Les futurs mariés devaient arriver le mercredi 23 dans l’après midi. En fait… 21 H 30, ça démarrait mal pour le timing.
Le jeudi, à moi la joie de l’atelier pompons, et pour pas mal le soir, découpage de cocotes en papier (combien en veux-tu ? tu dois dire 3 fois très vite “les chaussettes de l’archiduchesses sont sèches archi sèches”). Je pars me coucher fatiguée, mais cela fait des mois que je dors mal et que je suis fatiguée, alors je peux toujours rêver que DU COUP, je vais bien dormir.
Le vendredi, fort heureusement, de bonnes âmes ont décidé de venir donner un coup de main qui ne sera pas superflu. Moi j’ai peur. Toutes les chaises d’Emmaus à descendre du grenier des parents et à emporter dans le petit bois, tous les tréteaux et planches pour les tables à emporter également, les nappes (de vieux draps à l’ancienne de Mrs Bibelot), la vaisselle, des miroirs, etc…
Depuis deux jour ma mère fait avec plaisir vrombir son lave vaisselle pour la porcelaine Emmaus, et se fait une joie de préparer les bouquets pour les tables et de planter quelques fleurs dans le petit bois.
Virginie, la weeding planer de Pulchérie est là, charmante et souriante, zen attitude, no problem on maîtrise, on va maîtriser. Genre après Hiroshima “on commence par quoi ?”. J’admire.
Je fais la connaissance de Anne So dont l’énergie pourrait pomper le peu de celle qu’il me reste, et de son mari qui prend en main le break de papa pour de nombreux allers/retours maison de famille/petit bois. Papa serait content de voir sa maison se vider s’il n’était pas en train de se farcir les lampes pour éclairer les lampions.
D’un autre côté il ne réalise pas vraiment qu’il y aura le RETOUR du matériel du petit bois… Sur le coup du retour, la motivation sera moins évidente.
En début d’après midi, comme précédemment écrit, je reste pour aider papa concernant les lumières, mais il me faut rappliquer dans le petit bois tout de même, en début de soirée : Pulchérie à l’autre bout de mon portable, est formelle.
Les tentes sont montées : c’est magnifique. On gonfle des ballons dans l’atelier de droite, on les accroche dans l’atelier de gauche. Virginie m’embauche. Je ficelle les ballons, elle les accroche. Anne So ne sait plus où donner de la tête. On transforme mes découpages de la veille en fleurs magnifiques et je m’amuse à voir Albert rappelé à l’ordre par sa fille “papa, je t’attends”, en train de tripatouiller du papier pelure (rose).
Les hommes en nombre enfin suffisant dans ce petit bois, s’activent sans oublier le barbecue, car si l’homme n’est pas en train de faire griller de la viande il ne peut pas accrocher des lampions.
Les lampes arrivent enfin (j’ai appelé papa pour savoir s’il avait encore besoin d’aide, manque de bol non, il avait terminé). Delphine gonfle des ballons, encore des ballons, et toujours des ballons. Blanc ou rose.
Comme elle en a marre, elle décide qu’il n’y a pas de raison pour qu’elle soit la seule à en avoir marre et m’envoie m’occuper des pompons avec Albert, Anne So, Virginie, ma nièce et une de ses copines. Comme ça tout le monde est d’accord car tout le monde en a marre…
Et les tables qui ne sont pas mises…
Les hommes montent les tentes pour ceux qui vont dormir dans le petit bois. L’ambiance du lendemain se dessine lorsqu’un célibataire demande s’il y a une tente baisodrome de prévue et laquelle. Pulchérie commence à dire “oh ça, ce n’est pas grave important”. On débat de la qualité du H qui pourra être fumé le lendemain, certains font bien de ne pas être là…
Je termine mes fleurs roses et commence à accrocher les lampes dans les lampions et les lampions dans les arbres. Plus exactement ma soeur accroche des lampions dans les arbres avec une copine, et moi je me préoccupe de l’entrée à éclairer absolument sinon c’est un coup à terminer dans des ronciers… Au passage ON me précise que le coin traiteur doit être éclairé aussi. Je risque donc ma vie dans le coin traiteur, avec des lampes traitres qui se cassent la gueule du lampion et se vautrent par terre. Je finis par recoller tout cela comme je le peux : Pulchérie n’y verra que du feu.
Tout ceci sous fond de musique en boucle, prévue pour le lendemain au moment du “vin d’honneur”, play liste excellente (Delphine a mis un an à la mettre au point avec gendre n° 2). Du coup j’accroche mes lampions en chantant des W Disney dont certaines musiques s’alternent avec des chansons assez anciennes. Je sais que mes parents vont adorer !
Précision utile : tout le monde se flanque des claques, rapport aux moustiques dont le blitz ne faiblit pas. Pulchérie m’a expédiée faire quelques courses de dernière minutes (ça me revient, c’est comme cela qu’elle m’a retirée de l’atelier “lampes” pour que j’aille acheter un peu de tout pour un peu tous les présents (mousse à raser, shampoing, gel douche, etc) dont des trucs anti bestiaux, en forme de spirales, à brûler, qui sont exclusivement réservés au LENDEMAIN !
Demain du moustique tu ne te protégeras point mais aujourd’hui est un autre jour…
Et les tables qui ne sont pas mises…
Nous mangeons enfin les hommes mangent leurs grillades et testent le vin (très important de vérifier le vin). Et la bière. Pour la bière c’est traitre ces trucs là : celle que l’on vient de boire était excellente mais il n’est pas superflu d’en tester une autre…
Gendre n° 2 arrive tout content : à 22 H 30 tout doit être prêt. Loupé, on a encore besoin de lui, mais il est accueilli avec joie autour des braises et de la viande qui grésille.
La weeding planer tout à coup, décide que “pour ce soir c’est bon, le reste je m’en occupe demain matin avec Saint Jean Baptiste (son mari)”. Les mariés sont priés d’aller se reposer, tout sera prêt demain.
Pour le repos du guerrier marié c’est un peu loupé : il doit dormir dans le petit bois pour veiller au grain, avec plusieurs potes à lui. Gendre n° 2 réussit à échapper au traquenard pour rentrer avec Delphine chez mes parents. Pour le reste : peu d’écho le samedi sur la nuit du vendredi au samedi entre potes devant un feu de camp. Quasi tous les mecs de l’enterrement de vie de garçon du gentil sont là : je m’amuse bien en rentrant comateuse chez moi à 1 H 30, en imaginant à quel point ils vont bien dormir…
En me demandant tout de même comment le samedi je vais pouvoir avoir l’air détendue, sereine et tout et tout. Surtout en sachant que “me faire belle”, me prend 2 heures de plus qu’il y a 20 ans…
Car la vie n’est qu’un long calvaire… Sauf que je sens déjà que l’ambiance va être bonne et que je compte bien en profiter !!!
Ma fille ainée a le sens du détail, de la touche artistique qui fait la différence (et qui la fait réellement, d’ailleurs).
On ne se marie pas comme cela. Il faut LES étiquettes à pinard (que son père a dû coller lui-même sur TOUTES les bouteilles remplies par ses blanches mains) assorties aux faire-parts, et au reste.
D’ailleurs il faut aussi des sets de table assortis, à rayures blanc/rose, c’était le thème. Et puis il y avait les badges aussi : superbes. Et puis il fallait des étiquettes pour tel ingrédient, des papillons pour marquer les verres et les places (même nom que les badges), des cocotes comme dans notre enfance pour donner des gages, des désignations de tables, etc…
Honnêtement c’était magnifique et parfaitement réussi, mais quel stress…
Pulchérie dans un moment de zénitude totale, a pensé pouvoir s’occuper de tout elle-même. J’ignore à quoi celui qui est désormais mon gendre, l’a shootée le soir où elle a cru pouvoir faire hécatonchire…
A SAVOIR TOUT DECOUPER ! 100 bras, même pas que cela pouvait suffire…
Parce que ce n’est pas le tout d’imprimer 722 papillons, 500 trucs ronds avec écrit “mangez moi”, toutes les étiquettes qui allaient bien, etc, mais il faut faire le découpage derrière.
Genre 8 jours avant le mariage, tout à coup cela urgeait. Inutile d’émettre des doutes sur l’utilité du “mangez moi” posé sur le mini hamburger, que tout le monde va flanquer par terre ou se coller une occlusion intestinale avec : c’était comme ça et pas autrement (et j’en oublie)
Pendant que Mrs Bibelot cousait à la machine des pans de tissu rayé rose et blanc pour divers usages, j’ai été recalée à l’atelier découpage de ronds (non mais maman, tu as vu la tronche de tes ronds ?) pour cause que qu’avec des ciseaux je me débrouille comme un manche si ce n’est pas droit, et ma soeur à l’atelier découpage de n’importe quoi avec l’excuse toute trouvée que chez elle ce n’est pas bien éclairé (rusée ma frangine, ses enfants crevés étant partis se coucher comme par hasard).
Mais les excuses ça va un peu, mes filles en ont suffisamment trouvées avec moi pour dépister les miennes, Pulchérie m’a donc trouvé un truc dans mes cordes d’après elle : préparer des pompons en papier rose pour la décoration du petit bois.
Je hais le type qui a inventé le concept et l’a mis sur internet, j’ai trouvé sur le coup, devant sa démonstration, le truc assez simple à faire. Les tâches répétitives ne me dérangent pas : je peux laisser mes pensées vagabonder comme elles le veulent, et c’est la raison pour laquelle certains posts peuvent sembler totalement délirants (fruits d’une pensée vagabonde).
Sauf que là au bout de 5 pliages de 10 feuilles de papier pelure rose en accordéon, à couper au bout pour faire une pointe (sans avoir vu ce que donnait le résultat final, là je me serais moins pris la tête sur la précision, car le résultat aurait été tout de même superbe) :
- J’avais les épaules tétanisées
- Je voyais tout zébré à force de faire des accordéons
- J’avais les doigts ruinés par les ciseaux à force de découper en ne me souvenant jamais dans quel sens je devais commencer
- Bref, j’étais cuite.
J’ai persisté jusqu’à la tombée de la nuit sans y voir plus clair, jusqu’au moment où face à un accordéon qui ne ressemblait à rien, Jean Poirotte m’a dit que quand on commence à faire n’importe quoi, il vaut mieux s’arrêter et se pendre se détendre.
Ce que j’ai fait. Cela ne faisait QUE 20 fleurs à venir (je ne voyais toujours pas ce que donnerait le résultat final, je pensais que je préparais des rosaces toutes bêtes) et Pulchérie s’est insurgée mais pas trop quand même, parce que quand même faut pas pousser…
Je dois dire qu’il y a eu un moment où elle disait “oh ça ce n’est pas grave” qui nous a tous sciés… Nous espérions tous qu’elle n’avait pas choppé la malaria quelque part… (la mariée à la mairie sur un brancard, ce n’est pas le top…)
Il y avait aussi l’atelier lampes à préparer pour les mettre dans les lampions et mon père a dit “présent”, cet innocent.
D’un autre côté, vu comment la chose avait été amenée, tout le monde aurait dit “présent”, même ceux connaissant bien Pulchérie (la preuve, mon père s’est fait avoir…)
C’était simple sur le papier. En fait plus compliqué qu’il n’y paraissait, et le vendredi 25 juin, revenant chez mes parents pour je ne sais plus quel obscur motif à rayure blanc/rose, j’ai trouvé mon père désespéré qui n’avait fait que 15 lampes sur 50 alors qu’il n’avait pas chômé.
J’ai donc précisé à Pulchérie que je restais pour le seconder. Elle m’a dit que tous les prétextes étaient bons pour moi, pour glander, et ne s’est excusée qu’après avoir dit oui. D’un autre côté, elle me dit ce qu’elle veut, c’est comme moi quand je lui parle : ça rentre dans une oreille (et encore), et ça ressort par l’autre (cette précision pour éviter à certaines personnes caustiques de venir me dire que ma fille n’est qu’une emmerdeuse et gnagnagna, je sais qui j’ai mis au monde et je ne fais rien que ce que je veux tout de même… c’est ma fille et je l’adore…) (Dieu reconnaitra les siens…)
Là encore j’ai maudit les idées de génies qui fleurissent sur internet, en fabriquant de quoi éclairer les lampions en accrochant des lampes dedans avec une ficelle de 15 cm de longueur (pas 16). Tout cela pour retrouver le vendredi soir après tests, la moitié des lampes coupées en 2, dont une partie gisait à terre, à récupérer pour les mettre dans le lampion comme on pouvait.
Et c’était aussi joli finalement, pourquoi s’emmerder ?
C’était le but des ateliers…
S’emmerder pour faire compliqué quand on peut faire simple…
Je vous donne la marche à suivre :
- Acheter chez Ikéa des lampes diodes en forme de demi sphère
- Acheter les piles qui vont avec (3 par lampe, faites le compte pour 50 lampes doubles)
- Mettre les piles dans la première lampe, puis dans la deuxième
- Utiliser un collant double face pour coller les deux lampes ensemble
- Pester contre ce putain de bordel de merde de double face qui vous ruine un ongle pour le décollage du dessus, idem pour le décollage du dessous
- Détacher vos doigts de la colle traitre qui s’est déposée dessus
- Tester la lampe complète
- L’éteindre
- Coller sur la lumière un truc jaune pour que la lumière ne soit pas trop violente (idée de Pulchérie qui avait déjà repeint toutes les ampoules des guirlandes électriques en blanc poudré)
- Prendre une ficelle, y faire un noeud coulant pour permettre l’accrochage de la lampe double dans le lampion
- Dire “merde” il en reste X à faire
Le lendemain :
- Tester les lampions éclairés pour constater que dans les blancs cela fait vert parce que la lumière d’origine est bleutée et qu’avec le truc jaune, cela ne va pas
- Décoller le truc jaune dans toutes les lampes, parce que le verdâtre n’était pas l’idée d’origine
- Constater que l’humidité de la nuit qui tombe fait se décoller les lampes les unes des autres
- Ramasser ce que vous pouvez qui est tombé par terre
- Coller comme vous le pouvez avec ce qu’il reste de colle, le morceau tombé à terre, dans le lampion
- Mettre l’autre morceau de la lampe en parallèle dans le lampion pour qu’il ne penche pas
- Constater que finalement c’est aussi joli que mis en double, avec une ficelle de 15 cm dans l’exact milieu
- Se demander à quoi on pensait en concevant fille aînée…
La vie n’est qu’un long calvaire…
Après m’avoir kidnappée, ligotée dans le coffre de la voiture trainée à Ikéa traitreusement pour voir le prix des chaises pliantes, des tables pliantes, des tréteaux, des plateaux, des couverts, une vérité s’est imposée à Pulchérie.
Car ce n’est pas le tout, mais faire le mariage dans un petit bois, c’est TOUT prévoir : les tentes (achetées et pouvant être louées après le mariage), le sol, de quoi poser 90 culs maximum (soit 180 fesses), les tables, etc…
Le traiteur pliant les gaules à 24 H ou 00 H 00 et emportant sa vaisselle alors que la fête doit continuer, il fallait en plus prévoir de la vaisselle.
Tout uni pour les chaises, les verres et gnagnagna C’EST MOCHE. Normal, l’ennui naquit un jour de l’uniformité.
Pulchérie a donc eu l’excellente idée que je ne conteste pas, d’aller acheter ce qu’il lui fallait chez Emmaus. Elle pouvait faire une double bonne action en leur achetant ce dont elle avait besoin et en le leur redonnant après pour revente.
Evidemment quelques personnes dont moi, ont demandé si après la fête, elles pourraient récupérer qui des chaises, qui une théière, qui des tasses, qui 6 assiettes assorties, ce qui fut accordé. Tant qu’à donner…
Première visite chez Emmaüs : Pulchérie ayant une passion perverse pour l’ancien et non pas le nouveau, a commencé à taper dans la vaisselle certainement déposée là par des petits enfants vidant la maison ou l’appartement de leurs grands parents. Le tout ravissant et désassorti, mais c’était le but.
Vaisselle un peu émouvante aussi : d’une autre époque, mais pas encore redevenue à la mode, preuve de disparitions et de vidages de maisons ou appartements, preuve que le temps passe et nous fauche un jour.
Puis sans le vouloir elle a séduit un monsieur au rayon meubles d’occasion forcément, et lui a expliqué qu’il lui faudrait des chaises, des bancs si c’était possible, des tables, des chaises, des chaises, des chaises, etc…
Première visite : je vais l’attendre à la gare de Trappes avec le break de papa. Pulchérie sait très bien que je suis toujours à l’heure, mais bon, ce n’est pas grave, elle me donne l’heure d’arrivée de son train avec 5 minutes d’avance. Moralité, je poireaute 10 minutes.
L’hiver ça va, quand le soleil tape, bonjour les dégâts…
Tous les samedi pendant un petit moment, nous sommes allées chez Emmaus, où un monsieur charmant, lui mettait toutes les chaises de côté et avait même pris son numéro de portable pour la prévenir d’arrivages exceptionnels.
Tout en l’attendant, quand elle allait choisir de la vaisselle, ou en discutant avec son fournisseur de chaises préféré, j’ai eu l’occasion de rire intérieurement plus d’une fois :
- Photo à faire : Pulchérie un jour de beau temps (si si, il y en a eu), en combi-short et petit chemisier et vague cardigan, poireautant à la caisse à côté d’une femme voilée du haut jusqu’en bas (en noir évidemment). Le contraste valait son pesant de dragées…
- Le regard pervers du mari de la femme voilée. M’énervent ceux-la, vu la lubricité qu’ils dégagent, ne pas s’étonner qu’ils voilent leurs femmes (je le dis comme je le pense, et inutile de venir disserter là-dessus, ce n’est pas le vrai sujet)
- Le(s) petit(s) coups d’oeil appréciateur(s) du réserveur de chaises sur les gambettes de ma fille qui visiblement lui avait tapé dans l’oeil. Dès qu’il le pouvait, il matait gentiment, admiratif et sans lubricité apparente.
- D’ailleurs il m’a félicitée d’avoir mis au monde une aussi jolie fille, en déplorant que sa soeur ne vienne jamais (HI HI !)
- D’ailleurs il rameutait des collègues.
- D’ailleurs il lui a fait plein de prix sympas
Idem pour l’étage (la vaisselle), je pense que l’on se souvient de la “future mariée” à qui l’on emballait tout bien, en faisant un prix également. Certes nous rapporterons pas mal de choses chez eux, mais nous ne savons pas s’il faut ou non, faire un petit geste supplémentaire pour toute la gentillesse rencontrée…
Et ces visites répétées chez Emmaus ont été l’occasion pour Pulchérie, de mentir à sa mère comme un arracheur de dent :
- “Non je ne prends plus de vaisselle, j’en ai assez”
Comme si je n’allais pas entendre dreling dreling dans un sac plastique qu’elle portait d’un air dégagé pour le planquer dans la voiture…
D’ailleurs c’est Mrs Bibelot qui a tout lavé et moi tout emballé pour le grand jour.
Alors je sais bien qu’elle a acheté je ne sais combien de carafes, dont certaines, magnifiques, ne quitteront certainement pas la famille…
En plus du reste… (65 chaises entreposées dans le grenier de mes parents ont fait que nous avons cessé de hanter ce lieu, mais ce n’est qu’une pause, que faire de ces 65 chaises ?)
C’était émouvant, ahurissant, époustouflant, bluffant.
C’était beau, une musique de rêve, un décors de pays des merveilles…
A la hauteur des rêves de ma fille et de son gentil qui désormais a une belle doche (hé hé…)
Donc, à raconter, en plusieurs épisodes, bien sûr…
Des bises à tous, un peu pompette et ramenée chez moi par un chauffeur dans ma propre voiture, je vous salue à cette heure tardive et m’en vas dormir du sommeil du juste (toujours un peu pompette)…
HIC !
Les Danaïdes avaient tué leurs maris, leur châtiment peut sembler juste (encore que, la mythologie ne nous dise pas tout).
Le tonneau des Danaïdes, dans le petit bois (lonlère et tralala), c’est le tas de “à brûler” dans un feu dont j’ai la charge (l’allumer, l’entretenir, et l’éteindre). Pour le lundi de pentecôte où il faisait 28° à l’ombre, c’était vraiment le pied, d’entretenir un feu.Vous me direz qu’il n’y a pas idée de se mettre à l’ombre quand il y fait des températures pareilles, mais le feu c’est LA et non plus LA ou LA, et donc j’étais à l’ombre.
Restait un gros tas à brûler. Du bien sec, sans vent, c’était l’idéal pour cuire, de la ronce et du bois mort, fastoche…
Sauf que, au fur et à mesure que je mets dans le feu, je vois arriver des brouettes d’autres trucs à brûler. Du nouveau, du qui vient de sortir de terre, ou de la découverte…
Les orties tiens… Faut les éradiquer (qu’on croit). C’est vicieux ce truc là. Non seulement ça pique, mais même mis sur un tas de braises impressionnant, ça refuse de sécher pour brûler. Et puis le temps passant on avise des ronces superflues, sauf celles qui trônent dans le rosier sauvage, encore des épines noires, encore des branches mortes, etc…
Plus j’en brûle, et plus il y en a à brûler, c’est catastrophique. Pulchérie contemplait le tas “à bruler” d’un air consterné : tout sera-t-il bon pour le 26 juin ? En viendrons-nous à bout ?
Car il y a des trucs qui repoussent déjà. Sans engrais et sans arrosage, les orties, les épines noires, les ronces semblent avoir repris une certaine vigueur. Les ronces coupées au ras du sol repartent avec une allégresse à consternavrer un jardinier qui a attendu en vain qu’un buisson de fleurs reparte après l’hiver. On les entendrait presque chanter c’est de la provocation. Les coupeurs savent qu’ils auront les derniers coups de sécateur à donner 8 jours avant le jour J.
Et là, le terrain où se tient le feu, devra également être mis bien à plat pour être fréquentable…
La question est donc la suivante : dans quelle parcelle voisine non entretenue, allons nous finir par mettre les déchets verts ?
Car au bout du rouleau, il nous faudra bien en venir là…
D’ailleurs ON m’a avertie que le feu, c’était terminé, le terrain ayant été mis au point (moins l’églantier de Mrs Bibelot et ses ronces…). Ne me restera plus qu’à couper des ronces fringantes, les pauvres…
Adieu le feu dans le petit bois, c’est désormais du passé… La vestale va laisser la place à la mère de la mariée.
Toute une histoire…
La vie n’est qu’un long calvaire…
PS : c’est tellement un long calvaire que vous pourrez constater que j’ai eu la flemme de mettre au passé le post, alors que je savais que le feu, c’était terminé…
L’ennemi sournois a mis du temps à apparaître… D’un autre côté c’est normal, puisqu’il est sournois…
Il y a eu les épines noires, les ronciers géants (si, si !), le sol à aplanir, les arbres morts à éradiquer (en attendant le printemps pour être certains qu’ils étaient morts)
Il y a eu le sol à aplanir, les sentiers à faire, poursuivis par Pulchérie :
- Non laissez ce roncier il délimitera la zone “bouffe” et la zone “on vient chercher de la bouffe”
- Non laissez cet arbre mort j’y accrocherais des lampions
- Ne touchez pas à ces orties, nous sommes dans les bois, pas dans le parc du château de Versailles.
- Comment ça il reste tout ça à brûler ? Mais qu’est-ce que tu fous ?
- Bon c’est l’heure, éteint ce feu.
- Vianney !!!!! Y’a des grosses mottes, qu’est-ce que je fais ?
- Vianney !!!!! Comment je sème le gazon ?
- Vianney !!!!! Ne touche pas à cette branche (trop tard, il en avait marre de se la prendre dans l’oeil)
- Mamiiiiie ? comment je dispose les graines pour mes petites plantes ?
- Mamiiiiie ? comment j’enterre les petites graines ?
ET J’EN PASSE. Le seul WE où nous avons étés à peu près tranquilles a été celui où elle a enterré sa vie de jeune fille.
Et encore, aucune de ses copines ni sa soeur, n’ont osé lui confisquer son portable…
N’empêche que la piste de danse installée par le gentil et ses potes aurait pu être un peu plus à l’équerre par rapport au roncier que mamie veut couper mais qu’on ne coupera pas…
Non l’ennemi sournois dans le petit bois s’est révélé dès les premières chaleurs.
Le moustique.
Personne n’avait percuté qu’il y avait un petit plan d’eau pas très loin du tout. Les moustiques eux, savent bien où aller pondre, et puis désormais, où l’on trouve de la nourriture.
Chez nous.
Sur nous.
La seule à échapper aux assauts en piqué dignes d’une bataille aérienne est Mrs Bibelot. Elle n’est jamais piquée par les moustiques, nous nous vengeons en ricanant sadiquement à la période des aoûtats qui eux, ne la loupent pas.
Il faut avoir vu un moustique se poser sur le bras de ma mère et décoller aussi sec en faisant un zzzzz dégouté pour être aussi dégouté que lui en grattant frénétiquement les cloques qui poussent.
Encore que je n’ai pas trop à me plaindre, ils n’aiment pas trop la fumée du feu qu’en digne vestale j’entretiens. Attention j’ai dit “pas trop”. Je n’ai pas dit que cela les faisait totalement fuir… Car désormais dès que l’on met UN pied dans le petit bois, tout le monde passe son temps à se flanquer des claques. Pour ce qui me concerne, pour échapper à la fumée, ils se posent sur ce qui dépasse de mes pieds hors des moches chaussures spéciales “petit bois”.
Généralement on les loupe en se baffant, mais c’est à sens unique : eux, ne nous loupent pas, et pour certains allergiques c’est l’horreur absolue, malgré le produit dont tout le monde s’asperge.
Limite les produits les attirent. Même le “spécial tropiques” qui les fait vrombir de plus belle, parce que les bestiaux (et le terme n’est pas exagéré DU TOUT) attirés par son parfum, rameutent leurs potes. “C’est du spécial tropiques, par ici, il y a de quoi becqueter !”
Donc : on se fait des bleus à se flanquer des claques, et après on se gratte des furoncles frénétiquement en regardant le journal de 20 H. Ca se calme le vendredi alors qu’on doit y retourner le lendemain…
Le seul avantage que je vois à cette invasion fort désagréable est que je pourrais en toute impunité en flanquer une à mon ex méchante belle soeur, en prétextant que je lui rends service parce qu’elle en avait un GROS COMME CA SUR SON GROS CUL DE CONNE !
Ou bien, je pourrais toujours, également, avec une joie perverse, lui flanquer un coup de spray “spécial tropiques” dans un oeil quelconque, en faisant celle qui veut rendre service. Comme elle m’a toujours prise pour une conne, cela ne la surprendra pas de voir mon regard niais et hypocrite…
Mais en attendant son arrivée, la vie n’est qu’un long calvaire dans le petit bois lonlère (et tralala)…
Aujourd’hui dimanche tiens ma jolie maman, voici des roses blanches, toi qui les aime tant c’est la fête des mères.
Donc c’est ma fête.
SI !
D’ailleurs elle a commencé hier, samedi.
Coup de fil sur mon portable. Ma petite Delphine (où est le talc ?) désespérée. Je le sens bien. Parce que généralement les filles viennent toujours pour la fête des mères, c’est le truc qu’elles ne loupent jamais, mais bon, à l’introduction et début de développement, je sais qu’elle a comme un problème pour se déplacer le dimanche pour venir me voir une heure.
Faut dire que venir me voir une heure c’est 1 H 30 aller, 1 H 30 retour à rajouter à la visite… Et elle a un mémoire à rendre mi-juin. J’espère qu’elle sait que les profs ont un logiciel pour déceler le copié/collé sur un site internet trop tentant, sinon, je le lui dis ici…
Pulchérie est dans le 36ème dessous de fatigue. Faut dire qu’elle se marie le 26 juin, trime comme un âne pour justement gagner des sous, ne s’est pas reposée depuis un moment le WE (faut suivre les aventures du petit bois).
Donc les filles se chamaillent pour savoir laquelle viendra fêter la fête des mères avec moi. Je sens bien les échanges de mails :
- VAZY !
- NON je peux pô VAZY toi !
- Non cétoi
Alors là je m’insurge !
Comment ça ? elles ne vont pas passer outre leur fatigue, le mémoire à rédiger, le transport, pour venir me réciter le poème de rigueur, et m’offrir de leurs petites mains tremblantes d’émotion et de joie, le cadeau fait par leurs blanches mains ?
Comment ça ? passé l’époque du collier de nouilles, de boites à camembert recyclées en boites à bijoux, elles ne vont pas venir me déposer du parfum pile poil dans le bon créneau, le mascara qui allongera mes cils de 200 mètres ou autres choses fort intéressantes ?
M’en fous, je les déshérite !!!!
Je vends l’appartement en viager, et je pars faire le tour du monde ! (pour le viager faut trouver tout de même un parieur qui aime jouer parce que je n’ai que 52 ans, ou alors je vais tomber sur un serial killer :-( )
Delphine : ton mémoire c’est la priorité, alors je t’en prie, ne culpabilise pas ma petite puce. Reste ZEN ! Et surtout reste concentrée !
Pulchérie : repose toi : le plus fatigant reste à venir, il te faut des forces pour ce grand jour qui sera le plus beau jour de ta vie !
Je sais que, comme je pense à vous tous les jours, vous penserez à moi en ce jour de fête des mères. Je sais que je suis votre maman et le serai toujours, et que ce n’est pas un jour symbole qui changera cela.
Je sais que vous m’aimez comme je vous aime (encore que cela soit difficile, vous comprendrez, quand vous serez maman…).
C’est cela la fête des mères : l’amour maman/enfant, et enfant/maman. On l’oublie souvent.
Et je penserai à votre chanson à toutes les deux à trois ans de distance, rapportée de l’école avec des étoiles plein les yeux de la surprise faite pour moi, et du reste :
- “Je t’apporte maman, une petite fleur des champs….”
- “C’est pas une rose, c’est pas grand chose…”
- “Je t’apporte maman, une petite fleur des champs”
- “Une marguerite, toute petite”
- “Je t’apporte maman, une petite fleur des champs”…
Bisous mes chéries !!!
Mais bon, vous êtes déshéritées, parce que la vie n’est qu’un long calvaire !!!
Et sinon je persiste et signe : que l’éducation nationale ne trouve pas “instructif” de faire choisir un cadeau, de le fabriquer avec tout son coeur, de le cacher pour le donner le grand jour avec tout son amour, c’est du grand n’importe quoi…
Bonne fête à toutes les mamans !