'Dans la série Diabolique'
Je ne sais comment mes parents s’y sont pris pour me la faire ingurgiter, mais une chose est certaine : j’ai avalé une horloge.
Bon je fais partie d’une famille où les retardataires sont rares et se prennent forcément une réflexion en cas d’abus. Cela a dû jouer.
J’ai le souvenir de l’école maternelle fermée, parce que j’étais en retard (elle était à 30 mètres de l’appartement et maman me surveillait de la fenêtre), ce qui m’avait traumatisée (pourtant l’école ce n’était déjà pas mon truc). Après je ne sais plus.
L’heure c’est l’heure, avant c’est trop tôt et après c’est trop tard (surtout quand on prend le train ou un avion).
Moralité, je passe ma vie à poireauter dans des endroits multiples. Chez le dentiste par exemple. Rendez-vous pris à 19 heures. Il est à 3 km, mais dès fois que je crève, dès-fois-que la voiture me lâche et que je sois obligée de terminer à pied, dès-fois que je croise un fou en voiture et que l’on doive m’y emmener en civière… Moralité je sonne à 18 H 30 et comme il n’a pas fini de charcuter la personne précédente dont les gémissements me terrorisent, quand il se décide à s’occuper de mon cas, j’ai perdu 3/4 d’heures (à lire “Voici” c’est ma seule occasion, dites moi pourquoi il y a toujours ce genre de lectures chez les dentistes et non pas : Historia ?).
Idem quand je dois (rarement) prendre le train. Le train est à 10 H 15, j’ai 2 mn en voiture pour y aller (oui quand je reviens de Paris j’ai les pieds en compote et je suis incapable de me traîner de la gare à la maison). A 9 H 50 je suis en train de prendre mon billet, ayant prévu les problèmes de voiture pré-cités et la personne diabolique qui réserve juste avant moi Paris-Tours/ Tours-Vezoul/ Vezoul-Frankfort/ Frankfort-Paris en changeant tout le temps d’avis (cela m’est arrivé une fois, moralité j’ai pris mon train sans billet et je n’ai même pas été contrôlée). Je passe donc 20 minutes à attendre le train et il fait moche. Et 20 minutes à contempler une voie ferrée, c’est long…
Invitée par des amis à un WE en touraine, et m’étant précisé que j’étais attendue “vers midi”, j’ai décollé à 7 H 30 de chez moi au cas z’où (250 bornes c’était la mort pour ma vieille caisse). Pour moi il n’y a pas de “vers midi”. Midi c’est midi et c’est la honte si je pointe à 12 H 05 ou 11 H 55. J’ai été obligée de me résoudre à prendre la RN 10 pour perdre beaucoup de temps et ne pas arriver avec deux heures d’avance.
Le matin également, je pointais normalement chez Trucmuche/Truchon & Co à 8 H 30. J’avais pris la fâcheuse habitude d’y arriver vers 8 H 10, pour papoter avec les collègues en buvant un chocolat (je hais le café). Et bien si jamais je me lèvais en retard ou autre, la simple idée d’arriver à l’heure (8 H 30) me rendait quasi hystérique. C’est pathétique.
Ce qu’il y a d’irréel même, c’est que si je suis en retard malgré mes précautions (the big accident sur l’autoroute), passé 5 minutes tout le monde s’imagine qu’il m’est arrivé quelque chose de grave. Oui c’est grave, je suis coincée dans un bouchon !
C’est aussi un cas de brouille indiscutable quand on a une amie qui elle est systématiquement en retard. Attendue chez moi entre 19 et 20 H elle se pointait à 22 H 30 avec toujours une bonne excuse, devant une assemblée exaspérée (mes amis sont à l’heure généralement). Et pendant les 3 H 30 où je l’attendais, je la détestais (ben oui j’avais dit 19 H aussi…). Etant toujours à l’heure chez elle je la trouvais systématiquement sous la douche ou en train de s’épiler et le poireautais à nouveau. J’ai résolu le problème le jour où elle s’est vexée chez moi d’arriver en même temps que le plateau de fromages. Et pour un réveillon c’était très fort de sa part.
Je me souviens aussi d’un ex à moi, champion du monde, que j’ai attendue des heures et des heures à de multiples occasions, jusqu’au jour fatidique où il m’avait promis d’arriver à midi pour m’aider à déménager. Il s’est pointé à 20 H après m’avoir téléphoné 5 fois pour me donner des excuses même pas bidons, et pour rouspéter qu’il n’aimait pas les sardines grillées…
Enfin de temps à autres j’aimerais bien pouvoir être en retard… C’est bête mais je n’y arrive pas, malgré une psychothérapie poussée.
La vie n’est qu’un long calvaire.
Réédition du 25 juillet 2006
ILLUSTRATION LAISSEE A VOTRE LIBRE IMAGINATION ! (je squatte toujours)
Notez par ailleurs que je n’ai rien contre les fans de fringues (j’en ai été une un jour, mais avec modération rapport au budget) toujours à la pointe de la mode. Sauf en ce qui concerne celle-là…
Déjà elle se croit à la pointe de la mode. Oui, pour triffouilly les oies, c’est la pointe de la mode. Si elle partait pour Paname vêtue telle qu’elle l’est, elle ferait pas mal sourire.
Non pas que la parisienne soit TOUJOURS bien fringuée…
Elle calcule tout : lundi jean noir avec pull rose, montre rose, boucles d’oreilles roses, bottines roses qu’on dirait des patins à glace, etc…
Le lendemain on a droit à l’inverse : pantalon rose, petit top noir, montre noire, boucles d’oreilles roses, bottines noire qu’on dirait des chaussures du moyen âge tellement elles sont pointues.
Etc… Tout est toujours trop bien assorti, même dans les magasines, on ne voit jamais ça. De toutes manières c’est souvent de très mauvais goût…
Mais, et c’est là son problème, après s’être préoccupée de son aspect, elle se préoccupe de celui des autres.
Son adage : porté une fois = linge sale. Pour une culotte c’est normal, pour un jean, chacune voit midi à sa porte.
Et donc, avec la comptable (au hasard), la voici détaillant les tenues des autres…
“C’est le 3ème jour pour le pantalon de Florence, et gnagnagna…”
“Elle a toujours la même montre et gnagnagna…”
“Et les mêmes pompes et gnagnagna…”
“Elle pourrait faire des efforts et mettre des bijoux et gnagnagna…”
“Elle avait le même jean l’année dernière et gnagnagna…”
“Pire encore, ses pompes aussi sont de l’année dernière et gnagnagna…”
Alors après l’avoir surprise une fois en train de déblatérer sur les autres, on se prend à la surveiller un peu. Et à trouver de plus en plus qu’elle a pas mal de paires de pompes qui ressemblent à des patins à glace…
Et un jour, le jean rose, normalement lavé puisqu’elle l’a porté il y a 12 jours, porte la même tache qu’il y a 12 jours, sur les fesses.
On le lui fait remarquer. Elle va nous haïr, mais tant pis, nous on la hait déjà…
Parce qu’on s’habille comme on le veut et qu’on l’emmerde, dans la mesure où l’on n’est pas du genre à remettre le lendemain, un pull dans lequel on a transpiré (ça existe, cela a déjà été évoqué)…
Et que parfois on remet peut-être plusieurs jours de suite les mêmes fringues pour cause de garde robe anorexique, mais non sans les avoir lavées et puis collées pour sécher dans la nuit sur le radiateur… (non sans regretter de ne pas pouvoir claquer un peu de fric pour se fringuer un peu mieux…)
Alors cette dingue de fringues si mal accoutrée, elle peut parfois aller se faire foutre voir…
Car le trop justement et trop bien assorti, n’est pas toujours du meilleur goût…
La mienne était surnommée “miss Morue”. Vous l’avez donc normalement reconnue…
La vie n’est qu’un long calvaire…
C’était la fin de ma période mystique qui m’a permis de faire des rencontres rocambolesques… Je n’en ai raconté qu’une, mais avant la fin du monde, j’ai le temps de vous raconter plein de conneries et donc, d’autres rencontres mystiques…
Rocambolesques, d’où ma méfiance.
Ma dernière rencontre avait été le résultat de pas mal d’échanges mails, pour RV pris le SAMEDI à 18 H, gare des chantiers à Versailles.
Je dis bien A 18 H, le VERS 18 H n’existant pas pour moi…
Nous nous étions bien retrouvés devant le kiosque à journaux, il ressemblait à sa photographie et moi aussi, donc nous avons débuté le périple décidé d’avance :
- On boit un coup quelque part
- On va dîner ensemble si affinités (d’où le 18 H, pour éviter d’arriver au restaurant déjà bourrés).
Je n’avais parlé à personne de cette rencontre, laissant comme de coutume un mail en brouillon avec les coordonnées du mec (portable et coordonnées mystiques), Pulchérie ayant accès à mon mail/blog, pour le cas où l’on retrouverait mon corps en 5 morceaux, dans 5 fleuves différents (il faudrait que j’arrête de regarder les séries policières gores…).
Je savais que ma fille, avec l’aide de Delphine, saurait bien aller voir mes brouillons et aider les enquêteurs à débrouiller l’intrigue… (il faudrait vraiment que j’arrête de regarder les séries policières gores et les informations)
Cela se passait plutôt bien, et puis tout à coup l’homme de la situation m’a précisé que le diner ensemble si affinités il était vachement pour SAUF qu’il y avait un match de foot le soir qu’il ne pouvait absolument pas louper.
Organisé avec des potes à lui, avec des pizzas et des bières. 12 fans de foot ensemble, il n’osait pas m’inviter à participer.
Mon rêve pourtant… Vous l’imaginez bien…
Comme je sortais de ma relation/remariage (quelle idée aussi que de se remarier !) avec Charles Hubert qui m’avait gonflée avec son foot en dansant et en chantant tralalala devant la TV quand Zidane marquait un pénalty, je me suis un peu crispée, et j’ai dis que ce n’était pas grave, pour repartir vers ma voiture.
Un fan de foot, plus jamais… Parce que, quand on refuse une soirée sous prétexte qu’il y a un match, on est gravement atteint… (c’est mon point de vue et je le partage, je peux louper un très bon film moi pour un diner si affinités).
Ce que je qualifiais de grossier personnage en démarrant ma bagnole, aurait pu choisir un autre jour pour le rendez-vous, sans dire pourquoi… D’un autre côté je lui reconnais le mérite d’avoir été franc…
6 heures après j’avais un mail me demandant où et quand nous pouvions nous revoir et là, j’ai été franche : fan de foot il pouvait l’être, mais sans moi. Il m’a relancé pendant 3 semaines, mais ce n’est pas le problème.
Le DIMANCHE, tatie chérie m’appelle et me demande de but en blanc des nouvelles de mes amours.
- “Point mort” que je lui réponds….
- “Ah bon, pourtant Guillaume (l’ainé de mes neveux, habitant parly 2) t’a vue hier à la terrasse d’un café, à côté de la gare des chantiers, avec un plutôt beau monsieur…
- Damned !
En fait, mon neveux passait en bus, par hasard, à cet endroit là, et à ce moment là, était bien assis du bon côté du bus pour reconnaître sa tatie en train de boire un diabolo fraise avec un monsieur plutôt pas mal.
A cinq minutes près, et s’il avait été de l’autre côté du bus, j’aurais pu faire ni vue ni connue, mais va te faire lanlère et tralala !
Le dimanche soir, toute la famille était au courant, et les filles également en train de me seriner à nouveau “quand tu sors fais attention en traversant sois prudente, tu pourrais tomber sur un serial killer, etc…”. La police scientifique aurait été aussi développée que maintenant et j’aurais été priée d’aller déposer mon ADN quelque part pour qu’on me reconnaisse au premier coup d’autopsie des morceaux disséminés ça et là (il faut vraiment que je me rabatte sur Joséphine ange gardien…).
Mes parents, je ne vous raconte même pas. Je n’étais pas rentrée chez moi pour poser mes fesses dans mon canapé en maudissant le foot, que toute la famille était au courant que je péchais gravement à une terrasse de café, à côté de la gare des chantiers, via ce qui s’appelle le téléphone arabe…
Alors je vais vous dire un truc achement important, et je l’ai vérifié plusieurs fois dans ma vie, via moi-même ou des ami(e)s :
- Vous pouvez prendre toutes les précautions utiles pour rester dans la clandestinité, vous tomberez toujours sur une personne qui dira vous avoir vu tel jour à telle heure, à tel endroit, avec qui vous voulez.
- Il y aura toujours une personne pour constater que vous partez tous les jours à la même heure dans la direction opposée d’une autre voiture qui part aussi à cette heure précise, et en conclure le lieu de rencontre (sans se tromper en plus et c’est ça l’horreur, aussi horrirrifiante que la conclusion totalement fausse). Et qui en parlera à tout le monde…
- Vous pouvez garer votre voiture dans les ruelles les plus sombres de la plus grande ville, il y aura toujours un jour, quelqu’un qui la reconnaitra et en parlera à tout le monde (adieu discrétion)
- Vous pouvez partir à l’autre bout du monde pour faire des frasques dont vous ne voulez parler à personne : en haut de l’Everest, cyanosée (l’endroit idéal pour faire des folies de votre corps), vous tomberez sur Ginette, la pire langue du pute que vous connaissez, qui verra bien que vous êtes accompagnée par un trop beau monsieur, et désormais, le distillera sur face de bouc, à votre insu. Avant elle avait la lettre anonyme et les allusions fallacieuses, maintenant c’est aisé.
- Où que vous alliez d’ailleurs, si c’est crapuleux, il y aura Ginette, ou un neveu, ou une nièce, ou votre voisine si médisante.
- Z’êtes prévenu(e)s
Oui vous pourrez faire ce que vous voudrez. Vous pourrez en plus, le pire, vous imaginer que vous bernez tout le monde, alors que tout le monde sait…
Par contre, quand vous voulez rendre Charles Edouard jaloux en vous montrant bien avec un collègue de boulot, ça ne marche jamais.
C’est tellement évident que personne n’en parle.
Parce que la vie n’est qu’un long calvaire….
Ma copine Karine, perdue de recherche depuis notre bac commun, et retrouvée il y a quelques temps, a toujours eu une imagination débordante, exclusivement consacrée à la beauté.
- A 15 ans elle était la première à tester le concombre en masque pour en grande partie terroriser son père.
- Après le concombre elle s’est rabattue sur la carotte râpée également en masque, pour avoir bonne mine, et ça donne bonne mine. Trop et trop longtemps.
- A 18 ans, elle tentait le henné qui gaine les cheveux et les rend plus beaux, en oubliant de préciser “neutre” au pharmacien. Elle a passé son bac en carotte fluo et les examinateurs de l’oral de rattrapage pressés de la voir partir lui ont accordé les meilleures notes possibles. Elle a pu attester que le henné ça tient.
- A 20 ans elle avait l’idée de se décolorer les poils pubiens pour les assortir à sa chevelure redevenue enfin blonde, et s’est déclenchée un exéma géant dont elle a refusé de révéler la cause à son médecin qui l’a crue pour toujours allergique aux slips en coton estampillé véritable.
- A 30 ans elle se brûlait un genou au troisième degré en testant l’épilation au caramel.
- A 40 ans elle transformait le viackal en détartrant dentaire, et le comprimé de vitamine C fondu comme anti rides et a disparu de la circulation pendant 8 jours, les gencives saignant et le teint carotte, comme avec de la carotte légume mais en pire, ce qui l’a rajeunie considérablement mais juste dans sa tête.
A 50 ans, et seule enfin (oui, pour elle, c’est “enfin !!!”) elle a décidé de vérifier deux poncifs qui pourrissent la vie des femmes. Ce qu’elle voudrait, c’est un jour faire une grande découverte qui la rendrait célèbre en nous changeant la vie.
On l’admire.
Premier cas, on nous serine depuis l’adolescence, que le cheveux gras, enfin regraissant vite désormais (c’est moins péjoratif), est dû à 99 % à des lavages trop fréquents, les hormones n’y étant pour rien dans cette histoire. Après avoir passé 30 ans à se laver les cheveux tous les jours, Karine a décidé de pulvériser la graisse de manière simple et pratique. Comme elle ne travaille pas, son mari lui ayant laissé de quoi, comme elle ne sort que très peu, et bien elle a décidé de trucider la séborrhée réactionnelle en supprimant toute cause de réaction, à savoir le shampoing trop fréquent.
Elle a donc commencé à se limiter à une fois par semaine et à se désespérer dès le surlendemain du shampoing dominical, devant l’aspect huileux de sa chevelure qu’elle tressait et coinçait avec une barette. Elle s’est souvenue de ses grands mères ne se lavant la tête qu’une fois par mois. Elle s’est obstinée pendant 6 mois pour en conclure que cette histoire de réaction était de la daube foutaise. Elle a mis à brûler un cierge à sainte Rita patronne des causes désespérées, en la priant de flanquer un psoriasis à son dermato, après qu’il lui eut déclaré sans rire que sa chute de cheveux était due à un excès de sébum, ce dont ses grands mères n’avaient jamais souffert.
Car le même lui avait causé 5 ans auparavant des dégâts causés par les shampoings trop fréquents…
Dans le même temps, toujours considérant les dires, elle décidait de terrasser les poils définitivement, cette innocente.
CAR, là encore, on nous déclare que raser un poil c’est le faire repousser plus vigoureux qu’avant. L’épiler aussi d’ailleurs. Sans rire, si nous n’y avions jamais touché nous aurions encore le duvet de notre enfance disent certains dermatos, nonobstant les hormones et Sainte Rita.
Donc, Karine a considéré les données du poil excité par l’arrachage ou le rasage, et la durée de vie du dit poil qui serait de 3 à 4 mois suivant les zones, mais on s’épile rarement les cils.
En toute logique en laissant le poil s’épanouir et vivre sa vie et sa belle mort, le défunt devrait laisser place à son remplaçant non excité par de dangereuses manoeuvres. Un petit duvet tout fin quoi…
C’était l’hiver, elle était seule et a donc laissé ses poils s’épanouir, n’ayant jamais pensé que sur les mollets et l’arrière des cuisses (jamais touché avant 30 ans, ce qui peut sembler louche…) cela pouvait devenir aussi long. Elle m’a montré en février, après novembre, décembre et janvier passés en pantalon, le résultat de son étude et le doute n’est plus permis : si l’homme descend du singe, la femme aussi (et de l’arbre aussi au passage…).
Les poils ont dû tomber le tapis est foutu mais la petite Amélie n’a plus de poils au cul, mais sans qu’elle ne s’en aperçoive. Ils ont été remplacés par des non excités mais bien développés tout de même : les poils se refilent la combine de pousse maximum, j’ai toujours pensé que c’était de sales vicieux créés pour nous pourrir la vie. Le seul avantage qu’elle a trouvé à l’expérience est que la séance épilation lui avait fait perdre en moins d’une heure au moins 300 grammes.
Pour l’instant Karine se porte bien, mais on ne sait jamais à l’avance ce qu’elle sera tentée de tester…
La vie n’est qu’un long calvaire… (poilu et regraissant vite)
Ne te découvre pas d’un fil. Un adage dont je ne fais pas fi, depuis qu’une certaine année, il m’est arrivé une mésaventure cuisante (si l’on peut dire).
Un mois d’avril comme celui de cette année, qui débute chaud “au delà des normes saisonnières”, ensoleillé, etc… (on a eu le même en 2007 et puis après il a flotté du 1er mai au 1er septembre sans interruption…)
Si je ne me cramponne pas actuellement à une tenue particulièrement hivernale, c’est bien parce que je fais peu de déplacements tous les jours, et que je ne risque rien, vu que je fais ces déplacements sportivement avec ma voiture…
Cette année là là là donc, je fréquentais Albert effectuant son service militaire à Rambouillet qui avait déjà rencontré mon père fugitivement (heureusement) (c’est plus bas). Vers le 11 ou le 12 je ne sais plus, devant le grand beau temps et ayant trop transpiré la veille en revenant de la gare, je me suis habillée “léger”.
A savoir une jupe que j’adorais et que j’ai usée jusqu’à la trame, un chemisier, un gilet top mode ET… des sandales…
Et je suis partie à la gare, guillerette et tout et tout, en faisant claquer mes talons de sandales sur le bitume.
A la gare, toutes les femmes avaient fait comme moi, et les hommes ne portaient plus de manteau. Au bureau, mes collègues avaient fait comme moi toutes les cinq, c’était l’été !
Une précision utile : chez mes parents chez qui j’habitais toujours, nous ne regardions jamais la météo et les infos…
Au bureau, petite agence immobilière, nous déjeunions sur place et sortions rarement à l’heure du déjeuner pour éviter de trop dépenser rue de Rennes, gros piège à fric déjà et toute proche. C’est vers 15 H qu’Isabelle est venue me voir, alors que j’étais absorbée par mon courrier à terminer, trop pour regarder par la fenêtre (et rêvassant un peu, il faut l’avouer, sur Albert…) :
- “Tu as vu Coraline : il neige !“. On n’est pas dans la merde ! (elle aussi devait prendre un train de banlieue pour rentrer chez elle).
Effectivement il neigeait ! Et le pire c’est que cela semblait tenir. Dehors des égarés habillés été, se précipitaient vers la gare montparnasse en évitant de se casser la gueule. Et effectivement je n’étais pas dans la merde, ayant un bon kilomètre à faire entre la gare et le domicile familial… après avoir fait 500 mètres pour me rendre à ma gare parisienne.
J’ai appelé Mrs Bibelot qui m’a confirmé que Rambouillet était sous les flocons également après une chute vertigineuse de la température sur le coup de 13 H, que cela tenait également, et là, j’ai immédiatement choisi de modifier mon emploi du temps…
Normalement Albert et moi nous retrouvions dans le troquet où nous nous sommes connus (ça fait bien…), avec quelques copains à lui et mon amie Catherine. Puis après 3 chocolats pour moi et 3 cafés pour les autres, il me raccompagnait chez moi et nous passions pas mal de temps dans le hall, le long du radiateur, à nous raconter notre vie et à faire des projets d’avenir ensemble, en nous bécotant au passage, mais juste un petit peu (c’est d’ailleurs au cours d’une séance “bécotage” et non une séance “projets” que papa était sorti de l’ascenseur car il allait promener la chienne et avait donc découvert son futur gendre un peu embarrassé, qui lui avait présenté tous ses respects (hi hi)…)
Changement de projet donc : maman préparait un sac avec mon manteau, une paire de collants et mes bottes (l’hiver je ne portais que cela), qu’Albert allait m’apporter à la gare…
Puis j’ai appelé Albert qui m’a dit que je pouvais compter sur lui, seul truc ennuyeux : se présenter comme cela chez mes parents. Que ma mère soit prévenue ne le rassurait pas plus que cela… Il y avait le père aussi…
Héroïque comme tout soldat au front trésorier payeur, il s’est présenté chez mes parents 1/4 d’heure avant l’arrivée du train, et ma mère, non sans perfidie, lui a suggéré de revenir directement avec moi sans passer par la case “troquet”, pour dîner en famille et faire un peu connaissance. Albert était piégé par le sourire de ma mère : il a accepté… (je ne sais pas quelle réaction aurait été la sienne s’il ne m’avait considérée QUE comme une aventure de service militaire (suivez la piste de la fuite dans la neige)…)
Pendant tout ce temps là, j’avais franchi les 500 mètres me séparant de la gare montparnasse, pour m’y retrouver avec les pieds tellement gelés que je ne les sentait plus (pratique pour marcher), qui avaient pris une belle couleur violette, grelottant complètement, comme toutes les personnes sur le quai. A l’arrivée (mais le train n’était pas chauffé), je me sentais au bord de la congestion pulmonaire et j’ai vu Albert avec son sac, et bien couvert lui, tel le sauveur.
Enfilage de collants et de bottes dans les toilettes de la gare dont l’état… Non restons soft. Passage du manteau, le héros du jour, me réchauffant tout le long du chemin en me tenant virilement contre lui d’un bras ferme (et chaud).
Et donc, c’est ce soir là qu’il a découvert la famille, sous le regard inquisiteur et moqueur de ma petite soeur de 11 ans, la dernière, qui faisait un peu office de “poison”* dans la famille…
C’est une autre histoire…
Cette année là là là, la neige a tenu 3 jours. Alors depuis, en avril, je ne me découvre pas d’un fil. D’autant que ce cas de figure s’est représenté plusieurs années (pas forcément de suite) et que moi moi moi, je ne me suis plus jamais laissée surprendre, même si je ne prenais plus forcément le train…
Pour les mauvaises surprises évitées je n’en dirais pas autant des filles, mais cela aussi, c’est une autre histoire…
Et sinon après, j’ai toujours suivi la météo…
* Allusion à “l’esprit de famille” de Janine Boissard, et la petite dernière surnommée “la poison”…
C’était l’époque où j’étais amoureuse d’un con (et si seulement cela avait été la première fois…). Sans le savoir bien sûr, car quand on a une once de lucidité, si l’on sait que c’est un con, on s’enfuit en courant, en évitant les hauts talons de préférence. C’est mieux pour la rapidité de la course…
Bref, un homme grâce à qui j’ai vécu un grand chagrin d’amour, m’ayant transformée pour quelques temps en méduse sanglotante…
Et puis un soir, j’étais au désespoir une fois de plus, et meilleure amie a eu la bonne idée de m’appeler. Mon père en ayant ras le bol de me tendre le sopalin (j’habitais chez mes parents), me l’a passée avec soulagement en me tendant mes clefs de voiture. Meilleure amie me proposait une soirée entre amies, de dormir chez elle, et de me ressourcer avec une tarte au citron le lendemain (c’était l’époque où je préférais les desserts au saucisson).
Le temps d’attraper une chemise de nuit un vieux T Shirt, et mon petit nécessaire de couture de toilette et me voici partie, en pleurant.
Je roule doucement, en pleurant.
Je m’arrête à un stop en pleurant.
Je me fais siffler en redémarrant du dit stop en pleurant.
“Contrôle de routine” me déclare le flic qui me demande les papiers afférents à la conduite du véhicule. Je les lui donne en pleurant.
Semble pas faire attention, tout va bien, me rend mes papiers, mais pour l’honneur et la gloire, me demande de souffler dans “le ballon” pour contrôle du taux d’alcoolémie dans le sang (à l’époque 0,70, maintenant quand vous avez 0,70 vous êtes ivre et avant quand c’était 0,80 la légalité et bien maintenant vous êtes complètement bourré).
Les larmes ont un effet particulier chez moi, elles me rendent très chiante. Même moi je m’énerve… Pourquoi croyez vous que Jean Poirotte m’a tendu le téléphone, les kleenex ET mes clefs de voiture ?
Et là, il n’y a que des mecs, je ne soufflerai pas dans le ballon. Parce que ce sont des mecs qui me le demandent. J’emmerde les XY de toute la planète, sauf mon père qui pour moi n’est évidemment pas un homme (quoi qu’est-il d’ailleurs, on se le demande, il a toujours adoré que je pleure contre lui en lui précisant “oui mais toi tu n’es pas zun nômme“…) (non c’est mon père)
Plutôt mourir que de souffler dans le ballon. D’ailleurs je le précise au flic qui constate enfin que je pleure, je ne soufflerai pas dans le ballon parce que les hommes sont tous des salauds !
Sans exception. Sauf mon père qui népazun-nômme. Je précise, le flic n’est pas forcément au courant de l’état véritable de mon pèreusnif…
Comme j’attrape un nouveau kleenex, le jeune flic embarrassé soudain (toujours rapides les hommes, et tous des salauds il vient de se l’entendre dire !), fait signe à celui qui a une tête de chef. C’est le chef.
- Les papiers sont en règles ? Oui
- Pas de problème d’assurance ? Non
- Son permis est valide ? Oui (z’avaient déjà un réseau les rats)
- Où est le problème ?
- Elle ne veut pas souffler dans l’alcootest parce que les hommes sont tous des salauds.
- Silence consterné pendant que je me ruine les sinus avec l’avant dernier kleenex.
- “Madame, il va falloir souffler dans l’alcootest”.
- “Vous avez des kleenex ? Parce que je n’arriverai pas jusqu’à Arpajon avec juste un rescapé, OUINNNNNN !
- “Oui madame bien sûr ! ” (avec rapidité un des salauds apporte une boîte de kleenex, dans laquelle je pioche sans complexes) “Vous êtes certaine que ça va ?”
- NONNNNNNNN les hommes sont tous des salauds !!!!!! SNIFFF….
- “Veuillez descendre du véhicule, merci…”
- J’obtempère et je m’écroule presque dans les bras du chef en sanglotant, lui ruinant au passage sa veste, avec ce qu’il me reste de rimmel.
- Je le sens qui se coince un peu.
- M’en fous, tous des salauds. Et je ne soufflerais dans le ballon que la tête engagée dans la guillotine.
- Et encore, ce n’est pas certain, trop heureuse de quitter ce monde injuste et truffé de salauds…
- Normalement je sens le tilleul fait par Mrs Bibelot pour m’aider à passer la nuit…
- Le Chef renifle un peu et se demande s’il peut être considéré comme alcootest estampillé CEE
- Il cherche du secours, mais les 5 autres regardent ailleurs et arrêtent d’autres véhicules (avec des salauds au volant)
Ils m’ont laissé repartir avec consternation, le chef m’ayant certifié qu’il était fidèle à sa femme (m’en foutais), et les autres opinant. Et je n’ai pas soufflé dans le ballon.
Plutôt aller en tôle accompagnée de ce qui ne pouvait être qu’un ramassis de salauds (tous des hommes…)
La vie n’est qu’un long calvaire pour tout le monde…
Ce soir là, aussi, pour les flics, autant leur rendre hommage, car ils ont été méritants.
Imaginez le chef me demandant ce qui n’allait pas : il en prenait pour 7 plombes… D’un autre côté il se méfiait certainement, sinon, il était cuit, le salaud malheureux…
Lui c’est un vrai, un dur, un tatoué. Avec lui on va savoir qu’il y a de vrais hommes, et donc en conséquence, des faux…
On va le sentir très vite : le déodorant, c’est pour les tapettes…
Il ne mange pas des sandwiches de PD, lui… Enfin, il mange comme un homme, un vrai (il engloutit, on ne retournera plus à la cantine avec lui…)
Il fait d’ailleurs beaucoup de remarques ayant trait à l’homosexualité, si vous voulez le vexer, dites que vous trouvez cela louche…
Parce qu’il ponctue ses conversations de : tapettes, lopettes, PD, etc… et que forcément ça lasse rapidement !
Il passe sa vie à raconter des horreurs salaces même pas drôles.
A l’écouter, il culbute une femme nouvelle tous les soirs, et assume sa femme après.
D’ailleurs sa femme n’a qu’à la boucler, c’est lui qui porte la culotte dans son ménage (donc un écossais en kilt est un faux homme, je ne vous parle même pas de la tenue des gardes grecs avec leur zupette)
Il méprise sa collègue d’en face : ingénieur ce n’est pas un boulot de femme, surtout dans le génie chimique, et pire encore si elle est meilleure que lui…
Il a ses bons côtés, sachez les utiliser en jouant les faibles femmes. C’est ainsi que :
- C’est lui qui aura le pouce le plus puissant pour enfoncer la saloperie de punaise qui doit servir à accrocher le fichu calendrier.
- C’est lui qui se mettra à quatre pattes pour débourrer cet imbécile de putain de bordel de merde de copieur, parce que la terre est trop basse pour une faible femme et que vous avez peur de vous brûler ou de vous électrocuter (ne pas lésiner sur les petits cris de la femme effarouchée…)
- Idem, c’est lui qui se couchera sous votre bureau pour reconnecter la foutue ordure de prise internet à l’ordi de la mort qui tue.
- Et le jour où votre voiture vous lâche, c’est spontanément vers lui que vous allez : il aura à coeur de faire le diagnostic en se couchant sous la voiture pour constater que c’est une fuite du réservoir d’essence, ou alors il changera la connasse de roue…
Pratique…
Un homme, un vrai, un dur, un tatoué, peut parfois être indispensable, à petites doses…
Le vrai bonheur c’est le jour où sa femme appelle et demande à lui parler, qu’il murmure “oui bon, j’arrive tout de suite ma chérie”, et qu’on le voit filer, le regard bas, la queue entre les jambes, et que l’on a très bien entendu dans son écouteur le “je t’attends pour aller à Auchan et je te signale que je n’attendrai pas une demie heure de plus !”.
Lui c’est peut-être un vrai, un dur, un tatoué, mais sa femme a du coffre…
Et lui, rôde au travers des gondoles, en espérant ne JAMAIS croiser un collègue de bureau… Si c’est le cas, l’horreur, il prétendra venir acheter tout ce qu’il faut pour la voiture, on fera semblant de le croire, alors qu’il trimballe tout le nécessaire pour une famille ordinaire (y compris des couches…)
La vie n’est qu’un long calvaire… :-)