J’ai donc commencé dans ma nouvelle boîte le 18 août dernier, cela fera un mois aujourd’hui…
Mon patron avait été très clair, vu la peste que tout le monde avait supporté pendant 7 ans, il prendrait ses précautions. Donc il était verbalement prévu un CDD de 3 mois, éventuellement renouvelable une fois, avant le contrat définitif.
Il s’est inquiété de ce contrat toute ma première semaine, le cabinet comptable l’a adressé à la comptable le vendredi 22 août par mail, en fin de journée. Il m’a donc précisé “on se voit lundi à ce sujet, avec Bénédicte” (Bénédicte est la comptable à mi-temps, qui me change beaucoup de la grosse truie violette de chez Truchon, je demande pardon à toutes les truies du monde…).
La deuxième semaine se passe : rien. Je n’entends même plus le mot “contrat” de temps à autre, chuchoté à voix basse alors que j’ai une ouïe fine comme pas possible comme dirait Mrs Bibelot, comme la première semaine. Je m’intègre bien, ça se passe bien, j’ai un peu la tête qui explose par moment, mais bon, je tiens le rythme. De temps à autre on me fait une gentille remarque.
Depuis que je suis là, le patron est beaucoup moins nerveux, les hommes du SAV aussi, et l’ambiance est bonne (il paraît que l’autre était une fouteuse de merde et que l’ambiance n’était bonne que quand elle était en congés). On retrouve les papiers, il y a un suivi, bref, tout va bien.
Troisième semaine, toujours pas question du contrat. Hors, je le sais, la signature d’un contrat de travail n’est nullement une obligation. J’ai une feuille de paye attestant de ma date d’entrée, et par défaut, sans contrat, je suis embauchée en CDI avec une période d’essai de 1 mois (puisque mon embauche date d’août, à partir de septembre c’est un mois de plus pour cadres et non cadres) éventuellement renouvelable, si l’on me précise qu’on la renouvelle.
Ca fait beaucoup et la semaine dernière j’ai commencé à cogiter.
- Je me tais, je ne dis rien et je laisse faire. Le 18 septembre je ferai officiellement définitivement partie de la boîte et il serait éventuellement obligé de procéder à un licenciement pour se débarrasser de moi
- Il s’aperçoit que je suis embauchée définitivement, et il m’en veut à mort de m’être tue : il pourra me pourrir la vie
- Il sait très bien ce qui se passe, mais il me teste pour voir si je suis honnête et s’y prendra à la dernière minute
Je cogite tout le WE et le lundi matin je lui demande gentiment où en est ce fameux contrat, parce que la loi dit que blabla, et que l’échéance approche blabla. Le but pour moi n’est pas d’être embauchée à tout prix et de piéger mon patron (exact). Il sourit, et me dit qu’on se voit le soir même ou le lendemain.
La comptable ne comprend rien à ce que je lui raconte, pour elle je suis en CDD. Il a été signé quand le contrat ? Elle ne comprend toujours pas, elle a bien remis au patron un CDD, donc je suis en CDD (ne cherchez pas à comprendre, elle est très comptable et effectivement elle est gentille, mais il y a des domaines qui lui échappent un peu totalement).
Le lundi il s’éclipse sans que nous n’ayons réglé le “problème”. Le mardi matin, et là, c’est le comble tout de même, je le relance sur le sujet. Il sourit à nouveau mais ne sera pas là de la journée. Ni quasi pas du mercredi, pas du tout le jeudi… Il peut placer la séance contrat pendant ses courtes présences, mais non…
Je me retrouve le cul entre deux chaises car j’ai deux options :
- Soit il est vraiment ringard sur le plan du droit du travail, ou envisage d’exiger de moi une signature anti-datée et là dire non me renverrait à la deuxième option “elle m’a piégé je la hais, je vais lui pourrir la vie”. D’un autre côté comme je lui ai parlé du problème, je pourrais lui rétorquer que je ne l’ai pas piégé du tout et que j’ai été vraiment TROP honnête.
- Soit finalement il trouve que je fais parfaitement l’affaire, et il n’en a rien à faire de signer des contrats, lui qui déteste ce genre de papiers.
Je m’en ouvre à celle qui m’a pistonnée pour rentrer, le mardi 16, qui retient elle, la deuxième option “je fais parfaitement l’affaire”. Un technicien arrivant sur le coup pour le traditionnel 50ème café de la journée est OK avec elle : je fais parfaitement l’affaire et l’ambiance est changée depuis que je suis là, parce qu’une seule personne peut suffire à la pourrir. Si le boss avait des doutes, il ne prendrait pas de risques, le risque qu’après tout, je refuse de signer de l’anti-daté.
Il me précise que je n’ai plus à revenir dessus : mon honnêteté n’est pas à remettre en question, je ne vais pas cavaler derrière le patron en exigeant un CDD ! Ce serait le comble tout de même, alors que tout le monde rêve de décrocher un CDI. D’autant que ma période d’essai est terminée en plus !
Donc voilà, pas de contrat de signé, un mois aujourd’hui, pas de précision de renouvellement de période d’essai. Et la comptable qui n’y comprend toujours rien… Le droit du travail et elle, c’est comme l’anglais et moi, ça fait 5 au minimum.
Mais cela me met mal à l’aise. Parce que pour le CDI, il était question d’un autre salaire… Et que ça, il va falloir vraiment qu’on en cause…
PS : me voilà encore plus à l’aise, avec ceci, envoyé par une copine juriste !
Ce qu’il faut retenir
Lorsqu’un salarié est embauché dans le cadre d’un CDI à temps complet, l’employeur n’a pas l’obligation d’établir un contrat de travail écrit.
Toutefois, si l’employeur souhaite que le salarié effectue une période d’essai il faut :
Un contrat de travail écrit
Une clause indiquant que le salarié est soumis à une période d’essai et précisant la durée de cette période d’essai.
En l’absence de contrat écrit, on considère que le salarié n’est pas soumis à une période d’essai et qu’il est définitivement embauché. De ce fait, si l’employeur souhaite rompre le contrat, il devra respecter les règles du licenciement.
Arrêt de la chambre sociale de la cour de cassation du 16 mai 2007 n° 06-40805
On connaît les arrêts soc-cass, il a pu y en avoir d’autres… Et puis ce n’est pas pour rien que je patauge dans la semoule, car ma lettre d’intention précisait finalement (car je l’avais lue en diagonale il était simplement important pour moi de l’avoir) :
“Nous vous informons blabla… à partir du 18 août blabla… Il vous sera proposé un contrat à durée indéterminée, avec une période d’essai, au salaire envisagé ensemble”
Du coup comme je suis le cul entre deux chaises, je vous quitte, ce n’est pas confortable…
Posté le 18 septembre '08 par Calpurnia, dans Je m'insurge. 8 Commentaires.
C’est bien d’elle de me téléphoner pour me percer le tympan gauche au son de “JE PARS A NEW YORK, TOUS FRAIS PAYES POUR 4 JOURS”. Alors qu’elle déteste téléphoner, msn c’est mieux, et puis ça fait gagner du temps…
Je ne sais même pas vraiment pourquoi on lui a offert ce voyage, je n’ai pas bien compris, parce qu’elle explique trop bien en règle générale… Je l’imagine déjà expliquant à son clone comment faire une division ou comment distinguer une amanite phalloïde d’un cèpe de Bordeaux…
Bref…
Pulchérie se tire à New York avec Deedee et Anne So dans le cadre d’une promotion pour un désodorisant à WC. Pour 4 jours. C’est clair : elle en gambadait à l’avance et a fait peur aux chats… Quant à prendre le taxi à 4 H 45 (du matin bien sûr) avec ses copines : même pas peur. C’est le chauffeur qui va se marrer…
Elle abandonne Vianney, j’hallucine que gendre n° 1 soit approbateur : on ne peut compter sur personne.
Ne connaissant pas personnellement Anne So, j’ai par contre écrit à Deedee de bien veiller sur ma fille, et que comment qu’elle doit regretter (Deedee) de m’avoir rencontrée un jour et de m’avoir révélé son vrai prénom, pour que je me permette de lui écrire que si Pulchérie prend l’ascenseur il faut la tenir à l’oeil et que si elle sort, il faut qu’elle fasse attention en traversant…
Ce que me chagrine le plus n’est pas que ma fille parte pour une ville dans laquelle il y a un sérial killer à chaque coin de rue (quoique…). Non, ce qui me chagrine, c’est qu’elle qu’elle prenne l’avion.
Si vous avez suivi, quand je dois prendre l’avion, je révise mon testament la veille. Et je regarde les étoiles, toujours la veille, en regrettant de devoir quitter un monde aussi beau.
Pulchérie s’est déjà barrée à Bali avec le gentil. Des heures d’avion, 3 vols à l’aller et au retour, j’en ai perdu 2 kg de peur. Delphine est sympa comme tout cette petite mignonne, elle ne prend que le métro. Encore que cela me stresse d’y penser parfois, vu qu’il y a des agresseurs et des attentats (parfaitement !) dans le métro. Je pensais être tranquille pour un moment avec Pulchérie, mais non, PAF ! elle part à New York. Pour y quoi faire d’ailleurs ? je m’interroge m’interroge. Tout ce que je sais, c’est que cela ne va pas être triste.
Vous allez me rétorquer que j’ai déjà pris l’avion. Oui. 50 fois très exactement. 50 décollages (je déteste, la poussée m’est très désagréable, j’ai bien fait de renoncer à faire pilote de chasse) et 50 atterrissages (j’adore). Sauf que moi je ne suis pas ma fille et que je prends l’avion si je veux. En lui léguant mes perles et à Delphine le piano (j’imagine toujours des chamailleries sur l’héritage de Mouth, notre pauvre mamounette qui aimait trop les voyages…).
Donc vous avez saisi le principe : si mes filles veulent prendre l’avion, elles me demandent l’autorisation. Même si elles sont majeures et vaccinées. C’est le moment de leur rappeler que les rappels ce n’est pas fait pour les chiens, même s’il s’agit d’une piqûre… (hein Delphine ? Pulchérie a été obligée pour aller à Bali, mais toi, pas d’excuses…)
Elles ne me demandent pas mon autorisation, n’ayant plus besoin de le faire, et sachant très bien que la réponse sera “non”. Pour le TGV je suis déjà limite, alors un long courrier… Donc je ne suis pas consultée. J’ai juste le droit de dire “super ma chérie ! je suis contente pour toi ! (pour moi, non…)
Entre son départ et l’E-mail qui me précisera (si elle y pense et rien n’est moins sûr, parfois elle a tout du piaf qui ne pense à rien, et surtout pas à sa mère, d’ailleurs elle l’avoue elle-même, mais je suis mauvaise langue, pour Bali, elle ne m’a pas oubliée) qu’elle est bien arrivée, je vais perdre de la graisse et des neurones.
Surtout des neurones d’ailleurs, je m’insurge, je m’insurge, je m’insurge… Mon père avait raison, quand on met au monde un enfant, puis deux, puis… on en prend pour perpète alors que l’on est théoriquement innocent…
QUELLE IDEE D’ALLER A NEW YORK ! HEIN ?
Des araignées dans ma salle de bain, cela ne suffisait pas, il fallait bien que le ciel trouve autre chose pour me glacer le sang. D’un autre côté ça tombait plutôt bien, il commence à faire trop chaud pour moi.
Vous avez bien entendu suivi avec passion mes histoires de courriers, que quand c’est mon bon nom cela part chez mon homonyme qui fait suivre son courrier, et que quand c’est le nom de Charles Hubert, ça part chez lui et qu’il piétine donc tout ce que m’envoient la sécu et le fisc.
3 mois quasiment sans courrier, cela m’a refilé un blues grave. Je suis donc allée souffler dans les poumons du receveur des PTT qui s’en fiche bien pas mal, et j’ai essayé de coincer tous mes facteurs qui n’en n’ont rien à battre non plus. La poste n’est vraiment plus ce qu’elle était et c’est franchement scandaleux. La prochaine fois que je vais souffler dans les poumons du receveur, je mange un big aïoli avant, on verra s’il se décide enfin à prendre mes problèmes au sérieux.
Me restait quelques lettres (un hasard) et les publicités habituelles que j’ai décidé de peser au jour le jour. Je vous annonce donc que nonobstant l’auto collant interdisant de déposer des pubs dans ma boite aux lettres, du 1er avril au 24 juin, il y a eu très exactement 4,760 kg de papier de gaspillé pour moi toute seule et que rapporté à l’ensemble de ma résidence cela doit représenter pas mal d’arbres. Je ne calcule pas pour la France entière, quand je dépasse le million ça ne représente plus rien pour moi. Mais je m’égare…
Le 24 juin au matin, j’ai ouvert machinalement ma boîte pour récupérer les publicités habituelles et là, horreur et stupéfaction : tout un tas de lettres, tout ce que je n’ai pas reçu en temps et en heure. J’ai cru à une blague mais un petit mot de mon homonyme m’a fait comprendre la situation.
Elle a bien reçu toutes mes lettres et elle m’en remercie d’ailleurs. Ce n’est pas par indiscrétion qu’elle a tout ouvert, mais parce que quand c’est dans sa boite c’est pour elle. Ca l’a bien étonnée : 1 : qu’on lui change parfois son prénom, 2 : d’avoir un compte au Crédit Vinicole et je devrais faire attention à mon solde au Crédit Bordelais qui a failli une fois lui flanquer une crise cardiaque avec 8 euros de découvert. Comme elle est sympa, quand elle a réalisé qu’elle recevait le courrier d’une autre, elle l’a gardé pour me le remettre lors de sa visite trimestrielle à sa fille. Elle ne la voit pas plus souvent parce qu’elle est chiante sa fille, et qu’à chacun sa croix n’est-ce pas ?
Je suis priée de faire quelque chose (mais quoi ?), car elle a autre chose à faire qu’à rendre à son facteur les lettres qui ne sont pas pour elle, qu’elle a d’ailleurs ouvertes, et que finalement c’est mon problème.
Son courrier suit pendant encore 3 mois. Elle gardera le mien et me le remettra dans 3 mois, quand elle viendra voir sa fille, si elle n’a pas rompu définitivement avec en la déshéritant au passage parce qu’une enfant qui ressemble à ce point là à son père ce n’est pas possible. Ah oui, elle a failli oublier de me le préciser, mais elle est divorcée…
Elle n’a pas signé “une amie qui vous veut du bien”, ne m’a pas précisé son adresse, ce qui fait que je ne peux pas lui écrire, lui envoyer des enveloppes de réexpédition pour qu’elle puisse m’adresser ce qu’elle ne manquera pas de recevoir pour moi… Bref, je suis toujours dans la merde.
Je n’ai plus qu’à prier pour qu’elle attende encore un peu avant de se brouiller avec sa fille et à m’embusquer tous les matins dans l’attente du facteur du jour pour devenir son pire cauchemar.
Je n’aime pas la paranoïa, mais il y a des moments où je suis tentée de me demander pourquoi ce genre de choses n’arrive qu’à moi dans la famille.
J’aurais pu en effet ne pas avoir d’homonyme qui fait suivre son courrier. Ou bien alors, cette femme aurait sonné pour me rencontrer et me remettre quasi 3 mois de factures et relevés de compte. J’aurais alors eu l’idée géniale de lui faire un thé et de lui demander où lui remettre des enveloppes de ré-expédition en la remerciant à l’avance de les utiliser.
Mais non. Basta. La poste est une merde infâme et mon homonyme une abrutie de première.
La vie n’est qu’un long calvaire.
Soyez sympas, soyez de bons consommateurs. De toutes manières, contraints et forcés, nous devons bien consommer sous peine de mourir de faim.
Pour nous faire passer la pilule et les prix parfois astronomiques, les vendeurs ne nous vendent plus de quoi ne pas mourir de faim mais d’autres trucs vachement chouettes, que s’en passer c’est ridicule.
J’ai donc fait l’inventaire de mon caddy et je suis plutôt contente de moi.
- Pour commencer, je me suis arrêtée à une sandwicherie pour m’acheter, non pas le traditionnel sandwich au thon/mayonnaise/salade du plein du lundi midi (désormais), mais DES OMEGAS 3. J’ai entendu mes artères me dire “merci” et j’ai répondu “pas de quoi”
- J’ai cherché et trouvé des yahourts ANTI RIDES. Il fallait la trouver celle-là, mais ils l’ont fait. Je me suis rabattue sur des yahourts ordinaires, parce que le prix des anti rides c’est carrément de l’arnaque. Et en voiture, au retour, ma peau s’est mise à tirailler, les imbéciles comme moi n’ont que ce qu’ils méritent.
- Pour continuer au rayon laiterie, j’ai pris des petites fioles qui AIDENT A AUGMENTER NOS DEFENSES IMMUNITAIRES et mon cul ce n’est pas du poulet. J’en prends tout bêtement parce que j’aime ça, si mon intestin me dit merci au passage, je lui dirais “pas de quoi”. Et puis j’ai un peu l’impression finalement que ça me vaccine. Pas contre la connerie des autres par contre, et c’est giga dommage.
- En ce qui concerne le chocolat, c’était écrit en tout petit alors qu’il faudrait être mieux informés que ça, mais ce n’est plus du chocolat, c’est un astucieux mélange de magnésium et de sérotonine, l’anti dépresseur idéal. J’ai fait le plein, parce que bientôt cela risque d’être délivré uniquement sur ordonnance, on ne se méfie jamais assez.
- J’ai pris de la vitame A et du carotène dissimulés dans des carottes, et de l’acide folique injecté dans des choux fleurs.
- Manquant d’anti oxydants, j’ai repris des oignons et des échalotes. Je ne vois même pas pourquoi on leur donne encore leur nom à ces trucs là.
- Au passage, j’ai pris de l’ail pour la circulation du sang et du persil pour l’haleine, l’un n’allant pas sans l’autre mais bon, les principes actifs ne se contrarient pas.
- Et puis pour la première fois depuis un petit moment j’ai pris un pot de, comment on dit déjà ? En fait c’est de l’énergie équilibrée à base de noisettes, l’idéal, c’est grâce à cela pris au petit déjeuner que les bleus ont été au maximum de leur forme pour l’Euro 2008. Je ne fais pas de foot, mais cela peut peut-être m’aider à ne plus comater au réveil. J’ai pensé à leur entraîneur qui ne devait pas en prendre lui et que comment que c’est bien fait pour lui.
- Je ne bois plus de lait, mais exclusivement du calcium. C’est meilleur. J’en ai pris pour la semaine, j’ai peur de perdre un os.
- J’ai tout de même snobé les yahourts qu’on ne peux manger qu’avec une paille : ils ont oublié de dire que boire ou manger à la paille peut donner de l’aérophagie. Et j’ai snobé aussi la crème du mont Ventoux chocolat ou vanille, parce que rien que d’évoquer la pub et la voix atroce du gamin, j’étais au bord d’une crise d’urticaire géant.
- Pour éviter l’engorgement de mes artères et du reste, je me suis précipitée sur la margarine XY qui fait baisser le taux de cholestérol. Ce n’est pas que j’en ai de trop, mais justement, je ne veux pas que mon taux grimpe. J’ai regardé avec mépris les andouilles prenant de la vitamine A enrobée de cholestérol, dans du beurre.
- Pour l’huile, j’ai pris des acides gras insaturés, ou mono saturés, ou saturés. En fait c’est moi qui sature. C’est précisé dessus quand c’est meilleur pour nous, je fais confiance. Cette utile précision aide à faire passer le taux diabolique de calories de ce truc là.
- Je ne bois pas de jus de fruit et je me suis dit que j’avais tort, car je me prive de tout plein de vitamines de la A à la Z. S’ils le pouvaient ils en inventeraient des supplémentaires de vitamines, les marchands de médicaments.
- En ce qui concerne la flotte, je me suis privée une fois de plus du calcium, du magnésium, du manganèse et d’autres trucs super chouettes pour fatiguer les reins, le pire étant la trèxcon qui fait pisser, tellement que nos reins essayent de nous débarrasser des sulfates.
Désormais nous ne mangeons plus. Nous rajeunissons, nous repulpons, nous vitaminons, nous omégatons, vidangeons nos artères, et anti déprimons. Pour digérer le passage à la caisse il faudrait par contre ingurgiter environ 1 kg de sérotonine et de magnésium et un beau jour on trouvera que le surpoids, ça déprime…
J’attends le slogan publicitaire qui dira “avec les yahourts machin, la vie cessera d’être un long calvaire !” (Idée déposée à la société des auteurs).
J’ai la chance extrêêêême d’habiter un parc naturel régional plutôt sympa.
Nombreux sont ceux qui profitent de ce parc naturel régional et particulièrement les cyclistes dès que le soleil montre son nez (autant vous dire que durant l’été 2007 nous avons eu une paix royale).
Vous allez dire que je suis une râleuse impénitente, une rouspéteuse incorrigible, une emmerdeuse de première (pas faux !). Mais je HAIS les cyclistes, particulièrement le week-end.
Déjà au départ le vélo et moi on fait 5. J’en ai trop bavé à remonter la pente pour revenir du lycée au home sweet home douillet. Ah, pour y aller au lycée, c’était facile : cela descendait injustement tout le temps. J’en ai trop bavé pour me payer la mobylette que papa me refusait (tu as des mollets, à toi de t’en servir). J’en ai trop bavé de mes hanches dont le médecin déclara un jour à Jean-Poirotte et Mrs Bibelot que le vélo était très mauvais pour elles (et j’ai eu ma mobylettei).
Oh, j’ai le droit de pédaler. Sur du plat exclusivement et il est très rare de pouvoir faire 60 bornes sur du plat exclusif (surtout dans mon coin). Enfin en gros, je n’aime pas le vélo. Regarder mon père avachi étendu avec grâce sur son canapé à contempler le tour de France me flanque de l’urticaire. Bref.
Je n’en reste pas moins tolérante. Si ceux qui aiment le vélo veulent pédaler, c’est leur problème, sauf que sur les petites routes de campagne, cela devient rapidement le mien également.
-
Ils roulent de front. C’est interdit par la loi. Si si, à moins d’une autorisation préfectorale (comme pendant le tour de France) et de la police les suivant. 2 qui roulent de front et se rabattent en vous entendant arriver devient une denrée rare. C’est pourtant la première chose que j’ai appris à mes filles. Rouler de front quand il n’y a personne, sinon, prendre sa portion de bitume et n’emmerder personne (d’ailleurs c’est la loi : n’emmerder personne)
-
Comme ils roulent de front, on ne peut pas les doubler. Ce n’est pas que je sois spécialement pressée le WE, mais quand je sais que je vais me cogner le peloton pendant 12 bornes, je deviens très grossière.
-
Parce que très souvent, ils roulent tous en peloton, se prenant pour le tour de France, avec tous le même maillot “France bleue Mayenne”. Ils sont tellement en peloton d’ailleurs que les doubler est impossible et que les croiser relève en plus de la haute voltige (avec suite et fin dans le fossé)
-
On les klaxonne pour leur demander le passage : que n’avons nous pas fait là ? La route est à eux, elle leur appartient. Ils se regroupent encore plus pour bloquer définitivement le passage.
-
Le peloton passe à vitesse grand V au stop. Les cyclistes s’arrêter au stop ? Vous rêvez vous !!! Le code de la route est pourtant autant pour eux que pour les motards (en règle générale). Les feux rouges, connaissent pas non plus. L’automobiliste derrière respecte le stop, puis le feu rouge, mais hélas, il retrouvera le peloton d’ici peu.
Quand on suit un peloton pendant un nombre respectable de km (pas de bol), non seulement la vie n’est qu’un long calvaire, mais en plus on devient un tueur en puissance. Comment qu’on les écraserait tous et dieu reconnaîtra les siens…
D’ailleurs c’est simple, par chez moi, nombre d’automobilistes règlent leurs laves-vitres de manière à les arroser en les doublant. Moi j’avais dressé les filles (parfaitement), avant que la ceinture à l’arrière ne soit obligatoire, pour qu’elles leur fasse les pires grimaces quand j’avais enfin réussi à les doubler. Et puis vicieuse, j’écrasais sur le frein, mais jamais assez pour les laisser me doubler, mais pour qu’ils profitent bien des grimaces des filles. Enfin bref, je leur pourrissais la vie dès que c’était mon tour (donc je ne pénalisais jamais les rares gentlemen de la pédale, respectueux du code de la route)
Nous pourrir la vie, c’est ce qu’ils font. Le gentleman cycliste, par ici, on ne connait pas… Et c’est l’emmerdeur de première du dimanche matin, qui au volant de sa voiture va pester contre la personne qui va faire ses courses en vélo, ne bloque pas la route, mais l’empêche de doubler dans une côte, en plein virage…
Il y a trop de temps à vivre dans notre vie, pour les passer tous en revue. Il y a malgré tout le temps où il faut tourner la page, il y a le temps où il faut regarder devant et non derrière, il y a le temps du souvenir qu’il faut laisser mourir. Non pas oublier, mais se rappeler sans amertume et sans larmes. Il y a le temps de la sagesse qui doit venir.
Qui étais-tu petite ? Et quelle était ta destinée ? Elle était écrite dès ta naissance, comme pour chacun d’entre nous, mais personne n’aurait pu y croire… C’est à cause de destinées comme la tienne qu’il vaut mieux ne pas savoir. Que c’est une bénédiction de ne pas savoir.
Les parents imaginent toujours pour leurs enfants, comme un chemin parsemé ça et là de cailloux blessants, mais un chemin qui va le plus loin possible, vers de lointains paysages. Tu devais contempler de ton regard bleu les vertes prairies, les torrents impétueux, les étoiles brillantes, les forêts enchantées. Tu avais devant toi un long chemin, des enfants à venir, des souvenirs à engranger, des amours à pleurer, des amours à aimer.
Pourquoi ta destinée était-elle finalement de laisser une plaie béante dans le coeur de ceux qui t’aimaient ? Pourquoi devais-tu laisser tes parents suffoqués par le chagrin, étouffés de larmes, pleurant silencieusement au coeur de toutes les nuits trop noires, après toi ? Pourquoi ta destinée était-elle de changer certains regards pour toujours et à jamais ? Les destins restent muets, sans doute honteux, et toi, tu ne savais pas pourquoi… Tu ne le voulais pas ce pourquoi, tu ne la voulais pas ta destinée. Tu ne l’avais pas choisie, car nous la subissons tous.
Pourquoi 5 syllabes ont-elles suffit à tout changer ?
Leucémie aigüe. Tu étais née trop tôt après la guerre pour qu’il subsiste le plus petit espoir qui existe désormais, même si parfois on l’oublie. A l’époque de l’annonce faite à tes parents, 100 % de décès, c’était la règle, le même taux de mortalité qu’avec la rage. Aujourd’hui peut-être aurais-tu une chance, même infime, malgré tout un espoir vrai.
Tu n’avais que 3 ans et juste 2 années encore à vivre, brûlée de rayons, gonflée des médicaments du dernier espoir, de l’ultime tentative, bourgeonnant de tests de la dernière chance que personne ne voulait t’infliger, ni te refuser, souffrant sans comprendre, aimant encore rire avec ta soeur et votre langage secret, et faire des farces. 2 années à avoir toutes les maladies, toujours quelque chose de forcément terrible pour toi. 2 années d’espoirs vains mais ne voulant pas mourir. 2 années à ne rien, ne surtout rien te dire, à t’imaginer de méchants contes et d’affreuses sorcières pour t’expliquer tes misères et tes gros malheurs. 2 années pour toi à parfois exiger de dormir avec ton reflet, ta jumelle, comme si elle pouvait te transfuser la vie non menacée qu’elle portait. 2 années à rejeter ta mère pour te blottir contre celle avec laquelle tu avais partagé 8 mois de vie et d’espérance de devenir. 2 années pendant lesquelles finalement tu savais… Et c’est cela le plus atroce.
L’hôpital était devenu ta promenade habituelle, l’endroit où ta mère t’emmenait en perdant dès la veille un kg de larmes et de perte d’appétit. Les prises de sang te faisaient toujours pleurer, les ponctions lombaires aussi. On te disait courageuse, mais le courage c’est affronter ce que l’on comprend, et toi tu ne comprenais pas. C’était juste ton innocence et ton amour de la vie que l’on perçait avec des aiguilles ou des trocarts inhumains, devant une mère paralysée par ta souffrance. Un simple rhume te repoussait aux frontières de la vie, une grippe n’était pas envisageable, une rougeole pouvait te tuer. Tout le monde était vacciné contre tout ce qu’il était possible de t’apporter risquant de te tuer.
Il y a eu cette nuit où la médecine t’a réanimée sous les yeux de tes parents qui ne pouvaient même plus pleurer. Et puis 3 jours plus tard, il y a eu ton départ, et une famille à jamais endeuillée, se demandant le pourquoi de 3 nuits plus tôt, et pourquoi ne pas t’avoir épargné 3 jours de souffrances qui faisaient taire ton babillage. Il y a eu deux personnes qui plus jamais n’ont pleuré après toi. Il y a eu tes frères et soeurs à jamais coupables d’avoir survécu. Il y a eu ce jour sombre et pourtant si ensoleillé où l’on t’a emmenée vers ta dernière demeure, cette tombe restée volontairement sans croix, sans pierre gravée, ce petit monticule de terre sous lequel tu repose depuis 45 ans…
Quand on le regarde ce petit monticule, il y a l’image insoutenable du fin squelette que tu es devenue sous cette terre mangeuse de chair, la négation absolue de la mort, que nous portons en nous. Et puis on ferme les yeux pour mieux penser à toi, et il y a les enfants que tu n’as pas eus, les amours que tu n’as pas vécues, les forêts enchantées que tu n’as pas parcourues, toute une vie que tu n’as pas vécue mais que tu aurais pu vivre sans parcourir des chemins forcément différents pour tous.
Et maintenant le temps rapproche de toi ceux qui t’aimaient, et se profile le jour où tu les accueilleras dans ce quelque part que nous n’imaginons pas et parfois en lequel nous ne croyons pas. Enfin tu seras victorieuse, quoique sans joie. Et le temps comble le fossé de ton absence, de chairs pouvant encore attendre, d’âmes perdues par le manque de mémoire, d’accidentés partis trop tôt…
A jamais et pour toujours pourtant, il y a tes grands yeux bleus qui ne comprennent pas, tes tresses blondes dont la lumière semble soufflée, éteinte, par la maladie. Et pour ceux qui restent, il y a du chagrin, de la peine à croire en une entité d’amour et de justice, un refus souvent, de rentrer seulement dans une maison du culte. Pour encore longtemps, il y aura des fleurs poussant comme seules sur ta tombe, abreuvées malgré tout des larmes de ceux qui silencieusement, en douce, avec culpabilité, viennent de temps à autre te rendre visite, en s’excusant de vivre.
Et il y a toujours la survie de l’espoir, pour ceux qui t’ont mise au monde, et espèrent envers et contre tous, envers et contre eux-mêmes, malgré ce en quoi ils ne croient pas, malgré tout…
Il y a ce moment qui viendra fatalement, où tu les attendras, tes petites mains ouvertes se tendant vers eux en criant “papa ! maman !” de ta voix à jamais enfantine et enfin joyeuse. Tu sentiras le bébé trop aimé et le soleil qui ne brûle pas et non plus le désinfectant honni. Tu chanteras les comptines qui t’ont été refusées mais qu’ils ont tout de même chantées pour toi, et tu aimeras trop fort ceux qui sont nés après toi dont tu diras que tu les protège. Et tu mettras tes petits bras autour du cou de ceux qui ont tant à t’apprendre même si tu as tout compris, tu pourras leur dire que tu les aime tellement fort que tu peux enfin accepter de mourir, et que ce n’était pas la peine qu’ils souffrent autant… Tout le monde pleurera, mais enfin de joie, là où tu les attends.
Ils le savent, c’est une certitude pour eux : tes yeux seront bien d’azur, et tes nattes dansant dans ce paradis fait pour toi et pour eux, auront la blondeur rayonnante de l’enfance et de l’espoir. Dans l’au-delà où, ils y croient très fort malgré eux, tu les attends, tu seras vivante pour toujours et à jamais indemne et heureuse enfin, fleurant bon l’amour, l’avenir et le bonheur sans nom. Et les rides du chagrin s’effaceront, et les sourires refleuriront, et les regards redeviendront purs et sans larmes.
Il fallait le dire, mais le dire enfin, c’était le dire vraiment. A celle qui restera pour toujours l’éternelle enfant victime d’une injustice affreuse, pendant que nous vieillissons petit à petit pour aller la rejoindre…
Adieu petite…
1958 - 20 juin 1963
Je m’étonne moi-même, il me semblait avoir parlé heure d’été/heure d’hiver plus souvent que ça sur mon blog.
Quel manque de discernement :
-
Mars 2006 : mon blog n’existait pas et n’était même pas en gestation
-
Octobre 2006 : théoriquement j’ai dû écrire que j’étais ravie de passer à l’heure d’hiver : je ne retrouve pas (si j’avais dû être chercheuse ça se saurait).
-
Mars 2007 : je me suis insurgée (ici)
-
Octobre 2007 : théoriquement j’ai dû en parler, mais bon vu l’époque… Je ne retrouve pas (je cherche très mal)
Donc aujourd’hui je m’insurge à nouveau. Ce n’est pas tant l’heure de sommeil en moins (n’avons qu’à nous coucher plus tôt), que les perturbations que j’enregistre sur mon organisme à long terme. L’heure d’été je ne m’y fais jamais, c’est comme ça depuis son instauration.
Ce n’est pas tant l’heure de sommeil en moins qui se répercute pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines pour certains. Comme je ne travaille pas, le lever ne sera pas un problème, mais je ne suis pas seule au monde et certains sont perturbés pendant pas mal de temps. C’est mortel quand les enfants sont petits et naturellement matinaux.
C’est le principe qui me hérisse : des technocrates très intelligents ont décrété un beau jour qu’avoir deux heures d’avance sur le soleil l’été aurait pour résultat des économies d’énergie (oui parce que l’hiver nous avons une heure d’avance déjà, je vous le répète, les sorcières ça gagate).
Quasiment tous les ans, nos économies d’énergie vont se répandre sur un littoral quelconque. De plus, il est prouvé que ces économies c’est de la daube et que les méfaits de l’heure d’été sont supérieurs aux bénéfices (c’est dans mon premier article sur l’heure d’été, et vous trouverez de quoi vous repaître si comme moi vous êtes contre, sur Internett).
Mais bon, fi des études les plus sérieuses possibles. C’est programmé jusqu’en 2012, donc nous subirons jusqu’en 2012, après on replongera sans doute…
Et ne comptez pas sur les technocrates très intelligents pour se pencher à nouveau sur le problème : ils ont d’autres chats à fouetter et d’autres conneries à nous concocter, sans jamais nous demander notre avis. C’est bon pour vous, puisqu’on vous le dit…
Et n’oubliez pas d’avancer vos pendules d’une heure (et non pas de les retarder d’une heure, là c’est quand on dort une heure de +). Et préparez-vous à passer un dimanche qui va défiler à toute allure. Ca aussi c’est ignoble, cette sensation que le temps passe trop vite…