'Dans la série Diabolique'
Le post de Louisianne sur le popp*ers (ici mais le vrai lien est loupé, je suis toujours aussi quiche) m’a rappelé un fabuleux souvenir…
Je fais partie des personnes très sensibles aux odeurs, et même si je suis fumeuse, j’ai plutôt un bon nez. Depuis que je suis petite, il faut que je renifle, que je sente, que j’identifie une odeur. Je me souviens qu’enceinte, je me trouvais une odeur corporelle différente. Delphine tient de moi, et je m’en suis aperçue alors qu’elle était toute petite. Quand elle était malade elle sentait ses mains et me demandait “maman, qu’est-ce que je sens ?”, et j’avais l’impression de me retrouver en elle totalement.
J’ai donc l’habitude de tout renifler, mais avec précaution…
Juillet 1976 : je viens d’avoir mon bac, et mon parrain m’a trouvé un emploi d’un mois dans sa grosse boîte qui s’occupe de centrales nucléaires. C’est super, mais c’est à la Défense et Rambouillet/la Défense à l’époque, c’est la mer à boire.
Mes grands parents partaient en vacances avec mes parents, pour la première fois de ma vie, je n’aurais pas mon mois de juillet à la mer. Tatie chérie devait s’occuper de ses grands parents vivant chez Mrs Tricot et le prisonnier, et me proposa donc d’occuper son studio à deux pas de la gare de Bécon les Bruyères donc à 10 minutes du boulot.
Première expérience de vie “indépendante”, comme dans un chez moi. J’avoue n’avoir pas trop apprécié et m’être sentie très seule… Je passais le WE chez mon grand père et mon arrière grand mère à la campagne, et j’ai sû à ce moment là que je n’étais pas prête pour quitter tout de suite le nid familial. D’ailleurs j’allais entamer mes études de droit en décembre (l’année universitaire était vraiment courte)…
Bref, Tatie chérie m’emmène chez elle, me montre tout ce qu’il y a à savoir, nous buvons un thé toutes les deux, et me voila seule au monde dans une ville que je ne connais pas… Petit coup de cafard, je décide de prendre un bain.
Sur le rebord de la baignoire, deux flacons : de l’eau oxygénée et un flacon anonyme. Je ne me suis pas méfiée. Tatie chérie coiffeuse, s’est toujours occupée elle-même de ses couleurs.
Pour identifier le produit, j’ouvre le flacon et je renifle un grand coup.
Horreur, enfer et damnation, c’était de l’ammoniaque…
Quiconque n’a jamais respiré un grand coup de l’ammoniaque, ne peut savoir ce que l’on ressent… Cela entrait d’ailleurs dans la composition des fameux “sels” que l’on faisait respirer avec délicatesse à une personne tombée en pâmoison jadis…
Moi j’ai cru crever sur le coup. J’ai eu l’impression qu’un produit corrosif me remontait jusqu’en haut des sinus et même au dessus. Ma gorge s’est bloquée, mes yeux se sont mis à pleurer, il m’a fallu 1/2 H pour m’en remettre, avec cette affreuse odeur qui me restait dans les narines.
Quand on connaît la délicieuse odeur des produits comprenant de l’ammoniaque (permanente, décoloration, coloration, etc…) on peut imaginer tout de même ce que donne à renifler, le produit pur…
Depuis ce jour, je prends toutes les précautions possibles avant de renifler un grand coup.
On n’est jamais trop prudent…
Cela m’a pris le 11 octobre, au petit matin. J’émerge d’une longue hibernation et toute ma vie et mon organisation ne sont qu’un scandale immonde. Tout doit être rangé, ordonné, rangé au cordeau, et rien ne peut souffrir d’un retard forcément non excusable. Tout le monde sent que ça bout quelque part et en théorie j’ai juste le droit de légumiser sur mon canapé. Ma mère est venue faire le ménage, le repassage, sans comprendre ce qu’il m’arrivait, pendant que j’allais faire le plein à Carrouf. Et quand je dis “le plein”, il s’agit du plein. Toute une famille doit pouvoir survivre avec les réserves que je fais. On peut tenir 3 mois d’hiver, bloqués par la neige ou une Xème glaciation. Mon mari, Pulchérie, Moi, et éventuellement tout le reste de la famille.
Maman repasse, elle adore (je ne comprendrai jamais). En surveillant Pulchérie qui adore grimper dans les plantes vertes. En fait elle adore faire des conneries et les grands parents trouvent cela super… Même en repassant…
Ma mère se fait toujours piéger. Je lui avais fait le coup avec Pulchérie. Mais elle n’a jamais souffert du syndrôme du nid. Elle s’avachissait dans un fauteuil en se disant que c’était pour bientôt… Moi je retrouvais toute mon énergie pour tout bien aligner. Bordélique comme je le suis, c’est le signe qu’il s’agit d’un instinct très sûr.
11 octobre 1984 : je ne suis pas réellement satisfaite de mes réserves, du repassage de ma mère, et de la tenue de Pulchérie qui doit renoncer définitivement au Ficus pour faire des “je grimpe à l’arbre”. D’ailleurs vers midi, je suis prise par les contractions et je n’ai rien d’autre à faire que de déambuler en supportant les contractions.
En fait, tout est là, je ne le sais pas, mais, je vais chier ma 2ème pastèque...
12 octobre 1984, 1 H 35 du matin…
Cela ne s’oublie pas. Si cela s’oublie, c’est que la mémoire part en vrille et que cela fait peine et qu’il ne faut pas en vouloir à maman si sa mémoire flanche…
Bon anniversaire ma Delphine !!!!
Je sais bien sûr que tu es du 12 à 1H05, mais j’avais envie de me souvenir de la veille. Tu sais bien que pour le vrai jour, je n’oublierai jamais, sauf si ON décide de me couper ce qui fonctionne dans le QG, mon cerveau quoi…
Je t’aime ma chérie, et dans ma tête, il y a toujours le bébé que l’on m’a mis dans les bras. C’était un commencement, et c’est déjà tellement loin… Le souvenir reste inoubliable, et que du bonheur, avec les petites larmes que bien sûr je verse en te dédiant ce post.
Bon anniversaire Estelle !
N’oublie pas : c’est le 12 à 1 H 35….

Cette femme est une manne pour la blogueuse compulsive que je suis et gnagnagna et gnagnagna.
- La dernière.
- La meilleure.
- La parfaite.
- L’inattendue.
- La surprenante.
Elle a renoncé définitivement à faire grincer son robinet le matin à 4 H 00 devant mes protestations conjuguées avec celles de tout le monde… Du coup elle s’ennuie. On la plaint. On NOUS plaint.
Parce que du coup, nouveaux bruits curieux venant de chez elle à n’importe quelle heure (moi 8 H le dimanche matin c’est n’importe quelle heure, et curieusement pour mes voisins aussi, et 23 H 30 en semaine aussi…).
ILS ont enquêté bien avant moi pour apprendre cette extraordinaire nouvelle :
Madame Vampire qui s’ennuie a décidé de réaliser un rêve de jeunesse.
Elle s’est inscrite à un cours de claquettes…
Si si…
Sauf qu’elle ne peut pas s’exercer en charentaises, elle n’est pas certaine d’avoir bien tapé le rythme. Donc elle fait cela en talons, sur la moquette, là elle se sentait sympa avec nous, elle aurait pu le faire dans la cuisine sur le carrelage où le bruit rend mieux.
Nous pouvons d’ailleurs confirmer que les après midis des samedi et dimanche, quand elle se sent le droit de faire des claquettes sur le carrelage, le bruit rend nettement mieux. (En semaine on bosse alors on ne peut rien dire on n’entend rien…)
Y’en a trois qui rigolent dans le fond de la salle, dehors ! merci !
Le voisin d’en face a respiré un grand coup à ce moment là, en m’expliquant le truc. J’ai vu sa glotte se coincer, j’ai cru que c’est moi qu’il allait tuer. Parce qu’elle en a marre madame Vampire : peut pas faire la vaisselle à 4 heures du matin, peut pas laisser brailler son chien et son téléphone quand elle s’absente, peut pas avoir une porte qui grince (toujours pas huilée) maintenant on lui retire le droit de faire des claquettes.
Autant la tuer tout de suite. On veut bien, mais qu’elle nous signe un papier hein ?
Là le voisin a craqué et l’enfer s’est déchaîné. Il lui a donné le choix entre l’épée, le fusil ou le poison et du coup, elle lui a claqué sa porte au nez parce qu’elle n’a aucun humour. Ce faisant, elle a coincé la queue du chien dans la porte et depuis c’est la guerre pour savoir qui doit payer les frais de vétérinaire… Parce que le chienchien a perdu sa queue (pauvre bête) même s’il semble s’en être plus vite remis que si cela avait été le cas du voisin (là je n’imagine même pas le carnage). Tout cela à cause de voisins trop à cheval sur le bruit, et elle, pauvre innocente, qui a bien le droit de faire des claquettes… Elle a porté plainte pour le coup de la queue de son chien et j’imagine la trombine du flic recevant la plainte… Surtout que c’est elle qui a claqué sa porte. D’ailleurs, elle claque toujours sa porte, c’est la femme la plus bruyante et la plus irrespectueuse des autres que je connaisse… Il était fatal qu’un jour ou l’autre son York y laisse la queue… Il aurait pu carrément se faire décapiter, il a eu du bol.
Ca me fait moyennement sourire, à l’époque où j’étais en cloque de Pulchérie et donc toujours en train de dormir, j’avais une voisine obsédée sexuelle qui faisait des vocalises…
Et quand une obsédée sexuelle se met à chanter “ahhhh je ris de me voir si beellllle en ce miroir” à chaque orgasme, vous pouvez dire adieu à tous vos dodos.
Avec madame Vampire c’est un peu pareil, sauf que pour l’instant, elle ne chante pas…. (PRIONS) et que sa vie sexuelle semble assez calme, parce que je le sais moi : son lit grince autant que son armoire…
Sinon pour la guerre vétérinaire, c’est le statu quo… Tout le monde se marre, donc Madame Vampire fait la gueule et quand madame Vampire fait la gueule, elle se fait discrète…
Jusqu’au jour où elle décidera de se mettre à la batterie… Ou aux vocalises…

Il y a des personnes qui me font flipper. Mon père par exemple. Il va voir le médecin quand il faut, mais quand il faut soudain une visite à domicile, c’est forcément celle des pompiers et du SAMU, il ne peut pas s’empêcher de faire son intéressant. On le lui a fait déjà remarquer, mais il s’en fiche : le SAMU et les pompiers c’est un minimum pour lui, il n’est pas arrivé à 70 balais pour rester discret.
Meilleure amie n’est pas mal non plus. Nous nous connaissons depuis l’âge de 12 ans. Si vous comptez bien et que vous avez compris que j’ai 50 ans, cela fait 38 ans que nous nous connaissons. Pour moi c’est comme une soeur, même si j’en ai deux. Je pense en être une pour elle, même si elle en a une. Donc, nous nous faisons du mouron l’une pour l’autre au caz’où et comme elle le dit souvent : heureusement qu’on (s)ça toutes les deux. Ne critiquez pas l’orthographe, de toutes manières ce n’est pas français.
Donc meilleure amie devait être opérée un beau vendredi. Dès le mardi j’ai commencé à flipper. Et pourvu que tout aille bien. Et est-ce qu’elle sait que je peux lui donner mon sang de donneur universel vrai (lequel ? question piège à toblerone…) en cas de besoin ? Son chirurgien est-il un connard contre lequel il faudra porter plainte ? Bref… J’étais morte d’inquiétude.
Son mari aussi, et je l’ai nettement senti quand j’ai appelé à 11H 30 alors qu’elle n’était même pas entrée en salle d’op (j’étais encore au chômage). Pour faire passer le temps en espérant qu’il ne m’oublierait pas après le père et la mère, la soeur et les autres copines (moins anciennes que moi, je suis prioritaire, désolée les filles), je me suis dit que je pouvais passer le temps à faire quelques jeux supra intéressants sur mon ordi, après avoir constaté la néantitude des petites annonces.
J’ai essayé d’être cool, j’ai juste rappelé strictement toutes les heures, à savoir 12 H 30, 13 H 30, 14 H 30, 15 H 30, etc. Jamais il n’avait décroché le téléphone aussi vite : il attendait des nouvelles de l’hôpital.
Puis enfin la nouvelle, la bonne nouvelle Ingrid Bétancourt a été libérée mais c’est qui ?, meilleure amie venait de regagner sa chambre ENFIN réveillée. Avec 5 heures de retard sur le timing normal.
Si tard ? J’étais inquiète. Lui avait-on refilé la maladie du sommeil dans la jungle pendant son anesthésie ? Le lendemain, alors que je l’appelais pour lui demander des nouvelles, plus de 24 H après son réveil (délai que j’avais vécu en sachant que là théoriquement on a retrouvé toute sa tête (quand elle existe)), elle m’affirma avoir bien passé sa visite chez le vétérinaire et qu’il fallait qu’elle me laisse, parce que ce serait bien que je la rappelle dans 8 jours n’est-ce pas, quand son collier anti moustiques fonctionnerait.
J’étais inquiète, son mari aussi et j’ai donc décidé de leur foutre la paix pendant au moins 24 heures.
J’ai tenu parole. C’est elle qui m’a rappelée en s’excusant avec toute sa tête de m’avoir raccroché au nez le matin même (la veille), au sujet d’une histoire de cafard, elle ne se souvenait plus bien.
PARCE QUE :
Alors que tout le monde flippe avant une opération, à l’idée simple de l’anesthésie, que du coup on vous prémédique, que vous iriez au peloton d’exécution avec le sourire, et bien meilleure amie dort tellement mal, qu’elle en dort bien la veille à l’idée qu’on va l’endormir. Comme quoi le psychisme n’est pas vain.
Comme elle sait qu’elle va dormir, elle dort bien la veille au soir donc, sans se demander une seule seconde si elle va se réveiller, ce que tout le monde fait, normalement. Moi avant mes anesthésies je ne supportais pas l’idée que je n’allais même pas sentir que je m’endormirais, pour certainement ne pas me réveiller. Avant tout passage au bloc, j’ai fait mon testament (avant de monter en avion également).
Quand elle sent qu’elle se réveille, meilleure amie ne supporte pas cette idée. Faire coucou à l’anesthésiste ne fait pas partie de ses priorités, heureusement qu’elle a toussé quand on lui a retiré l’intubation. Mais bon, elle dort trop, ça inquiète. Et elle, entend parfaitement qu’on lui cause, mais ne veut pas répondre “je dors enfin, foutez moi la paix”.
Alors que tout le monde est content qu’elle soit réveillée, elle maudit le ciel. C’est quand qu’on la ré-opère et qu’elle redort ?
Moi, la vue de l’anesthésiste me fait flipper. Et quand il me dit “à tout à l’heure”, je me dis qu’il me bourre le mou et que je vais mourir sans m’en rendre compte, qu’il le sait, mais qu’il n’a pas le choix. Chez moi, la prémédication a autant d’effet qu’un cautère sur une jambe de bois.
Donc, meilleure amie me fait flipper.
Et je suis bien contente que du coup, elle ne dorme pas bien à nouveaux. Ce n’est pas pour rien qu’il y a des cachets pour dormir, car ne pas dormir, ça peut rendre n’importe comment, à tel point qu’on s’en fiche de mourir.
Et ça ce n’est pas cool… Et seuls ceux qui ne savent pas ce qu’est l’insomnie peuvent dire “les médocs, c’est le mal”….
Je pense qu’il serait bon de prévenir ses enfants pour l’avenir, que meilleure amie adore multiplier les effets de l’anesthésie générale…
Donc maintenant, ce n’est un mystère pour personne, mais Delphine devait impérativement passer par la case orthodondiste. Pour la vie de sa dentition future c’était indispensable.
RV pris avec une sainte femme spécialiste du coin après avoir eu l’aval de la SS (la SECU !). Il sautait aux yeux du profane après explications du dentiste, qu’effectivement il fallait faire quelque chose. Ce qu’elle nous expliqua en long en large et en travers.
- Elargir le palais jusqu’à ce que les dents du haut se juxtaposent bien sur les dents du bas
- Après arrachage d’une dent ou deux
- Puis, pose d’un appareil à bagues, pour tout aligner à la Hollywood chewing gum.
Delphine fut parfaite pour la prise d’empreintes. Pendant ce temps là dans la salle d’attente, j’ai regardé l’alignement de mes dents et me suis dit que normalement pour cette femme, j’aurais eu grandement besoin d’un appareil, j’ai en effet deux incisives en haut, qu’on ne voit pas, qui ne sont pas parfaitement/ parfaitement alignées. Si que je serais célèbre, je me ferais refaire le clavier, même maintenant.
Pulchérie avait bien entendu accompagné sa soeur pour cette épreuve. A ce moment là, l’idée de porter un faux palais ne gênait pas trop Delphine (déjà qu’elle voulait des lunettes…). Par contre l’évocation d’un arrachage de dent pour cause de mâchoire un peu étroite et de l’appareil à bague, lui avait fait faire la grimace.
On la comprend. On lui avait déjà arraché deux canines de lait, parce que les définitives avaient déjà trop poussé…
Après la prise d’empreintes et après avoir rempli 3 tonnes de papiers, la sainte femme proposa le RV pour la livraison de l’appareil avec la clef ad hoc, puis se proposa très gentiment : pouvait-elle vérifier si Pulchérie n’aurait pas un problème qui aurait échappé à tout le monde ? Gratos, bien sûr…
Je l’attendais sur ce coup là.
Car Pulchérie tient de Mrs Tricot (tatie chérie aussi, mais moi pas, et personne d’autre que Pulchérie à ma connaissance). Des dents parfaites, bien blanches, alignées au cordeau que l’on pourrait croire qu’elle est passée par la case orthodontie à l’heure actuelle. A l’époque elle avait 11 ans, tout était déjà parfait, et elle n’avait jamais eu une carie (et toujours pas maintenant, et jamais un “merci maman” pour la concentration sur les dents…).
Donc Pulchérie a ouvert la bouche, dévoilant sa dentition parfaite. La sainte femme a fait la grimace, lui a demandé de fermer les mâchoires : rien à redire. Elle était plus que pincée : Pulchérie n’était pas une cliente potentielle sauf que…
“Je vais tout de même vous prescrire un panoramique dentaire. Si elle a des dents de sagesse incluses ou autres, elles n’auront pas la place de sortir, risqueront de pousser sur l’alignement, bref, il faudra les lui retirer”. A aucun moment elle n’a félicité Pulchérie (ou moi, la fabricante en titre) du résultat concernant les dents…
J’ai pris l’ordonnance en pensant grossièrement “et mon cul c’est du poulet ?”. On avait fait le coup à ma mère. 40 ans plus tard mes dents de sagesse n’ont pas bougé d’un iota (sauf une, tiens, faut que je vous raconte…). Le dentiste m’a précisé que si cela se produisait, le fait d’extraire ces dents de chiotte sagesse réglait tout de suite le problème. Delphine sait par contre qu’à la moindre manifestation, il lui faudra réellement se faire extraire la saloperie d’urgence. Pendant qu’elle sera anesthésiée, ils en profiteront pour lui retirer la canine de travers et paf !
Car une fois le faux palais devenu inutile, on lui a bien retiré une dent, mais elle a juré qu’on ne l’y prendrait plus et a refusé qu’on lui retire l’autre.
Je me voyais mal traînant une ado de 12/13 ans hurlante, chez le dentiste, refusant d’ouvrir la bouche, ou la refermant sur la main de l’homme de l’art en le mordant jusqu’au sang. J’avais jusqu’à ses 16 ans rapport à la prise en charge, pour la raisonner, mais basta, elle n’a jamais porté l’appareil à bagues… Elle n’a donc pas une dentition parfaite, ce qui ne l’empêche pas d’être ravissante. C’est à cette occasion que j’ai d’ailleurs constaté qu’elle pouvait être aussi têtue que tout le reste de la famille, ce qui est un exploit. Elle nous avait caché ça en étant diplomate…
Quant à Pulchérie, j’ai évité de l’emmener avec nous à chaque RV avec l’orthodontiste qui visiblement la détestait.
Quelle idée aussi, d’avoir naturellement des dents parfaites !
Mais également où est la vocation par rapport à la machine à fric ?????
Au début de l’acte 3, vous avez une sorcière qui a sorti sa chaîne stéréo de son meuble, débranché les écouteurs baffles, et posé la chaîne sur sa table basse, en proférant des jurons que même pas vouz’imaginez qu’elle soit capable de seulement les connaître. Je m’étonne moi-même…
Diabolos, reconnaissant au son de ma voix une intéressante situation (la dernière c’était le téléphone, ça l’avait passionné), était scotché à moi d’un air affairé, genre qu’il aurait pu réparer la chaîne ce crétin de félin…
Acte 3 donc (j’ai la flemme de faire les scènes en plus…) : démonter le capot de la chaîne pour récupérer les CD.
Là j’ai eu un léger flottement, oubliant totalement que Pulchérie en partant pour Paris, m’avait piqué tous mes tournes-vis en plus de ma pince à épiler. Elle avait de la chance d’être à NY, car je l’ai bénie 4 fois.
Puis je suis allée sonner chez mes nouveaux voisins. Ils sont charmants mais ils manquent tout le temps de lait pour leur BB, alors ils pouvaient bien me prêter un petit cruciforme, c’était la moindre des choses, depuis le temps que je fais la vache laitière et qu’ils ne me ramènent jamais rien, moi qui ne supporte pas d’avoir moins de 4 litres de lait d’avance…
Je tombais bien : ils manquaient de lait pour leur gamin. L’homme a pris son air le plus condescendant pour venir tester ma chaîne (ah, ces femmes !), et en arriver à la même conclusion que moi : elle était morte. Enfin façon de parler : je pouvais la faire réparer pour aussi cher qu’une neuve… Il a testé le CD chez lui pour me déclarer qu’il était mort aussi, (et qu’il n’avait jamais vu cet aspect granuleux curieux…) De quoi ? (est-il mort le CD !!!) on ne saura jamais, mais c’était la soirée des deuils. Il m’a demandé si je savais me servir d’un cruciforme et je lui ai précisé avec amabilité que je n’avais pas l’intention de me le planter dans l’oeil ou de me limer les ongles avec. Il m’a donc apporté sa boîte à outils et j’ai démonté le capot de l’engin, sous l’oeil de plus en plus intéressé de Diabolos. “Mon dieu quel bonheur d’avoir un humain qui bricole”. Surtout qu’une vis est tombée par terre, et que courchasser une vis pour un chat qui n’a pas de souris à se mettre sous la patte, c’est le bonheur le plus absolu (depuis la petite enfance de Delphine, les chats courchassent et c’est comme ça !)
Les 5 CD étaient mortellement coincés dans le chargeur que j’ai démonté toujours à l’aide d’un cruciforme, sauf que rien à faire : il y avait une pièce apparemment indémontable qui empêchait de sortir les CD sans les casser. Il me fallait une pince coupante. Je précise que je suis assez bricoleuse pour certains trucs et que si je dis que c’était apparemment indémontable, c’est que c’est vrai.
Le voisin n’avait pas de pince coupante, il avait désormais du lait pour le bébé, donc je le gonflais légèrement. Je me suis rabattue chez le vieux vicelard d’en dessous qui m’a prêté sa boîte à outils. Diabolos était de plus en plus intéressé, après avoir coincé la vis sous le canapé où elle restera jusqu’à la fin des temps ce que je change de canapé.
J’ai niqué définitivement la chaîne avec la pince coupante, pour récupérer 5 CD dont je me demandais pourquoi Delphine me les avait piqués en me laissant les boîtiers. J’ai voulu lui demander pardon par téléphone de l’avoir accusée à tort, mais je suis tombée sur son répondeur…
J’ai récupéré mes CD. Vicieusement, j’ai revissé le capot de la chaîne et j’ai tout descendu aux poubelles, en sachant bien que quelqu’un allait se dire “un con a jeté une chaîne toute neuve”. J’en ai ricané en rapportant les boîtes à outils à qui de droit. Le vicelard sourd du dessous en a profité pour m’extorquer une boîte de sauce tomate au basilic parce qu’il avait envie de pâtes, l’entraide c’est magnifique (ou alors il me faisait des avances et a senti qu’il avait une ouverture : au secours !).
Toute neuve la chaîne, oui, en apparence, parce qu’à l’intérieur, c’était Berlin en 45 (mai).
Ne me reste plus qu’à aller m’acheter une petite chaîne qui fait encore K7, si cela se trouve encore. C’est tout juste si mes neveux savent ce qu’est une K7 et j’en ai plein. Je sais, c’est d’un prix modique, mais au tarif où je suis payée, une soirée, c’est une soirée…
D’ailleurs, maintenant que j’y pense, sur les ordi, ils auraient pu prévoir, outre le lecteur CD, DVD, graveur, des lecteurs de K7 audio et vidéo. Que l’ordi fasse cafetière je m’en tape, je n’aime pas le café, mais pour le reste…
Franchement faut pas déconner…
La vie n’est qu’un long calvaire…
Avec les filles nous ne loupions jamais une soirée des enfoirés, qui nous réunissait devant un plateau TV, ravies. Je prévoyais du facile à boulotter, pas du tout diététique et nous passions une super bonne soirée. J’achetais bien sûr les CD. Acheter pour le plaisir ET pour une bonne oeuvre, c’est tellement rare…
J’ai donc un paquet de CD “d’enfoirés”. Depuis que les filles ont quitté la maison, je zappe généralement les enfoirés, parce que je regarde rarement la TV. Tellement d’ailleurs, que je n’achète jamais le programme. Il m’a fallu me retrouver au chômage pour regarder un peu dans l’après midi, les merveilleux téléfilms dont je vous parlerai prochainement. Et puis regarder les enfoirés sans elles, ce ne serait plus pareil, cela fait partie du passé…
Donc j’avais décidé d’écouter mes CD. Sur l’ordi. C’est ma chaîne à moi et je suis beaucoup sur l’ordi.
Las… Un CD ne passait pas. Non reconnu par l’ordinateur qui me déclarait “lecteur vide”. J’ai cru qu’il déconnait (l’ordi) mais non, tous les autres (CD) passaient bien.
J’ai donc décidé de regarder celui-là dans le blanc des yeux (le CD), pour constater qu’il présentait une curieuse surface légèrement granuleuse. Rien à voir avec celles des autres (CD). Je l’ai donc nettoyé avec ce qu’il faut pour constater qu’il présentait toujours la même surface granuleuse un peu spéciale.
Pourtant c’était un CD comme les autres, rangé comme les autres, pas plus exposé au chaud ou au froid, n’ayant subi aucun mauvais traitement, pas plus écouté, bref, un CD. Quand cela a été inventé (le CD), on nous avait dit que c’était éternel et nous savons maintenant qu’on nous a menti, et qu’il y a une durée de vie limitée dans le temps. Pourquoi celui-ci et pas les autres ?
J’ai donc décidé de le tester sur ma chaîne stéréo.
Fin de l’acte 1.
Il y avait tellement longtemps que je ne m’étais pas servie de ma chaîne que j’en avais oublié le mode d’emploi. Delphine l’avait déménagée en déménageant l’appart et depuis, je n’y avais pas touché, c’est dire. A vue d’oreille je dirais même que je ne m’étais pas servie de ma chaîne depuis 4 ans minimum. Elle devait être particulièrement vexatoire et avait vieillie toute seule dans son coin, vexée de ne pas être utilisée.
J’ai donc allumé la bête pour tester le CD granuleux, et là, j’ai eu des lumières psychédéliques mortelles et vu le chargeur 5 CD se mettre à clignoter rouge de 1 à 5. Merde ! la chaîne était restée chargée de 5 CD, j’en ai eu la certitude, avant qu’elle ne se mette (la chaîne), à m’afficher “fucking error on CD station”.
Je me suis dit que ce n’était pas grave, qu’il me restait le double lecteur de cassettes (ben voui) et la radio, mais là encore “fucking error jtenike”.
Le tout sur fond de bruits bizarres. Bien évidemment la salope (la chaîne) était largement hors de garantie. C’est ce que j’ai pu constater après une heure à rechercher la garantie qui était tout bêtement à sa place. Je ne retrouve très rapidement que les choses qui ne sont pas à leur place…
J’ai consulté le manuel pour apprendre avec la joie que vous imaginez que le “fucking error jtenike” était le signe que ma chaîne était tout simplement décédée. Paix à son âme.
Avec 5 CD à moi dedans…
A récupérer…
Fin de l’acte 2…