'Nos grands moments de solitude'

On m’appelle et je me lève donc avec les genoux en vrac (merde, j’ai dit qu’il ne fallait plus parler de genou…)
Je suis accueillie très gentiment, ce qui est la moindre des choses (mais je le souligne tout de même car ce n’est pas toujours le cas), et je me retrouve en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, en salle qui n’est pas vraiment d’opération, mais tout de même un peu. (Lire la suite…)

Me voici rentrée à la maison ce mercredi 1er février, après une journée éprouvante et une nuit moins éprouvante chez papa/maman (hem…).
Bon ce n’était pas la mort non plus, mais personne n’a envie d’aller se faire tripatouiller le coin interne de l’oeil (canthus interne en terme médical, ne me parlez plus du coin de l’oeil SURTOUT ne m’en parlez plus…). (Lire la suite…)
Bon, je veux bien bloguer pendant l’été, alors que TOUT LE MONDE PART PENDANT 2 MOIS ET DEMI, mais faut pas charrier, le dimanche ce sera réédition…
Nanméheu…
L’homme qui bricole se décline de plusieurs manières :
Il y a celui qui n’y connait rien, qui déteste bricoler, qui ne veut pas bricoler.
Un beau jour, poussé par la nécessité il doit changer une ampoule (pour lui c’est du bricolage). Il ne débranche pas la lampe ou ne coupe pas le bouton qui fait arriver le courant là où il met les doigts (dans la salle de bain, les pieds dans l’eau c’est mieux).
C’est Charles Hubert s’électrocutant dans la salle de bain et se refaisant la coiffure (il était divin je regrette de ne pas avoir immortalisé cet instant magique). En attendant les pompiers, lui mettre un coup de spray ou de laque pour que les mèches en l’air perdurent. Ne pas hésiter à prendre une photo du punk pour immortaliser le jour glorieux où il a bricolé…
S’il plante un clou il s’immole 3 doigts ou le genou (?), s’il fait de la peinture il en mettra partout sauf où il faut, on n’ose l’imaginer une scie à la main. D’ailleurs il ne sait même pas que ça existe (les scies).
Dès qu’il parle “bricolage”, on appelle directement le SAMU, c’est toujours du temps de gagné… (quitte à être fichée définitivement au 15, au 18 et à “allo maman bobo !).
D’ailleurs dès que leur gendre ou ce qui en tient lieu, prononce le mot “bricolage”, vos parents mettent en place une cellule de secours et la trousse qui va avec…
Il y a celui qui n’y connait rien, mais qui adore bricoler et bricole tout le temps.
Acheter des étagères à Ikéa ? Vous êtes folle ? Il va vous les faire vos étagères. Vous craignez le pire, vous avez raison, mais pas le courage de le lui dire…
Il part acheter son bois lui-même, des clous, un marteau et vous allez voir ce que vous allez voir. Effectivement.
D’abord on entend. La porte qui claque parce qu’il repart acheter une scie et qui re-claque quand il rentre avec une abominafreuse chose électrique que le vendeur a réussi à lui refourguer. Il va se mutiler avec ça, et si la peine de mort existait encore vous pourriez toujours aller en menacer le vendeur. Mais votre sort “pire que la mort” l’indiffère totalement et même, le fait sourire (le vendeur)…
Il s’installe (mal) (pas le vendeur, l’homme, suivez un peu !) dans la cuisine et on écoute avec horreur la scie vrombir, en rassemblant le matériel de première urgence (merde pas de garrot). Après il cloue : la table de la cuisine ne s’en remettra jamais. “Les voilà tes étagères mon amour”. Oui elles penchent un peu mais la tour de Pise penche aussi, et ça fait tout son charme…
Pour que les étagères ne penchent plus, il met des cales sur la droite. C’est divin. Là on visualise bien qu’une planche est de travers et les clous très apparents. On doute de la solidité de la chose sur laquelle on voulait mettre l’intégrale de l’encyclopédie… La semaine prochaine il va les peindre de la couleur que l’on veut, il n’aime pas le bois brut (adieu moquette). Enfin il le fera quand il n’aura plus de pansements sur les doigts…
Il y a celui qui s’y connait, qui adore bricoler et qui fait tout tout seul
Il rentre un jour tout content parce qu’il a acheté un terrain à pas cher pour construire sa maison tout seul. Super. Pendant des mois, voire des années, il va passer la totalité de son temps sur le terrain, à construire la maison. Il fait cela très bien avec des potes à lui à qui vous faites une choucroute monstrueuse le samedi soir pour qu’ils se remettent d’une dure journée. Vous aurez votre maison dans 15 ans parce que la matière première s’achète au coup par coup et qu’à n’y travailler que le week end, ça prend du temps.
Sinon c’est l’homme qui mobilise la moitié du garage (la vôtre) pour installer tout son matériel, et il y a de quoi faire : établi, étagères multiples sur lesquelles il a tout le matériel du parfait bricoleur… Vous avez interdiction de vous approcher d’une boîte à clous et votre voiture dort dehors.
L’avantage c’est que vous n’avez jamais à appeler le plombier, l’électricien, un peintre ou autre spécialiste. L’inconvénient c’est que quand il ne bricole pas il s’ennuie. Il y a donc toujours une pièce en travaux, à refaire absolument. Ou alors il n’est pas là, il est parti le samedi à l’aube, à l’heure ou blanchit la campagne, pour aller aider un pote qui n’y connait rien (et dont la femme étrangement vous hait…) à monter sa maison… (pendant 15 ans vous pourrez le tromper tranquille, il n’y verra rien…)
Partir en vacances ? vous êtes folle ! Il a acheté un vieux meuble dont on se demande ce que c’était à l’origine, qu’il va rescaper pendant ses congés. Le résultat est divin. Moins toutefois que la croisière sur le Nil dont vous rêverez toute votre vie…
Je sais, les femmes ne sont jamais contentes. La vie n’est qu’un long calvaire !
(réédition du 27 mars 2007, vu le trafic pendant les vacances, je suis encore bien bonne de travailler la semaine, d’autant que j’ai 1 livre à fournir, en espérant qu’il conviendra…)
Chez Pulchérie nous attendent quelques travaux pratiques : finir de décoller les étiquettes des pots de yahourt en verre qu’elle doit déposer chez le traiteur le soir même, par exemple (le piège…).
Cela sent les vrais derniers préparatifs qui commencent, d’ailleurs les futurs mariés doivent arriver chez mes parents le lendemain soir.
Direction le coiffeur. La coiffeuse de la mariée (tatie chérie) lui a suggéré de se faire refaire quelques mèches.
L’homme de l’art a donc la joie de voir arriver la mère et ses deux filles. ON décide que je vais passer en premier. Je suis en effet une traumatisée du balayage depuis qu’un coiffeur sadique m’a fait ressortir de chez lui avec des mèches blanches en glapissant qu’il était scandaleux que je ne paye pas…
Je précise donc, mais c’est inutile, que si je suis loupée à 4 jours du mariage de fille aînée, je ne payerai pas. Et si cette précision est inutile, c’est parce qu’ils connaissent bien la future mariée et que je suis sa mère, donc soupçonnée immédiatement d’être légèrement obsessionnelle sur les bords (ce qui est totalement faux, je récuse votre honneur).
La coloriste me pose les bonnes questions (c’est la première fois que cela m’arrive) : que fais-je à mes cheveu ?, de quelle couleur étaient-ils quand j’étais petite ? (platine), s’ils décolorent facilement au soleil, etc… Je me sens en confiance.
Et là, il y a ce grand moment de solitude, où le coiffeur va vous rendre époustouflante*, alors qu’avec les cheveux dans tous les sens, vous vous faites peur dans la glace. Le mec qui vous prend en photo à ce moment là, mérite un sort pire que la mort.
La coloriste attaque Delphine, après avoir débattu avec Pulchérie du bien fondé de nouvelles mèches ou pas. Les derniers essais de coiffure ont été faits en intérieur, en plein soleil il apparaît non nécessaire d’éclaircir encore.
J’admire le chef de ce salon de coiffure, qui a l’audace de tenir tête à Pulchérie à 4 jours de son mariage…
Et comme Pulchérie l’avait dit dans son blog : chez ce coiffeur là, il n’y a pas de conversations “coiffeur” illustrées magnifiquement par Muriel Robin… On s’y amuse plutôt…
La coloriste vient vérifier régulièrement mes mèches, et effectivement “je décolore très vite”. Illico, bac de rinçage, shampoing, soin offert par la maison, et séchage. La coloriste est plus angoissée que moi et tout le salon vient se pencher sur mon crâne pour soupirer de soulagement : c’est parfait…
Delphine n’est pas encore époustouflante, mais le temps passe et va arriver le moment où gare Montparnasse c’est un train toutes les 1/2 heures, qui s’arrête PARTOUT. Il faut compter plus d’une heure de trajet…
Je paye et je m’esbigne donc, accompagnée par Pulchérie jusqu’à la station de métro la plus proche, serrant contre moi ma jolie robe (+ toujours mon kit de survie). Et je prends le métro toute seule comme jadis…
A 3 minutes près, j’ai le bon train, semi omnibus et je rentre chez moi où Diabolos m’attend de pattes fermes…
J’ai enfilé ma robe, testé des sandales et un poids en moins sur le coeur, je me suis dis que pour une fois :
La vie n’était pas qu’un long calvaire (merci mes chéries !)
Le calvaire des derniers préparatifs allait commencer, mais vous connaissez déjà l’histoire…
* Bien évidemment en hommage à l’inénarrable chanson de Linda Lemay suite à sa visite chez le coiffeur avant un RV important…
Je profite de la future réforme de l’aurtaugrafe pour faire des jeux de mots laids…
Je me marre toute seule, mais ne vous inquiétez pas, c’est héréditaire… Je tiens ça de mon père qui le tient de son grand-père, BREF, c’est grave et personne n’a trouvé de remède contre cela. (J’en connais une qui va songer à son mari en lisant cela…)
En juin, je préparais un post important concernant l’appel du 18 juin que personne ne lirait, vu que les journaux ne parlaient que de ça (pour compenser les exploits de nos footeux, alors que du coup la sorcière elle nous gonfle), et je me suis tortorée la pelle du 18 juin à moi toute seule…
Farpaitement, même pas besoin de radio Londres pour faire cela correctement.
Un français ne parlait pas aux français, je n’ai demandé à personne de prendre “les armes citoyens” ! (éventuellement j’aurais pu y songer rapport à la SS (la Sécu !))
Non, j’ai juste montré à Pulchérie plusieurs tenues éventuelles pour son mariage.
Elle nous avait imposé un dress code : pois ou rayures. Après coup je me dis qu’elle avait bien raison, car il était charmant de voir que quasi tout le monde avait joué le jeu, mais quand j’avais su la chose, au départ j’avais été moyennement ravie, vu qu’à la Grande Motte dans une autre dimension, je m’étais achetée un ensemble jeune, joli, m’allant bien, mais sans pois ou rayures…
J’ai donc sorti tout ce que j’avais à pois ou à rayures de ma garde robe pour le soumettre au regard critique de la future mariée…
Et puis me restait à montrer ma tenue exclusivement à pois. Toute neuve, achetée pas chez n’importe qui… il y a 3 ans… Du genre indémodable qui peut traverser 5 générations…
Bilan :
- C’est moche
- Ca fait vieux
- La couleur est immonde
- Tu ne vas pas mettre ça…
- Ouais, ben ça a bien dû les faire, les 5 générations…
Je me suis sentie très con. J’en ai pleuré pendant un bon moment, mais il y a des moments où je pleure de pas grand chose, avant que la mariée future ne réalise que sa mère était vraiment mal. Et quand le futur lui a précisé qu’elle ne supportait aucune critique et qu’elle pourrait faire attention à ce qu’elle dit, elle était péteuse et est venue me consoler, bourrelée de remords…
A sa décharge, elle profitait en plein du stress pré-mariage. On peut la comprendre… N’empêche que :
La pelle du 18 juin je me la suis prise en pleine tronche, aussi bien que si cela avait été un râteau laissé dans l’herbe les dents en l’air…
Finalement, j’ai appelé Delphine qui me tannait pour que j’aille à Paris choisir ma toilette AVEC elle, et je lui ai dit “OK”, en soupirant. Il était temps, c’était le mardi précédent le mariage (toujours rapide…)
Tous ceux qui me connaissent, savent que je déteste aller à Paris, que je déteste faire les boutiques, que je déteste m’acheter des fringues, et que je suis donc, pour une femme, un peu givrée…
La vie n’est qu’un long calvaire !
(PS : j’ai modifié ce post, déjà édité en son temps, mais que j’avais retiré, ayant eu pas mal de commentaires désobligeants concernant Pulchérie et son dress-code. Donc, commentaires désobligeants s’abstenir !)
Benji c’est le deuxième fils de mon frère. Je ne sais plus pourquoi il était venu seul, passer 8 jours chez mes parents, alors que j’y habitais encore.
Je ne sais plus ce que faisaient les deux autres et ce n’est pas important…
Les filles étaient chez leur père (où Pulchérie avait préféré dormir, plutôt qu’à l’école du cirque, à moins qu’il ne s’agisse d’une autre année, prenez des notes, un jour tout fout le camp), et je m’occupais pas mal de ce petit bonhomme, en particulier pour l’emmener promener l’après midi.
Je passais également pas mal de temps à aller voir ce qu’il faisait en lui intimant l’ordre d’arrêter de le faire, mais c’est une autre histoire…
Il était dans sa période “belle au bois dormant”, et était bien évidemment, le prinsse ssarmant. Sa scène préférée était celle où le prince promet des carottes au cheval pour aller voir qui chante aussi bien, qui se rétame dans la rivière, et dit au cheval “adieu carottes !”.
Mrs Bibelot, à chaque “tombé dans l’eau !” débarquait avec cuvette, éponge et serpillère dans la salle à manger, où le prinsse caracolait. En 8 jours, elle n’a jamais pu s’y faire : “où y a-t-il de l’eau ?”
L’après midi donc, promenade. Nous avions notre circuit (il était encore petit), au cours duquel :
- Le prinsse ssarmant faisait de la neize, grâce aux multiples pétales de fleurs jonchant les caniveaux bien propres.
- Nous faisions une première halte dans une petite résidence, à une maison devant laquelle trônait une superbe moto rouze “elle est belle hein tatie ?” (moi les motos…)
- Puis il y avait une deuxième halte dans la même résidence, devant une non moins magnifique (hem…) moto bleue électrique.
- Une fois sur deux l’heureux propriétaire de l’engin bleu, proposait au prinsse de monter dessus, et là, le roi n’était pas son cousin.
Un jour, l’heureux propriétaire de la moto rouze, la forcément plus belle, était là lors de notre passage, et fit enfourcher la bête à l’enfant ravi, puis lui montra, pour le plus grand plaisir des voisins, comment faire vavavoum, plein de bruit, et même des pouêts assourdissants.
Extase (pour le prinsse, moi j’avais les tympans brisés). Mais ses essais sur la bête de mort pétaradant, nous avaient mis en retard, et arrivés devant la mairie, à 150 mètres de chez mes parents, tout à coup le krikitu :
- Pipi tatie pipiiiiiiiii !
- Un chinois l’eut compris… Mais il n’y avait pas de chinois à l’horizon…
Car je me suis retrouvée bien conne, moi qui n’avait eu que des filles, y compris la cousiiiiiiine en séjours réguliers, et n’ayant jamais changé un petit garçon de ma vie. Le premier fut Tristan, le fils de ma soeur que j’ai gardé quelques semaines, et malgré les avertissement, il m’a pissé dans la figure quand je l’ai changé la première fois…
Je ne savais pas du tout comment j’allais m’y prendre, peur sans doute de lui déboiter son engin ressemblant vaguement à un macaroni, ou bien d’être attaquée pour atteinte à la pudeur, ou attouchement sexuel sur enfant de moins de 5 ans, quand le sauveur arriva en la personne du chef des services techniques, qui passait toujours “par hasard”, quand je me promenais avec ou sans môme, chien ou autres…
Et là j’ai sauté sur lui, comme la vérole sur le bas clergé breton…
“Excusez moi de vous demander pardon, mais cela vous ennuierait-il éventuellement, de faire faire pipi à mon neveu ? Moi je ne sais pas faire, enfin j’en suis incapable, je ne sais pas m’y prendre, et gnagnagna” (sables mouvants signalés à 50 km de Paris notre Dame, dans lesquels j’étais en train de m’enfoncer…).
Il obtempéra en rigolant, pendant que le prinsse clamait toujours pipiiiiiiiii tatie !
Tout en oeuvrant, pendant que je regardais ailleurs, de peur sans doute d’être accusée de voyeurisme sur la personne d’un mineur de moins de 5 ans, ironiquement, l’homme de la situation me demanda en rhabillant le prinsse :
- “Eh bien, vous n’avez jamais touché un engin de ce type à votre âge et ayant eu deux enfants ?” (quel malotru, j’avais à peine 36 ans !)
Et là, qu’ai-je répondu ?
Hein ?
Qu’est-ce que j’ai bien pu lui répondre ?
Je vous le donne en mille.
Considérant les 150 mètres nous séparant de la maison sauveuse, j’ai juste trouvé à répondre :
- PAS DE CE GABARIT !!! Moi la version macaroni ou coquillette, je ne CONNAIS PAS !
On se mord les lèvres après, on regrette de ne pas avoir incriminé une furonculose aigüe du bout des doigts, la lèpre, voire même un début de peste bubonique.
D’autant que mon interlocuteur n’a même pas fait semblant de n’avoir pas entendu, et a éclaté de rire en me précisant pour que je m’engloutisse définitivement dans les sables mouvants :
- Ah je vois, vous n’êtes pas très cuisine italienne, vous préférez la saucisse de Morteau (vantard !)
Je suis rentrée la queue entre les jambes tête basse, avec le prinsse ssarmant au macaroni cause de ma honte, pour qu’il aille s’avachir dans la rivière coulant dans le séjour de mes parents, pendant que je digérais ma réplique honteuse avec un morceau de camembert, ne rigolant même plus de voir Mrs Bibelot toujours distraite, quitter la cuisine avec tout ce qu’il fallait pour éponger…
Car la vie n’est qu’un long calvaire.

Le mercredi je pars à la recherche de l’itinéraire qui m’avait servi pour me perdre, la bonne rue étant en travaux en septembre dernier…
Impossible de remettre la main dessus, et tous les sites “itinéraires” refusent de me donner le trajet que je connais théoriquement, à savoir quitter le périf sud Porte de Montreuil pour m’égarer dans le 20ème…
Non, ils ont décidé de me faire passer ailleurs. Or, je veux faire 90 % du voyage sur une portion que je connais !!!
Delphine me rassure, Porte de Montreuil n’est finalement pas le plus simple, je t’envoie un mail ma petite maman, pour t’expliquer à partir de la Porte de Vincennes. Elle ne sait pas comment arriver Porte de Vincennes, mais ce n’est pas grave, moi je sais, pour une fois…
Je lis le mail en diagonale. On ne devrait jamais lire les trucs en diagonale, surtout quand “ON” c’est moi, et que je pars à Paris en voiture. En rayé, ce que je n’ai pas lu.
“Porte de Vincennes direction nation
prendre la rue des pyrénées qui se trouve être la deuxième à droite (deuxième à partir de la porte de vincenne). Puis remonter la rue. Prendre la Xème à gauche etc…
Je note donc scrupuleusement NATION, deuxième à droite, puis Xème à gauche, sans oublier le ETC… très important.
- Je pshitte du Feliway qui rend les chats heureux, dans la caisse de transport de Diabolos qui n’est tout à coup pas du tout heureux, vu déjà que sa caisse à litière a disparu de la cuisine, ainsi que son petit couffin du salon, et qu’il sent l’arnaque arriver.
- Pour lui phéromones apaisantes = voyage en voiture, c’est clair.
- Je le récupère dans le clic clac de l’ancienne chambre des filles
- Il miaule
- Je miaule en retour, ce qui ne donne aucun résultat, et j’arrive à le faire entrer dans sa caisse malgré les 4 pattes écartées, je ferme la caisse, et il débute “l’air des bijoux“.
- Je hais “Faust”
- En voiture
- 12 H 45 : ca démarre
- Jusqu’ici, tout va bien.
- Ca roule
- Pas tellement en face, le vendredi après midi les embouteillages commencent sur la RN10 dès 12 H 47 (la preuve) dans le sens Paris =>Province. Je vais me faire chier pour rentrer.
- Pour l’instant tout va bien
- Prise du périf sud, curieusement fluide
- Ah non, un bouchon (cela m’aurait manqué)
- “Diabolos tais-toi”
- “Miaou” répond-il en grattant frénétiquement dans sa caisse.
- Feliway un jour Féliway toujours seulement.
- Porte de Vincennes, je suis sauvée, je sors.
- Je zieute mon mémo, NATION est fléché, c’est aisé.
- Je passe entre les colonnes de NATION
- Puis je m’engage sur le rondpoint de la place de la NATION
- Chic il y a une contre-allée, je vais trouver aisément la deuxième à droite.
- Il est 13 H 45, pour être chez Delphine à 14 H je suis large.
- Quel dommage de ne pas pouvoir contempler avec admiration dégoût les horribles statues figurant la Nation, la Liberté en avant, la Victoire en chantant et j’en passe. Ce n’est pas de ma faute si sur le plan artistique je les trouve d’un goût douteux…
- Y’a aussi le mec je ne sais plus où avec le même bonnet, la bouche ouverte parce qu’il chante, à poil avec juste un morceau de chiffon cachant le plus intéressant de l’homme, qui brandit lui aussi un drapeau, mais ne nous égarons pas…
- Je déteste l’image de la République avec bonnet Phrygien. D’autant que Liberté ou République ont toujours un nichon à l’air. C’est confortable sans doute pour brandir un drapeau.
- M’en fous de la République et de la Liberté en avant (la Victoire en chantant m’échappant tout à coup totalement), je prends la deuxième à droite. En suivant donc les indications, puisque le nom du boulevard n’est pas visible de là où j’arrive. Le nom du boulevard est visible uniquement pour ceux qui emprunteraient le sens interdit, puisque je suis sur une voie à circulation sens unique.
- Merde, ce n’est pas le bon boulevard.
- Si je croise celui qui a accroché les noms des rues dans Paris, je l’émascule.
- Ceci pour le cas où un masochiste attendant la mort se promènerait tel un homme sandwich avec écrit en gros “c’est moi qui ai accroché TOUS les panneaux dans Paris et je vous emmerde”
- Même Bruce Willis il ferait pas.
- Je tourne dès que je le peux.
- Je reprends la contre allée, nettement moins optimiste qu’il y a 5 minutes.
- Je demande à trois reprises où est cette fichue rue que je cherche
- On me répond trois fois que c’est la prochaine à droite.
- Putain ce n’est pas possible, c’est toujours le dernier Kinder Bueno et la prochaine à droite !!!!
- A gauche d’un autre côté ce sont ces statues vraiment moches !!!!!
- La Xème fois (je ne sais plus compter) je me retrouve Boulevard Charonne. Je sais que je ne suis pas loin, mais la carte du 20ème ne s’est pas incrustée correctement dans mon cerveau.
- Pourtant je l’ai fixée pendant 10 minutes la veille, avec les jumelles, la loupe de papa.
- Puisque c’est comme ça, je me gare sur un passage piéton et j’attends la mort.
- La mort risque d’être lente à venir, même si le jour fatal où elle va se pointer, ce sera forcément trop tôt, on est d’accord, mais je ne suis pas en état de philosopher.
- Du coup j’appelle Delphine en éructant que j’attends la mort, et qu’une putain de bordel de merde de connasse m’a indiqué la mauvaise direction
- Delphine me suggère d’être polie, de ne plus attendre la mort, mais d’aller rejoindre la contre allée de la place de la nation, de me garer où je peux en mettant mes warnings : elle arrive.
- Au moment où j’ai réussi à me remettre dans la bonne direction, elle me rappelle pour me dire de rester Boulevard Charonne, elle arrive.
- Putain, je ne peux pas rester Boulevard Charonne vu que je viens tout juste de le quitter retrouver la contre allée. D’ailleurs, je suis garée avec mes warnings entre une station de Vélib et une station RER et j’attends la mort je l’attends de pied ferme.
- Le prochain qui me demande la direction de l’abbaye des Vaux de Cernay dans mon coin, je le dirige direct sur Trappes zone de non droits, ha mais !
- “Miaou” fait le chat
- “Ta gueule” que je lui réponds.
- A tous les coups Delphine va me rappeler pour me demander dans quel angle je suis.
- Place de la Nation et… pas d’indication du nom de la première à droite. Ce doit être visible du mauvais côté.
- Si un homme sandwich se pointe, vantant les mérites de signal, je l’émascule avant de le sodomiser avec son tube de dentifrice et de l’égorger.
- Je demande à une dame qui me précise que c’est le boulevard machin truc.
- Au moment où elle me donne cette précise indication, je vois ma fille dans le rétroviseur.
- Je suis sauvée.
- Elle monte dans la voiture en rigolant un peu tout de même, et prend la caisse de Diabolos sur ses genoux.
- “Miaou” fait le chat sur un autre ton, car il a reconnu sa soeu-soeur…
- Je précise à Delphine que j’eusse mieux fait de m’en tenir à la porte de Montreuil, où j’ai des potes pompiers ou flics.
- Plein de potes pompiers ou flics.
- Elle me dit que l’imparfait du subjonctif fait un peu has been, et qu’effectivement j’ai dû bien m’énerver.
- Je cause à l’imparfait du subjonctif si je veux, et je trouve hallucinant qu’elle ait trouvé le bon nom du bon temps en même pas une seconde. Parce que si l’on sait parler et écrire, à partir d’un certain âge on ne sait plus quel temps on emploie ou ce qu’est un complément circonstanciel de temps ou de lieu (parce qu’on s’en fout).
- Sans vouloir me jeter des pétales de roses, il est vrai néanmoins n’est-ce pas, bien sûr, que j’emploie assez facilement l’imparfait du subjonctif.
- Elle me répond qu’on réformera l’éducation nationale un autre jour et m’intime l’ordre de démarrer. Puis de couper mes warnings…
- 12 minutes plus tard, après avoir eu pendant le trajet avec Delphine transformée en GPS, l’explication du fait que j’avais lu le mail en diagonale, je n’avais pas à aller jusqu’à NATION, Crac, une place de libre, juste au bon endroit, dans la bonne rue.
- C’est louche.
- Non me dit Delphine ce n’est pas louche il y a toujours de la place à cette heure là.
- Comme je n’ai évidemment pas la saleté de carte de paiement spéciale Paris, je suis bonne pour une prune à 11 euros, mais tant pis, dans Paris à vélo on dépasse les autos, à la guerre comme à la guerre.
- OUF, la livraison du chat va pouvoir se faire…
Des fées se sont penchées sur mon berceau. L’une d’entre elle tenait à la main le livre “plans de Paris rue par rue et arrondissement par arrondissement”, relié tout cuir, bien lourd, et elle me l’a laissé tomber sur la tronche.
J’vois qu’ça…
Et la prochaine diagonale que je rencontre, je lui pète un genou…
Je ne précise plus rien concernant les publicités vivantes…
La vie n’est qu’un long calvaire…