'Dictionnaire d'une civilisation tordue'
Je ne vous referai pas le coup des croisades. Une autre fois peut-être mais pour un autre sujet.
Donc nous avons laissé là Albert et sa phobie du téléphone pour rencontrer l’homme qui aime bien téléphoner. Comme une femme quoi et c’est lassant ! Usant ! Flippant !
C’est Charles Hubert m’appelant 15 fois par jour (au boulot c’est mieux) pour me dire :
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Rien de spécial
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Le facteur est passé, pas de courrier
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Au fait j’ai oublié de te dire… (liste non exhaustive de ce qui peut attendre le soir)
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Comment ça je te dérange ?
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J’en ai marre d’être au chômage et de devoir t’appeler à ton boulot
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Je te prends des carottes râpées ? il n’y en a plus.
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Je viens d’avoir Pulchérie, elle te rappelle au boulot. Ah tu es déjà en ligne avec elle ? Je voulais juste de prévenir
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Rien sur les petites annonces Internet. Ah je te dérange encore ? On voit bien que tu ne sais pas ce que c’est qu’être au chômage (ben si j’ai su)
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Comment on fait avec l’aspirateur ? Le brancher ? Oui bien sûr…
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Qu’appelle-tu exactement : passer la serpillère dans la cuisine ? J’ai pris un torchon et le balais, c’est un peu mouillé mais quand tu rentreras ce sera sec. Quel produit ? Non j’ai juste pris de l’eau
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Le chat n’arrête pas de miauler je ne sais pas quoi faire. Non il n’a pas l’air malade.
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Toujours rien de spécial
Le pire c’est l’accro du téléphone au boulot. Il a 3 portables (?) et sa ligne fixe sur laquelle je peux lui transférer ses appels. S’il pouvait se faire greffer un portable à la place du bras gauche, il serait volontaire pour l’expérience (sa femme s’insurge et ses gosses aussi).
Mon ancien patron qui depuis à pris sa retraite (Dieu soit loué, Allah agbar (ne pas me reprendre sur l’orthographe je ne maîtrise que 3 phrases en arabe et non écrites), par Toutatis et tout le tralala), ne pouvait absolument pas se passer de son portable. Il m’appelait pour un truc bien sûr supra urgent, et passait sous mes yeux éberlués tout en continuant à me causer dans le téléphone : en fait il avait décidé de m’appeler alors qu’il se garait en bas des locaux de la boîte, ne pouvant attendre 15 secondes pour me dire le truc urgent. Et moi le croyant loin, et le voyant passer “au secours le v’là ! Pitié ! A l’aide !” (je goupillais ses voyages pour qu’il parte bien tôt et revienne bien tard, il s’est toujours étonné de la surcharge dans les trains, avions et autres, à des heures décentes).
Le collègue aux 3 portables a une spécialité : il file dans le stock pour vérifier un truc urgent également (c’est toujours urgent, un jour la terre s’arrêtera de tourner) en oubliant ses portables qui bien évidemment en son absence vont bourdonner comme des malades (il aime bien le mode vibreur pour s’épargner les tympans quand il est déjà en ligne), sauf pour un qui reproduit l’antique sonnerie du téléphone des années 60 : drrrrrinnnnnng !). Remontant pour prendre connaissance de mes nombreux messages sur le fixe, il prend connaissance des autres et est in-joi-gnable pendant le reste de la journée. Pour une chantier à 1 million d’Euros, je pardonne, pour un joint à 10 je m’insurge.
Pour le devis à 1 million à traiter en urgence, il est injoignable, ses trois portables me renvoyant sur le répondeur “déjà en ligne”. Il n’a que deux oreilles et deux bras, à moins que quelque chose ne m’ait échappé.
A la maison (donc on quitte mon chef) c’est l’homme qui se précipite sur le fixe (conservé au caz’où) avant nous, ce qui est humiliant parce qu’il nous coiffe toujours au poteau. Pour raccrocher au nez de notre meilleure amie : il attend un appel important rapport à son chantier en cours alors n’est-ce pas… Qu’elle rappelle dans deux mois… Et son portable bourdonne jusqu’à 23 heures et dès 7 heures du mat.
On reprend le téléphone fixe quand il est parti forer la mer du nord à la recherche de pétrole (original), pour découvrir qu’on en a perdu le mode d’emploi (c’est ballot, mais il a acheté le plus compliqué qu’il pouvait, à lui aucun téléphone ne résiste)
C’est diabolique un homme qui squatte le téléphone…
Si vous ignorez l’origine du mot “débandade”, ne vous plaignez pas…
Il y a eu toute une longue histoire sans téléphone. Maintenant on n’imagine même pas que cela ait pu ne pas exister, alors que si l’on regarde de près, dans l’histoire humaine, on vient juste de le découvrir.
Au moyen âge par exemple, Tristan s’en allait pour les croisades en abandonnant Iseult la blonde qui n’attendait que peu de nouvelles, car Tristan devait faire appel à un chevaucheur pour la joindre la poste toute bête n’existant pas non plus.
A savoir que parti depuis 4 mois du Pas de Calais et enfin arrivé à Aigues Mortes pour embarquer vers une terre sainte, Tristan réalisait qu’il n’avait pas dit l’essentiel à Iseult. Il dépêchait donc un chevaucheur à la belle et n’attendait que peu de réponse :
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Parce que le chevaucheur pouvait croiser une épidémie de peste et s’arrêter là
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Parce que le même pouvait très bien ne jamais arriver à bon port, les routes n’étant pas sûres (exit le doux billet “ma doulce amie je vous aime” piétiné par un brigand)
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Parce que si le chevaucheur arrivait à bon port, la réponse d’Iseult (”moi de même mon bel ami, j’ai grande crainte pour votre vie et vous attends avec hâte” (bête en plus la belle, comme s’il pouvait revenir comme cela) pouvait ne jamais parvenir à Tristan pour les raisons suivantes :
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Parce que Tristan avait laissé une indication vague au chevaucheur “je serai avec les armées du roi” et que le chevaucheur enfin arrivé à bon port au bout d’un an, comme tout homme qui se respecte se refusait à s’enquérir du chemin à suivre. Sinon il aurait sû que Tristan était coincé en crête suite à un détournement de navire et que le roi l’attendait justement et pouvait se charger de la missive.
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Parce que les dangers étaient les mêmes pour le chevaucheur au retour vers Tristan, avec le courrier précieux (peste, bandits de grands chemin)
Sur l’image c’est Tristan qui revient des croisades au bout de 7 ans, et Iseult en cloque pour la 3ème fois du baron pas fou qui lui n’était pas parti et lui a fait une cour assidue (Iseult à cédé : le chevaucheur n’était pas arrivé).
Aujourd’hui les routes sont sûres (qu’on croit), et une histoire pareille est à dormir debout, parce qu’il y a le téléphone.
Tristan ayant pris le TGV vous appelle de Marseille (Aigues Mortes est dans les terres maintenant, rapport au Rhône capricieux et son delta) 5 heures après être parti et vous hurle dans les tympans “Je t’aime, j’arrive !). Ceci pour le cas où il n’aurait pas de portable, sinon tout le wagon aurait profité de son amour fou (se déclarant au départ du train et il est coincé dedans jusqu’à Nîmes).
Albert était un champion toutes catégories du “j’aime pas le téléphone”. A notre époque lointaine, il n’y avait que le fixe qu’il décrochait le moins souvent possible. D’ailleurs je m’en chargeais, comme toutes les femmes j’adore le téléphone (sauf au bureau). Et puis, toujours à cette époque lointaine, pas de signal d’appel, pas de sans fil : qui appelait c’était toujours la surprise, et on était coincés sur une chaise l’engin fiché dans l’oreille tout le temps de la conversation.
Parfois Albert était obligé de décrocher l’appareil, moi étant prise ailleurs (tétée, change, bain du bébé, toutes choses qu’on ne peut pas lâcher sur l’heure pour se ruer sur l’engin, les escalopes pouvant bien brûler). Au son de sa voix je savais que cela pouvait être ma mère (une heure, occupes toi des escalopes), ma meilleure amie (deux heures, va voir les escalopes), une copine déprimée (nuit foutue les escalopes aussi). Il haussait le son de la télévision régulièrement pour me rappeler à l’ordre et me demandait exaspéré après raccrochage “mais qu’est-ce que vous pouvez bien avoir à dire pendant des heures !!!! (alors qu’il avait tout entendu)
Parfois il tombait sur son père. S’ensuivait une conversation extraordinaire et grandiose :
S’ensuivait un long calvaire pour Albert qui subissait sa mère et essayait de me la refourguer malgré mes dénégations fanatiques (j’aime bien parlotter au téléphone mais pas avec belle maman).
S’il m’appelait c’était pour une urgence extrême : guerre nucléaire, alerte au cyclone, préavis de peste bubonique ou pulmonaire. Sinon, il ne voyait pas l’intérêt du téléphone… Donc il ne s’usait pas l’oreille (sauf quand il agonisait dans son lit et que j’avais eu l’audace de le laisser seul pour aller bosser. Là il pouvait m’appeler 15 fois pour que je suive l’évolution des symptômes et rapplique avec un prêtre)
Il paraît qu’il a un portable maintenant (dixit les filles). Moi j’y crois pô…

Quand on parle d’ordres, il y en a de plusieurs sortes :
Ceux qu’on peut toujours donner :
- Mettez la table
- Sors la poubelle
- Rangez votre chambre
- Envois moi un mail au lieu de m’appeler, mon patron déteste ça (que l’on m’appelle)
- N’oubliez pas de nettoyer la salle de bain et d’étendre les serviettes
- Dis moi que tu m’aimes
- Arrêtes de me prendre pour une conne
- Prends le pain au passage
Ceux qu’il peut toujours donner :
- Tu feras les niveaux de la voiture (ben voyons)
- Les filles arrêtez de crier et de faire du bruit
- Ne me parles pas pendant le match
- Ne touches pas à mes outils
- Dis moi que tu m’aime
- Réponds à mes mails
- Arrêtes de me prendre pour un imbécile
- Prends moi des clopes en revenant, le détour est minime
Ceux qu’il faut éviter de donner
- Si tu ne m’aimes plus dis le moi tout de suite
- Si tu me trompes dis le moi, je préfère
- Fais moi tout mon amour
- Laisses : je vais le faire
Ceux qu’il doit éviter de donner
- Si tu me trompes dis le moi, je préfère
- Si je suis malade achèves moi (tentation)
- Laisses, je vais le faire
- Fais moi tout (où est ce foutu cric !!!!!)
Sinon les ordres tout court, c’est là que l’on serait vachement bien tranquilles si l’on y était rentrées à 15 ans avec la foi.
Une sorcière en pleine méditation spirituelle

A titre indicatif et pour faire un peu sérieux, la contraception n’a été légalisée qu’en 1969, ce qui a évité à Mrs Bibelot d’avoir un bébé pilule car elle avait déjà eu plusieurs enfants mais là n’est pas la question.
J’ai ma définition de la contraception, ayant appris après la naissance de Pulchérie qu’après de l’hypertension gravidique, la pilule était exclue. Vous imaginez ma consternation et celle l’Albert (bien pratique la pilule).
Bien évidemment il ne m’est pas tout arrivé, mais j’ai glané pendant des années au travers ma propre expérience et celle d’autres malheureuses…
Définition : ensemble de moyens efficaces et éprouvés pour ne pas faire des enfants, tout en faisant l’amour. Elle a ses couacs. On le découvre généralement brutalement quand le médecin nous dit :
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Vous avez vu votre tension ? plus de pilule
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C’est quoi ce taux de triglycérides ? plus de pilule
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Il faut que je vous parle de votre cholestérol : plus de pilule
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Tabac + pilule ? J’ai vu des femme de 30 ans en mourir. Plus de pilule
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Vos boutons ? la pilule truc va tout arranger
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Une phlébite ? on arrête la pilule truc. De toutes façons plus de pilule du coup
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Votre circulation ? Hmmm certainement la pilule
On essaye le stérilet, le diaphragme, les progestatifs, les spermicides, les préservatifs. Le médecin dit :
Stérilet :
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C’est une hémorragie, je retire
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C’est une déchirure, je retire
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15 jours de règles par mois c’est beaucoup trop, je retire
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Vous avez mal au ventre les 15 autres jours ? D’un autre côté c’est efficace comme contraceptif !
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Je retire aussi celui-là visiblement vous n’en supportez aucun
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Pas la peine de le retirer il est déjà parti
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Mince, j’ai coupé les fils trop court, votre mari risque de les sentir (il va les sentir)
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Quel stérilet ?
Diaphragme :
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Si vous le posez comme cela ce n’est pas gagné…
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Plus de variation de poids de plus ou moins 3 kg (un fou)
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Vérifiez de temps à autre qu’il n’est pas percé
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Ah… J’ai dû me tromper en prenant vos mesures
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Votre col est à montrer à l’académie de médecine
Progestatifs :
Spermicides :
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Vous mettez l’ovule bien au fond, vous attendez 10 minutes et pas plus d’une heure
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Bon d’accord ça coule un peu
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Vous récupérez l’éponge comme vous le pouvez, mais sachez que c’est le plus confortable des spermicides (découverte de la position dite : “du lotus déjanté” dans la salle de bain)
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Pas de savon 6 heures avant ni 12 heures après d’ailleurs
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Il y a un taux d’échec assez important, restez vigilante
Si on parle préservatif passé le temps réglementaire l’homme dit : “Et puis quoi, tu ne peux pas prendre la pilule comme tout le monde ?”
Quand on a tout essayé successivement et dans le désordre, on se retrouve au moyen âge.
PS : GGGMMMMFFFFGRRRRR contre canalblog qui fait ce qu’il veut avec ma disposition
et ne m’adresse plus mes mails…..

Le téléphone est une invention très utile (encore que le portable je sois contre, mais c’est uniquement mon avis et je le partage).
Secrétaire du département d’ingénierie de ce que l’on appelle une PME, j’ai droit à de nombreux coups de fil quotidiens, mon poste ayant hérité de l’ancien numéro général, alors que les autres départements ont chacun désormais une ligne directe (ces ennuyeuses précisions étant destinées à vous faire comprendre la suite, à savoir que la moitié des appels ne me concernent pas).
Donc je décroche souvent le téléphone. En ce moment, période estivale, je plafonne à 40 appels par jour, les jours de folie cela peut monter jusqu’à 120. J’ai donc droit à tout et il est extraordinaire de voir à quels points les comportements varient.
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Il y a celui (client ou fournisseur) qui tient pour acquis que l’ayant déjà eu en ligne je vais le reconnaître immédiatement. Il ne se présente pas et se vexe quand je lui demande “qui le demande ?” quand il me demande Monsieur Pierre.
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Il y a celui qui ne peut se contenter en cas d’absence ou d’indisponibilité, de me laisser un message “qu’il rappelle Monsieur SCHMOL”. Non il faut qu’il me raconte le pourquoi et le comment qui ne m’intéressent pas et ne changent rien au problème à savoir qu’il faut tout simplement qu’on le rappelle.
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Il ya celui que je connais par coeur (c’est un de mes chefs donc fatalement son nom apparaît sur mon écran de téléphone), que j’ai 15 fois par jour mais qui me précise “c’est Gérard”
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Il y a la pétasse de chez X qui appelle pour un autre service, à qui je re-précise qu’il y a une ligne directe et qui me rétorque “oui mais votre numéro est pré-enregistré et j’ai la flemme de le changer” (rester calme surtout). J’ai réussi à la sortir de sa torpeur en prétextant que suite à un nouveau changement de standard je ne pouvais plus lui passer la ligne. Du coup elle a pu pré-enregistrer un autre numéro.
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Il y a le grossier personnage à qui je demande la raison de son appel qui me rétorque que c’est trop compliqué à comprendre pour une standardiste. Qui ne veut pas me croire quand je lui dis que je ne suis pas standardiste, mais que, c’est comme ça, le numéro de l’ingénierie est l’ancien numéro global de la société. Qui me raccroche au nez.
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Il y a Monsieur ZLBLRELARTONKOKLSKY qui s’offusque quand je lui demande de m’épeler son nom vu que je dois prendre un message
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Il y a l’autre “allo ici monsieur Dupont D-U-P-O-N-T” qui pourrait donner des leçons au précédent
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Il y a l’appel mystérieux pour mon chef, genre agent secret “je suis Monsieur Gloups. Il me connaît… Il comprendra… Dites lui juste que j’ai appelé… Il me rappelera c’est sûr… Il faut que je vous laisse”
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Il y a le têtu “Monsieur Pierre n’est pas là” “passez le moi, je vous dis que c’est urgent !” “laissez moi un message il va m’appeler dans la journée, je lui transmettrai le message” “passez le moi je dois lui parler tout de suite”. Rester calme surtout.
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Il ya celui à qui je dis que Truchon n’est pas là et qui me rétorque “mais je le connais personnellement”. Oui mais il n’empêche qu’il n’est pas là.
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Il y a l’emmerdeur chronique qui appelle 20 fois par jour, pour un autre département, pour demander le prix de la pièce X alors qu’il a un catalogue, mais pas le courage de chercher dedans. Qui ne comprend pas que je ne puisse pas le renseigner vu que je n’ai pas accès au tarif des pièces détachées et m’explique longuement son problème (mineur, il nous achète pour 40 euros par an à tout casser)
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Il y a le carrément grossier personnage représentant l’airbus A TRUC-CHOUETTE (c’est classe sans doute), et qui dépité d’apprendre qu’on ne fait pas ce dont il a besoin, me dit “vous vendez de la merde quoi, pauvre conne !” et me raccroche au nez également
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Il y a le mari de ma collègue de l’autre service qui appelle généralement 5 fois par jour et se refuse à comprendre qu’elle a une ligne directe
Comme j’ai mission de filtrer les appels publicitaires (10 par jour) l’affaire se corse. En effet je plains ces personnes démarchant par téléphone à longueur de journée et je m’efforce d’être courtoise avec eux, mais il y en a qui abusent.
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“Passez moi Truchon” (même pas bonjour). A mon “qui le demande ?” “passez le moi, il attend mon appel” “qui dois-je annoncer ?”. Raccrochage.
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Le super culotté qui me dit “passez moi Pascal” “de la part de qui ?” “c’est personnel madame”. Comme il a employé le prénom je balance la ligne. Cela dure 30 secondes et je suis heureuse d’entendre le super culotté se faire admonester par Pascal qui ne le connaît pas.
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“Je voudrais parler au responsable de la téléphonie” “c’est à quel sujet ?” “c’est pour lui faire part de nos offres promotionnelles sur arc en ciel” “désolée, mais il ne prend pas ce type d’appel” “quel type d’appel ? Vous n’avez que des conneries à dire ?”. Raccrochage
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“J’ai appelé tout à l’heure, je voudrais parler au responsable de la téléphonie et je suis tombé sur une conne” “oui c’était moi” “passez le moi merde au lieu de dire des conneries !” (je le lui ai passé, cela a duré 3 secondes…
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Il y a la défiscalisation qui forcément intéresse tout le monde, la téléphonie, les logiciels informatiques à ne pas louper, et j’en passe… Il y a eu celle aussi qui avait une bouteille de vin à offrir à tous mes chefs. Elle ne rappelle plus depuis que je lui ai dit “envoyez les, pas de problème, elles seront bues”
Mais aujourd’hui ma vengeance :
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Oui mademoiselle je voudrais parler à Madame Pierre
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De la part de qui ?
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C’est personnel
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Vous êtes certain ?
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Bien évidemment, si je vous dis que c’est personnel, c’est que c’est personnel, enfin ma petite
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Le seul problème c’est qu’il s’agit de Monsieur Pierre, pas de Madame Pierre, alors je suis un peu perplexe.
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…
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Vous souhaitez toujours lui parler à titre personnel ?
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Raccrochage
Je ne sais pas pour vous, mais moi je ne supporte pas les gens qui vous raccrochent au nez à l’abri d’un appel masqué qui m’empêche de les rappeler pour leur dire ce que je pense, comme je l’avais fait avec le gars de l’airbus A TRUC CHOUETTE sur le chef de qui je suis tombée…
D’un autre côté le “mademoiselle” me fait toujours plaisir. Surtout quand je viens de gaffer et de dire “bonsoir madame” à monsieur W qui a une belle voix de basse…
Une sorcière au tympan brisé (je ne sais pas ce qu’ils avaient tous aujourd’hui !)
Je suis très forte sur le syndrôme serpillère. D’ailleurs j’envisage de postuler pour les championnats de France. Hélas il n’y en a pô… :-(
Si vous ne savez pas ce qu’est le syndrôme serpillère, je m’en vais vous l’expliquer vite fait.
Je reçois une mauvaise nouvelle :
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Une lettre : “madame, nous avons le plaisir immense de vous annoncer que vous nous êtes redevable au titre de l’impôt sur le revenu de la somme de 25 000 000 F (oui j’ai bien écrit vingt cinq millions de francs) majorée de 100 %” (véridique, j’étais co-solidaire d’Albert au départ),
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Albert m’annonce “je te quitte j’en aime une autre”
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Un mauvais coup de fil “ton père vient de partir avec le Samu” (sa spécialité en dehors de la moussaka),
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Un mail : “j’ai lu la “valise infernale” tout est terminé entre nous” (signé tatie chérie)
A ce moment très précis (le choc quoi) se produit un phénomène étrange :
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Je reçois comme une boule dans le coeur qui s’y plante et décide d’y rester. D’ailleurs il palpite à mort (mon coeur, suivez un peu) (d’où son surnom : le palpitant), menaçant de s’arrêter pour cause de surmenage (m’en fous, je veux mourir)
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Mon cerveau se vide et vient se loger via deux autres boules, une au niveau de la gorge et l’autre au niveau du sternum. Pourquoi ? Ben pour faire de la place dans le crane, parce qu’il faut engranger de quoi pleurer pendant des heures (vous ne vous êtes jamais demandé d’où venaient les larmes ?)
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La boule du sternum fait immédiatement un petit qui vient lui se loger au niveau du nombril. Tout ceci en 1 minute moins 20 secondes.
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La boule de la gorge m’empêche d’avaler autre chose que de l’eau (et encore)
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Les boules sternum et nombril décident de me bloquer la respiration
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La boule du nombril explose et se répand dans mes deux jambes : impossible de marcher, tout se dérobe sous mes pieds, d’ailleurs je n’ai plus de cuisses (c’est ennuyeux pour se déplacer)
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Du côté de la tuyauterie cela se déglingue (évidemment, avec toutes ces boules…)
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Tout à coup je me mets à pleurer, vu que ma boîte craniène enfin complètement vide de neurones (ce qui ne la change pas beaucoup) s’est remplie d’un liquide salé qui doit absolument s’écouler quelque part : on choisit les yeux pour l’élimination. Impossible d’enrayer le flot. Je suffoque, je cherche un couteau pour m’ouvrir les veines (j’ai bien précisé que le cerveau s’était vidé de sa substance première), mais impossible de me repérer : je n’y vois plus rien.
Comme je ne peux plus marcher (jambes en Louis XV, rapport à l’explosion de la boule du nombril dans mes cuisses contenant un anesthésique radical), respirer (le nez se bouche rapidement quand on pleure, en tous cas chez moi), raisonner (si toutefois je raisonne parfois) il me faut trouver de l’aide ABSOLUMENT.
Mes meilleures amies sont en ligne ou injoignables, sur mon blog tout le monde s’en fout et a bien raison, maman n’est pas dispo, surtout quand c’est papa qui fait la une de l’urgence. Je peux appeler les filles mais elles n’aiment pas n’étant pas ma mère et me remonter le moral les déstabilisant… Généralement, cramponnée à mon téléphone, j’appelle en dernier recours SOS détresse amitié qui me suggère d’appuyer sur le bouton… Comme je n’ai pas de révolver, TVB… (n° à faire en cas extrême, j’ai testé, ils sont très bien : et quelle patience !)
Je m’écroule donc sur le canapé ou le fauteuil, façon serpillère, un rouleau de sopalin à la main pour éponger les fuites de mes petits yeux.
C’est après la désertion d’Albert, alors que je pleurais pleurais à n’en plus finir (la chienne n’en pouvait plus de me consoler et ne m’a effectivement ELLE jamais trahie), que je me suis visualisée dans le fauteuil.
Je me suis dit “ma pauvre tu ressembes à une serpillère”. Une vieille serpillère en plus, bien moche. Du coup je me suis relevée et à moi l’avenir ! Comme quoi se moquer de soi cela peut aider.
Depuis j’appelle cela le syndrôme serpillère. Et vous, vous faites comment quand l’orage crève et que c’est vous la pauvre pomme qui chiale comme un bébé ?
J’ajoute que généralement je regrette d’avoir joué les serpillères quand je me réveille le lendemain matin avec des yeux de grenouille de Poméranie… A 20 ans avoir pleuré la veille bride juste un peu les yeux. A 30 cela fait nettement “toi tu as mal dormi”. Passé les 35, se trouver une méga allergie pour expliquer le regard qui tue…