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'Histoire de sorcière'

Comment je n’ai pas soufflé dans le ballon…

sanglotsC’était l’époque où j’étais amoureuse d’un con (et si seulement cela avait été la première fois…). Sans le savoir bien sûr, car quand on a une once de lucidité, si l’on sait que c’est un con, on s’enfuit en courant, en évitant les hauts talons de préférence. C’est mieux pour la rapidité de la course…

Bref, un homme grâce à qui j’ai vécu un grand chagrin d’amour, m’ayant transformée pour quelques temps en méduse sanglotante…

Et puis un soir, j’étais au désespoir une fois de plus, et meilleure amie a eu la bonne idée de m’appeler. Mon père en ayant ras le bol de me tendre le sopalin (j’habitais chez mes parents), me l’a passée avec soulagement en me tendant mes clefs de voiture. Meilleure amie me proposait une soirée entre amies, de dormir chez elle, et de me ressourcer avec une tarte au citron le lendemain (c’était l’époque où je préférais les desserts au saucisson).

Le temps d’attraper une chemise de nuit un vieux T Shirt, et mon petit nécessaire de couture de toilette et me voici partie, en pleurant.

Je roule doucement, en pleurant.

Je m’arrête à un stop en pleurant.

Je me fais siffler en redémarrant du dit stop en pleurant.

“Contrôle de routine” me déclare le flic qui me demande les papiers afférents à la conduite du véhicule. Je les lui donne en pleurant.

Semble pas faire attention, tout va bien, me rend mes papiers, mais pour l’honneur et la gloire, me demande de souffler dans “le ballon” pour contrôle du taux d’alcoolémie dans le sang (à l’époque 0,70, maintenant quand vous avez 0,70 vous êtes ivre et avant quand c’était 0,80 la légalité et bien maintenant vous êtes complètement bourré).

Les larmes ont un effet particulier chez moi, elles me rendent très chiante. Même moi je m’énerve… Pourquoi croyez vous que Jean Poirotte m’a tendu le téléphone, les kleenex ET mes clefs de voiture ?

Et là, il n’y a que des mecs, je ne soufflerai pas dans le ballon. Parce que ce sont des mecs qui me le demandent. J’emmerde les XY de toute la planète, sauf mon père qui pour moi n’est évidemment pas un homme (quoi qu’est-il d’ailleurs, on se le demande, il a toujours adoré que je pleure contre lui en lui précisant “oui mais toi tu n’es pas zun nômme“…) (non c’est mon père)

Plutôt mourir que de souffler dans le ballon. D’ailleurs je le précise au flic qui constate enfin que je pleure, je ne soufflerai pas dans le ballon parce que les hommes sont tous des salauds !

Sans exception. Sauf mon père qui népazun-nômme. Je précise, le flic n’est pas forcément au courant de l’état véritable de mon pèreusnif…

Comme j’attrape un nouveau kleenex, le jeune flic embarrassé soudain (toujours rapides les hommes, et tous des salauds il vient de se l’entendre dire !), fait signe à celui qui a une tête de chef. C’est le chef.

  • Les papiers sont en règles ? Oui
  • Pas de problème d’assurance ? Non
  • Son permis est valide ? Oui (z’avaient déjà un réseau les rats)
  • Où est le problème ?
  • Elle ne veut pas souffler dans l’alcootest parce que les hommes sont tous des salauds.
  • Silence consterné pendant que je me ruine les sinus avec l’avant dernier kleenex.
  • “Madame, il va falloir souffler dans l’alcootest”.
  • “Vous avez des kleenex ? Parce que je n’arriverai pas jusqu’à Arpajon avec juste un rescapé, OUINNNNNN !
  • “Oui madame bien sûr ! ” (avec rapidité un des salauds apporte une boîte de kleenex, dans laquelle je pioche sans complexes)  “Vous êtes certaine que ça va ?”
  • NONNNNNNNN les hommes sont tous des salauds !!!!!! SNIFFF….
  • “Veuillez descendre du véhicule, merci…”
  • J’obtempère et je m’écroule presque dans les bras du chef en sanglotant, lui ruinant au passage sa veste, avec ce qu’il me reste de rimmel.
  • Je le sens qui se coince un peu.
  • M’en fous, tous des salauds. Et je ne soufflerais dans le ballon que la tête engagée dans la guillotine.
  • Et encore, ce n’est pas certain, trop heureuse de quitter ce monde injuste et truffé de salauds…
  • Normalement je sens le tilleul fait par Mrs Bibelot pour m’aider à passer la nuit…
  • Le Chef renifle un peu et se demande s’il peut être considéré comme alcootest estampillé CEE
  • Il cherche du secours, mais les 5 autres regardent ailleurs et arrêtent d’autres véhicules (avec des salauds au volant)

Ils m’ont laissé repartir avec consternation, le chef m’ayant certifié qu’il était fidèle à sa femme (m’en foutais), et les autres opinant. Et je n’ai pas soufflé dans le ballon.

Plutôt aller en tôle accompagnée de ce qui ne pouvait être qu’un ramassis de salauds (tous des hommes…)

La vie n’est qu’un long calvaire pour tout le monde…

Ce soir là, aussi, pour les flics, autant leur rendre hommage, car ils ont été méritants.

Imaginez le chef me demandant ce qui n’allait pas : il en prenait pour 7 plombes… D’un autre côté il se méfiait certainement, sinon, il était cuit, le salaud malheureux…

Posté le 22 mars '11 par Calpurnia, dans Dans la série Diabolique, Histoire de sorcière. 26 Commentaires.

Vert Irlande : je n’en avais pas rêvé, IL l’a fait…

cheveux-vertIL c’est un coiffeur. Je crois que depuis ma mémorable aventure que je m’en vas vous raconter, il a préféré transporter ses pénates ailleurs, probablement à l’autre bout du monde, jugeant plus prudent de mettre au moins un océan entre lui et moi…

C’est en participant chez Shalima, à un concours,  que je me suis souvenue de cette horrible mésaventure capillaire (qui m’a d’ailleurs permis d’être une des deux gagnantes de ce concours, juste retour des choses), que j’avais préféré enfouir au plus profond de ma mémoire.

Cette année là là là, les filles passaient Noël avec moi et donc pour le jour de l’an 1990/1991, j’étais libre comme l’air et occupait encore la grande maison conjugale. C’était l’endroit rêvé pour organiser un réveillon avec des amis, ce qui fut fait.

De plus, nous avions décidé de faire un réveillon costumé, sans thème, c’est toujours plus amusant.

J’avais décidé de me costumer en bohémienne. Un coupon du tissu plus oriental que nature plus tard, j’avais réussi, en squattant la machine à coudre de Mrs Bibelot et en disant beaucoup de gros mots,  à me faire un superbe (réellement) pantalon bouffant, et un boléro du meilleur effet (à porter tout de même avec un truc noir à manches longues, vu que ma maison même chauffée, restait assez froide à cette période de l’année).

(Ce déguisement est dans la malle “déguisements” de Mrs Bibelot, mais nonobstant les souvenirs, je peux le céder à prix prohibitif, avis aux amatrices…)

Tatie chérie avait pu avoir pour moi, de la Comédie Française, un flacon de maquillage pour me faire la peau très bronzée, de manière naturelle. Jean Poirotte m’avait suggéré non sans ironie de tester le brou de noix, mais après touche d’essai sur le dessus de mon pied, j’avais constaté qu’il fallait au moins 5 jours et 10 litres d’eau de javel pour s’en défaire, et j’avais accepté le flacon d’un produit miracle dont je me demande pourquoi il n’est pas commercialisé, car pour avoir l’air bronzé de manière très naturelle, c’est l’idéal.

Un problème pour la tzingara : mes cheveux.

Longs, mais blonds et raides.

Pour les boucles j’avais le truc des bigoudis mousse, pour la couleur par contre, j’étais dans la merde.

“Que Nenni !” me déclara un coiffeur chez lequel j’étais entrée en toute inconscience. “Avec une teinture temporaire qui s’efface en 7 ou 8 shampoings, je vous fais plus brune que naturel”.

Pas de problème !” (quand vous entendez cela, un conseil, fuyez…)

Je suis ressortie de chez lui noir corbeau. Cela faisait curieux d’ailleurs, et finalement la nature normalement ne se trompe pas. Brune ce n’était pas mon truc.

Passé la case bigoudis, puis teinte de peau (3 passages de la lotion teintée), avec khôl à l’égyptienne et tout le tintouin, j’étais une bohémienne très crédible.

D’ailleurs des amis d’amis m’ayant rencontrée ce soir là, ne m’ont pas reconnue la fois d’après…

Soirée très réussie, nous nous sommes bien amusés et je suis rentrée dormir chez mes parents (chez qui je devais déjeuner le 1er au midi) la tête dans le sac, vers 7 heures du matin. C’est dire que nous nous étions bien amusés.

Ma maison était en bordel, mais justement nous avions deux ou trois jours devant nous pour effacer les traces de nos turpitudes…

Le 1er janvier à l’heure du déjeuner je n’étais pas vraiment au top, et tout le monde commentait ma couleur malgré ma migraine (due probablement à la teinture), et j’ai remis au 3 janvier 1991 de retrouver ma couleur de cheveux normale.

Cela arrangeait bien deux copines à moi qui devaient m’aider à la remise en état et qui souffraient d’une crise de foie (moi j’appelle ça la gueule de bois, mais la crise de foie, c’est plus classe). Le ménage a été fait le 2, et le 3 donc, j’ai commencé à effacer la teinture temporaire.

Cela coulait noir, shampoing, coule noir encore, shampoing… 9ème rinçage, plus de couleur.

Ouf, le temporaire était parti…

Et là, je me suis regardée dans la glace pour me démêler les cheveux et j’ai constaté avec stupéfaction que j’avais les cheveux vert.

Pas verdâtres. Vert Irlande. Le temporaire parti, il en restait un petit quelque chose, sans doute incrusté dans les écailles des cheveux (les salopes !), et le noir bleuté sur du blond, ça fait vert.

Quand je suis redescendue de la salle de bain, mes parents ont compris immédiatement qu’aucun commentaire n’était négociable, et mon père s’est même proposé pour aller m’acheter mes clopes, car il était hors de question que je sorte avec ma tronche de trèfle.

Le lendemain, après un autre shampoing et toujours aussi verte, je me suis résignée à me couvrir les cheveux d’un foulard façon turban, et je me suis rendue la bave aux lèvres chez l’homme de l’art.

“Ah”, a-t-il dit quand j’ai retiré mon turban. J’attendais le “pas de problème” qui aurait dû suivre, mais je me suis assise dessus.

“Faut tout couper raser” qu’il a dit… après m’avoir précisé “vous n’êtes pas dans la merde”.

Une lueur dans mon regard lui a fait comprendre qu’il n’était pas dans la merde non plus, et au hasard quand je lui ai demandé en hurlant s’il me prenait pour une conne, il a pioché dans sa caisse et la boite à pourboires, de quoi me rembourser le double de ce que j’avais claqué chez lui le 31 décembre…

Je suis repartie en claquant la porte, hélas sans la casser, suivie par deux clientes affolées qui finalement avait décidé d’aller se faire teindre ailleurs, ayant fort bien compris ce qu’il m’était arrivé.

Et je n’étais pas dans la merde…

J’ai finalement appelé Tatie chérie, en larmes, toujours aussi verte, mes parents bien au fait qu’un commentaire n’était toujours pas négociable.

“Ce n’est pas compliqué (ouf). Tu vas t’acheter un shampoing ultra décolorant, destiné normalement à décaper entièrement la couleur avant de faire une autre couleur (je notais frénétiquement). Il faut les faire poser 35 minutes, mais là, tu as un truc superficiel, et tu vas donc te laver les cheveux avec, attendre une minute, rincer, et normalement le reste de ton temporaire sera parti”.

Juste à aller à Monop en tronche de trèfle,  trouver le shampoing miracle. Juste à laisser poser une minute en priant Sainte Rita. Et retrouver ma couleur, un tout petit peu plus claire mais bon, c’est passé inaperçu quand j’ai retrouvé les filles qui pourtant, avaient l’oeil…

Un pavé dans la vitrine du coiffeur ? Une affichette “attention cet homme est dangereux pour vos cheveux” à coller avec un plaisir sadique, vers 2 heures du matin, c’était largement suffisant.

A faire la veille du jour de fermeture, c’est mieux…

Avec une colle bien forte et du papier bien épais c’est encore mieux !

J’espère que ce salopard ascendant incompétent doublé d’un crétin, cultive du trèfle en Australie, là où le climat est le plus sec…

(Et bien évidemment, quand je suis redescendue de la salle de bain avec une couleur normale, Jean Poirotte n’a pu s’empêcher ENFIN de me faire remarquer que “dommage, le vert ce n’était pas trop mal et si original”…)

La vie n’est qu’un long calvert !

Posté le 16 mars '11 par Calpurnia, dans Crise de nerf, Histoire de sorcière. 33 Commentaires.

Je ne sais pas quoi faire à mon voisin de pallier…

voisin-copierNe pensez surtout pas à quelque chose de cochon. J’en suis au stade où je me demande quelle vengeance sera la meilleure.

Déjà lui et sa femme ont gonflé toute la cage d’escalier en expliquant à leur arrivée que n’est-ce pas, bien sûr, ils n’offriraient pas de pot à leurs voisins (personne ne le leur demandait), parce que nous n’étions pas juifs et que c’est un crime horrible.

Fallait pas leur en vouloir, mais nous étions pour eux totalement infréquentables, dire bonjour étant le maximum qu’ils puissent faire (le moins souvent possible, ils font généralement semblant de ne voir personne).

Pendant longtemps beaucoup se sont demandés qui étaient ces tronches de cake. Un jour où je discutais en rigolant avec un de mes jeunes voisins, alors que nous déneigions nos voitures ensevelies sous 15 cm de neige, l’arrivée de l’homme qui ne rit jamais avait déclenché LA question “c’est qui ce con ?”. A ma réponse “mon voisin de pallier” il m’a répondu “on peut dire que vous êtes vernie vous !”

Il y a eu le soir mémorable où alors qu’il y avait des cataractes dans tout l’immeuble, IL est venu sonner chez moi avec une clef anglaise, prêt à me péter le radiateur pour évacuer le surplus d’air (si c’est cochon, signalez-le moi…).

Il y a eu le soir où ELLE est a ouvert sa porte pour me signaler que j’avais mis du temps à faire sortir le chat s’introduisant dans la cage d’escalier et miaulant à n’en plus finir pour être délivré.

Là ils ont touché le fond. Ils vont creuser, je les sens bien sur ce coup là.

Je n’avais pas vu le samedi 5 mars qu’ils étaient sur leur balcon à planter des fleurs (que Dieu les fasse crever !), quand je suis sortie en catastrophe, Diabolos enveloppé dans une serviette et bien serré dans mes bras, pour son dernier voyage.

Je les ai vus vaguement sans imprimer vraiment l’image, me regardant, quand nous sommes passés sous leur balcon avec ma soeur, alors qu’elle rouspétait contre la sécurité signalant que je n’avais pas attaché ma ceinture (je ne pouvais pas et il y avait 700 mètres à faire, et merde à tout le monde à ce moment là).

Heureusement que je les avais vus vaguement, parce que le lendemain, dimanche, partant chez mes parents après m’être foutus les yeux dans le congélo pour avoir l’air de celle qui n’a pas pleuré DU TOUT, je n’aurais pas compris leur aimable remarque.

Je sortais, en même temps qu’un des petits jeunes qui aiment bien parlotter avec moi, et m’arrêtent d’ailleurs pour le faire (tous ceux qui ont en dessous de 45 ans sont pour moi des petits jeunes), mes voisins de pallier rentraient, eux,  et là ils m’ont dit bonjour. Des coups à faire neiger au mois de mars !

Puis lui, s’est cru obligé de faire la conversation !

  • “Alors, il est crevé hein !”

TETE de l’autre voisin ne comprenant pas. Je n’ai pas vraiment su quoi répondre sur le coup (j’ai trouvé la bonne réponse à 4 H du matin). Mais j’ai tout de même renseigné l’autre alors que les deux cons disparaissaient dans le hall.

  • “Ah, je voyais bien que vous n’étiez pas dans votre assiette ! Mais quels salopards !!! Je suis à votre disposition pour une vengeance bien sentie”

J’ai quelques pistes suggérées par des amies juives, beaucoup de personnes m’ayant contactée lorsque j’ai perdu Diabolos :

  • Faire pourrir des crevettes et en flanquer une par jour dans leur boîte aux lettres (pour rendre le courrier impur)  (Isabelle, juive non pratiquante, mais connaissant les interdits alimentaires,  et outrée)
  • Laisser se décomposer un filet de porc et en mettre un morceau dans leur boîte aux lettres chaque jour + un morceau sur leur paillasson (Myriam, juive pratiquante et outrée)
    Pouvant se pratiquer en jumelage avec le coup de la crevette.
  • Péter la mezouza à grand coups de marteau et en répandre les morceaux sur le paillasson dans un morceau de porc pourri (pas discret mais très choquant dixit les deux ! et là mon autre voisin pourra peut-être m’être utile).

Vous avez d’autres bonnes idées ?

Parce que moi, ce qui me dérange le plus, c’est qu’on ne dit pas qu’ils sont cons parce qu’il y a des cons partout.

On commence à parler d’eux dans la résidence en les appelant “ces cons de juifs”. Et je trouve cela très grave à notre époque. Ou alors c’est parce qu’ils sont les seuls ou l’ont bien fait savoir,  et que du coup, on sait de qui il est question. Mais je n’aime pas tout de même.

Qu’y a-t-il dans leur religion qu’ils n’ont pas compris, qui les pousse à se rendre ainsi haïssables, détestables, méprisants ?

Parce qu’après le départ de toutes les vieilles personnes (hélas), tous les jeunes qui les ont remplacés sont plutôt sympas, et même si on ne festoie pas tous les jours les uns avec les autres, c’est plutôt entraide, sourires, et de temps à autres, petites conversations sympas.

Vous avez une idée ?

Oui mes chers voisins, mon chat est crevé et j’ai bien vu votre sourire ironique… Que je ne comprends pas du tout vu que vous avez vous-même un chat !

Mais grâce à vous, j’ai appris une chose.

Revenant de la cave où j’avais descendu les petites affaires de mon petit père le dimanche dans la soirée, j’ai surpris une conversation dans le hall. Beaucoup de petits “jeunes” rentrent de leur promenade dominicale en forêt à cette heure là, et ça papote… Les parents avec les parents, les enfants entre eux…

  • Vous vous rendez compte de ce qu’ils ont dit à madame Dabra ?
  • C’est qui Madame Dabra ?
  • Mais si, la gentille dame blonde du deuxième à gauche !
  • Ah, je ne savais pas que c’était elle… Ils lui ont dit quoi ?
  • … (j’arrivais pour relever ma boîte aux lettres, le vendredi j’avais oublié de le faire).

C’est sympa d’être la gentille dame blonde du deuxième.

C’est toujours mieux que d’être la connasse de madame Van den Connasse (que tout le monde adore également) ou la connasse du deuxième à gauche également.

La vie n’est qu’un long calvaire. Ou pas…

Posté le 8 mars '11 par Calpurnia, dans Coup de gueule, Histoire de sorcière. 71 Commentaires.

Un petit bilan…

Mon blog va reprendre une activité normale. Fort heureusement, j’ai toujours énormément de brouillons en avance, et je peux piocher dedans, vu qu’écrire drôle, je ne m’en sens pas capable encore pour l’instant…

Je vous remercie encore tous et toutes, pour vos messages de soutien et de sympathie : croyez-moi, cela m’a vraiment aidée… D’ailleurs je signale aux lecteurs de l’ombre, qui se sont manifestés, qu’un commentaire, cela fait toujours plaisir…

Le post à venir quasi tout de suite, sera encore en relation avec Diabolos, mais vous comprendrez vite pourquoi j’ai pu l’écrire, sous le coup d’une certaine colère, enfin, une colère certaine !

A tout de suite !

Posté le 8 mars '11 par Calpurnia, dans Histoire de sorcière. 4 Commentaires.

L’homme est malade, épisode 3 (réédition)

L_homme_malade__pisode_3_53272230Charles Albert :

Celui là est un cas à part. Il ne nie pas l’existence des maladies ou l’hypothèse qu’il puisse en être atteint. Simplement il les sélectionne.

Celui d’avant était certain que les microbes ne le choisiraient pas, là, c’est le contraire.

Il a été marqué par un décès quelconque et en a déduit qu’on ne pouvait mourir que d’un truc particulier : du coeur, du foie, de l’intestin, des poumons, mais pas d’autres chose et c’est comme ça !

Monsieur toujours en retard était comme ça. Le genre qui se préoccupe uniquement de son coeur, en oubliant qu’une toux persistante peut dissimuler quelque chose de grave : dans sa famille on ne meurt que de crises cardiaques variées certes, mais uniquement d’un coeur défaillant.

Par contre si son oncle Albert est décédé d’une septicémie il aura peur des microbes et boira les antibiotiques à la bouteille en réclamant du surplus, mais ne pensera ni à son coeur ni à ses tripes. Il sera donc accro aux antibiotiques ravageurs d’infections, mais niera que se cyanoser après l’effort est anormal et n’ira jamais voir un cardiologue (sauf si les présentations ont lieu alors qu’il est sur un brancard).

L’obsédé de l’insuffisance rénale contemple plusieurs fois par jour ses urines (il ne pisse que dans un verre), à la lumière, à la grande surprise de ses collègues de bureau, mais ne s’occupera jamais du reste…

C’est donc l’homme qui trie les maladies : celles qu’il a peur d’avoir et contre  lesquelles il tente de lutter, et celles qu’il n’aura jamais, parce que. De toutes manières il n’en a jamais entendu parler (des autres maladies) et ne sait toujours pas à près de 50 ans, qu’il y a mille et une façon de mourir.

J’ai une amie qui a ainsi perdu son petit ami qui faisait du cardio training et autre, parce que son père était mort d’un infarctus grave à 45 ans et qu’à-lui-ça-n’arriverait-pas, il soignait son coeur. Et lui est mort tout bêtement d’une pneumonie aggravée qu’il voulait ignorer, parce que la seule chose qui pouvait clocher chez lui, c’était le coeur. Mais quand il est arrivé à l’hôpital c’était trop tard (lui aussi cultivait un streptochose, rapport à son mépris des microbes, et qui a résisté à tout).

Lui acheter l’encyclopédie médicale en 15 volumes ne sert à rien qu’à nous flanquer de l’urticaire parce qu’on a tout (nous). Il n’a pas de rate, pas de foie, pas de… C’est U-SANT, surtout quand il boit ses antibiotiques à la bouteilles pour un vague rhume. Il change de médecin tout le temps, car celui qui ne lui soigne pas ce qu’il veut n’est qu’un âne. Le top du top de l’âne étant le médecin qui s’inquiète d’un drôle de bruit niveau coeur, alors que justement il s’abrite de l’accident cardiaque depuis ses 20 ans. Alors là c’est la désertion immédiate, et la reprise du cardio training sans contrôle…

Faire comme si de rien n’était (pas le choix, 8 médecins s’y sont usés)… Mais lui faire faire un testament vite fait, on n’est jamais trop prudente…

Réédition du 2 octobre 2006

Posté le 3 mars '11 par Calpurnia, dans Crise de nerf, Histoire de sorcière. 2 Commentaires.

L’homme est malade, épisode 2 (réédition)

L_homme_malade__pisode_2_53271854Charles Edouard n’est JAMAIS malade, qu’on se le dise, même quand il rentre avec visiblement environ 40° de fièvre minimum, en toussant comme un phtisique au dernier degré, les yeux rouges et le teint blême, en déclarant d’une voix graillonneuse qu’il regarde un match ce soir (le scoop…).

Quand il nous a expectoré ses bactéries dans la tronche pendant 10 jours, il s’étonne qu’on se couche.

Lui ne se couche jamais, sauf pour dormir. “S’écouter” est incompatible pour lui avec l’idée qu’il se fait d’un homme, un vrai (parce que pour lui il y en a de faux), ce qu’il est. D’ailleurs il n’est pas malade du tout, il se sent juste un peu faible Panoramix…

Le seul souvenir qu’il garde de l’armée, c’est qu’ils lui ont fait des vaccins ces rats. Sinon il ne se rappelle plus s’il était dans l’infanterie, le génie (ah ah, je m’esclaffe d’imaginer un génie militaire !), l’artillerie ou la garde républicaine…

Une bronchite le fait évidemment tousser deux mois. Ce n’est rien donc il ne prend rien. Le fait que ce rien ait contaminé toute sa petite famille et tué Tante Hortense le laisse de marbre (d’ailleurs il a hérité au passage).  Sa jambe curieusement gonflée depuis sa chute de vélo ? Ce n’est rien non plus, ça va passer tout seul.

Il a un doigt définitivement tordu (démis et non remis, ce n’était rien) et lui aussi cultive un truc en “ocque” depuis des années. C’est chez nous, vu qu’il nous le refile régulièrement, que la bête est devenue résistante.

Il a vaguement entendu parler du SIDA mais bon, heu, non lui ne l’aura pas vu qu’il mène une vie saine. Donc inutile de prendre des précautions (une capote en plus ça fait médical). De toutes manières les microbes et virus fuient d’instinct un homme, un vrai, un dur, qui n’est jamais malade et possède des défenses immunitaires de fer. Tout le monde sait que la maladie est très sélective…

Lorsque tout de même Charles Hubert voulait bien reconnaître qu’il avait peut-être quelque chose (vu que je lui faisais squatter le canapé pour dormir), il s’arrêtait en sortant du boulot à la pharmacie, acheter le remède miracle : de l’aspirine vitamine C : c’est bon pour tout.

Et que je te croque 3 comprimés direct dans le train pour être guéri en arrivant, sans vérifier que c’est du 1000 et que c’est à faire fondre dans un verre d’eau car effervescent. Il a avalé vite fait mais cela a continué à effervescer dans son estomac et il m’a vidé un litre de bière en rentrant (la bière c’est bon pour tout aussi).

Il m’a gonflée toute la soirée parce qu’il avait un drôle de goût dans la bouche, et toute la nuit parce qu’il ne pouvait pas dormir (rapport à la triple dose de vitamine C à 19 H 30). Preuve pour lui, non pas qu’il aurait dû lire la notice, mais que les médicaments c’est du poison et que ça ne sert à rien. Sur une foulure de cheville il a pris évidemment de l’aspirine (vitaminée), et s’est trempé le pied dans de l’eau brulante pendant 2 heures : moralité sa cheville et son mollet pouvaient faire concurrence à une vache normande. Il a boité pendant 6 mois, mais non, il n’avait pas une drôle de démarche, c’est ma vue à moi qui commençait à baisser…

Pour un début de tourista en voyage, il me piquait mon anti infection urinaire, et se plaignait encore que les médicaments c’était de la merde. La tourista, c’était le seul truc finalement qu’il acceptait dare dare de (mal) soigner… Quand la sécu lui a envoyé le papier lui demandant qui était son médecin “référent” (dire désormais “bonjour mon référent”), il a certainement ouvert un dictionnaire pour savoir ce que “médecin” voulait dire avant de jeter le papier.

Bon je ne l’ai supporté que peu de temps, mais c’était toujours bien assez trop… La vie n’est qu’un long calvaire, surtout quand on manque de discernement…

Réédition du 29 septembre 2006

Posté le 1 mars '11 par Calpurnia, dans Crise de nerf, Histoire de sorcière. 8 Commentaires.

L’homme est malade, épisode 1 (réédition)

hmL’homme est malade de différentes manières, et je m’en vais donc vous les expliquer après en avoir pratiqué plusieurs (et même pas que je serais canonisée…).

Albert est malade (cas n° 1)

Albert a deux états : en bonne santé ou à l’article de la mort qui ne tardera guère.

Au moindre rhume il agonise immédiatement. S’il était croyant on ferait venir un prêtre en même temps que le médecin, car il relève de l’extrême onction au moindre virus ou microbe qui passe. Mais il refuse l’intervention du prêtre et geint “laisse-moi tranquille éteints la lumière” d’un ton lugubre avant de plonger sous la couette.

Le gémissement lugubre (venant de sous la couette toujours) est son seul mode d’expression pendant tout le temps de la maladie et qui nous rassure quand on ouvre la porte de la chambre : il est toujours vivant. Par contre il faut faire taire les enfants (mission impossible), car le bruit le dérange dans sa méditation pré-mortem

Albert a une profonde aversion pour tout ce qui est médicament. Malgré son gabarit il prend de l’aspirine par quart de comprimé et renifle le verre dans lequel vous l’avez fait fondre avec suspiscion, ayant appris au cours de ses études à faire la différence d’un coup de narine entre la mort au rat, le cyanure, et le chlorure de potassium. Seules des gouttes inodores et sans saveur pourraient le berner, mais cela n’existe pas et c’est bien dommage, cela nous permettrait de le soigner en lui faisant son petit café.

Il se soigne avec un sirop (à la menthe et alcoolisé qui ressemble à un pousse café pour lequel je ne ferai pas de pub, détestant la menthe) et pas un autre, qu’il boit à la bouteille : cela lui donne l’impression de se soigner mieux et le rhume va lui très bien par contre, car la bouteille de sirop est un vrai bouillon de culture. Le grog lui plaît bien (sans eau, mais il veut bien une rondelle de citron pour désinfecter), le vin chaud aussi (avec de la canelle qui désinfecte aussi d’après lui). Une bonne suée c’est la preuve qu’il va bien.

S’il a été dans l’obligation absolue de prendre des antibiotiques (rhumatisme articulaire aigü faisant suite à une angine rouge soignée à coup de quart d’aspirine, ou abccès dans la gorge), il écoute avec attention le médecin lui expliquer pourquoi il faut continuer le traitement 10 jours, sans oublier une prise, et arrête ses cachets dès qu’il se sent mieux (le médecin étant comme nous, un âne).

Généralement il finit par avoir un streptoccoque ou un staphyloccoque (doré de préférence c’est plus chic), voire même les deux, et qui résistent à tout vu la manière dont il utilise les antibiotiques.

Mais comme il ne les voit pas, il n’y croit pas. Quand il les sent par contre, il agonise immédiatement.

Albert fuit comme la peste les prises de sang et autre joyeusetés. C’est le genre à se demander s’il va bien se marier vu qu’il y a une prise de sang à faire, alors que les bans sont publiés et le traiteur payé. S’il met les pieds dans un hôpital ou une clinique c’est pour y visiter un nouveau né et la maman. Et encore, l’odeur de l’hôpital le met au bord du malaise.

S’il consent un jour à se faire faire une prise de sang (une fois qu’il est tombé en catalepsie à la vue de la blouse blanche la laborantine peut exercer tout son art), il n’ira jamais chercher les résultats de peur que. La simple vision des résultats d’ailleurs, car on les lui donne, le rend malade car il n’y connaît absolument rien (et ne veut surtout pas savoir). Alors que tout est normal, il monte se coucher et se met à geindre parce qu’il a 5 millions de globules rouges et que c’est certainement trop.

D’abord demain il doit aller chez le dentiste. On n’ose l’imaginer s’avachissant dans le fauteuil et refusant d’ouvrir la bouche (ou la refermant comme Pulchérie, sur la main du dentise mordu grave). Il n’ira pas finalement, il sera mort avant.

C’est l’homme à qui il ne faut surtout pas confier un enfant malade : il ne le soignera JAMAIS.

Réédition du 27 septembre 2006

Posté le 28 février '11 par Calpurnia, dans Crise de nerf, Histoire de sorcière. 6 Commentaires.