Le jeudi suivant le WE de Pâques, je bois un thé avec Mrs Bibelot en me consolant de ne plus avoir d’ordi avec la perspective d’aller au muguet (3 à 4 semaines d’avance cette année, ET c’est le truc que l’on ne loupe pas).
Son téléphone sonne : c’est l’homme de l’art. Je ne pensais pas avoir de ses nouvelles avant le lendemain, mais j’aurais entendu Jésus je n’aurais pas été plus heureuse (sauf que pour la béatification, vous repasserez…)
Il peut être chez moi dans un désordre indescriptible 1/2 H avec son écran de rechange et de quoi tester mon ordi.
Je l’attends donc, 1/2 H après, sur le parking, pour qu’il ne se gare pas sur la place du mec agressif qui met des étiquettes 21 x 29,7 précisant “vous êtes sur une place privée” avec de la colle en bombe, sur les pare-brises, et nous voilà devant mon monstre ordi.
Sans hésitation aucune (alors que moi je parle à mon ordi avec délicatesse, et que je caresse les fils avec douceur), il débranche mon écran, fait une manip avec son portable, pour me préciser immédiatement “c’est ton écran qui est mort”.
En effet, mon “bureau” s’affiche sur son portable, et je suis troublée de voir mon fond d’écran qui représente les filles dans un arbre, toutes mignonnes et petites encore (snif) aussi clair.
Il faut dire que depuis 3 ans mon écran était bleuté, surtout sur la droite, et que si j’éteignais l’ordi, au ré-allumage, il était plus foncé foncé avant que mon balayage d’écran de veille ne le nettoie UN PEU. En rentrant de la Grande Motte après 3 semaines d’absence, il me restait peu de marge de visibilité et j’avais eu une première peur. Après utilisation, l’écran restait “lisible” (mais sans plus, avec le bleuté, quand Pulchérie est passée au roux, je n’ai rien vu…).
Mais je m’y étais habituée…
Bon, cela vient de mon écran qui est mort, d’une longue et lente agonie. Il veut vérifier deux ou trois trucs après avoir branché l’écran de récupération et apprend que je n’ai pas pu, en novembre 2008, après scratch post viral et réinstallation du système, récupérer mon imprimante qui n’avait pas un an.
Comment ça ?????????
Le CD d’installation ne fonctionne pas. Il avait fallu initialement passer par le site HP qui ne connaît plus désormais mon imprimante, aussi dépassée que mon aspirateur… (je ne vous parle pas de ma première couronne dentaire qui a l’âge de Delphine..)
Alors là, je précise que j’admire la détermination, la connaissance, tout ce que peut faire un homme ou une femme de l’art, qui connait tout par coeur et dans le moindre détail. Si je sais me servir d’un programme ordinateur et si j’en viens toujours à bout par volonté et par curiosité, je ne comprends strictement rien au fonctionnement primaire de l’ordi en lui-même.
Donc je suis désarmée face à une PANNE.
Lui, avait raison de ne pas penser à un virus en premier lieu, mais à mon écran (+ 500).
Et il ne voit pas pourquoi il ne peut pas me réinstaller mon imprimante scan, dont les cartouches sont probablement décédées, mais qu’importe, je n’ai qu’à en racheter.
Il insère donc le CD d’installation de l’imprimante qui effectivement ne fonctionne pas, sauf qu’il fait 2 manips et que HOP, ça s’installe.
J’admire toujours…
Au dessus de sa tête je vois la bulle “ce CD, cet ORDI, RIEN ne me résistera, je suis le plus fort”.
Et il l’est… Il feinte, il prend des chemins détournés, il “viole” le CD d’installation, il teste l’imprimante à plusieurs reprises (elle renâcle avant de céder, elle n’a pas le choix la malheureuse…), le scan, ça marche…
J’aurais du filmer pour pouvoir refaire la même chose, sauf que je n’ai rien pour filmer…
Et comme pendant la ré-installation, nous avons discuté, il me réinstalle Word et Excel qui me manquaient tant depuis novembre 2008.
En 3 heures, il m’a remis un écran après avoir trouvé la panne, il m’a réinstallé mon imprimante scan et remis en place des programmes qui me manquaient vraiment, ayant perdu le CD d’installation de ces dits programmes que m’avait payé Truchon (ou bien l’avais-je ramené à la société après installation chez moi…), avec l’idée que peut-être parfois, je pourrais travailler pour lui le WE ou le soir de chez moi (ce que j’ai fait, pauvre andouille que j’étais, car sa “reconnaissance éternelle ” vous savez à quoi elle a pu me servir…).
Il m’a fait économiser l’argent que j’aurais gaspillé à faire appel à un “spécialiste” qui n’aurait rien eu de mieux à faire que me dire que mon disque dur était mort et qu’il me fallait tout changer.
Au mieux je n’aurais pas fait appel à un spécialiste et j’aurais moi-même soupçonné mon ordi de panne irréparable…
Mais il m’a donné aussi le plaisir, une fois de plus, de voir comment un amoureux de son métier et de son savoir, peut s’accrocher pour résoudre le moindre problème, et sortir victorieux de la machine. Car pour la ré-installation de l’imprimante et des programmes, cela n’a pas été tout seul.
J’aime la victoire de l’homme sur l’intelligence artificielle qu’il a créée…
La vie n’est pas qu’un long calvaire !
Sauf que…
SI…
L’homme de l’art ne me rappelle pas, mais bon, je sais que sa femme lui a fait la commission, et j’essaye de rester sereine… Nous sommes le WE de Pâques tout de même, il ne faut pas abuser.
Déjà que je m’en veux de l’avoir dérangé pendant son séjour dans le midi…
Les avis divergent comme toujours :
- C’est un virus
- Et c’est Windows qui est vérolé
- C’est ta carte graphique qui merde à nouveau
- C’est ton écran
- C’est une épidémie fulgurante d’Ebola spécial ordi
Je n’écoute personne, je n’ai confiance qu’en l’homme de l’art.
Tant qu’à faire pourtant, autant emmerder Pulchérie et lui demander si elle peut prendre la main sur mon blog pendant quelques temps (le temps que je puisse assassiner une vieille dame pour lui piquer son fric et me racheter un ordi). J’ai préparé des posts entre deux scans, tout est au point sauf le choix de ma victime et la méthode, mais cela ne saurait tarder.
Elle n’a pas le temps. Elle est en train de découvrir que faire faire des travaux dans un appart maison, loft etc… c’est la galère. Elle me l’aurait demandé, j’aurais pu la rencarder sur l’efficacité parfois toujours limitée des plombiers, électriciens, architectes, etc… mais bon, elle ne me l’a pas demandé, donc elle n’était prête à rien, ni non plus aux éternels problèmes de délais…
Quelle naïveté ! L’état de mon ordi m’empêche d’en sourire et de lui présenter toutes mes condoléances dont elle se fout, d’ailleurs… Je le sens bien, ma fille est au bord de la crise de nerf autant que moi… Ca peut faire explosif, si la conversation se poursuit…
Car du coup elle est “vénère”, elle frôle la jaunisse de contrariété, et grâce à elle vous aurez droit un jour aux travaux que nous avons fait faire avec Albert pour rénover une vieille maison…
Elle m’apprend alors que je peux accéder à mon interface blog de n’importe quel ordi. Depuis 2008 où elle m’a tout mis en place, il était temps qu’elle m’apprenne cette chose essentielle.
Je demande donc à ma soeur si je peux aller squatter son ordi chaque soir de la semaine jusqu’au retour du messie de l’homme de l’art. Elle accepte (que dieu la bénisse cette sainte femme soeur).
L’homme de l’art me rappelle le lundi pour me demander des précisions. L’ordi démarre, j’entends la musique qui annonce que tout est en place, mais l’écran reste désespérément noir.
Il a un vieil écran qu’il a testé, qui fonctionne, et me précise qu’il va procéder par élimination :
- Je n’écoute aucun avis extérieur (aucun risque, je n’ai confiance qu’en lui, comme je l’ai déjà dit, et je ne testerai rien que l’on me suggère)
- Il va tester l’écran
- Si cela ne vient pas de l’écran il testera la carte graphique qui pourrait à nouveau merder
- Si cela ne vient pas de la carte graphique cela sera peut-être la merde si c’est une vérole sur le bas clergé breton mon disque dur, mais il se fait fort de me tirer de ce sale coup.
- D’un autre côté je ne le sens pas incliner vers un virus attaquant mon écran
- Au pire il m’aide à trouver du matériel de remplacement, juste ce qu’il faut
- Il rentre mercredi, il sera là vendredi.
En fait, il est venu le jeudi…
Un malheur n’arrivant jamais seul (je ne parle bien évidemment pas de l’homme de l’art), Darty (ton tour viendra…) m’a refourgué les mauvais sacs pour mon aspirateur et cela fait 2 mois que j’attends qu’ils soient livrés des bons sacs au son de “mais enfin madame votre aspirateur a plus de 4 ans, alors vos sacs sont difficiles à trouver”. J’ai beau vider le vieux sac, il ne veut plus rien savoir.
Pulchérie et le gentil m’ont repris un meuble dont ils ne voulaient pas dans leur studio il y a 5 ans, et je ne sais pas quoi faire de ce j’avais fini par ranger dedans, et en plus ils m’ont ramené des tas de trucs que j’avais prêtés pour leur mariage et mon appartement ressemble à un foutoir indescriptible.
Mes neurones aussi.
La vie n’est qu’un long calvaire…
Vous n’aurez pas tous les éléments tout de suite, sinon cela ne serait pas drôle DU TOUT !
Vu que je n’ai pas rigolé, il n’y a pas de raison pour que vous le fassiez.
ONCE UPON A TIME, un soir de la semaine sainte (!), ou bien était-ce il y a 100 ans ? j’ai démarré Internet sur mon ordi, avec la désagréable impression qu’il se passait quelque chose d’anormal.
Il faisait des vents des pets des prouts des clics à n’en plus finir alors que j’errais sur la toile, et malgré la voix suave d’Avast m’avertissant que “la base des données je t’emmerde a été mise à jour”, j’ai eu un doute, et j’ai mis en route un scan total après redémarrage de l’ordi. Avast fait ça tout seul, j’admire (l’arrêt de l’ordi, le redémarrage sous Dos, et le scan, puis le redémarrage de l’ordi, après m’avoir demandé une première fois si le premier fichier vérolé il l’éliminait ou si je voulais m’en faire un plat de résistance, là je clique “éliminer”, et “tous”, pour avoir la paix…)
LE scan. Il lui faut une heure pour scanner 3% et une demie heure pour faire les 97 % qui restent.
Eradication de 9 fichiers vérolés (malgré les mises à jours répétées deux fois par jour), redémarrage de l’ordi, et je me pointe on va dire le vendredi saint, sur mon ordi pour constater que mon écran bénéficie désormais de deux marges à gauche et à droite, arrondies, et que tout caractère à proximité des marges est déformé.
Ca m’apprendra à n’avoir pas fait mon chemin de croix, l’ordi va s’en charger, de me le faire faire (le chemin de croix). Je suis persuadée que j’ai été victime d’un virus, gardant un ému souvenir de novembre 2008 où j’ai dû tout réinstaller toute seule comme une grande, du moment un an après où mon écran se barrait de lignes vertes et où l’homme de l’art m’avait sauvé la vie en me changeant ma carte graphique, etc…
Je relance un scan pour constater que pendant le scan l’écran est tout à fait normal et qu’après le scan il le reste pendant environ 20 minutes, avant de commencer à se re-déformer.
Je décide d’appeler l’homme de l’art après moultes hésitations, homme de l’art qui pour l’heure, réside chez lui, à la Grande Motte, au lieu d’être chez son autre chez lui, à 5 minutes de chez moi.
C’est un scandale, on ne peut compter sur personne. Que vont faire les gens dans leur résidence secondaire ? Je vous le demande.
En plus, sa femme me déclare qu’il est parti faire son jogging, et note tout bien comme il faut les symptômes qui m’inquiètent… (on n’a pas idée de faire un jogging non plus, au lieu d’attendre sagement mon appel à côté du téléphone…).
Rentré de son jogging, il me rappelle ponctuellement (il était temps, je cherchais un post-it pour m’ouvrir les veines en effectuant un Xème scan, jamais cet ordinateur n’a été aussi bien nettoyé).
Il pense à un virus mais peut-être… Je sens qu’il doute. J’ai noté les erreurs affichées par Avast, il prend note lui aussi, et me demande de le tenir au courant.
Je pense que je vais pouvoir tenir jusqu’à son retour en lançant des scans réguliers, sauf que je n’envisage pas de me relever la nuit (au cas où que je dorme), pour le faire. Les marges sont certes emmerdantes, mais je peux tout de même naviguer, lancer des scans, enfin bref, je stresse mais pas trop.
J’ai tort.
Après un scan ultime, je quitte mon ordi le samedi veille de Pâques, pour retrouver Pulchérie et le gentil qui sont en plein boum d’emménagement, travaux, achetage de cuisine à Ikéa, etc, et une fois de plus, les attendre pour les véhiculer à la gare.
Je rentre chez moi, relax.
J’ai tort.
Là, je n’ai plus des marges à droite et à gauche. Au milieu de mon écran il ne reste qu’une bande de 5 cm de large, avec tout ce qui est visible totalement compressé, et je ne peux pas faire une tentative de scan pour restaurer vaguement l’écran, car je ne peux plus voir où je navigue.
Je peux par contre voir ma tête consternavrée dans tout le noir de l’écran. Heureusement que personne ne me filmait, j’aurais remporté une palme d’or sur le net, de la femme à l’air le plus ahuri du monde…
Il est 21 H, je ne vais pas déranger l’homme de l’art à cette heure là.
J’éteins l’ordi et je vais me coucher pour rêver de bandes de couleurs déformées, de virus, de peste noire, de fin du monde, ne soyons pas avares.
Le lendemain quand je rallume l’ordi, il me chante sa petite chanson “tout est en place” mais l’écran reste définitivement noir.
J’appelle donc l’homme de l’art qui est parti acheter le pain, et j’explique à sa femme les derniers symptômes. Tout le monde pense à un virus et j’ai l’impression de visionner mon disque dur totalement vérolé, d’où il ne sortira plus rien…
Je n’ai plus d’ordi, c’est la catastrophe…
IL c’est un coiffeur. Je crois que depuis ma mémorable aventure que je m’en vas vous raconter, il a préféré transporter ses pénates ailleurs, probablement à l’autre bout du monde, jugeant plus prudent de mettre au moins un océan entre lui et moi…
C’est en participant chez Shalima, à un concours, que je me suis souvenue de cette horrible mésaventure capillaire (qui m’a d’ailleurs permis d’être une des deux gagnantes de ce concours, juste retour des choses), que j’avais préféré enfouir au plus profond de ma mémoire.
Cette année là là là, les filles passaient Noël avec moi et donc pour le jour de l’an 1990/1991, j’étais libre comme l’air et occupait encore la grande maison conjugale. C’était l’endroit rêvé pour organiser un réveillon avec des amis, ce qui fut fait.
De plus, nous avions décidé de faire un réveillon costumé, sans thème, c’est toujours plus amusant.
J’avais décidé de me costumer en bohémienne. Un coupon du tissu plus oriental que nature plus tard, j’avais réussi, en squattant la machine à coudre de Mrs Bibelot et en disant beaucoup de gros mots, à me faire un superbe (réellement) pantalon bouffant, et un boléro du meilleur effet (à porter tout de même avec un truc noir à manches longues, vu que ma maison même chauffée, restait assez froide à cette période de l’année).
(Ce déguisement est dans la malle “déguisements” de Mrs Bibelot, mais nonobstant les souvenirs, je peux le céder à prix prohibitif, avis aux amatrices…)
Tatie chérie avait pu avoir pour moi, de la Comédie Française, un flacon de maquillage pour me faire la peau très bronzée, de manière naturelle. Jean Poirotte m’avait suggéré non sans ironie de tester le brou de noix, mais après touche d’essai sur le dessus de mon pied, j’avais constaté qu’il fallait au moins 5 jours et 10 litres d’eau de javel pour s’en défaire, et j’avais accepté le flacon d’un produit miracle dont je me demande pourquoi il n’est pas commercialisé, car pour avoir l’air bronzé de manière très naturelle, c’est l’idéal.
Un problème pour la tzingara : mes cheveux.
Longs, mais blonds et raides.
Pour les boucles j’avais le truc des bigoudis mousse, pour la couleur par contre, j’étais dans la merde.
“Que Nenni !” me déclara un coiffeur chez lequel j’étais entrée en toute inconscience. “Avec une teinture temporaire qui s’efface en 7 ou 8 shampoings, je vous fais plus brune que naturel”.
“Pas de problème !” (quand vous entendez cela, un conseil, fuyez…)
Je suis ressortie de chez lui noir corbeau. Cela faisait curieux d’ailleurs, et finalement la nature normalement ne se trompe pas. Brune ce n’était pas mon truc.
Passé la case bigoudis, puis teinte de peau (3 passages de la lotion teintée), avec khôl à l’égyptienne et tout le tintouin, j’étais une bohémienne très crédible.
D’ailleurs des amis d’amis m’ayant rencontrée ce soir là, ne m’ont pas reconnue la fois d’après…
Soirée très réussie, nous nous sommes bien amusés et je suis rentrée dormir chez mes parents (chez qui je devais déjeuner le 1er au midi) la tête dans le sac, vers 7 heures du matin. C’est dire que nous nous étions bien amusés.
Ma maison était en bordel, mais justement nous avions deux ou trois jours devant nous pour effacer les traces de nos turpitudes…
Le 1er janvier à l’heure du déjeuner je n’étais pas vraiment au top, et tout le monde commentait ma couleur malgré ma migraine (due probablement à la teinture), et j’ai remis au 3 janvier 1991 de retrouver ma couleur de cheveux normale.
Cela arrangeait bien deux copines à moi qui devaient m’aider à la remise en état et qui souffraient d’une crise de foie (moi j’appelle ça la gueule de bois, mais la crise de foie, c’est plus classe). Le ménage a été fait le 2, et le 3 donc, j’ai commencé à effacer la teinture temporaire.
Cela coulait noir, shampoing, coule noir encore, shampoing… 9ème rinçage, plus de couleur.
Ouf, le temporaire était parti…
Et là, je me suis regardée dans la glace pour me démêler les cheveux et j’ai constaté avec stupéfaction que j’avais les cheveux vert.
Pas verdâtres. Vert Irlande. Le temporaire parti, il en restait un petit quelque chose, sans doute incrusté dans les écailles des cheveux (les salopes !), et le noir bleuté sur du blond, ça fait vert.
Quand je suis redescendue de la salle de bain, mes parents ont compris immédiatement qu’aucun commentaire n’était négociable, et mon père s’est même proposé pour aller m’acheter mes clopes, car il était hors de question que je sorte avec ma tronche de trèfle.
Le lendemain, après un autre shampoing et toujours aussi verte, je me suis résignée à me couvrir les cheveux d’un foulard façon turban, et je me suis rendue la bave aux lèvres chez l’homme de l’art.
“Ah”, a-t-il dit quand j’ai retiré mon turban. J’attendais le “pas de problème” qui aurait dû suivre, mais je me suis assise dessus.
“Faut tout couper raser” qu’il a dit… après m’avoir précisé “vous n’êtes pas dans la merde”.
Une lueur dans mon regard lui a fait comprendre qu’il n’était pas dans la merde non plus, et au hasard quand je lui ai demandé en hurlant s’il me prenait pour une conne, il a pioché dans sa caisse et la boite à pourboires, de quoi me rembourser le double de ce que j’avais claqué chez lui le 31 décembre…
Je suis repartie en claquant la porte, hélas sans la casser, suivie par deux clientes affolées qui finalement avait décidé d’aller se faire teindre ailleurs, ayant fort bien compris ce qu’il m’était arrivé.
Et je n’étais pas dans la merde…
J’ai finalement appelé Tatie chérie, en larmes, toujours aussi verte, mes parents bien au fait qu’un commentaire n’était toujours pas négociable.
“Ce n’est pas compliqué (ouf). Tu vas t’acheter un shampoing ultra décolorant, destiné normalement à décaper entièrement la couleur avant de faire une autre couleur (je notais frénétiquement). Il faut les faire poser 35 minutes, mais là, tu as un truc superficiel, et tu vas donc te laver les cheveux avec, attendre une minute, rincer, et normalement le reste de ton temporaire sera parti”.
Juste à aller à Monop en tronche de trèfle, trouver le shampoing miracle. Juste à laisser poser une minute en priant Sainte Rita. Et retrouver ma couleur, un tout petit peu plus claire mais bon, c’est passé inaperçu quand j’ai retrouvé les filles qui pourtant, avaient l’oeil…
Un pavé dans la vitrine du coiffeur ? Une affichette “attention cet homme est dangereux pour vos cheveux” à coller avec un plaisir sadique, vers 2 heures du matin, c’était largement suffisant.
A faire la veille du jour de fermeture, c’est mieux…
Avec une colle bien forte et du papier bien épais c’est encore mieux !
J’espère que ce salopard ascendant incompétent doublé d’un crétin, cultive du trèfle en Australie, là où le climat est le plus sec…
(Et bien évidemment, quand je suis redescendue de la salle de bain avec une couleur normale, Jean Poirotte n’a pu s’empêcher ENFIN de me faire remarquer que “dommage, le vert ce n’était pas trop mal et si original”…)
La vie n’est qu’un long calvert !
Comme il y aura bientôt 3 ans, j’ai proposé à la petite fée, la fille de ma soeur, de lui donner des petits cours de soutien dans ses matières faibles.
En gros, l’histoire, la géographie, et le français.
Il y a 3 ans, elle avait moyennement apprécié ces cours de soutien PENDANT SES GRANDE VACANCES, en juillet, tous les après midi, sauf le WE.
J’avais refait avec elle l’astucieux programme bien chargé allant de la préhistoire à la fin de l’empire romain, non sans récriminations de sa part (non mais quelle idée aussi de mettre un programme aussi lourd pour des gosses de primaire ?).
La géographie c’était bien aussi. La leçon concernant les capitales d’Europe m’avait particulièrement réjouie, s’intitulant “comment aller à Prague en Vélo”. J’étais outrée, d’autant que la capitale du Danemark était placée sur l’horrible schéma fait par la maîtresse, en Belgique… Sur le globe terrestre, la maîtresse avait confondu le pôle nord et le pôle sur, difficile de revenir dessus…
Quant à l’histoire, pas de livres, juste des photocopies moches, à colorier, et bourrées de conneries parfois, genre “un propulseur servait à tuer des rennes avec un arc et des flèches”… (rédigé par la maîtresse également, une flèche celle là…). Je m’étais dit à l’époque que j’étais bien heureuse d’être sortie du processus scolaire, car si mes filles m’avaient ramené des conneries pareilles, je pense que j’aurais été très mal avec la maîtresse (d’ailleurs, il y en a une qui… Ce sera pour une autre fois…)
J’avais essayé de lui faire faire des révisions ludiques, à l’aide de mes vieux “tout l’univers” ou autres encyclopédies et cela s’était plutôt bien passé, sauf qu’il lui a fallu du temps pour comprendre que ce n’était pas Vercingétorix qui avait fondé Rome (de toutes manières on sentait la fatigue de la maîtresse dès le début de l’année…)
Ca recommence, elle est de nouveau en plein dedans, vient de terminer la Grèce antique, et se sent mal à l’idée de se refaire l’empire Romain, Jules César, les gallo romains, etc…
Sauf que là elle a pleinement accepté l’idée que je lui donne un coup de main, nous lui avons donné le temps de la réflexion (je ne veux pas être la tatie emmerdante qui fait chier le mercredi après midi), donc elle est pleine de bonne volonté. Elle s’est souvenue que l’année suivant mon aide, elle en avait ressenti le bénéfice et m’avait d’ailleurs, remerciée à la fin du premier trimestre.
Premier jour : mercredi 9 mars.
On fait un petit tour de ce qui ne va pas, et là elle se sent mal, pour son prochain cours de français. Elle doit lire un texte, répondre à des questions et me précise qu’elle n’a rien compris.
Elle me présente le livre de français, et stupéfaite, je découvre la première partie “des textes sacrés” : “LA GENESE”.
La vraie, c’est vraiment extrait de la Bible, ce n’est même pas édulcoré ou expurgé…
“Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l’abîme, un vent de Dieu tournoyait sur les eaux“.
Je vous épargne la suite, cela va jusqu’à la création de l’homme et de la femme (mais sans le coup de la côtelette d’Adam).
Elle me précise dès ce premier paragraphe qu’elle n’y comprend RIEN. Comment la terre, créée par Dieu, peut-elle être vide et vague ? comment pouvait-il y avoir un abîme ? et comment un vent de Dieu peut-îl tournoyer sur les eaux puisque la terre est vide (et vague…) ?. Je sens que cela va bien se passer quand elle va me demander QUI les fils d’Adam et Eve ont épousé. Ma grand mère avait éludé cette question avec moi, d’ailleurs…
Je lui explique certaines expressions, qu’il s’agit de très très vieux textes dont la traduction n’est pas forcément bonne et qu’il est question de très vieilles croyances (comme le coup de la séparation des eaux qui n’est pas mal non plus dans le genre).
Comme elle est intelligente, elle arrive à répondre aux questions posées (que je vous épargne, cela donne des envies de meurtre) et je lui fais rajouter une note : la création du monde est pleine de contradictions, donc difficile à comprendre.
Mais je n’en ai pas fini.
Parce qu’après on va se farcir :
- L’expulsion d’Adam et Eve du jardin d’Eden en deux parties
- Le déluge
- La tour de Babel
- Moïse franchissant la mer rouge
- Moïse recevant les dix commandements.
- Le tout en français de chez la Bible dans le texte !!!
Comme nous sommes dans les textes sacrés, je regarde plus avant. Il y a une leçon sur une journée de Bouddha et puis plus rien.
Parallèlement elle me montre son cahier d’instruction civique parlant du concept de laïcité et j’en passe et des meilleures sur les signes religieux distinctifs, le droit à l’enfant de penser par lui-même, etc…
Elle voit bien que je suis choquée un peu, et je lui explique que si ses parents, comme Albert et moi jadis pour les filles, avons fait le choix d’une scolarité Laïque, Républicaine, Publique, ce n’est pas pour rien. En tous cas notre choix clair est que l’on ne farcisse pas la tête de nos gosses avec l’origine d’une religion que nous ne pratiquons pas…
Survoler les grands courants de pensées, c’est pour la philo, pour plus tard… Pas en sixième !!!
Mais j’ai une autre question peut-être plus importante : dans quel esprit égaré, vide et vague, a pu germer l’idée d’apprendre un français correct, à l’aide de textes très anciens, traduits de langues mortes, et jamais remaniés depuis ? Cela aurait été une traduction de la guerre des Gaules, cela m’aurait tout de même énervée…
C’est quoi cette connerie ?
Nous manquons d’auteurs ? ayant su écrire dans un français parfait, pour donner du vocabulaire à nos enfants, leur donner une idée de ce qu’est un bon rédactionnel ?
D’autant que paradoxalement, cette enfant a déjà survolé l’évolution des espèces (en CM1, il était grand temps, après cela aurait été trop tard) et là on lui fait lire un texte en totale contradiction avec ce qu’elle a péniblement appris et qu’elle va devoir refaire…
MOI j’ai une idée que je trouve excellente (limite, je m’admire…).
La prof de français s’arrange pour se trouver un pasteur, un prêtre, un rabbin, les 3 bien agressifs, pour bien commenter le texte. Tout le monde sait que ces gens là ont été fichus de se massacrer les uns les autres pour une virgule de leur dogme, pendant des siècles…
En leur ayant flanqué un excitant dans leur café pour qu’ils se flanquent des bourres pifs pendant toute la leçon. Cela occupera les enfants.
Et puis comme cela, le prof d’histoire pourra enchaîner directement l’heure d’après sur LES GUERRES DE RELIGION ! (et les pompiers l’heure encore d’après pour une leçon de secourisme…)
La vie n’est qu’un long calvaire…
(PS : je voudrais bien savoir QUI décide des programmes de nos chers enfants, parce qu’on pourrait leur donner le choix entre apprendre par coeur tous les manuels ou se faire pendre à raison de un sur deux, cela ferait réfléchir les autres…)
Charles Albert :
Celui là est un cas à part. Il ne nie pas l’existence des maladies ou l’hypothèse qu’il puisse en être atteint. Simplement il les sélectionne.
Celui d’avant était certain que les microbes ne le choisiraient pas, là, c’est le contraire.
Il a été marqué par un décès quelconque et en a déduit qu’on ne pouvait mourir que d’un truc particulier : du coeur, du foie, de l’intestin, des poumons, mais pas d’autres chose et c’est comme ça !
Monsieur toujours en retard était comme ça. Le genre qui se préoccupe uniquement de son coeur, en oubliant qu’une toux persistante peut dissimuler quelque chose de grave : dans sa famille on ne meurt que de crises cardiaques variées certes, mais uniquement d’un coeur défaillant.
Par contre si son oncle Albert est décédé d’une septicémie il aura peur des microbes et boira les antibiotiques à la bouteille en réclamant du surplus, mais ne pensera ni à son coeur ni à ses tripes. Il sera donc accro aux antibiotiques ravageurs d’infections, mais niera que se cyanoser après l’effort est anormal et n’ira jamais voir un cardiologue (sauf si les présentations ont lieu alors qu’il est sur un brancard).
L’obsédé de l’insuffisance rénale contemple plusieurs fois par jour ses urines (il ne pisse que dans un verre), à la lumière, à la grande surprise de ses collègues de bureau, mais ne s’occupera jamais du reste…
C’est donc l’homme qui trie les maladies : celles qu’il a peur d’avoir et contre lesquelles il tente de lutter, et celles qu’il n’aura jamais, parce que. De toutes manières il n’en a jamais entendu parler (des autres maladies) et ne sait toujours pas à près de 50 ans, qu’il y a mille et une façon de mourir.
J’ai une amie qui a ainsi perdu son petit ami qui faisait du cardio training et autre, parce que son père était mort d’un infarctus grave à 45 ans et qu’à-lui-ça-n’arriverait-pas, il soignait son coeur. Et lui est mort tout bêtement d’une pneumonie aggravée qu’il voulait ignorer, parce que la seule chose qui pouvait clocher chez lui, c’était le coeur. Mais quand il est arrivé à l’hôpital c’était trop tard (lui aussi cultivait un streptochose, rapport à son mépris des microbes, et qui a résisté à tout).
Lui acheter l’encyclopédie médicale en 15 volumes ne sert à rien qu’à nous flanquer de l’urticaire parce qu’on a tout (nous). Il n’a pas de rate, pas de foie, pas de… C’est U-SANT, surtout quand il boit ses antibiotiques à la bouteilles pour un vague rhume. Il change de médecin tout le temps, car celui qui ne lui soigne pas ce qu’il veut n’est qu’un âne. Le top du top de l’âne étant le médecin qui s’inquiète d’un drôle de bruit niveau coeur, alors que justement il s’abrite de l’accident cardiaque depuis ses 20 ans. Alors là c’est la désertion immédiate, et la reprise du cardio training sans contrôle…
Faire comme si de rien n’était (pas le choix, 8 médecins s’y sont usés)… Mais lui faire faire un testament vite fait, on n’est jamais trop prudente…
Réédition du 2 octobre 2006
Charles Edouard n’est JAMAIS malade, qu’on se le dise, même quand il rentre avec visiblement environ 40° de fièvre minimum, en toussant comme un phtisique au dernier degré, les yeux rouges et le teint blême, en déclarant d’une voix graillonneuse qu’il regarde un match ce soir (le scoop…).
Quand il nous a expectoré ses bactéries dans la tronche pendant 10 jours, il s’étonne qu’on se couche.
Lui ne se couche jamais, sauf pour dormir. “S’écouter” est incompatible pour lui avec l’idée qu’il se fait d’un homme, un vrai (parce que pour lui il y en a de faux), ce qu’il est. D’ailleurs il n’est pas malade du tout, il se sent juste un peu faible Panoramix…
Le seul souvenir qu’il garde de l’armée, c’est qu’ils lui ont fait des vaccins ces rats. Sinon il ne se rappelle plus s’il était dans l’infanterie, le génie (ah ah, je m’esclaffe d’imaginer un génie militaire !), l’artillerie ou la garde républicaine…
Une bronchite le fait évidemment tousser deux mois. Ce n’est rien donc il ne prend rien. Le fait que ce rien ait contaminé toute sa petite famille et tué Tante Hortense le laisse de marbre (d’ailleurs il a hérité au passage). Sa jambe curieusement gonflée depuis sa chute de vélo ? Ce n’est rien non plus, ça va passer tout seul.
Il a un doigt définitivement tordu (démis et non remis, ce n’était rien) et lui aussi cultive un truc en “ocque” depuis des années. C’est chez nous, vu qu’il nous le refile régulièrement, que la bête est devenue résistante.
Il a vaguement entendu parler du SIDA mais bon, heu, non lui ne l’aura pas vu qu’il mène une vie saine. Donc inutile de prendre des précautions (une capote en plus ça fait médical). De toutes manières les microbes et virus fuient d’instinct un homme, un vrai, un dur, qui n’est jamais malade et possède des défenses immunitaires de fer. Tout le monde sait que la maladie est très sélective…
Lorsque tout de même Charles Hubert voulait bien reconnaître qu’il avait peut-être quelque chose (vu que je lui faisais squatter le canapé pour dormir), il s’arrêtait en sortant du boulot à la pharmacie, acheter le remède miracle : de l’aspirine vitamine C : c’est bon pour tout.
Et que je te croque 3 comprimés direct dans le train pour être guéri en arrivant, sans vérifier que c’est du 1000 et que c’est à faire fondre dans un verre d’eau car effervescent. Il a avalé vite fait mais cela a continué à effervescer dans son estomac et il m’a vidé un litre de bière en rentrant (la bière c’est bon pour tout aussi).
Il m’a gonflée toute la soirée parce qu’il avait un drôle de goût dans la bouche, et toute la nuit parce qu’il ne pouvait pas dormir (rapport à la triple dose de vitamine C à 19 H 30). Preuve pour lui, non pas qu’il aurait dû lire la notice, mais que les médicaments c’est du poison et que ça ne sert à rien. Sur une foulure de cheville il a pris évidemment de l’aspirine (vitaminée), et s’est trempé le pied dans de l’eau brulante pendant 2 heures : moralité sa cheville et son mollet pouvaient faire concurrence à une vache normande. Il a boité pendant 6 mois, mais non, il n’avait pas une drôle de démarche, c’est ma vue à moi qui commençait à baisser…
Pour un début de tourista en voyage, il me piquait mon anti infection urinaire, et se plaignait encore que les médicaments c’était de la merde. La tourista, c’était le seul truc finalement qu’il acceptait dare dare de (mal) soigner… Quand la sécu lui a envoyé le papier lui demandant qui était son médecin “référent” (dire désormais “bonjour mon référent”), il a certainement ouvert un dictionnaire pour savoir ce que “médecin” voulait dire avant de jeter le papier.
Bon je ne l’ai supporté que peu de temps, mais c’était toujours bien assez trop… La vie n’est qu’un long calvaire, surtout quand on manque de discernement…
Réédition du 29 septembre 2006