'Dictionnaire d'une civilisation tordue'

Certaines personnes sont poursuivies par des architectes infâmes depuis leur plus tendre enfance.
Les architectes adorent concevoir des immeubles, bâtiments, etc… originaux, mais dans lesquels ils n’iront jamais vivre : pas si bêtes.
Cela leur permet de faire sortir du sol de grands ensembles immondes dont Sarcelle a été longtemps la vedette.
J’ai quant à moi commencé ma modeste existence dans un grand ensemble, dans un appartement chauffé par le sol. Belle invention très vite reprise (inutile de se demander où mettre les radiateurs). Cela peut vous ruiner les jambes à tout jamais, rapport à une circulation défectueuse.
Dans l’appartement de mon enfance, la salle de bain donnait dans la cuisine. L’architecte s’en fichait : lui habitait dans un hôtel particulier du quartier « résidentiel »
J’ai une prédilection particulière pour celui qui a conçu mon appartement actuel. En rétrécissant bêtement un placard, il a pu créer une alcôve assez grande dans mon entrée pour y loger la Victoire de Samothrace. Comme celle-ci est au Louvre, je n’ai eu qu’un choix : faire un autre placard moi-même (enfin c’est papa qui s’en est chargé). C’est ce que tout le monde a fait dans l’immeuble, en se demandant le pourquoi de cette alcôve. Sauf ceux qui ont des statues de valeur à y loger : il est bien connu que les riches collectionneurs logent dans des 4/5 pièces en banlieue parisienne : merci d’avoir pensé à eux.
Nous avons deux grandes baies dans le séjour/salon qui fait 10 mètres de long. Entendons nous bien : il y a une petite porte fenêtre à droite et une petite porte fenêtre à gauche. Faire de grandes baies OK, mais surtout pas de panneaux coulissants qui permettraient d’aérer en grand, l’été (encore que depuis quelques années on en éprouve moins le besoin). Non. On n’aère pas EN GRAND l’été, surtout quand on donne plein sud. Dès que la température extérieure dépasse les 25°, il faut descendre les stores et vivre dans une pénombre sépulcrale pour éviter d’étouffer. Car ce ne sont pas les deux petites portes fenêtre qui donnent de l’air. Quant aux baies proprement dites, ce sont des vitres fixes, de 3 mètres de larges par 2 mètres de haut : agréables certes et peu onéreuses à changer en cas de bris de glace.
Les concepteurs de locaux « à usage industriel » font aussi ma joie, et j’aimerais rencontrer l’architecte qui a conçu l’endroit où j’ai travaillé pendant 9 ans, chez Truchon, pour lui dire ma façon de penser, car il avait fait la totale.
Pour commencer, un escalier de taille immense qui réduit de moitié la surface habitable des trois étages : pratique en cas d’incendie et d’évacuation d’environ 10 personnes. Tout au long des murs : d’étranges tuyaux sans doute décoratifs, qui empêchent de mettre des étagères et armoires. Nous adorions ces tuyaux qui décorent (!) sans avoir la classe d’un tableau de Botticelli.
Plein sud, une façade en briques de verre, laissant bien passer la chaleur dès qu’il y a un brin de soleil, surtout l’été. Dès midi quand on posait la main sur la façade on avait l’impression de la poser sur un radiateur bien bouillant par moins 10° en février. Se tenir devant, juste où était placé le copieur, était un coup à tomber raide d’un coup de chaleur…
Au rez de chaussé, il faisait 2° de plus qu’à l’extérieur, et on prenait 3° par étage. Quand il fait 35 dehors, la comptabilité (au troisième) et le directeur, avaient l’impression d’être dans un four : il pouvait faire jusqu’à 43° voire pire (2003) et j’ai gardé un souvenir ému de cette canicule.
Pour couronner le tout, les fenêtres ne s’ouvrent que peu. Elle s’entrouvrent par le bas : impossible d’aérer. Il faut cuire tranquille. Et pour avoir des carreaux propres, faire appel à une entreprise spécialisée.
L’hiver par contre, on gelait. Apparemment la brique de verre laisse passer la chaleur dans les deux sens. Et pour avoir un 19° correct, il fallait mettre la société au bord du dépôt de bilan en mettant les radiateurs électriques à fond : la trésorerie avec laquelle finalement Truchon s’est barré un jour, ne pouvait pas y résister à l’entendre.
Nos locaux d’avant étaient du même acabit : on s’y gelait l’hiver et on transpirait l’été.
Quelques plaintes multiples glanées ça et là :
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Les murs et cloisons dans lesquels on ne peut pas planter de clous et qui laissent filtrer le moindre soupir : éviter les tableaux de maître et les voisines nymphomanes.
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Les murs qui ne laissent rien filtrer sur le plan bruit, mais qui attirent les moisissures en résistant toujours aux clous (prévoir un marteau piqueur pour accrocher la toile de maître).
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Les portes mal placées : exemple : dans un certain nombre d’appartement on peut, en se débrouillant bien et en ouvrant les portes au bon moment, faire entrer directement les invités dans les toilettes au moment de leur arrivée (les y enfermer c’est plus drôle).
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Ne parlons pas des portes qui s’ouvrent vers l’intérieur en faisant perdre une place de rangement, et qui nous empêchent d’aller porter secours à l’oncle Albert qui fait un infarctus dans les toilettes.
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Il y a aussi les constructions modernes et décoratives. Comme la pyramide du Louvre à laquelle je ne me ferai jamais, et Beaubourg, généralement qualifié d’horreur. Surtout pour ceux qui le découvrent avec vision parallèle sur Notre Dame de Paris. (Je me demande si l’architecte de Beaubourg a une vue imprenable dessus. Cela m’étonnerait).
Merci Messieurs les Architectes.
La vie n’est qu’un long calvaire…
(Réédition d’un post de l’été 2006)

A titre indicatif et pour faire un peu sérieux, la contraception n’a été légalisée qu’en 1969, ce qui a évité à Mrs Bibelot d’avoir un bébé pilule car elle avait déjà eu plusieurs enfants avec plusieurs méthodes mais là n’est pas la question.
J’ai ma définition de la contraception, ayant appris après la naissance de Pulchérie qu’après de l’hypertension gravidique, la pilule était exclue (à l’époque). Vous imaginez ma consternation et celle l’Albert (bien pratique la pilule).
Bien évidemment il ne m’est pas tout arrivé, mais j’ai glané d’intéressantes informations pendant des années au travers ma propre expérience et celle d’autres malheureuses…
Définition : ensemble de moyens efficaces et éprouvés pour ne pas faire des enfants, tout en faisant l’amour. Elle a ses couacs. On le découvre généralement brutalement quand le médecin nous dit :
- Vous avez vu votre tension ? plus de pilule
- C’est quoi ce taux de triglycérides ? plus de pilule
- Il faut que je vous parle de votre cholestérol : plus de pilule
- Tabac + pilule ? J’ai vu des femme de 30 ans en mourir. Plus de pilule
- Vos boutons ? la pilule truc va tout arranger
- Une phlébite ? on arrête la pilule truc. De toutes façons plus de pilule du coup
- Votre circulation ? Hmmm certainement la pilule
- On essaye le stérilet, le diaphragme, les progestatifs, les spermicides, les préservatifs. Le médecin dit :
Stérilet :
- C’est une hémorragie, je retire
- C’est une déchirure, je retire
- 15 jours de règles par mois c’est beaucoup trop, je retire
- Vous avez mal au ventre les 15 autres jours ? D’un autre côté c’est efficace comme contraceptif !
- Je retire aussi celui-là visiblement vous n’en supportez aucun
- Pas la peine de le retirer il est déjà parti
- Mince, j’ai coupé les fils trop court, votre mari risque de les sentir (il va les sentir)
- Quel stérilet ?
Diaphragme :
- Si vous le posez comme cela ce n’est pas gagné…
- Plus de variation de poids de plus ou moins 3 kg (un fou)
- Vérifiez de temps à autre qu’il n’est pas percé
- Ah… J’ai dû me tromper en prenant vos mesures
- Votre col est à montrer à l’académie de médecine
Progestatifs :
- Vos boutons ? Oui c’est bien la progestérone ! Supportez les, je n’ai plus de solution pour vous.
Spermicides :
- Vous mettez l’ovule bien au fond, vous attendez 10 minutes et pas plus d’une heure
- Bon d’accord ça coule un peu
- Vous récupérez l’éponge comme vous le pouvez, mais sachez que c’est le plus confortable des spermicides (découverte de la position dite : “du lotus déjanté” dans la salle de bain)
- Pas de savon 6 heures avant ni 12 heures après d’ailleurs
- Il y a un taux d’échec assez important, restez vigilante
Si on parle préservatif passé le temps réglementaire l’homme dit : “Et puis quoi, tu ne peux pas prendre la pilule comme tout le monde ?”(ça c’est ma génération, les jeunes seraient moins réticents…)
Quand on a tout essayé successivement et dans le désordre, on se retrouve au moyen âge.
En ce qui concerne nos filles, c’est une autre histoire. J’étais en effet de la génération qui a connu la parenthèse enchantée de la contraception sans SIDA…
A suivre donc…
(La vie n’est qu’un long calvaire)
Pulchérie et Delphine à peine revenues de leurs périples et de leurs voyages en avion qui m’ont traumatisée (surtout ceux de Pulchérie, Delphine s’étant sagement contentée de faire l’aller et retour France/Tahiti grâce à 4 voyages), que je suis ravie d’apprendre que Pulchérie va repartir vers le 15 juin pour une semaine au Kenya.
Je l’ai appris accidentellement.
Je suppose en effet qu’elle avait l’intention de m’avertir la veille de son départ, ou le lendemain de son retour, en me feintant sur Internet, le décalage horaire étant minime… mais elle a gaffé…
Invitée cette fois par l’office de tourisme Kenyan avec la même copine que celle qui l’a accompagnée en Australie d’où elles sont revenues saines et sauves grâce à un miracle et mes multiples prières à qui l’on veut, je ne suis regardante sur aucun saint dans ces cas là.
J’aimerais bien que les offices de tourisme lâchent la grappe à ma fille aînée s’il vous plaît, le seul que j’ai toléré étant celui du Luxembourg car elle partait par le train, ou alors elle m’aurait menti.
Ce que je n’exclue pas d’ailleurs, car concernant son voyage en Australie, elle avait réussi à me cacher une escale à Bangkok à l’aller et au retour. C’est Gendre qui a vendu la mèche sur face de bouc. Il a dû se faire taper sur les doigts… comme gendre n° 2 avec le coup de Delphine à Berlin…
Pour couronner le tout, elles doivent “faire” Nairobi.
Ville dont je garde un souvenir ému, de l’époque où je voyageais beaucoup moi aussi (sans que cela n’empêche mes filles de dormir, faites des gosses…).
Escale à Nairobi pour une nuit, et une demie journée, avant de rejoindre Monbasa.
- Consigne absolue du guide qui nous escorte dans l’hôtel : ne pas sortir avant le lendemain matin quand il viendra nous chercher pour aller manger au “carnivore”, célèbre restaurant inclus dans le voyage, ça tombe bien en général je déteste la viande…
- Après, il nous emmènera lui-même à l’aéroport où nous ne risquerons rien…
- Sous aucun prétexte nous ne devons aller nous promener dans ce quartier !
- Nous nous concertons avec d’autres grands voyageurs, pas plus pétochards que nous à l’étranger : on va faire un tour dans Nairobi nonméheu… (je ne suis pas pétocharde à l’étranger, mais je tiens compte des avis avisés, et j’éviterais pour toujours certains pays où l’on risque sa vie, comme certains quartiers de banlieues françaises d’ailleurs)
- RV dans une demie heure.
- Là c’est le portier qui a commencé.
- Il fallait tout retirer : montre, alliance, boucles d’oreilles, le moindre bijou, et même les barrettes et les ceintures. Cela ne nous a pas fait un très bon effet, mais bon, à l’étranger, on écoute les consignes concernant les coutumes locales (l’égorgement du touriste pour une alliance en or blanc).
- Appareil photo bien évidemment à remonter dans la chambre avec tout le reste.
- Quand nous sommes sortis de l’hôtel à 10, le portier a fait le signe de croix ET touché ce qu’il m’a semblé être un grigri africain qu’il portait au cou… selon l’adage que deux précautions valent mieux qu’une…
- Nous avons eu une escorte tout de suite en sortant de l’hôtel et là, au bout de 500 mètres, même le couple de baroudeurs qui venait de faire 5 semaines dans le pays avec sac à dos et tente a décidé de retourner à l’hôtel s’il en était encore temps.
- Car l’escorte semblait plutôt menaçante et agressive, malgré nos sourires…
- Nous sommes donc rentrés, toute idée de “visiter” s’étant évaporée.
- Le lendemain les guides sont revenus nous rechercher avec une escorte de police.
- Ca rassure.
Et ma fille doit, avec l’office du tourisme, “faire” Nairobi, après avoir pris l’avion + d’autres trucs sur lesquels elle reste évasive, à part une réserve non connue, que justement ILS (les rats de l’office de tourisme) veulent faire connaître.
La vie n’est qu’un long calvaire, quand en plus, la chair de votre chair, le sang de votre sang, qui vous a pompé le lait avant de vous pomper l’air pendant toute son adolescence, vous précise innocemment :
- “Ma pauvre maman, tu n’as pas de bol (ça je le savais), tes filles sont de grandes voyageuses”.
Ca promet pour mes vieux jours…
Déjà qu’elle m’avait fait le coup des catacombes…
La vie n’est qu’un long calvaire…
Avant de vous faire les contes les plus atroces et les plus barbares, je me devais de faire un petit tour dans ce bois sympa où l’on a le droit de roupiller tout à son aise.
Déjà le concept m’a toujours plu : être obligée de dormir ! 100 ans en plus ! J’ai toujours aimé dormir et vivre une autre vie au travers des rêves, ce qui n’est pas top en ce moment.
Donc au départ, c’est un conte de Perrault, strictement réservé aux adultes Dans cet horrible cas de figure, l’histoire ne se termine pas avec le mariage du prince et de l’endormie : la mère du prince est une ogresse… (faut que je chourre à Mrs Bibelot son intégrale des contes de Perrault de collection, ne serait-ce que quelques jours, la tâche est rude) qui veut bouffer sa bru (normal) et ses petits enfants (ça c’est moins normal)
Disney a bien entendu revisité le mythe et tout changé. C’est un de mes préférés dans les contes anciens mis en dessin animé. Je craque devant les trois bonnes fées, et la très belle maléfique avec son corbeau à l’oeil torve.
Tout d’abord, l’histoire débute classique. Un couple qui ne peut pas avoir d’enfants (c’est incroyable ce qu’il pouvait y avoir de couples stériles jadis, sans pollution pour tuer l’ovule ou perturber le spermogramme), et qui se retrouve du jour au lendemain (une distraction), avec une petite fille. Généralement c’est une fille qui vient à point à qui sait attendre, jamais un garçon, c’est étrange (voir Blanche Neige !) (ce n’est jamais une de mes filles non plus, c’est bien dommage, comment qu’elles vous auraient revisité le conte de fées avec leurs bricolages, draguages, voyages, fugues, et autres…).
Grande fête dans le royaume pour célébrer le BB. Vient le roi voisin avec son fils à qui les parents sympas destinent leur enfant (sans se demander s’il sera charmant ou non). Les trois bonnes fées sont là bien entendu, pour faire chacune un voeu. Alors : une jolie voix c’est l’évidence même. Si Disney ne peut pas nous placer deux ou trois chansons de l’héroïne il ne peut pas faire un dessin animé, tout le monde sèche en mordillant son crayon (oui c’était le vieux temps avant les images de synhèse) (et moi perso, trop de chansons ça me gave, mais ça me regarde). Pour la petite sirène il a fallu qu’il nous colle la jolie voix quand même quand elle est muette (je sais il était mort depuis longtemps, mais je parle des studios).
La beauté en don également, bien sûr : z’avez-vous déjà vu une princesse moche ? Non ? Il paraît pourtant que l’histoire a eu son quota de mochetées en grande majorité, avec le prince non charmant dépité… La troisième n’a pas le temps de l’ouvrir que se pointe Maléfique, la méchante, que l’on a oublié d’inviter (et pour cause). Elle lance une malédiction sur la pauvre enfant “qui avant l’âge de ses 16 ans, se piquera le doigt à la pointe d’une quenouille ce qui la tuera”… Déjà il faut savoir ce qu’est une quenouille, un fuseau et tout le bataclan… Difficile à expliquer à des enfants qui n’ont jamais vu leur mère seulement tricoter…
Ne reste à la 3ème fée qu’à essayer de contrecarrer ce sort atroce qu’elle ne peut pas tout bêtement annuler, sinon l’histoire s’arrête là. La demoiselle tombera dans un sommeil qui certes sera fort long (des clous !) (on ne parle plus de 100 ans déjà, comme dans le conte d’origine), mais un baiser d’amour la sortira de ce si long sommeil (laissez moi dormir).
Les 3 bonnes fées décident de s’occuper de l’enfant (n’importe quoi ! Perrault doit se retourner dans sa tombe !), et l’emmènent dans la forêt pour l’élever normalement, sans magie, loin de toutes les quenouilles que le roi a fait brûler.
Là se pointe au bout de 16 ans, la première héroïne de Disney qui ressemble à une jeune fille. Blanche neige et Cendrillon c’est peanuts. La belle Aurore a de la poitrine et une taille fine. C’est une vraie jeune fille qui ignore tout de sa destinée mais qui ressemble à une femme. Elle chante dans la forêt (encore une chanteuse !) avec les animaux (encore la faune de la forêt !) et bien naturellement attire par son chant de sirène, le prince Philippe qui avait grimacé devant son berceau 15 ans et 10 mois auparavant (on reconnaît bien là l’homme et son intuition de pinces à asperges…)
Bref : ils vont tomber amoureux en deux temps trois mouvements, comme dans les films (d’ailleurs c’est un film). Ils prennent un rendez-vous crapuleux d’amour pour le soir, dans une cabane dans le vallon (il saura lequel). Mais Maléfique recherche la gamine depuis sa naissance. Elle va avoir 16 ans ce soir, elle n’a plus que quelques heures, et il n’est pas question qu’elle loupe son sort. Encore une obsessionnelle. Ca pullule dans les contes (avec les marâtres et les chanteuses)…
Fort heureusement les fées se disputent à grand coups de baguettes sur le “rose”, ou “bleu” de la robe de rêve (Perrault est définitivement à plat ventre dans sa tombe), ce qui alerte le corbeau de la sorcière parti à la recherche de la belle… Bien évidemment la Maléfique arrive à ses fins. Elle ressort un vieux fuseau de derrière les fagots, truque la cheminée du château parental, hypnotise la belle pour qu’elle se pique le doigts et s’endorme, et kidnappe le prince au baiser d’amour au passage pour le garder pour plus tard (dans 90 ans environ).
Là, Disney a fait très fort. Les petites fées vont découvrir que c’est le prince Philippe qui est amoureux de la belle et Visse Versailles, elles vont l’accompagner pour l’aider à sortir Aurore de son sommeil qui au départ devait être fort long. Si l’on compte bien, entre la délivrance du prince capturé pour ne pas chercher sa belle, les ronces qui poussent autour du château comme des orties et le passage dragon qui sera fatal à Maléfique, elle aura dormi maximum 3 heures, c’est trop horrirrifiant ! (une nuit de 3 heures, j’appelle cela de l’insomnie).
Mais bon bien entendu, elle supporte bien l’insomnie comme toute princesse qui se respecte, se réveille fraiche et rose et sans poil aux pattes pour aller danser avec l’homme de sa vie, sans s’étonner de rien (comme Blanche neige, ont-elles des neurones ?), en changeant de couleur de robe toutes les 3 secondes, sous les yeux émerveillés de ses parents qui la retrouvent.
Je le trouve très tarte ce dessin animé. Je l’adoooore. D’ailleurs Pulchérie et Delphine le connaissaient par coeur, comme les enfants savent le faire quand il ne s’agit pas de règles de grammaire ou de tables de multiplication. Elles me l’ont souvent “fait” en son, en voiture, en m’épargnant le “quand c’est qu’on arrive”…
Par contre, par rapport au conte véritable, il y a vraiment un nom respect de l’auteur…
Un vrai conte de fées !!! Le premier que j’ai appris à Pulchérie avec un livre illustré Disney (car j’adoooore Disney). Je n’aurai pas trop de 3 vies après celle là, pour expier mon péché.
Pour Delphine j’aurais voulu édulcorer un peu, mais je me faisais reprendre par l’ainée…
Il était une fois… Une femme (reine) qui désespérait d’avoir un enfant. Elle brodait sur son balcon, sous la neige (!) (je ne vous retiens pas, allez broder sur votre balcon sous la neige), dans un fauteuil en ébène et se piqua le doigt avec son aiguille. Une goutte de sang tomba sur la neige, et elle fit un voeux : avoir une fille qui aurait les cheveux noirs comme l’ébène, la peau blanche comme neige et les lèvres rouges comme le sang qu’elle appelerait “Blanche neige” (ne cherchez pas la scène, elle est désormais coupée, mais existait bel et bien quand j’étais petite, on voyait la mère de Blanche Neige).
Vous sentez le drame pointer et vous n’avez pas tort. Toute petite que j’étais, j’avais bien compris que broder et se piquer le doigt avec une aiguille était mortel et à fuir absolument. Car la reine meurt en mettant au monde sa fille tant espérée (faut dire qu’il y a de quoi en crever, sans médecin génial à proximité + un anesthésiste). Petite, je croyais que c’était la piqûre qui l’avait tuée cette pauvre femme, d’où ma haine des piqûres (et de la couture).
La mère de blanche neige morte, le père n’a qu’une hâte, se remarier, avec une harpie bien évidemment. Si la marâtre (la femme du père, à ne pas confondre avec la belle mère qui est la mère du mari, mais le terme marâtre est tombé en désuétude) n’est pas infâme, le conte ne tiendra pas debout (voir entre autres, Cendrillon). Il faut en plus que le père décède tout de suite après le remariage, sinon c’est pas drôle (on ne sait pas de quoi il meurt d’ailleurs, ce ne doit pas être important).
La reine est très belle et tient à le rester (la pauvre ignore du temps l’irréparable outrage). Elle tient également à être la plus belle de toutes. Elle déteste Blanche Neige qui s’occupe de la vile besogne au château, mais chante divinement bien (voir Cendrillon) en nettoyant les marches d’un escalier dans le jardin. Son chant attire un prince (forcément charmant, sauf que dans le dessin animé il est assez falot, je veux dire moyennement séduisant) qui s’éprend d’elle (Blanche Neige), bien entendu.
La reine a des pouvoirs magiques (hou la vilaine !) et un miroir qui cause .
Je préfère personnellement faire l’impasse sur l’objet qui me dirait “vous avez une ridule au coin de l’oeil droit, une pustule sur le front, une petite mine ce matin, et vous êtes tout à fait moche quelconque” (brr, j’en frémis).
Le miroir ne sait pas mentir, et il est bien obligé de révéler à la reine qu’elle n’est plus la plus belle, mais que c’est Blanche Neige. Il le sait parce qu’il est magique. La reine se met en colère et décide d’éliminer sa rivale. Courageusement elle fait appel à un chasseur qui doit tuer la petite et ramener comme preuve son coeur dans un coffret (oui oui, on raconte cela à nos enfants, dès 3 ans…)
Le chasseur se dégonfle, Blanche Neige s’enfuit dans la forêt et pour moi c’est un grand moment du film que nos terreurs d’enfants face à l’inconnu, dans cette forêt qui lui semble si hostile (oui, ce dessin animé a sû retracer très exactement nos peurs enfantines). Pulchérie avait très peur également et elle avait bien raison. Jusqu’à ce que les yeux maléfiques se révèlent être de gentils lapins, ratons laveurs, cerfs et biches, etc… (”ouf, on se sent mieux, hein ma chérie ? - Vi” (mère indigne)).
Tout ce petit monde là l’emmène dans une petite maison occupée par des nains (7, c’est le chiffre fatal). La première chose que Blanche Neige voit, c’est que c’est mal tenu. Il faut faire le ménage. Moi j’aimerais bien faire le ménage avec la même aide qu’elle (et tant pis pour les voisins) car tout le monde s’y colle : toute la faune de la forêt participe. Après toutes ses émotions, elle va s’écrouler sur plusieurs lits et s’endort. Tout va bien, l’enfant est serein (il a zappé le coup du chasseur et du coeur dans le coffret).
Les nains rentrent du boulot hé ho hé ho. Ils trouvent Blanche Neige et décident de l’adopter. Ca tombe bien, elle est bien là au fond des bois, où un jour son prince viendra… Je ne sais pas si Freud à fait une étude sur Blanche Neige habitant avec 7 nains, d’ailleurs je déteste Freud. Mais j’aimerais bien savoir ce que les psys en pensent… (hé hé… “oui ma chérie je tourne les pages”).
La reine apprend du miroir toujours franc, que Blanche Neige est vivante et qu’elle a été duppée. Toute femme la comprendra, il faut faire quelque chose. On ne peut faire confiance à personne qu’à soi-même (et encore !) et elle va s’occuper du cas elle-même pour être certaine du résultat. Elle décide de se transformer en immonde vieille femme (quand je pense que c’est cela qui me guette, “oui je tourne les pages ma chérie”), et empoisonne une pomme pour tuer endormir la malheureuse enfant. Notre malheureux enfant à nous ne moufte pas sur le coup du poison et continuera à bouffer des pommes (c’est admirable !)
Je vous passe la visite de la vieille dame horrible et ses conseils sur la tarte aux pommes meilleure que celle aux prunes, l’autre andouille de boniche des 7 nains qui goûte la pomme (alors que tous les animaux l’ont avertie de quelque chose) et se pâme par terre (forcément c’était empoisonné), la poursuite des nains qui vont réussir à faire mourir la vieille sans y toucher (bien fait !) “c’est quoi les oiseaux qui s’envolent maman ?” “des vau… des vauriens ma chérie…”
Et les nains ne peuvent se résoudre à l’enterrer tellement elle est belle (blanche neige) (”c’est quoi enterrer maman ?” “oui je tourne la page mon trésor”). Ils lui font un cercueil de cristal où chacun peut la contempler.
Le prince arrive sur son cheval blanc (j’aime bien un cheval noir aussi, mais bon, dans les comtes, ils sont forcément blancs). Il ne se dégonfle pas lui, il soulève le couvercle du cercueil et embrasse la morte (berk) (oui tout le monde pense qu’elle l’est). Du coup elle déglutit son quart de pomme et se réveille. Le prince la prend dans ses bras, et l’emmène chez lui et gnagnagna…
TOUT VA BIEN !
Quelle belle histoire pour nos enfants… Et il y en a pour critiquer qu’on les laisse regarder (accidentellement) les informations qui sont souvent traumatisantes ! (le prochain qui pointe son nez, je pourrais lui faire l’intégrale de Disney, après il se remettra de tout !)
Le syndrome Blanche Neige c’est rester chez soi à récurer (en chantant), en se goinfrant de tartes (aux prunes) en attendant que le prince charmant sonne à la porte. On peut aussi s’ouvrir les veines et attendre les pompiers : à mon avis ce sera plus efficace…
C’est le moment d’un petit coup de dictionnaire d’une civilisation tordue (oui Pulchérie, je cherche, je cherche, c’est certainement sous mon nez, c’est désespérant)…
Déjà sur le parking on est confronté au problème du caddy… Je vous préviens tout de suite, cela va être hard… C’est limite interdit aux moins de 16 ans.
- Souvent on est garé super loin du distributeur de caddies. 100 mètres au moins. Pour constater en y arrivant qu’il y a deux places de libres, une à droite et une à gauche, (du distributeur de caddies). On se dit qu’on a été gourouté ce n’est pas possible…
- Il n’en reste que 2 de disponibles (de caddies) (c’est la période des fêtes, un hasard).
- Et devant nous il y a la personne qui cherche son pion pour le prendre (son caddy), et qui nous bloque forcément pour prendre le dernier, parce qu’il ne sait plus où il a rangé son pion dans le porte monnaie, ou peut-être dans la poche arrière du sac, ou bien tout bêtement dans le jean qui est dans le lave linge ?
- On se rue enfin sur le dernier caddy parce que le lave linge a été innocenté, et on cherche son pion partout, parce que l’aimanté spécial à ne jamais perdre, et bien, il s’est perdu… Et 1 euro, on n’a qu’en petite monnaie, alors on fait la manche pendant 10 minutes jusqu’à ce que l’on trouve la personne qui a du temps à perdre et échangerait avec joie 1 euro contre 5 pièces de 10 cents et le reste en 2, 1, et 5 cents…
On se retrouve donc au volant du caddy. Là il y a plusieurs sortes de conducteurs :
- Il y a le trainard qui n’en a rien à foutre, la soirée à y passer, et va faire toutes les gondoles en le laissant en plein milieu de l’allée (le caddy) pour aller simplement constater que les changes complets c’est de l’arnaque par rapport à ce qu’il payait il y a 30 ans…
- Il y a la ménagère dont on sent que les enfants sont assoiffés de sang affamés, qui, l’oeil sur sa liste dont elle ne dérogera pas et elle a bien raison, circule méthodiquement, au pas de charge en rentrant dans tout le monde. Limite si elle s’y prend bien, elle peut vous ruiner un tendon d’Achille (c’est arrivé à une de mes copines de se faire ruiner le tendon d’Achille par le caddy d’une mégère…)
- Il y a les pratiques, qui laissent le caddy n’importe où en ayant envoyé les grands enfants chercher : l’un les fromages, l’autre la charcuterie et le dernier les laitages, pendant qu’ils se chamaillent pour savoir si c’est : vin blanc, vin rouge, ou les deux, en dégustant. Le caddy gène tout le monde, mais ils s’en foutent. Comme ils sont 15 à avoir eu la même idée, il y a soudain un parking à caddies au seul endroit circulable en théorie.
- Il y a les distraits qui sans moufter alimentent le caddy de quelqu’un d’autre, et y déposent sans sourciller leur jambon quotidien sur 3 packs de coca (alors qu’ils n’en boivent jamais), et deux paquets de changes complets alors qu’ils en ont l’âge, mais ne sont pas encore grand parents… Ah cette joie des changements impromptus de caddy et la joie de retrouver le nôtre (un hasard) avec des rajoutures incongrues (que l’on dépose sournoisement dans un autre caddy, ah mais !).
- Il y a ceux qui garent systématiquement leur caddy en travers en se demandant “blanc ou rouge ?” “Noir ou praliné ?” et vous toisent de haut quand vous demandez le passage la bave aux lèvres.
- Il y a ceux qui plantent leur caddy plein au beau milieu d’une allée, en voyant la trombine des caisses surchargées et rentrent chez eux direct…
Après ce parcours du combattant, il faut retrouver la voiture si l’on a oublié de mémoriser le n° de l’allée et/ou qu’on a changé de voiture il y a une semaine. Ne rigolez pas, ça m’est arrivé (ah ça vous fait rire ? Ingrats !)
Puis il faut décharger les courses du caddy dans le coffre, s’apercevoir qu’on a laissé les cabas à la maison, penser à refermer le coffre, et aller reporter le caddy au distributeur, ‘achement loin, à 100 mètres au moins.
Pour s’apercevoir qu’on a définitivement perdu l’euro récupéré avec peine qui est tombé tout seul.
Heureux consommateurs sommes nous… De nature optimiste, on se dit que c’est cet euro là qui nous manquera dans 10 ans pour acheter le quart de baguette nous évitant de mourir de faim…
D’un autre côté : relativisons. Il y en a qui ont fait le débarquement le 6 juin 1944…
C’était bien beau de citer les bons mots des filles et des enfants de la famille. Mais je me suis souvenue tout à coup des questions silencieuses que je me posais, quand que j’étais petite et innocente.
- “Il y a une chasse à courre“. J’étais élevée dans une famille de chasseurs. Moralité : je voyais mon grand père, son fusil à la main, courir à travers bois et champs et je me demandais pourquoi c’était aussi bien de courir… Quand j’ai découvert la vérité j’ai été horririfiée (faut suivre), et mon grand-père me trouvant chochotte ou pas, je suis toujours résolument CONTRE la chasse à courre, sauf si c’est lui qui se fatigue (le pauvre ne le peut plus, mais ce n’est pas un problème vu qu’il n’a jamais couru avec son fusil à la main).
- “Le voisin m’a tenu la jambe pendant une heure” : j’étais avec maman, elle avait parlé avec le voisin, mais j’étais sûre et certaine qu’il ne lui tenait pas la jambe du tout, j’aurais constaté (et rapporté)…
- “C’est pour avril. Celui-là, on ne l’a vraiment pas fait exprès…” (ma mère en cloque de 5 mois). Alors là j’étais sciée. J’avais 10 ans, elle m’avait tout bien expliqué comment le papa met sa graine dans le ventre de la maman en oubliant de me préciser que c’était un acte agréable à tout le moins. J’avais tout bien compris : on voulait un enfant et hop, on faisait ce truc dégoutant. Comment pouvait-on ne pas le faire exprès ????? (d’ailleurs au passage, mes parents ne l’ont pas fait exprès 4 fois, franchement il y avait du manque de discipline)
- “Ce mec pratique vraiment la langue de bois” : je l’avais vu parler à la TV hein, il avait une langue comme tout le monde !
- “A cause des doryphores on manquait de patates” : j’adore les patates et s’il y avait des allemands dans le secteur, inutile de compter sur ce précieux tubercule, donc je les regardais d’un oeil soupçonneux en vacances, devant les baraques à frites. Vous constatez que j’ai réellement été élevée dans une famille résolument anti allemande, grâce aux arrières grands parents que j’ai très bien connus, et qui avaient connu les deux grandes guerres, avec le souvenir de leurs parents de celle de 1870. Quand j’ai découvert que l’on apprenait l’allemand au lycée, je ne connaissais que les boches, les schleux, les doryphores, et les assassins…
- Si le nez de Cléopâtre avait été plus court, cela aurait changé la face du monde” : là c’est relatif à la culture familiale et l’habitude de prendre les pages roses du dictionnaire pour s’occuper en lisant les citations. Le nez de Cléopâtre dans ma tête, avait une relation avec le “donnez moi un nez un levier assez long et je soulèverai le monde”. C’est vous dire l’image que je me faisais du nez de Cléopâtre… Et que grâce à lui, l’autre aurait fait basculer le monde et que cela aurait tout changé (le pôle nord à l’équateur etc…)
- “Euréka” s’écria Archimède en sortant de son bain. Pour moi tout corps plongé dans l’eau glacée bondissait en hurlant… Ca m’était arrivé une fois, je pouvais comprendre le pauvre homme. Mais pas qu’il puisse en déduire une théorie aussi difficile à assimiler que “tout corps plongé dans sa baignoire un liquide subit de ce liquide une poussée de bas en haut dont et gnagnagna !) (farpaitement, je le le pense encore !)
- “Marc Antoine a refusé de rentrer dans la combinaison de Cléopâtre (encore elle), parce qu’elle était cousue de fil blanc” : alors là je vais être claire : je n’avais rien compris du tout à ce que papa disait à maman, surtout qu’apparemment c’était très drôle.
- “père père, pourquoi m’as-tu abandonné ?” Oui, quand le père c’est le dieu tout puissant, on se demande pourquoi… Ca peut perturber toute une vie…
Et vous ? Quelle petite phrase incomprise ? Quelle image ? Quel commentaire ?
Pour exemple, pour les filles longtemps, les femmes ne perdaient pas “les eaux”, mais “les os”. Et ça leur faisait peur, parce que perdre un os seulement, ça doit être vachement douloureux… N’empêche qu’elles ont toujours un doute et renâclent à me faire grand mère.
Que s’est-il passé parfois dans votre petite (ou déjà grande) tête ?
J’attends…