Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

'Histoire de sorcière'

Et pour tous…

Je reviendrai un jour prochain, mais comme le précisait ma fille sur son blog, entre Noël et le jour de l’An, ce n’est pas le trafic qui va fatiguer le blogueur…

Je reviendrai un jour prochain, mettre mon soutien à tous ceux qui détestent le réveillon du jour de l’an et le jour de l’an encore plus.

Pour moi, si vous le permettez, Noël se présente plutôt bien. Papa est rentré de maison de rééducation ce matin, les foies gras sont faits (post à venir), j’attends mes deux puces pour demain, et j’ai décidé de me mettre en mode zen un petit peu, quelques jours…

Donc, je vais faire dans l’original, et  je vous souhaite à tous un joyeux Noël.

Posté le 23 décembre '11 par Calpurnia, dans Histoire de sorcière. 21 Commentaires.

Nous parlons au chat…

filou-2Filou tente vainement de rentrer en hibernation, mais la nature n’a pas prévu la véritable hibernation pour les félins, donc, le malheureux est obligé au moins deux fois par jour, de se lever pour aller manger, avant d’aller dehors s’occuper d’une évacuation obligatoire, dans la mesure où il est bien connu qu’un clou chasse l’autre et que fréquenter une litière, il déteste…

Sur cette photo que vous connaissez déjà, il a les yeux ouverts, mais dans la réalité actuellement, il est très rare de voir la prunelle de ses très beaux yeux. J’en profite donc brièvement.

Filou pionce. Le félin est l’ancêtre de l’homo ça pionce !

Il a largement de quoi s’allonger pour faire ses 22 heures de sommeil par jour.

Quoi que…

Depuis que je séjourne avec maman, il a interdiction d’entrer dans la chambre rose que j’occupe (premier outrage), car les poils de chat sur mon lit font très mauvais ménage avec mon nez.

Toujours depuis que je séjourne avec maman, j’ai fermé la porte de la grande chambre verte (deuxième outrage) dont j’ai coupé le radiateur.

Maman rouspète concernant le prix du fuel, mais elle n’hésite paradoxalement pas à chauffer la chambre verte, uniquement pour que le chat aille dormir sur le grand lit et sa grande couette à lui qui du coup ne sert actuellement à rien… Donc Filou n’a plus à l’étage, que deux fauteuils roses très confortable et le billard, pour aller s’avachir au premier.

Maman, furieuse de la fermeture de cette chambre (rapport au chat, vu qu’elle n’y met les pieds qu’environ 3 fois l’an), m’a menacée : “tu vas voir, je vais en parler à ton père, il ne sert à rien de couper le chauffage des chambres quand elles ne sont pas occupées, au contraire, ça risque d’épuiser la chaudière (!)”…

Comme je n’ai eu aucun écho, j’en ai donc déduit avec l’intelligence monumentale qui me caractérise (je plaisante hein !) que papa était d’accord avec moi, sauf que lui, n’avait pour l’instant, jamais pu se faire entendre, vu qu’il ne monte à l’étage que rarement, pour vérifications et que maman peut donc lui raconter n’importe quoi… Tel que je le connais, il a dû ricaner dans son fort intérieur ou à l’extérieur, c’est au choix…

Au RDC Filou a deux fauteuils dûment garnis de coussins et petits polaires pour son confort, un canapé avec fausse fourrure à son usage, et le lit de ma mère sur les oreillers duquel il aime bien s’incruster se fourrer.

Maman laisse le chat sur les oreillers et s’arrange comme elle le peut, quand papa va sortir de sa maison de rééducation (demain), le chat va souffrir parce qu’il devra bien dégager des oreillers…

Vous l’aurez compris, c’est un animal malheureux, et maltraité, etc, d’ailleurs j’attends encore la plainte que Maritza doit déposer à la SPA concernant cette pauvre bête.

A qui nous parlons.

  • Ma mère se lève et j’entends “ça va, tu n’es pas trop fatigué par ta nuit ?”
  • Quand je me lève et que je vais refermer la trappe de la cheminée, le chat est à nouveau répandu avachi comme une bouse sur un fauteuil “ça va ? tu ne fatigues pas trop ?”
  • Ma soeur arrive : “tiens tu es là toi ? tu es certain que tu ne va pas t’épuiser ?”
  • Maman va regarder sa TV le soir, et est obligée de chasser le chat (tout de même) pour prendre son fauteuil “tu ne vas pas me faire croire que tu es fatigué, tu as l’autre fauteuil”.

Généralement la question est “ça va ? tu ne fatigues pas trop ?”. Comme elle est posée environ 8 fois par jour on pourrait penser qu’il en a marre.

Non.

Il s’en fout.

Il pionce…

La vie n’est qu’un long calvaire, pour le félin, en hiver…

Posté le 22 décembre '11 par Calpurnia, dans Histoire de sorcière. 4 Commentaires.

Le retour de Maritza 2011 (Acte Un)

EndoraAvec tous nos soucis, nous aurions pu zapper le retour annuel de Maritza, mais fort heureusement elle a pensé à téléphoner pour nous prévenir qu’elle arriverait le lundi 18 octobre.

Si elle nous rendait visite au printemps et si nous étions adeptes du grand nettoyage, ses retours pourraient rimer avec “détergent”, mais non, elle revient en automne.

Et les sanglots longs des violons de l’automne…

Comme le 18 octobre (joyeux anniversaire Albert!) tombait un mardi, nous étions mal barrées, d’autant que dans le combiné, Maritza s’obstinait à nous préciser “à lundi” et “oui j’arrive le 18″.

Maman s’était dit que cette visite allait lui changer les idées, mais je ne sais pas pourquoi, elle et moi étions légèrement irritables à cette époque là (papa lui, squattait le service de réanimation…). Et nous avions décidé que le “tu es sûre ?” ne passerait pas cette année…

  • Ah mon dieu ton aînée, déjà 30 ans, tu es sûre ?
  • Ah ton frère, 50 cette année, tu es sûre ?
  • 8 petits enfants Bibelot, tu es sûre ?
  • Tu sais faire les crêpes, tu es sûre ?
  • Etc… (et je suis sûre…)

Le lundi, point de Maritza joignable à son hôtel dans Paris, dont l’hôtesse fort aimable nous précisa que la Suissesse ne repartait que le lendemain, mardi.

Et je suis sûre. Et également qu’elle a débarqué le mardi 18, fort heureuse de nous retrouver, et nous également.

Maritza toujours égale à elle-même, s’est installée dans la chambre verte (et j’en suis sûre), vu que moi je squatte la rose depuis notre retour de la Grande Motte.

Puis elle a demandé à maman si elle avait une cuite de prévue pour les jours à venir, avant de nous préciser qu’il s’agissait d’une lessive.

Parce que, Suisse d’adoption et de nationalité, Maritza a retrouvé ses expressions suisses tout en gardant ses anglicismes nombreux.

Et je suis sûre. Et également qu’il faut suivre, car les conversations ne sont pas toujours évidentes…

Bref, en fin de journée, nous avions déjà eu droit à de nombreux “tu es sûre ?” et maman est passée à l’attaque…

Il faut dire que nous avons été aidées sur ce coup là, par une histoire qu’elle venait de nous raconter, concernant une ex amie à elle qui l’avait traitée de menteuse.

Maritza est capable de tout :

  • Avoir Interpol à ses trousses
  • Se marier deux fois avec le même anglais
  • Enterrer les cendres de sa belle-mère dans une lande protégée
  • Se faire refouler à la frontière anglaise à cause du révolver d’ordonnance de son père (ou de son premier mari, il nous restait à mettre au point pas mal de détails, et en apprendre de nouveaux)
  • Piétiner son passeport anglais (c’est fou ce qu’elle a eu comme nationalités changeantes, si l’on suit bien), sous l’oeil flegmatique d’un britannique salarié par Interpol en le traitant de sale con (en anglais dans le texte d’origine, mais je n’ai pas retenu)
  • Voyager pendant 15 ans avec les cendres de sa mère
  • Etc…

Mais elle est incapable de mentir. Elle est d’une franchise extraordinaire, qui lui a souvent joué des tours, et même un pieux mensonge, elle ne sait pas faire…

Alors la traiter de menteuse…

Bref, elle était désormais fâchée avec cette amie. Puis, comme nous discutions bouffe, parce qu’il ne faut pas oublier qu’elle est végétarienne, maman a eu droit, concernant un plat qu’elle allait faire le lendemain, à un “tu es sûre ?” alors qu’elle précisait qu’il n’y aurait pas de viande dedans.

  • Maritza, je suis sûre, et je suis sûre aussi que c’est un tic de langage chez toi, de dire cela tout le temps.
  • Tu es sûre ?
  • La preuve ! Comme le monsieur de cet après midi, qui t’a déclaré avoir 91 ans, et à qui tu as demandé s’il en était sûr…
  • Oui, mais il ne les faisait pas…
  • Ce n’est pas une raison… Tu dis cela tout le temps, c’est agaçant !
  • Tu es s…. ?

Sadiquement, j’en ai rajouté une couche, en lui disant qu’à chaque fois qu’elle nous assenait son fameux “tu es sûre ?”, c’était comme si elle nous traitait de menteuses.

Honte à elle ! Elle est devenue toute rouge…

Et croyez le ou non, mais pendant les deux semaines de son séjour, nous n’avons plus eu droit à son apostrophe favorite…

Si je suis sort ?

Tout à fait saure…

Posté le 14 novembre '11 par Calpurnia, dans Histoire de sorcière. 14 Commentaires.

TOUS MORTS !!!**

97684120C’est un bleuet, sobriquet donné par les poilus à la classe 17*, parce que les soldats de cette classe n’ont connu que le bleu horizon pour uniforme.

Tout jeune soldat en bleu horizon, il a déjà connu les horreurs de la guerre, et dans sa tranchée, il médite, redoutant le jour qui vient.

Il pense à sa fiancée à qui il a promis, en y croyant vraiment, de rentrer. Il sait maintenant que cette promesse n’était qu’une utopie. Les plus anciens dorment, réfugiés dans la crasse imposée, en proie à la vermine qui les dévore, sous des abris de fortune pour se protéger de la pluie. La vie ici, n’a pas plus de sens que sa promesse d’innocent ne sachant plus ce que peut être “rester vivant”.

C’est la nuit, c’est la trêve, c’est le moment où l’on peut se donner le luxe de penser de différentes façons. Quelques uns qui ne peuvent plus dormir, s’occupent à forger de jolis souvenirs. D’autres écrivent. Pour tous, il est le bleuet. Le petit jeune, celui qui ne sait pas tout, mais qui a tout compris très vite et qui en sait de toutes manières bien trop pour son âge.

L’inconnu auréolé d’une drôle de lumière apparait tout à coup, il pense que c’est une intox de l’allemand de la tranchée d’en face le bleuet, mais pénétré soudain d’une tranquillité suspecte, il renonce à soupçonner n’importe quoi.

Car l’inconnu parle tout à coup, et il faut lui répondre.

  • Soldat, de quoi as-tu peur ?
  • De mourir. Demain, j’en suis certain, nous partirons à l’assaut. J’ai peur de ce jour à venir qui sera peut-être mon dernier jour.
  • Et pourquoi as-tu peur de mourir ?
  • Mais parce que la mort c’est horrible, c’est le rien, le néant, c’est l’absurde… J’ai ma fiancée qui m’attend, des enfants en devenir, ma vie à vivre bordel !!!
  • La mort c’est horrible ?
  • Oui.
  • Tout le monde meurt. Tous les êtres vivants meurent. C’est le destin de la vie, sans la mort, il n’y a pas de vie.
    La non existence représente bien plus que l’existence. Les vivants sont rares…
  • C’est con. Ca fait peur. C’est moche. Ca pue. C’est le néant, le rien, c’est horrible !!
  • Oui peut-être…
  • Tu es venu là pour m’empêcher de penser ?
  • Non, justement, pour te faire penser autrement.
  • Je préfère m’allumer une cigarette que de t’écouter…
  • Ta cigarette ne me dérange pas Bleuet… tu te souviens de tout ce temps où tu n’étais pas né ?
  • Non
  • Pourtant, je peux te dire que cela représente un sacré bout de temps, une éternité presque. Tu vois un peu ce que c’est que l’éternité ?
  • Non
  • Et l’éternité où tu n’existais pas, tu ne t’en souviens donc pas ?
  • Non
  • Et cela te fait peur ? Cela t’a laissé de la peur ?
  • Non
  • Pourtant c’était le rien, le néant
  • Oui mais je ne m’en souviens pas, alors cela ne compte pas.
  • Et quand tu vas mourir, tu vois cela comment ?
  • Tu m’emmerdes
  • Oui, et c’est pour cela que je veux que tu me répondes.
  • Je le vois… je le vois, comme un moment soudain que je n’aurais pas vu venir, un moment où je vais tout oublier.
  • Oublier quoi ?
  • Que j’ai vécu. Je vais même oublier ce putain de bordel de merde de moment où un mec étoilé et lumineux sera venu me parler ici bas où nous sommes déjà en enfer mes compagnons et moi.
  • Pourquoi dis-tu “déjà en enfer”… Tu ne crois en rien après la mort…
  • Non. Quand on a vécu ici, Dieu est tout simplement impossible. Il ne reste que l’enfer, mais…
  • Alors pourquoi as-tu peur ? Puisque tu vas tout oublier…
  • Tais toi ! puisque je vais tout oublier, et j’y pensais avant ton arrivée maudite, ce sera comme si je n’avais jamais vécu !
  • Précisément. Et puisque que l’avant de ta venue dans la vie ne te fais pas peur, pourquoi avoir peur de l’après ?
  • Parce que…
  • Parce que tu ne te souviendras plus de rien ?
  • Oui
  • Parce que finalement, pour toi, tu n’auras jamais existé ?
  • Ouiiiiiiiii
  • Mon petit gars, tu te fais du mauvais sang pour rien. Tu l’as compris finalement. Dès que tu auras exprimé ton dernier soupir, ce sera comme si tu n’avais jamais existé. Dans ton souvenir en tous cas. Qui n’existera plus quand ton crâne explosera et que ton cerveau se putréfiera…
  • Tu es venu pour me remonter le moral ? C’est réussi !!!
  • Non, je suis simplement venu te dire, que quoiqu’il advienne, d’après toi, vous êtes déjà tous morts… Tous les êtres vivants sont morts avant même d’avoir vécu, c’est une triste fatalité.
  • Je te remercie de ta visite, et je ne te retiens pas…
  • Alors je te laisse… Mais de ce que je t’ai dit, retiens le “d’après toi…”

Le Bleuet est rentré intact. Quoique… Effectivement…

Il est rentré pour vivre sa vie, faire des enfants, mais en étant déjà mort… Il n’a laissé qu’un journal commentant cette étrange visite dans les tranchées, qui l’avait laissé à la fois plein d’espoir et de résignation devant la mort et la vie.

Cette année, le 11 novembre, date de l’armistice 1918 tombe un vendredi et vous permet de bénéficier d’un WE prolongé.

J’espère que vous aurez tout de même une petite pensée pour ces millions de morts, ces vies brisées, ces vies gâchées,  qui vous font bénéficier de congés…

Je sais, je radote, mais cette guerre inutile et stupide, n’aura fini de me tourmenter que le jour où j’aurai tout oublié.

Mes peines  et mes joies… Et mes vieilles dames, porteuses de souvenirs et d’hommages… (ICI)

* je précise pour le bleuet, le symbolisme du coquelicot ne vous ayant bien évidemment pas échappé :-(

** Tous morts, parce que tous ceux qui l’ont vécue cette guerre, sont désormais partis, et que seuls parfois, leurs enfants se souviennent encore d’un mauvais cauchemar d’enfance… Pour moi, ils sont tous morts…

Posté le 11 novembre '11 par Calpurnia, dans Coup de blues, Histoire de sorcière. 19 Commentaires.

Halloween 2011

halloweenQuand j’étais petite, on ne parlait jamais d’Halloween, fête américaine soi-disant par excellence,  qui nous est en fait revenue (je dis bien revenue car c’est une fête celte à l’origine, que les irlandais nombreux ont exportée là-bas).

Truc à fric ! N’importe quoi ! Ras le bol des USA ! voila ce que l’on entend…

Ce soir il y aura-t-il des enfants dans les rues ? Il paraît que l’an passé, ils demandaient du fric à défaut de bonbons,  et que c’était donc, vraiment du commercial à tout crin…

Halloween, ce n’était pas le nom que lui donnait les anciens, les miens, les vôtres, les nôtres, à cette veille de la Toussaint, que beaucoup confondent avec la fête des morts qui a lieu le 2 novembre. La Toussaint, c’est la fête de tous les saints, de tout le monde. Et c’était une vraie fête.

Il aura fallu un 11 novembre et des millions de morts, pour faire du 1er novembre une fête triste… Et du chrysanthème, en Europe, la fleur de la mort.

J’ai connu assez de grands parents et d’arrières grands parents. Bien avant qu’Halloween ne débarque chez nous, ils en parlaient de cette fête du 31 octobre au soir.

  • Pour éviter la venue des esprits on allumait une bougie qui ne devait pas s’éteindre d’un coup de vent, ce qui aurait porté malheur, à poser sur la parfois unique fenêtre donnant sur la rue.
  • Alors pour ne pas qu’elle s’éteigne, on la mettait dans un légume ou un fruit découpé : rave, betterave, potiron, grosse pomme, qu’importe. Le légume ou fruit était creusé soigneusement, et laissait apparaître deux yeux et un sourire. Les esprits sont tristes, ils n’aiment pas les sourires qui les font fuir.
  • La maîtresse de maison mettait dans une assiette à la disposition des esprits, quelques gâteaux au miel, quelques caramels maison, des douceurs sortant de l’ordinaire. Chez les plus pauvres, on sacrifiait des châtaignes grillées.
  • Et les enfants se déguisaient en esprits ou fantômes pour aller tout manger. Et les parents faisaient semblant de ne pas savoir que les enfants avaient quitté la maison en douce, pour rentrer à minuit, heure où les vrais esprits risquaient vraiment de se manifester.

Ils portaient des galoches, des sabots, rarement des chaussures de cuir. Ils portaient leur blouse de tous les jours, leur tablier, et un mauvais manteau. Et pour faire l’esprit, rien ne valait mieux que le vieux drap refilé par l’aïeule s’amusant à l’avance, et dans lequel on avait découpé de quoi voir clair… Que de fantômes alentours…

Ils étaient du siècle d’avant le mien, ou bien nés pendant la grande guerre ou juste après, ils étaient d’un autre millénaire. De cette tradition, ils parlaient tous avec nostalgie, parce que tout se perdait pour eux, quand j’étais petite… Et qu’ils trouvaient dommage que leurs arrières petits enfants ou petits enfants, ne se déguisent pas en fantôme pour aller prendre des friandises partout, en faisant faussement peur à la maîtresse de maison…

Témoignages du Béri, de Bretagne, d’Alsace, du Vaucluse, de Savoie, d’un peu partout sauf du nord, parce que je n’ai pas d’ancêtres du nord.

Alors c’est un peu en pensant à eux que j’allumerai avec Mrs Bibelot, une bougie sur une fenêtre ce soir…

Même si les gosses ne passeront pas, parce que la maison de mes parents est au fond d’une ruelle…

Ce que je trouve dommage c’est la tradition qui s’est perdue, qui est revenue via une poussée “consommation” et finit donc par être méprisée en ayant perdu son sens profond que la majorité a oublié.

C’était la tradition d’une vraie/fausse crainte des esprits, une complicité parents/enfants ignorée par les enfants, un lien qui durait depuis longtemps, venu des Celtes. C’était une tradition qui avait défié le christianisme et dieu sait qu’il était risqué de défier l’église à certaines époques. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que la Toussaint a été instaurée le 1er novembre, pour faire oublier la fête des esprits.

Dommage simplement que nous ne puissions pas fêter les esprits la nuit où l’on change d’heure.

Quel meilleur moment pour eux que de sortir à la 25ème heure ?

Cette heure de plus… Cette heure faite pour eux…

Posté le 31 octobre '11 par Calpurnia, dans Histoire de sorcière. 14 Commentaires.

Calamity Coraline…

fusil-copierJe me suis installée chez mes parents pour tenir compagnie à maman pendant ces jours pas rigolos. Depuis notre retour de la Grande Motte, je ne viens donc chez moi que pour ordinateurer, et relever mon courrier généralement affligeant car il n’y a que des factures ou des mots doux de la SS (la Sécu !!!).

Maman a peur toute seule, même si elle prétend que non, alors qu’en fait si. Je suis donc chargée de la sécurité de la maison et de vérifier 3 fois le soir si les portes sont toutes bien fermées.

Au passage je m’occupe également de la chaudière, de l’eau chaude, des pannes de télécommandes, du fonctionnement du lecteur DVD (je me gausse) et de tout un tas de bricoles revenant d’ordinaire à mon père comme le rechargement du téléphone portable à tous points de vue (crédit, courant), etc…

Mes parents dorment avec un fusil de chasse dans leur chambre. C’est le 24 de mon grand-père, avec lequel papa se sent en sécurité parce que justement il y a une sécurité + une histoire de chiens à laquelle je n’ai rien compris, parce que je n’ai toujours pas pris la peine de regarder le 24 dans le blanc des yeux, de peur de me tirer dans un à moi (de yeux).

Cette histoire de chiens sécurise encore plus le 24, c’est tout ce que je sais. Maman l’a mis dans l’armoire de sa chambre et se sent rassurée. Elle est bien la seule, car, j’ai fait l’expérience, comme elle est de plus en plus sourde (et refuse de l’admettre), il faudra qu’un malfaiteur la secoue quand elle dort, pour réaliser qu’il y a peut-être comme un problème. Et l’autre ne l’écoutera pas quand elle lui dira “excusez-moi, j’ai quelque chose à prendre dans l’armoire”.

On ne plaisante pas avec cela dans la famille, depuis que tante Hortense s’est réveillée en pleine nuit, avec 3 mecs au pied de son lit, qui n’ont pas hésité à tabasser une vieille dame de 85 ans pour lui faire dire où étaient ses bijoux.

Moralité, moi qui suis à l’étage avec toute mon ouïe que maman qualifie d’anormalement aigüe, je dors armée.

Enfin, c’est façon de parler.

J’ai débuté avec une canne de mon arrière grand-père qui si on sait la manier, peut faire très mal. C’est une canne épée, mais je ne me vois pas transpercer le corps de quelqu’un avec. Tirer, cela me dérangerait moins, c’est dans la tête que cela se passe.

Un fusil me rassure.

J’aime bien les armes, je dois avoir un mauvais fond.

Elevée dans une famille de chasseurs, j’adore les fusils, regarder dans les canons, le bruit que fait le fusil que l’on referme sèchement, bref, je ne suis pas sortable.

Sauf que là, dernièrement, des individus louches ont rodé dans le secteur. Maman a vérifié auprès de la mairie qui n’avait mandaté personne pour prendre des mesures de rue, de portail, etc, alors elle a pris encore plus peur.

Nous avons donc eu des conversations à ne pas mettre entre toutes les oreilles, sous peine de passer pour une famille de tueurs à gages ou de mafioso avérés, avec papa, mon frère, et maman.

  • Maman : cela me rassurerait que tu prennes un fusil également ma chérie. Vu que tu entends le chat monter l’escalier, tu entendrais quelqu’un défoncer une porte ou une vitre… (ce n’est pas vraiment un critère, ce chat se déplace avec toute la discrétion d’un troupeau d’éléphants obèses, il n’y a que maman qui ne l’entende jamais)
  • Moi : OK. Je ne sais pas où sont les cartouches mais un bon coup sur la tête, ça ne peut pas faire de mal (façon de parler)
  • Je me voyais donc déjà, en train de terrasser un salaud, en tenant le fusil par le canon et en l’assommant avec la crosse… Encore qu’un coup de canon ne puisse pas faire de mal non plus !
  • Papa apprenant la chose : tu dors avec un fusil dans la chambre rose ? (si c’était la chambre verte, cela ne poserait sans doute aucun problème). Il n’est pas chargé j’espère (répété 1000 fois quand nous étions enfants : ne jamais avoir une arme chargée dans une maison)
  • Moi : bien sûr que non. D’ailleurs je ne sais pas où sont les cartouches
  • Lui : dans le meuble de gauche dans le fond du couloir à droite, ne prends pas les chevrotines, ça tue raide (utile précision)
  • Moi : j’ai une tête à tuer quelqu’un ?
  • Lui : … oui… enfin, tu as une tête à ne pas te laisser faire… Je sais que tu es capable de tirer quoi…
  • Mon frère : tu as pris le 16, c’est ridicule, une des détentes ne marche pas (comme si j’allais tirer, et plusieurs fois en plus), prends le 12 plutôt (ce sont aussi des fusils de chasse, la seule chose qu’il manque dans cette baraque, ce sont des mines…)
  • Lui toujours : la sécurité c’est là, et de préférence, si quelqu’un est dans la cour, tire sur les pavés, ça rebondit en faisant mal, c’est mieux que de tuer quelqu’un. Tu fais une sommation d’usage, avant ou après, c’est à toi de voir…
  • Moi : je n’ai pas l’intention de tuer quelqu’un, je veux juste pouvoir faire peur pour nous défendre !
  • Lui encore : tiens, voici des cartouches pour le 12.

Moralité : je dors avec le fusil prêt à être chargé, juste à côté de mon lit, avec deux cartouches sur ma table de nuit. Je vérifie tous les matins qu’il se referme bien (le fusil) pour le ré-ouvrir le soir…

On ne sait jamais, dès fois qu’un malotru ait dans l’idée de s’en prendre à de faibles femmes

Vu que la vie n’est qu’un long calvaire…

PS : maman a remis la canne épée dans sa voiture. Dans le coffre, c’est plus sûr… On ne sait jamais, elle pourrait se blesser…

Posté le 19 octobre '11 par Calpurnia, dans Histoire de sorcière. 20 Commentaires.

Le genou de Jean-Poirotte (chapitre 7), a l’hopital Lapeyronie c’est tout simple aussi !

genou1J’en étais au moment où nous nous sommes dit bêtement que prendre “entrée principale” était la meilleure des solutions, vu que le mot “principal” a marqué tout le monde depuis le collège.

Négligeant donc ainsi, le parking visiteur n°1 et le n°2.

Nous avons donc commencé à suivre le sens unique sur lequel nous étions, à la recherche d’au moins UN parking.

Les parkings visiteurs n’étaient plus fléchés et nous commencions à le regretter quand tout à coup nous en avons vu UN de parking, dans lequel je me suis engouffrée.

Coup de bol, il y avait UNE place. Sorties de la voiture climatisée, nous avons constaté qu’il faisaient encore plus chaud à Montpellier qu’à la Grande Motte et nous nous sommes dirigées vers les bâtiments visibles.

Heureusement j’ai la sale manie d’arrêter les flics, les pompiers, un quidam qui passe pour lui demander si je suis sur le bon chemin, même à pied.

Le chauffeur de taxi nous a précisé que nous dirigions vers le mauvais hôpital (ils sont deux dans la même zone) et que Lapeyronie (je ne sais toujours pas qui c’est), c’était le bâtiment auquel nous tournions le dos.

Demi-tour donc, pour rentrer dans un couloir FRAIS.

Normal.

Nous étions au niveau de la morgue, ce qui fait tout de suite accueillant avec ambiance folle.

Un zombi égaré dans le couloir, nous a dit que l’orthopédie c’était au fond du couloir à gauche et puis à droite, premier étage et a traversé un mur pour retourner d’où il venait.

Nous avons dépassé :

  • La morgue
  • Une autre morgue
  • Le service de thanato-machin-chose
  • L’autre service de thanato-machin-chose
  • 3 salles d’autopsie
  • Une salle du culte (lequel ?)

Tout cela pour passer après, 1/4 d’heure à errer dans les couloirs à la recherche du bon service. Les personnes interrogées ne semblaient pas surprises : apparemment il est normal de se paumer dans les couloirs de cet hôpital. En ce qui concerne celui qui a mis au point le fléchage, je lui ferai bien avaler tous ses panneaux sans lui donner de quoi les digérer et les éliminer sans douleur…

Arrivées ENFIN à bon port, nous avons trouvé père et mari totalement dans le coton, nous demandant si nous étions le soir ou le matin, ce qui nous a tout de même inquiétées. Le patient a retrouvé ses esprits pour préciser qu’il avait oublié sa carte vitale et sa carte de mutuelle aux urgences, maman les cherchant mal partout, frustrée qu’elle était de n’avoir pas procédé à l’admission elle-même.

Et devinez qui c’est qui s’est collée à aller rechercher les dites cartes aux urgences ?

Vous avez deviné. Mais c’était tout simple, les urgences c’était au fond du couloir à gauche et puis à droite, au RC. Nonobstant cette simplicité, j’ai pris mon portable avec moi, on n’est jamais trop prudent.

T’en foutrais moi, du au fond du couloir à gauche et puis à droite ! C’est une publicité mensongère. Je me suis égarée de nouveau, entrant tour à tour et suivant les étages et les couloirs :

  • Dans une salle de plâtrage
  • Dans un salon de thé
  • Dans une salle où l’on faisait les pansements
  • Dans une salle où il y avait des boxes de réanimation
  • Dans… Merde, me voici revenue à la morgue. Il faut dire que le RC côté nord est le 1er SS de la face sud.

Tout le monde a été très gentil, et personne n’a semblé surpris de me voir chercher les urgences avec un air à la longue désespéré.

Un infirmier a été jusqu’à me conduire lui-même sur la fin de mon périple, pour m’abandonner devant le bon guichet. Où il m’a été précisé que mon père était reparti avec tous ses papiers.

J’ai appelé Mrs Bibelot qui m’a précisé au bout d’un moment que les cartes vitales étaient bien dans une chaussure (c’est là que les pompiers les mettent, tenez-vous le pour dit).

Me restait à retourner en Orthopédie.

Au fond du couloir à gauche et puis à droite.

Je me suis égarée à nouveau, et un anesthésiste m’a précisé de prendre l’escalier en face, de monter au premier et puis après c’est fléché n’est-ce pas.

L’escalier devait être un escalier de secours. En effet, une fois prisonnière dedans, et quel que soit l’étage (j’avais perdu 500 calories déjà), impossible d’ouvrir les portes vers l’extérieur.

Arrivée au deuxième (échappant ainsi, je l’espérais, à l’expédition directe vers la morgue), je me suis résignée à cogner dans la porte en criant à l’aide au secours que je voulais sortir.

Cela n’a pas paru surprendre non plus les deux personnes qui sont venues m’ouvrir en commentant “tiens l’escalier n’a toujours pas été remis en service” et en me précisant que l’orthopédie c’était au fond du couloir à gauche et puis à droite, à l’étage inférieur.

J’ai réintégré la chambre de papa la bave aux lèvres, maman un peu tétanisée par son mari complètement à l’ouest.

Comme elle avait sonné pour avoir je ne sais qui, et que depuis 1/2 H personne ne s’était déplacé, j’ai pu m’offrir le luxe d’aller au bureau infirmier au fond du couloir à gauche et puis à droite, demander d’un air mauvais des nouvelles du patient parce que moi je ne l’étais pas, et que quand c’est que quelqu’un s’occuperait de le faire pisser ?

J’ai expliqué tout de même mon air mal aimable par le labyrinthe que je venais de parcourir, et cela a fait rire tout le monde, le bizutage de tous les services étant d’envoyer un nouveau porter un échantillon à l’analyse, au sous-sol au fond du couloir à gauche et puis à droite. Savoir qu’ils comptent que le bizut ne reviendra qu’au bout d’une heure, en sueur, s’il a eu de la chance.

Je me suis moyennement gaussée, car il restait :

  • A ressortir du fond du couloir à gauche et puis à droite
  • A retrouver la voiture
  • A ressortir de l’enceinte de l’hôpital
  • A traverser Montpellier dans le sens retour.

La vie n’est qu’un long calvaire.

Posté le 10 octobre '11 par Calpurnia, dans Histoire de sorcière. 10 Commentaires.