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'Ah ces mômes !'

L’escargot Léo

L_escargot_L_o_57210837Cette photo illustre parfaitement Pulchérie en train de dessiner. Sauf qu’elle avait des pouettes (couettes) et ne dessinait pas tranquillement assise à une table, ça se saurait… Reste l’air concentré en somme…

Elle était très en avance pour tout. Je mets ici en garde les parents d’enfants comme elle : arrêtez de l’admirer et de le pousser dans le droit chemin du “doué pour tout”, vu qu’il va comprendre “je fais ce que je veux d’abord, puisque que suis cap…” avant le “je t’emmerde t’es nul”.

Parce qu’après ce sont des années à pister le trésor et ses géniales inventions… ou à l’écouter nous faire la morale…

Donc, très en avance sur son âge, Pulchérie savait très bien tenir un crayon de couleur ou juste bêtement HB, ou stylo, ou feutre. Une fois le coup pris, rien ne lui échappait (y compris un stylo plume très cher qui ne s’est jamais remis qu’elle s’en serve 5 minutes, un plume à moi bien sûr, celui d’Albert ayant rejoint sa carte bleue dans la planque du trésor adoré : les après skis d’Albert)

Donc elle dessinait. C’est incroyable le papier qu’elle a pu user. Maintenant qu’elle est militante écologiste quand ça la prend, je pourrais lui rappeler le nombre d’arbres qui sont DCD par sa faute, mais elle n’allusionne jamais sur le sujet… (une dispute de plus en moins, c’est toujours ça de pris).

A l’époque elle écoutait Anne Sylvestre et ses fabulettes (c’était avant Dorothée !!!) dont une chanson sur l’escargot Léo qui aime l’eau. Elle la chantait très bien, mais un jour Jean Poirotte cet inconscient (il faut vraiment que je règle mes comptes avec mon père et ça va chier un max), lui a montré comment dessiner un escargot. Tout simple. Elle a maîtrisé en 3 secondes l’enroulement diabolique de la coquille d’escargot le reste ne l’intéressait pas, elle faisait juste la coquille)…

Moi j’étais en cloque de Delphine, transformée en serpillère moyenne et j’étais ravie qu’elle dessine pendant que je médusais sur le canapé en attendant la mort de chier ma pastèque qui menaçait de faire 300 g de plus que la première (pari tenu).

Otite du trésor adoré et chéri, bien entendu. Appel au secours au médecin. Un nouveau à l’époque, qui la sciait parce qu’elle le trouvait BEAU (Delphine d’ailleurs également par la suite, je dois reconnaître que mes filles ont du goût). Du coup elle ne lui gerbait pas dessus, ne hurlait pas pendant qu’il lui examinait les tympans (forcément ensanglantés), se cachait ses futurs seins pendant qu’il stétoscopait et roucoulait quand il lui palpait d’éventuels ganglions, bien présents, (il lui fallait tout de même, beau ou pas,  savoir qu’elle était une emmerdeuse de première pour les ganglions, via sa mère (comme il me l’a dit un jour dans un moment d’odieuse distraction “vous faites des ganglions comme un pommier fait des pommes”)).

A l’époque nous avions avec Albert un grand séjour double. Nous l’avions coupé en deux avec petit coin salle à manger (on mangeait dans la cuisine ou via plateau TV), et grand coin salon.

Le médecin doit rédiger son ordonnance (vu les ganglions et l’état du tympan), je lui avance une chaise dans le coin salle à manger peu utilisé, pour qu’il soit à l’aise sur la table et m’en remplir 3 pages d’une écriture illisible (je ne sais pas si vous avez remarqué mais les médecins écrivent tous très mal, les pharmaciens doivent prendre des leçons spéciales de décryptage sans doute). Sur la chaise de monstrueux escargots dessinés au feutre indélébile (acheté par Albert pour identifier ses boîtes de bricolage et perdu rangé dans ses après skis qui était la cache à trésor de Pulchérie). Brève stupéfaction de ma part, sourire du médecin quand Pulchérie très souriante et tranquille a déclaré : “c’est papa, je l’ai vu hier… il décore tout !”.

Il y avait des escargots dessinés sur toutes les chaises… + environ 56 sur la moquette sous le lit de l’héritière en titre… Toujours au feutre indélébile bien sur sinon ce n’est pas drôle du tout. D’ailleurs il était sec quand on la retrouvé…

INTERDICTION FORMELLE DE DESSINER DES ESCARGOTS AILLEURS QUE SUR DU PAPIER ! TU M’ENTENDS PULCHERIE ?

Vi“. (Cause toujours…)

Déménagement 3 mois plus tard…

On retire le canapé… Une frise d’escargots Léo tout le long du dossier, bien planquée derrière, mais bien là car non lavable… Dans notre chambre idem, quand on a retiré le lit… Dans la sienne pareil… Partout où sa petite main avait pu se glisser (avec le feutre indélébile ou mon crayon khol), il y avait des escargots Léo….

Albert qui était tout fier de notre papier intact et des talents de sa fille, s’est collé au papier peint en maudissant Anne Sylvestre et le proprio qui voulait récupérer son appart en l’état. Quant aux talents de sa fille, il n’avait plus qu’à se… Bref, à arrêter d’en être fier.

Je ne sais pas comment il a fait son autoritaire, mais après elle a renoncé aux escargots léo. Elle préférait les éléphants qui trompent énormément… (Jean Poirotte s’en souvient, il avait une trompe de gravée sur sa télécommande, l’avait qu’à ne pas laisser traîner sa lime à ongle en métal qui dessine super bien sur la télécommande et chanter n’importe quoi à sa petite fille…)

C’est beau les enfants en avance sur leur âge… (oui, elle n’était pas encore rentrée à l’école, donc elle avait moins de 3 ans, largement…)

Le pire restait à venir… Mais ça vous le savez déjà… Encore que je puisse encore avoir quelques réserves…

Posté le 14 février '07 par Calpurnia, dans Ah ces mômes !. Pas de commentaire.

Les filles et les chats

Enfant_et_chat_57210720Je suis d’une famille où l’on a toujours adoré les chats, et les chiens aussi d’ailleurs. Mrs Bibelot dit toujours que ce sont des bêtes à misère car on se transforme en serpillère quand ils nous quittent.

J’ai donc toujours aimé les chats, cet amour immodéré n’étant pas partagé par Albert qui ne les aimait pas, les trouvant hypocrites et trop indépendants, comme si lui n’était pas hypocrite et qu’être indépendant soit une tare immonde à éradiquer de la planète avant “pasteurella pestis” “ebola” et “HIV” (j’en oublie naturellement, je ne suis pas un dictionnaire médical non plus).

Je respecte toutefois le non amour des animaux, n’aimant pas particulièrement les mygales et les frelons, du moment qu’on ne leur fait pas volontairement de mal (encore qu’une mygale égarée chez moi ne bénéficiera d’aucune indulgence, elle est prévenue, le frelon idem). Je n’apprécie pas non plus vraiment le croque Odile qui n’a pas l’air très sympa, ni le black Mamba que théoriquement je ne risque pas de croiser dans ma cave. Mais bon, toute vie a droit au respect dans l’ordre des choses, et a son utilité (sauf l’homme en terme général parlant d’espèce, vu que nous sommes LE nuisible de la planète, mais je m’égare).

Pulchérie par contre, toute petite, adorait les chats tenant donc de sa mère au grand désespoir d’Albert. Comme elle a parlé très tôt, elle parlait comme elle pouvait tout de même à 12 mois, et un chat c’était un “miaaa”. Elle leur cavalait après ayant également marché très tôt, et était très décontenancée par la capacité du chat, pas si fou, à se carapater dans un buisson, hors d’atteinte (on n’est jamais trop prudent quand on est poursuivi par une poupée en manteau bleu qui crit “miaaa !”).

Pas d’animal en appartement (règle sacro sainte), vint le jour où Albert fit “fortune” en bourse et où nous eûmes notre maison rien qu’à nous. Je voulais un chat, lui pas, il m’offrit donc une chienne malinoise de 2 mois adorable (avec l’idée tout de même qu’elle ferait chien de garde, ce qu’elle fit très bien), mais qui s’ennuyait un peu quand les filles étaient à l’école. Pulchérie voulait un chat et tous les soirs quand son père montait pour le “bisous papa”, elle fondait en larmes avec un art consommé, et Albert se coltina 30 jours de sanglots agrémenté d’un “je veeeuuuux un chaaaat“. Sa culpabilité grandissait. Sournoisement, je rappelais d’ailleurs à Pulchérie qu’il ne fallait pas qu’elle oublie de préciser à son père qu’elle voulaiiiiiit un chat (oui je sais parfois, je suis une garce, mais pas souvent)

Puis Mrs Bibelot me signala un chaton adorable à donner, hébergé pour l’instant par la maison de retraite occupée par Tante Hortense. Jean Poirotte venu bricoler chez moi me signala un beau jour qu’il avait vu un rat gros comme ça sur la façade de ma maison (on peut admirer au passage ce qu’est une conspiration et comment Pulchérie avait pu également convaincre ses grands parents qu’elle voulait un chaaaaat). Mon sang ne fit qu’un tour car j’aime à peu près autant les rats que de la cervelle avec des épinards et les croques Odiles. Je partis donc à la maison de retraite sans avertir Albert et ramenais une petite chatte qui tenait dans la main, et qui était caline comme tout, ayant débuté sa carrière sur les genoux des petits vieux de la maison de retraite qui sont morts en rafale de son départ (d’un autre côté, il fallait la donner).

La cohabitation chien/chat fera l’objet d’un post exclusif. Pulchérie était ravie : elle avait son chat. Albert craquat devant la boule de poil tenant dans la main qui lui avait léchouillé la joue droite, et pour une fois pratique, émit quelques réserves sur la capacité de la crevette à poil à faire peur à un rat des champs au cours des mois à venir…

Pulchérie et Delphine adoraient bien évidemment Caline, notre premier chat, qui disparu un jour d’ouverture de la chasse, probablement dégommée par un con de chasseur qui accuse les chats de lui tuer son gibier qu’il veut tuer lui-même. Bref. Elles passaient leur temps à jouer avec la petite mignonne toujours d’accord, l’habillant, la promenant dans la poussette (je peux certifier qu’elles ne l’ont jamais maquillée). Un soir Albert s’indignat parce qu’un chat ce n’est pas un jouet. Il sortit l’animal de la poussette et de dessous son coussin, lui ôta sa robe et son chapeau, et lui rendit sa liberté. Caline indignée fila direct dans la chambre des filles en engueulant Albert, l’air intéressé par ce qui pouvait bien se passer maintenant dans la chambre naturellement bien rangée de ses bien aimées amies, et Albert renonça à défendre le chat contre des mauvais traitements qu’il adorait et se fit un kir.

Pulchérie causait au chat qui dormait sur son lit, lové en boule sur la couette et l’édredon (pauvre bête) pour chasser les vampires. Tout allait donc très bien jusqu’à la disparition du chat qui eut lieu 2 semaines après la défection d’Albert qui voulait vivre sa vie, hibernant sans doute avec moi et ses 2 filles (et le chat, et la chienne).

Je pris un autre chat (toujours une chatttte d’ailleurs, mais je veux égarer les moteurs de recherche porno), tricolore et absolument très mignonne également surtout avec les filles qu’elle adorait (j’ai du bol comme le dit mon vétérinaire, je ne suis tombée que sur des chats crème et mignons comme tout). Et revoici pour un tour les confidences de Pulchérie à son Eglantine chérie. Direction chez mes parents car le sort a ses revers comme le tennis.

Eglantine détestait profondément que les filles pleurent où qu’elles se fassent enguirlander (on se demande à quel sujet, ces petites chéries). On la voyait rappliquer dare dare au moindre ton un peu sec et larmes qui suivaient, elle nous engueulait en miaulant et grimpait sur les genoux des filles pour leur lécher les larmes. Généralement l’engueulade s’arrêtait là et les pleurs aussi (méthode très efficace). Puis Pulchérie partait avec son chat dans les bras en marmonnant “mon bébé d’amooouuur”. Jusqu’au jour où Jean Poirotte la mimat “ma pauvre Eglantine, y’a que toi qui m’aime dans cette maison snif, heureusement que tu es là snif, la vie n’est qu’un long calvaire snif, je ne sais pas ce que je ferais sans toi snif”.

Stupéfaction de Pulchérie “Comment tu le sais que j’étais en train de lui dire cela ?”

Ben nous aussi on a été petits et on a nous aussi raconté au chat qu’on avait certainement été adoptés et qu’heureusement qu’il était là… Elle a donc apprit que Jean Poirotte petit causait à son chat Bambi et qu’il envisageait même de fuguer en le mettant dans un balluchon, moi idem mais sans quart de pomme (faut suivre, je ne le répèterais jamais assez)…

Elle était dépitée, se croyant unique au monde. Mais la vie n’est qu’un long calvaire, surtout quand un abruti qui déteste les chats, écrase celui que l’on aime, volontairement, quitte à écraser un gosse avec (d’ailleurs il n’aime pas les mômes non plus). Le chat suivant était pot de colle et dormait carrément dans le lit des filles après avoir regardé la télévision avachie sur les deux (c’était mieux).

Aujourd’hui, l’histoire est quasi close pour moi. J’ai encore Diabolos, mais après lui, je n’aurais plus d’animal en appartement. Pulchérie reprendra un chat et pourra à nouveau lui raconter ses misères… (je hais ma mère)

Posté le 12 février '07 par Calpurnia, dans Ah ces mômes !. Pas de commentaire.

Le sac à main de la mort…

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Je n’ai pas de passion particulière pour les sacs à main. J’en ai généralement 2 : un pour sortir (actuellement offert par mes collègues pour mon anniversaire), un pour la semaine.

Je ne suis pas “girlie” du tout sur le plan du sac à main. Celui en cours est généralement un immense fourre tout, où même moi je n’arrive pas à trouver mon porte-feuille sans une fouille détaillée. Tant pis pour les pick-pockets…

Je l’utilise jusqu’à ce qu’il agonise, et là je me traîne à reculons dans un magasin pour lui en trouver un de rechange…

Dedans, c’est fou ce que j’y trimballe, comme toutes les femmes. Un nécessaire de survie à tout le moins sur le plan médoc + une brosse à cheveux + un miroir + mes deux porte-feuilles (je fais ce que je veux avec les porte-feuilles d’abord) + de quoi me ravaler la façade, et j’en passe.

Ce jour là, j’étais bien décidée à aller faire les magasins avec Mrs Bibelot, à l’époque où j’habitais encore chez mes parents avec les filles. Et nous avions décidé de les laisser à Jean Poirotte, car faire les boutiques avec elles relevait du parcours du combattant. Elle s’ennuyaient, se disputaient, rentraient dans n’importe quelle boutique, donnaient un avis qu’on ne leur demandait pas (toujours plaisant le “t’es moche là dedans”), se perdaient pour le plaisir d’entendre leur voix dans un haut parleur, se crêpaient le chignon dans la voiture à l’aller et au retour, et j’en passe… Un cauchemar…

Jean Poirotte magnanime avait accepté de les surveiller ce beau samedi après midi… Je lui avais laissé la consigne qu’il connaissait déjà, ayant élevé 4 enfants : “si tu ne les entends pas, va voir ce qu’elles font et dis leur d’arrêter de le faire, et prends l’extincteur on ne sait jamais“… Nonobstant le fait que faire les boutiques avec nous étaient une corvée pour elles quand il ne s’agissait pas de les fringuer, elles voulaient ce jour là venir. Promis, juré, craché maman, on sera sages (tu parle, Edgar !).

Insensible à leurs supplications déchirantes, je partis donc avec Mrs Bibelot, en prenant mon sac du moment, un immense fourre tout en cuir que je voulais précisément changer, car la doublure en était déchirée, et la fermeture éclair moribonde. Il avait une large bretelle.

C’est incroyable ce que cela peut être lourd ces trucs là parfois. C’est la remarque que je me fis en allant jusqu’à la voiture, et en en descendant 20 km plus loin, au centre commercial que nous nous proposions de ratisser, Mrs Bibelot et moi…

Vraiment lourd. Abominable. Même les légionnaires n’en trimballaient pas autant. J’avais l’épaule droite sciée, et je n’arrêtais pas de me demander ce que diable j’avais bien pu fourrer là dedans, hormis la bouteille d’1/2 litres d’eau que je prends dans ces cas là pour survivre… Horrible…

Nous déambulions dans les galeries, moi hahanant comme une pauvre bête de somme sous le poids de ce maudit sac que je remettais en place à tout moment au risque de me coincer une vertèbre.

Son remplaçant fut trouvé, quelques fringues également, et nous voici allant prendre le thé avant de rentrer tranquillement. Ouf, le sac posé dans la voiture, me voici me massant l’épaule.

D’ordinaire, il me faut 8 à 10 jours pour me décider à me servir du nouveau sac, à savoir transvaser l’utile de l’ancien au nouveau, découvrir quelques pièces cachées, trier des papiers égarés dans le fond, et jeter ce qui aurait dû l’être il y a 2 ans. Parfois une découverte miraculeuse : mon mascara que je croyais perdu, coincé dans la doublure, une fois un billet conséquent dans une poche que je n’ouvrais jamais…

Le soir même pourtant j’étais avide de changer de sac tout de suite. Les filles dirent “bonsoir” spontanément pour aller se coucher sans injonction, étant fatiguées ces petites biches… (bien avant l’heure…)

Me voici vidant gentiment le contenu de mon sac sur la table de la cuisine et commençant le tri, et à tout ranger comme il faut dans le nouveau sac qui, celui là, sera toujours bien rangé (on peut toujours y croire). J’arrive dans le fond du sac et ma main sent quelque chose de curieux sous la doublure : un lingot d’or ?

Vous ne devinerez jamais ce que c’était ! Mrs Bibelot possède deux balances anciennes (à deux plateaux en cuivre), avec des poids de 1 kg, 500 g, 100 g, etc… qui lui viennent de sa famille. Très jolies balances. Mon regard tombe sur le range poids en bois dans lequel ne reste que les 1 g et 5 g… (je précise que ces balances servent toujours, quand il faut mesurer 5 g de sel pour un foie gras, elles sont irremplaçables)

Le reste des poids, soit 2,5 kg au total, était planqué dans la doublure de mon sac à main.

Encore une idée lumineuse des filles… On se venge comme on peut de ne pas aller s’ennuyer avec maman dans les magasins.

La vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 22 janvier '07 par Calpurnia, dans Ah ces mômes !. Pas de commentaire.

Les filles dorment dans une chambre (enfin on appelle cela comme ça)

Chambre_en_fouillisEt oui je sais, ce titre est trop long…

Quand elles étaient petites, Pulchérie et Delphine avaient chacune leur chambre. Elles passaient d’ailleurs leur temps à s’installer l’une chez l’autre, passé 20 H 30, discrètement qu’elles croyaient (la charge de la brigade légère sur ma tête tous les soirs). Puis vint l’époque des vaches maigres et un retour chez mes parents, où nous partagions une immense chambre, coupée en deux par deux placards. Leur méthode de rangement s’opposait farouchement à la mienne, encore que je suis loin d’être maniaque (heureusement), et il y eut des frictions, après la nuit où me levant sans bruit, je posais le pied sur une chaussure de barbie renversée (ça fait mal les talons aiguilles !), et une autre fois sur une ceinture dont la pointe me perça carrément le talon (bon elles étaient réveillées malgré mes précautions, mais se percer le talon ça fait très mal (j’en entend qui rigolent… Il en faut pour percer le talon et ça se sent très nettement))

Arriva le moment espéré où j’eus mon chez moi, et les filles emménagèrent dans une grande chambre pour deux (pas les moyens de prendre plus grands, et la même surface avec trois chambres c’était moche). La chambre est vraiment grande et je l’avais joliment arrangée et coupée en deux par l’ameublement (je n’allais pas monter une cloison non plus, Jean Poirotte était contre, il faisait déjà les travaux de papier peint et montage de meubles en kit).

En bonne mère pas encore indigne, je rangeais régulièrement la chambre, n’y rentrant que munie de chaussures de sécurité (punaise dans le talon au début de l’histoire des posters, suivez bon sang !) et d’un casque pour me protéger d’objets tombant du plafond, Delphine adorant accrocher des objets au plafond (qui attend un peintre, maintenant qu’elle a retiré ses voilages de la dernière heure, merci de votre aide).

Je rangeais donc. Tiens des épluchures de Kiwi, tiens une chaussette (on ne trouve jamais la seconde pour faire la paire, c’est pour moi et d’autres femmes un mystère non élucidé : qu’est devenu la deuxième chaussette ?), tiens un slip, tiens un journal intime, tiens ma pince à épiler, tiens une tomate cerise, tiens sa dernière compo de maths (quoi ???? 3/20 ?????), tiens mon coupe ongle…

Le surlendemain tout était à refaire et je désespérais, quand une journaliste psychologue eut l’excellente idée d’écrire un article sur la chambre de l’adolescent. Je la cite en gros “passé un certain âge, délaissez sa chambre même si c’est un fouillis infâme (ça l’est). Si vous ne supportez pas cette vision, contentez vous de fermer la porte. C’est son territoire, il le gère comme il veut, il doit apprendre à le gérer”… Je n’écoute pas toujours ce qui est dit dans les journaux féminins loin s’en faut, mais là elle tombait bien cette psychologue et je ne demandais qu’à la croire.

Bénissant cette femme, j’appris donc aux deux filles que je ne mettrais plus les pieds dans leur chambre (youpee !) sauf pour récupérer ma pince à épiler (beeerk). Elles s’enguirlandèrent donc joyeusement, n’ayant pas du tout la même manière d’envisager la chambre de rêve. Pour Pulchérie c’était tout bien rangé, pour Delphine rien de rangé et “vive l’anarchie !”. Pulchérie détermina donc une ligne idéale coupant la chambre en deux, et aucune épluchure de kiwi n’était autorisée à dépasser cette ligne.

D’où le choc en entrant dans la chambre (devinez pour quoi faire ?) avec deux chambres en une (même le plafond était coupé en deux). Le placard c’était idem : une étagère bonne pour l’armée la plus stricte du dictateur le plus infâme, l’autre en désordre avec le chat couché dessus, bien emmitouflé dans un pull douillet (et en vrac).

Une fois par mois elles décidaient de tout ranger et y passaient une journée, me laissant 2 sacs poubelles à descendre aux ordures (deux ? oui !) et le panier de linge sale débordant. En fait les crises de rangement débutaient par un “je n’ai plus rien à me mettre, que fait Mouth avec ses lessives ? tout est par terre dans la chambre faut qu’on range un peu”. J’avais en plus 4 machines à faire au minimum, ayant en bonne mère indigne décidé de ne pas laver ce qui n’était pas dûment mis dans le panier de linge sale.

Pulchérie partie, Delphine s’occupat de la chambre seule. Une fois par mois elle en changeait toute la disposition, et rangeait à fond, ce qui lui donnait des courbatures pour 4 jours. Le lit eut 27 places, dont une au milieu de la chambre, le dit lit transformé en canapé (relever un sommier pour faire dossier ne lui posant aucun problème, le tout étant de le fixer mais elle était d’une ingéniosité diabolique (j’en ai déjà parlé)).

Maintenant que Delphine est partie, j’aimerais beaucoup faire de cette chambre une chambre d’amis, où elles pourraient dormir lors de leurs visites… Manque de bol il y a tous leurs cours qu’elles ne peuvent se résoudre à jeter après tri (elles peuvent garder leurs rédactions qui nous font toujours mourir de rire), un canapé rescapé du premier appart de Delphine, 3 coffres pleins à craquer, et tout un tas de bardas qu’un de ces jours je m’en vas descendre aux poubelles, ou brocanter.

Et depuis le temps que je le dis, un beau jour je vais le faire !!!!

PS : C’est fait : Delphine et Pulchérie ont pris le taureau par les cornes et c’est une vraie chambre ! (sauf pour le papier et les peintures, et que du coup j’y mets mon propre bordel) SNIF car ce n’est plus la chambre “des filles“. (Jamais contente !)

La vie n’est qu’une gigantesque pitrerie (je vous ai bien eus sur ce coup là !)

Posté le 8 janvier '07 par Calpurnia, dans Ah ces mômes !. Pas de commentaire.

Les filles on part en vacances !!!!!

D_part_en_vacances_57210945Echaudée par un départ en vacances annoncé trop tôt (c’est quand dans une semaine ? C’est quand après demain ? c’est quand demain ? aujourd’hui on est demain ?), je préparais les valises en douce pendant que les filles faisaient de la soupe dans le jardin avec de l’eau, de l’herbe et un sac de plâtre oublié par le plâtrier (un saladier de fichu entre autres) sous l’oeil intéressé de la chienne et du chat, qui adoraient les inventions des filles (elles étaient bien les seules à l’époque).

Les filles en voiture (leur cousine devant nous rejoindre le lendemain par avion avec billet “enfant voyageant seul” façon de parler tout l’équipage s’occupant de l’innocente), Albert un mouchoir à la main, me voici partie sur le coup de 18 heures avec la chienne et mes deux gamines pour faire 800 km et rallier les Saintes Maries de la Mer où mes parents prenaient pension 1 mois par an (toujours juillet, août ils ne pouvaient pas), et nous attendaient de pied ferme.

Albert devant nous rejoindre pour la dernière semaine. Après nous devions rallier une autre villégiature en bord de mer pour y passer 3 semaines et continuer à y martyriser les filles (avec sadisme, on l’aura compris).

Je ne vous parle pas des bagages encombrant le coffre de la grande voiture dont le réservoir faisait très exactement 81 litres (voir Albert et sa voiture) : “tu n’auras pas à refaire le plein ma chérie”. Et dont le quart seulement du contenu était utilisé au retour (je parle des bagages, le réservoir ayant ses limites)…

Au bout de 3 km “quand c’est qu’on arrive, c’est long !”. Que celui qui n’a jamais entendu cette phrase fatidique alors qu’il y a 800 km à faire, me jette la première valise (excepté ceux qui n’ont pas d’enfants bien entendu). Que celui qui ne l’a jamais prononcé en fasse autant (sauf s’il n’a jamais fait plus de 3 bornes en train ou en voiture…)

Ne pas déprimer du tout. Je me disait qu’il était 18 heures 05, qu’elles étaient crevées et qu’elles allaient dormir, ayant mangé avant de partir (la salade de riz et le riz au lait, ça plombe l’estomac). Une mère c’est toujours un peu innoncent et ce, jusqu’à un âge avancé.

Venait le moment où elles se demandaient qui prenait le plus de place à l’arrière et décidaient que c’était dégoutant que l’autre prenne plus de la moitié du siège. Coups de pieds, crêpage de cheveux, hurlements dangereux pour la concentration du conducteur. Eh non à l’époque le réhausseur n’était pas obligatoires, on se contentait de leur boucler une ceinture qu’elles débouclaient immédiatement (pas obligatoire, on renonçait rapidement).

Premier arrêt “claques” (j’étais une mère indigne) à l’entrée de l’autoroute au bout d’une demie heure, sous l’oeil horrifé d’un routier à qui Pulchérie tirat la langue. Il fut encore plus horrifié sans doute à mon départ, car le lendemain elles m’avouèrent lui avoir montré leurs fesses au démarrage, ces petits coeurs. Un gosse qui pleure après le deuxième arrêt “fessée” n’est pas long à s’endormir, et nous voici arrivées sur le coup de minuit trente, et Albert rassuré m’aboyant dans l’oreille “à combien tu as roulé ?????” “Ben 180 il n’y avait personne sur l’autoroute” (exact, c’était en milieu de semaine vers le 7 juillet). Lui en effet se traînait à 50 au volant de la Mercédès sans doute ? et les radars ne pullulaient pas comme de nos jours… Moi j’allais toujours trop vite (6 H 30 pour 800 bornes avec personne sur la route, c’était honnête) (et ce n’est pas moi qui se fit prendre à 250 au lieu de 90 et condamner à rouler à bicyclette pendant 3 mois, ceci après notre séparation, ce qui me fit bien ricaner, (je sais je suis une garce immonde)).

Albert m’ayant quitté et le divorce ayant été prononcé, un peu à l’aise rapport à ce que j’avais touché, le juge ayant trouvé mes exigences normales, je les emmenais à Crète pour deux semaines, dans un centre prévu pour les enfants (on notera qu’elles étaient réellement martyrisées). Silence sur ce voyage, bouclage des valises par surprise, et direction l’aéroport où pour une fois elles furent sages, assises avec leurs petites robes et chapeaux sur les deux trois valises, et un peu angoissées de la disparition de leur môman, alors que j’allais me renseigner sur le retard de l’avion, les ayant confiées à un vigile attendri (pauvre naïf).

Dans l’avion elles furent un peu impressionnées le temps du décollage. Après elles eurent soif, faim, et envie de faire pipi toutes les 15 minutes (c’est rigolo les toilettes dans l’avion, et l’hôtesse qui donne du chocolat chaud et un croissant dès qu’on meurt de faim). Elles boudèrent les crayons de couleur et le papier offerts par une hôtesse aguerrie, et repérèrent tout de suite les copains qu’elles pourraient se faire à grand renfort de courses dans l’allée centrale. Pas de bol ils étaient dans un autre club, celui que j’eusse dû choisir, le mien se révélant pourri…

Mais cela c’est une autre histoire… Un enfant en avion ne risque pas de faire une phlébite lui, c’est moi qui vous le dit.

Je m’égare. Le “quand c’est qu’on arrive” est la phrase clef du départ en vacances, à renoncer d’y aller…

(Non mais sinon c’était des anges. Elles étaient juste vivantes mes petites puces que j’adore… Mais la vie n’est qu’un long calvaire)

Posté le 2 décembre '06 par Calpurnia, dans Ah ces mômes !. Pas de commentaire.

Faites attention… Part 1

Faites_attention_56800983Il faut faire très attention à ce que l’on dit à un enfant : il va le répéter, parfois de travers… En règle générale il faut faire très attention à ce que l’on dit devant un enfant, car il comprend plus qu’on ne le croit.

Ca écoute et ça cause. Ca interprète, ça comprend. Je le répète ayant eu un exemplaire (Delphine), qui parlait peu mais comprenait tout bien pour le sortir au moment où l’on ne s’y attendait pas et devant qui il ne fallait pas

On se rend compte de la capacité d’écoute le jour où l’on dit “ah merde alors !” et que dessous la table où le chérubin essayait d’avaler un rang de perles sort un “amedalow”. Regards échangés : ne plus dire de gros mots : ça va être dur (plus le temps passe et plus on est grossiers je ne sais pas si vous l’avez constaté, mais je devais avoir 16 ans quand j’ai entendu Jean Poirotte dire “merde” pour la première fois).

On découvre alors nos travers de parlotte. Albert s’est rendu compte qu’il disait “putain” tout le temps quand Pulchérie s’est mise à charabiater des “utain de véviette (serviette)” “utain de avon (savon)” “utain de cuillère qui tombe !”. Moi c’était “bon alors !” “bon alors tu dis quoi mamie ?” “bon alors tu veux quoi papy ?” “utainbon alors a pas faim”… C’est charmant ! On réalise qu’il va nous falloir environ 10 ans pour échanger notre infirmité de langage contre une autre…

Vient le temps où le chérubin boit nos paroles (ça reste bref). J’expliquais donc à Pulchérie que tante Hortense était une très vieille dame (95 ans tout de même) avec laquelle il fallait être gentille, vu qu’elle était très vieille. Très vieille c’est quoi : “ben elle va bientôt mourir, elle aime bien parler avec les enfants parce qu’elle n’en a jamais eu son fiancé étant mort à la guerre dans les tranchés, il faut être gentille” (son père et toute sa diplomatie et sa délicatesse légendaires).

Tante Hortense était une vieille dame poudrée, propre, sentant bon et toujours bien habillée, pas de quoi faire fuir à part la moustache que je ne sentais plus, mais que Pulchérie sentait bien. “C’est parce qu’elle est vieille ma chérie” réponse “je ne veux pas être vieille avec de la moustaaaaaache et je ne veux pas lui faire un bisouuuuuu” “mais non ma chérie, tu ne seras jamais vieille avec une moustache, et il faut lui faire un bisou (rappel de son père “elle est très vieille et toi aussi tu aimeras qu’on te fasse des bisous quand tu seras très vieille!!!!”)

Heureusement la pauvre femme était très dure d’oreille, car un dimanche passé en famille, Pulchérie faisant le zouave avec son cousin dans les pommiers alors que Delphine têtait avec application (c’est fou ce qu’elle a pu manger avec application), arriva le moment où il fallut raccompagner tante Hortense chez elle. Moment fatal du bisou et de l’au-revoir à l’aïeule. Rassemblement des trésors.

Et Pulchérie de faire la leçon à son cousin le doigt en l’air :

  • “Il faut être gentil avec tante Hortense et lui faire un bisou, parce que son fiancé est mort à la guerre dans une tranche chiée, et en plus elle va bientôt être morte et c’est pour ça qu’elle a de la moustache et qu’elle pique…”

Oui, heureusement qu’elle était sourde, la pauvre.

Sinon quel calvaire !!!!!

Posté le 9 novembre '06 par Calpurnia, dans Ah ces mômes !. Pas de commentaire.

Les filles et la Toussaint…

Les_filles_et_la_Toussaint_10147881Quelle rapport entre cette photo et la toussaint vous direz-vous ?  c’est la fête de tous les saints donc celle des filles aussi (la fête des morts c’est le 2 novembre, mais comme ce n’est pas férié on profite du 1er pour aller au cimetière ce qui est toujours une sortie gaie).

La Toussaint étant passée, je peux en parler en regrettant ce merveilleux jour où je me suis levée vers 11 H 30… (on aura compris que je suis matinale de nature)

J’avais une grand mère qui était très croyante. Personne ne savait d’où cela lui venait, dans la mesure où ses parents ne l’étaient pas. Apparement elle avait fait un voeu pendant la dernière guerre (en Europe), et mon grand père étant revenu après 5 ans de captivité, elle a dû penser que dieu existait forcément.

Comme tous les convertis sincères, elle en faisait beaucoup trop. Elle a réussi à dégouter ses trois enfants de la religion. Pour ses petits enfants elle a fait de son mieux, et surtout tiré la tronche quand on lui a annoncé qu’on n’irait plus à la messe avec elle le dimanche, communion faite pour avoir plein de cadeaux (sauf pour mon frère et la dernière qui avaient été réfractaires). Elle n’a trop rien dit que je ne me marie pas à l’église et mette au monde mes deux filles dans le péché en plus de la douleur pour l’aînée.

Avec les filles elle a tenté le coup la malheureuse et cela a été un échec total.

C’était une arrière grand mère gâteaux avec les filles. Elle s’en occupait beaucoup, et nous la voyions souvent, surtout qu’elle passait le mois de juillet avec mes parents où je les retrouvais souvent + pas mal de WE mon grand père nous ayant hélas quitté bien trop tôt.

La maison louée années après années en Camargue donnait sur une place avec un christ en croix d’au moins 3 mètres de haut qui impressionnait beaucoup Pulchérie quand elle allait se faire payer une glace ou acheter le pain avec son arrière grand mère. Ma grand mère se fit donc une joie de lui expliquer le chemin de croix, le calvaire, pâques et les cloches, les saints, la trinité, la résurrection et tout le bataclan, avec l’impression d’avoir marqué un coup contre l’obscurantisme de sa descendance.

Pour noël je faisais une crèche car j’adore les santons et que cela faisait partie de mes noëls de petite fille, ma grand mère ne mettant le petit jésus qu’une fois que nous étions couchés, et c’était un miracle de constater qu’il était apparu dans la nuit du 24 au 25 décembre. Sinon je lisais plutôt aux filles mes bouquins d’enfance sur le père noël et son traineau et je zappais un peu le pourquoi de la crèche : on est content quand un enfant nait et celui là était un peu différent des autres, c’était un prophète (restons objectifs, c’en était un)… Comme mes santons sont de Provence, je leur faisais un petit cours sur le pays de Marcel Pagnol.

Alors que j’étais enceinte de Delphine jusqu’au menton (approximativement), au mois de juillet en vacances, Pulchérie demanda à ma grand mère de lui raconter l’histoire de Jésus à l’heure de l’apéro sacré des vacances. Ne voulant pas se faire prendre avec ses récits précédents devant témoins tous plus incroyants les uns que les autres, ma grand mère commençat avec la poésie de noël, pour être interrompue par Pulchérie indignée :

  • “Non pas cette histoire là mamie (oui c’était mamie aussi), celle où ils l’ont cloué !”

Ceci d’un ton déterminé (voire même sadique, les enfants étant inconscients), très intéressé, et même pas impressionné. Mon père fit une petite grimace : cette enfant avait bien le temps d’apprendre que l’homme est un loup pour l’homme et sa mère était priée de se servir un coup à boire plutôt que de traumatiser (?) son arrière petite fille avec des récits sanglants à l’heure de l’apéritif (car c’est sanglant de A à Z)

Du coup la pauvre arrière grand mère se rabattit sur le cimetière à la Toussaint suivante avec Pulchérie (Delphine têtant toutes les 3 heures avec application) ne s’avouant pas vaincue. Dans ma famille on n’est pas très cimetière, voire même pas du tout, encore que celui du village où habitent mes parents soit ravissant et qu’on y ait plein de monde dedans (d’ailleurs c’est ma volonté, je veux y non être un jour). Bref ce n’est pas l’endroit où j’emmenais promener Pulchérie et quand j’y vais, c’est toute seule et en dehors des jours obligatoires, un jour de cafard gris, car je le trouve apaisant (et que c’est fou le monde que je connaissais vraiment qui y non est maintenant !). Ma grand mère y allait elle très souvent.

Donc visite au cimetière avec allusion au paradis où l’on va forcément un jour si l’on est sage (hem), parce que Jésus est mort sur la croix pour cela et tout le blabla. D’ailleurs toutes les personnes qu’elle lui faisait “visiter” la regardaient de là-haut et l’attendaient ce qui inquiéta la petite. Pulchérie nous demanda des précisions sur le sujet à son père et moi, grillant ainsi son arrière grand mère cette innocente… Seule réponse à faire à une enfant de 4 ans : “tu as bien le temps d’y réfléchir, tout ça ce sont des bêtises et je vais te lire Bambi (dont la mère… Non je vais te lire Merlin l’enchanteur)”, car à 4 ans on est immortel. En plus on ne tenait pas spécialement à la voir entrer un jour dans les ordres, pour peu que la grand mère réussisse son coup… Des années auparavant elle avait terrorisé ma soeur en lui disant que si elle mourait elle deviendrait un ange : le mot “ange” fut interdit pendant de longs mois…

N’empêche que Pulchérie adoraaaiiit aller au cimetière tous les ans, plusieurs fois par an avec son arrière grand mère, avec une prédilection pour la Toussaint. “C’est joli maman, c’est plein de fleurs, je peux courir sur les tombes et me suspendre aux croix….” (je la visualise pleinement en train de faire le zouave sur des tombes, ma grand mère ramassant les mauvaises herbes). Delphine était moins fan sur cette promenade là : rien à manger, et ce n’était pas elle qui aurait risqué de se casser un bras en faisant de la barre asymétrique sur une croix : on n’est jamais trop prudente devant les saints du paradis qui peuvent vous priver de desserts… Je me demande ce que font les enfants musulmans au cimetière : c’est la chose qui frappe le plus en pays musulman, cette absence de croix (de barres asymétriques où se surpendre). Je me demande également encore comment ma grand mère a pu laisser Pulchérie faire de la gymnastique dans le cimetière, mais elle n’a peut-être pas pu faire autrement : cette enfant adorait grimper partout et on arrivait souvent trop tard…

Posté le 7 novembre '06 par Calpurnia, dans Ah ces mômes !. Pas de commentaire.