Vous n’aurez pas tous les éléments tout de suite, sinon cela ne serait pas drôle DU TOUT !
Vu que je n’ai pas rigolé, il n’y a pas de raison pour que vous le fassiez.
ONCE UPON A TIME, un soir de la semaine sainte (!), ou bien était-ce il y a 100 ans ? j’ai démarré Internet sur mon ordi, avec la désagréable impression qu’il se passait quelque chose d’anormal.
Il faisait des vents des pets des prouts des clics à n’en plus finir alors que j’errais sur la toile, et malgré la voix suave d’Avast m’avertissant que “la base des données je t’emmerde a été mise à jour”, j’ai eu un doute, et j’ai mis en route un scan total après redémarrage de l’ordi. Avast fait ça tout seul, j’admire (l’arrêt de l’ordi, le redémarrage sous Dos, et le scan, puis le redémarrage de l’ordi, après m’avoir demandé une première fois si le premier fichier vérolé il l’éliminait ou si je voulais m’en faire un plat de résistance, là je clique “éliminer”, et “tous”, pour avoir la paix…)
LE scan. Il lui faut une heure pour scanner 3% et une demie heure pour faire les 97 % qui restent.
Eradication de 9 fichiers vérolés (malgré les mises à jours répétées deux fois par jour), redémarrage de l’ordi, et je me pointe on va dire le vendredi saint, sur mon ordi pour constater que mon écran bénéficie désormais de deux marges à gauche et à droite, arrondies, et que tout caractère à proximité des marges est déformé.
Ca m’apprendra à n’avoir pas fait mon chemin de croix, l’ordi va s’en charger, de me le faire faire (le chemin de croix). Je suis persuadée que j’ai été victime d’un virus, gardant un ému souvenir de novembre 2008 où j’ai dû tout réinstaller toute seule comme une grande, du moment un an après où mon écran se barrait de lignes vertes et où l’homme de l’art m’avait sauvé la vie en me changeant ma carte graphique, etc…
Je relance un scan pour constater que pendant le scan l’écran est tout à fait normal et qu’après le scan il le reste pendant environ 20 minutes, avant de commencer à se re-déformer.
Je décide d’appeler l’homme de l’art après moultes hésitations, homme de l’art qui pour l’heure, réside chez lui, à la Grande Motte, au lieu d’être chez son autre chez lui, à 5 minutes de chez moi.
C’est un scandale, on ne peut compter sur personne. Que vont faire les gens dans leur résidence secondaire ? Je vous le demande.
En plus, sa femme me déclare qu’il est parti faire son jogging, et note tout bien comme il faut les symptômes qui m’inquiètent… (on n’a pas idée de faire un jogging non plus, au lieu d’attendre sagement mon appel à côté du téléphone…).
Rentré de son jogging, il me rappelle ponctuellement (il était temps, je cherchais un post-it pour m’ouvrir les veines en effectuant un Xème scan, jamais cet ordinateur n’a été aussi bien nettoyé).
Il pense à un virus mais peut-être… Je sens qu’il doute. J’ai noté les erreurs affichées par Avast, il prend note lui aussi, et me demande de le tenir au courant.
Je pense que je vais pouvoir tenir jusqu’à son retour en lançant des scans réguliers, sauf que je n’envisage pas de me relever la nuit (au cas où que je dorme), pour le faire. Les marges sont certes emmerdantes, mais je peux tout de même naviguer, lancer des scans, enfin bref, je stresse mais pas trop.
J’ai tort.
Après un scan ultime, je quitte mon ordi le samedi veille de Pâques, pour retrouver Pulchérie et le gentil qui sont en plein boum d’emménagement, travaux, achetage de cuisine à Ikéa, etc, et une fois de plus, les attendre pour les véhiculer à la gare.
Je rentre chez moi, relax.
J’ai tort.
Là, je n’ai plus des marges à droite et à gauche. Au milieu de mon écran il ne reste qu’une bande de 5 cm de large, avec tout ce qui est visible totalement compressé, et je ne peux pas faire une tentative de scan pour restaurer vaguement l’écran, car je ne peux plus voir où je navigue.
Je peux par contre voir ma tête consternavrée dans tout le noir de l’écran. Heureusement que personne ne me filmait, j’aurais remporté une palme d’or sur le net, de la femme à l’air le plus ahuri du monde…
Il est 21 H, je ne vais pas déranger l’homme de l’art à cette heure là.
J’éteins l’ordi et je vais me coucher pour rêver de bandes de couleurs déformées, de virus, de peste noire, de fin du monde, ne soyons pas avares.
Le lendemain quand je rallume l’ordi, il me chante sa petite chanson “tout est en place” mais l’écran reste définitivement noir.
J’appelle donc l’homme de l’art qui est parti acheter le pain, et j’explique à sa femme les derniers symptômes. Tout le monde pense à un virus et j’ai l’impression de visionner mon disque dur totalement vérolé, d’où il ne sortira plus rien…
Je n’ai plus d’ordi, c’est la catastrophe…
C’était un écran décédé - STOP
Nouvel écran de récupération décédé à son tour - STOP
Ce qui nous a rendu perplexes rapport à un éventuel virus - STOP
Travaille avec un écran prêté - STOP
Hésite à changer ma TOUR INFERNALE - STOP
Pas chaude pour prendre portable, pour des raisons multiples que je préfère ne pas détailler - STOP (je vous rappelle que je suis une VIEILLE qui va se prendre un an de plus la semaine prochaine, qui a l’habitude de travailler avec son clavier sur les genoux, d’où UNE des réticences relatives au portable)
Fais toujours entièrement confiance à l’homme de l’art, mais comprendra-t-il tous mes problèmes existentiels ? - STOP
Particulièrement concernant le mulot qui m’est indispensable - STOP
Et plein d’autres trucs (dont je vous épargne les détails) - STOP
Passe mon temps à sauvegarder mes photos, musiques, etc… - STOP
En priant pour que mon disque dur externe acheté il y a 3 ans en catastrophe ne rende pas l’âme comme 2 écrans - STOP
C’est le bordel dans ce disque dur - STOP (récupération après réinstallation il y a 3 ans, m’ayant remis mes fichiers chéris un peu partout et surtout n’importe comment et n’importe où - STOP)
Crise de nerf écartée tout de même (quoique…) - STOP
Suicide au post-it écarté également pour l’instant - STOP (les post-it sont de qualité inférieure désormais)
Je préfère vous raconter l’histoire de A à Z quand on en sera au Z - STOP !
Des bises à tous.
La vie est un long calvaire (ou pas, en fait, cela dépend des jours…) - STOP !
PS : si je ne vais pas commenter chez les uns et chez les autres, c’est que j’hésite à allumer l’ordi, rapport à l’écran prêté, au sujet duquel je préfèrerais qu’il rende l’âme dans les mains de son légitime propriétaire et non pas dans les miennes…)
Panne d’ordi stop
Squatte chez ma frangine stop
Mais pas tout le temps stop…
Attend avec impatience retour homme de l’art stop
Désespérée stop
Reviens bientôt stop
Si pas ouvert les veines avant stop
Bises à tous
Ma copine Karine, perdue de recherche depuis notre bac commun, et retrouvée il y a quelques temps, a toujours eu une imagination débordante, exclusivement consacrée à la beauté.
- A 15 ans elle était la première à tester le concombre en masque pour en grande partie terroriser son père.
- Après le concombre elle s’est rabattue sur la carotte râpée également en masque, pour avoir bonne mine, et ça donne bonne mine. Trop et trop longtemps.
- A 18 ans, elle tentait le henné qui gaine les cheveux et les rend plus beaux, en oubliant de préciser “neutre” au pharmacien. Elle a passé son bac en carotte fluo et les examinateurs de l’oral de rattrapage pressés de la voir partir lui ont accordé les meilleures notes possibles. Elle a pu attester que le henné ça tient.
- A 20 ans elle avait l’idée de se décolorer les poils pubiens pour les assortir à sa chevelure redevenue enfin blonde, et s’est déclenchée un exéma géant dont elle a refusé de révéler la cause à son médecin qui l’a crue pour toujours allergique aux slips en coton estampillé véritable.
- A 30 ans elle se brûlait un genou au troisième degré en testant l’épilation au caramel.
- A 40 ans elle transformait le viackal en détartrant dentaire, et le comprimé de vitamine C fondu comme anti rides et a disparu de la circulation pendant 8 jours, les gencives saignant et le teint carotte, comme avec de la carotte légume mais en pire, ce qui l’a rajeunie considérablement mais juste dans sa tête.
A 50 ans, et seule enfin (oui, pour elle, c’est “enfin !!!”) elle a décidé de vérifier deux poncifs qui pourrissent la vie des femmes. Ce qu’elle voudrait, c’est un jour faire une grande découverte qui la rendrait célèbre en nous changeant la vie.
On l’admire.
Premier cas, on nous serine depuis l’adolescence, que le cheveux gras, enfin regraissant vite désormais (c’est moins péjoratif), est dû à 99 % à des lavages trop fréquents, les hormones n’y étant pour rien dans cette histoire. Après avoir passé 30 ans à se laver les cheveux tous les jours, Karine a décidé de pulvériser la graisse de manière simple et pratique. Comme elle ne travaille pas, son mari lui ayant laissé de quoi, comme elle ne sort que très peu, et bien elle a décidé de trucider la séborrhée réactionnelle en supprimant toute cause de réaction, à savoir le shampoing trop fréquent.
Elle a donc commencé à se limiter à une fois par semaine et à se désespérer dès le surlendemain du shampoing dominical, devant l’aspect huileux de sa chevelure qu’elle tressait et coinçait avec une barette. Elle s’est souvenue de ses grands mères ne se lavant la tête qu’une fois par mois. Elle s’est obstinée pendant 6 mois pour en conclure que cette histoire de réaction était de la daube foutaise. Elle a mis à brûler un cierge à sainte Rita patronne des causes désespérées, en la priant de flanquer un psoriasis à son dermato, après qu’il lui eut déclaré sans rire que sa chute de cheveux était due à un excès de sébum, ce dont ses grands mères n’avaient jamais souffert.
Car le même lui avait causé 5 ans auparavant des dégâts causés par les shampoings trop fréquents…
Dans le même temps, toujours considérant les dires, elle décidait de terrasser les poils définitivement, cette innocente.
CAR, là encore, on nous déclare que raser un poil c’est le faire repousser plus vigoureux qu’avant. L’épiler aussi d’ailleurs. Sans rire, si nous n’y avions jamais touché nous aurions encore le duvet de notre enfance disent certains dermatos, nonobstant les hormones et Sainte Rita.
Donc, Karine a considéré les données du poil excité par l’arrachage ou le rasage, et la durée de vie du dit poil qui serait de 3 à 4 mois suivant les zones, mais on s’épile rarement les cils.
En toute logique en laissant le poil s’épanouir et vivre sa vie et sa belle mort, le défunt devrait laisser place à son remplaçant non excité par de dangereuses manoeuvres. Un petit duvet tout fin quoi…
C’était l’hiver, elle était seule et a donc laissé ses poils s’épanouir, n’ayant jamais pensé que sur les mollets et l’arrière des cuisses (jamais touché avant 30 ans, ce qui peut sembler louche…) cela pouvait devenir aussi long. Elle m’a montré en février, après novembre, décembre et janvier passés en pantalon, le résultat de son étude et le doute n’est plus permis : si l’homme descend du singe, la femme aussi (et de l’arbre aussi au passage…).
Les poils ont dû tomber le tapis est foutu mais la petite Amélie n’a plus de poils au cul, mais sans qu’elle ne s’en aperçoive. Ils ont été remplacés par des non excités mais bien développés tout de même : les poils se refilent la combine de pousse maximum, j’ai toujours pensé que c’était de sales vicieux créés pour nous pourrir la vie. Le seul avantage qu’elle a trouvé à l’expérience est que la séance épilation lui avait fait perdre en moins d’une heure au moins 300 grammes.
Pour l’instant Karine se porte bien, mais on ne sait jamais à l’avance ce qu’elle sera tentée de tester…
La vie n’est qu’un long calvaire… (poilu et regraissant vite)
Bon, alors, je sais que la visite annuelle chez le gynéco, n’a rien de réjouissant loin de là… Vous n’en voyez finalement pas l’utilité malgré les campagnes de prévention toutes plus loupées les unes que les autres. Et vous essayez de passer à une fois tous les 2 ans, voire une fois tous les 3 ans. Ceci aidées par la SS (LA SECU !) en déficit, qui trouve sans doute que payer pour soigner c’est moins cher que pour la prévention, la vraie. Parce qu’un frottis tous les 2 ou 3 ans, comme prôné par elle, c’est insuffisant.
Ayant constaté que les jeunes femmes deviennent de plus en plus réticentes et imprudentes, je vais donc vous raconter pourquoi c’est utile, désagréable mais obligatoire. Vous allez comprendre pourquoi il vaut mieux perdre 1/2 H par an (allez, 1 H avec l’attente !) pour s’éviter des années de désagrément. Ce qui suit est 100 % authentique et non exagéré.
- 1988 (j’avais 30 ans) lors de ma visite ANNUELLE chez la gynéco, j’avais une mycose donc, aucun frottis n’a été effectué. Elle m’a précisé de revenir dans 3 mois, mais vous pensez bien que je ne l’ai pas écoutée, j’avais effectué ma corvée, juste 6 mois après mon dernier frottis, j’avais le temps…
- 1989, Albert me quitte en me laissant encore une mycose. J’avais autre chose à faire que d’aller me faire trifouiller le kiki par une femme pourtant charmante et psychologue.
- 1990 : le frottis est fait et chez moi c’est la totale, le col est mal orienté, ça prend un temps fou. Allez savoir pourquoi j’oublie le frottis dans mon sac. J’ai 32 ans, cet examen c’est de la daube et je le jette.
- 1991 : je me pousse chez une nouvelle gynéco qui procède au prélèvement obligatoire. J’ai beau avoir accouché 2 fois, c’est toujours une épreuve, avec un utérus rétroversé, un col qui se balade, et la haine de la position sur la table. La nouvelle est sympa, elle essaye de me détendre en faisant de l’humour, sauf que je ne suis pas en position pour avoir envie de sourire. Je poste le frottis.
- 1991 : le téléphone sonne. Un dimanche. C’est la gynéco. Elle a reçu les résultats de mon frottis. Ca ne va pas du tout. Elle m’attend demain lundi de toute urgence. Je balise.
- 1991 : entre le dimanche 11 H 30 et le RV du lundi 18 H 30, on a le temps de baliser et le sommeil devient une option. Un rat s’est installé dans mon estomac et m’empêche de manger et de vivre normalement.
- 1991, mars : le lundi 18 H 30. Mon frottis n’est même plus au stade III. J’ai un cancer du col. “In situ” certes, mais un cancer. (Fin 1987, tout était parfait, nomination “I” (classement changé depuis)). Bel et bien un cancer qui s’est installé en largement moins de 4 ans. Elle ne pèse pas ses mots, elle sait que si elle minimise trop je peux zapper ce qu’il faut faire (elle me l’avouera après : beaucoup de femmes zappent si l’on minimise et se font traiter trop tard). Elle m’a pris RV chez un spécialiste, à Paris. Elle m’explique gentiment qu’il est encore largement temps, que tout se passera bien, et ce que l’on va me faire. J’en frémis d’horreur et j’ai toujours un rat qui me bouffe l’estomac.
- 1991 : je pleure. J’espère encore avoir un troisième enfant. Pulchérie a 10 ans, Delphine 7. Que vont devenir mes petites puces si je dois mourir de cette saloperie ? Leur vision d’elles pleurant à mon enterrement m’empêche de dormir.
- 1991 : je pleure toujours. Je viens de passer la porte d’un service de “cancérologie féminine”. C’est écrit en gros. Le professeur me demande si j’ai eu un choc affectif important au cours des 3 années précédentes. J’apprendrais bien plus tard que cela a un impact. De toutes manières je ne peux lui dire que “oui” (merci Albert !). Il reste dubitatif, parce que je suis négative aux papillomachintruc-chose et autres, contre lesquels il y a un vaccin désormais (je ne dis pas que c’est du pipeau), et retient l’option “choc affectif”.
- 1991 : le professeur est ce qu’il est, et surtout pas aimable. Il m’aboie de retirer ma culotte pour la biopsie, parce que je l’avais gardée pour monter sur la table, précise à l’infirmière : “passez-moi une pince à biopsie, et pas comme tout à l’heure, une qui coupe”. Avant de faire la biopsie, sans me demander mon avis, il fait défiler 7 internes pour leur montrer l’état de mon col (il ne voit rien), qu’un col ça peut avoir une drôle de tête (le mien regarde vers la droite), et comment que l’on colore un col pour voir la lésion (qui est là, regardez bien…).
- 1991 : je ne suis pas en état de protester devant le défilé des internes qui vérifient qu’en colorant un col, on peut voir une petite tache suspecte. Si je proteste j’ai peur que le professeur X ne me loupe avec la pince à biopsie qui théoriquement coupe. Je dois être honnête, je n’ai rien senti de désagréable, à part mes jambes qui tremblaient vu la position que je devais tenir, juste un vague chatouillement qui lui a permis de m’assurer que je n’étais pas douillette, contrairement à ce que j’avais dit. Mais bon, grâce au défilé des internes, l’examen et le prélèvement ont pris 1 H 30… Et je sais qu’il aurait dû me demander ma permission…
- 1991 : un lundi : professeur X au téléphone. C’est bien un cancer “in situ”. Il m’opère la semaine prochaine. Finalement non, il a de la place jeudi.
- 1991 : je pleure. S’il ne laisse pas de temps passer, c’est que c’est grave. Tout le monde me ment. Je regarde mes filles innocentes en me disant que je vais les rendre orphelines. Je regarde mes parents chez lesquels je vis, qui affichent pour moi un optimisme forcément faux. Ils savent… Ils doivent s’inquiéter dans mon dos. Toujours un sommeil fragmenté, des cauchemars, la trouille.
- 1991 : je suis à l’hôpital et je suis opérée demain. On va me retirer le bout de col qui est envahi par du “in situ”. Je pleure. Et si j’allais rester sur la table ? Et si je ne guérissais pas ? Et si je n’allais plus pouvoir faire une petite soeur aux filles ? (cela a été le cas)… Une infirmière sympa essaye de me remonter en vain le moral, et de guerre lasse me refile un comprimé pour dormir, mon cul.
- 1991 : je me réveille. J’ai mal. On ne m’a rien dit sur le déroulement de l’opération. J’ai un ballon dans l’utérus pour éviter qu’il ne se rétracte sur le curetage qui a été fait (quel curetage ? Pourquoi ?) et un genre de sonde “pompe à vélo” qui me sort de… Je le découvre avec terreur en allant faire mon premier petit pipi. Bonjour l’hygiène d’ailleurs, mais le professeur désagréable à qui je le précise avec aigreur, me déclare qu’il est au courant et qu’il se bat en vain (et il se bat contre lui-même qui n’informe pas ses patientes ?)
- 1991 : visite post opératoire après biopsie du morceau retiré, 2 semaines après l’opération. 2 semaines de joie et de sérénité bien sûr… Le professeur X me précise qu’il m’a retiré 2 cm à l’intérieur du col, gros comme un haricot vert. Comme il ne précise pas s’il s’agit d’un mange tout ou d’un extra fin, j’ai l’impression d’être mutilée. Les examens sont formels : il est repassé en zone saine, la biopsie de l’endomètre s’est révélée normale (d’où le curetage). Pour lui TVB, il me rend à ma gynéco, d’autant plus que je l’ai consulté non en privé (à prix prohibitif) mais en prix public. Je peux reprendre une vie de nonne normale, tout est rentré dans l’ordre, sauf que…
- 1991 : j’ai droit à un frottis tous les 3 mois. J’y vais ponctuellement, en regrettant amèrement les années où j’ai zappé ce fichu frottis, le moment où l’on aurait pu voir que les choses commençaient à se gâter. Le moment où l’on aurait pu faire moins lourd que ce que j’ai subi, le pire étant l’attente des résultats. J’ai toujours cette peur au ventre de l’attente des résultats, aujourd’hui plus rapides. Et puis je vis désormais le soulagement de voir l’enveloppe du laboratoire : quand ça merde, on ne nous envoie pas les résultats, c’est le médecin qui téléphone. Et ça rassure de l’avoir en ligne un dimanche…
- 1993 : je passe à un frottis tous les 6 mois, puis en 1995, à un frottis tous les 9 mois. Nouvelle gynéco à nouveau qui me précise que c’était limite quand on m’a opérée…
- 2001 : 10 ans se sont passés depuis l’opération, je peux passer à un frottis tous les ans. Tout continue à aller bien. Des frottis de rêve… (les résultats…)
- 2006 : les résultats sont toujours excellents. Le docteur Acromion m’assure avec certitude que là, je peux passer sans risques à 1 frottis tous les 2 ans. Parce que je n’ai plus 33 ans. Parce que mes hormones se calment. Parce que le cancer du col, contrairement à ce que l’on pense, frappe les jeunes femmes de préférence.
Maintenant, tous les deux ans, tout va toujours bien, mais je ne zappe plus du tout cet examen, même si je l’appréhende avec toujours un petit pincement au coeur dans l’attente des résultats.
Alors les filles, bougez vous le cul pour aller le poser sur la froide table du gynéco, respirez bien fort, pensez qu’il ne s’agit que de quelques minutes désagréables par an dans votre vie, à passer…
A zapper le minimum de désagrément, on ne sait jamais ce que l’on se réserve.
Alors, les filles, et les miennes comprises hein ? n’oubliez pas le frottis !
Il peut vous sauvez la vie, votre descendance future, votre sérénité, et votre joie de vivre…
Ne te découvre pas d’un fil. Un adage dont je ne fais pas fi, depuis qu’une certaine année, il m’est arrivé une mésaventure cuisante (si l’on peut dire).
Un mois d’avril comme celui de cette année, qui débute chaud “au delà des normes saisonnières”, ensoleillé, etc… (on a eu le même en 2007 et puis après il a flotté du 1er mai au 1er septembre sans interruption…)
Si je ne me cramponne pas actuellement à une tenue particulièrement hivernale, c’est bien parce que je fais peu de déplacements tous les jours, et que je ne risque rien, vu que je fais ces déplacements sportivement avec ma voiture…
Cette année là là là donc, je fréquentais Albert effectuant son service militaire à Rambouillet qui avait déjà rencontré mon père fugitivement (heureusement) (c’est plus bas). Vers le 11 ou le 12 je ne sais plus, devant le grand beau temps et ayant trop transpiré la veille en revenant de la gare, je me suis habillée “léger”.
A savoir une jupe que j’adorais et que j’ai usée jusqu’à la trame, un chemisier, un gilet top mode ET… des sandales…
Et je suis partie à la gare, guillerette et tout et tout, en faisant claquer mes talons de sandales sur le bitume.
A la gare, toutes les femmes avaient fait comme moi, et les hommes ne portaient plus de manteau. Au bureau, mes collègues avaient fait comme moi toutes les cinq, c’était l’été !
Une précision utile : chez mes parents chez qui j’habitais toujours, nous ne regardions jamais la météo et les infos…
Au bureau, petite agence immobilière, nous déjeunions sur place et sortions rarement à l’heure du déjeuner pour éviter de trop dépenser rue de Rennes, gros piège à fric déjà et toute proche. C’est vers 15 H qu’Isabelle est venue me voir, alors que j’étais absorbée par mon courrier à terminer, trop pour regarder par la fenêtre (et rêvassant un peu, il faut l’avouer, sur Albert…) :
- “Tu as vu Coraline : il neige !“. On n’est pas dans la merde ! (elle aussi devait prendre un train de banlieue pour rentrer chez elle).
Effectivement il neigeait ! Et le pire c’est que cela semblait tenir. Dehors des égarés habillés été, se précipitaient vers la gare montparnasse en évitant de se casser la gueule. Et effectivement je n’étais pas dans la merde, ayant un bon kilomètre à faire entre la gare et le domicile familial… après avoir fait 500 mètres pour me rendre à ma gare parisienne.
J’ai appelé Mrs Bibelot qui m’a confirmé que Rambouillet était sous les flocons également après une chute vertigineuse de la température sur le coup de 13 H, que cela tenait également, et là, j’ai immédiatement choisi de modifier mon emploi du temps…
Normalement Albert et moi nous retrouvions dans le troquet où nous nous sommes connus (ça fait bien…), avec quelques copains à lui et mon amie Catherine. Puis après 3 chocolats pour moi et 3 cafés pour les autres, il me raccompagnait chez moi et nous passions pas mal de temps dans le hall, le long du radiateur, à nous raconter notre vie et à faire des projets d’avenir ensemble, en nous bécotant au passage, mais juste un petit peu (c’est d’ailleurs au cours d’une séance “bécotage” et non une séance “projets” que papa était sorti de l’ascenseur car il allait promener la chienne et avait donc découvert son futur gendre un peu embarrassé, qui lui avait présenté tous ses respects (hi hi)…)
Changement de projet donc : maman préparait un sac avec mon manteau, une paire de collants et mes bottes (l’hiver je ne portais que cela), qu’Albert allait m’apporter à la gare…
Puis j’ai appelé Albert qui m’a dit que je pouvais compter sur lui, seul truc ennuyeux : se présenter comme cela chez mes parents. Que ma mère soit prévenue ne le rassurait pas plus que cela… Il y avait le père aussi…
Héroïque comme tout soldat au front trésorier payeur, il s’est présenté chez mes parents 1/4 d’heure avant l’arrivée du train, et ma mère, non sans perfidie, lui a suggéré de revenir directement avec moi sans passer par la case “troquet”, pour dîner en famille et faire un peu connaissance. Albert était piégé par le sourire de ma mère : il a accepté… (je ne sais pas quelle réaction aurait été la sienne s’il ne m’avait considérée QUE comme une aventure de service militaire (suivez la piste de la fuite dans la neige)…)
Pendant tout ce temps là, j’avais franchi les 500 mètres me séparant de la gare montparnasse, pour m’y retrouver avec les pieds tellement gelés que je ne les sentait plus (pratique pour marcher), qui avaient pris une belle couleur violette, grelottant complètement, comme toutes les personnes sur le quai. A l’arrivée (mais le train n’était pas chauffé), je me sentais au bord de la congestion pulmonaire et j’ai vu Albert avec son sac, et bien couvert lui, tel le sauveur.
Enfilage de collants et de bottes dans les toilettes de la gare dont l’état… Non restons soft. Passage du manteau, le héros du jour, me réchauffant tout le long du chemin en me tenant virilement contre lui d’un bras ferme (et chaud).
Et donc, c’est ce soir là qu’il a découvert la famille, sous le regard inquisiteur et moqueur de ma petite soeur de 11 ans, la dernière, qui faisait un peu office de “poison”* dans la famille…
C’est une autre histoire…
Cette année là là là, la neige a tenu 3 jours. Alors depuis, en avril, je ne me découvre pas d’un fil. D’autant que ce cas de figure s’est représenté plusieurs années (pas forcément de suite) et que moi moi moi, je ne me suis plus jamais laissée surprendre, même si je ne prenais plus forcément le train…
Pour les mauvaises surprises évitées je n’en dirais pas autant des filles, mais cela aussi, c’est une autre histoire…
Et sinon après, j’ai toujours suivi la météo…
* Allusion à “l’esprit de famille” de Janine Boissard, et la petite dernière surnommée “la poison”…
Pour Noël 2010, nous allions réveillonner chez Pulchérie et Gendre, avec ma soeur et ses deux enfants, dans l’Ile Saint Louis, Delphine étant déjà sur place.
Je vous raconterai le camping plus tard (maintenant que j’ai un super retard, ça peut attendre), dans le studio, ainsi que le déroulement de la soirée (c’était super top de passer un premier réveillon chez les jeunes !!! la relève est assurée).
Je devais prendre ma voiture, ma soeur son GPS. Il neigeait à gros flocons, je le sentais mal ce coup là, et nous avions donc pris de quoi réveillonner éventuellement sur le bord d’une route, dans un fossé enneigé…
Une fois de plus, j’ai demandé à Pulchérie le n° de code de la porte du hall d’entrée pour rentrer dans la cour. Et tout à coup, je me suis demandé comment je n’avais pas pu mémoriser ce code plus tôt.
Une évidence.
PLUS SIMPLE, TU MEURS !!!
Nous sommes super bien arrivés à bon port, les deux enfants écoutant de la musique à l’arrière avec leur I-machin chose, et avons failli faire une crise cardiaque en voyant qu’il y avait plein de places de libres dans la rue Saint Louis en l’Ile…
Un miracle…
Le temps de descendre tout notre barda, pour la nuit, pour la bouffe que nous amenions, etc… Tristan était déjà prêt à aller taper le code.
- C’est quoi le code tatie ? Tu le sais par coeur ?
- Oui…
C’était tout simple donc :
- L’initiale de mon nom de famille et donc du nom de famille de sa mère
- Les deux derniers chiffres de l’année de Pearl Harbor (je l’ai vu dubitatif, il ne pensait pas que le FILM était aussi vieux)
- Les deux derniers chiffres de l’année de la mort de Jeanne d’Arc
- Moins 1 pour le jour de sa mort en mai…
Il a tapé le code puis a empoigné la valise dans laquelle j’emmène désormais mon oreiller anti épaule douloureuse, en soupirant.
- Ma PAUVRE tatie, tu te compliques VRAIMENT l’existence avec les codes…
La vie n’est qu’un long calvaire.
(On verra mon lapin quand ton code ce sera le nom du réalisateur de Ben Hur…)
PS : bien évidemment je ne vous ai pas donné le code de la porte d’entrée, j’ai légèrement falasifié, même si désormais ils n’habitent plus là…