à découvrir. 16 Commentaires.

Jack London…

jack-londonSi vous prononcez son nom, on vous rétorquera immédiatement “Croc Blanc” ou “le Loup des mers”.

Auteur extrêmement prolifique, mort jeune (oui, quand on approche des 52 balais, 40 ans c’est jeune)  (que n’a-t-il emporté dans sa tombe de merveilleux récits, comme Mozart a emporté de merveilleuses oeuvres), je l’ai découvert assez jeune.

Trônent encore chez mes parents les prémisses de la bibliothèque verte de mon enfance : couverture verte non illustrée, peu d’images, version expurgée pour être mieux lue par des ENFANTS.

Ma pire punition étant d’être privée de lecture “sauf du dictionnaire”, j’ai bien entendu lu tous les vieux livres de mes parents. Jules Verne trônait en tête.

J’ai donc bien entendu lu “Croc blanc”, petite fille. Puis vers mes 14 ans, parce que je m’ennuyais après avoir terminé “les rois maudits” (et qu’y a-t-il de pire qu’une adolescente qui s’ennuiiiiiie : la peste, et la peste ça se soigne), papa décida que je pouvais lire les aventures des mers de Jack.

Le loup des mers, les mutinés de l’Elseneur, histoire des Iles, l’île des lépreux, Jerry chien des Iles, Contes des mers du sud, Fils du soleil, Histoire de la mer.

La peste était terrassée et les vacances terminées. Restait à finir les devoirs le plus vite possible pour achever le livre…

Et puis un beau jour, chez un libraire (il y en a qui vont s’acheter des chaussures, moi, je vais chez le libraire), édition en collection “bouquin” d’une grande partie de l’oeuvre de Jack London. Je résume en gros les idées, pour le reste vous allez consulter la biographie de l’auteur et les titres de la collection (j”ai déjà dit que je n’étais pas une encyclopédie, et ça m’emmerde de devoir chausser une paire de lunettes pour aller voir les vrais titres, et en plus d’appeler mon père pour qu’il me précise ses titres à lui)

  • Les aventures de la mer
  • Les aventures de terre
  • Du possible à l’impossible
  • L’histoire du grand nord.

J’avais lu les aventures de la mer que j’ai immédiatement achetées, découvert qu’il avait écrit sur les mines, les mineurs, les chercheurs d’or, les boxeurs, et surtout, des histoires fantastiques, dont “le vagabond des étoiles” reste le summum. Livre que j’ai pris pour papa qui pleurait régulièrement qu’il ne savait pas où retrouver “le vagabond des étoiles”.

En gros c’est l’histoire d’un prisonnier, torturé dans une prison américaine, dans laquelle pour punir chaque prisonnier, on le ligote quasi à mort dans une camisole de force. Et cet homme va revivre, la première fois, une de ses vies antérieures, et n’aura de cesse de toutes les revivre et donc d’être régulièrement torturé…

Et bien sûr, et bien, les deux autres “bouquins”. Papa doit théoriquement préciser sur son testament que les histoires fantastiques de Jack London sont pour moi (je ne suis pas pressée, NI sortie de l’auberge).

Comme de coutume à l’époque, le libraire me déroula le tapis rouge pour ma sortie de sa boutique où il aimait que je vienne “fouiner” (acheter 3 kg de bouquins ne m’a jamais dérangée).

Jack London a un style inimitable et fort bien traduit, ce qui compte énormément, une capacité à passer d’un style à l’autre également. Entre les histoires du grand nord et celles de la mer, on pourrait croire que l’auteur n’est pas le même.

Le vrai, le possible, le fantastique et l’extraordinaire se mêlent à la boue des mines, à la recherche éperdue de l’amour et à la préhistoire, en voguant sur l’écume des mers qui nous vaincront un jour…

C’EST JACK LONDON.

A mieux connaître.

Absolument !!!

Posté le 31 janvier '10 par Calpurnia, dans A lire, à relire, à découvrir. 15 Commentaires.

La saga du Prince Eric…

ericLà évidemment, je vais plutôt faire appel à la mémoire de certains… Mais je tenais à en parler, parce que je voulais relire cette saga et que je viens de le faire. Toujours chez mes parents, à l’abri tutélaire de leur amour et de leur force…

Quel été était-ce ? Ma petite soeur était là, mais plus tout bébé, donc je dirais 1970. C’est l’année où j’ai renoncé à aller à la messe et donc affronté Mrs Tricot, ce qui me préparait à mes lectures futures…

Pour des raisons obscures, parents et grands parents n’avaient pas pu avoir la location en Bretagne, comme de coutume. Restait à se réfugier dans une maison dans le nord nord du Cotentin : les Gougins St Marcouf… C’est là que j’avais enfin su nager trois ou quatre ans  plus tôt…

Le temps n’y était pas génial, la plage ce n’était pas cela, mais au moins il y avait une bibliothèque tenue par une amie de Mrs Tricot qui s’était exilée là avec son mari, on ne sait pourquoi. Il faut vraiment vouloir quitter le monde d’une certaine façon, pour aller s’installer là-bas.

Comme le temps n’était pas génial du tout, je pris un premier livre à la bibliothèque. Collection “signe de piste”, “La bande des Ayacks” de Jean Louis Foncine, 2ème tome d’une chronique des pays perdus. J’ai accroché immédiatement avec cette bande de gosses qui terrorisent à juste titre tout le monde. Papa RElu le livre avec un petit sourire au coin des lèvres, et m’autorisa à lire les autres signes de piste qui me tomberaient sous la main. Quasi tous, vu la bibliothèque, ma capacité de lecture déjà bien en place, et le temps merdique. Un livre par jour c’était déjà mon rythme.

J’entamais donc (entre autres) la saga du Prince Eric (de Serge Dalens) que mes parents connaissaient bien. D’ailleurs il était bien prévu que si j’avais été un garçon, je me serais appelée Eric. A l’arrivée de mon frère, les Eric étaient trop nombreux, ils ont renoncé au prénom… Ils me l’ont redit aujourd’hui : homme aujourd’hui, je serais Eric…

Il y a 4 tomes que j’ai dévoré :

  • Le bracelet de vermeil
  • Le prince Eric
  • La tache de vin
  • La mort d’Eric.

Dans “le bracelet de vermeil” va se sceller une amitié indestructible entre Christian le brun et Eric le blond du nord. Eric, prince de la principauté imaginaire du Swendenborg, est entré chez les scouts en France, et il a une mission  à remplir, qu’il ne connaîtra que plus tard… A la fin du livre (je vous dissimule les dessous de l’affaire), Christian et Eric sont les meilleurs amis du monde, et Eric repart dans sa principauté.

Dans “le prince Eric”, le premier ministre du jeune prince, tente de prendre le pouvoir, après lui avoir trouvé un sosie malade. Ce sont les scouts rendant visite à leur prince, et Christian le premier, qui vont éventer l’histoire. Le complot est déjoué, le prince reprend son rang. Non sans de multiples aventures dont on a peine à se détacher (dîner, pour quoi faire ?)

Dans “la tache de vin”, un personnage mystérieux hante tout le livre. Jeune garçon qui ne sort pas de chez lui, mais connait bien Eric, et puis rencontre accidentellement Christian. Un mystère plane, le premier ministre d’Eric n’est finalement pas mort. Là encore, la patrouille des scouts va résoudre le problème, tout en aidant parallèlement un jeune garçon mis à mal par une vieille tante bornée.

“La mort d’Eric” n’est pas un mystère dès le titre. Nous connaissons déjà la fin en nous emparant du livre. Nous sommes en 1939/1940. Christian s’engage, Eric suit une charte particulière qui demande au prince de Swedenborg de servir la France en cas de besoin. Les deux amis vont servir dans le même bataillon de spahis, et retrouver au cours des premiers combats, certains jeunes allemands rencontrés lors du “prince Eric”.

Bien sûr je ne vous révèlerai aucun secret en vous disant qu’Eric meurt, pendant la débâcle de 1940. La préface de l’auteur est intéressante :

« Il ne s’agit plus d’un roman mais bien d’un récit. La fiction s’efface devant la réalité. L’histoire n’est qu’un fil doré, rehaussant l’indifférente tapisserie des faits. Le livre se termine mal. Le Prince n’est pas vengé, le lecteur n’est pas consolé. Les « grandes personnes » seront probablement mécontentes, car ces pages sont tristes, tristes comme la guerre qu’elles perdirent. Sans doute prétendront-elles que ce livre « n’est pas pour les enfants ». Or, je pense, moi, qu’un garçon de quinze, seize, dix-sept ans, est un garçon. C’est-à-dire un homme. Je pense qu’il n’y a pas de raison de le traiter à la paix autrement qu’à la guerre. De le traiter dans sa maison autrement qu’en ces jours de 40 où il courait dans les champs. De lui cacher la vérité. »

Il écrira deux autres livres concernant la saga, mais longtemps après. J’ai préféré les ignorer.

L’ensemble de l’oeuvre de Serge Dalens met en exergue des qualités “courage, fidélité, amitié, honneur, famille, patrie, religion”, qui peuvent faire sourire aujourd’hui. Fils d’officier, magistrat qui s’occupa de la cause des enfants vraiment perdus (”les voleurs”, “les enfants de l’espérance”) Adulte, je n’adhère pas à toutes ses idées, même si certaines de ses phrases cinglantes peuvent donner à réfléchir. Quelque soit l’esprit de base de l’auteur,  le prince Eric et ses héroïques scouts restent pour moi dans ma jeunesse, ce qui a été un idéal (j’avais 12 ans et le scoutisme était présenté et vécu par ses héros comme une grande aventure).

Papa m’expliqua gentiment qu’il avait été chez les scouts pendant 3 ans, et qu’il n’était pas pour que j’y entre à mon tour, même chez les filles (dans les livres il s’agit de scouts catholiques, et les filles sont parfois mises à l’honneur, comme “dans la forêt qui n’en finit pas”), car je bavais d’envie devant l’esprit d’aventure des livres. Il lui fallu du temps pour qu’il m’explique qu’il n’y avait pas que de bons souvenirs, et qu’à son époque de petit garçon, c’était l’école idéale pour faire para un jour… C’était et c’est toujours son point de vue, même si je sais qu’il reprend la saga d’Eric de temps à autres. D’ailleurs, il m’a rappelé aujourd’hui que garçon, je me serais appelé Eric, et maman tout à coup de réagir “et pourquoi pas Christian ?” (l’ami pour toujours d’Eric).

Ceci n’arrêta pas ma course aux “signes de piste” qui furent réédités peu de temps après ma découverte, un coup de bol,  ré-illustré par le même dessinateur. J’y ai retrouvé les comtes du pays perdu, d’autres livres, Jean Louis Foncine et Serge Dalens étant les auteurs principaux de la série, les parrains de la série “signe de piste”, écrivant également “les enquêtes du chat tigre” ensemble, sous le pseudo “Mick Fondal”. Il y avait aussi “Rhorr”, le jeune homme de la préhistoire, et d’autres histoires totalement différentes… Ils sont scrupuleusement conservés par les parents, contraints à une époque, d’acheter chaque sortie de livre… (budget grevé, faites des gosses…)

Manquent cruellement, les signes de piste de papa, les éditions d’origine, perdues on ne sait où…

A bien regarder les listes sur internet, il m’apparaît que j’ai lu un nombre impressionnant de ces signes de pistes anciens, durant ce mois de juillet, sans doute pourri et donc après, forcément. Que sont les livres devenus ?…

C’est un souvenir d’extrême jeunesse qui reste ancré en moi. Un jour j’ai retrouvé l’ancienne édition du Prince Eric, chez un bouquiniste, qui a sourit en voyant ma mine émerveillée de femme de 40 ans (j’adorais les illustrations de Pierre Joubert, anciennes ou revues pour les éditions postérieures) : “ça c’est l’esprit des chevaliers teutonique, un autre temps, une autre pensée”.

Oui l’idée n’était pas que le scoutisme. Adulte, je réalise que c’est l’image que l’on avait de la chevalerie, qui est mise en scène par ces auteurs… Car la chevalerie n’a jamais été ce qu’elle se devait d’être. Là, dans les mains d’adolescents purs, on remet la chevalerie au goût du jour. C’est peut-être pour cela que cela m’a tellement plu…

A l’époque pour 20 F, j’ai eu les 4 livres… Qui les lira après moi ? Ce sont des livres pour les adolescents, qui pour l’auteur, représentent un certain esprit et l’avenir du pays… Des adolescents qui n’existent plus comme ils existaient juste avant la dernière guerre mondiale.

Et la fin tragique “Hélas, Eric est mort dans le couloir”, me fait toujours monter les larmes aux yeux. C’est le père chirurgien de Christian, l’ami indestructible, qui les mains pleines de sang n’a pas eu le temps de sauver Eric.

Christian partira lui, vers les stalags… Comme mon grand père…

Qui ne lisait JAMAIS un “signe de piste”… Enfin pas devant nous. Car vu le nombre de livres de cette édition qu’il avait acheté à son fils, nous sommes certains qu’il les a tous lus, et sans doute jamais voulu dire en quoi il n’était pas d’accord… (probablement le côté catholique du scoutisme)

Je le répète : adulte je n’adhère pas à tout. Mais l’esprit global des livres me plait finalement : ces valeurs qui se perdent… Celles que la chevalerie a prôné un jour sans jamais la respecter…

Parce que pour le prochain coup, je peux vous faire l’histoire des croisades en 15 volumes… Et vous les verrez les preux chevaliers de notre enfance…

Posté le 22 janvier '10 par Calpurnia, dans A lire, à relire, à découvrir. 41 Commentaires.

“Racines” d’Alex Haley…

racinesC’est un roman très connu, mais que beaucoup n’ont pas lu.

C’est l’histoire au départ de Kouta Kinte, Africain né vers 1750 en Gambie, d’Omoro et de Binta Kinte, l’épouse qui donnera 4 fils à son époux, c’est tout ce que l’on sait et plus rien de la suite après… Après…

C’est l’histoire d’un Mandingue à l’époque où les blancs, les toubabs, commencent à être connus sur son territoire, comme enlevant hommes, femmes et enfants pour les manger dit l’histoire populaire. C’est l’histoire d’un jeune africain élevé dans la peur du blanc et du slati (africain vendant les siens aux toubabs).

La première partie est remarquable à lire. C’est l’histoire de Kouta de sa naissance à sa capture. C’est la vie des mandingues au bord du fleuve “kambi bolongo”. C’est une histoire merveilleuse malgré les années difficiles, les disettes, les revers de la vie. C’est l’histoire  d’une vie comme il y en a eu pendant des siècles, dont on sait malgré tout qu’elle va s’interrompre brutalement. On ne peut s’empêcher de suivre Kouta de sa naissance à la fin de sa vie à Djoufourré, sans vouloir croire que tout va se terminer…

Kouta désormais considéré comme un homme dans son village et pour tous les mandingues, part un beau matin chercher du bois pour se faire un tambour.

J’ai lu le livre plusieurs fois : la capture de Kouta par les toubabs, reste toujours un moment d’horreur, un choc pour moi. Comme si l’histoire avait pu changer depuis la dernière fois…

“Les toubabs ! Comment avait-il pu ne pas les entendre, ne pas les sentir ? Il hurla de rage et de désespoir, puis fut assommé et perdit conscience”.

Suit après le long calvaire vécu par les africains capturés pour la traite du bois d’ébène. Kouta ne comprend rien à ce qui lui arrive : il ne pensait pas que l’on pouvait traiter un être humain comme il est traité. Il y a le marquage au fer rouge. Il y a la longue traversée dans des conditions ignobles, vers le pays lointain des toubabs où il sera peut-être mangé. Il y a les blessures, les cris, l’enfermement dans le noir, les bruits qui terrorisent, des hommes baignant dans leurs excréments et leurs vomissures, des hommes blessés à jamais dans leur fierté, car on les considère comme des bêtes, des malades qui meurent des mauvais traitements, les conditions de la traversée, tout simplement, au cours de laquelle environ 50 % des hommes mouraient. Des hommes dont on avait volé deux fois leur vie…

(Car que de gens arrachés à leurs terres, leurs familles, leurs villages, leur vie, qui ont péri “pour rien” lors de ces traversées, de maladie ou de désespoir, ou tout simplement quand on “allégeait” le navire).

Il y a ses réflexions sur l’aspect, l’odeur des toubabs, son incompréhension sur leur mode de vie, sa terreur face à son sort : il a été vendu comme esclave dans une plantation. Il s’en sauvera 3 fois, croyant toujours qu’il pourra retrouver un jour son village natal. La 3ème fois, quand il est repris, on lui coupe la moitié d’un pied, et il va rester boiteux… Toujours sans comprendre comment on peut traiter un homme de la sorte.

Le temps va passer dans une autre plantation, d’un “bon” maître où il est mal vu par les autres esclaves, se déclarant africain et fier de l’être, et se demandant pourquoi les autres ne se demandent pas quelles sont leurs origines… Il va épouser Bell et avoir avec elle une fille, Kizzy, que le maître va vendre quand il apprendra qu’elle sait lire, ce qui est interdit aux esclaves.

Avec la vente de Kizzy, on perd Kouta de vue et on ne saura jamais ce qu’il est advenu de lui. Puis on suit le fils de Kizzy qu’elle met au monde avec honte car il est aussi le fils du maître. Kouta a appris à sa fille le mépris des “sangs mélangés” , des mulâtres. Lui c’est le sang blanc qu’il ne supporte pas. Il lui a aussi appris qu’il s’appelait Kouta Kinte, qu’une guitare, c’était “ko”, et un fleuve “kamby bolongo”… Et d’autres termes africains que Kizzy va transmettre à son fils, et son fils à ses enfants après elle…

Pour en arriver à l’auteur et à sa quête émouvante de ses ancêtres, partant de peu…

Kounta Kinetay, Ko, Kamby bolongo…

Alex Haley, homme libre, va rechercher les traces de l’africain et va le retrouver…

Dans un village d’Afrique encore totalement noire, il va, après enquêtes décourageantes et du temps, l’aide précieuses d’africains émus par sa quête, entendre un griot raconter la saga du clan Kinte et savoir enfin, quand le griot dira “et un beau jour, Kounta, le premier fils d’Omoro et de Binta, partit pour la forêt cueillir du bois et on ne le revit jamais plus…”

Après son choc de s’être retrouvé dans une population totalement noire dans laquelle il se sentait mutant et honteux de l’être, il va retrouver ses racines… C’est bien ce Kounta là qui est son ancêtre, il n’y a aucun doute.

Les femmes du village de son ancêtre lui apporteront leurs enfants pour l’imposition des mains, et les villageois vont danser autour de lui pour fêter celui qui avait disparu et est enfin revenu. Et lui aura honte de sa peau café au lait, d’être trop différent…

Rentré aux USA Alex va rechercher la trace de son ancêtre pour avoir une certitude. Kouta Kinte a été capturé auprès du fleuve Gambie (Kambi bolongo) et avait été rebaptisé “Toby” par ses maîtres, nom qu’il refusa toujours, restant mandingue jusqu’au bout de l’histoire que l’on connait de lui.

Et un jour, la preuve de l’arrivée d’un navire portant sa cargaison de bois d’ébène, dont un jeune mâle de 17 ans environ, appelé “Toby”… en 1567

C’était bien lui…

Outre les atroces conditions des captures, des voyages, des ventes, de la vie de ces hommes et femmes qui ne comprenaient rien à ce qu’il leur arrivait, il y a leur point de vue, sur nous, notre civilisation déjà.

Les toubabs ne sont pas les plus beaux, les plus merveilleux. Nous sentons mauvais, nous sommes laids à faire peur, notre monde est incompréhensible et illogique… Nous avons les cheveux jaunes ou rouge, une peau blafarde, peu de muscles, et aucun respect de l’être humain…

Merci Kouta Kinte d’avoir transmis à tes descendants tes origines, et merci à ton arrière, arrière, arrière, arrière, arrière petit fils, d’avoir cherché à te retrouver.

A LIRE ABSOLUMENT ! même si vous avez tendance à pleurer facilement…

Mon seul regret : que grâce au griot, il n’ait pas reconstitué la suite du clan Kinté… Mais il avait déjà fait du beau travail !

Posté le 29 novembre '09 par Calpurnia, dans A lire, à relire, à découvrir. 12 Commentaires.

Mes lectures de vacances…

femme-lisantJ’ai beaucoup lu pendant mon séjour à la Grande Motte. J’avais prévu, car pendant les vacances, la télévision est totalement proscrite… J’ai de plus une grosse capacité de lecture, cette dernière ayant été l’unique distraction autorisée le soir lorsque j’étais enfant, mes parents n’ayant eu la télévision que fort tard.

Encore maintenant je lis beaucoup et ne supporte pas de ne pas avoir au moins un livre ou deux d’avance. En plus, il y avait de la lecture là-bas…

C’est assez éclectique et je vous livre en vrac :

  • Janine Boissard (auteur que j’adore) via :
    Allez France
    : l’histoire d’une petite fille qui rentre en CM1, sa vie racontée un peu à la manière du “petit Nicolas”. J’ai adoré, c’était frais, bien vu, très amusant, un vrai régal (à lire si vous avez des ados et pré-ados).
    Marie Tempête
    : l’histoire d’une femme de pêcheur qui décide de reprendre la pêche après le décès de son mari en mer. Une histoire d’amour, de coeur, du monde de la mer. Une histoire de vie comme elle sait si bien les écrire. A ne pas louper !
    Je serai la princesse du château
    : tout simplement l’histoire de sa vie, et j’ai été très surprise car au travers de ses romans, je n’imaginais pas son milieu tel qu’elle le décrit. A lire également si vous aimez l’auteur.
  • Bernard Werber via le mystère des dieux. Je voulais terminer la saga des dieux suivant celle des anges, suivant les thanatonautes, et j’ai trouvé à la fin que l’auteur se fichait de notre gueule, cet avis n’engageant que moi… Pourtant j’ai adoré beaucoup de ses livres… Il est clair néanmoins que je ne rachèterai plus aucune de ses oeuvres sans avoir eu un avis éclairé (pour moi…)
  • Jean-Christophe Grangé via le serment des limbes. Du Grangé pas au top de sa forme, que j’aime bien pourtant d’ordinaire (les rivières pourpres pour exemple). J’avais la solution à la moitié du livre et ai trouvé l’enquêteur manquant sincèrement d’intuition et de logique.
  • James Patterson via terreur au 3ème degré : auteur que je découvrais, une enquête du women murders club. Je lirai d’autres livres de cet auteur. Eh oui, j’aime les polars…
  • Mary Higgins Clark via le billet gagnant : une série de nouvelles souvent très savoureuses qui m’a réconciliée avec l’auteur. L’ancien plombier pris en otage et rendant fou ses ravisseurs avec une fuite de chasse d’eau est à mourir de rire !!!
  • Harlan Coben via sans un mot que j’avais offert à Jean Poirotte pour la fête des pères. J’ai compris qu’il ait été un peu déçu, vu que l’ordinateur et les techniques modernes sont un peu la clef de voute de l’histoire. Meurtrier abominable, enquête un peu déroutante. J’ai moyennement aimé la chute. Je ne sais pas si je tenterai de lire autre chose de lui…
  • Patricia J Macdonald via sans retour : intrigue bien ficelée, un polar comme je les aime, qui ne prend pas trop la tête mais surprend tout de même tout le long de l’enquête et surtout à la fin… Pas un livre que je garderai néanmoins…
  • Muriel Barbery via l’élégance du hérisson. Là mon père m’avait gâché le livre, en le lisant avant moi et en passant son temps à m’en lire des extraits. C’est sa spécialité, il n’arrive pas à se corriger (il aime bien aussi vous raconter un film que vous n’avez pas vu). Je n’étais pas à même de porter un vrai jugement, agacée de retrouver régulièrement des “citations” de mon père qui du coup, s’est fait engueuler par maman qui me conseillait vivement ce livre et lui demandait de la boucler… A lire tout de même, si vous voulez mon avis…
  • Madeleine Chapsal via on attend les enfants : chroniques d’une vie ordinaire, vacances qui coulent en attendant la venue des enfants. Un peu plat. Fin hautement improbable dans la vraie vie…
  • Katherine Pancol via encore une danse. Je me suis fait un devoir de le terminer et je l’ai laissé dans l’appartement… Encore un auteur que je n’achèterai plus… Même si je l’ai suivie depuis ses débuts à Cosmopolitan…

Ben c’est à peu près tout, je ne suis partie que 3 semaines…

Je précise que je lisais l’après midi pendant la sieste des anciens, et le soir dès 21 H 30 dans mon lit, d’où la liste…

Je lis peut-être beaucoup, mais d’ordinaire, la liste sur 3 semaines est plus normale…

Vous retirez la TV, l’ordi et internet et vous faites quoi ? Ben vous prenez un bouquin, quitte à aller à la bibliothèque, et vous le lisez.

Y’a que cela de vrai…

Posté le 25 octobre '09 par Calpurnia, dans A lire, à relire, à découvrir. 21 Commentaires.