Parfois on me pose la question, comme ça au passage. Pourquoi avoir choisi pour ma fille ainée, sur mon blog, le pseudonyme de Pulchérie ?
J’avais rencontré ce prénom tout à fait par hasard. Je travaillais chez un avocat qui avait deux avocates stagiaires, dont une avec laquelle j’avais vraiment des atomes crochus. Et sa fille s’appelait Pulchérie. Cette gamine passait son temps à gerber la nuit et je ne sais pas combien de fois j’ai pu entendre que le mari avait super bien dormi alors que Pulchérie avait vomi. La mère elle, avait la mine de celle qui a tout nettoyé et fait une lessive à deux heures du matin. N’empêche que… Je la voyais bien la Pulchérie, avec ses nattes blondes et une tête de chipie. Elle trônait en photo sur le bureau de sa mère, et je m’étais dit que si j’avais la chance d’avoir une fille, ce serait une Pulchérie.
J’étais allée regarder d’où cela pouvait bien venir. En fait du latin Pulcher, l’enfant normalement. A l’époque j’avais juste le gros dictionnaire latin/français de Mrs Bibelot. Maintenant si vous écrivez “Pulchérie” sur google, vous allez même tomber sur une sainte. Ma fille est une sainte, merci mon dieu, il ne me manquait plus que ça !
Le prénom est plus que très peu répandu. Genre, 544 personnes ont été prénommées Pulchérie en France depuis 1900, d’après mes dernières sources (dont une Pulchérie que je connaissais par ouïe dire). Moi qui voulais un prénom à connotation latine, comme le mien (Calpurnia était la femme de Jules César et mon vrai prénom est totalement latin d’origine), rare, original, j’avais touché le gros lot. Sauf qu’en l’entendant Albert eut les zieux qui s’exzorbitèrent. J’en avais un autre en réserve : Azalaïs (prononcer AZA-LA-IS). Pour l’achever pensa-t-il. Les femmes enceintes sont de graves malades mentales, c’est bien connu.
Albert méprisa Pulchérie (boîte à outils) pour me préciser avec quoi rimait Azalaïs (femme à p..is). Albert était un spécialiste du “avec quoi que ça rime” et, ricanant devant mon “Valentine” (trou à p.ne) me présenta le vrai prénom de Pulchérie comme une aubaine, sauf que le vrai rimait comme avec celui de Pulchérie. En plus le diminutif de Pulchérie était tout trouvé non ? Mais Albert était un irréductible : il faudrait lui passer sur le corps avant que sa fille ne s’appelle Pulchérie. J’ai hésité, mais il avait encore au moins une fille à me faire, et ce n’était pas le moment de lui passer sur le corps pour la bonne cause.
Je suis donc une femme frustrée. En effet quand j’arrivais à l’école et criait “ELODIE !”, il y avait 12 merdeuses pour répondre “OUI !”, sauf ma fille (qui elle était un trésor en sucre et non une vulgaire merdeuse). Avec “PULCHERIE”, elle aurait sû que c’était bien d’elle qu’il s’agissait et pas fait semblant d’être dissimulée dans un pommier (où elle était d’ailleurs généralement pour traumatiser toute l’école). (Pulchérie a révélé son vrai prénom ici la première, donc, n’est-ce pas, bien sûr, mais elle restera Pulchérie dans mon blog, c’est ma satisfaction à moi, et sinon, vous allez vous perdre, ne me remerciez pas).
Pour Delphine, j’ai re proposé Azalaïs et Pulchérie un soir où Albert ne me semblait pas avoir toute sa tête, après avoir trop réfléchi avec son beau frère aux mérites comparés du bordeau face au bourgogne. Echec total. Il avait encore assez de neurones en fonctionnement pour ne rien signer, alors que j’avais préparé papier et stylo. C’est ainsi qu’il m’arracha le “Delphine” dont je ne voulais pas, tellement je tombais raide de fatigue parce qu’une femme enceinte est une dormeuse en puissance, c’est bien connu.
Fort heureusement j’accouchais dans la douleur, et devant la mienne, en me conduisant à la maternité le klaxon à fond, Albert me déclara, cet inconscient : “finalement on l’appellera comme tu le voudras”. J’ai donc opté pour le deuxième prénom choisi, le premier (Delphine) m’insupportant quelque peu, et comment j’avais pu dire oui ? Klaxon coincé ou pas et col ouvert ou non, pour Pulchérie ou Azalaïs, il se serait arrêté en disant, “faut qu’on parle”. Pour obtenir l’un ou l’autre prénom, j’aurais dû chier ma pastèque sur le parking de Rauchan, je me suis dégonflée car il y a des moments où l’on ne pense pas que l’homme traumatisé ne mouftera quand on déclarera en hurlant aux pompiers “elle s’appelle Pulchérie/Azalaïs”.
Je suis donc une femme frustrée. Moins pour Delphine il me faut le reconnaître, mais juste au sujet du prénom. En fait elle s’appelle Estelle et en ce jour, je vous bénis le révèle. Mais pour vous elle sera toujours Delphine.
Dans le midi où nous avions beaucoup d’amis, quand je l’ai présentée, tout le monde m’a dit “ça c’est un prénom de chez nous”. Oui dans le sud est, non avare en Marius, César et autres prénoms romains, Estelle était la bienvenue.
Tout le monde aimait Elodie bien sûr, depuis sa naissance également. Mais je pense que Pulchérie aurait remporté un franc succès. J’aurais eu la chérie et la belle, en ces terres où le surnom est très important.
C’est pratique un blog. Mon prénom choisi a son succès ici.
Et Azalaïs reste la troisième fille que je souhaitais tant, et qui n’est jamais venue.
Parce que la vie et ses Albert, n’est qu’un long calvaire (les filles arrêtez de dire “ouf, je ne m’appelle pas comme ça !” finalement je suis certaine que cela aurait fini par vous plaire)
Et puis le principal, c’est que ce sont mes filles et que je ne voudrais les échanger pour personne d’autre, que je n’imagine pas ma vie sans elles, et que grâce à elles, je ne vis jamais le “si c’était à refaire”, parce qu’il me faudrait absolument les refaire pour être heureuse.
La seule chose que je voudrais refaire, c’est moi à la mairie en les déclarant sous le prénom que je veux et Albert : POUET !
Et bon WE à tous que vous partiez ou pas !
Pulchérie avait 18 mois pour sa première vraie fête des mères, à savoir un âge où l’on comprend un petit peu. Alors j’avais briffé Albert afin qu’il s’occupe de cette fête des mères qui lui passait un peu au dessus de la tête. Les traditions se doivent d’être instaurées tôt. Nous étions donc partis faire les courses du samedi, quand il disparu dans une boutique avec la petite après m’avoir fait signe que ce n’était pas pour moi.
Première difficulté : elle avait bien compris que c’était un cadeau pour maman, que c’était à elle de me le donner, mais pas forcément qu’il fallait le donner le lendemain. Elle ressortit donc de la boutique en hurlant, parce que son père avait gardé le petit paquet choisi par elle : “c’est pas pour toi, c’est pour mamannnn !” Devant ses sanglots et son désespoir, craignant une émeute des passants outrés de voir un enfant martyrisé devant tout le monde, Albert céda et lui donna le petit paquet tout en lui expliquant encore que c’était pour le lendemain, avant de la prendre dans ses bras parce qu’elle était fatiguée. Je suivais le père et la fille en faisant mine de rien, et la chipie le sourire retrouvé, me montrait régulièrement le paquet d’un air de “bisque bisque rage !” et nous avions du mal à garder notre sérieux. Albert eu toutes les peines du monde à lui faire “cacher” le cadeau et heureusement que je ne voyais rien ni n’entendais rien.
Le lendemain matin, du lilas dans une main, le paquet dans l’autre, Pulchérie déboula dans la chambre au son de “bonpète maman !” me donna le paquet et garda le lilas qu’Albert alla mettre dans un vase après m’avoir déposé sur les genoux, non sans une certaine violence, le plateau d’un petit déjeuner au lit.
Pour Delphine, elle avait été elle, briffée par sa soeur et sa réaction fut toute différente. Pulchérie avait son cadeau fait à la maternelle, Albert se colla à celui de Delphine. Elle comprit très bien, ressorti d’une boutique les mains derrière le dos en me regardant d’un air ironique, puis me tourna le dos pour rejoindre la voiture en tenant son père par la main… A peine rentrée à la maison elle alla elle-même cacher le dit cadeau, et passa le reste de la journée à me regarder en rigolant et chuchotant avec sa soeur. Fort heureusement je ne remarquais rien.
Maternelle. Ah ces petits visages angoissés des enfants sortant de l’école avec leur cadeau/surprise derrière le dos… Pourvu que maman loupe un épisode ! Pour ma part le vendredi soir (beaucoup d’enfants manquant le samedi matin) avant veille de fête des mères, je dépêchais Albert ou s’il n’était pas disponible, ma mère, ma soeur, ou mon père. Soulagement des filles en ne me voyant pas, rentrant à la maison pour filer dans leur chambre alors que j’étais “occupée ailleurs”. A chaque remise de cadeau elles étaient ravies de leur ruse et de leur habileté “tu n’avais rien deviné hein maman ?”.
Non mes chéries, je n’avais rien deviné, pas plus entendu la récitation répétée avec votre père, ni fait attention à vos sourires en coin et conciliabules multiples depuis quelques temps. Une maman, avant son anniversaire et la fête des mères, se doit d’être aveugle et sourde. Et ce plateau petit déjeuner au lit, avec une fleur et des croissants, je ne m’y attendais pas du tout non plus !
Bonne fête à toutes les mamans passées, présentes, et à venir !
J’ai loupé cela avec les filles, et maintenant je regrette fort. Car j’ai connu au moins trois mères vachement fortiches pour faire trimer leur marmaille. Je ne sais pas comment elles faisaient, mais le fait était là.
Moi je n’avais pas le truc. Sinon vous pensez bien que j’aurais fait refaire papiers, peintures, moquettes, etc, en ayant juste à acheter le nécessaire et en montrant comment procéder.
Déjà, les faire participer aux bêtes tâches ménagères me pompait mon énergie, alors pour le reste… Jugez plutôt.
En premier lieu ces trois femmes étaient migraineuses de nature. Pas la vraie migraine. Le mal de tête qui permet de vivre, mais allongée sur le canapé sans trop de bruit autour sauf celui de la TV. Celle qui nécessite que les enfants restent à proximité pour apporter le verre d’eau, le paquet de gâteaux. Cela m’a toujours scotchée le “je ne peux pas sortir, maman a mal à la tête, il faut qu’on reste”. J’ai fait deux migraines dans ma vie : couchée dans le noir, et foutez moi tous la paix en me laissant mourir tranquille.
Donc un bon coup de migraine qui ne les empêchait pas de faire une liste pour les deux ou trois adolescentes. Du genre :
- Faire la salle de bain à fond avant de la repeindre, les pots sont dans la salle de bain
- Faire la cuisine à fond avant d’y mettre un coup de peinture, les pots sont dans la remise et les pinceaux également
- Lessiver les toilettes et y mettre un coup de peinture, gnagnagna
- Passer l’escalier au papier de verre et vernir une marche sur deux deux jours de suite, faut tout de même pouvoir monter se coucher
- Repeindre les étagères de l’entrée en mauve
- Tondre la pelouse
- Ranger la remise
Ca, ça occupe les vacances à l’époque de Pâques, ou je ne m’y connais pas.
Mais les mères indignes avaient bien raison. Les filles, résignées (ça existe), obtempéraient sans moufter, ça laisse rêveuse. Je pense que si j’avais accroché une liste dans le même genre, j’aurais retrouvé Pulchérie et Delphine réfugiées chez leurs grands parents avec un quart de pomme et un croûton de pain (faut suivre).
C’est là que “la bande de jeunes” entre en scène. La mère n’a plus mal à la tête pour signifier à la bande qui vient chercher ses filles “pour sortir” officiellement, “pour traîner un coup” officieusement, que non, Maria, Mélusine et Stéphanie ne peuvent pas sortir tant qu’elles n’auront pas terminé de peindre la salle de bain.
Et là, qu’est-ce qu’elle fait la bande de jeune, à elle toute seule ? Elle ne va pas se fendre la gueule. Les garçons retroussent leurs manches : à eux 6 ils vont torcher la salle de bain correctement en deux temps et trois mouvements. Donc les filles peuvent sortir. Aujourd’hui tout au moins.
Ils se farciront tout le reste, en piétinant parce qu’il n’y a qu’une tondeuse.
Les grandes vacances étaient l’occasion d’avoir mal à la tête tous les jours, parce que la chaleur c’est pervers, mais également et c’est un must, de faire entièrement refaire la maison du grenier à la cave.
Moi je dis “chapeau”. Si quelqu’un réussit cet exploit de nos jours, mais les migraineux tyranniques doivent bien toujours exister, qu’il me donne son truc, même s’il est trop tard pour moi…
Les filles petites ont beaucoup vécu à la campagne. Enfin, la campagne pas trop loin de la ville non plus. Albert et moi n’étions pas du genre à apprécier de faire 60 bornes aller et retour pour aller dans une grande surface (promenade idéale pour tout le monde).
Tous les dimanches ou presque c’était la campagne, celle bien de la campagne chez le furoncle et son mari à 15 km de toute zone habitée, ou chez mon grand-père dont la maison est désormais occupée par Mrs Bibelot et Jean Poirotte.
Mon village de famille, je l’ai connu petit village, avant l’avènement de nombreux lotissements, à l’époque où il y avait encore 5 fermes en activité. Les filles l’ont toujours connu, sans pouvoir comprendre ce qu’il était jadis. Elles y ont vécu pendant 4 ans.
A l’époque elles étaient devenues ploucs comme pas possible, à côté d’elles le dernier ex cultivateur pour qui le comble de l’expédition c’était Rambouillet à 15 bornes, pouvait faire figure de citadin dans l’âme.
Quand j’ai cherché à me loger, j’ai bien essayé de le faire dans ce village que j’aime tant. Dans la série “comment se faire escroquer” j’ai donné, avant de faire l’acquisition de mon appartement à 3 km du village, quasi en ville il faut le dire : il y a une supérette, deux cafés, un laboratoire, deux boulangeries ET une gare. C’est tout dire. Les filles étaient outrées et d’ailleurs j’étais avertie, aussitôt que possible elles retourneraient dans leur cher village, la ville n’étant pas faite pour elles. Paris c’était l’expédition de l’année et qu’on est trop bien à la campagne à entendre les petits zozieaux chanter.
Puis Pulchérie contrainte et forcée par ses études, partit pour Paris et une chambre de bonne dans le marais, avec l’intégralité de mes tournes vis et ma pince à épiler. La métamorphose fut spectaculaire. 3 mois après avoir emménagé au 6ème étage sous les combles, elle se déplaçait dans le métro les yeux bandés, connaissait tous les bons plans pour vider son compte en banque sous le prétexte fallacieux de s’habiller, de manger des glaces, de boire du thé, et j’en passe. Paris c’était formidable, super, et munie de sa carte d’étudiante en arts lui donnant libre accès aux musées nationaux, elle commença à arpenter le bitume pour une excellente cause : se cultiver. Faire du baby sitting était un rêve dans son secteur, son carnet de rendez-vous ne désemplissait pas.
La vie à Paris semblait tellement idyllique, que Delphine n’avait qu’un rêve : y aller à son tour. Manque de chance il y avait une fac pour elle à 15 minutes en train. Il lui fallu se creuser les méninges pour trouver une option l’obligeant à aller à Paris la pauvre. Ce qui fut fait.
Elle emménagea elle, en co-location avec une amie dans un quartier assez différent du marais, mais qu’importe, elle aussi prit rapidement ses marques métro, baby sitting, shopping. Puis l’amie se révéla être du genre qu’avec une amie comme cela on peut se passer d’ennemie, et Pulchérie trouva à sa soeur une chambre de bonne juste en face de chez elle via sa propriétaire qui exploitait les étudiants en ne louant que cela.
Les deux soeurs dans le même quartier, séparées juste par une petite rue, c’était hyper pratique. Après avoir testé des talkies walkies se révélant insuffisants, elles purent économiser des frais de portable en ouvrant juste la fenêtre pour se causer, l’une du quatrième, l’autre du sixième, pour la grande joie des voisins. L’idéal était tout de même qu’elles se tenaient compagnie pour le shopping, se refilaient des baby sittings, etc…
Aujourd’hui, parisiennes désormais dans l’âme alors que je joue moi, les ploucs de service, elles ont semble-t-il oublié les petites filles qu’elles ont été, ne jurant que par la verdure et la campagne. Pulchérie dans l’ile saint louis, Delphine toujours dans le marais, entre elles et LEUR Paris, c’est une grande histoire d’amour. A l’idée de “revenir dans le coin”, elles se figent. Leurs yeux s’exhorbitent tandis qu’une sournoise sueur leur glace le front. La campagne c’est sympa de temps à autre pour quelques jours maximum mais y vivre : pouhaaaa !
Je ne sais plus à quel âge nous revient l’amour de nos racines que nous avons reniées…
Un beau jour l’enfant adoré passe la porte du CP. En théorie en juin il sait lire et écrire, voire même bien avant. Ne reste plus qu’à lui apprendre l’aurtografe.
Première carte de Pulchérie qui sortait du CP. Albert avait fugué et c’était le premier mois de juillet que les filles passaient sans moi. Pulchérie ne voulait pas de son cousin pendant les vacances, qui lui disait du mal de moi en répétant les paroles de mon adooooorable ex belle soeur (la méchante belle-soeur, mère du cousin).
Elle avait bien prévenu son père : elle ne voulait pas de son cousin. Sa soeur bien sûr était acceptée, ainsi que le fils de l’autre Coraline QUOI-QUE ! D’où la première carte postale qu’elle avait rédigée elle-même.
“Ma chaire maman,
“Ici cé bien, y’a un lac, deux mers et un toboggan aquouatique et je saute de dent
“Y’a Grégory et Delphine qui m’abètent, alors que j’étai venu parce qu’i y’avai pas Arnaud (là on sent la haine)
“Ta fille qui t’aimeu
“Pulchérie
Première carte de Delphine également, 3 ans plus tard, qui aimait à écrire comme elle parlait et qui parlait beaucoup bouffe
“Ma chaireu maman, heu, commen sava, heu, ben heu…
“Pulchérie dit : moi ossi sava heu…
“Ici cé beau et chaut et on mange byen. Le chien du bergé a tué une marmmmote et du cou jé gouté la marmmmote grillé et cété bon. (là on sent l’appétit toujours présent)
“Il y’a du bon formage ici et cé bon et ossi des tartes au prune dans le four a pein
“Je te lèsse pour allé dans le lac me bégné
“Ta fille qui t’ém tré for
“Delphine
“Pulchérie di : je técriré demain aujourdui jépas l’temp”
Et vous savez ce que l’on fait nous les mères, en recevant ces courriers ? On pleure de joie et on commence à attendre le facteur qui peut apporter autre chose que des factures.
Insistez je vous en prie pour que vos enfants vous écrivent. Fi du téléphone, des mails, du moderne. Rien ne vaudra jamais la petite lettre, ou la petite carte écrites par leurs soins, y compris l’adresse, timbrées par eux, que l’on garde dans une boîte. D’ailleurs ils sont les premiers à demander à les relire quand ils grandissent…
Réédition d’un post quasi passé inaperçu à mes débuts. Les filles sont pleines d’imagination, je ne le répèterai jamais assez. Et là Pulchérie n’était pas seule, Delphine avait ses idées lumineuses également malgré son air innocent. Pas le même genre d’idées. Bien soeurs, mais facétieuses de manière différente.
Dans la série “idées lumineuses”, il y a aussi les blagues ou farces, drôles 15 ans après.
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Me mettre une brosse à cheveux dans mon lit. Quand je me suis couchée j’ai fait un bon de 3 mètres en hurlant (testez la brosse à cheveux dans le lit, vous allez voir l’effet que cela fait). La fois d’après elles ont choisi de répandre dans les draps mes sachets de lavande. Secouer les draps par la fenêtre, et le reste à 23 H 30 “Thérèse je suis ravie”.
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Remplacer mon shampoing par de l’après shampoing et vice versa
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Je demande “tu veux des tomates ?” On répond “oui”. Au moment où je vais verser les tomates provençales dans l’assiette, on la retire en précisant “sploutch” (une nappe blanche de fichue, les invités éberlués se retenant de rigoler)
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A l’arrière de la décapotable conduite par le père, devant 7 gendarmes en alerte rouge, hurler “au secours, au secours, un vilain bonhomme m’enlève“. Trois heures au poste pour justifier que c’est bien sa(ses) fille(s) avec témoins de moralité devant se déplacer et moi au téléphone pendant 2 heures pour justifier que oui, s’il a une mèche blonde dans la nuque et s’appelle Albert, c’est bien le père… (Ben oui, Albert très brun a une mèche blonde dans la nuque, l’hérédité frappe comme elle le peut)
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Ma mère s’échine comme une malade à récurer sa terrasse tout un samedi après midi. Delphine décide de décorer la terrasse avec des buches et se donne un mal fou à écrire “terrasse” avec les buches. Elle nous appelle pour nous présenter toute fière son chef d’oeuvre, bien lisible de la fenêtre. La grand mère s’évanouit (enfin presque)
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Une anonyme qui décide qu’il est ridicule de payer une fortune pour un pot de crème à la vitamine C. Qui fait fondre un comprimé de 1000, s’en tartine le visage, laisse reposer. Le colorant s’incruste, elle reste orange pendant 5 jours.
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La même qui essaye de se détartrer les dents au Viackkal car le dentiste, elle ne supporte pas
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Pulchérie et sa copine écologiste Vivie qui décident de ratisser tout le village (heureusement pas trop grand) de toutes ses cochonneries, et nous ramènent toutes fières 5 sacs poubelles pleins et des mains pas possible (même pas mis de gants, et il y avait 2 seringues)
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Détruisons définitivement le mythe de la Delphine trop sage (ce n’est pas parce que sa soeur a le pompon de la connerie de môme qu’elle était innocente). Le top du top c’est Pulchérie qui se lève le matin à la sonnerie de son réveil, suit ses petites habitudes, se prépare donc un plateau petit déjeuner, arrive dans le salon avec, allume la télé pour regarder “morning live”. Tiens, ils ont changé le programme. Ingurgite le programme, passe une demie heure à émerger comme tous les matins, et dérive vers la salle de bain. Là un post it de sa soeur sur la glace de la salle de bain “tu peux retourner te recoucher j’ai avancé ton réveil de 3 heures“
Tous ces faits sont rigoureusement authentiques.
Pulchérie ne manquait pas d’idées, on l’aura deviné (ou alors on manque autant d’intuition qu’une pompe à vélo). Je me dis que si sa soeur avait été du même acabit, je vous écrirais de St Anne… (remarquez que vous ne savez pas tout de Delphine : son tour viendra (sauf qu’avec elle c’est vachement compliqué, il me faut pleins d’autorisations)
Donc elle (Pulchérie !) allait régulièrement se promener avec sa meilleure amie : Vivie. “Interdiction d’aller vous promener n’importe où les filles, les bois sont plein de violeurs potentiels de pré-adolescente, d’exhibitionnistes, voire pire encore” (je savais de quoi je parlais même si je n’étais plus pré-adolescente…).
“Vi maman chérie” (cause toujours !). Elles avaient 11 ans et quittaient le CM2. Elles étaient grandes, et de plus en plein émoi écologiste à mort, traquaient par exemple les mégots dans le village de mes parents qu’elles nous rapportaient scrupuleusement.
J’apprends un beau jour qu’elles vont se promener au lieu dit “les buissons”, régulièrement. Mon sang ne fait qu’un tour. C’est un de mes endroits de prédilection quand je vais promener les chiennes, dont ma malinoise. Et un certain jour, devant un homme, soit-disant inoffensif (on dit toujours que les exhibitionistes sont inoffensifs, mon cul !), me déballant son service 3 pièces (pas à montrer à mon avis, mais il ne le partageait pas), j’avais été bien contente que ma chienne sente que j’avais peur. Elle lui avait sauté dessus et je me demande toujours si elle n’avait pas mordu ce qu’il fallait. Bref. Personne n’a porté plainte pour défigurage de service 3 pièces. Moi j’ai tout de même téléphoné à la gendarmerie qui m’a confirmé qu’il y avait eu attentat sexuel et attouchements, dans ce secteur précis. J’ai donc changé un de mes endroits de prédilection.
J’appelle la mère de Vivie : les filles n’ont pas à aller se promener n’importe où, même deux par deux. Moi, même armée de ma chienne très efficace pour la protection rapprochée quand j’ai peur (elle le sent), j’ai un cran d’arrêt avec moi (oui c’est moi…). La mère absente toute la journée s’insurge contre sa fille.
OK, elles cèdent. Elles iront tous les soirs se promener sur le stade. Rien à redire. Là il ne peut rien leur arriver, à moins que des extra-terrestres ne décident d’atterrir là. Mais voyez-vous on ne peut pas tout interdire à ses mômes sous des prétextes aussi fallacieux…
Donc il ne pouvait rien leur arriver à ELLES. Je reste formelle. Par contre tout le monde n’était pas protégé sur le stade.
Un beau soir, voiloù Pulchérie et Vivie, découvrant sous un sapin sous lequel elles avaient décidé de parlotter (quelle curieuse idée !), un nid d’oiseaux, avec des oeufs dedans et pas de parents.
J’avais dit et répété de ne jamais caresser un faon sur lequel on pouvait tomber par hasard, que les parents n’ont jamais abandonné leur couvée, progéniture, etc… J’avais dit et répété que les parents se sont juste barrés en nous entendant arriver. En bonne petite fille et fille de chasseurs, élevée dans la nature, j’avais seriné l’essentiel aux filles.
“Vi maman chérie” (cause toujours).
Pulchérie devant les oeufs abandonnés décide de les couver. J’imagine bien la détresse des parents planqués non loin en la voyant s’allonger sur le nid en demandant à Vivie d’aller lui chercher à manger, vu qu’elle va devoir couver un certain temps (tout pour louper la dernière semaine d’école : Pulchérie ? elle couve !).
A peine le temps de voir arriver Vivie en quête d’un casse croûte, d’un quart de pomme (faut suivre) et d’un peu à boire, que voici ma progéniture arrivant la tête basse, le T shirt plein de jaune d’oeuf.
“Je ne sais pas comment font les oiseaux, mais moi j’ai toussé et ça a fait splotch !”
D’après les débris rapportés, il s’agissait d’un nid de mésanges. Vu l’époque, nous n’avons pu que prier qu’elles aient pu remettre une couvée en route ces pauvres mignonnes petites bêêêtes.
Et sur ce coup là, comme j’étais une mère indigne, Pulchérie s’est prise une claque à lui démonter la tête + une semonce de son grand père :
“Mais enfin on t’a dit et répété…”
“Vi” (cause toujours)…
La vie n’est qu’un long calvaire, surtout pour les oiseaux ce jour là… D’un autre côté une de mes filles peut déclarer fièrement qu’un jour elle a couvé… On se demande pourquoi pas plus de fermières devant l’absence d’une poule vraiment pondeuse, n’ont pas décidé de remplacer la poule…
Edit du soir : espoir : alors je dois avouer que j’avais bien visualisé ma fille en train de couver (de toutes manières elle était capable de n’importe quoi), mais maintenant de m’en imaginer d’autres (hem !) en train de faire du bouche à bouche à un hamster ou autre, je suis au bord de l’apoplexie tellement j’en rigole (pauvres petites bêêêtes…)