Les parents devant recevoir 13 personnes le 25, Mrs Bibelot m’avait demandé d’arriver le 24 “tôt dans l’après midi”, pour lui donner un coup de main.
Je devais dormir chez eux le 24 et le 25 au soir, j’ai donc débarqué avec deux cabas : un avec mes effets personnels (ça sonne bien) et l’autre avec tout ce qui concernait le saumon (ça sonne nettement moins bien mais c’est très important)…
J’ai bien fait d’arriver “tôt dans l’après midi”, ils faisaient leurs siestes, elle dans la chambre conjugale, et lui, comme de coutume, sur le canapé du salon. Sale manie qu’il a depuis toujours, parce que c’est tout juste si l’on peut respirer à proximité… Et quand on le réveille de sa sieste, il est de mauvais poil. Fatalement en déballant tout ce qui concernait le saumon, je l’ai réveillé (aïe). D’un autre côté il a le sommeil léger et c’est la raison pour laquelle il nous enquiquine à faire sa sieste dans le salon (où théoriquement tout le monde peut passer) depuis mes au moins 14 ans, âge où j’ai répondu à ma mère qui me faisait “chut !” “il n’a qu’à aller dormir ailleurs…”. Donc le problème remonte à loin et là, tout à coup, j’ai comme l’impression que vous n’en avez rien à faire…
Puis maman s’est réveillée toute seule “tiens tu es là ?”, ben oui, c’est moi… Quelle surprise aussi, tu m’attendais demain ?
Episode 1 : préparer la table pour le lendemain. Mes parents ont une très vieille jolie table à laquelle on peut mettre des rallonges (enfin si cela peut s’appeler comme cela, car en fait on ouvre la table et on met les “rallonges” dans le milieu)… 3 très exactement, qu’il faut mettre dans le bon ordre pour qu’elles s’emboitent et que je me demande pourquoi mon père normalement pratique refuse à numéroter d’une manière ou d’une autre pour qu’on ne tâtonne pas A CHAQUE FOIS.
Donc on se prend le chou pour mettre les rallonges, et on dit plein de gros mots. Après, Mrs Bibelot a sortit LA nappe de Noël et à moi la joie de mettre la table parce que ce n’est pas le tout, mais pour le soir, il y a 4 homards à assassiner et à cuisiner après.
- Quel service de table ?
- Quels verres ? (ma mère est très à cheval sur la table, mais en fait tout est dépareillé)
- Quels couteaux ? Les couteaux, c’est une institution dans la famille, car ma mère n’a que de vieux services avec des couteaux qui n’ont pas une lame acier inoxydable et qui réclament un tampon spécial pour le nettoyage. Ce sont ces vieux couteaux à lame oxydable qui ont fait que jadis, il était inconvenant de les mettre dans la salade, le vinaigre les oxydant… De nos jours il est toujours grossier paraît-il de mettre un couteau dans la salade alors que la vraie raison du pourquoi du comment n’existe plus.
- “Laisse” me dit ma mère “je m’en occuperai tout à l’heure demain au dernier moment“. En effet, certains détestent ces couteaux et il faut piocher dans un autre service, dépareillé…
On ne réveillonne pas chez mes parents, à savoir qu’on ne dîne pas tard,… Jean Poirotte ayant décortiqué le programme TV se trouva fort heureux de l’arrivage (bruyant et réveillant) de 7 DVD à moi : des pièces de théâtre. Restait à ce que l’heureux couple de 51 ans de mariage se prenne le chou pour savoir quelle pièce on regarderait.
Et à tuer ET cuisiner les homards… Ce qui fut forcément épique.
Car normalement je regarde mes parents cuisiner sans piper mot (surtout pas !), mais comme j’avais contribué à l’achat de ces pauvres bêtes, j’ai été dans l’obligation absolue d’y mettre mon grain de sel. Ce qui fait qu’au lieu d’être 2 à se faire des suggestions et à répondre à l’autre “fous moi la paix”, nous avons été trois.
- Seule unanimité : Jean Poirotte tue tellement bien les homards et prépare tellement bien les morceaux que ma mère et moi l’avons laissé faire, sans proposer nos services. Moi en terminant de mettre la table, elle en regardant pour dire “ah mon dieu pauvre bête” à chaque coup de mitrailleuse lourde couteau de l’assassin dans la cuisine.
- Puis il a voulu faire revenir les morceaux dans la cocotte.
- Mrs bibelot voulait qu’il fasse revenir l’échalotte avant d’y ajouter les morceaux de homards (qui remuaient encore c’est horrible)
- Moi j’ai fais remarquer que l’huile d’olive ce n’est pas armoricain du tout.
- Puisque c’est comme ça démerdez vous. A dit Jean Poirotte, pour regarder quel choix de pièces de théâtre IL avait.
- Ma mère a fait rissoler l’échalotte sans jeter l’huile d’olive, sans faire gaffe aucune à ma remarque désobligeante concernant la même huile (je la reconnais bien là…)
- Puis elle a voulu commencer directement la sauce et j’ai fais remarquer que moi je ne procédais pas comme ça, comme si je mangeais du homard tous les jours
- Puisque c’est comme ça démerde toi, m’a dit ma mère en me tendant la mouvette en bois et en allant regarder les pièces de théâtre pour dire à Jean Poirotte que “madame sans gêne” ne la tentait pas et qu’elle préférait “j’y suis j’y reste”.
- J’ai fait revenir les morceaux de homards qui remuaient encore (qu’elle horreur !) et j’ai commis le crime absolu de mettre le vin blanc sans demander l’avis de personne.
- On m’avait dit “démerde toi…”
- Ma mère a dit qu’elle mettait la farine avant le vin blanc après avoir retiré les morceaux de la cocotte
- Mon père a dit qu’il était d’accord avec moi, pour voir à la fin s’il fallait ou non de la farine à rajouter suivant un procédé bien précis pour éviter les grumeaux
- Mrs Bibelot a décrété qu’elle se chargeait des homards et qu’on n’avait qu’à la boucler. (Elle n’a pas arrêté de se plaindre que sa farine avait fait des grumeaux jusqu’à, pendant, et après la dégustation finale… (donc pendant la pièce, mais laquelle !))
- Nous l’avons laissée faire, alors que je précisais à mon père que je préférais revoir “le noir te va si bien”, non sans quelques rappels. Qu’elle a très mal pris, surtout quand elle s’est rendue compte qu’elle avait effectivement oublié la tomate (armoricaine elle aussi).
- Puis, suivant la recette d’une amie bretonne pure souche, elle a mis dans la sauce tout un tas de trucs, qui ont transformé le homard à l’armoricaine en homard à l’internationale, puisque la copine bretonne mettait dans sa sauce : un dé de pastis, du martini, du whisky, en plus du vin blanc.
- J’ai trouvé que le dé de pastis ressemblait plus à une tasse (j’aime pas l’anis), et j’ai persisté pendant la dégustation des pauvres petites bêtes (dont certains morceaux remuaient encore, quelle horreur !), alors que Jean Poirotte trouvait que non pour le pastis, mais que cela manquait de sel (pourtant ça ne manquait pas de sel du tout cette histoire…)
- Mrs Bibelot au moment du dessert alors qu’elle préparait la sauce restante à congeler, nous a précisé que la prochaine fois, elle nous laisserait nous démerder tous seuls, en ricanant dans son coin. Vous pensez bien que c’est le genre de ma mère d’aller s’installer dans son fauteuil en ricanant, en laissant son mari et son ainée cuisiner sans elle. Curieusement Jean Poirotte et moi sommes très souvent d’accord contre elle, pour telle ou telle recette… (un exemple : elle est contre mettre du vin blanc dans certaines préparations, alors que nous adorons TOUS (sauf elle il faut croire) les sauces au vin blanc…)
- Et puis tout le monde est allé regarder “Madame Sans Gêne” non sans plaisir. Parce que sur le plan du choix du programme TV, Jean Poirotte l’emporte toujours. A mon avis il a des moyens de rétorsion contre ma mère, dont je ne veux même pas savoir en quoi ils consistent…
Je dis “tout le monde”, parce qu’il y avait ma soeur qui n’est pas comme tout le monde, qui, pas folle la guêpe, se garde bien de se montrer quand ses parents font la cuisine… S’ils s’entendent fort bien par ailleurs, ils ne peuvent s’empêcher de “se boutiquer” dès qu’il s’agit de recettes et de plats à préparer…
Et au moment où tout le monde s’est avachi pour regarder la pièce, j’ai constaté que le problème des couteaux, n’était toujours pas résolu…
Donc, à suivre…
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Gouzi gouzi c’est maman ! ma-man !
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Il faut aller faire dodo maintenant !
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C’est comme ça et pas autrement !
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Tu me réponds encore comme ça et c’est la claque !
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Montre moi ton cahier de devoirs.
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Récite moi ta leçon, j’écoute
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Mais qu’est-ce que c’est que ces notes ?
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Privée d’argent de poche pendant 2 semaines
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Pas de mobylette, tu as des mollets, il faut qu’ils servent
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C’est quoi cette lampe de poche dans ton lit ? l’extinction des feux, c’est 21 H
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Bon vu ton âge maintenant, c’est 22 H
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Bravo pour ton bac ! Du coup on va au restaurant !
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Bravo pour ce premier emploi !
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C’est un garçon charmant
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Enceinte de combien ? 21 jours ? Comment tu peux savoir cela aussi précisément ?
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Une fille ? Chic !
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Le coup de la respiration, je te préviens c’est du pipeau
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Allô passez moi ma fille sinon j’arrive et vous allez voir si l’accouchement traîne encore !
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Allô ma chérie puisque tu conduis désormais tu n’aurais pas par hasard envie d’aller traîner à Carrouf et d’y emmener ta mère ? Hein ? Non j’ai juste un match à regarder et comme ta mère ne conduit pas…
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Allô ma chérie ça te dirait d’aller traîner à Versailles ? Hein ?
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Encore une fille ? Chic !
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Tu peux me confier la petite, je sais comment ça marche. Gouzi Gouzi, c’est mamiiiiie !
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Tu n’as pas la recette du tarama fait maison ?
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Est-ce que tu peux nous emmener ton père et moi pour son intervention de la cataracte ?
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Tu m’emmène à l’hôpital pour mon opération de demain ? bénigne certes, mais ils veulent me faire jeûner ces rats.
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Allô ma chérie, le SAMU vient de partir avec ton père, tu peux m’emmener, je ne me sens pas en état de conduire !
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Je viens d’aller voir les concessions au cimetière, il manque plein de noms à graver avec les dates, tu peux m’aider que je passe commande à cet escroqueur de graveur dans le marbre ?
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Bon à notre place, tu prendrais quoi comme convention obsèque ?
Au secours !!!!!

J’ai bien sûr déjà abordé le sujet… Un beau jour, on cesse d’être une personne ordinaire, on devient parent d’élève. Dur dur.
Ce soir en allant à la pharmacie, je me suis remémorée une lutte dont j’avais oublié l’existence. Une lutte contre des bestioles immondes que rapportent (parfois) nos chères têtes blondes, brunes ou rousses.
Devant moi donc, une femme achetant le nécessaire absolu anti poux. Oui vous avez bien lu : poux hiboux cailloux genoux. Lotion, shampoing, peigne électrique qui paraît-il les tue direct quand on le passe dans les cheveux. Elle a laissé une somme rondelette au pharmacien ravi.
Quand que j’étais petite (la préhistoire je vous dis), une fois par mois une infirmière venait à l’école inspecter toutes les têtes. L’enfant porteur était immédiatement traité et ne pouvait revenir qu’après une visite de contrôle attestant qu’il était exempt de bestioles. Maintenant au non de la non exclusion, ce genre de pratique est interdite.
J’ai eu la chance et mes frères et soeurs avec moi, de ne pas avoir de “tête à poux”. Comme il y en a qui attirent ou repoussent les moustiques, les aoûtats ou autres bestioles, il y aurait ou non des têtes à poux.
Hélas, mes deux filles rentraient dans cette catégorie. Têtes attirant les poux, Delphine attirant en plus les moustiques (le meilleur anti moustiques que j’ai eu à la maison, depuis qu’elle est partie ils me repiquent), Pulchérie étant boudés par les moustiques mais cible de prédilection pour les aoûtats. J’étais prête à accepter cette fatalité, mais certains parents non. A tel point que certains au son de “mon enfant est propre”, ne regardent jamais la tête du leur quand un mot est affiché style “attention, les poux sont de retour”. Mon ex méchante belle soeur était de ce style et le furoncle en son absence dû traiter ses deux enfants infestés par les bestioles : elle se refusait même à regarder si…
Pulchérie revint du CP un beau soir en se grattant la tête. Examen rapide et consternation. 3 bestioles minuscules se balladant dans son cuir chevelu. Direction la pharmacie pour acheter tout ce qu’il faut, désinfection en règle, lavage de tout ce qu’il se doit, et désinfection préventive de Delphine.
Cela dura tout le CP. On me déroulait le tapis rouge à la pharmacie au son de “si les autres parents ne traitent pas ça ne sert quasi à rien…” La maitresse a qui je signalais honnêtement le problème me rétorqua un beau jour, d’un air excédé que j’étais la seule à me plaindre. Forcément cela venait de moi et d’une hygiène douteuse…
Sortie de fin d’année, j’accompagne les trésors. Dans la classe de Pulchérie, une petite Valentine dont les cheveux jusqu’aux genoux faisaient l’admiration de tous. Une autre maman et moi avions sympathisé et réuni nos deux groupes pour n’en faire qu’un (et passé notre journée à compter jusqu’à 12). Nous avons donc remarqué toutes les deux que la petite Valentine passait son temps à se gratter. La tête, les épaules, le dos, les cuisses. Là, l’autre me signale à voix basse, comme honteuse qu’elle a passé son année à traiter sa fille contre les poux, sans oser en parler, s’étant faite rembarrer la première fois par la maîtresse… Je découvre donc que je n’étais pas la seule…
Nous soulevons la splendide chevelure de la gamine. Elle grouillait de poux. Des poux adultes. Je ne pensais pas que cela pouvait devenir aussi gros, n’ayant trucidé chez Pulchérie que des bébés et des lentes. La gamine était couverte de piqûres dans le dos, sur les épaules, partout où ses cheveux la touchaient. La rage nous prend et nous appelons la maîtresse en train de contempler les ours polaires au zoo de Vincennes. Cris horrifiés de cette dernière quand elle découvre le carnage, et l’autre maman et moi en train de lui signaler qu’elle ferait mieux de réfléchir dans l’avenir quand on lui signale des poux, avant d’envoyer bouler la mère qui se plaint. Car celle qui se plaint est celle qui traite en vain…
Le temps passe, jusqu’au CM2 et là, rebelotte dès la rentrée. En plus, Pulchérie qui dort avec sa soeur, l’infeste à chaque fois. Je signale à l’instit, un vieux de la vieille qui passe une annonce. Il voit bien lui, que certains se grattent et que certains parents haussent les épaules quand il le signale discrètement. Et on traite, on traite, on se ruine en produits, en lessives, en insecticide (faut tout désinfecter). En plus, certains produits deviennent inefficaces. J’ai récupéré des “vivants” après un temps de pause de lotion multiplié par 4… Jusqu’au jour ou deux mamans et moi demandons à l’instit de frapper un grand coup. Ras le bol de traiter nos gamines (les produits irritent Pulchérie qui en a des croutes sur la tête, une de ses copines aussi), de chercher le produit miracle. En fait une multitude de parents se plaignent régulièrement.
Il passe donc une annonce bidon comme quoi, devant les plaintes répétées de certains parents las de traiter leurs enfants alors que d’autres ne font visiblement rien, il va procéder lui-même à l’inspection de toutes les têtes et demander l’apport d’une infirmière pour cette inspection qui aura lieu jeudi (c’était un mardi)… Bien évidemment c’était faux, aucune infirmière ne se serait déplacée, comme au bon vieux temps…
La pharmacie du village a été dévalisée, mais l’épidémie a été stoppée net en mars (il était temps)… Le pharmacien nous déclara que certaines étaient venues, l’air pincée lui demander la totale pour le caz-où… avec un gosse se grattant frénétiquement… Mais elles n’avaient pas regardé bien sûr : comme ma connasse de belle soeur, leurs enfants ne pouvaient pas avoir de poux…
C’est LA lutte qui m’a le plus horripilée et le plus ruinée au cours de ma carrière de parente d’élèves (Delphine ayant eu ses épidémies également une fois sa soeur partie au collège où elle ne récolta plus rien)
Désolée si certains pensent que leurs enfants ne peuvent pas avoir de poux parce qu’ils sont propres : ce style d’invasion n’a rien à voir avec la propreté, et ce ne sont pas forcément les mieux tenus qui sont porteurs…
Je vous quitte, du coup ça me gratte…
Ah oui j’oubliais : la vie n’est qu’un long calvaire…
Et bien si, j’aurais eu une petite émotion pour la Saint Valentin, moi qui ne l’ai jamais fêtée avec aucun de mes ex…
Ce jour fatal pour les âmes esseulées, Mrs Bibelot bourdonnait de projets et de courses à faire. J’étais priée d’aller “traîner” avec elle, car elle avait besoin de mes conseils éclairés (qu’elle ne suit jamais d’ailleurs, mais c’est une autre histoire).
Jean-Poirotte tournicotait autour d’un meuble qu’il est en train de retaper. Le voici vers 11 H 30 à s’habiller.
-
Où vas-tu comme ça ?
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Je n’ai pas les clous qu’il faut pour retaper le tiroir du haut, je file chez la mère Popo (la mère Popo, c’est une boutique où l’on trouve tout dans un bordel intégral où seule la patronne qui n’a pas changé depuis 25 ans, s’y retrouve, c’est chez elle que j’ai trouvé ma cordelette à store)
Le voici parti et moi en train d’aider ma mère à prendre des mesures pour des rideaux machin chose (enfin, je note ce qu’elle me dicte), un abat jour truc chouette qu’elle doit changer dans l’urgence, etc…
Mon père tarde avec ses clous, elle met les escalopes en route en maugréant “comme si c’était pressé”. Je ne lui précise pas “comme ton abat jour”, il ne faut pas contrarier sa mère. Et puis ça va me faire du bien d’aller traîner avec Mrs Bibelot, elle m’amuse chez les commerçants, et moi la néantitude des petites annonces me stresse.
Enfin la voiture de Jean-Poirotte qui arrive victorieux avec ses clous. En fait un gros bouquet de roses jaunes (je sais c’est contradictoire). Je précise que ce sont les préférées de ma mère qui s’émeut tout de suite.
Z’étaient mignons mes parents à se faire un bisou parce que c’est la Saint Valentin, et que comme pour l’anniversaire de mariage, mon père ne manquera jamais son bouquet de fleurs…
Sauf que pour quelques jours tout le monde va demander à Mrs Bibelot si elle a bien pensé à changer l’eau des clous… Ben oui, c’est une famille de fous (avec ou sans clous d’ailleurs…)
On ne le fait bien évidemment pas exprès, mais il nous arrive de traumatiser nos enfants sans le vouloir, bien sûr..
Notre plus grande gaffe à Albert et moi concernant Pulchérie, a eu lieu au moment de la naissance de Delphine. C’est un pseudonyme bien entendu. Pour Pulchérie, nous avions le prénom + les deux des grands mères comme il se fait dans la famille d’Albert. Dans la mienne on prenait comme deuxième et troisième prénoms, ceux des parrain et marraine, mais nous n’avions pas l’intention de la faire baptiser, donc pas de dispute pour cela : c’était déjà assez difficile de se mettre d’accord sur un prénom (6 mois de débats animés, Albert étant particulièrement difficile et regardant avec quoi de moche cela pouvait bien rimer).
Donc pour Delphine, nous étions tombés d’accords sur 3 prénoms dont 1 serait le bon, et les 2 autres en suite, car on n’allait pas lui faire le coup à elle aussi de “Mrs Bibelot, Furoncle” à la suite de son prénom usuel. Mais Albert tenait tout particulièrement à ce qui est son deuxième prénom actuel. Nous attendions donc “le bébé, le petit frère ou la petite soeur”, jusqu’à 2 semaines avant l’accouchement, car j’ai su très tard que c’était une fille. Apprenant cette excellente nouvelle, j’avais emmenée Pulchérie acheter une robe pour elle, et la même pour Clémentine (prénom retenu en 1ère position) en 3 mois naturellement (pas facile de trouver le même modèle en 3 ans et en 3 mois, pour que ma grand mère les fasse bouillir en machine pendant mon séjour à la maternité c’était bien la peine).
Je m’accrochais tout de même à mon prénom préféré et je partis accoucher de Clémentine. Sauf que dans la voiture, me voyant aux prises avec une contraction, Albert me déclara, cet innocent : “tu sais on l’appelera Delphine puisque tu y tiens tant !”. Sur ce coup là je n’ai pas perdu le nord une minute et quand la sage femme me demanda le prénom de l’enfant pour préparer le bracelet, je rétorquais “Delphine !” en éructant parce que c’était pendant une contraction. Albert ne moufta pas, il savait que ce n’était pas le moment de relancer un débat sur le prénom, ou sur quoi que ce soit d’ailleurs.
Bien évidemment une fois la pastèque chiée, Albert rentré à 2 H 30 du matin, avertit sa belle mère que tout s’était bien passé, mais il oublia de préciser que le prénom avait changé entre 20 H et 20 H 05 dans les embouteillages. Mrs Bibelot appela donc, avec Pulchérie, le matin vers 9 heures pour demander des nouvelles et comment était cette petite Clémentine. Je lui précisais le changement de prénom qu’elle comprit très bien, mais Pulchérie ne fut pas de cet avis. Elle voulaaaaiiiiit “Clémentine”, elle en pleura au téléphone. Impossible de lui faire accepter l’idée qu’il s’agissait bien du même bébé. J’en avais le coeur brisé (mais pas l’envie de changer de prénom non plus)
Elle vint voir sa petite soeur l’après midi même et s’extasia devant ses petites mains, ses petits doigts, ses petits pieds… puis me demanda posément en me posant la main sur mon ventre enfin vide, ce que j’avais bien pu faire de Clémentine. “Mais elle est là dans le berceau ma chérie, avec papa on a préféré l’appeler Delphine finalement !”. Rien à faire.
Pendant des mois, elle serina à qui voulait bien l’entendre “on attendait Clémentine, et finalement on a pris Delphine !” en se demandant bien où avait pu passer la petite soeur tant attendue ! Celle qu’on lui avait ramené lui convenait tout aussi bien que l’autre, mais on sentait désespérément que cette “autre”, elle devait en faire son deuil et nous étions consternés.
Un vrai traumatisme ! Elle ne comprit que le jour où Delphine me posa la fatale question “quand je suis née, comment tu savais comment je m’appelais ?”. C’est là qu’elles comprirent qu’elles nous devaient leur prénom (une raison de plus de nous en vouloir…) et qu’aucun enfant n’était passé à la trappe (car Pulchérie avait bien précisé à sa soeur qu’au dernier moment on l’avait préférée, elle…, à elle de se farcir un autre traumatisme)
La vie n’est qu’un long calvaire…
Avouez, vous avez fait quoi avec vos gosses sans vous en rendre compte, qui vous a consterné et bourrelé de remords ???? J’attends !
J’avais oublié Jean Poirotte quand j’ai débuté cette chronique, et c’est vraiment dommage…
Car je vais rendre hommage ici à mon papa !
(le premier qui rigole s’en prend une)
Lui est un homme malade à part. Quand il est petitement malade on est au courant, ce qui n’est pas original sauf que c’est évidemment pour un rhume. Un rhume le met à l’agonie (comme Albert) et Mrs Bibelot ne l’entend même plus éternuer et dire des gros bots parce qu’il a le dez bouché et que pour dorbir c’est bas tob. Il râle de toutes les façons et finit toujours par aller se coucher pour bourir tranquille (impression de déjà connu). Mrs Bibelot est philosophe et continue ses mots fléchés sans moufter : ça va lui passer ! et elle, elle se fait une soupe de poissons avec rouille, croûtons et tout pendant que son mari agonise, avec le sourire en plus, c’est trop top. Elle dort dans la chambre rose de l’étage ? Etrange…
Par contre, il n’est pas douillet, sauf s’il se plante une écharde dans le doigt. Là c’est l’opération qui pointe pendant que sa femme fait chauffer une aiguille et sort sa trousse à dissection, oubliant que je lui ai piqué sa pince pointue à dissection qui épilait super bien (qu’est-elle donc devenue ?). Mrs Bibelot prend donc sa pince à épiler et le charcute avec une épingle chauffée à blanc et une pince à épiler, ce qui est le comble du sadisme, d’où des cris de putois qui alertent toute la famille éventuellement et font fuir les araignées qui rentrent parce que c’est l’automne (sinon il a subi un double pontage et la pose d’un défibrillateur en faisant comme s’il faisait cela tous les jours)
Je l’ai vu un jour se traverser la main avec un tournevis. Il est devenu tout blanc, a retiré le tournevis qui pointait sur le dessus de la main (remettez-vous ce n’est pas vous !), prit le volant pour aller chez ses parents (50 bornes tout de même) qui ont appelé le médecin. Sérum antitétanique etc… Il était seul pour ramener tout le monde au bercail Mrs Bibelot ne conduisant pas, et l’a fait dignement quoiqu’un peu pâle sans se plaindre d’aucune sorte, de plus en plus blanc (pire c’éait transparent). Il est reparti bosser le lendemain, et on a tous oublié sa main dont il n’a plus été question.
Je l’ai vu également s’ouvrir avec un cutter, genre steack qui pendouille de la main, sans moufter autre chose qu’un “faut que tu m’emmène aux urgences, désolé, j’ai sali ta moquette”. Patient modèle d’après le médecin stupéfait : ne tournant pas de l’oeil pour la piqûre d’anesthésique, et plaisantant pendant la couture (si le médecin l’avait vu se faire retirer une écharde, il eusse pensé à un jumeau, douillet lui).
Le top du top, c’est quand Jean Poirotte nous fait des trucs graves et qu’il part avec le Samu ou les pompiers. Il détend l’atmosphère dans la berline, se laisse piquer sans moufter, ne fait pas de commentaires sur son état, alerte vaguement un infirmer parce qu’il fait une hémorragie post coronarographie, et accueille l’infirmière munie d’un harpon avec le sourire, sans blague grivoise. Patient modèle. Tellement peu douillet qu’on lui a demandé trois fois si des élèves infirmières pouvaient lui faire leurs premières prises de sang ou premières piqûres. Même pas mal et même pas peur, OK pas de soucis faut bien qu’elles se fassent la main ces petites mignonnes… Et que je te tend le bras avec le sourire en disant “c’est pas grave” quand ON a loupé la veine…
Difficile de diagnostiquer l’infarctus du premier coup, vu qu’il évaluait la douleur assez bas, alors que vu les résultats elle devait être assez haute…
Donc pas douillet. Sauf pour un rhume (sur un flegmon amygdalien, il reste de marbre et se soigne sans broncher), et pour une écharde. A part cela il prend bien ses médocs pourvu que sa femme les lui prépare, et sans les renifler avec inquiétude (ce qui est admirable, il est même capable de rappeler à Mrs Bibelot de lui préparer son semainer : c’est beau, on admire qu’il ne veuille pas louper une prise, et Mrs Bibelot au passage qui attent qu’il gère son semainier tout seul).
Par compte, je ne vous raconte pas s’il se coupe un jour avec une enveloppe (Florence Foresti) ça fait mal ! Je ne comprendrai jamais comment on peut affronter le pire à l’hôpital pour chouiner devant une écharde, mais bon c’est le malade idéal dixit Mrs Bibelot (et en plus il peut prendre 8 comprimés d’un coup sans un verre d’eau et na !)… Les filles, vous avez des rappels de vaccin à vous faire faire d’urgence et face à ce que papy a vécu, vous êtes interdites de protestations !
Les filles le découvriront un jour : la vie n’est qu’un long calvaire…
Bon il faut que je le dise, que je fasse ma faraude (relisez les rois maudits première édition pour le terme) et que je me serve au passage de mes parents pour faire passer la pilule.
Hier journée… Tranquille au boulot comme de coutume, un pull à tricoter pour mon chef, je n’ai pas encore fini de monter les mailles de la première manche, mais je m’acharne… La routine habituelle quoi… Le téléphone sonne à 16 H 30 et en me demandant “quel est le con qui….” je reconnais le n° de mes parents.
Je décroche, inquiète. Ma mère s’est fait retirer la vésicule il y a deux semaines et avait dimanche quelques soucis de cicatrice. Généralement quand leur numéro s’affiche c’est pour un décès, une attaque de peste noire ou une alerte nucléaire (où tout bêtement mon père qui ameute le Samu ET les pompiers mais ça c’est une autre histoire)
Et là le cri qui tue dans mon oreille “MA PETITE FILLE EST DANS LE JOURNAL”. C’est maman. Et elle semble aller bien.
Je fais le compte rapide. Des petites filles elle en a…5. Deux de moi (les garçons je ne sais pas faire), deux de mon frère, et une de ma soeur.
La petite dernière de mon frère qui a deux ans aurait-elle braqué la charcutière au super marché ? Vivianne la fille de ma dernière soeur aurait-elle racketté un copain d’école ? Ma nièce ainée (surnommé normalement ma NIAISE) aurait-elle convolé en juste noce avec un richissime italien (hi hi, et PAF si tu me lis).
Reste mes filles.
Je n’en vois qu’une qui puisse être dans le journal… A moins que Delphine n’ait décidé de faire la peau aux salauds qui l’ont un jour agressée avec un cutter… Pas trop son style
“PULCHERIE est dans femme actuelle, y’a sa photo et tout et tout”.
Oui pour les prochains épisodes mes filles qui souhaitent garder un anonymat normal seront PULCHERIE et DELPHINE (pas trops envie de me faire tuer, les enfants ça peut être dangereux, d’ailleurs dans certaines communes avant les écoles les panneaux indiquent “danger, enfant…”).
Ete me voilà avec une heure à tuer avant d’aller acheter “femme actuelle” qui ne fait pas partie de mes lectures. En double exemplaire pour en garder un précieusement pour la postérité (j’aime la généalogie et je pense aux générations futures)
Et ce matin de plastifier LA page en question après avoir fait défiler “femme actuelle” dans toute la société (qui s’en fout sans doute mais fait AAAAHHHHH !, quoique que deux de mes collègues se soient elles aussi ruées sur femme actuelle hier soir).
Donc c’était juste pour préciser à maman qu’il est inutile de pousser le cri qui tue quand il s’agit de MA FILLE. C’est quand même la mienne et si je suis une mère indigne c’est tout de même moi qui l’ai élevée.
Entre les mômes et les parents… 48 ans c’est l’âge de la stéréo.