Oui je sais, j’ai tardé, ça remonte à mai dernier quand les filles m’ont invitées à Paris pour me souhaiter mon anniversaire. Mais j’ai trouvé que justement, pour commencer l’année 2010, il me fallait me préparer au prochain anniversaire, et donc, parler de l’ancien (ne cherchez aucune logique dans cette histoire, je ne suis pas logique)
J’étais ravie d’aller à Paris (comme de coutume), avec une semaine de retard sur le timing : j’avais l’impression d’avoir une semaine de moins…
Tout avait été prévu à la minute près. RV chez Pulchérie, repas au restaurant entre filles (moi invitée par les miennes), puis soirée jeux chez Pulchérie et après couchage chez Delphine, ce qui a paniqué gendre n° 2 :
- Tu crois qu’il faut faire la vaisselle en retard ?
- T’inquiètes, elle s’en fiche complètement.
Je ne souffre en effet nullement du syndrôme de celle qui inspecte les placards des autres, et vérifie qu’il y a ou non de la poussière, vu que je devrais déjà songer à regarder chez moi, sans avoir à vérifier sous les meubles…
Bref.
Bonne arrivé sans déraillement de train, un peu en avance évidemment, ce qui m’a permis d’assister à la séance photo que Pulchérie inflige régulièrement à gendre n° 1 pour son blog. Je l’ai trouvé particulièrement patient et résigné, pas trop le choix d’ailleurs. Ils sont vraiment faits l’un pour l’autre !
Puis repas exquis dans un restaurant indonésien, Pulchérie souhaitant me faire découvrir cette cuisine qu’elle avait découverte elle, à Bali.
Premier accroc : au moment de payer, la carte bancaire de Delphine ne passait pas. Sa soeur lui a avancé l’argent, mais il a fallu aller tirer du liquide pour le remboursement. Est-ce cet accroc qui a détraqué la soirée ? Allez savoir. Si le nez de Cléopatre avait été plus court, cela aurait parait-il changé la face du monde…
Donc retour chez Pulchérie, qui a prévu un jeu style karaoké, mais là, Delphine n’a pas envie de jouer, et nous propose, Pulchérie, le gentil et moi, de jouer à 3.
Sa soeur se vexe.
Je précise que mes deux filles sont vexatoires de manière équivalente, ce qui n’arrange les échalotes de personne, et surtout pas celles de leurs chéris respectifs, plus moi, accessoirement, la mère tout de même…
Je ne me souvenais pas que mes deux filles pouvaient crier aussi fort en s’engueulant, se balancer des vacheries à ce point, être aussi grossières (c’est simple on dirait moi, et c’est l’horreur car moi à mon âge, j’ai le droit) ceci sous l’oeil de deux témoins un peu ébahis. On oublie vite, car j’ai la mémoire qui part en sucette. J’avais pourtant déjà vécu l’apocalypse à la maison, mais on s’en déshabitue curieusement très bien.
J’avais encore la ressource d’aller fumer sur le pallier, mais gendre n° 1 était piégé, coincé…
Les choses ne se calmant pas, j’ai envisagé haut et fort de reprendre le bus jusqu’à la gare Montparnasse pour rentrer chez moi “puisque c’est comme ça”, mais n’imaginez pas qu’elles m’ont écoutée une seule seconde, car elles ne m’écoutent que quand elles m’ont posé une question (et encore).
Gendre n° 1 m’a déconseillé vu l’heure, de prendre le train sur une ligne mal famée sur le coup de 23 H (donc il n’envisage pas de me trucider un jour visiblement, car là l’occasion était bonne), Delphine s’est esbignée en me laissant de quoi me payer le taxi pour aller chez elle et est partie en claquant la porte. Aucun morceau de plafond n’est tombé, les vieilles construction, il n’y a que cela de vrai (chez moi, Madame Vampire serait descendue d’un seul coup sous mes yeux éblouis).
Bilan : mauvaise digestion du repas suite à Pulchérie pleurant pendant 1 H 30 sur l’injustice d’un monde injuste et horrirrifiant, et à l’arrivée chez Delphine pour 1 H 60 de pleurs déjà bien entamés sur le fait que la vie n’est qu’un long calvaire.
Les deux soeurs fâchées à mort, tu m’entends maman ? A MORT !
Pour le fâchées à mort, comptez une semaine. N’intervenez pas, ne donnez raison ou tort à personne sous peine de les voir se retourner contre vous moi.
Et contre moi, elles peuvent tenir de 3 semaines à 2 mois par contre.
La vie n’est qu’un long calvaire.
Comme le temps passe (soupir) ! C’est la quatrième fois que je te souhaite un bon anniversaire sur ce blog. Et c’est la 27ème fois que je te le souhaite ! (oui, puisqu’il n’y a pas d’année zéro) (mais édit, finalement je me suis plantée…)
Cette année, ton anniversaire tombe un vendredi, comme quand tu es née, et il neige, comme quand tu es née.
Je peux en effet certifier sur l’honneur que le vendredi 18 décembre 1981, il neigeait, et ce, depuis le mardi précédent, dans la nuit au cours de laquelle nous avons rallié la maternité ton père et moi, en pensant qu’au maximum 12 H après, ce serait chié torché…
Il y a tout de même une petite différence entre cette photo que j’adore, et les premières prises de toi dès le samedi 19…
Un gros bisou ma puce…
Et n’étant pas certaine de mon horaire wordpress, je programme autrement que pour 17 H05, heure exacte de ta naissance…
PS : allez tous rappeler à Marcus que c’est son anniversaire de mariage :-)
Posté le 18 décembre '09 par Calpurnia, dans Ah ces mômes !. 16 Commentaires.
Les filles me considèrent parfois comme une encyclopédie vivante et ambulante, joignable à toutes les heures. Enfin, me considéraient comme telle, même si le syndrôme n’est pas totalement éteint (j’ai beaucoup baissé dans leur estime avec mes problèmes ordi et navigateurs/hébergeurs, et le fait que je ne connaisse que très peu les nouveaux acteurs en vogue, et cinéastes, et chanteurs).
C’est un fait. Je ne mets plus les pieds au cinéma, je ne suis surtout pas la nouvelle star (Pulchérie ne m’aura plus), je suis en train de me fossiliser sur certains points…
Travaillant chez Truchon (encore lui), en plein stress (comme toujours), j’ai eu un jour l’appel qui tue (au hasard parmi d’autres). Je précise que les appels arrivaient directement sur mon poste, et sur les autres uniquement quand j’étais en ligne, donc, je faisais office de standard (en plus du reste), étant la plus au fait de toute l’entreprise et la plus à même de répondre à n’importe qui. Même à mes filles dites donc…
Evidemment ce jour là, suivant la loi de l’emmerdement maximum que tout le monde connait, Truchon était devant moi, à m’expliquer un truc achement balèze que j’avais à faire et qu’il comptait sur moi à fond la caisse, on se demande comment il a pu décider un jour de se passer de moi… Là, je reconnais le n° qui s’affiche tout de suite : c’est Delphine. Et ce n’est pas le moment !
- “Mouth, nous sommes dans un magasin, et on sait que tu sais quelle est la musique qui passe, car tu nous l’as déjà fait écouter trèèès souvent“. (Limite, elles ont été martyrisées…)
Portable de Delphine devant le haut parleur du magasin. J’entends la musique, je la reconnais tout de suite. Il faut dire qu’on ne peut pas la louper si on a un minimum de culture musique classique.
Truchon me regarde. Je suis impassible, mais je me dois théoriquement de répondre “la symphonie du nouveau monde”, et il va me demander quel était le con de client qui m’appelait. Pire il va croire que je perds la boule. Au pire du pire il va se dire que je viens d’avoir une de mes filles au téléphone et que je gaspille SON argent en futilités (il ne pensera pas que je réponds à “qui veut gagner des millions”, faut pas rêver)…
Et là je réponds très calmement “désolée, nous ne sommes pas la compagnie des eaux, nous ne pouvons pas effectuer votre branchement”. Et je raccroche. Régulièrement des personnes nous confondent avec la compagnie des eaux et s’indignent que je ne puisse pas faire déplacer un technicien pour ouvrir la vanne…
Ont-elles compris ? Généralement elles demandent si elles dérangent, là pas, c’est bien dommage…
Non elles n’ont pas compris, le n° de portable de Delphine s’affiche à nouveau 1 minute 60 secondes après.
- “Qu’est-ce que c’est que cette histoire de compagnie des eaux, tu vas bien maman ?“
Truchon est toujours là. Me voyant décrocher il a une envie pressante et file vers les wawas. J’en profite pour cracher dans le téléphone : “c’est la symphonie du nouveau monde !”, avant de raccrocher sans préavis, sous l’oeil éberlué de dame Venezia qui comprendra plus tard.
Truchon revient et continue son exposé en vérifiant que je prends bien des notes. Le numéro de portable de Pulchérie s’affiche à son tour (tiens, elle a pensé à le recharger ? Il va pleuvoir (toujours valable)).
- “La symphonie du nouveau monde on veut bien, mais quel mouvement ?” (quelle importance ?). Là j’ai carrément raccroché en prétextant une erreur. Il a fallu des explications j’attends par téléphone le soir pour compréhension ENFIN. Mais ça URGEAIT : le temps qu’elles rentrent chez elles, elles auraient oublié la musique…
La dernière fois, j’étais en voiture, en train de me garer, allant tondre la pelouse de Mrs Bibelot et c’est le dring fatal (parce qu’au mauvais moment) : Delphine qui prend de mes nouvelles.
Pas du tout.
- “Dis ma petite mouth, quel est l’auteur du film Potemkine ?”
- Heu, j’ai comme un blanc là : “je te rappelle ma chérie”.
- 5 minutes après, devant le thé pré-tonte de la pelouse, je rappelle effectivement : “c’est Eisenstein” (après vérification auprès de Mrs Bibelot, il me faut être honnête)
- “Merci ma petite mouth, je n’aurais jamais trouvé toute seule”.
- Shlark ! (et ta déprime ça va mieux ? et les prunes sont bonnes ?)
Si vous voulez savoir qui a écrit “les mémoires de Zeus”, vous vous démerdez, merci beaucoup. Quant à la musique lalalalalère chantée faux, cherchez tout seul…
D’un autre côté on peut trouver tout un tas de trucs sur Internet, mais on ne peut pas encore chanter faux un air que tout le monde connaît.
D’où l’utilité d’une mère, surtout quand elle n’est pas disponible. Car ce n’est jamais quand je cafarde en me demandant si le téléphone va sonner qu’elles ont besoin de mes lumières.
Quand j’ai besoin des leurs (lumières), souvent je dérange. C’est mon manque de bol chronique…
La vie n’est qu’un long calvaire…
EDIT : PERSONNE n’a pris le temps de lire l’illustration, puisque c’est comme ça je vais m’ouvrir les veines. Où sont les post-its ?
Posté le 30 novembre '09 par Calpurnia, dans Ah ces mômes !. 26 Commentaires.
Vous vous souvenez bien évidemment de ma guerre personnelle contre la fleur à Horloge, et ma promesse d’envoyer des graines à qui qui en voudrait pour son plaisir personnel (HI HI) ou pour pourrir la vie de ses voisins…
J’avais bien noté les adresses des volontaires, et en rentrant de la Grande Motte, je me suis attelée à récolter les graines. C’était vraiment l’époque où cela saute à tout va à plusieurs mètres même, mais j’ai le truc.
J’ai donc récolté un nombre impressionnant de graines, que j’ai stockées chez Mrs Bibelot, dans un bol, en l’avertissant qu’elle ne devait pas toucher au bol.
Mon père était prévenu idem…
20 graines par personne feraient l’affaire. Ca prend (diablement) ou ça ne prend pas…
Quand j’ai cherché le bol partout, après avoir préparé mes enveloppes et tout et tout, mes neveux et nièces m’ont rassurée.
“T’inquiète pas tatie, on a bien planté toutes tes graines avec un petit bâton, dans le jardin”…
“Partout dans le jardin…”
“Surtout le long du grillage…”
“Moi j’en ai mis 50 le long des pommiers, et aux pieds des pêchers et pruniers”
“C’était chouette…”
Bénis soient les innocents… L’année prochaine c’est la guerre nucléaire annoncée contre la plante qui va s’en donner à coeur joie…
Toutes mes confuses aux amateurs de graines…
La vie n’est qu’un long calvaire…
Posté le 4 novembre '09 par Calpurnia, dans Ah ces mômes !. 22 Commentaires.
Pulchérie m’a fait le coup du “puisque c’est comme ça je m’en vais” deux fois.
Elle m’avait déjà fait le coup du “puisque c’est comme ça je descend” alors que nous étions en voiture et que j’avais dû lui dire un truc oiseux (style : “tu rangeras ta chambre en rentrant” ce qui est l’abomination de la désolation de l’horrorrification (dixit le trésor adoré))
Pour la voiture elle a ouvert la portière en plein virage et s’est tôlée sans dommages dans l’herbe, loupant de peu la bordure du trottoir. C’est là que j’ai découvert qu’elle avait repéré comment retirer la sécurité enfant (c’était un bête bouton à remonter ou baisser à l’époque, rien d’électronique). Le lendemain Albert m’achetait une trois portes. Elle était coincée à l’arrière (Bien fait)……
Pour sa première fugue, j’avais dû lui dire encore une fois une chose oiseuse (pour elle). “Va ranger ta chambre”, “arrête de taquiner ta soeur” ou “Dorothée ? non pas maintenant”. Je me souviens très bien qu’elle m’avait répondu “puisque c’est comme cela je m’en vais”, mais comme elle me le disait 10 fois par jour, je n’y ai pas prêté outre mesure attention (ces mères, jamais à la hauteur).
J’ai donc vaqué à mes occupations, préparé le repas et crié “les filles à table !”. Bien évidemment Delphine a déboulé dans la cuisine en moins de 30 secondes, mourant de faim. Pour sa soeur j’étais habituée aux retards, vu son peu d’empressement à se nourrir. C’est quand je l’ai appelée à nouveau que j’ai eu la surprise du siècle.
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“Pas la peine de l’appeler” m’a précisé Delphine de la soupe plein la bouche “il y a longtemps qu’elle est partie”
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“Comment ça partie ?”
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“Ben oui, elle a mis ses affaires dans un petit mouchoir comme dans “Tom Sayer”, elle a plié le mouchoir, l’a mis au bout d’un petit bâton et elle est partie”
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“Mais comment ça partie ?”
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“Ben elle a escaladé le portail (fermé à clef) et je lui ai lancé son mouchoir et son bâton par la fenêtre de la salle de bain”
Inutile de douter. Pulchérie était partie, avec la complicité de sa soeur toujours dans les mauvais coups (ce sont toujours les plus bêtes qui vont ramasser les prunes et en l’occurence les plus jeunes) mais pas prête à renoncer à sa soupe et à fuguer avec l’aînée. A moi les ravisseurs d’enfants, les sadiques et maniaques en tout genre et la police m’interrogeant pour savoir ce que j’avais fait du corps de ma fille.
J’ai ouvert le portail de la maison. Rien à gauche, rien à droite. Crise d’angoisse horrible. Quelque chose me disait qu’elle était plutôt partie sur la droite (vers chez ses grands parents, tout de même à 7 km). Un peu pâle et déterminée, j’ai arraché Delphine à sa soupe, pris la chienne avec moi au cas où, prévenu mes parents par téléphone (Jean poirotte prenant la voiture également pour emprunter la mauvaise route : ne pas compter sur Pulchérie pour prendre le plus court), et tout le monde en voiture (je précise que ma chienne était une malinoise adorable pour la famille, mais détestable pour qui voulait rentrer sans autorisation de ma part, et très à cheval sur ses petites soeurs : pas touche).
Elle avait marché la bougresse. 3 km plus loin, sur le bord de la route, Pulchérie son balluchon sur l’épaule, marchait d’un pas déterminé, à la grande surprise des gens qui la croisaient (ça ne dérange personne de voir une enfant de 8 ans marcher sur le bord de la route avec un balluchon, d’un autre côté tant mieux, je préférais ne pas la retrouver au commissariat ou pas du tout).
Je me suis garée très en colère, (la peur étant retombée), 10 mètres avant elle, pour m’entendre dire en descendant de voiture “inutile d’insister je ne reviendrai pas”. Devant ma tête certainement aimable elle a dit “bon je cède” et est montée en voiture. Silence absolu jusqu’à la maison et là après avoir rassuré les grands parents j’ai décortiqué le contenu du mouchoir (dédramatiser, dédramatiser, surtout avec elle qui avait le sens du théâtre).
Elle partait chez ses grands parents (encore 4 km dont 2 en forêt et j’imagine bien la tête de mes parents la voyant rappliquer) avec 3 barbies, 2 culottes, 1 pyjama, et avait oublié sa brosse à dents. J’ai préféré lui passer un savon pour cet oubli inexcusable et passer outre la fugue (d’ailleurs elle était fatiguée et bien contente d’avoir échappé à la traversée de la forêt avec ses loups et ses ours. A l’époque elle lisait la comtesse de Ségur). Du coup elle a mangé sa soupe sans piper mot, + tout le reste en oubliant le “j’aime pas çaaaaa !” pour monter rapido expliquer à sa soeur comment c’était bien de fuguer…
La seconde fois, c’était une fugue annoncée. Nous vivions chez mes parents et elle s’était pris un savon de son grand père (on se demande bien pourquoi, ce petit ange). En plein hiver, elle est arrivée après le dîner, en plein film, alors que nous étions tétanisés par l’intrigue, toute habillée et bien couverte en précisant “puisque personne ne m’aime, je vais aller habiter avec Jacky”. Jacky était un cheval vivant dans le terrain d’une vieille maison abandonnée, à qui nous allions parfois donner des croûtes de pain (sinon il broutait et on lui apportait du foin, ce n’était pas un cheval abandonné).
J’ai bien visualisé la chose. La maison se tenait dans une vieille ruelle non éclairée, et là j’étais prête à la laisser partir (tout en la suivant comme on m’aurait appris à le faire si j’étais allée à l’armée, en rasant les murs, en me camouflant super bien).
Personne n’a moufté. Heureusement Mrs Bibelot était partie lire au lit, sinon elle serait intervenue. Pulchérie est revenue nous demander l’autorisation de prendre un bout de pain (mais oui ma chérie) et un quart de pomme rescapé d’une tarte “mais bien sûr ma chérie”. Delphine était morte de rire et avait perdu le fil du James Bond auquel elle ne comprenait jamais rien.
Gros bruits de sacs plastiques dans la cuisine (pour le croûton de pain et le quart de pomme + un quart de flotte je suppose), adieux déchirants aux chiennes et aux chats. Elle est venue nous dire adieu “bon je m’en vais avec mon quart de pomme” et à claqué la porte. Avec mon père nous avons prié pour que le portail ne soit pas fermé. C’était au dernier à aller se coucher que revenait cette mission : fermer la grille pour la nuit, nonobstant ma chienne et son aimable présence pour repousser d’éventuels intrus.
Manque de bol, alors que j’étais prête pour la filature et à la voir s’engager dans la ruelle non éclairée, Mrs Bibelot avait fermé la grille.
Devant ce fait inéluctable, Pulchérie a remonté l’escalier vitesse grand V, et nous a annoncé “puisque c’est comme ça je vais me coucher !”
Na !
(toujours toujours, je prie pour qu’elle ponde son clône, un jour)… (Pour Delphine aussi bien sûr, pas de raison qu’elle ne bénéficie pas de son extrême sagesse, car j’ai peu de bêtises d’elle à raconter. Encore que je fasse tout de même une petite liste car son tour viendra…)
La mère juive ou pied noir, c’est moi. Vous savez, la mère de Guy Bedos dans “un éléphant ça trompe énormément”, qui prend RV avec son fils médecin à l’hôpital pour être certaine de le voir et qui lui tape un scandale horrible devant les autres patients.
Marthe je l’adore. Sauf que je ne suis ni juive ni pied noir, donc il doit y avoir chez les mères, quelque chose qui fait qu’elles ne tournent pas toujours rond (d’un autre côté je laisse mes filles se démerder avec leurs souris hein ! et je pète surtout les plombs quand elles voyagent et quittent donc Paris intra muros sans mon autorisation expresse dont elles se fichent complètement. Sinon, j’essaye de faire cool).
J’évite en public, donc là, je trouve le mail bien pratique et je préviens les filles dont le titre “la mère juive” ou carrément “la folle” les avertit généralement que leur mère a fondu un câble. Je me souviens toujours du fou rire qui nous avait pris lorsque l’une de mes collègues de chez l’avocat tordu, nous avait expliqué que sa mère “en bonne mère juive”, l’avait inscrite au concours du plus beau bébé, et nous avait présenté la photo du plus beau bébé… Ce n’était pas le concours du plus joufflu, loupé, la mère avait porté plainte…
- Vendredi 14 août “avis à la population, merci de me communiquer par retour vos heures de retour de Lisbonne et NY, avec le n° de vol“. Ma reconnaissance éternelle - signé : Mouth (c’est moi)
- Delphine : “nous rentrons le 17 vers 14 H”
- Moi : je veux le n° de vol
- Delphine : … fait genre, je n’ai plus internet… Je ne la crois pas… Je rumine ma vengeance.
- Pulchérie : “nous arrivons le 18 vers 15 H, je te téléphone dès que je peux, d’ailleurs bla bla bla bla bla bla Ikéa bla bla bla bla bla bidous bla bla bla bla (bidous ce sont les chats)”
- Moi “et le n° de vol ?“
- Pulchérie qui a perdu son bla bla bla bla où qu’il était ENCORE question d’Ikéa : …. A NY, c’est panne d’internet à tout le moins, comme à Lisbonne, quel manque de bol…
- Moi : faites des gosses tiens ! Même pas j’ai envoyé le mail, pour qu’elles évitent de se payer ma tronche.
Donc je vais me ronger les poings, z’avez intérêt à être aimables dans les commentaires…
Sinon, la vengeance étant un plat qui se mange froid, je peux faire la mère juive avec les gendres.
Ca va les changer tiens… Z’ont qu’à obliger leur moitié à répondre à leur mère…
Comme cela gendre n° 2 (au hasard) pourra stresser à mort réellement sachant que j’arrive pour dormir chez lui et Delphine.
- “Merde on n’a pas fait la vaisselle, que va dire ta mère ?”
- Delphine : “laisse tomber, elle s’en fout, elle ne le verra même pas…”
- “Tu es certaine ?”
- “Certaine…” (c’est un excellent résumé de ma personnalité…)
Pour me venger, la prochaine fois, je me lèverai à 7 H du mat pour faire la vaisselle.
Enfin… Peut-être… Là je ne jure de rien. Surtout pas…
Pour gendre n° 1 je vais avoir du mal à trouver quelque chose pour le stresser vu que c’est lui qui passe la serpillère et que la vaisselle est toujours faite.
Faites des gosses tiens… La vie n’est qu’un long calvaire !
17 et 18 août, je vais être d’une humeur de dogue… Comment ça comme d’habitude ? Je suis toujours d’une humeur exquise…
Delphine a attendu presque un an avant de tomber malade pour la première fois (spécialité des deux soeurs BB : l’otite, Pulchérie ayant préféré pour la suite l’angine bien marquée ressemblant à la variole ou la mononucléose super infectieuse).
Delphine était malade gentiment. Juste un peu de fièvre, les symptômes qu’il fallait, c’était l’enfant parfaite en apparence. Tout ce qu’elle a fait était rigoureusement décrit dans le premier dictionnaire médical venu.
Sauf que Delphine n’a jamais pu faire de la fièvre avec le sourire comme sa soeur. Non, passé 38° c’était délire et cauchemars. Elle se relevait à 7 ans avec la grippe (sa spécialité 4 ans de suite) pour mettre en l’air la crèche de noël sous le prétexte que les rois mages allaient détruire le royaume, ou me réveillait à 2 heures du matin en me suppliant de lui retirer 76 des 78 récitations qu’elle avait à apprendre pour le lendemain…
A 15 ans encore, elle m’appelait au boulot, paniquée, ne sachant même plus qui elle était. Le temps que j’arrive (travaillant à 2 minutes), elle avait retrouvé ses souvenirs, mais pas celui de m’avoir appelée en catastrophe.
De plus, elle n’a jamais rien pu avaler de mauvais. Déjà pour la feinter avec le fluor et la vitamine D il fallait ruser diaboliquement quand elle était bébé (moralité j’ai des dents en parfait état, puisque je prenais triple dose pour qu’elle ait la sienne dans le lait maternel).
Elle recrachait avec le sourire l’intégralité de la cuillère d’antibiotique sur otite purulente et tympan éclaté. La pédiatre me prescrivait triple dose (pincer le nez, refermer la bouche, je préfère encore faire prendre un cachet au chat…). Le pshiit dans le nez était suivi d’un éternuement, bref, elle était impossible à soigner. Elle préférait piqûre ou suppositoire, mais aucun médecin n’avait le coeur de lui prescrire la piqûre que Mrs Bibelot fait parfaitement (on ne sent rien). Son meilleur souvenir de maladie est son opération de l’appendicite où elle avait une perf dans laquelle on lui mettait tout, en lui fichant la paix.
Elle nous a fait naturellement la rougeole à 6 ans en quittant le CP, que le médecin a eu du mal à diagnostiquer car c’est une maladie quasi éradiquée en France. Sauf que Delphine n’avait pas pu être vaccinée, étant en otite perpétuelle. Sur un 41° il fallut lui faire prendre de l’aspirine en urgence car elle n’était vraiment pas bien (un dimanche bien sûr sinon ce n’est pas drôle) et ce fut épique. En plus nous allions déjeuner chez ma tante, mais comme il faisait chaud, elle pouvait sortir (ma fille).
Réunion de la famille au grand complet pour la prise du médicament parfumé à l’orange et indispensable, dixit SOS médecin (qui avait diagnostiqué la rougeole et non pas une bête scarlatine comme le pensait le médecin de famille parti se promener, le rat, mais bon les débuts de la rougeole ressemblent à la scarlatine : seul problème : les antibiotiques n’agissent pas contre la rougeole).
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Delphine renifle le médicament (ne jamais boire n’importe quoi, on pourrait l’empoisonner, telle son père qui prenait son aspirine par quart de comprimé)
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Delphine décrète que cela sent la lessive (elle a dû y goûter un jour)
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Devant nos instances “c’est important, si la fièvre monte encore, tu pourrais mourir” (oui je sais… Mais bon on fait ce qu’on peut)
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Déclare qu’elle va réfléchir. Sa soeur reste à lui tenir la main et un discours important et pédagogique sur les dangers de la fièvre (elle avait déjà 9 ans et était très inquiète. Il me faut vous préciser que Delphine ressemblait à une aubergine pustulée avec sa rougeole)
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A la visite suivante, déclare à tout le monde “je préfère mourir”. Direction la pharmacie de garde pour découvrir que l’aspirine n’existe pas en suppositoires : c’est quoi ce travail et que fait le gouvernement ?
Lui faire avaler une gélule relevait de l’impossible, un cachet également mon dieu quelle horreur ! Aujourd’hui elle a 24 ans et le cérémonial est toujours le même :
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Contrainte et forcée elle se dilue un sachet dans un verre d’eau (ou prépare sa gélule ou son cachet, “je suis adulte maman (ou n’importe qui d’autre)”), se prépare un verre de jus d’orange
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Elle contemple la boite de médicament + l’ordonnance pendant une petite heure, puis le verre, la gélule ou le cachet pendant environ 1/2 heure en se préparant psychologiquement et en zieutant la TV comme elle peut, vu qu’elle délire à moitié vu son 38°.
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Si c’est une gélule ou un cachet, elle l’avale avec le verre d’eau, avale le jus d’orange, fait d’horribles grimaces pour conclure “je ne l’ai pas avalé”. Lui apporter en urgence un litre de n’importe quoi (sauf du lait) pour faire passer le médoc. Tout le monde a son litron en main pour pallier le problème.
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Si c’est du dilué, elle attrape le verre, grimace, recrache, avale le jus d’orange et prend l’air victorieux de celle qui a réussit… Oui elle a réussit à ne pas le prendre. Et vu son âge les médecins ne prescrivent plus triple dose…
Fort heureusement elle est rarement malade. Sa soeur également, je pense qu’elles sont bien immunisées. Sinon quand Delphine succombait à une époque à un rare virus, sa soeur à Paris comme elle et donc proche géographiquement parlant, allait lui tenir la main et lui faire avaler ses médocs avec un entonnoir et un pilon, un fusil braqué sur sa tempe, le beau frère lui tenant un couteau sous la gorge… En cas de grippe se déclarant, j’étais priée de la prendre à la maison et de la sauver de la mort en perdant 4 RTT.
Maintenant c’est gendre n° 2 qui se débrouille avec Delphine : je ne sais pas ce que ce charmant garçon a fait dans une vie antérieure pour mériter cela.
Il faut ce qu’il faut et la vie n’est qu’un long calvaire, surtout pour les proches de Delphine quand elle est malade car elle est prête à mourir plutôt que d’avaler un sachet de n’importe quoi même miracle. Pour le cachet ou la gélule elle est en progrès, je pense que pour ses 70 ans, elle sera au point.
Posté le 15 juillet '09 par Calpurnia, dans Ah ces mômes !. 10 Commentaires.