'Nos grands moments de solitude'
Moi qui ai culpabilisé pendant des années de ne pas être une femme parfaite, ce que j’adore sur la blogosphère, ce sont les aveux de plus en plus nombreux, de femmes jeunes ou pas, avouant être totalement nulles comme femme d’intérieur, cuisinière, etc…
Avec ma soeur nous nous comprenons, les armoires rangées au cordeau, la vaisselle par ordre de couleur, et j’en passe, ça nous fout limite les jetons. Notre mère est intermédiaire. Elle aime le propre et le rangé, mais avec son petit bordel tout de même (la planche à repasser est toujours sortie par exemple, chez moi jamais, je repasse une fois l’an étant la championne de l’étendage de linge).
Moi la personne qui me précise que je peux manger par terre dans ses chiottes, ça me tétanise : pourquoi irais-je manger par terre dans les chiottes ? Et pourquoi pas dans sa fosse sceptique désaffectée ? J’aime tout de même quand c’est propre, j’ai juste un problème avec le rangement, y compris des produits d’entretien, c’est paradoxal à priori…
Nous reconnaissons tout de même que nous, ce qui nous fout aussi les jetons, c’est que quelqu’un passe à l’improviste chez nous. D’où mon “maman n’est pas là pour l’instant” miaulé dans l’interphone pour que personne ne puisse voir ce qu’il se passe chez moi. Surtout dans l’entrée, et l’entrée c’est stratégique quand vous ouvrez la porte à quelqu’un. Hors, c’est là que je lourde tout ce que je rangerai “demain”. En plus, j’ai une grande entrée, c’est sans issue…
Demain est un autre jour, ne jamais faire le jour même ce que quelqu’un d’autre (mais qui ?) pourra faire à ma place le lendemain, telle est ma devise. Je pratique la procrastination avec brio et maestria, sauf que ces deux potes là, ne foutent jamais rien…
Donc j’adoooooore lire beaucoup et de plus en plus, celles qui avouent enfin, sans complexe :
- Vivre dans un bordel organisé, ou pas…
- Ne jamais repasser
- Chercher le bon chemisier top dans le tas
- Avoir perdu le mode d’emploi du fer à repasser
- D’ailleurs le fer à repasser où est-il ?
- Cuisiner avec du surgelé ou du sous vide
- Perdre 24 H pour rechercher le dernier courrier de la SS (LA SECU !)
- Rentrer dans la pièce laissée vacante par les enfants partis, avec précaution, parce que par terre il y a des tas…
J’adore voir les anti Bree avouer leurs péchés que je partage, alors qu’à une époque je dois avouer que j’assumais assez bien, avec ça et là quelques embûches…
Parce que moi j’ai assumé avec Albert qui ne faisait pas la différence entre une éponge et un balai à chiotte, j’ai élevée mes gamines toujours propres et bien repassées, j’ai assumé mon appart actuel avec les deux filles, puis Charles Hubert qui ne savait même pas ce qu’était un balai tout court.
Alors maintenant que je suis toute seule, que je n’impose rien à personne (sauf au chat qui s’en fout et dégueulasse tout), je fais ce que je veux chez moi.
D’ailleurs il faut tout de même que je retrouve l’aspirateur qui doit être sous le tas de vêtements à donner. A donner après vérifications parce que souvent après, j’ai des regrets (qui n’agrandissent pas mes placards).
Parce que paradoxalement, j’adore quand c’est impec. A chaque fois que je m’y colle pour en prendre pour 8 H et me coucher avec des courbatures, je jure sur la tête d’un vers de terre que je ferai tout au fur et à mesure dans l’avenir.
Sans pouvoir m’y tenir… Pas pour rien que je choisis un vers de terre anonyme (inutile d’alerter BB, faut pas charrier non plus)
Alors merci les filles pour votre soutien involontaire à ma procrastination légendaire…
Suite à mes mésaventures de sage femme improvisée et complètement traumatisée (maintenant la famille m’appelle “la sage femme sans culotte”), j’ai contacté Marianne pour qu’elle me rappelle sa mésaventure à elle, remontant à 20 ans.
A l’époque j’avais hurlé de rire, elle pas… Mais vous pourrez le constater, elle a fait beaucoup mieux que moi, même en portant une culotte qui ne lui a été d’aucun secours…
Elle m’a donc gentiment fait un mail en me re-racontant son aventure, et en me précisant qu’elle me faisait confiance pour l’humour car elle, elle ne sait pas faire (cette aventure l’a totalement traumatisée !).
Je l’ai donc appelée et nous en avons discuté entre choses et autres (3 heures), et curieusement, en en parlant, elle a pu se souvenir des détails qui l’avaient le plus frappée finalement… Je précise qu’elle est mère de 4 enfants dont des triplés… Et qu’elle m’autorise à raconter après, son accouchement des triplés qui lui a laissé LUI un bon souvenir… D’où les 3 heures tout de même, soyons honnêtes, plutôt 4, les forfaits illimités c’est le pied, ce sont les batteries du téléphone qui craquent les premières…. Oui parce que finalement nous avons papoté pendant 5 heures…
Mois d’août, la France est déserte, Marianne jardine, elle adore, son jardin est immense (et terrifiant pour une personne comme moi).
Arrive sa voisine, en cloque jusqu’à l’occiput, qui marche les jambes écartées.
- “Marianne, clinique, contractions, sensations curieuses, au secours, j’ai perdu les eaux, voiture en panne”
Marianne a chié sa première pastèque en 72 H (comme moi avec Pulchérie), ses triplés en 12 H, elle se sent ZEN. Bon il est vrai qu’on nous dit de partir à la maternité dès la perte des eaux (enfin à notre époque c’était une consigne absolue), mais pour elle, il n’y a pas d’urgence. Comme moi dans aucun cas elle n’a perdu les eaux, cela lui semble curieux comme concept (moi pour les deux filles on m’a percé la poche quasi au dernier moment, pour elle avec les triplés, c’est vachement plus rigolo, donc, vous repasserez…)
Elle range sa binette, sans imaginer à quoi ressemblera la sienne dans 32 minutes très exactement. Fort heureusement, elle aurait pu se suicider avec (la binette).
La voisine (primipare) assise sur la margelle du puits, fait la respiration du petit chien, et Marianne lui précise que c’est du pipeau en allant chercher son sac à main et ses clefs de voiture (à l’époque le portable n’existait même pas).
Inconsciente légèrement, elle fait monter la voisine à coté d’elle, au lieu de la lourder à l’arrière ou dans le coffre. La voisine pose ses pieds sur le tableau de bord, les pattes écartées et continue à souffler.
Et voici Marianne en route vers la clinique.
Manque de bol, personne n’y a pensé, c’est jour de marché, encombrements maximum malgré le mois d’août.
Tout à coup, la voisine, pousse un hurlement à faire fuir Dracula : “Il se passe quelque chose, je ne peux pas rester assise comme ça, arrête toi ! la tête est en train de sortir”
En plein milieu de la place du marché où tout le monde tourne en cherchant en vain, une place. La clinique est à 250 mètres à vol d’oiseau, mais Marianne n’a qu’une voiture.
Un peu inquiète tout de même, elle pile en mettant en route les warnings…
Elle recule le siège passager au maximum et elle, risque un doigt en s’excusant un peu, car elle est mal placée pour jeter un regard… Merde, elle sent confusément quelque chose. Elle risque 3 doigts : pas de doute, la tête commence à sortir.
Et la voisine qui invoque la vierge Marie ! quand on accouche il y a peut-être une sainte plus efficace ? (la signaler à l’audience, merci !)
Vl’a deux motards qui viennent voir ce qu’elle fout en plein milieu de la place du marché à bloquer la circulation. Elle se sent rassurée, elle a tort.
Car si le premier voit tout de suite où est le problème, le second en comprenant, lui dégueule son petit déjeuner copieux, sur ses pompes neuves Minelli qu’elle a payé la peau des fesses en vendant ses haricots à des prix prohibitifs à ses voisins.
Le premier l’aide à mettre la mère en position (le kiki vers la sortie de la voiture) et lui assure qu’il sait faire. Enfin qu’il a apprit à faire, enfin qu’il espère se souvenir. Marianne se sent soudain très seule, quand sous ses yeux héberlurés, la tête du bébé sort complètement : la mère prévoyante, n’avait pas mis de culotte…
En discutant de la chose nous avons réalisé que nous avions eu de la chance : et si cela avait été un siège, on aurait fait comment en voyant un cul se pointer au milieu du kiki ?
Elle, sait qu’on tire dessus (la tête) pour accélérer le processus. Elle se lance avec inconscience. Elle attrape la tête, tire dessus, avec l’impression qu’elle va se retrouver avec la tête dans les mains, le reste restant coincé. Et puis tout à coup le motard intervient :
- “Faites pivoter la tête, le môme est coincé”
Marianne essaye de faire pivoter la tête, en tirant pour rien, paniquée totalement, pendant que celui qui a dégueulé écarte les curieux. Circulez, y’a rien à voir. Ben si.. Et tout à coup, l’enfant vient. Trop rapidement. En fait il n’était pas coincé il attendait la prochaine contraction. Elle le tient du coup par le cou, et ne sait pas quoi en faire…
C’est le motard qui interviendra enfin pour poser le bébé sur la maman qui remercie la vierge Marie, en le sauvant de la strangulation, et se posera the question “on le couvre avec quoi, avant d’aller à la clinique ?”.
Rien pour couper le cordon, l’enfant semble prendre sa respiration naturellement, et Marianne n’a qu’une solution : retirer son Tshirt devant toute la place du marché, pour couvrir l’enfant, et reprendre le volant, en soutien gorge, escortée par l’équivalent de la garde républicaine qui lui ouvre la voie, tout de même.
Malgré les félicitations du jury (les urgences), elle ne s’en est jamais remise…
De quoi ?
- Une paire de chaussures neuves et de prix : flinguée
- Un Tshirt de marque : idem
- Avoir montré quelques petits bourrelets cachés par le Tshirt, en le retirant, à toute la place du marché, dont madame Irma sa voisine si cancanière…
- Avoir déambulé dans une clinique en soutif, avant qu’une infirmière ne lui propose une blouse bleue en faux tissu.
- Avoir roulé avec l’immonde blouse bleue pour rentrer chez elle.
Pour le reste finalement elle se souvient juste du “le môme et coincé” mais qu’elle a réussi à le décoincer. Du coup elle s’est demandée si elle n’allait pas faire serrurier…
Dès le début de la vie, c’est un long calvaire…
Toute personne de sexe féminin a depuis son adolescence, en sa possession, le meilleur ennemi de la femme.
Mon dermato, le docteur Alopécie (et non pas la blonde à la prise de sang sadique), est d’ailleurs archi contre cet engin qu’il juge dangereux, faussant notre jugement pas toujours terrible au départ…
Je veux parler du miroir grossissant.
J’en ai deux, au cas où l’un des deux ne se brise lors d’une manipulation inopinée (7 ans de malheur, c’était donc ça !).
Sauf que maintenant, ils ne me suffisent plus à traquer le petit duvet pernicieux qui se glisse ça et là sur mon visage, en se transformant en crins, et que je ne vois pas parce qu’ils sont blonds.
C’est idiot, mais je suis persuadée que les autres voient le superflu, d’autant qu’à partir d’un certain âge, le duvet prend une vigueur nouvelle au détriment des cheveux qui se tirent. C’est injuste mais c’est comme ça…
Pour traquer le superflu, j’utilise un miroir/loupe que possède maman, qui lui vient de Mrs Morgan, dans lequel je regarde strictement la zone incriminée. Avant de partir à la Grande Motte, je l’avais suppliée de ne pas oublier cet engin et elle m’a rétorqué : “il y en a un encore mieux dans l’appartement, tu verras”.
J’ai vu.
Grave erreur, j’ai regardé dans le miroir permettant de voir l’intégralité du visage, côté grossissant, sans préparation psychologique préalable.
Des coups à faire une crise cardiaque, à faire monter la tension d’un seul coup d’un seul ou à fabriquer un calcul biliaire (dit lithiase) en moins de 15 secondes.
Quand ils feront plus grossissants (les miroirs), on verra les molécules, les créateurs de microscopes n’ayant plus qu’à aller se rhabiller.
- Pore dilaté = cratère
- Ridule = sillon (abreuvé d’un sang impur)
- Grain de beauté = verrue étendue
- Point noir = pustule
- Poil superflu = pieu qu’on pourrait y sculpter un totem à l’indienne
- Ride = le grand canyon du Colorado
- Petit vaisseau dilaté = varice indurée
- Bref, de quoi faire s’évanouir les filles qui ont pourtant une peau de pêche, alors moi, vous imaginez…
On l’aura compris, j’ai peu utilisé cet engin de malheur qui m’a déprimée grave lors de la première utilisation. Car les femmes sont masos : il m’a fallu bien me regarder sous toutes les coutures et constater que finalement le port du voile intégral n’est pas si bête, et que malgré l’écran total dont j’abuse j’avais des petits points rouges ça et là (qu’on ne voit absolument pas au naturel).
La vie n’est qu’un long calvaire (et le poil traitre mais ça, on le savait déjà…)
Le temps est venu de reprendre de bonnes habitudes à raison d’un post un jour sur deux, et je vous laisse donc méditer ce WE sur vos pores dilatés, vos duvets incrustés, tout ce qui nous défigure, et tout ce que l’on ne voit pas à l’oeil nu (dont les virus et microbes…)
A vu de nez, comme ça, au hasard, j’aurais dit que mon téléphone avait au moins 6 ou 7 ans, tellement il m’a emmerdée.
Perdu : pratique d’avoir un blog, mon téléphone ne datait que de novembre 2007 (ICI).
Heureusement que j’étais assise quand j’ai constaté cela (généralement je m’écroule avec grâce sur une chaise pour faire zouzou avec l’ordi), car sinon j’en serais tombée sur le cul… En me pétant quelque chose, je suis tellement douée…
J’avais pronostiqué que les piles rechargeables clamseraient, que je n’aurais donc qu’à changer de téléphone, et j’avais bien raison (mon dieu ce don de voyance !).
En février déjà, il m’avait fait le coup du “pas bip” quand je le reposais sur son socle, il s’était déchargé en me faisant chier un max, jusqu’au bip salvateur (après 72 tentatives de le repositionner sur son socle).
Depuis février il faisait “bip” comme il faut et là, au moment où les impôts attaquent avec décès du pèse personne, PAF, tout à coup, plus rien. Rien de rien. Rien à faire. Et les gros mots les plus infâmes ne l’impressionnaient pas. Pourtant je m’y connais en gros mots infâmes, vous ne pouvez même pas imaginer… (si ?honte à vous !)
J’ai donc décidé de ne pas me rendre à Rauchan, une fois de plus, mais chez le petit marchand de la bourgade voisine qui vend de TOUT. J’ai bien dit : de TOUT ! (là où d’ailleurs j’ai fais l’acquisition de mon pèse sorcière, j’ai envie de le piéger un jour en lui demandant s’il vend des diaphragmes)
Homme charmant en plus, qui se souvient qu’il m’a connue avec Pulchérie bébé… Limite je rédige mon chèque en chialant d’émotion au lieu de penser à mon solde forcément dans le négatif et sans me scandaliser qu’il ne prenne pas la carte bleue.
Qui a ouvert mon téléphone pour me faire constater que :
- J’avais raison, les piles batteries n’étaient plus simplement déliquescentes mais carrément décédées
- Et que se faisant, en fondant, au passage, elles avaient ruiné à son sens, l’hébergement des batteries immortelles aux dires de Rauchan
- Toutefois m’a-t-il gentiment déclaré, n’étant pas infaillible, il allait nettoyer du mieux possible les résidus de la fonte des piles immortelles pour m’en mettre de nouvelles (piles batteries)
- Je suis donc rentrée chez moi pour constater qu’il n’y avait point de bip
- Comme c’était une fin d’après midi, et que j’étais en plein boum, je suis repartie en chantant “auprès de ma blonde” éructant à l’idée de lui racheter un téléphone neuf
- 49 Euros, ce n’est rien pour une chômeuse, mais je préférais le lui acheter à lui qu’aux escrocs d’hypers (comme pour la balance qui causerait si qu’on se laissait faire…)
- Il a lui-même mis en place les batteries immortelles après avoir récupéré les autres qui ne correspondaient pas et ressemblaient de toute manière, à plus rien, et m’a conseillé de lui apporter mon téléphone tous les 6 mois pour qu’il en vérifie l’état (des batteries et du reste, les batteries rechargeables se remplaçant avant qu’il ne soit trop tard)
- Parce qu’il faut bien le comprendre : son commerce fonctionne toujours très bien malgré la concurrence des grandes surfaces, parce que jamais un client n’a été mécontent de lui. Je ne sais pas si Rauchan peut en dire autant (enfin pas en ce qui nous concerne, ma famille et moi)
Etonnez-vous que je fasse vivre les petits commerces du secteur… Mes parents ont affaire à lui régulièrement. Effectivement il a tout, il connait tout, mais en plus il rend service gracieusement…
Le seul problème est que la sonnerie de mon nouveau téléphone est abominafreuse et que la brochure d’utilisation fait 122 pages, donc je vous laisse deviner quand je vais la lire (jamais)…
Douée comme je suis avec la téléphonie, je ne suis pas prête de cesser de me demander pourquoi dans le film (ou téléfilm, ou série), la personne ne décroche pas son portable. Le temps que je réalise qu’on m’appelle, le correspondant a été redirigé sur top message qui merde régulièrement (c’est un message subliminal pour France j’te cause).
Et sinon, entre la mort officielle de mon sans fil et la mise en service effective du nouveau, j’ai oeuvré avec un poste vintage A CADRAN… Pas besoin de mode d’emploi pour celui là, mais appelez donc EDF pour taper sur la touche *…
C’est l’horreur, et la sonnerie avec également…
Sinon, j’envisage de faire lire la notice à une personne extérieure qui connaît tout bien (genre patron qui maîtrise le YFOKON), notice comme il se doit soporifique et souffrant d’un évident problème de traduction. Généralement cela se passe mal, j’en ai fait les frais avec mon portable :
- Je veux changer la sonnerie, moralité je la coupe.
- Je cherche comment faire bis, je fais une fausse manip et je me retrouve avec une nouvelle sonnerie sans savoir comment j’ai fait (et non, il n’y a pas de touche bis sur mon téléphone fixe, ni sur mon portable d’ailleurs)
- J’essaye de le remettre à l’heure (le téléphone). Du coup, je coupe à nouveau la sonnerie.
- Donc généralement mon téléphone, je m’en sers pour décrocher, composer un numéro, ou décrocher tout court quand on m’appelle.
- Manquerai plus qu’il ne prenne des photos, je ne vous dis pas la tronche qu’aurait Diabolos mitraillé par moi, avec un téléphone…
- Déjà que je ne sais toujours pas envoyer un texto, ou SMS, ou merde quoi !
Quand je vous le dis que la vie n’est qu’un long calvaire… D’autant que bien évidemment mon téléphone ne pouvait me lâcher qu’au moment du décès de la balance et de l’arrivée des impôts…
Et le téléphone est bien la seule chose qui cause que je supporte, avant l’invention du truc démoralisant, dépistant votre arrivée chez vous pour vous signaler d’une voix de pétasse : “vous n’avez eu aucun nouvel appel”…
Mais ne vous inquiétez pas, ça viendra !
Car la vie n’est qu’un long calvaire (bis repetita placent)
Suite au décès du pèse sorcière le vendredi soir, me voici me réveillant mutine et tout vers midi le samedi.
J’ai bien dit “vers midi”, je me suis beaucoup décalée, et “mutine et tout” c’est du pipeau vous l’imaginez bien, même si on me faisait dormir 100 ans, je me lèverais dans le coltar… Il me faut 5 minutes en position verticale pour rassembler mes 2 neurones encore fripés…
J’avais mis la balance dans l’entrée pour ne pas oublier de la descendre aux poubelles (ça c’est toujours possible), et de ne pas oublier non plus d’aller en racheter une autre (ça, ça ne risquait pas).
Me voici en visite sur le site Rauchan pour voir ce qu’ils offrent et à quel prix… pour partir finalement, ma détestation des grandes surfaces ne s’arrangeant pas du tout, dans le bled d’à côté dans une quincaillerie où l’on trouve de tout… Du boulon introuvable au lave vaisselle, vous avez tout.
L’homme a bien vu que je lorgnais sur les sorbetières et a commencé à m’en vanter les mérites, pour se faire gentiment remettre à sa place : j’avais besoin d’un pèse personne.
“Bébé ou adulte” m’a-t-il demandé. Adulte. Il y a longtemps que le pèse bébé que Mrs Bibelot conserve jalousement, n’a pas servi…
Et là il m’a présenté plusieurs modèles (parce qu’en plus il avait plusieurs modèles).
Le simple, avec l’aiguille qui part vers la droite, toujours beaucoup trop vite. J’ai fait berk, parce que je suis habituée au modernisme, et que ce style de balance n’est pas exact aux 100 g près…
Le supra sophistiqué :
- A piles bien évidemment
- Qui cause. Je fais ça super bien toute seule, je n’aime pas les engins qui causent…
- MAIS qu’il faut donc programmer. Genre, on programme Albert, Coraline, Pulchérie et Delphine, chacun rentre son poids de départ, et après, à chaque fois que quelqu’un montera sur la balance, il faudra lui préciser de qui il s’agit
- Pour qu’elle ricane sadiquement “Coraline vous avez pris 125 grammes” (vu que je vis seule).
Mon dieu mais quelle horreur ! Déjà j’ai eu avec Albert une voiture qui causait “votre réservoir est vide” (alors que l’on cherchait désespérément une station service ouverte dans le limousin un dimanche, avant l’invention du distributeur à carte bleue). Depuis, les machines qui causent, ça me fait super flipper.
Et je ne vous dis pas : programmer un pèse personne ce n’est pas mon truc, moi qui ne suis pas fichue d’enregistrer un n° dans mon portable et d’envoyer un texto.
J’ai donc pris le simple électronique qui ne cause pas, à pile sans clips, et je suis repartie en gambadant, mon pèse personne sous le bras.
J’ai testé son exactitude en pesant d’abord Diabolos “c’est bien mon pépèèère”, pour vérifier mon poids à moi qui reste correct par rapport à ce que j’avais vu la dernière fois.
Je me suis donc pesée en tenue d’Eve, puis avec la divine tenue que je porte toujours quand je suis sur l’ordi, nonobstant les accouchements éventuels.
Elle fait très exactement 500 grammes, tout de même !
Je suis certaine que vous êtes ravis de le savoir…
C’est une loi dont on ne parle jamais, mais qui existe bel et bien, en fait, moi, je l’ai testée souvent. Les emmerdes arrivent rarement isolées, elles se regroupent pour faire d’une période une sale période…
Quand quelque chose merde grave, faut forcément que le reste s’y mette, au même moment…
Genre : vous choppez une angine monstrueuse et les antibiotiques qui vous rescapent vous collent une mycose tellement qu’ils sont efficaces qu’ils ont détruit votre flore vaginale et intestinale au passage. Donc vous n’avez pas qu’une mycose, mais vous pouvez tout de même avaler votre thé au lait sans hurler…
Genre : vous coulez une bièle (enfin la voiture) alors que Truchon vient de vous signifier votre licenciement.
Genre les impôts vous tombent dessus et vont vous pomper votre compte en banque (le montant réclamé étant quasi égal aux indemnités assedics, j’ai proposé mon sang précieux (0 -) et les salauds ont dit non) et là, paf, votre balance vous lâche. Enfin la mienne, vous faites ce que vous voulez avec votre sang et vos impôts, chacun ses merdes.
La saloooooope !
Je ne sais pas depuis combien de temps je l’avais, mais elle nécessitait une pile, pesait aux 100 g près, et me permettait de peser Diabolos (5500 g c’est bien mon pépèèèère, après tes 6900g !).
La pile tenait depuis un temps suspect, dans la mesure où je peux monter sur la balance 3 fois par jour, y compris pour évaluer le poids de mes vêtements (ce qui est passionnant, chacun le sait…), ou savoir combien j’ai perdu entre le soir et le matin, en expirant de la vapeur d’eau la nuit en dormant. Pour information, cela varie entre 800 g et 1300 g, suivant le temps et la position de l’anticyclone…
Cela permet également de calculer que manger uniquement 250 g de chocolat au lait et aux amandes dans la journée, fait prendre un kilo, ce qui laisse perplexe…
Et là, ce vendredi soir, la pile est morte, honneur à elle, elle a tenu un bout de temps.
Juste à la changer c’est tout simple.
Sauf que c’est une pile diabolique, rectangulaire, avec deux embouts différents, vous voyez le genre, avec dans l’engin incriminé, deux clips à clipser.
Sauf que là, un clips est venu avec la pile morte, en morceaux en plus, inutile d’essayer de le remettre en place, il s’est répandu d’horreur par terre, en miettes. Je ne vous dis pas les gros mots que j’ai prononcés…
Donc le pèse sorcière est mort également. Mon père consulté par téléphone (et ravi, à 21 H en plein western), m’a confirmé que non, il ne peut pas changer le machin qui se clipse sur la pile.
Me reste donc à racheter un pèse sorcière. Depuis le temps que j’ai l’habitude de savoir que j’ai pris ou perdu 100 grammes, de peser Diabolos, je vais avoir du mal à reprendre un pèse sorcière à aiguille qui se goure généralement de 500 g (et 500 g c’est important, si vous perdez 500 g par semaine, calculez combien cela fait par an car x 52 semaines).
Donc, je vais être obligée (première rhorreur) d’aller à Rauchan, pour me trouver un pèse Diabolos qui pèse à 100 g près.
Mon compte en banque avait juste besoin de ça (deuxième rhorreur), c’est tout ce que j’ai à dire. Mais vivre sans balance, m’est totalement impossible…
Alors je hais, autant que le fisc, les machins à clips pour les piles à clipser…
La vie n’est qu’un long calvaire, et comment dormir sans savoir combien je pesais en me couchant ?
Heureusement que ce n’est pas arrivé un samedi soir…
Affaire à suivre…
Le sale jour de la mort de petite n’Héra je voulais accompagner mes parents jusqu’au bout. J’ai donc après ramassage de prunes, garé ma voiture sous le prunier, pour que le vétérinaire puisse entrer avec sa voiture.
Je ne vais pas vous faire un plan non plus, de la cour, du prunier, et du reste Tout simplement, bref, n’est-ce pas, pour laisser entrer le vétérinaire, il me fallait me garer sous le prunier.
J’espère que vous aviez compris qu’il y avait un prunier agressif dans la cours de mes parents…
Papa se souvenant de ma réaction à la mort de ma chienne (limite épave à ramasser à la serpillère), se souvenant que je les avais déjà accompagnés pour d’autres sales coups de ce genre, m’a dit à 17 H “tu sais, tu peux y aller, nous sommes deux à nous soutenir, pas la peine de te foutre la rate au court bouillon”.
J’ai compris le message : ils préféraient pleurer dans les bras l’un de l’autre sans témoin, et je suis donc partie pour pleurer toute seule chez moi… En les comprenant et épargnant leur pudeur : je suis certaine qu’ils ont passé leur soirée à se soutenir, s’aimer, et encore se soutenir. N’héra, c’était leur dernière fille !
Place de l’Eglise : je ralentis (c’est un carrefour un peu dangereux). Les gendarmes sont là, comme souvent. Généralement je ne regarde jamais gendarme ou flic dans les yeux : du coup, ils vous arrêtent (c’est statistiquement prouvé, même si vous n’avez rien fait).
Et là, coup de sifflet. Je m’arrête, en me demandant ce que j’ai fait (on a le droit de pleurer en conduisant ?).
Salutation du gendarme l’air sévère :
- Madame vous avez deux prunes
- Moi (les yeux coulants, complètement à côté de la plaque) : “mais je n’ai rien fait !”
- J’ai dit “prunes” pas “contravention”. Vous avez deux prunes sur votre toit. (Les salopes n’étaient pas sur le toit de la voiture quand j’y suis montée, elles ont dû tomber au moment où je démarrais).
- Ah ! fichu prunier, vous comprenez j’étais garée dessous et…
- Ce n’est pas grave madame, nous allons les retirer, ce serait dommage qu’elle aillent s’abimer sur le pare brise de la personne qui vous suit et ça pourrait même être dangereux”
- Là c’est l’ouverture des vannes divines, mes glandes lacrymales cèdent. Le pote du gendarme approche, le sourire au lèvres. C’était une gentille blague que les “2 prunes”. Il se fige.
- Ca ne va pas madame ?
- Noooooon, vous comprenez…… Si j’étais garéééée sous le prunieeeer, c’était pour laisser de la place au vétérinaiiiiire qui venait piiiiiquer la chienne. SNIIIIFFFFF
Ils se sont regardés un peu confus. Même pas de contrôle de papiers afférents à la conduite du véhicule. J’ai été priée de me garer un peu mieux, sur la droite ou je ne pouvais gêner personne, et ils m’ont offert un coca frais pour que je me remette (tiens pas de cognac pour les cas désespérés ?).
Sympas les gendarmes parce que votre sorcière qui laisse s’ouvrir le robinet, ce n’est pas de la tarte (aux prunes), et ça fait concurrence aux grandes eaux de Versailles.
Sans savoir que je déteste le coca et que du coup, j’ai pleuré encore plus fort… Parce que la vie n’est qu’un long calvaire.
D’un autre côté, si j’avais eu un cadavre dans le coffre, j’étais d’avance tirée d’affaire… A leur décharge, ils m’ont laissée repartir quand ils ont vu que j’avais récupéré mon si peu… Mon très si peu d’ailleurs. Une côte à monter, et 1 km à faire, j’étais bonne d’après eux (et comme qu’ils avaient raison !)
Un jour je vous raconterai comment que je n’ai même pas soufflé dans le ballon et que les flics s’en souviennent certainement encore…