Vous avez tous été très sympas à compatir avec mes démêlés avec le Pôle emploi (je verrai bien lundi ce que cela va donner, et dois-je m’y rendre avec une mitrailleuse lourde ?). Comme toujours, je culpabilise de n’avoir pas fait des réponses en vrac… (le strepto se renouvelle, moi pas). Idem, je n’ai pas répondu à vos bons voeux de prompt rétablissement.
Je n’ai pas pu vous répondre avec mon début d’angine qui s’est incrusté pour faire “angine vraie”. Cela faisait un petit moment que je n’avais pas été rétamée comme ça par une bonne angine. Pour vous dire à quel point j’étais mal en point : je suis restée 18 H sans me coller devant l’ordinateur, à attendre la mort sur mon canapé en bavant dans un torchon (berk) car je ne pouvais RIEN avaler.
C’est un symptôme d’ailleurs, dont les médecins vont devoir tenir compte d’ici peu. Savoir si on blogue par exemple. Si oui, combien de fois par jour la connexion ? Vous ne vous êtes pas connecté depuis 48 H ? Diantre :c’est l’hosto direct, il se passe quelque chose… (je rigole à peine).
Bref, le Dr Acromion sans méfiance aucune (car je n’abuse jamais) me prescrit toujours un traitement d’avance pour l’angine cataclysmique éventuelle, généralement se déclarant le samedi soir ou son jour de congé (le strepto-staphilo est vicieux). Là, j’ai eu le tort d’attendre d’être certaine que c’était bien une angine et non pas une simple irritation à traiter avec une tisane de thym au miel (c’est radical mais dégueulasse), et de sortir acheter des piles pour ma lampe de poche. Qui me permet de vérifier l’état de ma gorge ou de retrouver mon chemin dans l’appart en cas de coupure de courant.
Quand j’ai regardé, je me suis sentie mal, car en fait c’était bien violet à pois blanc, membraneux, les agmydales gonflées, bref une rhorreur.
J’ai donc pris double dose comme prescrit sur l’ordonnance, en première prise, mais impossible d’aller me connecter sur internet : les pois blancs dans ma gorge devaient paralyser ma connexion ADSL.
Tout ça pour vous dire que cela va nettement mieux, bien même, car les antibiotiques ont agit comme il se doit, à tel point qu’il ne faut pas que j’OUBLIE de terminer le traitement de 10 jours prescrit (parce que quand on n’a plus mal, on oublie souvent de se soigner). Mais que du coup je n’ai pas eu le courage ou l’énergie de répondre à vos commentaires ou mails.
Toutes mes confuses…
Une sorcière guérie quasie, mais confusionnée…
Voilà ce que c’est que de faire le parcours du combattant.
Voilà ce que c’est que de s’égosiller dans le téléphone ou de crier dans l’appart “merde alors, font chier”.
Vi, parce que votre pauvre sorcière est terrassée par une angine fabuleuse, monstrueuse, merveilleuse (pour elle) fiévreuse. D’ailleurs elle se demande (la sorcière), si elle n’est pas atteinte de fièvre aphteuse, rien de moins.
Sinon on dit “une bonne angine” comme on dit “une bonne grippe”. Ce sont les biens portants qui disent ça.
Moi qui ait été victime d’angines à répétition de mes 14 ans à ma deuxième grossesse, où là, mon médecin a décidé de sortir les orgues de Staline la panoplie la plus totale après examens né-ga-tifs, panoplie non toxique bien sûr pour ma Delphine, j’ai été tranquille après pendant un certain temps temps certain.
Mes 3 derniers “maux de gorge” étaient tout simplement des flegmons. On ne ricane pas. Même s’ils se sont étalés sur 5 ans, ils poussent mon ORL à me prendre tout de suite quand je téléphone. Deux ganglions suffisent à l’alerter (avant le mal de gorge).
Sauf que là, ce rat est aux sports d’hivers.
Et qu’heureusement que le Dr Acromion, suivant les instructions de l’ORL, me prescrit toujours une charge d’antibiotiques à prendre dès le premier mal de gorge, car généralement ça me prend le jeudi, son deuxième jour de congé avec le dimanche (ou bien le dimanche). Car sur moi, cela a été toujours cataclysmique, bien avant la montée de fièvre. Vu l’état de ma gorge la dernière fois, il a vérifié que je n’avais vraiment pas de fièvre, tellement cela lui semblait incroyable.
Le temps de retrouver l’ordonnance dans la nuit de mercredi à jeudi, les comprimés allant avec pour ne pas me tromper dans la posologie, et me voici partie pour un grand moment de rigolade vu que ma gorge est rouge à pois blancs… Impossible d’avaler quoi que ce soit, y compris donc, ma salive.
Je suis donc une chômeuse avec réellement la bave aux lèvres. M’oterez pas de la tête que c’est mon temps d’attente avec le pôle emploi, qui m’a projeté des microbes dans la gorge.
Je vous abandonne donc un petit peu. Le temps de passer en dessous de la barre des 39°, car oui, la fièvre est montée, car il m’a fallu 6 H avant de me dire que c’était bien une angine, 1 pour retrouver ordonnance et médicaments + 1 H pour me décider à avaler le premier comprimé (1 ou 2 pour la première prise ?).
Et le premier qui me parle de pshiiit anesthésiant dans la gorge s’en prend une : je n’ai jamais pu supporter ce truc là. Je me le bidouille en gargarisme. C’est effectivement anesthésiant et cela a un intérêt capital : quand je me gargarise, Diabolos est très intrigué. Du coup, il me suit toute la journée (avachie sur le canapée et lui avec), pour me surveiller, pour le caz-où, j’irais dans la salle de bain procéder à ce rituel étrange. Et pendant le rituel étrange, mon chat noir miaule.
La vie n’est qu’un long calvaire…
A savoir, tester ce qui s’appelle désormais le “pôle emploi”, regroupement tout à fait justifié des Assedics et de l’Anpe, mais qui aurait pu se faire correctement, en se donnant quelques moyens.
Déjà que j’étais fort heureuse de me retrouver à nouveau à devoir vivre sur le dos des autres, et que j’adore mon désormais ex patron de m’avoir mise en congés… Car chacun sait qu’être chômeur c’est le grand panard… Me manquaient le treillis et les rangers, et une arme de poing ou de destruction massive. Le vert kaki me va bien, la mitrailleuse lourde, je n’ai jamais testé, si cela se trouve cela me va comme un gant également…
A chaque fois que je me retrouve confrontée à un service public, je me dis que, si l’on travaillait comme cela dans le privé, il y aurait des millions de chômeurs en plus (sans compter les facteurs déportés vers les colonies, car la poste, c’est part).
Donc mardi 17 février, je suis officiellement au chômage. Reste à m’inscrire comme telle… A mon avis, vu la poussée du chômage en janvier et février, les autorités ont tout fait pour que les chômeurs supplémentaires, à compter d’une certaine date, ne puissent plus s’inscrire et les anciens, actualiser leur situation. Ca se rattrapera bien sûr, mais cela va permettre de fausser quelque peu les statistiques (qui sont de toutes manières truquées, tout chômeur sait cela).
La dernière fois (en 10 ans), en décembre 2007, je m’étais pointée, pauvre innocente, aux Assedics avec tous mes papiers pour m’entendre dire qu’il me fallait prendre RV par téléphone. Et que NON, on ne pouvait pas me donner au moins le RV alors que j’étais là. Je suis donc passée par l’obligatoire case téléphone pour avoir un RV, et sans le savoir, je mangeais mon pain blanc.
Car là, au chômage à nouveau depuis le 18 février au matin, j’ai eu le choix entre :
- Un serveur internet affichant avec grossièreté et régularité “serveur surchargé, merci de vous reconnecter dans 15 minutes” (ou lors de créneaux horaires tout aussi surchargés). Même à 2 heures du mat c’était “surchargé”, franchement ça gonfle et on se demande de qui on se fiche (les chômeurs), car il n’y a pas 2 millions 300 mille personnes qui se connectent à 2 H du mat, pleines de frissons..
- Un serveur téléphonique demandant d’appuyer sur étoile, 1, 2, 3, taper le code du chômeur, pour ne jamais identifier le code (nous n’avons pas compris votre code, appuyez sur le bouton !). et revenir au serveur d’accueil après avoir subit pendant un bon moment “une voix amie un conseiller va vous répondre”.
- Pour agrémenter mes journées, j’ai expérimenté l’un et l’autre, l’un après l’autre, ou le téléphone pendant la connexion internet foirant, pour que nada…
- Sur un forum il m’a été répondu que si je me déplaçais avec tous mes papiers, je me ferais envoyer bouler, devant prendre RV par téléphone. C’est là que la mitraillette serait bien utile, car pour le moins on serait dégagés des contingences d’une vie bassement matérialiste pour un certain temps, même si l’on n’a tué personne (tentation, tentation…)
- A noter : faut pas être victime d’une tempête et d’une coupure d’électricité, et/ou de téléphone. Dans ces cas là, point de salut ! Droits perdus, recherches foutues, poil au nez.
Las, lundi 2 mars, j’ai réussi à me connecter avec une non identifiée du pôle emploi, après 4 heures d’attente. Vous avez bien lu : 4 heures d’attente. Pas folle, j’avais prévu clopes, pas de boisson pour ne pas avoir envie d’aller pisser, et DVD à arrêter si jamais on me répondait “allô ?”
Ce qu’une malheureuse a fini par faire en me confessant à voix basse (à quoi bon si elle est sur écoutes ?) que les deux semaines précédentes cela avait été l’horreur sur le plan des inscriptions et actualisations, et le programme révisé pour le pôle emploi merdique pas du tout au point. J’acceptais tout à fait de la croire. Elle a été ravie que je sois contente de l’avoir en ligne, au lieu de se faire engueuler. Du coup elle m’a refilé un RV en fin de matinée pour le lundi suivant, et non pas à 8 H, m’a précisé que j’en avais pour 1 H 30, ex chômeuse ou pas.
Là j’ai commencé à m’énerver. Je veux bien me pointer avec tous les papiers nécessaires, c’est logique, mais me re-farcir le film d’animation racontant les droits et surtout obligations du demandeur d’emploi, j’veux pô. J’ai une réplique toute prête si on m’oriente vers mon ancien cabinet de “consultants”. J’irai jusqu’à la présidence de la république à genoux via le site qui répond toujours, mais je ne remettrai pas les pieds dans ce cabinet de consultants, quitte à être fusillée dans les fossés de Vincennes, pour haute trahison vis à vis des finances de l’état, et qu’est-ce que c’est que cette chômeuse qui refuse de se soumettre à la connerie au plus haut point pour avoir le droit de toucher ses indemnités ? (de merde, mais de toutes manières je n’ai JAMAIS trouvé de travail via l’ANPE ou un quelconque cabinet de “consultants”).
Z’êtes prévenus. Eux pas encore, mais cela ne saurait tarder…
Remettre les pieds chez eux, plutôt mourir, plutôt faire Rambouillet/l’Elysée à genoux (avec la presse de préférence, et plein de copains…). Enfin non : à pied, c’est bien suffisant quand on porte une banderole !
La vie n’est vraiment qu’un long calvaire…
Faites gaffe à ce que vous dites quand vous prenez les transports en commun. C’est mon conseil à moi, qui les emprunte deux fois l’an environ, en craignant un déraillement, une agression, n’importe quoi de mauvais, une phobie c’est une phobie, ça ne se contrôle pas.
Il y a longtemps, longtemps de cela (”30 ans déjà ?” “30 ans je suis certaine”), meilleure amie était déjà mariée avec celui qui partage toujours sa vie (la veinarde…) depuis ses 18 ans.
Elle avait une tante qui habitait Paris, Tante Alberte, et qu’elle allait voir régulièrement, une fois par mois.
Tante Alberte habitait dans le 16ème. C’était une jeune vieille dame dynamique, qui habitait un appartement de luxe, mais avec dans la cuisine un poêle à bois ancien qu’elle avait tenu à conserver en surplus de sa cuisine flambant neuve, dans lequel elle ne faisait brûler que… je ne ne sais plus quelle essence. Elle gardait religieusement les cendres du poêle pour tout le monde, car c’était réputé pour les plantes vertes.
Meilleure amie m’entraîna un jour chez elle pour prendre un thé. Au passage nous avons fait les boutiques, et nous disposions à continuer d’ailleurs, après le thé. C’était l’époque où j’étais normale et adorais faire du shopping et claquer mon découvert en fringues et chaussures.
Meilleure amie, se découvrait la main verte et avait donc de quoi asphyxier la nuit une famille de 6 personnes si elle n’ouvrait pas les fenêtres. C’était quasi la jungle en rentrant chez elle, et donc tante Alberte lui gardait une jolie provision de cendres.
Qu’elle emporta avec elle, dans un sac kraft anodin, après le thé, du papotage à 3 bien sympathique, et en tête pour elle comme pour moi, l’idée de se faire pour le plaisir des yeux la rue du faubourg St Honoré, en songeant au jour où, ayant gagné au loto, on viendrait y claquer un peu de notre fric.
Métro pour 3 stations. Elle tient son sac en papier anonyme bien serré contre elle. Monte un gougnafier qui la bouscule, le sac lui échappe et tombe à terre, les cendres se répandent à n’en plus vouloir.
- “AAAHHHHH MON DIIIIEU !” s’écrie-t-elle avec horreur. “LES CENDRES DE TANTE ALBERTE !“
Nous avons eu tout de suite plus de place, et tout le monde nous a regardées descendre à la station suivante, avec l’air de ne pas y croire :
Nous leur avions laissé les cendres de tante Alberte. Et n’avons réalisé que trop tard ce qu’elle avait pu dire et ce que tout le monde avait pu croire…
A tenter un jour de grève pour vous faire de la place… Nous on en rigole encore, 30 ans après !
Donc, Delphine est bien arrivée à l’heure le mercredi soir, sans louper son train (+1)
La purée de mon père était délicieuse, (+1) mais il avait hâte que l’on descende le canapé et donc que l’on quitte la table (-1 = 0 balle au centre).
Tout de suite après ce moment fatidique, j’ai arrêté de compter les points…
Il y a eu l’épisode du dégagement du canapé enfoui sous les cartons, sa sortie du grenier, et comment le faire descendre. C’est qu’il était sacrément plus lourd que nous ne l’imaginions. Dans mes souvenirs c’était juste une chose un peu plus large qu’un fauteuil, les souvenirs nous trahissent souvent, surtout en ce qui concerne la taille des meubles et leur poids. Là j’avais une excuse, je ne me l’étais pas déjà trimballé.
Il y avait une possible descente via un basculement habile au dessus d’une rambarde, les 3 femmes, ma mère, ma fille et moi étant contres, ce qui a énervé Jean Poirotte spécialiste de déménagement de meubles avec un minimum d’effort, qui nous a dit “démerdez-vous”.
Avec Delphine, nous avons donc descendu cet âne mort dans l’escalier, pour nous apercevoir dans le virage que nous avions mis le dossier dans le mauvais sens. Remontée, redescente. Je déteste profondément ce canapé et la compagnie qui l’a vendu à Delphine une bouchée de pain. Et je déteste encore plus les escaliers avec virage.
Bref, le lendemain je ne me sentais pas trop de me lever tôt, de partir tôt, après avoir chargé la mule morte dans le coffre de mon père. Je pensais que, pendant les vacances de février, partir à 11 H était largement suffisant pour être à midi rendues sur les lieux.
Hélas, là, ce n’était pas le salon de l’automobile, c’était tout bêtement le salon de l’agriculture. Donc, périf sud bouché. Quand je dis bouché, c’est le pas à pas, avec de longues pauses, pour juste accéder au périf. J’ai revisionné rapidement le film d’horreur de l’aller pour les 24 ans de Delphine qui m’a suggéré de sortir dès que serait indiqué “Paris Centre”, là elle pourrait me guider sans coup férir.
Pour arriver à “Paris Centre”, depuis le tunnel de Saint cloud, il nous a juste fallu 3/4 d’heure. C’est là que la conductrice a commencé à sentir ses épaules se tétaniser et s’est dit que pour conduire, faut vraiment être multi-tâches. Après la sortie, il a fallu rejoindre “Nation”, avec Delphine ne se trompant pas dans le parcours, mais une circulation embouteillée comme pas possible, avec toujours le 4/4 qui vous cache le bon panneau et les scooters dangereux comme pas possible (je déteste les 4/4 et les scooters).
Arrivée à bon port. RESTE A SE GARER. Dans Paris, une broutille (je déteste me garer à Paris, je préfère y quitter mon stationnement, tout le monde laisse la manoeuvre se faire). On a donc fait deux fois le tour du pâté de maisons d’immeubles pour enfin trouver à 250 mètres de chez Delphine, la place idéale pour le break, mais payante. Et 250 mètres, quand on se coltine un âne et une mule DCD tous les deux, c’est loin…
Donc descente des cadavres, aller porter les cadavres chez Delphine, et payer la place. Elle me signale que l’on peut payer par carte bleue. J’y retourne pendant qu’elle installe son canapé et prévient sa soeur que, c’est bon, on va arriver (il est 14 H 15).
L’horodateur me signale une “erreur de lecture, reprenez votre carte”, qu’il retient jalousement. Impossible de la retirer. Je vais me faire sucrer ma carte bleue toute neuve. Arrive Delphine qui s’interroge sur ce que je peux bien faire (on se le demande), et arrive à me récupérer ma carte. Juste avant son hall, autre horodateur, je tente le coup, ON me retient ma carte. Delphine à nouveau, réussi à la récupérer…
Parce qu’il est écrit en tout petit que l’on doit payer avec une carte “Paris”. Sur d’autres horodateurs vus ailleurs, il est très lisiblement écrit qu’il faut acheter une carte trucéo au tabac du coin. Se foutent de notre gueule les autorités. Payer avec des jetons achetés, des pièces, des billets, une vraie carte bleue, se serait trop simple. Ca se passe comme ça par chez moi, comme quoi nous sommes bien des ploucs…
Delphine me signale que la prune est à 11 Euros, à peu près ce qu’il nous faudrait débourser pour avoir le ticket gagnant. L’heure tourne et Pulchérie n’est pas contente de notre retard (on peut la comprendre, mais on se serait bien passées d’arriver aussi tard et de galérer, donc nous sommes moyen de bonne humeur nous aussi).
Je passe sur la suite. Petites courses (j’ai quand même pour 50 Euros de bons cadeaux à dépenser, offerts par Trucmuche-berk), et lèche vitrines, Delphine et sa soeur ayant l’oeil pour du très beau, mais très cher… Pulchérie nous a abandonnées au son de “je bosse moi”, et Delphine me traîne de boutique en boutique. Quand je dis qu’elle me traîne, au fur et à mesure que le temps passe, c’est de plus en plus vrai.
- Pourquoi ai-je mis ces chaussures ?
- Pourquoi n’ai-je point pris mon sac que je peux mettre en bandoulière vraie ?
- Pourquoi diantre ai-je mis ces chaussures ?
- Putain ce sac…
- PDBDM pourquoi ai-je mis ces chaussures ?
- Grognetutju de sac…
Et puis retour chez Delphine sur le canapé de laquelle je m’anéantis. Périf intérieur ou extérieur quand je vais arriver à Nation tout à l’heure, dans la joie et la bonne humeur ? Delphine regarde le trajet sur 3 itinéraires différents pour me renseigner. Aller à Nation je sais, périf intérieur ou extérieur, est ou ouest, ça me prend la tête, me souviens jamais (de toutes manières, je hais le périf). A 17 H 45, j’ai l’impression de renifler du vin bouchonné, et je repars. Seule…
Périf intérieur. Bouché. Passé Malakoff et l’accident, relativement fluide. Direction “Rouen” fléchée quasi au dernier moment : bouchon. Tunel de Saint Cloud : bouchon. Après l’accident : relativement fluide. Travaux sur un échangeur que je connais depuis mon enfance : je suis un peu perdue, je risque d’aller jusqu’à Rouen si je n’y prends pas garde. Passé cet échangeur car je ne suis pas la seule à me tromper : bouchon. Station service enfin, alors que je suis sur ma route que je connais par coeur, d’où sort en rugissant un poids lourds qui s’engage direct sur la RN10 sans respecter la voie d’accélération et les bons usages : et bien si la voiture de mon père ne bénéficiait pas d’une super accélération, ce salaud me rentrait dedans. Décharge d’adrénaline : je me tétanise comme il faut. Heureusement, juste avant le carrefour mac Doc : bouchon. Je suis presque arrivée. J’ai l’impression d’avoir fait Paris-Pékin.
Il m’a juste fallu 2 H 1/4 pour faire 50 km, c’est une honnête moyenne.
J’y retourne la semaine prochaine ou la suivante : en train. Farfaitement. Avec le sac qu’il faut, les chaussures qui vont bien, et de la lecture en livre de poche pour lire dans le train.
A Paris en voiture : plus jamais ! Je l’avais déjà dit en juillet, mais là, c’est quasi une certitude. La Maléfique de Disney se perche sur ma voiture quand j’y vais, et même sur celle de papounet, et là, je renonce…
D’ailleurs je tiens à le préciser aux filles, la prochaine fois qu’elles me demanderont d’aller à Paris en voiture, elles obtiendront 3 réponses :
(Copyright Pulchérie, 10 ans, en vélo dans une montée…)
Et c’était grandiose mes amis, je ne vous dis que ça, parce que j’y suis allée EN VOITURE. Comme on m’a fait remarque que je m’étais portée absente blog le 26 février, vous aurez droit à deux épisodes deux jours de suite, et z’avez intérêt à les lire…
Je m’étais promis avec solennité en juillet dernier, de ne jamais remettre une roue dans Paris, à moins de faire partie des VIP qui aiment conduire et ont le droit de se faire ouvrir la route par 4 motards.
J’avais fait une entorse à ma règle pour le 12 octobre dernier, car mes parents et moi-même étions invités pour les 24 ans de Delphine, à aller bruncher. Mon père connaît plutôt bien Paris, et donc, je me sentais rassurée par sa présence. J’avais tort, il connaît bien Paris, sauf les alentours de Nation et manque de pot, c’est justement là que nous allions…
Moralité : périf sud bouché par le dernier jour du salon de l’automobile, pour nous paumer enfin à Nation, et arrivée après téléguidage au téléphone portable à 14 H 30. Quelle honte pour mes parents et moi d’arriver aussi tard !
Nous étions rentrés en 3/4 d’heure.
Donc là, je me suis dit que j’allais profiter de mes congés forcés pour aller passer un moment à Paris. J’en ai en effet marre d’essayer de m’inscrire sur le site “pôle emploi” pour lire que le serveur est saturé, ou de faire 1, 2, 3 sur le serveur téléphonique du même pour revenir à la case départ, ou m’entendre dire que mon temps d’attente est estimé à 72 minutes (et le pouce). Moralité, ça va qu’en théorie je suis en congés payés, mais je n’ai toujours pas pu me réinscrire à ce qu’on appelle comme on veut, mais qui pour moi reste les Assedics, poil au flic (oui, je sais, c’est nul). Ne me reste qu’à me déplacer avec un munster, pour faire le siège quand on va me répondre “il faut téléphoner pour prendre RV” ou bien “inscrivez-vous sur le site”.
BREF ! Delphine m’a coupé l’herbe sous le pied, en me demandant si cela ne me dirait pas d’aller passer une journée à Paris. Ben si, justement. Par journée, n’entendez pas que je me pointe gare Montparnasse à 9 H du mat pleine de frissons, d’ailleurs je ne sais pas si ma progéniture apprécierait (rapport au jour où Pulchérie n’était pas prête à 13 H…).
Nous nous sommes entendues sur une journée où Pulchérie serait aussi disponible et croyez-moi, oubliez les intermédiaires : pour déclencher les guerres intra familiales, les malentendus et l’incompréhension, c’est l’idéal. Si ces 3 objectifs vous rebutent, réglez les choses vous-même au prix de 32 coups de téléphone et 72 mails, mais ça finira par être au point (un jour).
Et puis Delphine attendait depuis un petit moment le jour où je pourrais :
- Emprunter la voiture de mon père
- Accepter de mener cette voiture à Paris. Pas pour le plaisir de promener la voiture, mais c’est un break, et c’est dans cette seule voiture que peut tenir le canapé qu’elle avait acheté lors de ses débuts parisiens, et qui n’allait pas dans sa chambre de bonne, qui donc, a été rapatrié dans le grenier de mes parents, où il dormait depuis environ 5 ans.
C’était dans l’air depuis un moment, gendre n°1 et 2 devant théoriquement devant mon peu d’enthousiasme, se charger du canapé. En effet, à la première demande, c’était verglas et compagnie, merci bien.
Donc, il a été convenu que Delphine arriverait le mercredi 25 février au soir, que nous allions descendre le canapé avec grâce du grenier de mes parents, le mettre dans le break, et partir en chantant le lendemain matin, pour livrer le canapé chez elle, et retrouver Pulchérie pour un déjeuner commun et un petit après midi toutes les 3.
Ca c’est le scénario Disney, sans la malédiction du facteur maudit… Et si vous ne savez pas ce qu’est la malédiction du facteur maudit, vous n’avez plus qu’à tout lire (et là c’est la malédiction de la sorcière maudite, gniark gniark)
De Fanny Deschamps.
Longtemps que je ne m’y étais pas replongée. Le livre a l’âge de ma Delphine… J’adore le style merveilleux de Fanny, qui sait si bien nous projeter dans une certaine douceur de vivre de la fin du règne de Louis le Bien-aimé… Cela coule tout seul, le mot, l’expression, sont toujours bien choisis.
2 tomes : le jardin du roi, 4 épices.
C’est donc l’histoire de Jeanne, orpheline du peuple mais d’une beauté qui ne laisse personne indifférent, recueillie par une baronne bienfaitrice. Jeanne aime depuis ses 10 ans, le Docteur Aubriot de 20 ans son aîné. Passionné de botanique, il l’a traînée derrière lui pendant des années, lui faisant partager sa passion (en en découvre donc plein sur la botanique)
Mais Jeanne va également à l’aube de ses 15 ans, tomber amoureuse du Chevalier Vincent, chevalier de Malte corsaire, qui lui propose de l’enlever. Hélas la femme du docteur Aubriot meurt après ses premières couches, et Jeanne tiraillée, ne se laissera pas enlever.
Et puis elle suit un jour Aubriot, monté à Paris pour être botaniste au jardin du roi. L’histoire de ce jardin, de cette folie de la plante à cette époque, est fort bien raconté, ainsi que la vie que l’on menait à Paris ou en province d’ailleurs, à ce moment là. La révolution était encore loin… Il est à noter que nos plus beaux cèdres actuels ont été planté sous Louis XV et que cet arbre si magnifique peut vivre environ 1000 ans…
A Versailles, il y a un jardin du roi qui date de cette époque et est toujours magnifique. Celui de Paris est devenu le jardin des plantes.
On découvre la vie parisienne, le vieux duc de Richelieu aimant tant la chair fraiche. Jeanne ouvre une boutique d’herbe au Temple, et puis Aubriot est pressenti pour un voyage sur mer qui doit, après maintes escales d’herborisation, le mener jusqu’à l’Ile de France de l’époque (actuellement l’ile Maurice). Déguisée en trop joli garçon, Jeanne va suivre son amour en se faisant passer pour son valet, tout en étant sur la piste de son beau corsaire. Pour échapper à Richelieu, et à des années d’attente.
Le deuxième tome, nous projette directement dans le monde de la marine (et on en apprend plein sur la marine à voile, les corsaires, tout en continuant à nous enrichir en botanique et histoire de l’époque, où l’on a perdu nos comptoirs des Indes, entre autres, car sous Louis XV nous en avons laissé pas mal aux anglais).
Et l’on suit toujours Jeanne qui aime deux hommes à la fois, et se refuse à renoncer à l’un ou à l’autre. Son corsaire l’épouse, Mr Aubriot n’en sait rien, en n’en saura jamais rien. Et puis Jeanne se fixe sur son ile et y achète une magnifique propriété qu’elle veut mettre en culture d’épices. L’histoire des épices est également magnifiquement racontée.
Et l’on découvre la vie dans les iles et tout un tas de choses, toujours racontés avec un style inimitable…
Et un temps, qui était très différent pour cette époque. Confier une lettre à un navire, attendre la réponse pour dans plusieurs mois. Des mois de traversée en mer pour aller d’un point A à un point B. Un temps qui s’étire quand on constate tout à coup que Jeanne est séparée de son corsaire depuis environ 2 années.
Ma seule critique : une fin un peu précipitée, qui nous laisse sur la faim d’une suite. Mais bon, Fanny a choisi d’écrire après, l’histoire de Louison ou l’heure esquise et du coup, on ne lui en veut pas du tout…
Et on peut rêver à cette Jeanne qui aurait donné, via monsieur de Bougainville, son nom à une plante si décorative… Et l’on peut rêver à cette vie certes, pas toujours facile, de l’époque, mais où tout était possible dans plein d’endroits…