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'Ah ces parents !'

Mrs bibelot fait les soldes…

chaussures-copierC’est un fait assez rare pour être souligné… Un placement arrivé à échéance et replacé en grande partie illico, a mis mes parents un peu l’aise pour un petit bout de temps.

Du coup, Mrs Bibelot a été prise d’une fièvre acheteuse contre laquelle les anti-viraux sont totalement inefficaces, pour la première fois depuis longtemps.

Il faut dire en plus qu’à une époque, nous allions “traîner” elle et moi, tous les samedi après-midi, avec ou sans les filles, et qu’elle a la nostalgie de cette époque. Mon chômage et donc ma disponibilité, quelque part ça l’arrange, tout comme pendant les deux mois où papa a été à l’hôpital quand elle comptait tant sur moi…

Donc, le mercredi, appel de maman un peu excitée : elle irait bien traîner à Rambouillet malgré le froid de canard (on reste soft, on ne fait plus la chaussée d’Antin et Cie), car elle a besoin d’une paire de bottines, de se racheter du parfum, et puis de la poudre, et puis du rouge à lèvres, ETC

Ce jour là, j’ai la tête dans le sac, n’ayant pas pu m’endormir avant 6 H du matin, mais bon, je me résigne, nous allons aller traîner… Cela m’oxygénera en plus de me frigorifier

Acte 1 : faire tous les magasins de chaussures de la ville pour repérer les bottines. La vendeuse du premier magasin peut toujours vanter la qualité de la bottine : Mrs Bibelot ne prendra aucune décision avant d’avoir vu toutes les bottines de la rue principale, heureusement pas si impressionnante que cela. Mais la vendeuse l’ignore cette malheureuse, qui use de la salive pour rien. Idem pour toutes les autres vendeuses…

Acte 2 : coup de foudre dans le dernier magasin, pour une paire de bottines à franges. Je ne tiens pas que de mon père pour les franges… Manque de bol, rien à faire, la bottine lui fait mal aux pieds, même prise taille au dessus.

Acte 3 : on refait tous les magasins à la recherche de franges… Idem, aucune paire ne lui va : elle a le pied creux, le coup de pied fort…

“Puisque c’est comme ça ma chérie, nous irons demain faire la Zone Pariwest…”, perspective enchanteresse pour moi.

Direction la parfumerie. Mrs Bibelot sait ce qu’elle veut et s’offusque de l’absence de certaines grandes marques dont Héléna Rubinstein que Mrs Morgan utilisait exclusivement (et dont Pulchérie est également fan). Elle trouve son parfum Guerlain.  Puis elle trouve sa poudre, son rouge à lèvres, son mascara, après avoir déploré l’absence de certaines vieilles marques désormais disparues, que fort heureusement la patronne connaissait, ayant une bonne soixantaine (la jeune vendeuse par contre…). La patronne nous déroule le tapis rouge vers la sortie et vu la note, nous refile 1 kg d’échantillons…

Demain est un autre jour (jeudi) et nous voici parties vers la zone que je maudis d’avance. Suggestion : s’arrêter chez Bes*on qui n’est pas loin. J’ai en tête que l’on va trouver là.

Effectivement nous avons trouvé.

Les franges n’allaient toujours pas (5 paires), j’apporte à Mrs Bibelot pas moins de 15 cartons à la suite alors que la première paire sans frange lui va très bien, qu’elle est jolie, et qu’elle est confortable au possible.

C’est là qu’elle va me demander au bout d’une heure, d’aller rechercher le premier des 15 cartons sans franges et prend sa décision en pensant tout haut. Les bottines sont jolies, et en plus si elle s’y sent comme dans des chaussons… Ailleurs peut-être (…qu’elle trouvera la paire à franges qu’elle veut, alors qu’elle a essayé toutes les marques…). J’objecte (en essayant de ne pas me trahir) qu’il n’est pas certain de retrouver ces merveilles après d’autres pérégrinations car c’est la dernière paire en taille 37 (vrai) et elle cède…

Une vendeuse nous observe depuis un moment et sourit finement. Je me retrouve projetée 12 ans en arrière, quand j’accompagnais Pulchérie pour ses achats de fringues ou chaussures, avant de décider de lui refiler le budget et qu’elle ne se démerde. Cela doit se voir sur mon visage que je suis légèrement agacée.

Mrs Bibelot a donc acheté la première paire, comme dans mes souvenirs de jeunesse… Et comme ma grand-mère qui avait trois quartiers à chaussures dans Paris, et les écumait tous les trois, avant d’acheter la première paire essayée dans le premier magasin dans le premier quartier !…

Un jour, malgré mes 16 ans et toute la santé, je m’étais bien promis de ne plus jamais aller traîner à Paris avec ma mère et ma grand mère, si l’une d’elles avait besoin de quelque chose… Pour juste lécher les vitrines et boire un thé quelque part j’étais OK, mais pas pour l’expédition.

La vie n’est qu’un long calvaire…

Pensées émues pour gendre n° 1 et 2 qui voient leurs moitiés partir traîner dans Paris… (Elles non plus ne m’auront plus…)

Posté le 9 février '10 par Calpurnia, dans Ah ces parents !, Tous aux abris. 12 Commentaires.

Ce sont des émotions comme celà qui abrègent une vie… (Alice au pays des merveilles)

ange-gardien2Ou un truc dans le genre… (chapitre : le chapelier toqué qui me fait toujours mourir de rire, eh oui, je suis restée une grande gamine…)

  • J0 : jean Poirotte ne se sent pas bien, il claque des dents, il se sent faire un “frisson”. Le frisson défini par la Faculté, n’a rien à voir avec le simple frisson d’horreur en voyant une tarentule traverser le salon. Il connait, il en a fait un après son cactus dans le myocarde, au moment où il avait quitté l’unité de soins intensifs, pour y retourner donc dare dare. La personne tremble tellement qu’il faut parfois se mettre à plusieurs pour tenir un bras pour procéder à une injection.
  • Il met cela sur le compte du froid.
  • J + 4 : nouveau frisson, bref, mais tout de même. Le lendemain il en parle à Acromion qui ne semble pas trouver le symptôme grave, mais lui conseille quand cela se produit, si cela se reproduit, de prendre sa température. Mon père a-t-il bien insisté sur le rapprochement qu’il fait sur ces deux frissons et celui qu’il a vécu à l’hôpital jadis (3 médecins urgentistes et 2 infirmers à son chevet).
  • J + 7 : deux frissons dans la journée. Je le somme de revoir Acromion au plus vite, mais je n’ai plus mon chantage d’antan à lui servir “sinon je ne t’amène plus tes petites filles”.
  • J + 8 : 2 frissons
  • J + 9 : 3 frissons. RV pris avec Acromion pour mardi 3 novembre au soir
  • J + 9 dans la nuit : frisson à nouveau. Mrs Bibelot fait venir le jeune médecin qui remplace Acromion certains jours.
  • J + 10 : le jeune médecin tient à éliminer le plus grave possible, car des frissons à répétition ce n’est pas bon signe. Le plus grave possible c’est une infection du défibrillateur qu’il porte depuis 6 ans, dont le boîtier a été changé il y a juste un an. Il lui prescrit une batterie d’examens, et Jean Poirotte docilement va faire faire sa prise de sang. Pendant ce temps là, le jeune médecin exige un RV avec le cardiologue qui suit papa en rythmologie à Parly II. C’est le seul service dans le genre dans un large secteur.
  • RV pris pour le lundi 2 novembre à 14 H

Plus de frissons, ON reste confiant, sauf moi qui aime à voir les choses en noir. Je conseille à maman de partir à la clinique avec tout de même une petite valise, allez savoir, cela pourrait conjurer le sort…

  • 2 novembre : le cardiologue téléphone au laboratoire pour avoir un minimum d’analyses. “Ah mon dieu, mais quelle horreur ! Tout ça ! Ah mon dieu, c’est grave”. Si Miss Vésicule avait été désinformée, là on ne peut pas dire que l’on cache quoi que ce soit au patient.
  • 2 novembre : maman m’appelle en pleurant, quittant la clinique où l’on a gardé mon père, son mari. Je suis là, pas de soucis, tous ses enfants sont là pour elle, je la rejoins chez elle.
  • Elle arrive après moi, totalement à l’envers. “Ton père fait une grave infection, cela peut venir de son défibrillateur”. “Normalement il devrait avoir de la fièvre”, “ah mon dieu qu’est-ce que je vais oublier pour demain ?”.
  • Je ne supporte pas de voir ma mère paniquée comme cela. Je ne lui en veux pas, mais j’ai mal. C’est mon père, mais c’est son mari depuis 52 ans, son homme depuis 56 ans. Sans lui… Je l’aide à tout préparer, une amie lui apporte une petite valise. Elle sait que papa doit passer un examen le lendemain, mais elle n’a rien noté et me parle de l’oesophage. Je n’y comprends rien.
  • 3 novembre, visite au malade, relativement souriant. Il a passé une échographie intra-oesophagienne, permettant de visualiser le coeur. Et l’infection est bien là, appelée “végétations” par le médecin, comme “des vers” nous dit-il, qui se déplacent au gré du courant sanguin. Infection des sondes qui ne sont pas remplacées quand on remplace le boitier du défibrillateur. La seule solution est de tout retirer, y compris les sondes en place depuis 6 ans. Tout le monde se doute que ce n’est pas anodin, je sature Internet avec mes recherches…
  • 4 novembre : le traitement est mis en place par voie intraveineuse, à raison de deux passages de deux produits différents, matin et soir. Papa a bien noté les noms et me les donne pour que je regarde à quoi cela correspond. Ce sont deux antibiotiques couvrant la sphère gram + et gram -, ne pouvant être administrés que par voie intraveineuse. Sinon il ne semble pas plus atteint que cela, en dehors du moment des perfs, il est libre de se promener. Il lit, il fait ses mots croisés (sadiques, où il faut mettre les cases noires) et descend de temps à autre fumer son petit cigare.
  • 5 novembre : l’opération du retrait du défibrillateur est fixée au lundi 9. Tout le monde commence à angoisser, et je sens ma mère perdre pied. Heureusement elle est bien entourée, les amis ne manquent pas qui viennent la visiter et lui remontent le moral. “Il est costaud ton mari”. Oui il est costaud papa. Son cardiologue lui a avoué qu’il souffrait d’une infection nosocomiale qu’il n’a pu contracter que lors du changement de son boîtier. Soit, il y a 1 an. Ses fatigues à répétition nous reviennent. 1 an que son corps se bat contre cela… Oui, il est costaud mon papa, on me l’avait dit après sa première crise de tachycardie ventriculaire qui avait duré plus de 16 H avant le choc final… Un autre chirurgien dira “bof” quand ils ont réalisé qu’en fait il pourrait y avoir plainte. Ce n’est pas note état d’esprit, et je préfère la franchise du cardiologue à la levée de bouclier de son assistant…
  • 6 novembre : à notre arrivée, papa précise à maman que la secrétaire du cardiologue veut la voir. Elle remonte livide. En fait c’est la chirurgienne qui doit opérer papa qui voulait la voir pour lui faire part des risques de l’opération. Elle reste évasive vis à vis de papa qui la connaît par coeur et sait bien qu’elle ne va pas bien. Et lui, quel souci se fait-il ? Il n’est pas fou. Il sait bien que retirer sa machinerie est risqué. Mais jamais il ne montrera son angoisse à maman. Ils se tiennent la main comme de jeunes amoureux et il la rassure “tu sais bien que je suis indestructible”… Nous repartons, maman pleure. Le choix c’est crever d’une infection grave, ou de risquer de crever pendant une opération à risques. Pas de possibilité de juguler l’infection et laisser l’appareillage en place…
  • La chirurgienne lui a dit qu’en tirant sur les sondes on pourrait arracher des bouts de coeur. Qu’il faudrait basculer en opération à coeur ouvert pour retirer les sondes comme on peut. Maman ne voit qu’une chose : le coeur de papa explosant sur un coup de “je te tire la sonde”. Là on ne peut pas dire qu’il y a désinformation. Pour qu’elle dorme, je lui laisse deux ou trois anxyolitiques… C’est dans la nuit du 6 au 7 que je mets en ligne en pleurant comme tous les soirs, un post demandant à mon ange gardien de veiller aussi sur papa lundi 9. Post qui aura un bug. Peut-être que c’était sa réponse : ne t’inquiète pas. Moi je panique et j’efface le post en ayant l’impression d’avoir porté malheur à mon père. Qui parle à son ange gardien sur internet ? Surtout une athée avouée comme moi, ce qui ne m’empêche pas de croire aux anges gardiens…
  • 7 novembre : je ne me déplace pas, c’est ma soeur qui part avec maman. Papa a été informé à son tour. Risque supplémentaire : qu’une colonie de bactéries en forme de végétation ne migre dans le système circulatoire et déclenche une embolie pulmonaire… C’est l’horreur, plus personne ne dort.  Ce soir là, je reste avec elle et dort “à la maison”, car j’ai l’angoisse de l’idée de la savoir seule à jamais dans cette grande maison…
  • 8 novembre : c’est le WE, tout le monde va voir mari, père, papy… Nous répartissons les visites. Cela fait très visites groupées au condamné, mais comment faire autrement ? Maman et moi restons les dernières. Ils se tiennent la main, se regardent et s’embrassent comme si c’était la dernière fois… Maman repousse le départ le plus possible. Elle pleure encore en rentrant “le pollen” dit-elle…

Et puis vient le jour de l’opération. Elle doit avoir lieu “dans l’après midi”. Reste à s’entendre sur le “dans l’après midi”. Pour moi c’est vers 15/16 H, pour maman ce jour là, c’est 14 H…

  • 15 H : papa appelle : il est toujours dans sa chambre, il jeûne depuis le matin mais il n’a pas faim… Que lui donne-t-on pour l’angoisse ? Là encore depuis le début, je trouve qu’il y a carence très nette en ce domaine. La peur du patient, tout le monde s’en cogne.
  • 16 H : il rappelle : il est toujours dans sa chambre. Une fois de plus maman respire un peu mieux, mais n’arrête pas de s’agiter dans tous les sens. C’est sa manière de faire face au stress, moi cela me coupe les jambes. En plus je suis surchargée de textos de Pulchérie auxquels j’ai bien du mal à répondre… Enfin, je sais envoyer enfin des textos, même bourrés de fautes…
  • Plus de nouvelle. L’angoisse est là, mortelle, plombant la cuisine, même le chat sent quelque chose. S’il n’a pas rappelé à 17 H c’est qu’il est descendu au bloc, mais quand ? à 16 H 05 ou 16 H 55 ?
  • Le temps passe. Il ne coule pas. Chaque seconde nous oppresse et compte. Nous calculons. Avec ou sans complication… Vont-ils vraiment appeler pour donner des nouvelles avant demain matin ?
  • Je charge gendre n° 1 de me trouver des lignes directes dans cette fameuse clinique dont le serveur téléphonique fera l’objet d’un post exclusif.
  • Maman refuse de se servir de son fixe : si on l’appelle ce sera forcément dessus. Elle n’a pas le réflexe portable et ne pense pas qu’une clinique puisse l’appeler sur le sien. Et les appels affluent : tout le monde prend des nouvelles. Elle raccroche sèchement : “j’attends des nouvelles”. Sans en vouloir à qui que ce soit, quand on précise “je vous tiens informé” c’est qu’on le fera, et que si l’on ne téléphone pas c’est qu’il n’y a rien de nouveau…
  • 21 H : Au moment où j’ai réussi à joindre le service cardiologie et qu’une gentille personne essaye de m’aiguiller vers le bon service, le téléphone sonne enfin et maman me fait signe que c’est bon, c’est la clinique.
  • Quelqu’un lui dit “tout s’est bien passé, d’ailleurs je vous passe votre mari, il nous fait la java pour vous appeler depuis plus d’une heure”…

Il avait une bonne voix au téléphone. Rescapé une fois de plus d’une embrouille grave, il pouvait dire qu’il allait lui aussi, enfin, bien dormir…

Après il nous restait à prévenir tout le monde en chargeant untel de prévenir untel, mais c’était un réel bonheur.

J’avais prévu de dormir avec maman dans le pire des cas (pas de nouvelles, mauvaise nouvelles), et je suis donc finalement rentrée chez moi.

Avec un truc en moins dont je n’ai compris que tard ce que c’était.

L’angoisse…

Merci à l’ange gardien de Jean Poirotte qui a déjà fait pas mal de bon boulot, et au mien que j’avais envoyé à la rescousse au cas où son collègue serait un peu fatigué… Et aux bonnes ondes que certains ont envoyées…

Bien sûr reste à juguler définitivement l’infection, débattre de la repose ou non d’un défibrillateur, mais le plus dur est désormais derrière…

Ce mardi 10 nous aurons plus de précisions. Tout ce que nous savons c’est que tout s’est bien passé, que les sondes sont parties gentiment et qu’il pourra dire demain à maman, en lui tenant la main “tu le sais bien que je suis indestructible…”

Posté le 9 novembre '09 par Calpurnia, dans Ah ces parents !. 26 Commentaires.

Retombage grave en enfance…

petite-fille-copierC’était sympa de partir avec mes parents, ils ne sont pas chiants, sauf avec les horaires, les menus, les courses à faire. En fait ils ne sont pas chiants, ils ont leurs habitudes.

A moi d’accepter ou non leur mode de vie, donc j’avais dit oui pour partir avec eux…

Ils ont malgré tout oublié une chose : que j’ai 51 ans (quelle vieille peau !), (mal ?) élevé deux filles et nourrit un certain nombre d’hommes et d’invités (plus mes filles), sans jamais empoisonner personne et sans avoir de plainte.

Que de plus je sais me servir d’un lave linge ou lave vaisselle, passer la serpillère ou l’aspirateur dans la joie et la bonne humeur, fermer les fenêtres quand il le faut, bref, que j’ai tout de même un petit poil d’expérience. Tout petit c’est vrai. J’aurais toujours 20 ans de moins qu’eux, c’est là que le bât blesse…

J’ai donc eu droit à une foule de conseils dont je tiens à vous faire profiter, au cas où votre éducation laisserait à désirer :

  • Une chasse d’eau ça se tire, et on ferme la porte des toilettes après avoir fait pshiiit (quelle drôle d’idée !) (ceci les deux premiers jours quand je me dirigeais vers les toilettes)
  • Les oeufs durs c’est 10 minutes après ébullition (je n’ai pas dit que j’allais faire des oeufs coques)
  • Pour la salade composée, il faut prendre des PDT qui se tiennent et non pas des PDT à purée (le père allant vérifier et la mère allant vérifier que le père avait bien vérifié)
  • D’ailleurs pour ne pas se brûler les mains en pelant les patates cuites, prendre un torchon (curieux conseil)
  • Il ne faut pas refermer le lave linge après avoir sorti le linge pour l’étendre (moi j’ai toujours refermé mon lave linge sans dommages, mais bon…)
  • D’ailleurs, pour l’étendre…
  • Quand on a pris des glaçons dans le congélateur, il faut en remettre d’autres à faire pour la fois suivante.
  • Avec des talons de 2 cm on risque de se casser la gueule (surtout mon père)
  • Bon bain ma chérie, mais ne vas pas où tu n’as pas pied ! (dis le que je nage comme un fer à cheval !) (et puisque tu sors fais attention en traversant !)
  • Ne pas oublier de reprendre le jeton du caddy en le remettant en place ma chérie (le caddy).
  • Ni de remettre le bouchon après avoir mis de l’essence (pourquoi croient-ils que j’ai perdu 36000 bouchons ?)
  • Pour passer le balais, commencer par le fond de la pièce, c’est plus pratique
  • Penser à recharger le portable avant la date limite (10 fois)
  • Ne pas oublier de raccrocher la douche quand il est si simple de la foutre par terre dans la cabine en bousillant le carrelage.
  • Fermer la fenêtre de la chambre où je couche pour éviter de me faire piquer mon sac à main par un sadique, en notre absence.
  • Fermer les volets le soir pour ne pas me faire violer par le même (il était où ???)
  • Tu ne vas pas te laver les dents ma chérie ? (et le cul, et le reste ?)
  • Bonne lecture, mais n’éteint pas trop tard.
  • Tu as bien changé de culotte ? (ben oui, je gardais mon linge sale pour le laver chez moi et épargner des lessives à ma mère, grave erreur, elle adore laver l’eau avant le linge, donc, faire des lessives…)
  • Tu as pensé à rincer ton maillot de bain ?
  • Tu te rappelleras qu’il faut : une baguette, un sacristain, et des olives pour l’apéritif, ou je te fais une liste ?
  • Fais attention à ce que le MARCHAND te rende bien la monnaie…
  • ET J’EN PASSE : SI SI, j’en ai oublié.

J’ai tout de même pu aller acheter la baguette du soir (espoir) (car Mrs Bibelot est incapable de prévoir le pain de la journée pour 5 personnes) sans m’entendre dire :

  • Qu’il me fallait refuser toute cigarette proposée par un homme forcément malhonnête. Ou PIRE : des bonbons !
  • D’éviter de traîner en route
  • Et que j’avais interdiction de manger un crouton.

Sur le coup de la baguette, j’ai eu du bol…

J’ai bien senti tout de même que j’avais pris un coup de vieux, car je ne suis jamais revenue de courses faites à pied, en gambadant d’un pied sur l’autre, en boulottant des fraises tagada frauduleusement achetées avec la monnaie.

Comme je le faisais quand j’étais petite. A bien regarder mes plus jeunes nièces et à me souvenir de Pulchérie et Delphine qui parfois se laissent encore aller, je me dois de constater que jusqu’à un certain âge on ne marche pas, on gambade. Même en allant faire des courses (ce que je déteste) et en en revenant…

Donc la vie n’est qu’un long calvaire…

Cet article est édité parce que j’ai le respect de mes lecteurs, mais mon écran merde toujours, le sauveur n’étant pas encore venu…

Et ce serait finalement la carte graphique, ou vidéo, vous avez le choix, bref, ça merde toujours…

Posté le 13 octobre '09 par Calpurnia, dans Ah ces parents !, Vacances WE et farniente. 28 Commentaires.

Mes parents en direct : la voiture

voiture-21Mon père a le break, maman a une twingo.

Pour partir en vacances il faut bien le break, donc, c’est lui le chef.

A 71 ans, Jean Poirotte conduit fort bien, a toujours une excellente vision de loin, et en 51 ans n’a eu que 2 accidents dans lequel il n’avait aucune responsabilité, et pas graves en plus.

Il n’empêche que ma mère, telle Lino Ventura, a peur quand elle ne conduit pas (si vous vous souvenez du titre du film, merci de me le rappeler).

A savoir qu’assise à côté de son mari, elle se cramponne des deux côtés, en attendant le choc fatal qui l’enverra ad patres.

Quand je prends le relais, je ne sais pas si elle se cramponne de la même manière, car elle prend ma place à l’arrière à côté de la glacière, Jean poirotte ayant besoin de la place devant pour caser ses jambes (en réduisant la place de celui qui se trouve derrière lui). Sa visibilité à l’arrière est donc réduite, elle a théoriquement moins peur, d’ailleurs il lui arrive de s’endormir.

Mon père est très respectueux du code de la route et ne fait à mon sens aucune imprudence, ce qui n’empêche pas :

  • Argggg !
  • Mais enfin Bibelot, je suis à 20 au dessous de la vitesse limite ! (quand il répond à sa femme il lève systématiquement le pied)
  • J’ai peur sur cette route
  • Mais enfin, je la connais par coeur !
  • Arggg !
  • Mais arrête de te cramponner comme ça. Je t’ai déjà envoyée dans un mur ?
  • Non mais j’ai peur.
  • Ralentis !
  • Mais enfin, nous sommes sur l’autoroute !
  • Oui mais tu pourrais ralentir dans les virages
  • Ce sont des courbes !
  • Moi j’appelle ça des virages !
  • Oui mais c’est limité à 130 donc…
  • Donc, tu roule trop vite !
  • Attention, il y a un ravin sur la droite (à 300 mètres)
  • Ah mon dieu, un poids lourd, je croyais qu’ils n’avaient pas le droit de rouler le dimanche
  • Mais enfin, j’ai largement le temps de le doubler, il n’y a personne d’autre devant et personne derrière
  • Tu es sûr ?
  • Regarde dans le rétro si tu veux
  • Mais non, regarde dans ton miroir de courtoisie, ne touche pas à mon rétroviseur enfin !
  • Tu m’as dis de regarder dans le rétro
  • Pas le mien !
  • Attention : une caravane, elle pourrait se décrocher !
  • Prends le volant si tu as trop peur
  • Non, j’ai sommeil…

La vie n’est qu’un long calvaire

Posté le 29 septembre '09 par Calpurnia, dans Ah ces parents !. 29 Commentaires.

Bon anniversaire papa !

Quand tu es né, cette année là, le 22 mars était le premier jour du printemps.

Oui parce que cela peut être le 20, le 21 ou le 22. Même si la comptable de chez Trucmuche m’a assuré qu’elle n’était pas sûre mais qu’elle ne vérifierait pas. J’aime les gens ouverts sur de nouvelles connaissances.

Tu es né en entrant direct dans le signe du bélier tout neuf, sans le savoir. Ca ne m’étonne pas de toi. C’est bien toi. Pas le bélier de ta dernière fille, déjà plus avancée dans le signe… Je ne vais pas te faire un cours d’astrologie, même si tu ne me lis pas… Mais moi je sais que cette arrivée dans le signe du bélier tout neuf t’a protégé de beaucoup de choses et t’en protège encore.

Je n’ai pas envie de compter les années plus que toi. Tu n’aime pas plus que moi le temps qui passe, moi, le taureau qui n’aime pas le changement, je suis comme toi, même si c’est toi qui tire devant et moi qui pousse derrière…

Il n’empêche que… Le 22 mars 1938 Mrs Tricot a enfanté de toi dans la douleur, et que cette douleur persiste dans notre douleur de devoir vieillir. Il n’empêche que les 22 mars, le prisonnier écrivait une lettre particulière pour toi. il n’empêche que tes deux soeurs veulent fêter cet anniversaire avec toi et personne d’autre.

Car tu nous a fait peur papa. Avec ton infarctus très grave à 45 ans, ta crise de tachycardie ventriculaire qui aurait dû te laisser sur le carreau car le médecin nous a dit à Delphine et à moi que tu étais vraiment costaud, ton triple pontage, re ta crise de tachycardie  ventriculaire un peu oubliée parce qu’avec les examens suivants la première on avait découvert que tu avais besoins d’un triple pontage. Donc du coup, après la deuxième crise de tachycardie, la pose du défibrillateur.

Oui, tu nous as vraiment fait peur papa.

Tu prétends que toi tu n’as jamais eu peur, à aucun moment.

Comme tu ne me liras jamais, je dis que tu mens et que c’est très bête… Car quand je suis venue te voir, défiant Truchon en me défilant avec 2 H d’avance, la veille de ton pontage, tu ne pouvais rien avaler car on allait t’opérer dans la ville de ta naissance et que tu y voyais un signe néfaste. En plus, c’était proche de ta date de naissance (à 2 jours près), et ta tante t’avais dit et répété (non sans raison), que la date anniversaire de la naissance est toujours une date marquante sur le plan astrologique. Moi je ne voyais dans tous ces signes que de bons signes : rien n’indiquait dans ton thème que tu pouvais mourir de ton coeur.

Mais bon anniversaire mon petit papa ! Malgré toutes tes faiblesses que tu maîtrise, c’est toujours sous ton toit que je dors en sécurité, à l’ombre tutélaire de ton amour et de celui de maman, même si vous ne coupez pas le gaz avant d’aller vous coucher ! (d’ailleurs, va falloir qu’on en cause un de ces jours !)

Je comprends que tu n’apprécies pas de ne plus être un homme jeune, sans soucis, sans craintes et sans reproches, mais tu es là, et c’est tout ce qui compte ! Parce que rester jeune éternellement, c’est être mort trop tôt.

BON ANNIVERSAIRE PAPA !

La frangine, pas la peine de ricaner, je te rappelle que tu le suis de près, pour une date fatidique…
Les filles, je vous rappelle que cela se passe dimanche, en fin d’après midi quand il reviendra de chez une de ses soeurs. S’il y en a qui ont loupé la bonne année, c’est le moment de se rattraper…

Et bizz à tous !

Posté le 22 mars '09 par Calpurnia, dans Ah ces parents !. 9 Commentaires.

Pauvres petits coeurs… (plaignez-les…), ou “mes dernières volontés”

dodieclownut

La première fois c’était un beau jour de promenade en forêt pour que les chiens et les enfants se fatiguent (parents indignes mais bon maîtres, les chiens adorent cavaler jusqu’à n’en plus pouvoir).

Beau jour de printemps ensoleillé, les petits oiseaux gasssouillant dans les zzzzarbres (faisant un raffut pas possible avant le lever du soleil, sales bêtes !)

Et là Pulchérie tout à coup inspirée :

  • “Maman quand je serai morte, je ne veux pas être enterrée sous la terre, je veux être mise dans les arbres avec les petits zozieaux !”

  • Glups !

  • “Comme les indiens faisaient. Tu me promets maman ?”

  • Glups ! “Non ma chérie je ne peux pas te le promettre. Dans notre pays, c’est interdit”

  • “C’est dégoutant !”

  • “Oui mais c’est comme ça ma puce. Et puis tu sais, j’espère bien que ce n’est pas moi qui aurais à m’occuper de toi après ta mort”

  • “Ah bon, pourquoi ?”.

  • “Ben… Parce que normalement les parents partent avant leurs enfants…”

  • “Mais je ne veux pas t’enterrer moiiiiii ! (quel trésor adoré) Ouiiinnnn !” Et une promenade gâchée, une, avec mon enterrement en perspective…

Delphine à son tour deux ou trois ans plus tard, âge sans doute où l’on commence à penser à sa mort. Promenade régulière au cours de laquelle nous passons devant, sous, un hêtre magnifique et classé (la première chose que nous avons fait après la tempête de 1999 a été de vérifier qu’il avait tenu le coup, oui ! Ouf !), certainement plus que tri-centenaire.

  • “Maman, quand je serai morte, je veux être brûlée et tu viendras répandre mes cendres au pied de ce bel arbre” (chic, une promenade de réussie de plus en moins…)

  • Glups !

  • “tu sais ma chérie, c’est possible, mais j’espère que ce ne sera pas moi qui me chargerai de tes cendres…”

  • “Pourquoi ?” (ton indigné) Pourquoi ? parce que j’étais là avant, que je serai là après, que je suis immortelle ?

  • “Ce sont les enfants qui enterrent leurs parents, dans l’ordre normal des choses !”

  • “Mais je ne veux pas que tu sois enterrée.! Ouiiiinnnn.! Je préfère répandre tes cendres au pied du bel arbre !” (quel amour…)

  • “Alors ça, si tu veux ma chérie (quoique, au cimetière familial, il y a plein de personnes que j’ai bien connues, mais bon, au pied de cet arbre magnifique, pourquoi pas, du coup je m’interroge et le ciel est moins bleu subitement…).

A moins que l’on ne me mette dans les plus hautes branches du bel arbre, avec les petits zozieaux… Je ne sais point trop si on aura la permission et ce qu’en penseront les eaux et forêts… Mes héritières s’enguirlanderont donc, pour changer, pour savoir si l’on m’enterre ou si l’on me brûle, et dans le deuxième cas qui s’occupe des cendres. Super comme perspective !

POUR EVITER DES DISPUTES FORCEMENT STERILES, JE PRECISE ICI ET DE MANIERE FORMELLE : le crématoire, en ce qui me concerne, je suis contre. Etre bouffée par les vers aussi, donc j’exige un embaumement en bonne uniforme (comme l’écrivait la comptable de chez Truchon). De nos jours on fait ça trèèèèès bien. Le torréfacteur thanactopracteur (enfin bref, merde pour l’orthographe, l’embaumeur donc) doit par contre se déplacer rapidement, mais j’aurais mes dernières volontés sur moi, ha ! ha !

C’est dit. Et en plus il faudra demander une dérogation spéciale, pour m’enterrer dans le bois de ma maman à moi (à qui je vais demander immédiatement et sans délai de me faire héritière du petit bois (qui ne vaut rien) en lieu et place de l’armoire normande et de la barbotine promis depuis longtemps) qui comporte un cimetière mérovingien, dans un terrain marneux, dans lequel les corps ne se décomposent pas… (A l’époque où il y a eu des fouilles, ils en ont su quelque chose les trouveurs de corps qui n’avaient pas prévu de chambres froides pour bloquer le processus de décomposition débutant subitement après ouverture des sarcophages en cuir).

D’ailleurs j’exige d’être enterrée (bien entendue embaumée) dans le cimetière mérovingien avec une clef USB noyée dans de la résine imputréfiable, un clavier d’ordi et un DVD (idem) et une photographie plastifiée de mes deux filles pour bien décontenancer les chercheurs du futur qui penseront que deux civilisations se sont cotoyées curieusement..

Voilà les filles, inutile de vous disputer : c’est simple en ce qui me concerne (et pour le terrain marneux faut du chêne pour le cercueil, le bois gonfle et ça protège encore plus le corps). Le problème c’est qu’en cas de sécheresse il faudra venir arroser de temps à autre… Je sais que remonter le chemin des marnes avec une citerne c’est la corvée, mais, merde je suis j’étais votre mère tout de même…

Et finalement, quoi que pas croyante, je veux la messe de requiem de Mozart dans son intégralité, pour l’inhumation de mon corps désormais incorruptible (peut-être à noyer lui aussi dans de la résine, j’hésite…). Vous faites venir un orchestre symphonique dans le petit bois ou vous commandez une grand messe, c’est à vous de voir sur ce choix là je ne suis pas exigeante.

Et puis vous faites un petit discours. Pas commun, chacune devra bien y réfléchir. Le discours se devra d’être émouvant mais pas larmoyant, mais bien relater les grands moments de ma vie, sauf le jour où je me suis rétamée devant vous, mortes de rire, sur une plaque de verglas… (clause de dé-héritage oblige…)

Je vous le disais, c’est tout simple

D’ailleurs je précise tout de même, c’est le moment où jamais, que c’est simple car sans fleurs ni couronnes. Je déteste les couronnes mortuaires, et que l’on sacrifie des fleurs pour un décès. Faites moi régulièrement envoyer des fleurs par Interflora de mon vivant, je préfère, mais après ma mort, ce n’est pas la peine de songer à fleurir ma tombe.

Ah oui, en parlant de ma tombe, j’aimerai bien du marbre noir, avec gravé précisément mes noms, prénoms, dates de naissance et de décès, l’intégralité de mon blog, et si possible une photo de moi quand que j’étais jeune, ça remonte toujours le moral de voir ça…

Maintenant faut que je me trouve la convention obsèques qui va bien… Et qui vous rappellera à l’ordre, si nécessaire, y compris pour l’envoi des fleurs de mon vivant.

Il n’y a pas que la vie qui ne soit qu’un long calvaire… Parce que vous êtes mal barrées, et moi aussi…

Posté le 16 janvier '09 par Calpurnia, dans Ah ces parents !. 20 Commentaires.

Le 24 décembre…

Les parents devant recevoir 13 personnes le 25, Mrs Bibelot m’avait demandé d’arriver le 24 “tôt dans l’après midi”, pour lui donner un coup de main.

Je devais dormir chez eux le 24 et le 25 au soir, j’ai donc débarqué avec deux cabas : un avec mes effets personnels (ça sonne bien) et l’autre avec tout ce qui concernait le saumon (ça sonne nettement moins bien mais c’est très important)…

J’ai bien fait d’arriver “tôt dans l’après midi”, ils faisaient leurs siestes, elle dans la chambre conjugale, et lui, comme de coutume, sur le canapé du salon. Sale manie qu’il a depuis toujours, parce que c’est tout juste si l’on peut respirer à proximité… Et quand on le réveille de sa sieste, il est de mauvais poil. Fatalement en déballant tout ce qui concernait le saumon, je l’ai réveillé (aïe). D’un autre côté il a le sommeil léger et c’est la raison pour laquelle il nous enquiquine à faire sa sieste dans le salon (où théoriquement tout le monde peut passer) depuis mes au moins 14 ans, âge où j’ai répondu à ma mère qui me faisait “chut !” “il n’a qu’à aller dormir ailleurs…”. Donc le problème remonte à loin et là, tout à coup, j’ai comme l’impression que vous n’en avez rien à faire…

Puis maman s’est réveillée toute seule “tiens tu es là ?”, ben oui, c’est moi… Quelle surprise aussi, tu m’attendais demain ?

Episode 1 : préparer la table pour le lendemain. Mes parents ont une très vieille jolie table à laquelle on peut mettre des rallonges (enfin si cela peut s’appeler comme cela, car en fait on ouvre la table et on met les “rallonges” dans le milieu)… 3 très exactement, qu’il faut mettre dans le bon ordre pour qu’elles s’emboitent et que je me demande pourquoi mon père normalement pratique refuse à numéroter d’une manière ou d’une autre pour qu’on ne tâtonne pas A CHAQUE FOIS.

Donc on se prend le chou pour mettre les rallonges, et on dit plein de gros mots. Après, Mrs Bibelot a sortit LA nappe de Noël et à moi la joie de mettre la table parce que ce n’est pas le tout, mais pour le soir, il y a 4 homards à assassiner et à cuisiner après.

  • Quel service de table ?
  • Quels verres ? (ma mère est très à cheval sur la table, mais en fait tout est dépareillé)
  • Quels couteaux ? Les couteaux, c’est une institution dans la famille, car ma mère n’a que de vieux services avec des couteaux qui n’ont pas une lame acier inoxydable et qui réclament un tampon spécial pour le nettoyage. Ce sont ces vieux couteaux à lame oxydable qui ont fait que jadis, il était inconvenant de les mettre dans la salade, le vinaigre les oxydant… De nos jours il est toujours grossier paraît-il de mettre un couteau dans la salade alors que la vraie raison du pourquoi du comment n’existe plus.
  • “Laisse” me dit ma mère “je m’en occuperai tout à l’heure demain au dernier moment“. En effet, certains détestent ces couteaux et il faut piocher dans un autre service, dépareillé…

On ne réveillonne pas chez mes parents, à savoir qu’on ne dîne pas tard,… Jean Poirotte ayant décortiqué le programme TV se trouva fort heureux de l’arrivage (bruyant et réveillant) de 7 DVD à moi : des pièces de théâtre. Restait à ce que l’heureux couple de 51 ans de mariage se prenne le chou pour savoir quelle pièce on regarderait.

Et à tuer ET cuisiner les homards… Ce qui fut forcément épique.

Car normalement je regarde mes parents cuisiner sans piper mot (surtout pas !), mais comme j’avais contribué à l’achat de ces pauvres bêtes, j’ai été dans l’obligation absolue d’y mettre mon grain de sel. Ce qui fait qu’au lieu d’être 2 à se faire des suggestions et à répondre à l’autre “fous moi la paix”, nous avons été trois.

  • Seule unanimité : Jean Poirotte tue tellement bien les homards et prépare tellement bien les morceaux que ma mère et moi l’avons laissé faire, sans proposer nos services. Moi en terminant de mettre la table, elle en regardant pour dire “ah mon dieu pauvre bête” à chaque coup de mitrailleuse lourde couteau de l’assassin dans la cuisine.
  • Puis il a voulu faire revenir les morceaux dans la cocotte.
  • Mrs bibelot voulait qu’il fasse revenir l’échalotte avant d’y ajouter les morceaux de homards (qui remuaient encore c’est horrible)
  • Moi j’ai fais remarquer que l’huile d’olive ce n’est pas armoricain du tout.
  • Puisque c’est comme ça démerdez vous. A dit Jean Poirotte, pour regarder quel choix de pièces de théâtre IL avait.
  • Ma mère a fait rissoler l’échalotte sans jeter l’huile d’olive, sans faire gaffe aucune à ma remarque désobligeante concernant la même huile (je la reconnais bien là…)
  • Puis elle a voulu commencer directement la sauce et j’ai fais remarquer que moi je ne procédais pas comme ça, comme si je mangeais du homard tous les jours
  • Puisque c’est comme ça démerde toi, m’a dit ma mère en me tendant la mouvette en bois et en allant regarder les pièces de théâtre pour dire à Jean Poirotte que “madame sans gêne” ne la tentait pas et qu’elle préférait “j’y suis j’y reste”.
  • J’ai fait revenir les morceaux de homards qui remuaient encore (qu’elle horreur !) et j’ai commis le crime absolu de mettre le vin blanc sans demander l’avis de personne.
  • On m’avait dit “démerde toi…”
  • Ma mère a dit qu’elle mettait la farine avant le vin blanc après avoir retiré les morceaux de la cocotte
  • Mon père a dit qu’il était d’accord avec moi, pour voir à la fin s’il fallait ou non de la farine à rajouter suivant un procédé bien précis pour éviter les grumeaux
  • Mrs Bibelot a décrété qu’elle se chargeait des homards et qu’on n’avait qu’à la boucler. (Elle n’a pas arrêté de se plaindre que sa farine avait fait des grumeaux jusqu’à, pendant, et après la dégustation finale… (donc pendant la pièce, mais laquelle !))
  • Nous l’avons laissée faire, alors que je précisais à mon père que je préférais revoir “le noir te va si bien”, non sans quelques rappels. Qu’elle a très mal pris, surtout quand elle s’est rendue compte qu’elle avait effectivement oublié la tomate (armoricaine elle aussi).
  • Puis, suivant la recette d’une amie bretonne pure souche, elle a mis dans la sauce tout un tas de trucs, qui ont transformé le homard à l’armoricaine en homard à l’internationale, puisque la copine bretonne mettait dans sa sauce : un dé de pastis, du martini, du whisky, en plus du vin blanc.
  • J’ai trouvé que le dé de pastis ressemblait plus à une tasse (j’aime pas l’anis), et j’ai persisté pendant la dégustation des pauvres petites bêtes (dont certains morceaux remuaient encore, quelle horreur !), alors que Jean Poirotte trouvait que non pour le pastis, mais que cela manquait de sel (pourtant ça ne manquait pas de sel du tout cette histoire…)
  • Mrs Bibelot au moment du dessert alors qu’elle préparait la sauce restante à congeler, nous a précisé que la prochaine fois, elle nous laisserait nous démerder tous seuls, en ricanant dans son coin. Vous pensez bien que c’est le genre de ma mère d’aller s’installer dans son fauteuil en ricanant, en laissant son mari et son ainée cuisiner sans elle. Curieusement Jean Poirotte et moi sommes très souvent d’accord contre elle, pour telle ou telle recette… (un exemple : elle est contre mettre du vin blanc dans certaines préparations, alors que nous adorons TOUS (sauf elle il faut croire) les sauces au vin blanc…)
  • Et puis tout le monde est allé regarder “Madame Sans Gêne” non sans plaisir. Parce que sur le plan du choix du programme TV, Jean Poirotte l’emporte toujours. A mon avis il a des moyens de rétorsion contre ma mère, dont je ne veux même pas savoir en quoi ils consistent…

Je dis “tout le monde”, parce qu’il y avait ma soeur qui n’est pas comme tout le monde, qui, pas folle la guêpe, se garde bien de se montrer quand ses parents font la cuisine… S’ils s’entendent fort bien par ailleurs, ils ne peuvent s’empêcher de “se boutiquer” dès qu’il s’agit de recettes et de plats à préparer…

Et au moment où tout le monde s’est avachi pour regarder la pièce, j’ai constaté que le problème des couteaux, n’était toujours pas résolu…

Donc, à suivre…

Posté le 6 janvier '09 par Calpurnia, dans Ah ces parents !, Histoire de sorcière. 13 Commentaires.