RV pris avec Delphine pour le mardi 22 juin, le mariage ayant lieu le 26, il était plus que temps, mais avant, j’avais encore un kg à perdre (le pire)
Je pars à Paris en traînant les pieds, comme il se doit.
A la demande de ma cadette, j’ai emporté tout ce qui est à pois ou à rayures récusé par sa soeur, au cazoù qu’il soit possible de créer un bel ensemble en achetant juste une pièce. Mes deux filles n’ont pas toujours les mêmes goûts…
Et comme de coutume j’ai de quoi survivre trois jours dans le train en cas de grève inopinée, mon portable chargé à donf, et mon litron de flotte…
Je préviens Delphine de mon heure d’arrivée “t’inquiète maman, tu vas jusqu’à Nation, gendre n°2 viendra t’y attendre”.
Après ça merde, Delphine va être en retard, que je l’attende à Nation, où nous découvrirons que nous étions dans le même métro.
Je me sens mal barrée pour l’après midi qui va suivre (il est déjà 13 H), car j’ai mal aux pieds malgré mes immondes chaussures de marche. Et donc, je souffre à l’avance des longues heures de déambulation que va m’infliger ma progéniture.
Chez Delphine je me restaure un peu. Elle trie quelques vêtements qui lui semblent plus que corrects, et se prend RV chez le coiffeur pour un balayage.
“Et toi maman, tu ne veux pas te faire faire un balayage ? Ce serait mieux”.
Ruinée pour ruinée, j’accepte. D’autant que nous devons nous rendre chez Pulchérie, après l’achat de ma tenue, et que face à mes deux filles réunies, je vais forcément craquer. Autant le faire tout de suite…
Delphine qui connait sa mère tout de même, a fait du repérage dès qu’elle a su que j’allais finalement venir à Paris. Direction boutique n° 1 chez COS où elle prend 5 ou 6 robes nonobstant mes protestations : j’étais plus branchée pois que rayures et je porte du XL.
- Maman, tu ne te vois pas comme tu es, je te prends du médium.
Ca craint du boudin pour la suite.
Cabine d’essayage, une vraie, où il y a de la place, la première robe marinière ne va pas du tout, même en faisant abstraction des chaussures de marche. Delphine est d’accord, cela va faire torchon en 10 minutes.
Autre robe marinière, avec des épaulettes, dont le tissu est d’un autre style, du genre qui ne vire jamais au torchon. Je l’enfile et là, c’est la révélation : c’est ma robe ! Et en médium en plus ! Emballé c’est pesé, le prix correspond à mon budget. Delphine elle-même ne me suggère pas d’essayer le reste, elle est conquise également.
10 minutes dans la boutique, il n’y aura pas de boutique n° 2, Delphine est ravie et moi aussi, je n’aurais pas à déambuler dans Paris la bave aux lèvres. Reste à se faire le coiffeur et à nous faire faire nos balayages…
Et avant tout, à nous rendre chez Pulchérie, car c’est chez SON coiffeur que nous devons aller. Un jour, elle lui a fait une bonne pub sur son blog, et depuis, toute sa famille bénéficie d’un tarif préférentiel, vu la clientèle nouvelle qu’elle lui a apporté.
M’en fous du coiffeur : j’ai ma robe !!!!!
Et exit la pelle du 18 juin !!!
Je profite de la future réforme de l’aurtaugrafe pour faire des jeux de mots laids…
Je me marre toute seule, mais ne vous inquiétez pas, c’est héréditaire… Je tiens ça de mon père qui le tient de son grand-père, BREF, c’est grave et personne n’a trouvé de remède contre cela. (J’en connais une qui va songer à son mari en lisant cela…)
En juin, je préparais un post important concernant l’appel du 18 juin que personne ne lirait, vu que les journaux ne parlaient que de ça (pour compenser les exploits de nos footeux, alors que du coup la sorcière elle nous gonfle), et je me suis tortorée la pelle du 18 juin à moi toute seule…
Farpaitement, même pas besoin de radio Londres pour faire cela correctement.
Un français ne parlait pas aux français, je n’ai demandé à personne de prendre “les armes citoyens” ! (éventuellement j’aurais pu y songer rapport à la SS (la Sécu !))
Non, j’ai juste montré à Pulchérie plusieurs tenues éventuelles pour son mariage.
Elle nous avait imposé un dress code : pois ou rayures. Après coup je me dis qu’elle avait bien raison, car il était charmant de voir que quasi tout le monde avait joué le jeu, mais quand j’avais su la chose, au départ j’avais été moyennement ravie, vu qu’à la Grande Motte dans une autre dimension, je m’étais achetée un ensemble jeune, joli, m’allant bien, mais sans pois ou rayures…
J’ai donc sorti tout ce que j’avais à pois ou à rayures de ma garde robe pour le soumettre au regard critique de la future mariée…
Et puis me restait à montrer ma tenue exclusivement à pois. Toute neuve, achetée pas chez n’importe qui… il y a 3 ans… Du genre indémodable qui peut traverser 5 générations…
Bilan :
- C’est moche
- Ca fait vieux
- La couleur est immonde
- Tu ne vas pas mettre ça…
- Ouais, ben ça a bien dû les faire, les 5 générations…
Je me suis sentie très con. J’en ai pleuré pendant un bon moment, mais il y a des moments où je pleure de pas grand chose, avant que la mariée future ne réalise que sa mère était vraiment mal. Et quand le futur lui a précisé qu’elle ne supportait aucune critique et qu’elle pourrait faire attention à ce qu’elle dit, elle était péteuse et est venue me consoler, bourrelée de remords…
A sa décharge, elle profitait en plein du stress pré-mariage. On peut la comprendre… N’empêche que :
La pelle du 18 juin je me la suis prise en pleine tronche, aussi bien que si cela avait été un râteau laissé dans l’herbe les dents en l’air…
Finalement, j’ai appelé Delphine qui me tannait pour que j’aille à Paris choisir ma toilette AVEC elle, et je lui ai dit “OK”, en soupirant. Il était temps, c’était le mardi précédent le mariage (toujours rapide…)
Tous ceux qui me connaissent, savent que je déteste aller à Paris, que je déteste faire les boutiques, que je déteste m’acheter des fringues, et que je suis donc, pour une femme, un peu givrée…
La vie n’est qu’un long calvaire !
(PS : j’ai modifié ce post, déjà édité en son temps, mais que j’avais retiré, ayant eu pas mal de commentaires désobligeants concernant Pulchérie et son dress-code. Donc, commentaires désobligeants s’abstenir !)

Le mercredi je pars à la recherche de l’itinéraire qui m’avait servi pour me perdre, la bonne rue étant en travaux en septembre dernier…
Impossible de remettre la main dessus, et tous les sites “itinéraires” refusent de me donner le trajet que je connais théoriquement, à savoir quitter le périf sud Porte de Montreuil pour m’égarer dans le 20ème…
Non, ils ont décidé de me faire passer ailleurs. Or, je veux faire 90 % du voyage sur une portion que je connais !!!
Delphine me rassure, Porte de Montreuil n’est finalement pas le plus simple, je t’envoie un mail ma petite maman, pour t’expliquer à partir de la Porte de Vincennes. Elle ne sait pas comment arriver Porte de Vincennes, mais ce n’est pas grave, moi je sais, pour une fois…
Je lis le mail en diagonale. On ne devrait jamais lire les trucs en diagonale, surtout quand “ON” c’est moi, et que je pars à Paris en voiture. En rayé, ce que je n’ai pas lu.
“Porte de Vincennes direction nation
prendre la rue des pyrénées qui se trouve être la deuxième à droite (deuxième à partir de la porte de vincenne). Puis remonter la rue. Prendre la Xème à gauche etc…
Je note donc scrupuleusement NATION, deuxième à droite, puis Xème à gauche, sans oublier le ETC… très important.
- Je pshitte du Feliway qui rend les chats heureux, dans la caisse de transport de Diabolos qui n’est tout à coup pas du tout heureux, vu déjà que sa caisse à litière a disparu de la cuisine, ainsi que son petit couffin du salon, et qu’il sent l’arnaque arriver.
- Pour lui phéromones apaisantes = voyage en voiture, c’est clair.
- Je le récupère dans le clic clac de l’ancienne chambre des filles
- Il miaule
- Je miaule en retour, ce qui ne donne aucun résultat, et j’arrive à le faire entrer dans sa caisse malgré les 4 pattes écartées, je ferme la caisse, et il débute “l’air des bijoux“.
- Je hais “Faust”
- En voiture
- 12 H 45 : ca démarre
- Jusqu’ici, tout va bien.
- Ca roule
- Pas tellement en face, le vendredi après midi les embouteillages commencent sur la RN10 dès 12 H 47 (la preuve) dans le sens Paris =>Province. Je vais me faire chier pour rentrer.
- Pour l’instant tout va bien
- Prise du périf sud, curieusement fluide
- Ah non, un bouchon (cela m’aurait manqué)
- “Diabolos tais-toi”
- “Miaou” répond-il en grattant frénétiquement dans sa caisse.
- Feliway un jour Féliway toujours seulement.
- Porte de Vincennes, je suis sauvée, je sors.
- Je zieute mon mémo, NATION est fléché, c’est aisé.
- Je passe entre les colonnes de NATION
- Puis je m’engage sur le rondpoint de la place de la NATION
- Chic il y a une contre-allée, je vais trouver aisément la deuxième à droite.
- Il est 13 H 45, pour être chez Delphine à 14 H je suis large.
- Quel dommage de ne pas pouvoir contempler avec admiration dégoût les horribles statues figurant la Nation, la Liberté en avant, la Victoire en chantant et j’en passe. Ce n’est pas de ma faute si sur le plan artistique je les trouve d’un goût douteux…
- Y’a aussi le mec je ne sais plus où avec le même bonnet, la bouche ouverte parce qu’il chante, à poil avec juste un morceau de chiffon cachant le plus intéressant de l’homme, qui brandit lui aussi un drapeau, mais ne nous égarons pas…
- Je déteste l’image de la République avec bonnet Phrygien. D’autant que Liberté ou République ont toujours un nichon à l’air. C’est confortable sans doute pour brandir un drapeau.
- M’en fous de la République et de la Liberté en avant (la Victoire en chantant m’échappant tout à coup totalement), je prends la deuxième à droite. En suivant donc les indications, puisque le nom du boulevard n’est pas visible de là où j’arrive. Le nom du boulevard est visible uniquement pour ceux qui emprunteraient le sens interdit, puisque je suis sur une voie à circulation sens unique.
- Merde, ce n’est pas le bon boulevard.
- Si je croise celui qui a accroché les noms des rues dans Paris, je l’émascule.
- Ceci pour le cas où un masochiste attendant la mort se promènerait tel un homme sandwich avec écrit en gros “c’est moi qui ai accroché TOUS les panneaux dans Paris et je vous emmerde”
- Même Bruce Willis il ferait pas.
- Je tourne dès que je le peux.
- Je reprends la contre allée, nettement moins optimiste qu’il y a 5 minutes.
- Je demande à trois reprises où est cette fichue rue que je cherche
- On me répond trois fois que c’est la prochaine à droite.
- Putain ce n’est pas possible, c’est toujours le dernier Kinder Bueno et la prochaine à droite !!!!
- A gauche d’un autre côté ce sont ces statues vraiment moches !!!!!
- La Xème fois (je ne sais plus compter) je me retrouve Boulevard Charonne. Je sais que je ne suis pas loin, mais la carte du 20ème ne s’est pas incrustée correctement dans mon cerveau.
- Pourtant je l’ai fixée pendant 10 minutes la veille, avec les jumelles, la loupe de papa.
- Puisque c’est comme ça, je me gare sur un passage piéton et j’attends la mort.
- La mort risque d’être lente à venir, même si le jour fatal où elle va se pointer, ce sera forcément trop tôt, on est d’accord, mais je ne suis pas en état de philosopher.
- Du coup j’appelle Delphine en éructant que j’attends la mort, et qu’une putain de bordel de merde de connasse m’a indiqué la mauvaise direction
- Delphine me suggère d’être polie, de ne plus attendre la mort, mais d’aller rejoindre la contre allée de la place de la nation, de me garer où je peux en mettant mes warnings : elle arrive.
- Au moment où j’ai réussi à me remettre dans la bonne direction, elle me rappelle pour me dire de rester Boulevard Charonne, elle arrive.
- Putain, je ne peux pas rester Boulevard Charonne vu que je viens tout juste de le quitter retrouver la contre allée. D’ailleurs, je suis garée avec mes warnings entre une station de Vélib et une station RER et j’attends la mort je l’attends de pied ferme.
- Le prochain qui me demande la direction de l’abbaye des Vaux de Cernay dans mon coin, je le dirige direct sur Trappes zone de non droits, ha mais !
- “Miaou” fait le chat
- “Ta gueule” que je lui réponds.
- A tous les coups Delphine va me rappeler pour me demander dans quel angle je suis.
- Place de la Nation et… pas d’indication du nom de la première à droite. Ce doit être visible du mauvais côté.
- Si un homme sandwich se pointe, vantant les mérites de signal, je l’émascule avant de le sodomiser avec son tube de dentifrice et de l’égorger.
- Je demande à une dame qui me précise que c’est le boulevard machin truc.
- Au moment où elle me donne cette précise indication, je vois ma fille dans le rétroviseur.
- Je suis sauvée.
- Elle monte dans la voiture en rigolant un peu tout de même, et prend la caisse de Diabolos sur ses genoux.
- “Miaou” fait le chat sur un autre ton, car il a reconnu sa soeu-soeur…
- Je précise à Delphine que j’eusse mieux fait de m’en tenir à la porte de Montreuil, où j’ai des potes pompiers ou flics.
- Plein de potes pompiers ou flics.
- Elle me dit que l’imparfait du subjonctif fait un peu has been, et qu’effectivement j’ai dû bien m’énerver.
- Je cause à l’imparfait du subjonctif si je veux, et je trouve hallucinant qu’elle ait trouvé le bon nom du bon temps en même pas une seconde. Parce que si l’on sait parler et écrire, à partir d’un certain âge on ne sait plus quel temps on emploie ou ce qu’est un complément circonstanciel de temps ou de lieu (parce qu’on s’en fout).
- Sans vouloir me jeter des pétales de roses, il est vrai néanmoins n’est-ce pas, bien sûr, que j’emploie assez facilement l’imparfait du subjonctif.
- Elle me répond qu’on réformera l’éducation nationale un autre jour et m’intime l’ordre de démarrer. Puis de couper mes warnings…
- 12 minutes plus tard, après avoir eu pendant le trajet avec Delphine transformée en GPS, l’explication du fait que j’avais lu le mail en diagonale, je n’avais pas à aller jusqu’à NATION, Crac, une place de libre, juste au bon endroit, dans la bonne rue.
- C’est louche.
- Non me dit Delphine ce n’est pas louche il y a toujours de la place à cette heure là.
- Comme je n’ai évidemment pas la saleté de carte de paiement spéciale Paris, je suis bonne pour une prune à 11 euros, mais tant pis, dans Paris à vélo on dépasse les autos, à la guerre comme à la guerre.
- OUF, la livraison du chat va pouvoir se faire…
Des fées se sont penchées sur mon berceau. L’une d’entre elle tenait à la main le livre “plans de Paris rue par rue et arrondissement par arrondissement”, relié tout cuir, bien lourd, et elle me l’a laissé tomber sur la tronche.
J’vois qu’ça…
Et la prochaine diagonale que je rencontre, je lui pète un genou…
Je ne précise plus rien concernant les publicités vivantes…
La vie n’est qu’un long calvaire…

Je sens que vous ricanez à l’avance, et vous n’avez pas tort, mes démêlés en voiture à Paris semblant ne pas devoir avoir une fin heureuse un jour…
Cela a commencé bien avant les fêtes, quand Delphine m’a déclaré au téléphone que gendre n°2 (qui n’aime pas les chats) et elle, prendraient bien Diabolos en vacances pour 3 ou 4 semaines.
Le “petit” chat leur manquait depuis que je l’avais repris après un catnapping avorté, 1 semaine après mon retour de la Grand Motte fin septembre.
Elle est revenue à la charge des trémolos dans la voix à plusieurs reprises, puis m’a envoyé un mail à m’en faire pleurer, d’ailleurs, j’en ai pleuré grave ma mère qui ne se doutait de rien.
Ce n’est pas que je voulais les priver de ce chieur ce plaisir, mais leur confier Diabolos implique je j’aille à Paris EN VOITURE.
Mon cauchemar. Vous le savez bien…
Sinon, je veux bien éventuellement malgré les menaces terroristes, aller à Paris en vélo en train et éventuellement prendre le métro une arme défensive à la main puisqu’aucune de mes filles n’a le bon goût d’habiter à la sortie de la gare Montparnasse (faites des gosses qu’ils disaient…).
Mais avec Diabolos dans sa caisse de voyage qui se prend pour la Castafiore + le bac à litière (avec couvercle) + les croquettes + la litière, prendre le train toute seule m’est impossible (visualisez la mitraillette anti agression NDD !) puisque l’esclavage est interdit louer une personne complaisante pour m’accompagner en portant le plus lourd est hors de prix, aucune bonne âme ne me proposant spontanément de m’accompagner pendant Pékin express le périple.
Donc j’ai craqué et j’ai dis OK, devant le dernier mail émouvant “nous voulons prendre le petit chat en vacances sinon on se suicide à deux“. A mon avis et je le partage, Diabolos n’a pas la moindre idée de ce que peuvent bien être des “vacances”, surtout quand cela débute par 1 H 30 de voyage en voiture, avec un animal de compagnie qui éructe au volant d’une voiture qui pue et qui fait vroum…
Donc j’ai craqué (bis), et il a fallu tout d’abord déterminer quel jour de la semaine je pourrais emmener le chat, “en vacances”.
- Je tenais en effet à voir ma fille un gros minimum de temps (loupé)
- Je voulais également voir gendre n° 2 qui est un charmant garçon que j’adore autant que Gendre, sans être effleurée le moins du monde par l’idée que peut-être éventuellement certainement, gendre n° 2 s’en tape grave les baloches de voir sa belle doche (ça rime super bien, je m’applaudis au passage, c’est souvent, je le sais, mais je m’applaudis si je le veux, d’abord).
Delphine m’a donc précisé “mercredi 19 janvier”, date à laquelle je les trouverais tous les deux au garde à vous pour attendre la petite bête ravie d’avoir voyagé en voiture d’arriver chez eux pour des vacances.
Puis elle m’a rappelée en me disant que le jeudi ce serait mieux, parce que du coup, on pourrait se voir avec Pulchérie en plus du reste (chouette !!!).
Puis elle m’a rappelée pour me préciser que le jeudi après midi, elle travaillait, car c’était son après midi de la semaine où elle bosse en plus des WE, et que Pulchérie n’était pas libre (fille ainée vivant limite 20 000 lieues sous les mers qui ne sont pas de la tranquillité).
Le vendredi c’était top pour amener le petit chat, ma personne au passage, voir tout le monde et passer une bonne journée.
Va pour le vendredi !
(La vie n’est qu’un long calvaire).
PUTAIN DE PHOTO QUI FAIT CHIER !!!
- 17 H 05, éjection de la pastèque. Un des plus beaux jours de la vie !!!
- 1 jour : Rompich, Rompich (sous le regard émerveillé de la famille qui trouve qu’elle est adoraaaable !)
- 2 jour : Rompich, Rompich (toujours sous le regard émerveillé de tous les journalistes appelés pour constater qu’elle est adoraaaable !)
- 3ème nuit : OUIINNNNNN ! (sous le regard nettement moins émerveillé de la mère qui doit en plus se farcir la montée de lait qui n’arrive que tardivement et on n’est jamais assez prévenue…)
- 4ème nuit : OUIINNNNNN ! Le staf de la maternité débarque pour vérifier que c’est bien de cette chambre que vient le cri qui a chassé tous les prédateurs alentours (seule la mère peut tenir, sauf qu’elle a les seins en béton armé et peut poser son menton dessus, pour la première fois de sa vie)
- Toutes les autres nuits jusqu’à la trentième : OUIINNNNNN ! (même les cafards peuvent déserter, je le suppose, vu que je n’en avais pas chez moi. Par contre le père a émigré dans le salon, car il travaille, LUI)
- 1 mois : OUIINNNNNN !
- 1 mois et un jour, la nuit : Rompich, Rompich (quel trésor, elle se réveille quand pour que mes seins n’explosent pas ?)
- 1 an : a gatiou a plou ! (coup dans la cuillère, la mère nourricière entièrement aspergée de compote de fruits rouges)
- 18 mois : a gatiou a plou, nano na pas zentil, a tiyer doudane (je n’ai plus faim, Arnaud (le cousin du même âge) me fait suer, je retire mes sandales)
- 2 ans : pas dodo, pas dodo
- 3 ans, z’vais à l’école à la rentrée, pas dodo, pas dodo
- 4 ans : pas l’école dimain ! pas dodo, pas dodo
- 5 ans : z’aime plus zoël, ze préfère gaspard, pas dodo, pas dodo
- 6 ans : je vais à la grande école à la rentrée, pas dodo, pas dodo
- 7 ans : la maitresse est nulle, j’fais dodo ce matin
- 8 ans : je n’ai pas de devoirs à faire, j’ai besoin de faire dodo
- 9 ans : il me faut absolumment une console Truc pour faire dodo
- 10 ans : mamannnnnn ! j’ai les seins qui poussent ! Non, je n’ai pas sommeil j’écoute quand ça pousse.
- 11 ans : me v’là en sixième, on passe son temps à passer de petit à grand, pour retourner chez les petits, j’en ai marre ! Ca me rend insomniaque
- 12 ans : les profs sont tous des cons, ça me flanque la migraine, du coup je vais me coucher
- 13 ans : tu peux me rendre la télécommande de la console truc ? Comment ça ? ça empêche de dormir ? RIEN ne m’empêche de dormir.
- 14 ans : ma rupture avec Thomas m’a ruinée, tu n’as pas un somnifère à me refiler ?
- 15 ans : ma soeur m’emmerde, c’est trop con à 12 ans une fille.
- 16 ans : je suis assez grande pour savoir ce que je fais, j’éteins quand je veux
- 17 ans : comment ça “debout !”, il est à peine midi…
- 18 ans : j’suis majeure et libre de te dire merde, mais non j’rigole !
- 19 ans : dis, éventuellement, je peux rester jusqu’à 30 ans ?
- 20 ans : comment ça “debout !” il est à peine 14 heures !
- 21 ans : dormir, tu me fais ricaner doucement, j’ai mes examens dans 3 semaines
- 22 ans : tchao p’tite maman, j’file à Paris, j’ai trouvé une chambre de bonne. Au fait je t’emprunte temporairement tes tourne-vis (et je te pique ta pince à épiler)
- 23 ans : ouiiiii je saiiiiis qu’il est 3 heures du matinnnnn, mais j’ai trop de chagrin fauuuut que je te paaaarle ! SNIF !
- 24 ans : j’fais des insomnies, tu fais quoi dans ces cas là ?
- 25 ans : tu te rends compte mamannnnn, je viens de passer le quart de siècle. Arrête de rigoler ce n’est pas drôle.
- 28 ans : Non mais tu te rends compte que je me marie demain ? c’est horrirrifiant !!!
- 28 ans : Pulchérie, acceptez vous de prendre pour époux le gentil, pour le meilleur et pour le pire, dans la santé et la maladie (non ça c’est dans les films américains).
- 28 ans : Pulchérie, acceptez vous de prendre pour époux, le gentil…
- OUI !
- 28 ans : Je suis mariée, je suis vieille !!!! Maman, ce n’est pas drôle DU TOUT !
- 49 ans (ça c’est moi) : allooooo mamannnn, Truchon m’a virééeeee, je n’ai plus qu’à mouriiiiiir ! (Vi j’ai du retard, que je m’en vas rattraper, ma mère et mon père ayant tout de même suivi…)
En fait on en prend pour perpétuité, alors que l’on est innocent (sauf concernant le côté crapuleux de la conception du trésor adoré, que je vous épargne, parce que cela reste tout de même personnel. Le trésor adoré n’a d’ailleurs participé qu’en tant que double entité ovule/spermatozoïde, alors, autant dire qu’il n’est responsable de rien)
Bon anniversaire ma chérie !
Tu remarqueras que j’ai fait un mixt et que tout n’est pas de toi !!! (sauf le mariage et la photo, et ça et là, quelques trucs à toi…)
Encore et toujours, bon anniversaire !
Ta petite maman
Ayant renoncé à devenir une artiste célèbre, j’avais été fort impressionnée, juste après la naissance de ma dernière soeur (surnommée la “suite et fin” au bout de 10 ans) par une visite organisée par le collège d’un je ne sais plus quel museum d’histoire naturelle.
J’avais été fascinée en particulier, par les animaux conservés dans des bocaux remplis de formol.
La prof de sciences nat (on les appelait comme cela, à l’époque), nous avait précisé que l’alcool conservait bien aussi, mais que pour une raison ayant trait à l’alcoolisme qui ne conserve pas le foie, on utilisait de préférence du formol.
Ce qui n’était pas tombée dans l’oreille d’une sourde.
Je me souviens que ma fascination la plus extraordinaire avait été la contemplation d’un bocal énorme, contenant un homard de 15 kg, et que devant la taille de la bête, je m’étais demandé comment on pouvait être assez stupide pour pêcher un truc de cette taille pour le mettre dans le formol au lieu de le bouffer, car j’aimais déjà le homard, découvert lors de nos dernières vacances en Bretagne où mes parents avaient dû renoncer à me faire prendre steak haché/frites au restaurant.
Mais qu’à cela ne tienne, ma nouvelle vocation était là. Si je ne pouvais pas devenir artiste, je serais la biologiste du siècle (toujours modeste). J’étais bien consciente qu’il fallait commencer petit pour percer un jour, et ce fut la chasse aux escargots, limaces et autres. Même un cadavre de mésange décédée de mort naturelle, faisait l’affaire.
Restait à conserver le truc. Le cadavre, la bête morte, l’avenir de ma vocation.
Le formol était introuvable dans l’armoire à pharmacie. Point de pharmacie dans le village à qui demander 10 litres de formol, car je voyais petit pour le départ, mais grand pour la suite. J’ai profité avec perfidie d’une visite au village voisin qui avait lui, une pharmacie, pour m’enquérir du prix du formol.
- “C’est pour des engelures ?” m’a demandé le pharmacien
- “Evidemment !” ai-je répondu alors que Mrs Tricot m’avait demandé juste d’acheter un flacon de shampoing pendant qu’elle allait acheter des soles chez le poissonnier.
Au moins, j’avais une excuse toute trouvée pour acheter du formol par petites doses (avec la monnaie du shampoing qu’on me léguait généreusement, car là, j’avais juste l’équivalent d’un flacon d’alcool à 90°), sans imaginer que des engelures en plein mois de juin c’est suspect.
D’ailleurs je ne savais même pas ce que c’était, et j’avais noté dans mes neurones encore intacts des “anges lures”, lures devant être un terme latin ou grec dont je chercherais la signification plus tard.
Le pharmacien m’eusse-t-il revue, sans doute que qu’il m’aurait-il dénoncée, mais il ne m’a point revue, car mon argent de poche était pauvre.
L’alcool conservait, ça je le savais, mais mon arrière grand mère tenait un compte très strict de son alcool à fruits, et c’était précisément le moment où elle faisait ses délicieuses cerises à l’eau de vie. Après, viendraient les prunes, les mirabelles, les confitures…
Les confitures ! Le sucre aussi, conserve. J’étais épatée par ma propre intelligence, QI 290 pour le moins, j’allais conserver mes cadavres, et même, les étiqueter…
Restait tout de même à chourer discrètement des pots de confiture vides, l’aïeule n’y verrait que du feu. C’est ce que je pensais, sans imaginer une seconde qu’une personne ayant connu les deux guerres mondiales et les privations qui allaient avec, sait toujours combien elle a de pots ou de bocaux pour faire des réserves.
J’avais décidé de conserver ma future collection de prix Nobel, dans de l’eau très largement sucrée, puisque le sucre conserve. Puis j’ai dû très rapidement renoncer au “très largement sucrée”. Mon arrière grand mère, avait en effet constaté une baisse très nette dans le sucrier et avait même demandé aux gosses, dont moi, qui qui lui piquait des morceaux de sucre. Avec les adultes elle n’avait pas osé enquêter trop avant, mais je sentais bien que sa curiosité était excitée, car une personne ayant connu les deux guerres mondiales et les privations qui allaient avec, sait toujours combien de sucre elle a d’avance !
Saleté de boches ! pensais-je, un peu désarmée…
Deux sucres par jour, cela pouvait encore aller pour ne pas se faire remarquer, sauf que pour la conservation : un animal = de l’eau + un sucre, et bien c’était insuffisant.
On pouvait savoir qu’il y avait une mésange mais uniquement en voyant les plumes. Les limaces et autres n’avaient plus figure humaine, et je n’osais pas ouvrir les pots pour jeter le tout, parce que l’odeur était franchement dérangeante.
Tellement dérangeante d’ailleurs, que malgré les couvercles des pots, c’est à l’odeur que mon grand père (encore lui), à trouvé ce qui sentait le cadavre dans la grange.
Il a été ra-vi de découvrir ma collection (seul un escargot pour qui j’avais sacrifié tout mon formol, était reconnaissable), mais surtout qu’il ne s’agisse pas d’un vrai cadavre, d’autant que le voisin avait disparu depuis 3 semaines (en fait, il était parti avec un danseur du Bolchoi, le voisin).
Sa mère a poussé des cris d’horreur en découvrant TOUS SES POTS DE CONFITURE DISPARUS, et comble de l’horreur, ON m’a fait jeter ma collection dans le fond du jardin, avant de me demander de laver moi-même les fameux pots.
Je suis restée stoïque, au bord de l’évanouissement et de gerber tripes et boyaux, en prétendant que “ça ne sentait pas si fort que ça”.
Après j’ai reconsidéré le fait de devenir biologiste. Le coup de grâce ayant été qu’après mes explications sincères, on m’avait précisé qu’il fallait être bon en maths pour faire une carrière scientifique.
Et que moi, les maths, je les aurais bien formolisées, atomisées, pulvérisées, confiturées, pour qu’on n’en parle plus !
La vie n’est qu’un long calvaire.
Quand que j’étais petite il y a longtemps, j’avais une âme d’artiste.
J’adorais les couleurs, ça, vous le savez déjà. (ICI) (Si cela marche…)
(A priori, cela marche, Dieu bénisse l’Amérique Sainte Pulchérie)
A l’époque (et en avant la Madeleine pour certains), la majorité des papiers peints n’avaient pas le fini vernissé qu’ils peuvent avoir maintenant, et n’étaient pas lessivables.
Lorsque nous habitions notre grand ensemble, au départ, mes parents avaient réservé la chambre donnant sur du calme “aux enfants”, et avaient pris l’autre, moins calme, donnant sur la rue.
La chambre d’enfants était ornée d’un magnifique papier peint avec mes favoris de Disney sur fond bleu pâle. Quand on mouillait le papier les couleurs ressortaient beaucoup mieux, c’était plus joli.
Comme nous n’avions pas le droit d’emmener une cuvette d’eau et une éponge dans la chambre (on se demande bien pourquoi), nous faisions ce que beaucoup d’enfants ont fait pendant longtemps : nous mouillions le papier avec nos langues.
D’où sans doutes l’expression “lécher les murs”… Ca nous occupait pas mal, pendant ce temps là nous ne faisions pas d’autres conneries.
Mes parents qui avaient fait de même avant nous (ils nous l’ont avoué des années plus tard), s’opposaient malgré tout à ce que nous fassions ressortir les couleur. Nous parler d’auréoles disgracieuses qui restaient une fois le papier sec, c’était comme pisser dans un violon pour faire de la musique : totalement vain.
Le problème fut partiellement résolu avec un changement de chambres : les gosses au sommeil de plomb sur la rue, et les parents au sommeil moins de plomb, sur le calme. Les Disney et leurs auréoles furent recouverts d’un papier neutre et lessivable, alors que nous nous contentions d’un papier assez moche dans l’autre chambre. Le truc de base, livré avec l’appartement neuf…
Jaunasse avec des dessins vaguement blancs qui ne ressemblaient à rien. En léchant le jaune devenait plus vif mais c’était insuffisant.
D’où l’idée un jour de faire des dessins sur les murs. L’ampleur de la tâche proportionnelle à la taille des murs, ne nous fit pas peur, et armés de nos trois boîtes de crayons de couleur, nous avons commencé des chefs d’oeuvre, pour nous décourager rapidement.
3 maisons, 3 soleils, 3 prairies plus tard, il devint évident que nous allions manquer de temps pour orner TOUS les murs.
Ma soeur et mon frère décidèrent de gribouiller dans leur coin, et moi dans le mien, parce que j’étais l’aînée et que mes gribouillages étaient plus jolis que les leurs.
Ils se contentaient de grands coup de crayons rapides, pendant que de mon côté je faisais de magnifiques circonvolutions, cercles croisés et gribouillages réfléchis, dans lesquels apparaissaient fugitivement des animaux fantastiques dont j’avais l’idée de les colorier entièrement, après…
Après quoi, je n’en sais rien, mais après, ça c’était sûr. J’avais repéré un chat à 5 pattes, 2 dragons et trois dinosaures, et j’ai commencé à remplir le chat avec le crayon violet quand tout à coup, bruit de pas dans le couloir et la voix de maman qui nous a tétanisés (je l’entends encore)
- Que faites vous les enfants ? je ne vous entends pas ! (bonne question, toujours aller voir quand on n’entend pas les enfants…)
- Ouverture de la porte
- KRIKITU : AH MON DIEU !
Confiscation des boîtes de crayons de couleur. Mercuriale et privation de dessert pour deux jours.
En rentrant le soir, papa alla contempler les dégâts en dissimulant (nous l’avons su trop tard), une véritable envie de rire. A mes propos indignés, parce qu’on éduquait tout de même les enfants à l’époque, un peu mieux qu’aujourd’hui, et que l’on essayait déjà de nous cultiver, il rétorqua que le pape n’avait pas du tout l’intention de faire repeindre à nouveau la chapelle sixtine et que ce vaste projet devait sortir de mon cerveau illico presto.
Et qu’en plus, les dragons n’existaient pas plus que les chats à cinq pattes (consternation).
Une enquête fut ouverte pour savoir qui avait eu l’idée saugrenue de me montrer les fresques de Michel Ange, en précisant qu’elles avaient bien besoin d’être restaurées (ce qui fut fait, des années après). Mon grand père paternel plaida coupable en précisant qu’il faut savoir vivre dangereusement, et qu’une vocation est une vocation.
Du coup, les boîtes de peintures furent supprimées également, nous ne pouvions plus nous en servir que dans la cuisine (lessivable), sous les yeux de maman en train de repasser.
Comme pour moi c’était la Chapelle Sixtine ou rien, j’ai renoncé à la peinture.
Et je n’ai appris que bien longtemps après, avec mes deux filles, à quel point il est parfois difficile de garder son sérieux et prendre un air sévère devant certaines conneries de gosses.
Quand nous avons déménagé longtemps après, les gribouillis étaient toujours en place, un peu pâlis par le temps…
La vie n’est qu’un long calvaire…