'Nos grands moments de solitude'
J’étais toujours en pleine régression quand vint le jour de mon rendez-vous avec le Dr Acromion. Prudente (rapport à l’attente chez lui), j’avais soudoyé sa secrétaire pour avoir le deuxième rendez-vous du jour, le premier venant de me passer sous le nez (damned !).
J’ai sorti mon livre précautionneusement dans la salle d’attente : personne ne pouvait me voir. J’ai continué ma lecture, laissant le livre bien ouvert pour que personne ne puisse en surprendre le titre en rentrant subrepticement (ou brutalement).
Manque de bol, le Dr Acromion avait bel et bien respecté, pour une fois, ses 20 minutes de rendez-vous et me pris donc avec juste 10 minutes de retard. Une première.
Obligée de refermer le livre. Alors que je tentais de le dissimuler, il tendit la main pour me saluer, et regarder de quelle lecture il s’agissait.
Il a regardé le livre avec nostalgie, vérifié les illustrations en soupirant. Je me suis dit qu’il me prenait vraiment pour une pauvre femme…
-
“Ben oui, ai-je commencé, je régresse un peu en ce moment, ce sont des lectures plutôt faciles
-
“Oh que de souvenirs cela me rappelle ? Vous les avez tous ?
-
“Heu, moi non, mais ma mère oui… (ça va, il ne me prend pas pour une folle, ou alors c’est une feinte…)
-
“Qu’est-ce que je les relirais bien… Les mémoires d’un âne c’est bien elle ?
-
“Oui (et ma tension ?)
-
“Et “un bon petit diable”, c’est bien elle aussi ?
-
“Oui (et mon moral ?)… Vous avez tous les titres sur la première page
-
Il les lit, en soupirant, me rend le livre et me demande si à mon avis, cela se trouve encore
-
“oui bien sûr j’en avais achetés pour mes filles…
-
“Ah, bon, c’est une bonne nouvelle, je me gribouille un post-it pour penser à l’expédition “Comtesse de Ségur”… Voyons d’abord cette tension, on parlera du moral après…”
Le Dr Acromion ayant approximativement mon âge, je me suis sentie rassurée sur ma régression. Parce que lui, il m’a fait le coup de la Madeleine de Proust et pris 5 minutes de retard dans ses consultations…
La vie n’est qu’un long calvaire !!!
Certaines personnes dont je fais partie, ont tendance à régresser à certaines périodes de leur vie… Généralement cette régression quasi obligée pour survivre, a lieu pendant une mauvaise période.
J’étais en plein dedans. Depuis en plus un moment, mais mon licenciement a cristallisé quasi 4 années de problèmes venant se rajouter les uns aux autres… Avec toujours mon boulot en toile de fond. Le perdre, m’a donné l’occasion de revivre tout ce que j’avais traversé en ne vivant (pour moi) quasi que pour le conserver.
Certains régressent sur le plan nourriture. Je ne dis pas que je n’ai pas envisagé de demander à maman de me faire une bouillie au chocolat, mais bon, je n’ai résolument pas faim…
Je fais partie des personnes qui lisent beaucoup. Hors là, je n’allais pas m’attaquer à un livre bien sérieux ou à relire du sérieux déjà lu. Même “les rois maudits” et “Angélique” me traumatisaient d’avance.
Ma régression à moi consiste à relire l’intégrale de la comtesse de Ségur (née Rostopchine, on vous l’a déjà dit, ce n’est pas de sa faute si elle est née comme ça…) que Mrs Bibelot conserve soigneusement… (et d’ailleurs les vieux livres d’origine qu’elle a perdus, elle les a rachetés en nouvelle version).
Evidemment je n’ai pas voulu me traumatiser un max et j’ai attaqué par “les malheurs de Sophie”, en me demandant pourquoi diable je l’avais fait lire à Pulchérie qui n’avait qu’une envie : faire mieux que Sophie…
Dans la logique viennent “les petits filles modèles” et “les vacances”, avec quelques perles à mourir de rire :
-
Son coeur battait encore : elle n’était pas morte
-
L’eau, et encore mieux, l’eau salée, est souveraine contre la rage (on se demande pourquoi Pasteur s’est escrimé à trouver un sérum et un vaccin)
-
La description des “sauvages” dans “les vacances” et comment ils sont éduqués en religion.
-
Et j’en passe.
J’adore le côté moralisateur de l’auteur, les histoires se terminant toujours bien, surtout pour les nobles qui sont bien au dessus de tout le monde (même s’ils donnent “aux pauvres”), la description de leur monde à eux, si éloigné du nôtre, dans laquelle “la bonne” même appréciée, ne pourra jamais rentrer. Je souris jaune devant le devoir du pauvre d’être humble, courageux, honnête et digne jusque dans le plus profond du malheur…
J’adore le côté tranché des personnages, tout bon ou tout mauvais, le rappel perpétuel à dieu qui nous observe. J’adore aussi, mais d’une autre manière, le rappel à certaines vertues (courage, fidélité, sacrifice etc…) que l’on rencontre y compris dans ses “nouveaux comtes de fées”. Je me dis parfois que nos leçons de “morale” à l’école, de mon temps, n’étaient pas toujours inutiles.
J’adore surtout, l’éducation donnée à l’enfant à qui dès 3 ans l’on fait la morale en lui apprenant qu’il s’est puni tout seul. Dans les malheurs de Sophie, Sophie vient d’avoir 4 ans. Alors que nous en sommes à demander au petit chéri s’il veut mettre des baskets ou des bottes, en attendant le verdict avec angoisse, là, les parents imposent et tranchent et toute insoumission est forcément punie (justement en plus, car les parents sont aimants et justes (les vrais)).
Reconnaissons à cette comtesse née Rostopchine, sa manière de s’élever contre les châtiments corporels très en vogue à son époque, via “Les petites filles modèles”, “Un bon petit Diable” etc… C’était sa manière à elle de désapprouver…
Quand j’aurais tout relu (ça se lit vite), je pense que j’aurais terminé ma régression…
Souhaitez moi bon courage, on ne sait jamais, la vie n’étant qu’un long calvaire, je peux craquer sur un livre ou l’autre…
J’ai été taguée par l’anti blog de fille… C’est dire si je me sens “girly”… Youpee, je réponds donc.
-
Quel serait votre surnom de super héroïne
La sorcière bien aimée (fastoche, je sais)…
-
Votre super pouvoir secret ?
Pouvoir devenir invisible quand je veux. Ah ça doit être génial de piquer dans les magasins (hou la vilaine) de voir la trombine du vigile qui voit passer un lecteur DVD voguant tout seul dans les airs, d’écouter les conversations, etc… Et la voiture qui roule toute seule ? Vous y avez pensé ? Le seul inconvénient : redevenir visible tout à coup alors que bien évidemment on est tout nu…
-
Votre combinaison et accessoires distinctifs ?
Tout cuir avec un fouet. Non ? Alors une robe 1900 avec un balai voyageur, hyper pratique pour éviter la panique dans les aéroports, mais pas sur le parking de la résidence, on ne peut pas tout avoir…
-
Votre devise qui fait mouche quand vous triomphez des super vilains ?
Va ch…. Pauvre C.. (je sais, je suis d’une abominable grossièreté, d’abord je pense ce que je veux)
-
Que feriez vous de vos journées si vous aviez le pouvoir de dédoublement ?
Ranger totalement mon appartement tout en relisant tout ce que j’aime. L’appartement enfin rangé (ouf !) : aller me baigner tout en relisant tout ce que j’aime.
-
Votre combat au quotidien pour sauver l’humanité ?
Aller me promener la nuit avec un 12 (c’est un fusil de chasse je vous l’ai déjà dit), pour descendre tous les méchants dans la discrétion la plus absolue (le 12 fait à peu près autant de bruit qu’un obus de 75). En fait comme on ne peut pas sauver l’humanité, je bois du picrate pour épargner notre eau. Non en fait je cherche un sort pour rendre tous les chefs d’états gentils et pacifistes. J’en ai pour 1000 ans, souhaitez moi longue vie…
-
Qu’entendriez-vous si vous aviez le pouvoir de lire dans les pensées de votre patron ?
Ce que j’aurais entendu ? “dès qu’elle n’est plus protégée par son mandat de délégué du personnel, je la lourde, tagada tsointsoin, boum badaboum, tralalalèreu’ (ben oui, il n’était pas clair non plus…)
-
Votre talon d’Achille ?
Mon épaule gauche. Ca ne vous convient pas ? un certain désordre intérieur qui se voit à l’extérieur…
-
Avec quel super héros vous auriez aimé avoir une super aventure ?
Van Elsing, dans le film Van Elsing, celui là et pas un autre. Et en plus il ne me tuerait pas à la fin, et nous finirions notre vie à rendre le monde meilleur.
-
A quelle époque auriez-vous aimé vous téléporter ?
Si je peux revenir : l’Egypte ancienne. Si je ne peux pas revenir je reste ici, même si c’est parfois à désespérer..
-
Quatre supers filles à taguer ?
Bon je vais laisser ma méchante tranquille, elle a autre chose à faire en ce moment. Donc Dom + Manou (les deux ensemble, ça ne vaut pas), Madame Patate pour lui changer un peu les idées, et Katia…
Et puis qui veut, je ne suis pas sectaire, et là, j’ai l’impression de le devenir… Et puis la mise en page m’énerve, qui fait ce qu’elle veut une fois de plus…
Check list faite, j’étais parée aux pires éventualités pour cette journée de garde de la nièce à bouclettes.
Premier hic : depuis que j’ai quitté Truchon je me lève quand je veux. J’ai donc eu peur de louper mon petit lever, et j’ai très mal dormi de la nuit. Pas grave, j’étais à l’heure, et j’avais bien prévu mon temps puisque j’ai dû tester le dégivrage avec Copine (un rêve).
J’avais pris de la lecture, sachant que la petite fait une bonne sieste, et prévu de regarder avec elle quelques débilités à la télévision un film avant le déjeuner. Comme on pouvait le pronostiquer, elle a été sage comme une image, n’étant pas trop habituée avec moi. Comme je ne pouvais pas le deviner, j’ai effectivement regardé des débilités à la télévision quasi jusqu’à sa sieste.
Ma belle soeur m’avait sorti “les bronzés 3″ que la petite adore : moi ça tombait bien, je ne l’avais pas vu. Elle m’avait montré brièvement comment faire fonctionner le lecteur avant de partir en laissant sa fille aux mains d’une tortionnaire.
Au début Marion me regardait d’un drôle d’air. Une distraction de ma part, j’essayais de nous mettre le film en me servant de la mauvaise télécommande. Elle m’a montré la bonne télécommande d’un air las. Mais ça ne fonctionnait pas non plus, car je me servais d’une autre mauvaise télécommande pour activer le bon canal sur la TV. Enfin voici la bande annonce “lecture” qui s’annonce et l’innocente se prépare à regarder ses bronzés avec tatie en s’installant dans le fauteuil de son père qui m’est interdit.
Las, je ne l’ai sû que ce soir, ce DVD comporte deux options, la maman avait oublié de me prévenir, et j’avais donc choisi la mauvaise option. En boucle : présentation du film et interview des acteurs. Au bout de la troisième fois, j’ai coupé, remis en route, sentis que la petite en avait un peu assez, donc je lui ai mis une chaîne sur laquelle il y avait de débiles supers dessins animés pour enfants. Comme bruit de fond c’est super, surtout au son de “tatie ! regarde le dinosaure !”. Parce qu’il fallait que je regarde aussi, elle vérifiait, et cela m’a rappelé vaguement Pulchérie qui vérifiait toujours que je suivais bien le film aussi.
J’en ai eu marre à 11 H 30 des dinosaures, il était temps d’aller faire prendre l’air à la petiote et au chien. Grande aventure car c’est Marion qui met toutounette en laisse, qui tient la laisse, et qui n’arrive pas à défaire la laisse… Petite promenade donc, faisait un peu frisquet, nous voici remontées (4 Etages sans ascensur, mes molllet s’en souviennent,… comme chez Delohine les 7 étages. J’ai eu droit à la marchande je commençais à m’impatienter, je lui ai vendu une baguette (deux fois, elle avait oublié qu’elle avait des invités), deux crayons de couleur, je me suis bien évidemment trompée en lui rendant la monnaie mais elle a oublié son bébé dans la boutique : c’était de ma faute, c’était à moi, la marchande, de lui faire penser à son bébé.
Encore la TV. Encore des débilités dessins animés dans lesquels elle voit des dinosaures partout (vocation de paléontologue ?). D’un autre côté, on voit ce qu’on veut et comprenne qui pourra. Elle a déjeuné devant un truc absolument débile fabuleux sur l’égypte ancienne, toujours en dessin animé, avec un chat essayant de sauver la momie du pharaon, poursuivi par un dinosaure (ils sont partout) (en fait j’ai cru comprendre qu’il s’agissait d’un serviteur du dieu Seth, mais je n’ai pas voulu empoisonner la petiote avec des histoires compliquées).
Elle a mangé impec super, s’est tenue admirablement à table. De temps à autre, j’essayais de nous mettre le film, mais rien à faire : j’étais vaincue par la technologie. Elle a dû se dire qu’il valait mieux être prudente avec une débile dans mon style… Elle s’est même couchée sans protester : miracle à son réveil, maman venait de rentrer, qui venait de m’expliquer pour le DVD.
Trop tard, ma réputation est ruinée.
La vie n’est qu’un long calvaire…
C’est donc officiel, à compter du 10 décembre 2007, je ne ferai plus partie de la société Truchon & Co, et irai rejoindre la floppée de chômeurs qui peuple la France.
9 années passées dans cette boîte, dont les 9 derniers mois à redouter un licenciement, la fermeture de mon département, à affronter des changements de poste. Inquiétudes soutenues par pilules roses sans grand choix, un peu mises de côté depuis la dernière réunion rassurante… Et puis paf, le jour anniversaire des 9 années.
-
Lundi 1er octobre : “Coraline, vous pouvez venir dans mon bureau s’il vous plaît”. J’ai rapidement compris (je le savais, et personne ne voulait me croire !). Les américains m’ont désignée (et d’autres) d’un doigt vengeur : à virer ou à pousser à la démission. Truchon me propose un deal. Il m’accorde 3 jours de congés gracieux pour que je consulte un avocat, lui fasse une proposition transactionnelle, et me souhaite bon courage. Nous nous contacterons désormais via nos portables. Secret défense, zecret militaire abzolu…
-
Mardi 2 octobre : le nez ruiné et un peu hébétée, j’appelle ma bonne copine avocate. Elle me propose de demander X mois de salaire à titre de dommages et intérets en plus de ce qui m’est dû. J’appelle l’avocat de la boîte qui ne saute pas au plafond mais me dit que ce qui va se défendre c’est : préavis compris ou non (deux mois). Je lui signale au passage que je compte passer par le juge des référés et non par un simple prud’hommes, pour “licenciement économique déguisé”. Je le sens se figer au téléphone (chacun son tour, mais je préparais mon coup depuis un petit moment). Je rédige mon mail de demande à Truchon (2 heures de réflexion + le temps que l’avocat lui signale que je ne vais pas la jouer douce malgré ma voix charmante) et j’envois la chose.
-
Mercredi 3 octobre : je me ronge les poings. J’appelle Truchon vers 17 H qui m’affirme m’avoir répondu en me demandant 48 heures de réflexion (rien reçu).
-
Jeudi 4 octobre alors que je me ronge le tour des ongles : c’est lui qui m’appelle. Il est d’accord avec toutes mes demandes et les X mois ne comprendront pas le préavis que je n’aurais pas à effectuer : j’ai l’impression de représenter un danger si je retourne dans la boîte : lequel ? Je m’interroge. Il me file rancard pour le lendemain au troquet de ma bourgade, afin que nous signions les papiers de la transaction.
-
Vendredi 5 octobre : RV un peu particulier mais bon. Le protocole est prêt. Une lettre bidon de convocation à entretien préalable m’a été “remise en main propre le 26 septembre”. Je signe le “remis en main propre”. Il va falloir que la procédure de licenciement continue normalement. Lundi il me poste la lettre, je la reçois le mardi, je conteste le mercredi au plus tard… Là je découvre que je ne retournerai vraiment pas dans les locaux, sauf plus tard, sous sa garde, récupérer mes quelques petites affaires personnelles (mais quel danger suis-je donc ?).
-
Samedi 6, dimanche 7, lundi 8 : je me ronge les sangs. Je suis encore en congés officiellement jusqu’au lundi inclus mais si je n’ai pas la lettre le mardi ou le mercredi au plus tard, je serai dans mon tort en étant absente…
-
Lundi 8 : je supplie la secrétaire de mon médecin qui me propose un arrêt de travail depuis des mois… Elle entend bien que je me ronge les ongles et me rappelle une heure plus tard : RV pris pour le mardi 9 au soir : c’est bon, en cas de pépin, je serai couverte.
-
Mardi 9 : réception de la lettre de licenciement (pas d’embrouille donc). Je ronge mon clavier pour y répondre. J’envoie le poulet à ma belle-soeur afin qu’elle me l’imprime car mon imprimante m’a lâchée, elle aussi… J’annule le RV chez le médecin : je suis en préavis payé, mais non effectué (youpee !)
-
Mercredi 10 : j’envois la lettre. Je préviens Truchon. Il me dit que dès réception, nous nous rencontrons pour régler la partie “transaction”.
-
Jeudi 11 : je ronge une cartouche d’encre usagée en essayant de comprendre ce qu’a cette foutue imprimante
-
Vendredi 12 : c’est l’anniversaire de Delphine. Je me ronge de cafard et enfin, appel de Truchon, lettre bien reçue, ne peut me rencontrer ce jour, parce qu’il a les amerloques sur le dos (faut que je le plaigne). RV pris pour lundi, même endroit, à 10 H.
-
Samedi 13, dimanche 14 : je ronge un bout de bois en aidant Mrs Bibelot à faire du feu dans son jardin, en priant, tout en brûlant des feuilles mortes qui se ramassent à la poubelle pelle, pour que les amerloques n’aient pas fait capoter l’histoire, car ils en sont capables, ces cloportes.
-
Lundi 15 : je me réveille dès 4 heures du mat. Cela va être long jusqu’à 10 H… Je ronge mon frein. 10H 15 : remise du chèque et de la transaction, dans la voiture de Truchon (le troquet est fermée), avec Mrs Bibelot planquée non loin avec un télescope pour voir à quoi il ressemble. Soulagement de ma part et de la sienne. Il me confirme que le reste me sera finalement adressé avant la fin du mois et que je signerai mon reçu pour solde de tout compte en décembre. Il espère que je viendrai le lui remettre pour dire au revoir à tous et éventuellement offrir un pot… Je ne suis pas chaude pour le pot, il m’avait dit à notre rencontre précédente qu’il me l’offrirait… Il me faut encore le plaindre de la pression qu’il subit, mais chèque en poche, je me permets de lui signaler que moi je n’ai pas touché le pactole en 2000 quand j’ai vendu ma boîte (bon d’accord il n’a touché que la moitié de 15 millions de F, son père étant également en nom, mais moi avec la même somme, je me sentirai très bien…). Il ne moufte pas…
-
Mardi 16 : direction la banque pour remise du chèque. Banquier ultra sympa “bon, voyons voir quels sont les placements les plus avantageux”. Je ne ronge plus rien, mais j’ai signé… J’espère ne pas lui avoir vendu mon âme au passage… En empochant mon chèque je renonçais définitivement à toute procédure, mais voyez-vous, de se battre, on se lasse…
J’ai vécu là les 31 jours les plus longs de ma vie, avec mes deux neuvièmes mois de grossesse… La relativité du temps qui passe, il y a des moments où l’on la ressent tout à fait… Reste à se remettre de tout…
Ma petite chérie, je t’ai déjà souhaité un joyeux anniversaire publiquement, l’année dernière ici.
Pour ceux qui débarquent, Delphine a eu 23 ans ce 12 octobre à 1 H 35 (non, l’heure n’a pas changé et ne changera jamais, c’est l’âge qui change).
J’étais, l’année dernière, nostalgique de tout un temps passé trop vite. Je le reste toujours aujourd’hui, mais je mesure aujourd’hui la distance qui sépare la maman que j’étais le 12 octobre 2006 de celle que je suis ce 12 octobre 2007.
-
Je n’imaginais même pas te souhaiter à nouveau ton anniversaire sur un blog qui vit toujours, et je n’y croyais pas, et qui s’alimente tout seul des évènements, drôles ou moins, de la vie, des souvenirs qui remontent, ou que je glane ça et là.
-
Aujourd’hui le bilan d’une année écoulée, pour toi, pour ta soeur, pour moi, pour le reste de la famille, est positif et triste à la fois (par ma faute). Tout va trop vite. Mais l’adage provençal a été respecté : si à l’an qui se termine nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins” (zut mon Bescherell est au boulot et il doit manquer un i quelque part… soyions ?)
-
Je disais “Carpe Diem” sans savoir faire
Je ne me demande plus tout haut “comment le temps a-t-il pu passer aussi vite” ? Je sais. Il passe, ou bien c’est nous qui passons, nul n’a résolu cette équation, mais c’est ainsi. Mais le tourbillon s’accélère à mesure que le temps passe et nous n’y pouvons rien… Alors, se résigner est la seule solution.
A 1 H 35 du matin, tu es rentrée dans ta 24ème année, l’année zéro n’existant pas (débat éternel). Comme si le temps passé en moi avant ton premier cri, n’avait pas existé, mais pour la législation, c’est la naissance qui compte. Alors que tu vivais en moi qui avait peur de te perdre, comme peu avant, pour ta soeur…
Et là j’ai envie de te dire vraiment : Carpe Diem ma chérie. Profite du jour qui est. Profite de l’instant présent.
Ne fais pas comme moi, en te disant tout bêtement “je tiens de maman”. Trop facile l’excuse… Ne regarde l’avenir que pour le positiver (c’est cela moque-toi de moi : je t’en ai donné le droit), le passé que pour ne pas le regretter ou le refaire car on ne le refait jamais. Ne rumine pas un “si j’avais sû” “j’aurais dû” “je n’aurais pas dû” “comment que j’aurais dû lui répondu”. Le train de la vie avance mais dans ce train là, l’on ne descend pas sur le quai pour prendre un omnibus vers la gare d’origine et s’arrêter où l’on veut. Ne pense pas à hier ou demain avec des “si” qui font parfois tellement mal que la vie présente n’existe plus…
A l’aube de ta 24ème année, c’est un peu de sagesse dont je voudrais vraiment te faire cadeau… Les mots ne suffisent pas, mais je veux qu’un jour, très proche, tu te dise “maman avait raison”. Car maman a compris, il était temps, qu’il ne suffisait pas de redouter les évènements, de les combattre, pour les empêcher d’arriver. Maman a enfin appris “Carpe diem”, et voudrait te le donner en héritage… Car l’on se retrouve un beau jour sans regrets, en se demandant comment on a pu tant souffrir. Cela c’est une certitude… Seuls nos proches comptent vraiment, l’amour que l’on a pour eux, qu’ils ont pour nous. Le reste n’est que broutilles “non invaincues mais non pas invincibles”.
Carpe Diem : certaines batailles sont vaines à vivre et il faut toujours un vaincu et un vainqueur. Malheur au vaincu ? Non, sauf s’il a combattu en vain pour une cause perdue d’avance, ce qu’il savait.
Souviens toi de cela : on se demande un jour comment l’on a pu être aussi malheureux, comment on a pu gaspiller son énergie en vain… Continue à donner toute ton énergie à ce que tu aime, ce pour quoi tu es douée vraiment, ce qu’il te faut, au jour le jour…
Bon anniversaire ma petite chérie (je sais, je suis super rigolote sur ce coup là, comme chaque année !). Pour tes 24 ans, on causera un peu de l’heure indue à laquelle tu as pointé ton petit nez… Je l’espère, toujours sur ce blog dont je veux qu’il vive, et là j’y crois…
(C’est cela les jeunes parent, marrez-vous…, le temps qui passe n’est qu’un long calvaire)
Voir 78 visiteurs un dibanche soir, et aucun cobbentaire sur bon post du jour (quoi 78 visiteurs à la bêbe heure ? c’est louche).
Je be vengerais béchamment un jour ou l’autre (oui, ba bacloison nasale n’est pas totalement rebise en place, contrairement aux allégations bensongères du bédeciin).
Une sorcière souffreteuse donc susceptible…
Un nez ruiné, rien de tel pour vous mettre de bonne humeur (là ça basse hyper bien..)
La vie n’est qu’un long calvaire ! (ça basse aussi)