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'Coup de gueule'

L’euro et moi (et vous…)

Moi l’euro je n’arrive pas à m’y faire, même si quand on voyage en union européenne, c’est pratique… D’ailleurs pour l’instant je ne voyage plus en union européenne et je ne suis pas prête de le refaire, vu mes moyens…

Déjà les prix ont augmenté, même si l’on a longtemps prétendu le contraire (dans les médias). J’ai gardé la sale habitude de multiplier par 7 pour avoir une estimation en francs (6,55957 d’estimation du départ ça m’esclave grave mes 12 neurones).

Premier exemple : la boulangerie qui augmente sa baguette du jour au lendemain de 10 cents… Vous avez vu une boulangerie jadis, augmenter d’un coup de 65 ou 70 centimes ? jamais… Là c’est monnaie courante. Et le Saint Honoré a augmenté lui de 50 cents (3,50 F). S’il n’y avait que les boulangeries…

Je suis bien placée pour savoir que dans ma boîte de l’époque, on avait tout bien converti au cent près, la première année. Après on a arrondi… Sauf que on a arrondi vers le supérieur.. Cela ne représente pas la même chose quand on passe de 110,75 € à 115…

A Rampion, l’autre soir, une vieille dame à qui la caissière ne pouvait pas rendre 5 cents (en gros 35 centimes de F). Jamais une caissière ne se serait permis de dire “je vous dois 35 centimes”. Là, elle a déclaré “oh, pour 5 cents ! je vous les dois”.

La vieille dame s’est révoltée. Tout d’abord si cela avait été elle qui devait 5 cents, elle n’aurait pas embarqué sa marchandise, et même remarque sur la conversion en F. Et une dame derrière elle de l’apostropher “madame vous raisonnez toujours en F, ce n’est pas bien. Un centime c’est un centime”.

Et la vieille dame lui a parfaitement répondu ce que je pensais : “à une époque un centime c’était un pourcentage de ma retraite, maintenant ce n’est plus du tout le même pourcentage, alors j’ai le droit de penser ce que je veux et je veux mes 5 cents”.

Elle a raison. Un centime d’euro ce n’est pas le même pourcentage sur ma future basse paye que le centime de F de jadis.

Si nos salaires avaient été multipliés par 6,55957 (on va dire 6 pour faire soft), on ne se plaindrait pas…

Certains demandent le retrait du cent, des 2 cents, voire même des 5 cents, inutiles et gonflant le porte monnaie… Alors qu’ils supportaient très bien les 5 centimes de F (moins d’1 centime d’Euro).

Et vous avec l’euro c’est comment ? Moi je n’arrive pas à m’y faire. Je calcule, je constate que ça a vachement augmenté, que je me fais gruger… Car on ne peut pas nier que notre panier de “ménagère” ou de “folle de fringues” a considérablement augmenté, et pas en rapport avec nos salaires… D’ailleurs les premiers à vouloir la mort des petites pièces ne sont pas les derniers à trouver que les prix montent vachement trop…

Edit du 20 au soir : la boulangerie vendant de si délicieux petits fours frais, à 10 euros la barquette de 20, les vend désormais à 11 euros la barquette de 18… Et on ne se fout pas de nous…

Posté le 20 avril '09 par Calpurnia, dans Coup de gueule. 19 Commentaires.

Réédition : Les soldats de l’espérance ou : l’histoire du SIDA (ben oui quoi, on en parle en ce moment…)

Si l’on me prête vie, un jour je pourrai dire à mes petits enfants, que je suis née dans un monde où le SIDA n’existait pas. Au siècle dernier, à la fin du millénaire précédent. Que nous étions plein à être nés dans un monde où l’on ne pouvait même pas envisager ce type de fléau. Ne plus l’imaginer…

Je suis née dans un monde où nous avions vaincu (en théorie) la peste, le choléra, la rage, le typhus, la variole… tellement de maladies. Nous ne pouvions pas imaginer qu’il en apparaîtrait des nouvelles. Dont une toute nouvelle qui plomberait nos vies, avec les fièvres hémorragiques africaines dont on n’a que peu parlé à l’époque. C’est via des romans et films que nous avons découvert ces nouveaux fléaux : les fièvres hémorragiques africaines…

Je leur dirai que je suis née dans un monde où l’amour était sans danger de procréation non voulue, dans lequel les maladies vénériennes connues se soignaient sans problème, dans un autre monde que le leur…

Je me souvenais de manière assez floue de cette époque où nous avons entendu parler via les informations, d’un “cancer des gays” attaquant les homosexuels mâle de San Francisco, je me souvenais d’un Bobby Campbell acceptant de servir de cobaye pour tous les tests possibles, je me souvenais en vrac d’informations contradictoires. Je ne me souvenais pas par contre du jour où j’avais entendu prononcer le mot “SIDA” pour la première fois, du moment où nous avons eu la certitude qu’il s’agissait d’un virus. Je me souviens que cela a commencé à être évoqué un peu trop souvent à la TV alors que j’avais déjà Pulchérie, mais que Delphine n’était pas née, car je me souviens de l’appartement dans lequel j’étais en voyant ces informations de plus en plus alarmantes…

Et puis je suis tombée sur cette antique cassette VHS, enregistrée par mes soins sur Canal +, aux alentours de 1994 car le film date de 1993. Un film ayant 15 ans donc : “Les soldats de l’espérance”.

C’est l’histoire pure et simple du SIDA. Le héros est Don Francis, médecin du CDC, qui a assisté à une poussée de fièvre Ebola en Afrique en 1976 et qui a décidé de consacrer sa vie à la lutte contre les virus. Il y a également un médecin français à l’hôpital Claude Bernard qui commence à se poser trop de questions et à être mal vu car soignant “n’importe qui”.

On comprend dès le début, que via archives et recherches, il y a eu des cas très isolés de SIDA dès le début des années 1970. Et puis tout à coup c’est l’hécatombe qui débute dans le milieu homosexuel de San Francisco, via des pneumonies et des cancers de la peau très rares, voire incompréhensibles en l’absence d’autres pathologies. ON recherche le patient 0, ON va le trouver, et ON ne saura jamais comment il a été contaminé…

Dès le début de l’épidémie, le CDC va se heurter à l’insupportable inertie du gouvernement Reagan qui ne voit pas l’utilité de débourser un cent pour faire des recherches sur un mal qui ne frappe que les homosexuels. S’ils pouvaient tous crever…

Mais un grand nombre de personnes luttent, se battent, essayent de savoir, avec de piètres moyens. On ne se souvient pas quelles étaient les interrogations essentielles de la communauté scientifique à l’époque : qui était l’agent responsable de ces morts de plus en plus nombreuses ? Un virus ? Une nouvelle bactérie ? Quoi d’autre ? Tout le monde tâtonnait, avançait en aveugle, pour trouver des causes qui sont pour nous évidentes aujourd’hui.

L’hypothèse d’un virus s’avère la plus évidente, mais le ton du film est le reflet de la réalité “on le croit mais ce n’est pas prouvé“. Il semble que les malades soient aussi porteurs de l’hépatite B, première piste. Il faut des preuves. Si le virus est très contagieux, via l’air, ce serait une catastrophe énorme et mondiale (car les données de l’époque lui donnent 100 % de mortalité), comme la rage ayant muté en rhume ou grippe. Si virus il y a, est-il contagieux uniquement par voie homosexuelle ou tout simplement sexuelle ? Grave question pour les moralisateurs. Parce que si c’est uniquement par voie homosexuelle, c’est un SIGNE. Est-il transmissible aussi par le sang ce qui peut sembler évident ? Au bout de combien de temps devient-il mortel ? Personne hormis le CDC ne veut rien savoir concernant une diffusion hématogène possible. La banque du sang des USA freine des 4 fers. Et c’est ainsi que le CDC après avoir lutté en vain et proposé toujours en vain d’écarter comme donneurs les porteurs de l’hépatite, aura la preuve que, le virus ou autre est transmissible par le sang également, puisque des bébés ayant reçu des transfusions, des opérés, des hémophiles, commencent à avoir les mêmes symptômes que les gays dont certains espéraient l’extinction. C’est l’horreur qui commence…

Et toujours la recherche du virus, d’un virus, et une guerre entre l’institut pasteur qui théoriquement l’a découvert en premier, et le découvreur du premier rétrovirus, le professeur Gallo (rétrovirus qu’il a découvert, dont on ne sait toujours pas ce qu’il provoque comme maladie, les canins étant inexplicablement pour l’instant non atteints par les rétrovirus, alors que la leucose du chat a provoqué bien des euthanasies non justifiées).

Malgré le blocage des administrations, malgré les insupportables réticences de certains, malgré l’homophobie régnante, malgré la connerie humaine, les périodes où les services de secours aux USA et ailleurs, refusaient d’intervenir sur une personne perdant du sang par crainte de contagion, malgré la panique si humaine et ambiante, ce film peut toutefois aider à retrouver espoir en l’humanité.

Il y a ceux qui cherchent et qui se battent pour n’importe qui pourvu qu’il soit un être humain. Il y a la communauté homosexuelle si décriée qui met en place une chaîne de solidarité extraordinaire pour tous ceux qui sont atteints : il y a toujours un garde malade, quelqu’un de présent pour celui qui est atteint. Il y a leurs amis qui se fichent complètement de savoir s’ils sont homos ou non, mais qui ne voient en eux que des malades à sauver. Il y a ces défilés si tristes, mais poignants de chaleur humaine et de sensibilité. Il y a les célébrités qui, pour pousser à la recherche et en aider d’autres, iront avouer ce qui est inavouable pour beaucoup à l’époque (je suis homosexuel, voir Rock Hudson et le héros de psychose), d’autres célébrités qui se montreront avec des malades en les embrassant pour faire bien comprendre qu’ils ne sont pas contagieux comme cela. En dehors de l’américain qui veut le Nobel, il y a ceux qui pour aller jusqu’au bout de leur idéal de médecin et chercheur, iront jusqu’à risquer de voir leur carrière brisée net.

La conclusion logique est tout de même que sans blocage de l’administration, la recherche aurait avancé beaucoup plus rapidement. Que l’homophobie a condamné beaucoup d’humains qui ont été contaminés autrement que par voie “homosexuelle” (et j’espère être claire, sur le plan de l’homosexualité, je n’ai aucun jugement à porter, ce n’est pas mon style, chacun doit vivre sa vie comme il le souhaite) .

Si vous avez l’occasion de le voir, je vous conseille vivement ce film “LES SOLDAT DE L’ESPERANCE”. Il rafraîchira la mémoire à certains (comme moi), et en apprendra beaucoup à ceux qui connaissent le SIDA depuis leur naissance. Car quand le SIDA est apparu, personne n’en connaissait rien, et c’est ce que nous oublions petit à petit. Dans ce film on revit toutes les découvertes majeures, et leur prix… Et pour les plus anciens, nous pouvons nous souvenir de ce que nous avons vécu en découvrant PETIT A PETIT cette maladie

La vidéo c’est la fin du film, au son d’Elton John “the last song”, un making off des célébrités ou non, mais premiers morts du SIDA. C’est un rappel de manifestations émouvantes, des premiers à vraiment s’impliquer. Les chiffres donnés à l’époque, sont malheureusement à revoir à la hausse. Je sais que c’est un peu long, mais je pense que cette vidéo vaut la peine d’être vue jusqu’au bout.

Richard Preston disait de l’Ebola (ici) “il s’est retiré soudain dans la forêt d’où il venait, il reviendra“.

Le SIDA n’a pas besoin de revenir. Il est toujours là. Il représente l’amplification la plus forte d’un virus, à notre connaissance, depuis les débuts de l’humanité, car beaucoup pensent que celui qui accompagna l’homo sapiens à ses débuts (voir “l’odyssée de l’espèce”), a été décimé par un virus.. C’était peut-être déjà celui là… Qui peut savoir ?

Et ces certains et d’autres pensent avec terreur que ce n’est peut-être qu’un début. Car ce virus malgré ce que l’on peut croire sans y réfléchir, n’est que peu contagieux. S’il vient à muter pour devenir contagieux aussi par voie respiratoire, s’il peut “s’aérosoliser”, ce sera notre fin…

Je souhaite vraiment pouvoir parler à mes petits enfants un jour, de l’apparition du SIDA dans nos vie, en racontant également, comment il en a disparu, parce que l’on a trouvé le traitement, le vaccin miracle…

Si vous êtes du genre à parler de “châtiment de Dieu”, ou autre, merci de passer votre chemin… Aux autres, bienvenue !!! (21 septembre 2008 - première édition)…

Aujourd’hui, des spots quotidiens nous rappellent le nombre de morts encore d’actualité, un nombre qui finit par ne plus rien représenter tellement il est énorme, qui n’évoque rien finalement. Alors restons lucides, arrêtons de compter, et voyons la vérité en face. Le SIDA tue toujours et il tuera longtemps… Il est fait pour tuer, et il tuera encore longtemps… Le continent africain restant le plus atteint.

Et un grand merci à notre pape (enfin celui des autres, parce que ce n’est pas le mien) pour avoir soutenu la cause anti-sida, au cours de son dernier voyage (qu’il reste chez lui au Vatican, là où est sa vraie place)…

Je me pose une question tout de même (juste une…) Comment peut-il prétendre que le préservatif aggrave le problème au lieu de l’améliorer ?

Benoit, on t’aimera quand tu seras dans la crypte de la basilique St Pierre… Bien au froid et nous foutant enfin la paix…

Posté le 27 mars '09 par Calpurnia, dans Coup de gueule. 29 Commentaires.

J’ai testé le parcours moderne du combattant…

A savoir, tester ce qui s’appelle désormais le “pôle emploi”, regroupement tout à fait justifié des Assedics et de l’Anpe, mais qui aurait pu se faire correctement, en se donnant quelques moyens.

Déjà que j’étais fort heureuse de me retrouver à nouveau à devoir vivre sur le dos des autres, et que j’adore mon désormais ex patron de m’avoir mise en congés… Car chacun sait qu’être chômeur c’est le grand panard… Me manquaient le treillis et les rangers, et une arme de poing ou de destruction massive. Le vert kaki me va bien, la mitrailleuse lourde, je n’ai jamais testé, si cela se trouve cela me va comme un gant également…

A chaque fois que je me retrouve confrontée à un service public, je me dis que, si l’on travaillait comme cela dans le privé, il y aurait des millions de chômeurs en plus (sans compter les facteurs déportés vers les colonies, car la poste, c’est  part).

Donc mardi 17 février, je suis officiellement au chômage. Reste à m’inscrire comme telle… A mon avis, vu la poussée du chômage en janvier et février, les autorités ont tout fait pour que les chômeurs supplémentaires, à compter d’une certaine date, ne puissent plus s’inscrire et les anciens, actualiser leur situation. Ca se rattrapera bien sûr, mais cela va permettre de fausser quelque peu les statistiques (qui sont de toutes manières truquées, tout chômeur sait cela).

La dernière fois (en 10 ans), en décembre 2007, je m’étais pointée, pauvre innocente, aux Assedics avec tous mes papiers pour m’entendre dire qu’il me fallait prendre RV par téléphone. Et que NON, on ne pouvait pas me donner au moins le RV alors que j’étais là. Je suis donc passée par l’obligatoire case téléphone pour avoir un RV, et sans le savoir, je mangeais mon pain blanc.

Car là, au chômage à nouveau depuis le 18 février au matin, j’ai eu le choix entre :

  • Un serveur internet affichant avec grossièreté et régularité “serveur surchargé, merci de vous reconnecter dans 15 minutes” (ou lors de créneaux horaires tout aussi surchargés). Même à 2 heures du mat c’était “surchargé”, franchement ça gonfle et on se demande de qui on se fiche (les chômeurs), car il n’y a pas 2 millions 300 mille personnes qui se connectent à 2 H du mat, pleines de frissons..
  • Un serveur téléphonique demandant d’appuyer sur étoile, 1, 2, 3, taper le code du chômeur, pour ne jamais identifier le code (nous n’avons pas compris votre code, appuyez sur le bouton !). et revenir au serveur d’accueil après avoir subit pendant un bon moment “une voix amie un conseiller va vous répondre”.
  • Pour agrémenter mes journées, j’ai expérimenté l’un et l’autre, l’un après l’autre, ou le téléphone pendant la connexion internet foirant, pour que nada…
  • Sur un forum il m’a été répondu que si je me déplaçais avec tous mes papiers, je me ferais envoyer bouler, devant prendre RV par téléphone. C’est là que la mitraillette serait bien utile, car pour le moins on serait dégagés des contingences d’une vie bassement matérialiste pour un certain temps, même si l’on n’a tué personne (tentation, tentation…)
  • A noter : faut pas être victime d’une tempête et d’une coupure d’électricité, et/ou de téléphone. Dans ces cas là, point de salut ! Droits perdus, recherches foutues, poil au nez.

Las, lundi 2 mars, j’ai réussi à me connecter avec une non identifiée du pôle emploi, après 4 heures d’attente. Vous avez bien lu : 4 heures d’attente. Pas folle, j’avais prévu clopes, pas de boisson pour ne pas avoir envie d’aller pisser, et DVD à arrêter si jamais on me répondait “allô ?”

Ce qu’une malheureuse a fini par faire en me confessant à voix basse (à quoi bon si elle est sur écoutes ?) que les deux semaines précédentes cela avait été l’horreur sur le plan des inscriptions et actualisations, et le programme révisé pour le pôle emploi merdique pas du tout au point. J’acceptais tout à fait de la croire. Elle a été ravie que je sois contente de l’avoir en ligne, au lieu de se faire engueuler. Du coup elle m’a refilé un RV en fin de matinée pour le lundi suivant, et non pas à 8 H, m’a précisé que j’en avais pour 1 H 30, ex chômeuse ou pas.

Là j’ai commencé à m’énerver. Je veux bien me pointer avec tous les papiers nécessaires, c’est logique, mais me re-farcir le film d’animation racontant les droits et surtout obligations du demandeur d’emploi, j’veux pô. J’ai une réplique toute prête si on m’oriente vers mon ancien cabinet de “consultants”. J’irai jusqu’à la présidence de la république à genoux via le site qui répond toujours, mais je ne remettrai pas les pieds dans ce cabinet de consultants, quitte à être fusillée dans les fossés de Vincennes, pour haute trahison vis à vis des finances de l’état, et qu’est-ce que c’est que cette chômeuse qui refuse de se soumettre à la connerie au plus haut point pour avoir le droit de toucher ses indemnités ? (de merde, mais de toutes manières je n’ai JAMAIS trouvé de travail via l’ANPE ou un quelconque cabinet de “consultants”).

Z’êtes prévenus. Eux pas encore, mais cela ne saurait tarder…

Remettre les pieds chez eux, plutôt mourir, plutôt faire Rambouillet/l’Elysée à genoux (avec la presse de préférence, et plein de copains…). Enfin non : à pied, c’est bien suffisant quand on porte une banderole !

La vie n’est vraiment qu’un long calvaire…

Posté le 4 mars '09 par Calpurnia, dans Coup de gueule, Histoire de sorcière. 11 Commentaires.

L’abominaffeuse disparition de la Triscote !

Mais si, vous savez bien, la triscote. Dès son arrivée, il y a… pfuitt, déjà tant de temps que ça ? Mrs Bibelot l’avait adoptée. C’était la seule manière de nous faire déjeuner le matin, nous pouvions nous enquiller 10 triscotes de suite… C’était il y a 40 ans environ.

Quand j’ai eu mon chez moi, jamais la triscote n’a manqué, c’était le truc, comme le lait et le PQ dont je vérifiais toujours le niveau avec mon thé faut être franche, le café d’Albert par exemple, ou de Charles Hubert, ne m’intéressant que peu, il leur fallait me signaler qu’ils allaient souffrir de manque d’ici 8 jours pour que je réagisse… Faut être honnête, ils consommaient grandement de la triscote également !

Le temps a passé, oh combien ! C’est simple, les filles avaient eu le temps de devenir adultes (qu’elles croient…), de quitter la maison, et moi de me remarier (quelle idée aussi que de se remarier, je ne le répèterai jamais assez !) et de re-divorcer.

Quand un beau jour, à Rampion, point de triscote…

Depuis quelques temps il s’agissait de la “nouvelle triscote” que je ne trouvais pas meilleure que l’ancienne loin de là, mais bon c’était tout de même de la triscote. Restait à attendre qu’ils reviennent à l’ancienne recette qui avait fait ses preuves. Quelle idée de changer un truc qui marche !

Je suis donc allée récriminer auprès du directeur de Rampion. Mrs Bibelot et moi sommes ses bêtes noires :

  • 2 mois que vous attendez la rouille qui va avec la soupe de poisson…
  • J’ai pris la dernière purée de carottes congelée il y a 4 mois. Vous avez un morfale de purée de carottes comme client, ou des problèmes d’approvisionnement ?
  • Et le sel de Guérande, vous en rachetez un jour ?
  • Pourquoi n’y a-t-il que du mascara bleu ?
  • Et j’en passe.

Donc je vais le voir, et je lui demande où sont les triscotes. Eh bien il n’y en a plus. Il attend la prochaine livraison (comptez 12 mois chez Rampion, mais ce n’est pas de sa faute, les fournisseurs au dessus de lui, décident. Genre : “on ne vous relivrera du mascara noir que quand vous aurez vendu tout le bleu, même si c’était une erreur de notre part” Il s’en arrache les cheveux, d’ailleurs il a pris un sale coup de vieux).

Donc me voilà partie à Rauchan, juste pour de la triscote. Fallait-il que je les aime. Avec dame Vénezia (c’était l’époque Truchon), à l’heure du déjeuner, nous avons fait tous les rayons pouvant concerner la triscote : en vain.

Le lendemain, discussion sur la triscote. Et l’horrible comptable de chez Truchon, la grosse truie violette, de me dévisager d’un oeil ironique “ça existe forcément toujours, mon père ne mange que ça le matin”.

J’ai fait tous les magasins possibles et imaginables. La réalité était là, LES SALAUDS avaient supprimé la triscote. La nouvelle n’ayant sans doute pas eu le succès de l’ancienne.

C’est là qu’on se retrouve con. On est attaché à quelque chose et ON (Heudebert en l’occurence) décide que finalement non, on ne fera plus. Sans doute, mauvais rapport modification de chaîne pour la nouvelle recette et perte de clientèle (parce que le mieux est l’ennemi du bien). Alors on s’asseoit sur la triscote, comme je me suis assise avec les filles sur la première glace à l’américaine, certaines galettes de sarrasin exquises fourrées fromage ou fromage/champignon. Et plein d’autres choses dont mon shampoing fétiche.

Mais rien à faire, m’asseoir à 50 balais sur la triscote de mon enfance je n’arrive pas à m’y faire…

Les parfumeurs sont souvent bien plus intelligents. Des crèmes datant de Mrs Morgan se vendent toujours, par le bouche à oreille, sans publicité aucune et sans rien modifier à leur parfum ou texture, c’est le vrai secret de ce qui dure.

Moi je me demande depuis déjà un petit bout de temps ce qu’Heudebert me propose en lieu et place de la triscote.

RIEN !

Parce que rien ne remplacera la triscote. C’est limite si je ne vais pas lancer une pétition sur mon blog pour la réhabiliation de cette chose exquise…

Mais bon, je ne me fais pas d’illusion…

La vie n’est qu’un long calvaire…

PS : si vous voulez boycotter Heudebert, il vous faudra également boycotter LU et DANONE, car tout ça c’est le même panier de crabes.

EDIT du 24 au soir : marci MARCUS, et allez tous voter pour le retour de la triscote. C’est une question de principe ! Je n’ai pas envie de devenir la chieuse de la consommation, mais trop c’est trop…

Posté le 24 février '09 par Calpurnia, dans Coup de gueule. 46 Commentaires.

Et la solidarité, on s’asseoit dessus ?

13 janvier 2009. Journée un peu morose au boulot, date anniversaire pour ma collègue d’en face, du jour où elle a enterré son fils ainé qui n’avait eu que 16 années à vivre. Il pleut, il fait moche même si le froid s’éloigne un peu, et la voir se perdre de toute évidence dans ses souvenirs me fait un peu mal.

Il y a des journées comme celles-ci. A 17 H tout bâclé, je pars vers la maison, enfin mon appartement, mon immeuble, mon chez moi douillet pour moi.

La route privée de ma résidence, fait pour moi un U avant que je ne puisse me garer. Un petit rondpoint gère les déplacements et joue les ralentisseurs. J’ai une place privée. Puis, conception de l’immeuble oblige, il y a une marche à monter, puis un petit escalier à descendre pour rejoindre le hall. Cela a permis de mettre des appartements en rez de jardin et de ne pas sacrifier un appartement pour faire hall d’entrée (sauf que bien évidemment l’architecte a fait n’importe quoi en mettant une marche à monter et non pas une de moins à descendre, ne cherchez pas, ce sont les architectes…). Ne vous en foutez pas c’est important : le ralentisseur, et la topographie des lieux…

Donc à peine arrivée à hauteur de ma place pour me garer, je la vois. La vieille dame. Elle est assise sur la petite marche et il est clair pour moi qu’elle est tombée et n’arrive pas à se relever. Je fais ma manoeuvre rapidement : elle ne quitte pas ma voiture des yeux, et en me voyant en descendre, me fait un signe tremblant de la main.

Evidemment, je me dirige vers elle. Sa main droite saigne, elle a du sang plein le visage, elle tremble.

Oui elle est tombée, et n’arrive pas à se relever. 4 voitures sont passées sans s’arrêter dont une qui s’est garée un peu plus loin, de laquelle sont sortis 4 jeunes qui sont rentrés direct dans le hall d’à côté.  Il fait encore jour, on ne peut pas ne pas la voir. Elle a froid, elle a peur, elle ne pourra jamais se relever toute seule. Elle sert étroitement son sac et sa canne.

Aïe, elle pèse plus lourd qu’il n’y paraît. Je n’arriverai jamais à la relever toute seule. Je vais poser mon sac et mon parapluie dans l’entrée et elle crie “ne m’abandonnez pas”. Non je ne l’abandonne pas, je lui ai dit “je reviens”. Arrive un minot rescapé du collège, je le connais bien. Il s’arrête près de la dame et sur un signe de moi, la rassure. Non je ne l’ai pas abandonnée, elle n’est pas abandonnée, il reste à côté d’elle après m’avoir crié que son père n’est pas rentré, d’un air navré.

Des jeunes hommes valides (3 désormais) dans le hall, aucun n’est rentré. Je remonte le petit escalier, et j’essaye en la prenant à bras le corps, aidée du minot qui semble terrifié et affolé. C’est un poids mort qui tremble et là, passe une voiture sans s’arrêter.

Si mes yeux avaient été des pistolets je lui flinguais ses roues et sa carrosserie à ce connard. Il ne va pas me faire croire qu’il n’a pas vu une vieille dame assise sur la petite marche, les fesses dans l’eau, et moi et le minot essayant de la relever ? Si il me le fera croire si je le retrouve et il ne faut pas que je le retrouve, alors que 4 pneus c’est si vite dégonflés…

Et là, elle pleure, elle se voit mourant là de froid et d’injustice. J’épie les fenêtres et qui est chez lui. Miracle, le voisin du dernier étage s’il n’est pas de prime jeunesse, est un homme visiblement encore très bien portant. Je sonne chez lui et le voici qui arrive avec sa femme, tous les deux catastrophés.

Difficile à nous deux de relever la vieille dame et il y a l’escalier à descendre. Le minot toujours un peu pâlot prend la canne et le sac à main, et péniblement nous arrivons à la faire arriver dans le hall. Combien de pas hésitants et tremblants, d’arrêts ? Qu’importe.  A chaque marche c’est la peur de la chute pour elle et nous, l’impression qu’un brancard serait bien utile. Elle pèse combien cette dame ? 45 kg tout mouillé, mais c’est le poids mort. Dans le hall cela s’anime un peu. La femme du voisin est là, qui a averti une autre vieille dame qui a toute sa tête. Faut-il appeler les pompiers ? Non pas à notre avis. Elle s’est juste ouvert la main sur une arête coupante de marbre contre lequel tout le monde vocifère depuis 4 ans, et le sang sur le visage c’est quand elle s’est essuyé les yeux. Quand elle a pleuré.

Ma voisine la connaît bien, et se précipite pour aller prévenir les enfants qui sont proches et dont elle a les coordonnées. Elle a les coordonnées de tout le monde et Je la soupçonne d’avoir les numéros de portables des filles, dieu sait comment. Mais la dame ne peut pas rentrer toute seule chez elle, personne ne l’envisage. Hésitante et toujours tremblante, elle s’accroche à mon bras, et lâche le monsieur, qui s’assure qu’à nous deux cela ira.

Aller jusqu’à l’ascenseur, la faire entrer, récupérer son sac et sa canne. Puis ouvrir chez elle. C’est joli comme tout. Pas mon petit nid douillet, les meubles ce n’est pas trop mon style, mais les 5 pièces dans ma résidence sont terriblement bien conçus.

Je l’aide à déboutonner sa veste de fourrure, elle n’y arrive pas. Elle tremble tellement… Elle est bien mise et coquette et en moi chemine la question “et si ?”

“J’avais mis de la fourrure pour ne pas avoir froid. Je sais que ce n’est pas bien, mais que voulez-vous, cette veste me vient de ma mère…

Passe un temps réellement mort…

“J’ai Parkinson mademoiselle. Normalement je n’ai pas le droit de sortir, ce sont toujours mes enfants qui m’emmènent et m’accompagnent quand je le désire. Mais là, après cette neige et ce froid glacial, j’ai eu envie d’aller en ville toute seule, d’être autonome. J’ai réussi à aller boire une tasse de thé “chez Dorothée”, et je suis revenue doucement, j’étais contente”

“Mais j’ai Parkinson mademoiselle. Et on ne sait jamais quand ça reprend. Ma jambe a tremblé comme je voulais monter cette maudite petite marche et je suis tombée. Comme un bébé qui apprend à marcher, sauf qu’un enfant ça se relève tout seul mademoiselle. Et je suis restée là, toute seule, assise, à regarder les voitures passer alors que je leur faisais signe. Quand je vous ai vue vous garer, je n’avais qu’une peur : que vous passiez à côté de moi en faisant semblant de ne pas me voir”

Elle tremblait toujours “de froid” et pleurait à nouveau, contemplant sa main coupée avec étonnement. Elle m’a indiqué comment nous faire une bonne tasse de thé, je l’ai installée dans ce qu’elle m’a indiqué comme étant SON fauteuil et sur ses indications je suis allée chercher une compresse dans la salle de bain pour désinfecter une coupure nette et pas grave. Et une autre pour laver ce sang de ce visage, dont je voulais m’assurer qu’il n’était pas le résultat d’une blessure.

Et puis elle a bu sa bonne tasse de thé avec un plaisir évident, et moi la mienne pour ne pas la désobliger (au jasmin, berk…) en faisant comme tous les Parkinsoniens, en s’aidant de son autre main. Elle a un peu arrêté de trembler et m’a déclaré ne plus avoir froid mais qu’elle avait un châle dans sa chambre à tel endroit, que je suis allée lui chercher. Je n’ai pas voulu le lui mettre, (elle s’est parfaitement débrouillée toute seule) pour ne pas l’humilier d’avantage. Si elle n’avait pas réussi, bien sûr que je l’aurais enveloppée dedans…

J’étais ennuyée de la laisser seule, donc, ne voulais pas la laisser seule, mais apparemment les enfants sont vraiment disponibles pour leur mère. A peine le châle mis, sa fille débarquait, en alarme “maman !” et s’est confondue en excuses et remerciements à mon égard pour m’offrir une deuxième tasse de thé au jasmin…

Et moi je regardais l’appartement si bien arrangé, cette vieille dame avec toute sa tête et encore une bonne dose d’inconscience, et je me disais enfin : “et si… et si c’était moi ?”.

Oui peut-être qu’un jour ce serait moi, la vieille dame inconsciente, voulant se prouver qu’elle le peut. Et je serais condamnée à rester à terre jusqu’à ce qu’une âme charitable normale s’inquiète de moi ?

Quand je suis redescendue, dieu soit loué, il y avait des gens qui m’attendaient pour me demander des nouvelles. Mais bien sûr, eux, dans leur appartement, devant la TV, ils n’avaient rien pu voir ni entendre et cela je le comprends tout à fait. Ma voisine m’a donné les n° de tel des deux enfants au caz’où et j’ai pu rentrer chez moi, un peu glacée malgré le thé (au jasmin, berk).

Car les autres, ceux qui sont passés sans seulement ralentir, donnant au fil des minutes certainement longues vu le sang qui décorait la dalle de marbre, à cette dame des angoisses à n’en plus finir. Eux ? Qui sont-ils ?

La solidarité on s’asseoit dessus ? Chacun pour soi et dieu pour tous ? Dieu reconnaitra les siens ? Moi d’abord, moi jamais ? Qui est seul au monde ?

Une main tendue, de la gentillesse, de la compassion, savoir être rassurant, demander de l’aide, rester à l’écoute, aider surtout, n’est-ce pas la moindre des choses ? N’avons nous pas appris à nos enfants à se mettre “à la place des autres ?” et même  au travers e des animaux, quand, telle Sophie ils découpaient des mouches ?

Le connard aveugle dans sa BM qui m’est passé sous le nez, alors que le minot faisait signe, qui est-il ?

Comme le dis la chanson des enfoirés “aujourd’hui nos paupières et nos portes sont closes, les autres sont toujours, toujours en over dose”. Une vieille dame assise sur un trottoir, un soir de janvier pluvieux et encore froid, c’est vraiment l’over dose ?

Je suis rentrée chez moi triste pour elle, mais la conscience en paix… En moi s’insinue juste la peur, la vraie. “Et si ?”. J’ai réalisé après qu’elle m’avait tout le temps appelé “mademoiselle”. Pour elle je suis une demoiselle. Que serais-je dans 10 ou 20 ans ?

Posté le 14 janvier '09 par Calpurnia, dans Chroniques d'une vie ordinaire, Coup de gueule. 29 Commentaires.

La mère indigne…

Il était une fois dans un beau pays, deux jeunes filles somme toute assez raisonnables, pas du genre à en faire baver de trop à leur mère un peu débordée. On dira pas de trop, ce n’était pas des anges non plus.

Il était une fois une mère qui avait fait la leçon sur certains sujets à des enfants l’écoutant religieusement, le casque sur les oreilles avec la musique à donf (ces mères quelle plaie !).

Un beau jour une des filles essaya un joint dans une soirée, joint qui ne lui fit aucun effet. Sa mère racontant n’importe quoi, elle essaya une deuxième fois, histoire de faire comme les autres. Bien entendu elle n’en souffla mot à personne sauf à sa soeur.

“Je ne dirai rien” déclara la soeur, “croix de bois, croix de fer, si je mens je vais en enfer”. Serment pathétique de la jeunesse qui ne sait pas ce que représente une croix de fer (je m’égare, comme d’habitude).

La testeuse commença tout de même à faire des remarques sur ces histoires de drogues dont il fallait se méfier, qui ne font même pas l’effet d’un petit verre alcoolisé. “Moi je ne bois pas d’alcool” déclarait-elle, à la famille pétrifiée et totalement alcoolisée…

Puis, sans savoir qu’il y a joint et joint, elle retomba dedans sans appréhension pour faire comme tout le monde. Là c’était différent. Elle planait un peu, et avait envie de dormir. La vie était belle et sa mère lui avait raconté n’importe quoi pour lui dissimuler l’existence de ce paradis. Le temps passant un peu, elle se sentit un peu nauséeuse, mais un prince charmant vicelard lui assura qu’une bouffée de plus mettrait fin à ce malaise inopportun.

Raccompagnée par deux amies complaisantes, Cendrillon égara une chaussure dans le hall d’entrée de son immeuble, se trompa d’étage et essaya pendant 5 minutes d’ouvrir la porte d’un couple de voisins qui déclenchèrent chez elle une sonnette d’alarme en l’avertissant au travers de la porte, qu’ils appelaient les flics.

Monter un étage c’était difficile. Un éléphant occupait l’ascenseur, et ses jambes ne la portaient plus. Elle monta donc l’étage sur les fesses, et encore, péniblement. Restait à se relever pour ouvrir la porte et la marraine la fée marâtre ou bout de 5 minutes à entendre fourbanser dans sa serrure, se leva de fort mauvaise humeur pour ouvrir à sa progéniture.

La dite progéniture se tenait sur le pallier, légèrement vacillante mais un sourire extatique figé sur ses lèvres. Pupilles dilatées, air un peu hagard, elle avait tout de la jeune fille qui n’est plus très claire.

Avant que la marâtre ait pu émettre la moindre remarque en voyant sa fille tituber dans l’entrée, cette dernière leva un doigt :

-”Tu entends maman ? Ce sont les arbres qui poussent ! Comme c’est bôôô !”.

Elle se dirigea vers le grand balcon pour mieux entendre les arbres pousser et pourquoi pas chanter l’ode à l’arbre qui pousse, mais renonça, c’était trop loin, au moins 5 mètres, et s’affala dans un des fauteuils en cours de route pour fondre en larmes. Elle ne pouvait pas aller entendre de plus près les arbres pousser et c’était injuste parce qu’un arbre qui pousse c’est bôôô. Le chien vint la renifler et elle redoubla de pleurs parce qu’il avait un champignon sur la truffe et que la marâtre ne l’avait pas remarqué.

La marâtre se taisait, à mi chemin entre l’exaspération et l’amusement, et attendant le moment où les choses risquaient de basculer, ce qui ne manqua pas d’arriver. Dans un hoquet, Cendrillon se dressa subitement et couru sans vaciller vers les toilettes dans lesquels elle se précipita. Elle restitua du taboulé, de la salade de maïs et des tomates dans la cuvette et piailla quand la marâtre tira la chasse d’eau : on ne noie pas des tomates, c’est très vilain.

Assise dans les toilettes elle se remit à pleurer sur l’injustice de la vie et la mort des tomates, puis se sentit à nouveau mal. Et là, la marâtre, car c’en était réellement une, lui apporta une cuvette, et des lingettes à ne pas jeter dans les wc, et laissa Cendrillon en plan se démerder avec son reste de joint.

Cendrillon était seu-le. Sa soeur blottie dans son lit, l’écoutait être malade sans pouvoir bouger un doigt, car l’idée que cela puisse être contagieux la terrifiait depuis qu’elle souffrait d’une phobie de la régurgitation. Sa mère écoutait également de loin en se disant avec sadisme que c’était une bonne leçon et qu’elle n’aurait rien à ajouter.

Puis, Cendrillon se traîna jusqu’à son lit avec la cuvette à portée de main au caz’où qui n’eut pas lieu, et s’endormit au milieu des arbres qui poussent en chantant, entourée de chiens portant un cèpe de bordeaux sur la truffe…

Le dimanche, Cendrillon émergea complètement pâteuse. L’odeur de la brioche grillée, du chocolat chaud et du gigot d’un appartement voisin se mélangeaient en elle, provoquant un rappel cruel du malaise de la veille au soir vers 2 heures du matin. Courageuse mais pas trop téméraire, elle attendit d’entendre la marâtre et la soeur indigne rire dans la salle de bain pour se lever et dériver vers la cuisine où elle se servit un verre d’eau. Puis elle décida d’affronter la marâtre en pratiquant, comme Napoléon, l’attaque comme moyen de défense. Elle ouvrit donc la porte de la salle de bain et lança aux deux personnes présentes, médusées :

-”Tu es contente hein ? Tu as gagné ! Si il y a une chose qui est certaine c’est que les joints c’est plus jamais ! J’espère que tu as compris !“.

Et elle claqua dignement la porte de la salle de bain pour aller finalement se recoucher, abandonnant soeur et mère muettes de saisissement…

Edit du mardi midi : attention, je n’ai jamais prétendu que Cendrillon était une de mes filles. Cette mésaventure est arrivée à une de mes ex-collègues qui en veut toujours à sa mère, 15 ans après…

Posté le 9 décembre '08 par Calpurnia, dans Ah ces mômes !, Coup de gueule. 19 Commentaires.

Merci de voler au secours de ma fille !

Décidément après des appels au peuple (pas encore terminés) pour aller voter pour la mère chez Holàlà (et lui laisser des commentaires, et des messages privés, et des bonnes notes (l’étoile de droite), et gnagnagna), voici un nouvel appel au peuple concernant Pulchérie cette fois ci.

La fille, la mère : c’est l’équipe de fer…

Qui nonobstant les avis maternels, (vous imaginez bien, elle n’allait pas dire “vi maman”, sauf en songeant “cause toujours…”) a décidé de se ruiner une cheville en participant à une course en talons. Mais si, vous avez déjà entendu parler de cette épreuve inventée par des kinés, marchands de plâtres et chirurgiens orthopédistes course formidable.

Si j’ai bien compris le concept (courir en talons hauts, rien qu’à l’idée, ma cheville gauche se révolte), je n’ai pas trop compris le règlement (c’est comme pour Holàlà d’ailleurs, et paf, comment que je le replace une deuxième fois…)

Je sais simplement qu’il faut voter pour elle et ses copines. Ce que j’ai fait. Je vous remercie donc de bien vouloir aller jeter un bref regard sur les très jolies chevilles de ma fille (ce sont les siennes sur la photo) et après d’aller voter pour elle. Elle précise bien que l’équipe s’appelle “les dindes”, et normalement on arrive directement dessus avec un simple clic. Reste à voter ce qui est aussi simple que sur Holàlà, (youpla) voire même plus : c’est plus clair, on sait quelle note on donne…

Cliquez sur la page de l’équipe des dindes pour aller voter. (Pulchérie, quand tu rectifie ma page, merci de mettre de la couleur….)

Mais si c’est simple…

Et puis ne traînez pas hein, parce que sinon vous allez oublier et que les votes se terminent d’après ce que j’ai compris dans peu de temps (savoir que je n’ai pas compris grand chose, COMME DE COUTUME)

D’ailleurs je profite de ces appels au peuple (qui seront forcément suivi d’effet) pour faire une piqûre de rappel à Delphine :

“Delphine pense à me ramener l’ouvre boîte de ton arrière grand père qui a fait la guerre dans le Sahara et que tu m’as piqué… Je te donnerai le mien en échange… Oui tu sais que le mien est nul parce que c’était celui que tu t’étais acheté, mais l’autre, j’y tiens”

Bon, là, je crois que j’ai tout dit. Pour ce jour…

Ou comment faire d’une pierre trois coups…

J’aimerais être quelqu’un d’autre pour m’applaudir… (Eh oui, j’étais en congés aujourd’hui…)

Posté le 3 novembre '08 par Calpurnia, dans Coup de gueule, Histoire de sorcière. 13 Commentaires.