Je n’ai pas fait énormément de bêtises petite fille, étant en comparaison largement battue, en premier lieu par ma soeur cadette et mon frère, et par la suite par mes filles (surtout l’aînée) et mes neveux et nièces (si on regroupe tous les cousins sous la houlette de Pulchérie, on atteint limite l’extase, qui reste à définir dans certains cas).
Ce qui fait que les miennes de bêtises, réellement rares, sont passées à la postérité, quasiment inaperçues.
Je n’ai donc finalement à mon actif que des vocations contrariées, dont deux, artistiques, tuées dans l’oeuf.
Ici vient la sordide histoire de la deuxième vocation contrariée, car je raconte mes malheurs dans l’ordre que je veux, d’abord.
J’ai toujours été passionnée par les couleurs. Je trouvais que l’arc en ciel était pauvre, si je le regardais par la jumelle de mon imagination débordante. Des couleurs, il en manquait des tas !!!
Rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet, pfffft, allez tous vous faire foutre que je pensais, c’est PAUVRE.
Pour les vacances de Pâques 1969, mes parents avaient placé leurs trois ainés dans la famille, maman devant accoucher du dernier à cette période là (en fait non, la dernière a attendu notre retour pour pointer son nez). Je m’étais retrouvée donc, en séjour chez mon arrière grand mère et mon grand père, d’où j’envoyais entre autres à maman des lettres terrifiantes par leur orthographe (mais cela ne l’a pas fait accoucher plus tôt, pourtant il y avait de quoi).
J’aimais toujours imaginer des couleurs nouvelles, transcendantes, cela va sans dire. Je n’ai jamais fait dans le mesquin quand il s’agit d’art. Surtout à cette époque là…
J’adorais le bleu, le mauve, le marron de la châtaigne brillante, et je pensais que le blamarauve était une couleur qui méritait d’être connue un jour. Mon nom serait écrit en gros en haut de la tour Eiffel “l’inventrice du Blamarauve”, l’espoir fait vivre, et ma naïveté était aussi impressionnante que le déficit des finances publiques…
Je la voyais bien la couleur : un mauve presque marron, luminescent, avec ça et là des teintes de bleu et d’or incandescent.
Pendant que ma mère poussait pour chier sa pastèque qui viendrait 2 semaines plus tard, j’étais donc moi, en pension chez mon grand père et mon arrière grand mère.
Mon arrière grand mère était tout, sauf une vieille dame surveillant de trop (surtout pas). Mon grand père arpentait les bois à la recherche du temps perdu de champignons, en comptabilisant le gibier pour la prochaine saison de chasse.
J’étais peinarde. A 11 ans, j’étais théoriquement à l’âge de raison (je t’en foutrais moi, de l’âge de raison, qu’à 52 ans je suis limite azimutée, même pas limite d’ailleurs)
Pour le bleu, j’avais mis la main dans l’armoire à pharmacie, sur un flacon de bleu de méthylène dont je voudrais bien savoir encore aujourd’hui, à quoi il pouvait bien servir (j’avais louché sur le mercurochrome, mais le réservait pour une autre couleur à inventer, à base de rouge, on l’aura deviné). C’était le bleu de mes rêves.
Il me fallait donc une touche de marron, mais après 2 heures à touiller mon mélange, pendant que Grand mère Georgette était partie boire le thé avec Tante Hortense, j’avais été dans l’obligation de constater, en pleurant des larmes de sang, que le poivre moulu se diluait très mal dans le bleu de méthylène.
Si les chimistes l’ignorent, je le leur signale !!!!
De guerre lasse, j’ai versé de la teinture d’iode dans ma bouteille, c’était presque parfait. Je dis presque parce que le poivre en poudre faisait taches en suspension dans le mélange et en gâchait presque la beauté.
J’avais du bleu, du marron, ne se mélangeant pas, que même Léonard de Vinci (l’auteur de Da Vinci Code) n’aurait pas imaginé. Faut dire qu’à l’époque la chimie ce n’était pas trop ça (dans la cuisine familiale non plus, mais c’est une autre histoire)
Il me manquait quelque chose, le violet/mauve, ce n’était pas irisé, mais un flacon d’essence à briquet (violette) m’inspira soudainement et tout à coup j’ai eu une illumination.
La vierge, dans le four de la cuisinière, m’a suggéré de rajouter de l’essence à briquet dans mon mélange, et forcément, je me suis exécutée.
J’ai versé, la conscience sereine (et catholique), la moitié du flacon d’essence à briquet dans mon mélange magnifique.
Mon blamarauve, mauvasse marron bleu irisé, était là, sous mes yeux zéblouis. Mon arrière grand mère rentrait, j’ai donc vidé dans l’évier précipitamment un flacon pris au hasard, pour y verser ma préparation et la retrouver le lendemain, pour la faire miroiter en ce soleil d’avril non avare cette année là là là.
Vous zallez me dire que j’aurais dû lire l’étiquette, avant de jeter le contenu du flacon dans l’évier. Mais mon grand père, adulte responsable aurait dû renifler le contenu du flacon avant de se faire son gargarisme du soir (espoir).
Le mélange de teinture d’iode, de bleu de méthylène, n’oublions pas le poivre moulu et l’essence à briquet, l’a guéri définitivement de ses maux de gorge du soir.
Au lieu de crier au miracle et de faire breveter le mélange, il ne m’eut aucune reconnaissance alors que sans le vouloir, je l’avais sauvé d’un mal pernicieux.
Les artistes sont des incompris !!!!
L’algarade que je me suis prise, avec la baffe à me dévisser la tête qui allait avec, pour avoir essayé de l’empoisonner (même pas), m’a guérie définitivement de l’invention des couleurs qui flashent.
J’ai renoncé, privée de tarte aux pommes pour au moins 3 jours, alors que maman n’avait toujours pas accouché, ce qui aurait pu faire diversion, à devenir une artiste inventive, célèbre, et tout le bataclan…
Le mercurochrome était sauvé, le jaublarouge ne verrait jamais le jour.
Je n’ai jamais eu aucune reconnaissance envers mon grand père, pour m’avoir fait sortir manu militari, de la voie expresse de l’invention diabolique et géniale.
La vie n’est qu’un long calvaire.
Pour ceux qui connaissent bien Gaston Lagaffe c’est une aubaine, pour les autres, découvrez…
Cette charmante enfant (encore une enfant) avait donc commandé pour Noël “la petite chimie amusante” de Gaston. Sauf que le “Amusant” n’est absolument pas précisé sur la boîte gentiment achetée par ma soeur sadique (mais je me vengerai, je n’arrête pas de le dire, et il serait temps que je m’y mette d’ailleurs… J’ai loupé le clairon, le tambour, la guitare électrique, mais finalement, l’heure arrive de la petite chimie amusante à utiliser exclusivement chez maman, gniarf, gniarf…)
Déjà la mention, sympa au départ, en gros sur la boîte “a ne pas utiliser en l’absence d’un adulte des parents“. C’est tout juste s’il ne faut pas les grands parents avec, la gens au grand complet réunie là pour passer de vie à trépas dans un parfait ensemble. Généralement on adore.
Les parents à l’époque, c’était moi toute seule, j’étais ravie Thérèse, il me manquait justement un vêtement pour sortir les poubelles, un truc pour m’emmerder pendant les jours de congés (c’était l’époque où j’avais du boulot, maintenant je ferais bien sauter les voisins dans la joie et l’allégresse avec un de mes petits enfants).
Première expérience proposée : comment faire un colorant époustouflant avec de la betterave. Ils auraient pu trouver pire : comment faire du sucre avec une betterave (forcément sucrière et introuvable dans le commerce, d’où les récriminations légèrement hurlantes du trésor adoré).
Comme nous n’avions pas de betterave sous la main ce charmant mercredi après midi, Pulchérie qui était donc une charmante enfant et ce depuis sa naissance (à 5 ans, avec son cousin, ils envisageaient de poser des bombes partout, et nous les avions surnommés “la bande à Baader”), chercha la charmante recette de la charmante nitroglycérine dans le manuel du petit chimiste charmant amusant.
Vous allez en tomber raides de saisissement : il n’y avait pas la recette de la nitroglycérine dans le manuel du petit chimiste emmerdant qui fait chier les parents et pouêt !.
“OUINNNNNN ! C’EST N’IMPORTE QUOI !!!! (oui vraiment, on se demande pourquoi ?) CE N’EST PAS MARRANT LE PETIT CHIMISTE !”.
Apparemment ce n’était pas vraiment n’importe quoi : à mon avis vu les doses qu’elle visait, elle voulait faire sauter la planète, sans James Bond de prévenu qui aurait pu dire : “elle ne sautera pas“.
La planète…
Moi par contre j’ai sauté une durite en allant acheter des betteraves pour ne pas louper l’expérience du colorant infernal que l’on ne ne peut pas javelliser (vous êtes prévenus) (et ne surtout pas casser le tube à essais par inadvertance, on en trouve de rechange partout et le trésor adoré le sait).
La vie n’est toujours qu’un long calvaire…
La fois d’après il y a un con (parfaitement) qui lui a offert un microscope. Et c’est la goutte de sang de qui, qu’on regarde avec émerveillement ? Et la racine de cheveux de qui, qu’on a arraché ?
Devinez…
(D’ailleurs, pendant que j’y pense, il est devenu quoi ce microscope ????)
Et le ficus y a laissé beaucoup de feuilles, d’ailleurs c’est de cela qu’il a crevé 20 ans après…
Delphine était par contre un petit amour avec… ses voitures téléguidées (derrière lesquelles elle courait) et son circuit de petites voitures. Tout le monde trouvait ses goûts curieux, mais je me suis insurgée : pourquoi une petite fille ne jouerait pas aux petites voitures ?
Celle là, c’était vraiment un petit coeur, car c’était mon père qui se faisait une joie de lui monter son circuit, de jouer avec elle avec le chat embusqué sous un lit pour sauter sur une voiture bien réglée, et de l’emmener jouer avec ses voitures téléguidées sur de grands parkings. Curieusement, Jean-Poirotte n’a jamais rien eu à redire contre ce goût des petites voitures…
Et 3 ans après (à Vera Cruz), la cadette qui a forcément 3 ans de retard sur son ainée, débute des néxpériences psycho-nononélectriques. La chimie, elle méprise, mais pas ses batteries de petites voitures qui tombent en panne…
Le fil rouge sur le fil rouge, et le fil vert sur le fil vert et si que j’essayais l’inverse en contorsionnant les fils ?
De préférence dans la boîte à fusibles de papy… Sinon ce nez-pô-rigolo.
Et comment que ça fonctionne l’électricité ? On tente les doigts dans la prise. Les doigts sont trop gros, on prend une mini-fourchette à vider les pinces de crabe. Ca marche… Ca donne une idée pour une future coiffure mais ça n’explique pas tout.
Sinon, la petite chimie amusante, si vous avez des amis que vous préférez perdre de vue, qui ont des chiards (c’est l’alibi parfait), je vous la conseille VIVEMENT !
Ainsi que le manuel sur les nononéxpériences concernant la nononélectricité…
La vie n’est qu’un long calvaire quand tout a explosé… Sauf que l’on sait pourquoi tout a explosé et que l’on ne peut incriminer aucune usine voisine.
Juste deux charmantes enfants un peu trop créatives… Ne me manquait que la troisième, jamais arrivée, qui aurait eu le goût de la géologie et entassé des pierres.
Qui auraient pu servir à reconstruire la maison après explosion + incendie, à moins que le plancher du grenier ne se soit écroulé bien avant…
PS : le pourquoi du nono vous sera donné très prochainement (hé hé…), et sinon je rigole, rien n’a jamais explosé que notre patience…
Posté le 26 novembre '10 par Calpurnia, dans Ah ces mômes !. 15 Commentaires.
Quelle rapport entre cette photo et la toussaint vous demanderez-vous ? c’est la fête de tous les saints donc celle des filles aussi (la fête des morts c’est le 2 novembre, mais comme ce n’est pas férié on profite du 1er pour aller au cimetière ce qui est toujours une sortie gaie).
J’avais une grand mère qui était très croyante. Personne ne savait d’où cela lui venait, dans la mesure où ses parents ne l’étaient pas. Apparement elle avait fait un voeu pendant la dernière guerre (en Europe), et mon grand père étant revenu après 5 ans de captivité, elle a dû penser que dieu existait forcément.
Comme tous les convertis sincères, elle en faisait beaucoup trop. Elle a réussi à dégouter ses trois enfants de la religion. Pour ses petits enfants elle a fait de son mieux, et surtout tiré la tronche quand on lui a annoncé qu’on n’irait plus à la messe avec elle le dimanche, communion faite pour avoir plein de cadeaux (sauf pour mon frère et la dernière qui avaient été réfractaires). Elle n’a trop rien dit que je ne me marie pas à l’église et mette au monde mes deux filles dans le péché en plus de la douleur pour l’aînée.
Avec les filles elle a tenté le coup la malheureuse et cela a été un échec total.
C’était une arrière grand mère gâteaux avec les filles. Elle s’en occupait beaucoup, et nous la voyions souvent, surtout qu’elle passait le mois de juillet avec mes parents où je les retrouvais souvent + pas mal de WE mon grand père (le prisonnier) nous ayant hélas quittés bien trop tôt.
La maison louée années après années en Camargue donnait sur une place avec un christ en croix d’au moins 3 mètres de haut qui impressionnait beaucoup Pulchérie quand elle allait se faire payer une glace ou acheter le pain avec son arrière grand mère. Ma grand mère se fit donc une joie de lui expliquer le chemin de croix, le calvaire, pâques et les cloches, les saints, la trinité, la résurrection et tout le bataclan, avec l’impression d’avoir marqué plusieurs points contre l’obscurantisme de sa descendance.
Pour noël je faisais une crèche car j’adore les santons et que cela faisait partie de mes noëls de petite fille, ma grand mère ne mettant le petit jésus qu’une fois que nous étions couchés, et c’était un miracle de constater qu’il était apparu dans la nuit du 24 au 25 décembre. Sinon je lisais plutôt aux filles mes bouquins d’enfance sur le père noël et son traineau et je zappais un peu le pourquoi de la crèche : on est content quand un enfant nait et celui là était un peu différent des autres, c’était un prophète (restons objectifs, c’en était un)… Comme mes santons sont de Provence, je leur faisais un petit cours sur le pays de Marcel Pagnol.
Alors que j’étais enceinte de Delphine jusqu’au menton (approximativement), au mois de juillet en vacances, Pulchérie demanda à ma grand mère de lui raconter l’histoire de Jésus à l’heure de l’apéro sacré des vacances. Ne voulant pas se faire prendre avec ses récits précédents devant témoins tous plus incroyants les uns que les autres, ma grand mère commençat avec la poésie de noël, pour être interrompue par Pulchérie indignée :
- “Non pas cette histoire là mamie (oui c’était mamie aussi), celle où ils l’ont cloué !”
Ceci d’un ton déterminé (voire même sadique, les enfants étant inconscients), très intéressé, et même pas impressionné. Mon père fit une petite grimace : cette enfant avait bien le temps d’apprendre que l’homme est un loup pour l’homme et sa mère était priée de se servir un coup à boire plutôt que de traumatiser (?) son arrière petite fille avec des récits sanglants à l’heure de l’apéritif (car c’est sanglant de A à Z)
Du coup la pauvre arrière grand mère se rabattit sur le cimetière à la Toussaint suivante avec Pulchérie (Delphine têtant toutes les 3 heures avec application, car née le 12 octobre) ne s’avouant pas vaincue. Dans ma famille on n’est pas très cimetière, voire même pas du tout, encore que celui du village où habitent mes parents soit ravissant et qu’on y ait plein de monde dedans (d’ailleurs c’est ma volonté, je veux y non être un jour). Bref ce n’est pas l’endroit où j’emmenais promener Pulchérie et quand j’y vais, c’est toute seule et en dehors des jours obligatoires, un jour de cafard gris, car je le trouve apaisant (et que c’est fou le monde que je connaissais vraiment qui y “non est” maintenant !). Ma grand mère y allait elle très souvent.
Donc visite au cimetière avec allusion au paradis où l’on va forcément un jour si l’on est sage (hem), parce que Jésus est mort sur la croix pour cela et tout le blabla. D’ailleurs toutes les personnes qu’elle lui faisait “visiter” la regardaient de là-haut et l’attendaient ce qui inquiéta la petite. Pulchérie nous demanda des précisions sur le sujet à son père et moi, grillant ainsi son arrière grand mère cette innocente… Seule réponse à faire à une enfant de 3 ans : “tu as bien le temps d’y réfléchir, tout ça ce sont des bêtises et je vais te lire Bambi (dont la mère… Non je vais te lire Merlin l’enchanteur)”, car à 3 ans on est immortel. En plus on ne tenait pas spécialement à la voir entrer un jour dans les ordres, pour peu que la grand mère réussisse son coup… Des années auparavant elle avait terrorisé ma soeur en lui disant que si elle mourait elle deviendrait un ange : le mot “ange” fut interdit pendant de longs mois…
N’empêche que Pulchérie adoraaaiiit aller au cimetière tous les ans, plusieurs fois par an avec son arrière grand mère, avec une prédilection pour la Toussaint. “C’est joli maman, c’est plein de fleurs, je peux courir sur les tombes et me suspendre aux croix….” (je la visualise pleinement en train de faire le zouave sur des tombes, ma grand mère ramassant les mauvaises herbes). Delphine était moins fan sur cette promenade là : rien à manger, et ce n’était pas elle qui aurait risqué de se casser un bras en faisant de la barre asymétrique sur une croix : on n’est jamais trop prudente devant les saints du paradis qui peuvent vous priver de desserts… Je me demande ce que font les enfants musulmans au cimetière : c’est la chose qui frappe le plus en pays musulman, cette absence de croix (de barres asymétriques où se surpendre). Je me demande également encore comment ma grand mère a pu laisser Pulchérie faire de la gymnastique dans le cimetière, mais elle n’a peut-être pas pu faire autrement : cette enfant adorait grimper partout et on arrivait souvent trop tard…
(Réédition d’un post du 7 novembre 2006)
Posté le 1 novembre '10 par Calpurnia, dans Ah ces mômes !. 20 Commentaires.
Un joyeux bon anniversaire !
A moi ?
A toi !
Un joyeux bon anniversaire !
A moi ?
A toi !
Buvons du thé encore du thé en vous souhaitant ma chère…
UN JOYEUX BON ANNIVERSAIRE, MA CHERE !
26 ans déjà, là je ne savais plus trop quoi dire.
BON ANNIVERSAIRE MA CHERIE !!!
(Normalement l’heure de publication est bonne…)

Diabolos a donc été déposé avec siège éjectable confié à Delphine et gendre n° 2 qui n’aime pas les chats (soi-disant).
Aux premières nouvelles prises de ma part, tout se passait bien, et gendre n° 2 trouvait Diabolos “cool”. Lui-même étant cool (quel délicieux garçon), c’était un soulagement pour moi que de savoir qu’il ne dirait pas dans l’avenir “ta mère se démerde avec son chat, je ne veux pas en entendre parler”.
Le temps passant, les nouvelles étaient bonnes, sauf que Delphine a craqué devant Diabolos demandant à aller boire dans la baignoire et à se faire arroser (toute une éducation à refaire). D’ailleurs, leurs amis, copains, copines, trouvaient hilarant de voir un chat aimant l’eau à ce point là.
Diabolos a séduit tous les visiteurs, j’en ai donc conclu qu’il n’allait pas se planquer sous le lit, ne leur laissant à voir que son petit cul…
Bien la peine que je mette un an à lui faire passer ses mauvaises habitudes à boire au robinet et à faire kchitt au plombier venu réparer une fuite de robinet (un robinet qui fuit c’est l’aubaine pour Diabolos).
Rentrant le jeudi 23, j’avais dit à Delphine que je viendrais récupérer le chat le samedi, pour la voir (entre autres). Elle n’avait pas protesté que je pouvais faire l’effort de venir dès le vendredi, et je me suis un peu méfiée, pour une fois décidée à écouter mon intuition.
Préparation psychologique de ma part pour aller à Paris, m’y perdre, et en revenir.
Ne pas oublier le spray miracle pour calmer le monstre Diabolos dans sa caisse de voyage.
Ne pas oublier l’itinéraire scotché dans la voiture (donc, vérifier qu’il n’est pas tombé par terre, parce qu’il y est depuis plus de 3 semaines, en fait depuis que j’ai emmené Diabolos à côté de Nation).
Rester ZEN. Ici radio Londres, RESTER ZEN !
- Je pars vers midi dis-je à ma progéniture, alors que vu mon exactitude légendaire, il n’y a pas de “vers midi”. Midi c’est midi, et il est inutile de revenir là dessus.
- Sauf que je ne suis pas ZEN
- Alors je suis prête à 11 H
- J’appelle Delphine pour lui dire que finalement je pars à 11 H
- Je la réveille
- J’en suis désolée.
MAIS il y a comme un couac à l’autre bout du câble…
- HEU, avec gendre n° 2, on voudrait bien garder le petit (!) chat encore une semaine… (larmes dans la voix, toute mère craque c’est obligé)
- Oui, il y a assez de croquettes, et de litière, et tout et tout. On VEUT garder le petit chat encore une semaine.
Que vouliez vous que je dise ?
Je me suis retrouvée con, prête à partir, pour rien, mon cabas pour ramener les petites affaires du chat à la main, l’air très certainement niais à souhait.
Je ne sais pas ce qu’ils vont trouver comme excuse pour la semaine prochaine… Au choix :
- Allô baban, ben ça tombe bal on a un rhube carabidé et contagieux alors avec ta buqueuse dazale en vrac on s’en voudrait de te contabiner (enfin on reconnait que j’ai la muqueuse nasale en vrac)
- Allô maman (voix mourante), on a la grippe aviaire, ne vient surtout pas nous sommes en quarantaine. Oui parfaitement, il y a mêmes des flics en combinaison haute sécurité qui nous empêchent de sortir et nous amènent nos médicaments. Sinon ça va, NE T’INQUIETE PAS !
- Allô maman ? Récupérer le chat ? Tu es folle, c’est l’alerte vigipirate maximum, le quartier est bouclé par les forces de l’ordre ! (la rue Tolain est la cible idéale pour des terroristes)
- Quel chat ? Ah Diabolos ? J’ai oublié de te le dire : il est mort…
Cela sent le catnapping à plein nez et donc, Diabolos est vraiment cool et gendre n° 2 finalement, aime les chats…
Enfin, le mien en tous cas… Petit pèèèère, enfin quelqu’un qui reconnait ses mérites…
La vie n’est qu’un long calvaire.
Là, plus de temps à perdre, ameuter prévenir tout le voisinage. Tous les gens présents ont des chats et les aiment, on me demande leur description, et pas de soucis, on nous préviendra si l’on retrouve les corps sur la route si on les voit passer, voire même, on leur mettra la main dessus (quels innocents !)
Les anciens “à poil”désormais vêtus, et d’autres voisins sont là pour me consoler, et parler tout particulièrement d’une maison horrible qui vient d’être construite dans le secteur (et qui aura son post).
Car je suis en larmes. Ces chats n’ont pas l’habitude de l’aventure et de l’exploration, il peut arriver n’importe quoi car aucune route n’est loin. Tout comme il peut leur arriver de rentrer sans problème. Mais moi j’ai déjà perdu 2 chats qui connaissaient bien leur territoire et se sont fait surprendre, alors j’en suis malade.
Pulchérie et son mâri nous ont confié leurs chats, qu’elle horreur que de leur annoncer une mauvaise nouvelle !
D’ailleurs ma nièce qui s’inquiète du drame, mais le vit en même temps avec une certaine excitation teintée de peur, me demande si je vais envoyer un mail à Pulchérie dès le soir même.
Et dans le fond du jardin, tous les autres appellent toujours “Sophie BB ! Sacha BB !”.
Appeler la mère est intéressant, sauf qu’elle ne reviendra pas sans son fils, et que lui, est en pleine crise d’adolescence et que les appels et mises en garde de sa mère IL S’EN TAPE !
On dirait mes filles à une certaine époque tiens… Il y a des coups de pieds au cul qui se sont perdus !
Maman a dégagé un morceau de clôture qui ne sert à rien vu la taille des chats, pour les aider éventuellement à remonter plus facilement (jamais vu un grillage dont les interstices sont aussi larges, mais les chats sont partis via les ronciers, donc ils devraient théoriquement revenir par là).
A force de guetter et d’appeler, ma soeur aperçoit tout à coup Sacha BB, revenu dans le jardin voisin d’origine. Il est gris et blanc et se voit mieux que sa mère qui est gris foncé (gris souris on pourrait dire). Cet andouille est grimpé sur un arbre (genre : je monte aux arbres tous les jours) et évidemment, sa mère l’a suivi. Comme elle le voit bien, elle ne miaulait plus depuis un moment, ce qui manquait pour l’orientation de nos recherches.
Ils sont là, à vue d’oeil. Sophie miaule finalement en réponse et surtout pour inciter son fils à la suivre, car elle sent bien à la façon dont on l’appelle, que nous l’avons VUE. Elle veut rentrer, mais JAMAIS SANS SON FILS. Et l’autre ne l’écoute pas. D’ailleurs il aurait du mal : c’est difficile de faire demi tour sur une branche d’arbre inconnu.
Et puis enfin, Sophie se lance, elle fait demi tour, descend de l’arbre, et appelle son fils de plus en plus fort. Il hésite et puis se laisse tenter. Il doit commencer à avoir faim, et soif, il y a trois heures que cela dure, il se décide à la suivre.
Mais elle ne rentrera pas par le chemin que ma soeur lui indique : le plus simple. Non, elle émergera la première des ronciers, juste d’où ils sont partis, suivie de près par son fils que la grande aventure ne tente plus.
Nous leur mettons illico le grappin dessus : ils détestent, mais on s’en fout, direction la maison où ils grimperont les escaliers 4 à 4 pour aller se remettre de leurs aventures, boire un coup et manger.
Privation de sorties pendant quelques jours et puis non, finalement jusqu’à la fin du séjour… Sophie est ressortie une fois, mais j’en avais marre de la suivre partout, alors… Ces pauvres bêtes n’ont plus eu que les 200 m2 de mes parents pour se défouler, ce dont ils ne se sont pas privés…
(En illustration pas très nette, je dois l’admettre, Sophie BB en train de se faire martyriser sur la terrasse de mes parents AVANT la fugue)
Les bidous ce sont les chats des jeunes mariés, en villégiature chez mes parents pendant le voyage de noce.
Vous avez tout compris, les chats sont partis à Tahiti et les jeunes mariés chez mes parents…
Sophie BB s’amusait beaucoup dehors, Sachat BB (son fils) a mis plus de temps à s’y aventurer. Nous regrettons maintenant qu’il s’y soit risqué, Sophie BB me suivant comme mon ombre, lui pas.
Sauf que, dans le fond du jardin de mes parents, il y a comme un manque de clôture efficace sur 2 ou 3 mètres, donc un risque de fugue.
Je veillais donc soigneusement à ce qu’ils n’aillent pas de ce côté là, les accompagnant toujours pendant leurs pérégrinations dans le jardin. Là, ma nièce qui jouait avec eux les a accidentellement emmenés à l’endroit fatidique, et les deux explorateurs ont réussi à entrer dans un roncier pour aller visiter le vaste monde, enfin, Sacha en tête, suivi par sa mère qui s’inquiète toujours pour lui. Je suis arrivée trop tard : patatras, les voici dans le jardin qui jouxte celui de mes parents après avoir sauté environ 1 m 50.
- 1ère peur affreuse : il y a un chien dans ce jardin normalement. Sauf que non, car les propriétaires sont en vacances. Premier soulagement…
- 2ème peur affreuse : si Sophie semble vouloir revenir et écouter nos appels, Sacha lui, ne veut pas et sa mère ne reviendra pas sans lui, l’évidence évidente s’impose. Même dans la maison, s’il n’est pas à côté d’elle, elle s’inquiète et l’appelle.
- 3ème peur affreuse : nous savons très bien qu’ils peuvent passer d’un jardin à un autre, jusqu’où par contre, c’est un mystère. Sauf qu’ils peuvent en se promenant de trop, tomber sur UNE route.
- Mrs Bibelot, mon père et moi, envisageons toutes les hypothèses (bien entendu les plus dramatiques possibles, comme cela, on ne risque pas de mauvaises surprises, c’est une philosophie !)
Au bout d’un moment, les bidous disparaissent de notre vue. Ma nièce et moi descendons donc la ruelle, et puis basta, les voisins du fond sont en vacances, elle saute le portail sans grande difficulté (il fait 1 m20 environ). Elle revient en courant : elle voit très bien les chats, mais ils sont passés derrière un autre grillage, dans une autre propriété, et elle ne peut pas les attraper (nous nous sommes munies de pièges à panthères au cazou…)
Vu l’endroit indiqué, nous remontons la ruelle : ils sont chez les autres voisins de mes parents, partis en vacances le matin même. Sophie BB grimpée sur le mur mitoyen, semble vouloir revenir mais pas son petit gamin mal élevé fils. Là, c’est dramatique, parce que de ce terrain là, ils peuvent aller n’importe où.
Au hasard, nous descendons à nouveau (armées de serviettes de bain pour envelopper les chats et éviter toute griffure), chez les voisins des voisins chez qui ils peuvent passer sans inquiétude.
J’ouvre ici une parenthèse intéressante, sur les personnes qui, habitant un pavillon avec un grand terrain, N’ONT PAS DE SONNETTE OU DE CLOCHE ET QUE L’ON NE PEUT DONC PAS ALERTER, laissent leur portail ouvert, ce qui fait que l’on finit par rentrer parce qu’on en a marre de s’égosiller.
Pour les trouver à poil sur leur terrasse (ils savent que les premiers voisins (ceux du fond du jardin) qui seraient susceptibles de les voir, sont partis en vacances. On aurait pu tomber sur pire, je suis d’accord, mais bon, mes parents ont une cloche ET une sonnette !
Moi perso, si j’ai envie de me foutre à poil quelque part, je m’assure que personne ne peut me voir ou me surprendre, mais je dois avoir un problème.
Gêne profonde, j’empêche ma nièce d’avancer pour lui éviter le pire : la zigounette du Mr qui pendouille du côté droit du transat… Je n’ai théoriquement rien vu, nous appelons juste du coin de la maison. La dame arrive en slip, son mari doit être parti en passer un.
Non, ils n’ont pas vu de chats traverser leur jardin, mais il faut dire que c’est grand. (Et qu’à poil sur un transat, généralement on ne fait pas le guet).
Les bidous peuvent donc avoir traversé la ruelle, être retournés à l’origine de leur fugue ou être passés ailleurs même là où qu’il y a un gros chien qui n’a pas l’air commode et pas du genre à accepter de gaité de coeur de voir deux chats inconnus, lui passer sous le nez…
Nous sommes consternavrées…
Le mot est faible : je suis en larmes et morte d’inquiétude…
La vie n’est qu’un long calvaire et le bidou mâle fugueur… (sur la photo il se demande s’il peut sauter sur le mur : il le peut, aucune hauteur ne lui fait peur, il est taillé pour cela).