Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

'Je m'insurge'

Merci de bien faire vos courses, comme moi.

Soyez sympas, soyez de bons consommateurs. De toutes manières, contraints et forcés, nous devons bien consommer sous peine de mourir de faim.

Pour nous faire passer la pilule et les prix parfois astronomiques, les vendeurs ne nous vendent plus de quoi ne pas mourir de faim mais d’autres trucs vachement chouettes, que s’en passer c’est ridicule.

J’ai donc fait l’inventaire de mon caddy et je suis plutôt contente de moi.

  • Pour commencer, je me suis arrêtée à une sandwicherie pour m’acheter, non pas le traditionnel sandwich au thon/mayonnaise/salade du plein du lundi midi (désormais), mais DES OMEGAS 3. J’ai entendu mes artères me dire “merci” et j’ai répondu “pas de quoi”
  • J’ai cherché et trouvé des yahourts ANTI RIDES. Il fallait la trouver celle-là, mais ils l’ont fait. Je me suis rabattue sur des yahourts ordinaires, parce que le prix des anti rides c’est carrément de l’arnaque. Et en voiture, au retour, ma peau s’est mise à tirailler, les imbéciles comme moi n’ont que ce qu’ils méritent.
  • Pour continuer au rayon laiterie, j’ai pris des petites fioles qui AIDENT A AUGMENTER NOS DEFENSES IMMUNITAIRES et mon cul ce n’est pas du poulet. J’en prends tout bêtement parce que j’aime ça, si mon intestin me dit merci au passage, je lui dirais “pas de quoi”. Et puis j’ai un peu l’impression finalement que ça me vaccine. Pas contre la connerie des autres par contre, et c’est giga dommage.
  • En ce qui concerne le chocolat, c’était écrit en tout petit alors qu’il faudrait être mieux informés que ça, mais ce n’est plus du chocolat, c’est un astucieux mélange de magnésium et de sérotonine, l’anti dépresseur idéal. J’ai fait le plein, parce que bientôt cela risque d’être délivré uniquement sur ordonnance, on ne se méfie jamais assez.
  • J’ai pris de la vitame A et du carotène dissimulés dans des carottes, et de l’acide folique injecté dans des choux fleurs.
  • Manquant d’anti oxydants, j’ai repris des oignons et des échalotes. Je ne vois même pas pourquoi on leur donne encore leur nom à ces trucs là.
  • Au passage, j’ai pris de l’ail pour la circulation du sang et du persil pour l’haleine, l’un n’allant pas sans l’autre mais bon, les principes actifs ne se contrarient pas.
  • Et puis pour la première fois depuis un petit moment j’ai pris un pot de, comment on dit déjà ? En fait c’est de l’énergie équilibrée à base de noisettes, l’idéal, c’est grâce à cela pris au petit déjeuner que les bleus ont été au maximum de leur forme pour l’Euro 2008. Je ne fais pas de foot, mais cela peut peut-être m’aider à ne plus comater au réveil. J’ai pensé à leur entraîneur qui ne devait pas en prendre lui et que comment que c’est bien fait pour lui.
  • Je ne bois plus de lait, mais exclusivement du calcium. C’est meilleur. J’en ai pris pour la semaine, j’ai peur de perdre un os.
  • J’ai tout de même snobé les yahourts qu’on ne peux manger qu’avec une paille : ils ont oublié de dire que boire ou manger à la paille peut donner de l’aérophagie. Et j’ai snobé aussi la crème du mont Ventoux chocolat ou vanille, parce que rien que d’évoquer la pub et la voix atroce du gamin, j’étais au bord d’une crise d’urticaire géant.
  • Pour éviter l’engorgement de mes artères et du reste, je me suis précipitée sur la margarine XY qui fait baisser le taux de cholestérol. Ce n’est pas que j’en ai de trop, mais justement, je ne veux pas que mon taux grimpe. J’ai regardé avec mépris les andouilles prenant de la vitamine A enrobée de cholestérol, dans du beurre.
  • Pour l’huile, j’ai pris des acides gras insaturés, ou mono saturés, ou saturés. En fait c’est moi qui sature. C’est précisé dessus quand c’est meilleur pour nous, je fais confiance. Cette utile précision aide à faire passer le taux diabolique de calories de ce truc là.
  • Je ne bois pas de jus de fruit et je me suis dit que j’avais tort, car je me prive de tout plein de vitamines de la A à la Z. S’ils le pouvaient ils en inventeraient des supplémentaires de vitamines, les marchands de médicaments.
  • En ce qui concerne la flotte, je me suis privée une fois de plus du calcium, du magnésium, du manganèse et d’autres trucs super chouettes pour fatiguer les reins, le pire étant la trèxcon qui fait pisser, tellement que nos reins essayent de nous débarrasser des sulfates.

Désormais nous ne mangeons plus. Nous rajeunissons, nous repulpons, nous vitaminons, nous omégatons, vidangeons nos artères, et anti déprimons. Pour digérer le passage à la caisse il faudrait par contre ingurgiter environ 1 kg de sérotonine et de magnésium et un beau jour on trouvera que le surpoids, ça déprime…

J’attends le slogan publicitaire qui dira “avec les yahourts machin, la vie cessera d’être un long calvaire !” (Idée déposée à la société des auteurs).

Posté le 25 juin '08 par Calpurnia, dans Dans la série Diabolique, Je m'insurge. 10 Commentaires.

Les cyclistes

J’ai la chance extrêêêême d’habiter un parc naturel régional plutôt sympa.

Nombreux sont ceux qui profitent de ce parc naturel régional et particulièrement les cyclistes dès que le soleil montre son nez (autant vous dire que durant l’été 2007 nous avons eu une paix royale).

Vous allez dire que je suis une râleuse impénitente, une rouspéteuse incorrigible, une emmerdeuse de première (pas faux !). Mais je HAIS les cyclistes, particulièrement le week-end.

Déjà au départ le vélo et moi on fait 5. J’en ai trop bavé à remonter la pente pour revenir du lycée au home sweet home douillet. Ah, pour y aller au lycée, c’était facile : cela descendait injustement tout le temps. J’en ai trop bavé pour me payer la mobylette que papa me refusait (tu as des mollets, à toi de t’en servir). J’en ai trop bavé de mes hanches dont le médecin déclara un jour à Jean-Poirotte et Mrs Bibelot que le vélo était très mauvais pour elles (et j’ai eu ma mobylettei).

Oh, j’ai le droit de pédaler. Sur du plat exclusivement et il est très rare de pouvoir faire 60 bornes sur du plat exclusif (surtout dans mon coin). Enfin en gros, je n’aime pas le vélo. Regarder mon père avachi étendu avec grâce sur son canapé à contempler le tour de France me flanque de l’urticaire. Bref.

Je n’en reste pas moins tolérante. Si ceux qui aiment le vélo veulent pédaler, c’est leur problème, sauf que sur les petites routes de campagne, cela devient rapidement le mien également.

  • Ils roulent de front. C’est interdit par la loi. Si si, à moins d’une autorisation préfectorale (comme pendant le tour de France) et de la police les suivant. 2 qui roulent de front et se rabattent en vous entendant arriver devient une denrée rare. C’est pourtant la première chose que j’ai appris à mes filles. Rouler de front quand il n’y a personne, sinon, prendre sa portion de bitume et n’emmerder personne (d’ailleurs c’est la loi : n’emmerder personne)

  • Comme ils roulent de front, on ne peut pas les doubler. Ce n’est pas que je sois spécialement pressée le WE, mais quand je sais que je vais me cogner le peloton pendant 12 bornes, je deviens très grossière.

  • Parce que très souvent, ils roulent tous en peloton, se prenant pour le tour de France, avec tous le même maillot “France bleue Mayenne”. Ils sont tellement en peloton d’ailleurs que les doubler est impossible et que les croiser relève en plus de la haute voltige (avec suite et fin dans le fossé)

  • On les klaxonne pour leur demander le passage : que n’avons nous pas fait là ? La route est à eux, elle leur appartient. Ils se regroupent encore plus pour bloquer définitivement le passage.

  • Le peloton passe à vitesse grand V au stop. Les cyclistes s’arrêter au stop ? Vous rêvez vous !!! Le code de la route est pourtant autant pour eux que pour les motards (en règle générale). Les feux rouges, connaissent pas non plus. L’automobiliste derrière respecte le stop, puis le feu rouge, mais hélas, il retrouvera le peloton d’ici peu.

Quand on suit un peloton pendant un nombre respectable de km (pas de bol), non seulement la vie n’est qu’un long calvaire, mais en plus on devient un tueur en puissance. Comment qu’on les écraserait tous et dieu reconnaîtra les siens…

D’ailleurs c’est simple, par chez moi, nombre d’automobilistes règlent leurs laves-vitres de manière à les arroser en les doublant. Moi j’avais dressé les filles (parfaitement), avant que la ceinture à l’arrière ne soit obligatoire, pour qu’elles leur fasse les pires grimaces quand j’avais enfin réussi à les doubler. Et puis vicieuse, j’écrasais sur le frein, mais jamais assez pour les laisser me doubler, mais pour qu’ils profitent bien des grimaces des filles. Enfin bref, je leur pourrissais la vie dès que c’était mon tour (donc je ne pénalisais jamais les rares gentlemen de la pédale, respectueux du code de la route)

Nous pourrir la vie, c’est ce qu’ils font. Le gentleman cycliste, par ici, on ne connait pas… Et c’est l’emmerdeur de première du dimanche matin, qui au volant de sa voiture va pester contre la personne qui va faire ses courses en vélo, ne bloque pas la route, mais l’empêche de doubler dans une côte, en plein virage…

Posté le 22 juin '08 par Calpurnia, dans Je m'insurge. 17 Commentaires.

Un temps pour tout…

Il y a trop de temps à vivre dans notre vie, pour les passer tous en revue. Il y a malgré tout le temps où il faut tourner la page, il y a le temps où il faut regarder devant et non derrière, il y a le temps du souvenir qu’il faut laisser mourir. Non pas oublier, mais se rappeler sans amertume et sans larmes. Il y a le temps de la sagesse qui doit venir.

Qui étais-tu petite ? Et quelle était ta destinée ? Elle était écrite dès ta naissance, comme pour chacun d’entre nous, mais personne n’aurait pu y croire… C’est à cause de destinées comme la tienne qu’il vaut mieux ne pas savoir. Que c’est une bénédiction de ne pas savoir.

Les parents imaginent toujours pour leurs enfants, comme un chemin parsemé ça et là de cailloux blessants, mais un chemin qui va le plus loin possible, vers de lointains paysages. Tu devais contempler de ton regard bleu les vertes prairies, les torrents impétueux, les étoiles brillantes, les forêts enchantées. Tu avais devant toi un long chemin, des enfants à venir, des souvenirs à engranger, des amours à pleurer, des amours à aimer.

Pourquoi ta destinée était-elle finalement de laisser une plaie béante dans le coeur de ceux qui t’aimaient ? Pourquoi devais-tu laisser tes parents suffoqués par le chagrin, étouffés de larmes, pleurant silencieusement au coeur de toutes les nuits trop noires, après toi ? Pourquoi ta destinée était-elle de changer certains regards pour toujours et à jamais ? Les destins restent muets, sans doute honteux, et toi, tu ne savais pas pourquoi… Tu ne le voulais pas ce pourquoi, tu ne la voulais pas ta destinée. Tu ne l’avais pas choisie, car nous la subissons tous.

Pourquoi 5 syllabes ont-elles suffit à tout changer ?

Leucémie aigüe. Tu étais née trop tôt après la guerre pour qu’il subsiste le plus petit espoir qui existe désormais, même si parfois on l’oublie. A l’époque de l’annonce faite à tes parents, 100 % de décès, c’était la règle, le même taux de mortalité qu’avec la rage. Aujourd’hui peut-être aurais-tu une chance, même infime, malgré tout un espoir vrai.

Tu n’avais que 3 ans et juste 2 années encore à vivre, brûlée de rayons, gonflée des médicaments du dernier espoir, de l’ultime tentative, bourgeonnant de tests de la dernière chance que personne ne voulait t’infliger, ni te refuser, souffrant sans comprendre, aimant encore rire avec ta soeur et votre langage secret, et faire des farces. 2 années à avoir toutes les maladies, toujours quelque chose de forcément terrible pour toi. 2 années d’espoirs vains mais ne voulant pas mourir. 2 années à ne rien, ne surtout rien te dire, à t’imaginer de méchants contes et d’affreuses sorcières pour t’expliquer tes misères et tes gros malheurs. 2 années pour toi à parfois exiger de dormir avec ton reflet, ta jumelle, comme si elle pouvait te transfuser la vie non menacée qu’elle portait. 2 années à rejeter ta mère pour te blottir contre celle avec laquelle tu avais partagé 8 mois de vie et d’espérance de devenir. 2 années pendant lesquelles finalement tu savais… Et c’est cela le plus atroce.

L’hôpital était devenu ta promenade habituelle, l’endroit où ta mère t’emmenait en perdant dès la veille un kg de larmes et de perte d’appétit. Les prises de sang te faisaient toujours pleurer, les ponctions lombaires aussi. On te disait courageuse, mais le courage c’est affronter ce que l’on comprend, et toi tu ne comprenais pas. C’était juste ton innocence et ton amour de la vie que l’on perçait avec des aiguilles ou des trocarts inhumains, devant une mère paralysée par ta souffrance. Un simple rhume te repoussait aux frontières de la vie, une grippe n’était pas envisageable, une rougeole pouvait te tuer. Tout le monde était vacciné contre tout ce qu’il était possible de t’apporter risquant de te tuer.

Il y a eu cette nuit où la médecine t’a réanimée sous les yeux de tes parents qui ne pouvaient même plus pleurer. Et puis 3 jours plus tard, il y a eu ton départ, et une famille à jamais endeuillée, se demandant le pourquoi de 3 nuits plus tôt, et pourquoi ne pas t’avoir épargné 3 jours de souffrances qui faisaient taire ton babillage. Il y a eu deux personnes qui plus jamais n’ont pleuré après toi. Il y a eu tes frères et soeurs à jamais coupables d’avoir survécu. Il y a eu ce jour sombre et pourtant si ensoleillé où l’on t’a emmenée vers ta dernière demeure, cette tombe restée volontairement sans croix, sans pierre gravée, ce petit monticule de terre sous lequel tu repose depuis 45 ans…

Quand on le regarde ce petit monticule, il y a l’image insoutenable du fin squelette que tu es devenue sous cette terre mangeuse de chair, la négation absolue de la mort, que nous portons en nous. Et puis on ferme les yeux pour mieux penser à toi, et il y a les enfants que tu n’as pas eus, les amours que tu n’as pas vécues, les forêts enchantées que tu n’as pas parcourues, toute une vie que tu n’as pas vécue mais que tu aurais pu vivre sans parcourir des chemins forcément différents pour tous.

Et maintenant le temps rapproche de toi ceux qui t’aimaient, et se profile le jour où tu les accueilleras dans ce quelque part que nous n’imaginons pas et parfois en lequel nous ne croyons pas. Enfin tu seras victorieuse, quoique sans joie. Et le temps comble le fossé de ton absence, de chairs pouvant encore attendre, d’âmes perdues par le manque de mémoire, d’accidentés partis trop tôt…

A jamais et pour toujours pourtant, il y a tes grands yeux bleus qui ne comprennent pas, tes tresses blondes dont la lumière semble soufflée, éteinte, par la maladie. Et pour ceux qui restent, il y a du chagrin, de la peine à croire en une entité d’amour et de justice, un refus souvent, de rentrer seulement dans une maison du culte. Pour encore longtemps, il y aura des fleurs poussant comme seules sur ta tombe, abreuvées malgré tout des larmes de ceux qui silencieusement, en douce, avec culpabilité, viennent de temps à autre te rendre visite, en s’excusant de vivre.

Et il y a toujours la survie de l’espoir, pour ceux qui t’ont mise au monde, et espèrent envers et contre tous, envers et contre eux-mêmes, malgré ce en quoi ils ne croient pas, malgré tout…

Il y a ce moment qui viendra fatalement, où tu les attendras, tes petites mains ouvertes se tendant vers eux en criant “papa ! maman !” de ta voix à jamais enfantine et enfin joyeuse. Tu sentiras le bébé trop aimé et le soleil qui ne brûle pas et non plus le désinfectant honni. Tu chanteras les comptines qui t’ont été refusées mais qu’ils ont tout de même chantées pour toi, et tu aimeras trop fort ceux qui sont nés après toi dont tu diras que tu les protège. Et tu mettras tes petits bras autour du cou de ceux qui ont tant à t’apprendre même si tu as tout compris, tu pourras leur dire que tu les aime tellement fort que tu peux enfin accepter de mourir, et que ce n’était pas la peine qu’ils souffrent autant… Tout le monde pleurera, mais enfin de joie, là où tu les attends.

Ils le savent, c’est une certitude pour eux : tes yeux seront bien d’azur, et tes nattes dansant dans ce paradis fait pour toi et pour eux, auront la blondeur rayonnante de l’enfance et de l’espoir. Dans l’au-delà où, ils y croient très fort malgré eux, tu les attends, tu seras vivante pour toujours et à jamais indemne et heureuse enfin, fleurant bon l’amour, l’avenir et le bonheur sans nom. Et les rides du chagrin s’effaceront, et les sourires refleuriront, et les regards redeviendront purs et sans larmes.

Il fallait le dire, mais le dire enfin, c’était le dire vraiment. A celle qui restera pour toujours l’éternelle enfant victime d’une injustice affreuse, pendant que nous vieillissons petit à petit pour aller la rejoindre…

Adieu petite…

1958 - 20 juin 1963

Posté le 20 juin '08 par Calpurnia, dans Chroniques d'une vie ordinaire, Je m'insurge. 9 Commentaires.

Et une de plus en moins…

L_heure_d__t__10026396Je m’étonne moi-même, il me semblait avoir parlé heure d’été/heure d’hiver plus souvent que ça sur mon blog.

Quel manque de discernement :

  • Mars 2006 : mon blog n’existait pas et n’était même pas en gestation

  • Octobre 2006 : théoriquement j’ai dû écrire que j’étais ravie de passer à l’heure d’hiver : je ne retrouve pas (si j’avais dû être chercheuse ça se saurait).

  • Mars 2007 : je me suis insurgée (ici)

  • Octobre 2007 : théoriquement j’ai dû en parler, mais bon vu l’époque… Je ne retrouve pas (je cherche très mal)

Donc aujourd’hui je m’insurge à nouveau. Ce n’est pas tant l’heure de sommeil en moins (n’avons qu’à nous coucher plus tôt), que les perturbations que j’enregistre sur mon organisme à long terme. L’heure d’été je ne m’y fais jamais, c’est comme ça depuis son instauration.

Ce n’est pas tant l’heure de sommeil en moins qui se répercute pendant plusieurs jours ou plusieurs semaines pour certains. Comme je ne travaille pas, le lever ne sera pas un problème, mais je ne suis pas seule au monde et certains sont perturbés pendant pas mal de temps. C’est mortel quand les enfants sont petits et naturellement matinaux.

C’est le principe qui me hérisse : des technocrates très intelligents ont décrété un beau jour qu’avoir deux heures d’avance sur le soleil l’été aurait pour résultat des économies d’énergie (oui parce que l’hiver nous avons une heure d’avance déjà, je vous le répète, les sorcières ça gagate).

Quasiment tous les ans, nos économies d’énergie vont se répandre sur un littoral quelconque. De plus, il est prouvé que ces économies c’est de la daube et que les méfaits de l’heure d’été sont supérieurs aux bénéfices (c’est dans mon premier article sur l’heure d’été, et vous trouverez de quoi vous repaître si comme moi vous êtes contre, sur Internett).

Mais bon, fi des études les plus sérieuses possibles. C’est programmé jusqu’en 2012, donc nous subirons jusqu’en 2012, après on replongera sans doute…

Et ne comptez pas sur les technocrates très intelligents pour se pencher à nouveau sur le problème : ils ont d’autres chats à fouetter et d’autres conneries à nous concocter, sans jamais nous demander notre avis. C’est bon pour vous, puisqu’on vous le dit…

Et n’oubliez pas d’avancer vos pendules d’une heure (et non pas de les retarder d’une heure, là c’est quand on dort une heure de +). Et préparez-vous à passer un dimanche qui va défiler à toute allure. Ca aussi c’est ignoble, cette sensation que le temps passe trop vite…

Posté le 29 mars '08 par Calpurnia, dans Je m'insurge. Pas de commentaire.

J’ai un problème avec l’aurtaugrafe…

Dictionnaire_BC6774_002J’ai été fâchée longtemps avec l’orthographe. Oui vraiment. Je ne comprenais pas pourquoi il était si important d’écrire correctement. Et pourquoi il y avait le plus que parfait (et pourquoi pas la plus que parfaite ? l’imparfait ne me dérangeant pas).

Pourquoi un S à velours ? Pourquoi pas de S à certains verbes à l’impératif et un S à d’autres ? (je prends mon Becherell désormais et comme c’est de l’allemand, m’en fous  comment cela s’écrit).

Je détestais la sacro sainte dictée quotidienne du CM2 de mon époque. J’y brillais pourtant, me repassant dans ma petite tête tout ce que l’on m’avait enseigné (les règles d’exception - dieu qu’il y en a + les autres). Elle m’en flanquait des angoisses, plus que le problème qui la suivait à 14 heures (la dictée ayant lieu à 13 H 30).

Je savais toujours combien le fermier aurait retiré d’argent de ses pommiers plantés à 18 par 1/4 d’hectare, donnant tant par arbre, dont 10 % étaient dévolus à la consommation personnelle, 20 % à la vente directe au consommateur, un certain % étant dévoré par les rats, avec le prix d’achat et le prix de revient du litre de cidre rapport au prix des bouteilles… (non là, il n’y avait pas de jour où ça s’évapore, ça c’était le robinet qui fuit, la baignoire qui se remplit, la tuyauterie qui a des ratés, et je vous passe sur quand le train X allait doubler ou croiser le train Z).

Le calcul (on appelait cela comme celà) c’est simple, il suffit de comprendre. Mais l’orthographe il n’y a rien de logique, c’est très con.

Arrivée en 6ème j’y songeais (aux règles de l’orthographe), mais arrivée en 5ème j’écrivis n’importe quoi, oubliant toutes les règles et Mrs Bibelot s’alarma ayant eu la preuve que mes notes n’étaient pas imméritées car alors qu’elle devait pondre ma soeur et nous avait tous placés ça et là (trop tôt PERSONNE n’est parfait), elle avait reçu de moi une missive écrite de chez mes grands parents, qu’elle garde religieusement “ma chaire maman, j’espaire que tu va byen et que le bébé arivera bientaut (oui on ne savait pas à l’époque si c’était fille ou garçon !!!!) je sé me coifer les cheveu toute seul et tu va étr contante, et ausi que je ne mange pas tout le tant du chocolat et des cacaouettes” (menteuse en plus, elle avait dû le sentir)…

Bref il fallait agir, (car j’avais quitté le CM2 en faisant 0 fautes et j’avais intérêt). Cette enfant n’a plus aucune orthographe, et c’est la faute aux nouvelles méthodes, et nous allons y remédier.

Jean Poirotte s’y colla. Juillet était sacré (à la mer) août moins (à la campagne chez mon arrière grand mère et mon grand père, où les soirées ne pétillaient pas trop). Il m’infligea donc UNE DICTEE TOUS LES SOIR.

Enfer et damnation, horrorification suprême (dixit Pulchérie, z’avez qu’à suivre). Le pire de la chose étant que la dernière fois où j’ai parlé des dictées obligatoires du mois d’août, il est parti en claquant la porte en prétextant que je mentais : il m’avait fait subir 2 dictées grand maximum (je venais de l’accuser d’un crime horrible).

Donc tous les soirs la dictée. A me relire je me trouvais forcément des fautes. D’où cette phrase magnifique, corrigée par moi qui avait tout bon au départ mais persuadée que j’avais fait des fautes : “l’homme était assis à l’hombre et prenais le soleil” (c’était n’importe quoi d’être assis à l’ombre tout en prenant le soleil) (je ne faisais pas d’Espagnol et le “t” de prenait ayant été rayé et remplacé, rien n’est pire que d’avoir peur d’avoir fait une faute).

La famille entière se gaussat devant mon “hombre”. Le lendemain soir je truffais ma dictée de fautes énaurmes et là voulues, et attendis le verdict, mâchonnant mon crayon noir (pour effacer les fautes avec une gomme) avec un brin de défi.

Il était clair qu’on ne pourrait rien faire de moi. On me laissa faire mon chemin vers les galères en soupirant, et en biffant les fautes dans mes courriers.

Puis la première arriva. J’avais opté pour “bureau secrétariat” pour faire du droit après en ayant un bagage. J’appris à taper à la machine (mécanique, le moyen âge, je l’ai déjà dit) avec zèle : c’est super chouette de taper plus vite que l’on pense. Pour découvrir que la faute de frappe était sanctionnée d’un point, et la faute d’orthographe aussi….

Fort heureusement notre prof alarmée par notre manque d’orthographe général, décida de nous faire réviser de la sixième à la première, avec humour et dérision, des anectodes rigolotes qu’on ne peut pas oublier, et pour le bac nous étions prêtes et sans fautes….

Depuis j’essaye (je précise) de faire le moins de fautes possible. Pour moi c’est un devoir pour mes lecteurs, dans le boulot, partout. Et c’est avec joie que j’ai découvert sur la blogosphère que l’orthographe n’est pas morte du tout, même chez les jeunes !

Parfois je me relis avec consternation, et je saute sur le post pour le corriger, même deux mois après… Et je lutte contre un certain racisme qui fait de moi une intolérante quand le langage texto déborde dans mes mails, quand je me demande où donc les autres ont été élevés…

Si vous voulez un coup de main, Jean Poirotte se fera une joie de vous faire une dictée…

Et je vous livre la prose de l’aide comptable de mon ex-boîte (désormais), qui avait fait très très fort.

“Coraline, voici le montant de la facture du chantier X. Voit avec frère Bertrand. S’il est OK je fait la facture en bonne uniforme. Me dire si je mais l’échéance à 30 jours ou 60 jours. C’est urgent mais peut nez en moins attendre le retour de frère Bertrand”…

Posté le 26 octobre '07 par Calpurnia, dans Je m'insurge. 1 Commentaire.

P comme Premier mai…

Muguet_10159114Je suis une enfant du mois de mai. Mai se conjugue pour moi avec “Muguet”.

Pour la DDE, le printemps rime avec “de chaussée défoncement” et pour la folle du nettoyage de printemps ce dernier se conjugue avec “détergent”.

Pour moi le mois de mai, c’est le muguet. Bien sûr que j’y suis allée aujourd’hui… J’avais pris mes repères la semaine dernière avec Mrs Bibelot. Nous écumons les mêmes places depuis 30 ans pour moi (dans mes souvenirs) et depuis toujours pour elle.

Le printemps étant précoce et le climat détraqué (ça c’est sûr, les fougères sont bien trop hautes pour l’époque), nous savions que le muguet serait en avance. Pas au point où nous l’avons trouvé un 20 avril… Déjà haut, beau et bien fleuri… Comme nous ne l’avions jamais vu pour cette date. Expédition prévue (pour nous deux) dimanche 29 avril, mais un putain d’orage à nous faire renoncer.

Et nous faire renoncer au muguet il faut le faire. Nous avons écumé les places par tous les temps (quand je dis “écumer” il faut s’entendre, on en laisse ce qu’il faut et ça repousse toujours depuis 30 ans), donc sous la pluie avec pas un péquin dans la forêt (du coup on ricane parce qu’on va le ramasser le muguet et qu’on est les seules).

L’avantage extraordinaire de la fleur, c’est son odeur divine… On se shooterait avec. Je n’ai jamais trouvé de muguet artificiel qui sente vraiment comme le vrai… L’avantage également c’est que cela pousse pendant 4 à 5 semaines, mais que pour le péquin ordinaire, ça se ramasse le premier mai et point barre.

Donc généralement nous évitons d’aller à la cueuillette le 1er mai. Trop de monde. Mrs Bibelot qui ne travaille pas “y va” tous les jours depuis le 20 avril. Moi dimanche j’ai dû renoncer face à l’orage, car le secteur de forêt que nous écumons n’est pas à fréquenter en cas d’orage. Du coup, en attendant mes congés où je vais écumer tous les jours (nous avons nos places, savons quand ça pousse en retard ou en avance, et repérons ce qu’il va pousser pour les jours suivants), il fallait absolument que j’y aille aujourd’hui.

Sinon c’était la mort. Le mois de mai sans mon bouquet de muguet perpétuel, ce n’est pas possible…

C’était super, avec ma petite nièce qui cavalait derrière moi en criant “tatie tatie ! ne te perw pas !” et qui me retrouvait accoupie à ramasser mon plaisir du mois de ma naissance… J’ai repéré ce qui allait sortir, ce qu’il fallait laisser, ce que je ne pouvais pas ramasser faute de place dans ma petite main gauche… En soupirant…

Certaines années où j’étais trop disponible (chômage) j’y allais matin, après midi et soir. Nous avions des bouquets de muguet partout, partout dans la maison, renouvelés tous les jours.

La simple idée d’en céder un brin à quelqu’un me donne des frissons d’horreur. J’ai dû le faire parfois… la mort dans l’âme (peut pas aller se ramasser son muguet ?). Quand le muguet à plein coïncidait avec mon anniversaire que je ne fête plus, j’ai vu des invités baver d’envie pour m’en voler un bouquet et repartir avec (plus un couteau dans le dos, mais cela restait virtuel).

Et me voici rentrant chez moi avec un petit choux fleur et une de mes voisines me suggérant d’aller le vendre pendant qu’il en est encore temps

5 euro les 2 brins.

Vendre mon muguet ? Elle est folle ! Le jour où je le ferai c’est que je n’aurai plus le choix… J’ai mon choux fleur sous le nez. Samedi, j’y retourne, dimanche et lundi aussi, et pendant tous mes congés…

Ah mon muguet du mois de mai…. Il y aura bien un brin un jour qui me portera bonheur… Ou un vrai parfum qui lui ressemblera vraiment. En attendant, aller se ruiner les chevilles rapport aux ronces, en récoltant des tiques, dans des coins pas possible, c’est toujours un plaisir, pour rentrer avec un énooooorme bouquet tous les jours… (pourquoi croyez-vous que je pose des congés en mai ? Là j’ai loupé le coche, j’aurais dû choisir 2 semaines avec une semaine d’avance…)

La vie n’est qu’un long calvaire : j’ai loupé mes dates de congés rapport au muguet, et que personne ne ricane sur ce coup là, le muguet, c’est important !

Bon premier mai à tous ! le mien c’était chouette (la pétrolette s’est endormie dans sa poussette au retour tellement elle était crevée de m’avoir cavalé derrière… Quand je dis “je trace” sur la cueillette, même Mrs Bibelot n’essaye pas de me suivre, cette innocente si…)

Posté le 1 mai '07 par Calpurnia, dans Dictionnaire d'une civilisation tordue, Je m'insurge. Pas de commentaire.

L’heure d’été

L_heure_d__t__10026396Une fois n’est pas coutume, je poste un dimanche.

Parce que dans la nuit de samedi à ce dimanche on m’a retiré une heure de sommeil, que nous sommes passés à l’heure d’été et que moi, je déteste l’heure d’été

Pour les avantages et inconvénients de l’heure d’été, c’est ici.

Pour moi je n’y vois que des inconvénients.

Déjà l’heure d’hiver n’est pas notre heure. Nous avons une heure d’avance sur le soleil (sauf pour l’est de la France, savoir qu’entre la Bretagne et l’Alsace il y a une heure de décalage, quand on fait de l’astrologie on le sait fatalement car un thème se monte sur l’heure solaire et c’est pouet pouet les calculs à faire,  à s’ouvrir les veines avec une enveloppe…).

Bon, que l’on ait voulu uniformiser l’heure pour la France, j’accepte cette idée. Mais on a uniformisé avec une heure d’avance pour la globalité du territoire. Le passage à l’heure d’été c’est deux heures d’avance sur le soleil. Pour la France et 3 autres pays dont je me tappe complètement. Au nom de quelle uniformisation ? je vous le demande, car l’Angleterre a toujours une heure de décalage avec nous. En hiver ils sont à l’heure solaire, en été ils prennent une heure, mais quand on travaille dans l’export, ne jamais oublier qu’ils ont une heure de retard sur nous… On pourrait uniformiser tout cela et se mettre à l’heure de la Guyanne Française hein ?

Il paraît que cela fait économiser de l’énergie. En règle générale le pétrole économisé par cette grande manoeuvre termine en marée noire quelque part sur les côtes de Bretagne : on aurait pu faire mieux sur ce coup là.

Il parait que c’est super car les soirées sont longues. Pour les adeptes des soirées longues, je suggère d’aller passer ses vacances d’été en Suède. En juillet : minuit le soleil se couche, à 2 heures du matin il fait grand jour. Ce qui n’empêche pas les suédois de dormir comme tout le monde. Mais s’il s’agit de soirées longues, autant faire GMT + 4…

J’ai beaucoup voyagé et j’ai eu l’audace d’aller dans des pays dont invariablement, toute l’année, le jour fait 12 heures et la nuit aussi. Quand on leur raconte que chez nous l’été les jours sont plus longs que les nuits ils ont du mal à nous croire. Et le croirez vous : et bien ils passent de bonnes soirées tout de même ! j’ai également visité des pays qui vivent à l’heure solaire. Quelle surprise de se lever à 6 heures du matin avec un grand soleil : ça motive pour aller de l’avant… Les soirées sont brèves, mais curieusement on ne va pas se coucher pour autant. On vit quand même.

L’hiver, avec notre heure d’avance sur le soleil on se lève à nuit noire alors que normalement on devrait y voir plus clair. Le soleil se couche tôt d’accord. Mais vous ferez ce que vous voudrez, en France les nuits sont plus longues que les jours en hiver… Moi perso je préfère la soirée noire et l’envie de couette et de vin chaud, au petit lever dans la nuit la plus complète…

Là on me bouffe une heure de sommeil, le dimanche si attendu passe bien trop vite. Demain il fera un peu trop nuit le matin et tout mon métabolisme va se perturber pour 3 semaines. Il n’y a que Diabolos qui va être ravi d’avoir sa ration de frais avec une heure d’avance…

Quand les filles étaient petites c’était infernal “on ne va pas se coucher à cette heure là ?” (plein jour absolu en mai et il y a école demain). Idem l’hiver, avec notre heure d’avance, fallait réveiller les trésors dans la nuit noire et Pulchérie de marmonner “c’est honteux de réveiller des petits enfants à des heures pareilles…”. Elles ne prenaient jamais l’heure d’été, elles l’a subissaient. Mais à l’époque, dès fin septembre on récupérait une heure plus normale… Maintenant l’heure d’hiver c’est la minorité de l’année.

Et que je ricane avec les articles que l’on nous a pondus à une certaine époque sur nos rythmes circadiens, dont il fallait tenir absolument compte, surtout en cas de prise de médicaments. Car il est prouvé que telle molécule agira différement prise le matin ou le soir. N’empêche qu’on nous prescrit toujours un “matin” “midi” et “soir”. Et si je déprime moi de me lever quand il fait nuit, on va me rendre l’heure solaire ?

Et encore, moi j’ai toujours connu l’heure d’avance en hiver. Mes grands parents qui avaient connu l’heure solaire étaient déjà perturbés par l’heure d’avance l’hiver et de se lever en pleine nuit ce dont ils avaient l’impression. L’heure d’été leur rappelait l’occupation, c’était super chouette comme souvenir. D’ailleurs ils l’appelaient “l’heure allemande”…

Moi mon métabolisme ne supporte pas l’heure d’été, comme mes filles jadis, et peut-être maintenant. J’ai passé d’excellentes soirées une fois la nuit tombée, et vous n’allez pas me dire que parce que le soleil se couche, vous aller en faire de même et laisser tomber le tarot, le poker, ou la discussion fabuleuse de ce merveilleux samedi d’été. Oui, si nous gardions la même heure toute l’année nous ne nous en porterions pas plus mal…

JE HAIS L’HEURE D’ETE…. (et je suis très intolérante sur ce coup là… mais bon, chacun a le droit de penser ce qu’il pense). Je déteste qu’on nous l’impose au mépris des rapports très sérieux faits là dessus (voir plus haut). Je hais l’heure d’été… Et encore, je ne suis pas comme une collègue d’il y a 20 ans qui avait l’impression qu’on lui volait une heure de sommeil toutes les nuits

Une sorcière ronchon car la vie n’est qu’un long calvaire (edit à la demande d’un fan…)

Posté le 25 mars '07 par Calpurnia, dans Je m'insurge. Pas de commentaire.