Il n’y a pas que ma boîte qui a disparu (mais qu’est-ce que j’ai fichu de cette boîte fichtre diantre ?).
Mes photos également, ont le don de se volatiliser, enfin, si l’on peut dire.
Par exemple, il y a 4 ou 5 ans, Pulchérie venue à la maison, m’avait emprunté une trentaine de chefs-d’oeuvre (farpaitement, toutes mes photos sont ultra réussies) au son de “je les scanne et je te les ramène dans 3 semaines” (la prochaine fois, je fais signer une décharge).
Donc, 5 ans après, comme elle devait déménager, je l’ai menacée de porter plainte contre elle pour vol aggravé de photographies, en lui précisant qu’elle avait intérêt à me les rendre avant de les perdre en faisant ses cartons, et que sinon je la déshéritais.
Le fusil de chasse chargé sur la tempe Pulchérie a dû s’exécuter, mais a ramené les photos chez mes parents, parce que chez moi, il n’y a que moi qui peut mal dormir.
Moralité, Mrs Bibelot s’est attendrie sur les photos, en en mettant la moitié de côté au son, elle, de : je les fais dupliquer par le photographe dans les 2 semaines et je te les rends (la prochaine fois je fais signer une décharge).
Les photos sont restées environ 5 mois sur le buffet de la cuisine, bien en vue, jusqu’à notre départ à la Grande Motte.
Et quand je dis 5 mois, je suis d’une gentillesse extrême…
Quand nous sommes revenues, après des vacances que vous savez ayant été charmantes (faut suivre un peu), beaucoup dans l’urgence, j’ai bien vu que les photos n’étaient plus sur le buffet, mais j’avais le chauffage à allumer et l’eau chaude à remettre en route, le fusil à charger alors n’est- ce pas, bien sûr.
Après la deuxième hospitalisation de papa, 5 jours après son retour de Montpellier, alors qu’il était mourant (sans exagération, d’où le : IL EST COSTAUD des médecins, ce qui rassure toujours) j’avais un peu scrupule à demander à maman ce qu’étaient devenu MES photos qui n’étaient plus sur le buffet de cuisine (la prochaine fois je fais signer une décharge que je fais enregistrer aux impôts avec timbre fiscal de rigueur).
Pour finalement mettre le sujet sur la table de cuisine, où il est toujours, car les photos sont introuvables. La femme de ménage se souvient très bien les avoir vues sur le buffet, tout le monde se souvient les avoir vues sur le buffet, personne ne se souvient les avoir changées de place…
La prochaine fois je fusille direct dans le jardin, celui qui veut m’emprunter UNE photo.
Bref, le temps a passé, et derrière la ligne bleue des Vosges, mes photos ne pointent point, et du haut de sa tour, soeur Anne ne voit rien venir.
Et puis bon, je regarde ma TV toute seule dans ma chambre, le fusil à porté de main, rassurée sur le sort de maman, car vu la manière dont elle met le son de sa TV en bas, personne n’osera jamais rentrer avant qu’elle n’aille se coucher (d’où le fait que je regarde ma TV toute seule dans ma chambre, mais intelligents comme vous l’êtes, vous aviez compris).
J’ai donc revu “Alamo”, film classique, mais je me méfie désormais, quand je vois que John Wayne figure au générique en acteur, ET réalisateur ou producteur.
Avec lui c’est toujours le héros absolu, la joie du légionnaire d’aller en gambadant mourir au combat, le patriotisme à outrance, etc… Donc, même si je n’ai rien contre l’héroïsme et le patriotisme, je me suis documentée sur cet épisode du rattachement du Texas aux USA (pour découvrir que bon, les héros n’avaient pas trop le choix, mais ce n’est pas le but de ce post).
Le dernier à mourir à Alamo (dans le film) est Jim Bowie, célèbre aventurier qui a donné son nom à mon couteau de chasse préféré. Il meurt héroïquement bien sûr, alors que ça et là, on mentionne que, malade, il se serait planqué sous son matelas, mais là n’est pas le sujet non plus.
Me voici donc partie vers une des 36 bibliothèques de mes parents, pour feuilleter une biographie de cet aventurier “la maîtresse de fer” (c’est le couteau en fait), biographie qui m’avait passionnée quand j’avais 15 ans (déjà ?).
J’ouvre le livre et paf : je tombe une photo de Delphine. Que fout cette photo dans ce bouquin ? Je feuillette vraiment, pour récupérer 22 photos, mises à priori là pour bien les oublier aplatir, alors qu’elles ne semblaient pas en avoir besoin.
J’ai pensé immédiatement “merde, s’ils ont mis des photos partout à s’aplatir dans des livres, vu la taille des bibliothèques, nous ne sommes pas sortis de l’auberge”.
Au bas mot, cela fait environ 2000 livres à feuilleter (parce que parfois en ouvrant un livre on ne retrouve qu’UNE photo ! (car c’est déjà arrivé : oh, tante Hortense !!!)).
Ils ne se souviennent pas avoir mis des photos dans ce livre. Ni dans les autres d’ailleurs… Mais moi du coup, j’ai comme un doute.
Les photos se planquent où elles le veulent, par l’opération du St Esprit…
Je ne mettrai aucun livre de côté et tous me les farcir finalement (pas le choix) (et je ferai signer une décharge pour toute photo trouvée)
La vie n’est qu’un long calvaire…
PS : à l’heure où j’édite ce post, Mrs Bibelot a retrouvé hier soir, dans un vieux pichet de l’arrière grand-mère Marie, la boîte de médicaments qu’elle a cherché vainement il y a 2 ans. Alors vous pouvez compatir (et moi je me demande ce que je vais trouver un peu partout, car maintenant que j’ai vidé le placard des WC du bas, je sens avec fatigue que j’ai du pain sur la planche…)
PPS : chez moi il n’y a qu’une boîte qui a disparu, je signale comme ça, au passage…
Il y a deux semaines, ma soeur me téléphone pour me dire que sa fille, la petite fée, s’ennuyant, souhaiterait aller s’ennuyer passer l’après midi chez ses grands-parents, et est-ce que cela me poserait un problème d’aller la chercher en y partant ?
Un détour d’1km est effectivement problématique, et je précise que je passerai prendre la petite (11 ans) à 14 H 30.
La petite a un portable depuis peu, et elle ne se prive pas de s’en servir.
Je reçois donc à 14 H, deux textos, car inutile de rêver : elle ne m’appellera pas sur mon fixe, du fixe où elle se trouve…
- Tatie peutu venir me cherché…
- dans 30 mn
Moi, je la rappelle, pour lui préciser que 14 H 30 c’est ce qui était prévu avec sa mère, et que donc, à tout à l’heure ma puce.
Je la récupère souriante, avec une veste en laine digne de la Toussaint (ça commence*) et 2 DVD qu’elle ne pouvait pas regarder chez son père, qui ne possède qu’un home cinéma dernier modèle…
Elle est tracassée par l’heure, elle avait compris que je viendrais à 14 H, que c’est ce que sa mère lui a dit, et je lui précise que cela n’a pas d’importance.
Pourtant si.
Donc une fois arrivée, s’étant fait un chocolat, elle tripatouille son portable.
- Qu’est-ce que tu fais ?
- Ben tatie, je voudrais réécouter ma conversation avec maman
- Tu ne peux pas
- Ben si…
- AH NON, moi je ne peux pas, c’est le FBI et le NCIS qui le peuvent !
- Je lui ai précisé que les experts et la police le pouvaient peut-être aussi, mais elle a eu des doutes !
Et nos chers petits anges n’en loupent généralement pas une, comme Marion la petite dernière.
En train d’escalader je ne sais quoi dans le jardin de mes parents, et ses parents à elle se fâchant, parce que Marion, c’est très dangereux, tu pourrais tomber, te blesser, cause toujours…
- Ah oui et puis après je serais morte pour le restant de ma vie !
Et précisant quelques temps après à ses parents :
- Ce n’est pas la peine que vous vous mariiez puisque je suis déjà née…
Je les adore :-)
* Voir “conseils utiles aux ignorants qui ont mis au monde des filles”, au chapitre de l’habillement…
Non, là ce n’est pas l’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (snif) mais un documentaire que j’ai vu, très tard dans la nuit, dans la mesure où je vis à nouveau beaucoup la nuit.
Le principe de ce médecin psychiatre : un enfant entendrait sans le comprendre, ce qu’on lui dit, très tôt après sa naissance. Qu’il ne comprenne pas n’a aucune importance : ce qui lui a été dit s’enregistrerait quelque part dans les tiroirs de sa mémoire, qui s’en servirait le moment venu.
Séduisant comme hypothèse.
Il est à noter qu’à 15 ans ils ne comprennent pas toujours ce qu’on peut bien leur dire, surtout quand cela concerne les tâches ménagères et les devoirs à faire… J’en oublie bien sûr, étant désormais sortie de la fosse aux lions pour rejoindre la fosse aux ours qui n’est pas toujours plus agréable…
Donc on peut toujours espérer que le futur adolescent/pré-adulte/adulte enregistrera dès après sa naissance, les recommandations suivantes :
- Ton père et ta mère, toujours tu écouteras
- Quand on te le demandera, tu rangeras ton bordel
- Avec joie aux tâches ménagères tu participeras sans hululer que cela ne te concerne pas
- Le sol de ta chambre, d’aucun objet tu ne joncheras dans ta chambre le bordel ne foutras pas
- Ton père et ta mère, toujours tu écouteras
- A tes parents, toute ta vie, d’utiles conseils tu demanderas sans dire VI, cause toujours
- Un langage fleuri toujours tu utiliseras
- Tes père et mère semblables tu respecteras
- La musique à fond n’écouteras pas et tes tympans épargneras et ceux des autres au passage merci
- Des technologies modernes au maximum tu t’éloigneras et VI cause toujours point ne diras
- Ton père et ta mère, toujours tu écouteras
- Sur ou dans n’importe quel engin de déplacement, prudent tu seras et les limitations de vitesse point ne dépasseras, et le VI cause toujours point ne diras
- La violence tu ignoreras
- Sans regimber tes études feras
- Toujours souriant tu seras
- Ton père et ta mère, toujours tu écouteras.
A répéter 15 fois par jour pendant au moins 3 mois, et même quand il dort, cela rentrerait mieux.
Cette certitude n’engageant que celle qui cause à l’oreille des nourrissons à qui il faut faire comprendre que si leur mère ne les aime pas, c’est parce qu’ils sont le fruit d’un viol en réunion…
Avantages : cela n’est pas très fatigant, cela peut peut-être porter ses fruits.
Inconvénients : il n’est pas prouvé que cela portera ses fruits, vous vous sentirez seul(e) souvent, et vous serez obligés de punaiser sur sa porte de chambre, les 1000 commandements des parents qui en ont marre de tout répéter…
Car la vie n’est qu’un long calvaire…
PS : inutile de lui demander en plus de rester courtois sur ses vieux jours, vos petits enfants s’en chargeront après votre départ, chacun ses merdes…
En réalisant que c’était mon 1000ème post, j’ai cru que j’allais sécher lamentablement… Donc, c’est lamentable…
Il y a plusieurs sortes de tempéraments (la liste étant non restrictive) :
- Inconscient et téméraire
- Téméraire et imprudent (donc inconscient = imprudent)
- Téméraire mais faut pas pousser
- Mesuré
- Prudent
- Pétochard
Pour mon malheur, j’ai deux filles de tempéraments différents (quoique…). Si Delphine est mesurée et prudente, tout en n’étant pas pétocharde, c’est à Pulchérie que je dois mes cheveux blancs.
Petite déjà, elle parlait à 12 mois pour nous dire “même pas peur” (ou “même pas mal” suivant les circonstances).
Mes premiers cheveux blancs datent du coup des catacombes.
Oui, parce qu’il y a un film qui s’appelle “le coup du parapluie”, mais personne n’a osé “le coup des catacombes”. Sauf ma fille…
Enthousiaste, elle m’avait téléphoné (c’était l’époque où elle téléphonait volontiers), alors qu’elle faisait ses études à l’école Boule, pour m’apprendre que des copains à futur gendre et elle, faisant l’école des Mines, avaient la possibilité de leur faire visiter des galeries que l’on ne visite pas normalement, dans les catacombes de Paris.
Facile, ils avaient la clef, et le plan, et l’autorisation.
Je me suis demandé si les jeunes n’avaient pas autre chose à foutre que de faire de grandes écoles (en particulier les Mines), avec l’arrière pensée d’emmener ma fille dans des galeries totalement obscures de jour comme de nuit, donc, tant qu’à faire, la visite allait se faire de nuit.
J’ai pu constater avec aigreur que ma fille et futur gendre avaient de sales fréquentations (t’en foutrais moi, des Mines…).
Toujours enthousiaste, elle m’a dit “ne t’inquiètes pas”, ce qui rajoute à mon inquiétude immédiatement. Désormais, tout était sécurisé, depuis qu’un élève de cette école ou je ne sais plus qui-et-je-m’en-fous, avait perdu sa lampe en se risquant dans un boyau inexploré, seul, avait paniqué, et avait été retrouvé mort le lendemain d’une crise cardiaque (normal aussi…).
Effectivement c’était rassurant. Et moi qui suis claustrophobe, l’idée de ramper dans des boyaux, d’avoir de l’eau jusqu’à la taille par moment, dans le noir le plus absolu, en devant compter uniquement sur ma lampe pour m’y retrouver, me rendait muette d’horreur.
Tellement muette d’ailleurs, que je n’ai pas pu lui suggérer de ne pas faire cette visite. D’ailleurs je me serais entendu répondre “je suis majeure, je fais ce que je veux, je ne risque rien, et gnagnagna”.
Je n’ai pas dormi de toute la nuit de la visite (authentique). J’avais prévu le coup et posé un RTT pour récupérer de ma nuit blanche…
Le lendemain, Pulchérie était toujours aussi enthousiaste :
- C’était super ma maman !
- Quand on coupe les lampes c’est le vrai noir de chez vrai noir on ne voit vraiment RIEN ! (quelle horreur)
- On a rampé dans des boyaux
- Dans certains creux, Vianney avait de l’eau jusqu’à la poitrine et donc moi, jusqu’aux épaules
- Il y avait des grottes
- On a vu pas mal de crânes (un rêve…)
- ETC ETC…
J’étais horrifiée à posteriori morte de rire… Comme toute mère qui se respecte (surtout moi en l’occurrence) je n’arrêtais pas de me dire : ET SI ?
- Et si les potes des Mines avaient été un regroupement de serial killers spécialisés dans l’abandon d’innocentes victimes dans des boyaux peu explorés des catacombes.?
- Hein ?
- Et si toutes les lampes étaient tombées en panne en même temps.?
- Hein ?
- Et si Pulchérie était tombée la tête la première dans la flotte sans que personne ne s’en aperçoive ? (en fait elle ne fermait pas la marche, fort heureusement, son format mini déclenchant chez tous les mâles un instinct de protection hallucinant…)
- Hein ?
On n’a pas idée de fréquenter des gens aussi dangereux.
La vie n’est qu’un long calvaire…
5 ans de blog aujourd’hui… Déjà…
Pulchérie et Delphine à peine revenues de leurs périples et de leurs voyages en avion qui m’ont traumatisée (surtout ceux de Pulchérie, Delphine s’étant sagement contentée de faire l’aller et retour France/Tahiti grâce à 4 voyages), que je suis ravie d’apprendre que Pulchérie va repartir vers le 15 juin pour une semaine au Kenya.
Je l’ai appris accidentellement.
Je suppose en effet qu’elle avait l’intention de m’avertir la veille de son départ, ou le lendemain de son retour, en me feintant sur Internet, le décalage horaire étant minime… mais elle a gaffé…
Invitée cette fois par l’office de tourisme Kenyan avec la même copine que celle qui l’a accompagnée en Australie d’où elles sont revenues saines et sauves grâce à un miracle et mes multiples prières à qui l’on veut, je ne suis regardante sur aucun saint dans ces cas là.
J’aimerais bien que les offices de tourisme lâchent la grappe à ma fille aînée s’il vous plaît, le seul que j’ai toléré étant celui du Luxembourg car elle partait par le train, ou alors elle m’aurait menti.
Ce que je n’exclue pas d’ailleurs, car concernant son voyage en Australie, elle avait réussi à me cacher une escale à Bangkok à l’aller et au retour. C’est Gendre qui a vendu la mèche sur face de bouc. Il a dû se faire taper sur les doigts… comme gendre n° 2 avec le coup de Delphine à Berlin…
Pour couronner le tout, elles doivent “faire” Nairobi.
Ville dont je garde un souvenir ému, de l’époque où je voyageais beaucoup moi aussi (sans que cela n’empêche mes filles de dormir, faites des gosses…).
Escale à Nairobi pour une nuit, et une demie journée, avant de rejoindre Monbasa.
- Consigne absolue du guide qui nous escorte dans l’hôtel : ne pas sortir avant le lendemain matin quand il viendra nous chercher pour aller manger au “carnivore”, célèbre restaurant inclus dans le voyage, ça tombe bien en général je déteste la viande…
- Après, il nous emmènera lui-même à l’aéroport où nous ne risquerons rien…
- Sous aucun prétexte nous ne devons aller nous promener dans ce quartier !
- Nous nous concertons avec d’autres grands voyageurs, pas plus pétochards que nous à l’étranger : on va faire un tour dans Nairobi nonméheu… (je ne suis pas pétocharde à l’étranger, mais je tiens compte des avis avisés, et j’éviterais pour toujours certains pays où l’on risque sa vie, comme certains quartiers de banlieues françaises d’ailleurs)
- RV dans une demie heure.
- Là c’est le portier qui a commencé.
- Il fallait tout retirer : montre, alliance, boucles d’oreilles, le moindre bijou, et même les barrettes et les ceintures. Cela ne nous a pas fait un très bon effet, mais bon, à l’étranger, on écoute les consignes concernant les coutumes locales (l’égorgement du touriste pour une alliance en or blanc).
- Appareil photo bien évidemment à remonter dans la chambre avec tout le reste.
- Quand nous sommes sortis de l’hôtel à 10, le portier a fait le signe de croix ET touché ce qu’il m’a semblé être un grigri africain qu’il portait au cou… selon l’adage que deux précautions valent mieux qu’une…
- Nous avons eu une escorte tout de suite en sortant de l’hôtel et là, au bout de 500 mètres, même le couple de baroudeurs qui venait de faire 5 semaines dans le pays avec sac à dos et tente a décidé de retourner à l’hôtel s’il en était encore temps.
- Car l’escorte semblait plutôt menaçante et agressive, malgré nos sourires…
- Nous sommes donc rentrés, toute idée de “visiter” s’étant évaporée.
- Le lendemain les guides sont revenus nous rechercher avec une escorte de police.
- Ca rassure.
Et ma fille doit, avec l’office du tourisme, “faire” Nairobi, après avoir pris l’avion + d’autres trucs sur lesquels elle reste évasive, à part une réserve non connue, que justement ILS (les rats de l’office de tourisme) veulent faire connaître.
La vie n’est qu’un long calvaire, quand en plus, la chair de votre chair, le sang de votre sang, qui vous a pompé le lait avant de vous pomper l’air pendant toute son adolescence, vous précise innocemment :
- “Ma pauvre maman, tu n’as pas de bol (ça je le savais), tes filles sont de grandes voyageuses”.
Ca promet pour mes vieux jours…
Déjà qu’elle m’avait fait le coup des catacombes…
La vie n’est qu’un long calvaire…
Pour ceux qui l’ignoreraient, je vais une fois de plus préciser une chose essentielle concernant mes filles : je déteste savoir qu’elles prennent l’avion, et le tunnel sous la Manche pour aller à Londres, c’est très bof aussi…
Quand je sais que Delphine utilise le vélib, je suis tout aussi contre que de savoir Pulchérie au volant d’une voiture… Quand je suis avec elles, à pied, quelque part, je me mords les lèvres pour ne pas leur signaler de faire attention en traversant.
D’ailleurs désormais je sais que Pulchérie est allée à Londres, jamais qu’elle compte s’y rendre, c’est toujours ça de gagné sur l’échelle de mon stress… Si Delphine souhaite retourner à Berlin, je sens bien aussi que j’aurais un appel “je suis bien rentrée de Berlin”, mais pas du tout un : “je pars à Berlin”.
Déjà qu’elles prennent le métro plusieurs fois par jour, alors que c’est plein de microbes, de violeurs ou agresseurs potentiels et de terroristes dissimulés, chargés de bombes…
En clair je déteste qu’elles voyagent. Moi je fais ce que je veux quand j’ai des sous, je ne suis pas mes filles, comme le disait si bien Marcel Pagnol…
Là, je suis servie, c’est le cas de le dire.
Pulchérie doit passer 2 semaines en Australie. Où, comble de l’horreur, elle compte faire du surf alors que tout le monde sait que l’Australie c’est bourré de requins dans la mer, et de crocodiles dans les terres, où l’on fait rarement du surf, j’en conviens, mais elle pourrait avoir l’idée de se baigner. Ma fille aînée est capable de tout même si maintenant elle se méfie des ascenseurs… (c’est toujours ça de pris…)
Pour aller en Australie, elle va bien évidemment prendre l’avion et où sont nos navires d’antan ? Je ne voulais même pas savoir où elle allait devoir faire escale ou si c’est direct. Je ne vais pas vivre.
Elle m’a bien renseignée tout de même, quand je suis allée récupérer Diabolos le jeudi 3 mars et j’ai tout bien noté dans mon agenda.
- Elle va faire Paris/Londres (en avion bien sûr…)
- Londres/Melbourne
Elle me ment, il y a certainement une escale entre Londres et Melbourne. Elle s’imagine que je vais la croire…
- Et puis là bas, elle va donc faire du surf, ET des promenades en hélicoptère (première nouvelle !) (que ça à faire !). L’hélicoptère représente pour moi le comble de la dangerosité de ce qui vole, juste après la navette spatiale que j’ai vu exploser en direct et juste avant l’avion de ligne simple (et le frelon, mais pour d’autres raisons).
- Puis elle va faire Melbourne/Oakland (je ne veux même pas savoir comment cela s’écrit, je hais l’Australie)
- Pour aller à Sydney elle est restée évasive, cela doit se faire en surf… Ou à dos de crocodile, je ne sais pas. Elle non plus. A mon avis elle va faire Melbourne/Londres, Londres/los Angeles, los Angeles/Sydney et elle tente de me le dissimuler.
Pour corser la chose, Delphine part avec gendre n° 2 passer 3 semaines à Tahiti où vit désormais le père de ma progéniture (quel salaud, il ne pouvait pas rester à Bordeaux ?). Là je sais qu’ils font escale à Los Angeles, et que donc, ils vont prendre l’avion 4 fois. C’est simple, je ne vais pas dormir de la veille de leur départ au jour de leur retour.
Et pour arranger ma tranquillité d’esprit, Pulchérie et son Australie avec Tahiti ça tombe pile poil dans les bonnes dates, donc elle va aller rejoindre sa soeur et gendre n° 2 à Tahiti pour une semaine. Génial, ça se fait aussi en avion.
Et comme son voyage en Australie lui est offert, pour revenir en France de manière confortable, elle va pour son retour éviter le Tahiti/Los Angeles/Paris, mais faire Tahiti - Sydney pour faire le voyage de retour vers la France, en classe “affaire”. Elle ne sait pas s’il y a une escale, à part à Londres, pour faire encore Londres/Paris…
J’ai sauté de joie vous l’imaginez bien, quand j’ai appris la chose et j’ai gribouillé sur mon agenda en me demandant comment j’allais digérer mes frites (j’étais coincée au restaurant avec mes filles, c’était l’endroit idéal pour me révéler presque tout)…
Je ne compte même pas le nombre de voyages en avion que cela représente en tout sur une période de près de 5 semaines… Ca, les requins, les crocodiles, les inondations australiennes, les dangers de l’hélicoptère, et les forces mauvaises innombrables qui guettent forcément mes filles à l’étranger (Tahiti c’est l’étranger pour moi), font de moi la plus heureuse des mère pour les semaines à venir (cela va se passer à cheval sur mars et avril…).
D’ailleurs si elles ont l’intention EN PLUS (ne soyons pas avares) de faire du saut à l’élastique ou du parachute ascensionnel voire même les deux, et puis de la plongée dans un bathyscaphe pour examiner la faune sous marine à une profondeur où l’espérance de vie est de 2 secondes quand un hublot pète, ou d’apprivoiser un requin mangeur d’hommes, je le saurai après !
Elles ont intérêt à cartonner pour la fête des mères… La bougie parfumée sera insuffisante !
Faites des gosses qu’ils disaient !!!
Si j’avais eu la troisième qui n’a jamais voulu venir, je l’imagine bien, elle serait en train de prendre la température des manchots en Antarctique en m’envoyant des mails rassurants :
- Tout va bien ma maman, il ne fait que moins 70° mais le temps est clair et dégagé…
Où alors elle aurait intégré le GIGN pour que chaque jour de ma vie soit parsemé de pétales de roses…
La vie n’est qu’un long calvaire…
(D’autant qu’avec l’horreur dans laquelle nous baignons depuis le séïsme au Japon et tout ce qu’il risque encore d’arriver, je suis encore plus sereine qu’avant…)
Chez Pulchérie nous attendent quelques travaux pratiques : finir de décoller les étiquettes des pots de yahourt en verre qu’elle doit déposer chez le traiteur le soir même, par exemple (le piège…).
Cela sent les vrais derniers préparatifs qui commencent, d’ailleurs les futurs mariés doivent arriver chez mes parents le lendemain soir.
Direction le coiffeur. La coiffeuse de la mariée (tatie chérie) lui a suggéré de se faire refaire quelques mèches.
L’homme de l’art a donc la joie de voir arriver la mère et ses deux filles. ON décide que je vais passer en premier. Je suis en effet une traumatisée du balayage depuis qu’un coiffeur sadique m’a fait ressortir de chez lui avec des mèches blanches en glapissant qu’il était scandaleux que je ne paye pas…
Je précise donc, mais c’est inutile, que si je suis loupée à 4 jours du mariage de fille aînée, je ne payerai pas. Et si cette précision est inutile, c’est parce qu’ils connaissent bien la future mariée et que je suis sa mère, donc soupçonnée immédiatement d’être légèrement obsessionnelle sur les bords (ce qui est totalement faux, je récuse votre honneur).
La coloriste me pose les bonnes questions (c’est la première fois que cela m’arrive) : que fais-je à mes cheveu ?, de quelle couleur étaient-ils quand j’étais petite ? (platine), s’ils décolorent facilement au soleil, etc… Je me sens en confiance.
Et là, il y a ce grand moment de solitude, où le coiffeur va vous rendre époustouflante*, alors qu’avec les cheveux dans tous les sens, vous vous faites peur dans la glace. Le mec qui vous prend en photo à ce moment là, mérite un sort pire que la mort.
La coloriste attaque Delphine, après avoir débattu avec Pulchérie du bien fondé de nouvelles mèches ou pas. Les derniers essais de coiffure ont été faits en intérieur, en plein soleil il apparaît non nécessaire d’éclaircir encore.
J’admire le chef de ce salon de coiffure, qui a l’audace de tenir tête à Pulchérie à 4 jours de son mariage…
Et comme Pulchérie l’avait dit dans son blog : chez ce coiffeur là, il n’y a pas de conversations “coiffeur” illustrées magnifiquement par Muriel Robin… On s’y amuse plutôt…
La coloriste vient vérifier régulièrement mes mèches, et effectivement “je décolore très vite”. Illico, bac de rinçage, shampoing, soin offert par la maison, et séchage. La coloriste est plus angoissée que moi et tout le salon vient se pencher sur mon crâne pour soupirer de soulagement : c’est parfait…
Delphine n’est pas encore époustouflante, mais le temps passe et va arriver le moment où gare Montparnasse c’est un train toutes les 1/2 heures, qui s’arrête PARTOUT. Il faut compter plus d’une heure de trajet…
Je paye et je m’esbigne donc, accompagnée par Pulchérie jusqu’à la station de métro la plus proche, serrant contre moi ma jolie robe (+ toujours mon kit de survie). Et je prends le métro toute seule comme jadis…
A 3 minutes près, j’ai le bon train, semi omnibus et je rentre chez moi où Diabolos m’attend de pattes fermes…
J’ai enfilé ma robe, testé des sandales et un poids en moins sur le coeur, je me suis dis que pour une fois :
La vie n’était pas qu’un long calvaire (merci mes chéries !)
Le calvaire des derniers préparatifs allait commencer, mais vous connaissez déjà l’histoire…
* Bien évidemment en hommage à l’inénarrable chanson de Linda Lemay suite à sa visite chez le coiffeur avant un RV important…