'Nos grands moments de solitude'
Comme vous le savez (ou pas), j’ai été élevée dans un milieu qui pratiquait l’apiculture (ICI).
J’ai donc le plus grand respect pour les abeilles. Pas de bol, ce n’est pas réciproque, enfin, c’est une manière de voir les choses.
J’ai lu beaucoup de livres ou articles sur les abeilles, et il paraitrait que ces dernières ont un langage leur permettant de signaler aux autres où aller butiner. En précisant le trajet aller et le trajet retour. Certains l’appellent “la danse de l’abeille”, enfin une des danses, car elles en auraient plusieurs pour plusieurs cas de figure.
Je ne peux que croire que c’est tout à fait exact. Que ce n’est pas une blague et que le langage des abeilles est très perfectionné.
Donc, début juillet, un bzzzz caractéristique chez moi : ce n’est pas une guêpe, ni un frelon (le frelon fait BZZZZZZ), ni une mouche bleue (je déteste les mouches bleues) mais une abeille. On revoit beaucoup d’abeilles cette année, pour la première fois depuis un petit moment.
Pauvre petite bêêêêête rentrée je ne sais pourquoi, car je ne cultive rien pour attirer les abeilles, par la porte fenêtre de ma cuisine toujours ouverte l’été…
Que je ne pouvais pas tuer, mais dont je devais éviter le contact parce que je suis allergique aux venins de fourmis et d’abeilles (pour la guêpe cela ne saurait tarder…). Je devais également protéger Diabolos d’une éventuelle piqûre, car c’est un chasseur d’insectes redoutable.
Me voici donc, armée d’un torchon, essayant de faire des courants d’air pour faire repartir l’insecte dans la cuisine. Personne pour me filmer : dommage. Là c’était la danse du nétrumain qui fait le ventilateur avec un torchon…
J’ai donc ouvert ma porte fenêtre du salon, écarté les rideaux, dans l’espoir que l’ouvrière égarée retrouve la sortie grâce à un astucieux courant d’air créé par moi. Avec mon aide, 2 H plus tard, elle s’est envolée en faisant toujours bzzz, par la porte fenêtre du salon, après avoir trouvé comment se glisser derrière le rideau.
Là elle a dû rentrer dans sa ruche, et raconter à toutes ses copines comment aller butiner là d’où qu’elle ramenait autant de pollen. Et ses instructions sont suivies à la lettre, je vous prie de me croire.
Car TOUS LES JOURS, vers 13 H ET vers 18 H, il y a une abeille qui rentre chez moi en faisant bzzz et qui suit exactement le même parcours que la première :
- 3 tours dans l’entrée
- 1 tour dans l’ex chambre des filles
- 1 tour dans l’entrée
- 2 tours dans le coin salle à manger
- 5 tour dans l’entrée
- Pour atterrir dans le carreau de la baie vitrée du salon, dont il faut que je l’extirpe sans dommages collatéraux, en entrouvrant la porte fenêtre qui elle n’est pas toujours ouverte… (la première venue a expliqué comment se glisser derrière les rideaux, on admire, donc il me faut attendre qu’elles se glissent derrière les rideaux, avant d’agir)
- MORALITE quand elles retournent à la ruche, elles racontent sans doute l’extravagant parcours à pratiquer pour revenir avec de la bouffe.
- Du coup, quand je m’absente, je ferme la porte fenêtre de la cuisine et Diabolos en est indigné.
- CAR, manquerait plus qu’une reine essaimant choisisse de passer par chez moi… Avec tous les bzzzz de l’essaim au grand complet…
Tant qu’à faire, je préfère être là pour parer au plus pressé… Je ne sais pas trop comment d’ailleurs, mais bon, je préfère être là…
La vie n’est qu’un long calvaire…
CECI A LA DEMANDE DE MISS JULIE QUI VIENDRA JE L’ESPERE AVOUER D’AUTRES FORFAITS … (les siens ou ceux des autres…) (la demande de Miss Julie ICI)
Je ne citerai pas mes sources, bien évidemment (car j’en ai, bien sûr, n’allez pas imaginer que c’est de moi à 100 %, moi je n’y suis en fait pour rien…). Mais apparemment, nous les femmes nous serions championnes pour dire ce qu’il ne faut pas, au moment X. (oui X).
Et les hommes ils n’aiment pas notre manque d’enthousiasme et notre distraction, et ils mettent le drapeau en berne avec une facilité déconcertante. Restons concentrées que diantre et débranchons notre cerveau multi tâches (pas facile, peuvent pas comprendre)… Car le drapeau en berne ça les vexe (pas ffacile si on roupille déjà…)
A 51 ans, j’ai eu pas mal de conversation pornos légèrement avec des copines (farpaitement, à faire rougir une équipe de rugbymen sous la douche, on est plus fortes qu’eux sur le sujet qu’ils n’abordent qu’en gros, alors que nous n’hésitons pas à nous confier et à aller très loin) (C’est comme ça, les femmes sont pires que les hommes sur certains sujets, malgré une légende qui vient de la vierge Marie sans doute).
Avec meilleure amie il nous est arrivé d’espérer ne pas être sur écoute au téléphone. D’un autre côté l’écouteur n’aurait pas perdu totalement sa journée…
A éviter donc absolument pendant le X :
-
Décidément il faut refaire le plafond (peintre professionnel)
-
Bouge pas, t’as un point noir sur l’épaule (l’esthéticienne)
-
Il faut décidément que je me décide à nettoyer ces pendeloques (du lustre de la chambre Louis XV) (la maniaque)
-
Tu as mangé quoi ce midi ? (la diététicienne)
-
Tiens pendant que j’y pense, Gérard a appelé (l”opportuniste)
-
Tu te sens vraiment bien ? (Médecin ou étudiante en médecine)
-
Je me demande ce que font les mômes là (mère poule)
-
Merde, mon rôti (la carnivore)
-
Faut qu’on aille chez Rikéa changer ce lit, il grince trop (musicienne suédoise avec de l’oreille)
-
Tiens tu m’y fais penser, ta mère a cherché à te joindre (comment faire comprendre à Albert que sa mère n’est qu’une chieuse, ce qu’elle est, en toute objectivité et encore, on reste soft)
-
A propos la voiture broute (la fermière ayant raté sa vocation)
-
Il faudrait changer les bougies et l’allumage merde (la mécano)
-
Pfft…. (l’impatiente de nature)
-
AAAHHHH Albert !!!! (quand l’homme ne s’appelle pas Albert, sinon vous avez le droit) (la distraite)
-
Tu as mangé des haricots ce midi ? (la femme pompier, on ne sait jamais quand ça peut exploser)
- Il me manque un ingrédient dans ma terrine de légume. Comment ça tu t’en fous ? Dis le que tu déteste ma terrine de légume, avoue !!!! Tu veux ma mort ou quoi en plus ! (celle qui sait rebondir)
Il s’est vexé ? Des explications j’attends…
Tous des chieurs…
Non, je n’ai rien bu, pas fumé la moquette (je n’ai pas pied quand j’y nage), et pas mangé de champignons.
C’est juste que préparant mon expédition petit WE tant attendu de la mi-juin avec Louisianne, j’avais deux ou trois bricoles à fignoler le soir, en particulier mettre mes canapés à l’abri du désarroi de Diabolos abandonné avec 50 litres de flotte et 15 kg de croquette pour environ 60 H MAXI.
Ce qui n’est pas rien, et je me félicite (c’est toujours ça de pris, et j’adore cette expression je ME félicite…), d’avoir gardé d’antiques couvertures dont l’origine remonte au moins à la révolution, que Mrs Bibelot m’a refourguées avant l’invention de la couette en France. Ce sont ces antiquités qui protègent mes canapés contre Diabolos en règle générale (et elles donnent un cachet fou à mon petit intérieur)…
Et voici que je rentre chez moi après avoir été baguenauder je ne sais plus où (si je sais, je suis allée aider ma mère à piquer les cerises aux merles et sansonnets) pour constater que le lampadaire halogène ne fonctionne plus.
Merde ! Les piles l’ampoule a encore une fois grillé pour la 2ème fois en 9 ans. Mais comme je suis assez futée parfois, quand j’ai acheté les 2 piles ampoules il y a 6 ans, j’ai rangé la seconde pour au cazoù, dans un endroit tellement biscornu que je suis certaine (en effectuant l’opération) de me souvenir que c’est là.
Ceux qui connaissent ma mère de qui je tiens ce sinistre penchant ricanent déjà, les autres, peuvent aller voir LA.
Déjà s’assurer que c’est bien l’ampoule qui merde, et pas la prise. Me voici débranchant la bête avec peine, croyant que la prise est fondue et que la panne vient de là, pour la transporter dans ma salle de bain qui bénéficie aussi d’une prise de terre non occupée (je m’amuse comme je veux, d’abord). Ben non, c’est bien l’ampoule qui est morte, la salope. Constatation tout de même : la prise de l’halogène refuse de se débrancher sans l’aide d’un travailleur de force (et comme je n’en suis pas un, j’ai dû me démerder toute seule). Par contre pour la rebrancher pas de problème car :
Je trimballe à nouveau la bête pour la remettre à sa place et la rebrancher (je m’électrocute en changeant l’ampoule si je veux, d’abord).
Reste à trouver l’ampoule de rechange…
Vaste projet. Manque de bol, je savais comment j’allais occuper mon WE et la recherche d’une ampoule n’était pas du tout prévue (surtout de l’halogène car sinon, pour le reste, je sais où c’est).
Je suis allée à tout hasard regarder si je n’avais pas rangé dans un moment d’égarement cette foutue pile à sa place avec les ampoules dont je ne manque jamais, à baïonnette, à vis, grande taille, petite taille, de 40 à 100 W, j’ai même des ampoules pour la voiture qui seraient d’ailleurs mieux dans cette dernière (ah non, c’est du change, excuses, je suis tellement surprise d’avoir prévu du rechange pour la voiture que j’en tombe presque par terre).
Aller m’imaginer une seule minute que l’ampoule pour l’halogène était rangée avec les autres ampoules relevait du pur fantasme de ma part bien entendu, mais bon, on peut toujours avoir un espoir. Sauf que je me souvenais très bien avoir pensé “je vais la mettre là, je suis certaine de l’y retrouver du premier coup“.
Sauf que… Non. Pour le “du premier coup” c’était évidemment loupé.
N’ayant pas le temps de fouiller partout, je suis allée regarder dans les endroits les plus saugrenus : boîte à cirage, pharmacie, tiroirs de ma table de nuit, congélateur, coffre fort à bijoux et lingots d’or, et j’en passe… Pour avoir tout à coup perdu deux heures un soupçon horrible, qui devint certitude…
Ce n’était pas la deuxième fois que le lampadaire tombait en rade. C’était la troisième. Je me revoyais subitement changer la première ampoule, et Charles Hubert faisant de même, donc une deuxième fois, et Charles Hubert changeant une ampoule ça ne s’oublie pas. Donc je cherchais partout une ampoule déjà utilisée. Ma légendaire étourderie (qui n’égale pas celle de ma mère) m’ayant empêché d’en racheter d’avance.
Et de les ranger, comme il se doit, avec les ampoules.
Parce que sur ce coup là (de l’ampoule à halogène), on ne m’y reprendra pas : ce sera rangé à sa place.
Donc pour ceux arrivés là aux hasards des recherches gogoles : pour changer l’ampoule du lampadaire halogène :
- Acheter des ampoules de rechange
- Les ranger à la bonne place
- En sortir une du carton
- Ranger l’ampoule de secours avec les ampoules et non pas dans le placard à chaussures pour “être certain de l’y retrouver”
- Débrancher le lampadaire (si c’est possible, j’insiste)
- Mettre l’ampoule dans le mauvais sens (oui il y a un sens, il y a des sadiques d’inventeurs qui sévissent un peu partout)
- Rebrancher le lampadaire pour constater qu’il y a encore un problème avec l’ampoule
- Re-débrancher le lampadaire
- Changer l’ampoule de sens
- Rebrancher le lampadaire
- De rage foutre une baffe à l’ampoule qui était mal ajustée
- Crier “YOUPEE”…
- Et MERDE ça brûle vite !
- Partir en WE avec une cloque
Une sorcière bricoleuse…
Farpaitement : quand Diabolos me regarde oeuvrer en disant plein de gros mots, je vois bien qu’il pense “mon dieu quel bonheur, mon dieu quel bonheur, d’avoir un humain qui bricole”.
A l’heure où j’écris ce post, je suis encore vénère comme ils disent.
Il faut peu de chose pour gaffer par mail ou autre. Exemple : distraction due au chat qui me saute sans prévenir sur les genoux, et je suis très capable ici, de cliquer sur “publier” au lieu de “save Draft”, même si les touches ne sont pas voisines (heureusement !). La main peut déraper, le mulot merder et hop, il faudra plusieurs heures parfois pour voir que sur le blog, se promène un post qui n’a rien à y faire et qui n’est même pas terminé. Cela m’est arrivé UNE fois. Depuis, quand je rédige un brouillon, je vais vérifier mon blog après… Mais tout cela n’est pas grave…
J’ai plusieurs boîtes mail (enfin 4), et depuis quelques semaines, toute communication avec meilleure amie m’est interdite sur sa messagerie perso car (c’est en anglais dans le texte), mon adresse IP aurait fait l’objet de plaintes, et mes messages chez elle sont systématiquement bloqués. J’ajoute qu’il s’agit là d’une boîte qui ne me sert que pour le problème “emploi”, et pour correspondre avec elle. Comme elle n’y connait rien, le problème n’est pas près d’être résolu car elle ne sait pas aller vérifier sa liste de spams ou indésirables… Avec le pôle emploi pour l’instant pas de plainte : pourvou qué ça doure ! Mais cela n’est pas grave !
Vous me direz qu’un bon vieux courrier papier est plus sûr, mais c’est faux en ce qui me concerne, quand on connait mon facteur et son incapacité chronique à me délivrer mon courrier (et puis ce n’est pas bien grave).
Le pire vient de m’arriver. Dans le cadre de Houlala, j’avais des demandes particulières à faire aux chefs de rubrique. Je venais de plus de recevoir un mail incendiaire d’une jeune virago femme qui avait dans un premier temps accepté de devenir rédactrice, puis m’a précisé avec haine que finalement non, elle n’écrirait pas pour ce torchon, et j’en passe et des meilleures (merci d’ailleurs à l’auteur de ce mail qui est désormais en indésirable pour tout échange privé, moi aussi je peux faire jouer mon droit à la censure). Je souhaitais donc faire passer ce message très critique, aux autres, pour commentaires éventuels ou éventuels “laisser courir”.
J’avais donc fait un brouillon totalement à revoir (puisqu’il me fallait bien faire la distinction entre mes demande et le mail de l’autre folle (prévu en souligné/italique, etc), après en avoir discuté avec Pulchérie pour savoir à qui l’envoyer, toujours etc… Ce n’était pas pressé pour moi, à traiter dans la semaine, et avec humour de préférence.
Tout ceci sous fond de Diabolos essayant d’attraper un papillon de nuit, et n’hésitant pas à me sauter dessus pour mieux atteindre la bête (je suis pour lui un tremplin idéal).
Vous n’imaginez pas ma tête quand le lendemain, ouvrant ma boîte gmail (celle qui me sert pour tout ce qui est blog/internet) j’ai découvert une première réponse à mon brouillon. Réponse peu aimable, mais là c’était normal.
Je me suis tétanisée et mon coeur a migré dans mes chaussons. Rien à faire, pas de brouillon. J’avais dû cliquer sur “envoyer” qui est juste à côté de “enregistrer” sur gmail. Je m’en va voir dans les éléments envoyés : rien pour les 5 derniers jours, quelle horreur, il y a eu un bug, parce que justement avant la fête des mères j’avais envoyé plein de mails ! Je n’avais pas eu de problème avec ce serveur jusque là, et je suis certaine de ne pas avoir supprimé d’éléments envoyés : c’est le seul endroit où je ne fais jamais le ménage (d’ailleurs, il va falloir que je m’y mette).
J’avais déjà fait “enregistrer” au lieu de “envoyer” ou “supprimer” au lieu de “enregistrer”, mais ce n’était rien du tout !!!
Il y a des moments où l’on voudrait rentrer sous terre, creuser jusqu’au centre, s’ouvrir les veines après s’être répandu des cendres sur toute la tête (je n’ai pas de cheminée, je vais désormais ramener des cendres de chez mes parents au caz’où). J’étais consternée, anéantie, malade, pas de risque que je ne fasse une overdose alimentaire dans les jours à venir : le stress me coupe l’appétit. J’avais l’air de quoi avec ce mail agressif, mal tourné, non terminé ? D’une conne. Parfaitement. Le lundi 8 juin 2009 j’ai été la conne la plus lamentable de la terre. Inutile de protester : j’ai la médaille de platine ! Incrustée de diamants cela va sans dire (j’attends tout de même de la recevoir…)
J’ai donc expliqué le problème à la première réponse, et à la seconde, redoutant toute la journée de trouver d’autres réponses me fustigeant (avec raison je le répète, mon brouillon n’étant pas destiné à être envoyé sans être totalement refait !). En passant une partie de mon après midi à pleurer de rage contre moi, de honte, de quasi désespoir (rapport du médecin légiste : “s’est ouvert les veines suite à un mail envoyé par erreur”)
Cela s’est bien terminé le soir, par un mail rassurant devant mon angoisse évidente, de la première réponse qui me voyait bien effectivement m’ouvrant les veines pour une connerie et a prétendu même que “cela avait eu du bon” (il y a des saintes femmes, je ne vous dis que cela)
Maintenant je voudrais des sécurités, encore des sécurités, toujours des sécurités :
- Souhaitez-vous vraiment envoyer ce mail ?
- Etes vous vraiment sure ?
- Certaine ?
- Voulez-vous réellement supprimer ce brouillon ?
- Certaine ?
- Vous n’aurez pas de regret ?
- N’avez-vous pas opté pour “supprimer” par erreur ?
- Je répète, n’avez-vous pas opté pour “supprimer” par erreur ?
- Je re-répète…
Je sais ce serait énervant. Mais au moins, un seul clic ne suffirait pas pour qu’on se prenne une grosse claque !
Rien à faire, j’ai touché le fond, il ne me reste plus qu’à creuser (cherche pelleteuse, prix à débattre)… Car j’ai battu mon ex collègue Marie qui ne se relisait jamais malgré ses problèmes d’orthographe évidents, et avait envoyé la conscience claire “voyez après un nouvel orgasme” en lieu et place de “voyez auprès d’un nouvel organisme” et qui en a pleuré pendant 2 jours, la réponse du client ayant été fort déplaisante… Après elle se relisait, mais cela n’arrange pas présentement mes échalotes…
Rigolez, rigolez, vous m’en avez confessé de bonnes tout de même…
(Publié avec la gentille autorisation de la rédaction en chef, manquait plus que je fasse une nouvelle gaffe)…
Et je ne vous évoque que peu le coup de torchon que je me suis prise de Pulchérie, se vengeant enfin de “qu’est-ce que c’est que ces notes ?”, qui avait été mise en copie rapport à ce qu’il fallait qu’on en cause…
Bref… Rien qu’à relire l’évocation de ma gaffe la plus absolue (pour l’instant, restons optimiste…), je suis encore morte de honte…
Dans la nuit du 14 avril 1912 au 15 avril 1912, le Titanic, le plus grand navire jamais conçu par l’homme, va couler…
.Ce navire reste légendaire et fascinant. Conçu pour être le top de la technologie du 20ème siècle, et il est réel qu’on ne fera pas mieux sur le plan de la sécurité en ce qui concerne les compartiments pouvant être envahis par l’eau.
Après lui, restait à oublier l’idée de l’insubmersible, et mettre assez de canots de sauvetages à bord, organiser des simulations de naufrage. En imaginant que cela pouvait se passer un jour de réelle tempête, et la mer est une mère impitoyable quand elle se fâche.
Top de la technologie ou pas il va néanmoins s’anéantir dans les profondeurs de l’Atlantique nord, par une nuit calme, une mer d’huile, la nuit du Titanic, une nuit étoilée où la voie lactée était bien visible.
Lors de son voyage inaugural de Southampton à New York, il va percuter un Iceberg sur le flanc tribord, le 14 avril 1912 à 23 H, à peu près l’heure où ma petite soeur est née, bien longtemps après. Pour couler le 15 avril 1912 toujours, à 2 H 20 au large de Terre Neuve.
Les conditions requises pour ce naufrage du premier navire insubmersible de l’histoire ont été exceptionnelles. Dans le bon sens du terme.
- Un calme plat comme on en voit rarement dans l’Atlantique nord
- Une mer d’huile
- Un ciel tellement beau que les survivants s’en sont toujours souvenu.
- Tout ce qu’il fallait pour porter les canots de sauvetage sans danger
Le bémol c’est :
- Un seul navire pouvant respecter les lois de la mer et venir au secours, bien trop loin pour arriver à temps.
Tout ceci faisant des chaloupes de réels canots de sauvetage, bien loin de la comtesse de Ségur pour laquelle un naufrage était réellement une malédiction, la chaloupe pouvant être prise par la tempête AUSSI.
Pas de tempête pour le Titanic. Des forces qui nous échappent ont cru bon rappeler à l’homme qu’il ne dominait pas la nature et que l’insubmersible n’esistait pas, ne pouvait exister. Mais l’homme n’en a pas réellement retenu les leçons. Il a continué sa course vers le progrès…
Parce que ce naufrage, lors du voyage inaugural, d’une nuit calme n’avait qu’une raison d’exister : nous rappeler que nous ne sommes que des hommes. Généralement, je dis que la vie n’est qu’un long calvaire.
Hommage à tous ceux qui, munis de leur gilet de sauvetage, sont morts de froid dans l’eau glacée, en ne comprenant pas pourquoi le navire le plus sur du monde venait de couler.
Le premier, le seul, insubmersible…
Il semblerait pour les marins de chez marins que c’est insulter Neptune que de déclarer un navire insubmersible.
Et que donc, dieu n’est finalement pas seul dans certains secteurs

Mes parents m’ont refilé, outre un chromosome cintré (mais juste un peu cintré), le gène dit “de la larme à l’oeil” qui oeuvre depuis mon adolescence, ayant été activé par une poussée hormonale normale. Sans le vouloir, j’ai refilé ce gène aux filles et je leur demande pardon à genoux ici de ce gène et du rhésus négatif, mais je n’ai rien fait exprès.
D’un autre côté je ne leur ai pas loupé grand chose d’autre (sauf le petit orteil du pied qui vient de mon père et est totalement ridicule), donc j’estime devoir être pardonnée.
Donc, ce gène active les glandes lacrymale pour un oui ou pour un non. Trop contente : je pleure. Trop triste : je pleure. Emue : je pleure. En rage : je pleure. En colère : je pleure (de rage). J’ai touché le fond de ma piscine personnelle lors de mes deux grossesses : je passais mon temps à pleurer parce que tout manquait de sel, et Albert ne se déplaçait jamais avec moi sans se munir de kleenex, parce que j’avais d’autres motifs pour pleurer.
En ce qui concerne les films, je suis assez bon public. De l’épouvante j’ai peur, du drôle je me poile, parfois jusqu’aux larmes (mais celles-là font du bien). Dès qu’il y a de l’émotion, un deuil, de la tristesse, je pleure. Les publicités me font aussi pleurer, mais c’est une autre histoire.
A l’époque où nous étions 3 les filles et moi, quand nous regardions un film un peu émouvant, ou prenant, ou triste, ou dramatique, cela se passait toujours de la même façon :
- Les deux filles étaient installées sur le canapé en se disputant pour savoir laquelle avait la meilleure place.
- J’étais avachie sans grâce dans mon fauteuil.
- Nous faisions le silence parce que c’était super bien comme film.
- Le scénario se détériorait. Cela pouvait être Beth qui meurt dans les 4 filles du docteur March, la propriétaire de Rouky qui va l’abandonner dans les bois, le Titanic qui va sombrer, Schindler qui pleure qu’il n’a pas pu en sauver plus, etc… c’était sans fin.
- L’une des trois regardait les deux autres pour savoir si elle avait le droit de renifler. Non, pas encore. Chacune se retenait avec difficulté.
- Les deux autres regardaient la première pour savoir si elles avaient perdu ou non. La dernière à pleurer avait gagné.
- La première à renifler ouvrait les vannes et des torrents de larmes pouvaient être répandus en zigouissant au passage un rouleau de sopalin.
- Nous partions nous coucher complètement défigurées en pleurant que c’était vraiment un supeeer film snif.
Je n’ai pas changé, nonobstant des prédictions du genre “avec l’âge ça passera”. Cela ne passe pas du tout et les auteurs des prédictions peuvent aller se rhabiller. J’aurais même tendance à penser que cela sent pire (oui je sais, c’était facile).
Donc, je me suis faite piéger l’été dernier, par un téléfilm tout bête au départ, je le pensais. Et là, je sens que vous allez rire, parce que vous n’êtes qu’une bande de sans-coeurs.
Comme j’étais coincée chez moi par une épaule merdique, je regardais régulièrement la télévision, en sélectionnant les DVD ou cassettes (les 4 filles du Dr March ? NON !), et également les téléfilms sur la 6 l’après midi. Je ne suis par contre jamais tombée dans le piège des feux de l’amour.
Sur la 6 c’est tout l’un ou tout l’autre. Soit le téléfilm allemand de base qui me saoule et je mets un DVD, soit des téléfilms de toutes nationalités et même française dites donc, très bien, réellement, et pourtant je suis assez difficile. Quand je gardais la nièce à bouclette, je me suis parfois vraiment régalée avec de l’humour ou un polar tenant la route.
Donc un téléfilm américain dont l’annonce me semblait trop racoleuse : l’histoire VRAIE d’un homme souffrant d’un handicap vraiment invalidant, qui décide de devenir représentant en porte à porte. Cela ne m’inspirait pas trop, parfois on se lasse des leçons de courage que l’on regarde en pleurant.
Dès la première scène j’ai senti que j’allais déguster. L’acteur qui fait une véritable performance est LE personnage. Physique très ingrat, grâce au maquillage. Doublage excellent. Il s’agit d’un homme qui souffre de troubles neurologiques dus à un accouchement aux forceps, mais dont l’intelligence est intacte (premier mouchoir). Il a des problèmes graves d’élocution et du mal à se déplacer.
En mangeant ses oeufs au bacon du matin, il explique péniblement (car il a du mal à parler) à sa mère qu’il y arrivera, (deuxième mouchoir). Son patron le refuse une première fois, puis lui accorde une deuxième chance dans le secteur le plus dur pour le faire craquer et renoncer, et il commence son démarchage.
Au départ tout le monde lui claque la porte au nez, les enfants ont peur de lui et il y a même une salope de mère qui porte plainte contre lui parce qu’il a terrorisé son chiard (troisième mouchoir).
Il s’accroche jusqu’à la première commande (premier torchon) et là, petit à petit, il devient l’homme du secteur, de son secteur. Il connaît tout le monde, tout le monde le connaît et s’habitue à lui. On lui achète ses produits formidables, il réussit (deuxième et troisième torchons) enfin.
Evidemment sa mère se retrouve attaquée par des pertes de mémoire et cette femme merveilleuse qui l’a encouragé à se battre pour travailler, meurt en plein milieu de l’histoire, le laissant seul (un drap housse).
L’histoire ayant démarré en 1955 se poursuit avec lui en silhouette incontournable de tout un grand secteur. Il y a sa première cliente qui meurt également et dont les enfants retrouvent tout ce qu’elle lui a commandé depuis le début pour l’aider et le plaisir de ses visites, dans une chambre délaissée. Il y a le couple qui a rompu et qu’il contribue à rabibocher, les premiers homosexuels atteints d’une drôle de maladie vers 1984, les enfants qui n’ont plus peur de lui et qui ont grandi. Tous ceux qui ont plaisir à le voir parce qu’ils peuvent lui parler.
Et toujours, cet homme si atteint, les yeux purs, la gentillesse si évidente et si vraie, qui refuse une quelconque charité. Il y a l’employée qu’il est obligé d’embaucher parce qu’il est en train de se ruiner le dos, et qui devient son amie qui a plus besoin de lui que lui d’elle. Il y a tous ceux qu’il visite et qui parfois lui font peine avec leurs malheurs. Et il y a ce grand jour où il remporte le prix du meilleur vendeur de sa boîte.
Comment vous dire ? Au moment où il boitille vers l’estrade pour recevoir son prix, au moment où il remercie sa mère qui n’est plus là (sans bénir l’Amérique) avec son élocution si difficile, au moment où tout le monde se lève pour l’applaudir, j’étais répandue sur mon canapé, Diabolos me léchant une main en se demandant si je serais en état de lui redonner un jour des croquettes.
Quand à la fin on apprend que John Glen lui a remis en 1998 le premier prix du courage destiné aux handicapés, je pense que si Diabolos avait pu le faire, il aurait décroché le téléphone pour alerter le SAMU.
La fontaine chez moi, c’est quand vous rentrez et regardez directement vers la droite. Je suis là, sur le canapé et la mère de Bambi vient d’être tuée…
Sinon, bon anniversaire ma petite soeur ! Comme je te précède de 11 ans, je ne m’apesantirai pas sur ton changement de dizaine…
Faites gaffe à ce que vous dites quand vous prenez les transports en commun. C’est mon conseil à moi, qui les emprunte deux fois l’an environ, en craignant un déraillement, une agression, n’importe quoi de mauvais, une phobie c’est une phobie, ça ne se contrôle pas.
Il y a longtemps, longtemps de cela (”30 ans déjà ?” “30 ans je suis certaine”), meilleure amie était déjà mariée avec celui qui partage toujours sa vie (la veinarde…) depuis ses 18 ans.
Elle avait une tante qui habitait Paris, Tante Alberte, et qu’elle allait voir régulièrement, une fois par mois.
Tante Alberte habitait dans le 16ème. C’était une jeune vieille dame dynamique, qui habitait un appartement de luxe, mais avec dans la cuisine un poêle à bois ancien qu’elle avait tenu à conserver en surplus de sa cuisine flambant neuve, dans lequel elle ne faisait brûler que… je ne ne sais plus quelle essence. Elle gardait religieusement les cendres du poêle pour tout le monde, car c’était réputé pour les plantes vertes.
Meilleure amie m’entraîna un jour chez elle pour prendre un thé. Au passage nous avons fait les boutiques, et nous disposions à continuer d’ailleurs, après le thé. C’était l’époque où j’étais normale et adorais faire du shopping et claquer mon découvert en fringues et chaussures.
Meilleure amie, se découvrait la main verte et avait donc de quoi asphyxier la nuit une famille de 6 personnes si elle n’ouvrait pas les fenêtres. C’était quasi la jungle en rentrant chez elle, et donc tante Alberte lui gardait une jolie provision de cendres.
Qu’elle emporta avec elle, dans un sac kraft anodin, après le thé, du papotage à 3 bien sympathique, et en tête pour elle comme pour moi, l’idée de se faire pour le plaisir des yeux la rue du faubourg St Honoré, en songeant au jour où, ayant gagné au loto, on viendrait y claquer un peu de notre fric.
Métro pour 3 stations. Elle tient son sac en papier anonyme bien serré contre elle. Monte un gougnafier qui la bouscule, le sac lui échappe et tombe à terre, les cendres se répandent à n’en plus vouloir.
- “AAAHHHHH MON DIIIIEU !” s’écrie-t-elle avec horreur. “LES CENDRES DE TANTE ALBERTE !“
Nous avons eu tout de suite plus de place, et tout le monde nous a regardées descendre à la station suivante, avec l’air de ne pas y croire :
Nous leur avions laissé les cendres de tante Alberte. Et n’avons réalisé que trop tard ce qu’elle avait pu dire et ce que tout le monde avait pu croire…
A tenter un jour de grève pour vous faire de la place… Nous on en rigole encore, 30 ans après !