'Nos grands moments de solitude'
Dans la nuit du 14 avril 1912 au 15 avril 1912, le Titanic, le plus grand navire jamais conçu par l’homme, va couler…
.Ce navire reste légendaire et fascinant. Conçu pour être le top de la technologie du 20ème siècle, et il est réel qu’on ne fera pas mieux sur le plan de la sécurité en ce qui concerne les compartiments pouvant être envahis par l’eau.
Après lui, restait à oublier l’idée de l’insubmersible, et mettre assez de canots de sauvetages à bord, organiser des simulations de naufrage. En imaginant que cela pouvait se passer un jour de réelle tempête, et la mer est une mère impitoyable quand elle se fâche.
Top de la technologie ou pas il va néanmoins s’anéantir dans les profondeurs de l’Atlantique nord, par une nuit calme, une mer d’huile, la nuit du Titanic, une nuit étoilée où la voie lactée était bien visible.
Lors de son voyage inaugural de Southampton à New York, il va percuter un Iceberg sur le flanc tribord, le 14 avril 1912 à 23 H, à peu près l’heure où ma petite soeur est née, bien longtemps après. Pour couler le 15 avril 1912 toujours, à 2 H 20 au large de Terre Neuve.
Les conditions requises pour ce naufrage du premier navire insubmersible de l’histoire ont été exceptionnelles. Dans le bon sens du terme.
- Un calme plat comme on en voit rarement dans l’Atlantique nord
- Une mer d’huile
- Un ciel tellement beau que les survivants s’en sont toujours souvenu.
- Tout ce qu’il fallait pour porter les canots de sauvetage sans danger
Le bémol c’est :
- Un seul navire pouvant respecter les lois de la mer et venir au secours, bien trop loin pour arriver à temps.
Tout ceci faisant des chaloupes de réels canots de sauvetage, bien loin de la comtesse de Ségur pour laquelle un naufrage était réellement une malédiction, la chaloupe pouvant être prise par la tempête AUSSI.
Pas de tempête pour le Titanic. Des forces qui nous échappent ont cru bon rappeler à l’homme qu’il ne dominait pas la nature et que l’insubmersible n’esistait pas, ne pouvait exister. Mais l’homme n’en a pas réellement retenu les leçons. Il a continué sa course vers le progrès…
Parce que ce naufrage, lors du voyage inaugural, d’une nuit calme n’avait qu’une raison d’exister : nous rappeler que nous ne sommes que des hommes. Généralement, je dis que la vie n’est qu’un long calvaire.
Hommage à tous ceux qui, munis de leur gilet de sauvetage, sont morts de froid dans l’eau glacée, en ne comprenant pas pourquoi le navire le plus sur du monde venait de couler.
Le premier, le seul, insubmersible…
Il semblerait pour les marins de chez marins que c’est insulter Neptune que de déclarer un navire insubmersible.
Et que donc, dieu n’est finalement pas seul dans certains secteurs

Mes parents m’ont refilé, outre un chromosome cintré (mais juste un peu cintré), le gène dit “de la larme à l’oeil” qui oeuvre depuis mon adolescence, ayant été activé par une poussée hormonale normale. Sans le vouloir, j’ai refilé ce gène aux filles et je leur demande pardon à genoux ici de ce gène et du rhésus négatif, mais je n’ai rien fait exprès.
D’un autre côté je ne leur ai pas loupé grand chose d’autre (sauf le petit orteil du pied qui vient de mon père et est totalement ridicule), donc j’estime devoir être pardonnée.
Donc, ce gène active les glandes lacrymale pour un oui ou pour un non. Trop contente : je pleure. Trop triste : je pleure. Emue : je pleure. En rage : je pleure. En colère : je pleure (de rage). J’ai touché le fond de ma piscine personnelle lors de mes deux grossesses : je passais mon temps à pleurer parce que tout manquait de sel, et Albert ne se déplaçait jamais avec moi sans se munir de kleenex, parce que j’avais d’autres motifs pour pleurer.
En ce qui concerne les films, je suis assez bon public. De l’épouvante j’ai peur, du drôle je me poile, parfois jusqu’aux larmes (mais celles-là font du bien). Dès qu’il y a de l’émotion, un deuil, de la tristesse, je pleure. Les publicités me font aussi pleurer, mais c’est une autre histoire.
A l’époque où nous étions 3 les filles et moi, quand nous regardions un film un peu émouvant, ou prenant, ou triste, ou dramatique, cela se passait toujours de la même façon :
- Les deux filles étaient installées sur le canapé en se disputant pour savoir laquelle avait la meilleure place.
- J’étais avachie sans grâce dans mon fauteuil.
- Nous faisions le silence parce que c’était super bien comme film.
- Le scénario se détériorait. Cela pouvait être Beth qui meurt dans les 4 filles du docteur March, la propriétaire de Rouky qui va l’abandonner dans les bois, le Titanic qui va sombrer, Schindler qui pleure qu’il n’a pas pu en sauver plus, etc… c’était sans fin.
- L’une des trois regardait les deux autres pour savoir si elle avait le droit de renifler. Non, pas encore. Chacune se retenait avec difficulté.
- Les deux autres regardaient la première pour savoir si elles avaient perdu ou non. La dernière à pleurer avait gagné.
- La première à renifler ouvrait les vannes et des torrents de larmes pouvaient être répandus en zigouissant au passage un rouleau de sopalin.
- Nous partions nous coucher complètement défigurées en pleurant que c’était vraiment un supeeer film snif.
Je n’ai pas changé, nonobstant des prédictions du genre “avec l’âge ça passera”. Cela ne passe pas du tout et les auteurs des prédictions peuvent aller se rhabiller. J’aurais même tendance à penser que cela sent pire (oui je sais, c’était facile).
Donc, je me suis faite piéger l’été dernier, par un téléfilm tout bête au départ, je le pensais. Et là, je sens que vous allez rire, parce que vous n’êtes qu’une bande de sans-coeurs.
Comme j’étais coincée chez moi par une épaule merdique, je regardais régulièrement la télévision, en sélectionnant les DVD ou cassettes (les 4 filles du Dr March ? NON !), et également les téléfilms sur la 6 l’après midi. Je ne suis par contre jamais tombée dans le piège des feux de l’amour.
Sur la 6 c’est tout l’un ou tout l’autre. Soit le téléfilm allemand de base qui me saoule et je mets un DVD, soit des téléfilms de toutes nationalités et même française dites donc, très bien, réellement, et pourtant je suis assez difficile. Quand je gardais la nièce à bouclette, je me suis parfois vraiment régalée avec de l’humour ou un polar tenant la route.
Donc un téléfilm américain dont l’annonce me semblait trop racoleuse : l’histoire VRAIE d’un homme souffrant d’un handicap vraiment invalidant, qui décide de devenir représentant en porte à porte. Cela ne m’inspirait pas trop, parfois on se lasse des leçons de courage que l’on regarde en pleurant.
Dès la première scène j’ai senti que j’allais déguster. L’acteur qui fait une véritable performance est LE personnage. Physique très ingrat, grâce au maquillage. Doublage excellent. Il s’agit d’un homme qui souffre de troubles neurologiques dus à un accouchement aux forceps, mais dont l’intelligence est intacte (premier mouchoir). Il a des problèmes graves d’élocution et du mal à se déplacer.
En mangeant ses oeufs au bacon du matin, il explique péniblement (car il a du mal à parler) à sa mère qu’il y arrivera, (deuxième mouchoir). Son patron le refuse une première fois, puis lui accorde une deuxième chance dans le secteur le plus dur pour le faire craquer et renoncer, et il commence son démarchage.
Au départ tout le monde lui claque la porte au nez, les enfants ont peur de lui et il y a même une salope de mère qui porte plainte contre lui parce qu’il a terrorisé son chiard (troisième mouchoir).
Il s’accroche jusqu’à la première commande (premier torchon) et là, petit à petit, il devient l’homme du secteur, de son secteur. Il connaît tout le monde, tout le monde le connaît et s’habitue à lui. On lui achète ses produits formidables, il réussit (deuxième et troisième torchons) enfin.
Evidemment sa mère se retrouve attaquée par des pertes de mémoire et cette femme merveilleuse qui l’a encouragé à se battre pour travailler, meurt en plein milieu de l’histoire, le laissant seul (un drap housse).
L’histoire ayant démarré en 1955 se poursuit avec lui en silhouette incontournable de tout un grand secteur. Il y a sa première cliente qui meurt également et dont les enfants retrouvent tout ce qu’elle lui a commandé depuis le début pour l’aider et le plaisir de ses visites, dans une chambre délaissée. Il y a le couple qui a rompu et qu’il contribue à rabibocher, les premiers homosexuels atteints d’une drôle de maladie vers 1984, les enfants qui n’ont plus peur de lui et qui ont grandi. Tous ceux qui ont plaisir à le voir parce qu’ils peuvent lui parler.
Et toujours, cet homme si atteint, les yeux purs, la gentillesse si évidente et si vraie, qui refuse une quelconque charité. Il y a l’employée qu’il est obligé d’embaucher parce qu’il est en train de se ruiner le dos, et qui devient son amie qui a plus besoin de lui que lui d’elle. Il y a tous ceux qu’il visite et qui parfois lui font peine avec leurs malheurs. Et il y a ce grand jour où il remporte le prix du meilleur vendeur de sa boîte.
Comment vous dire ? Au moment où il boitille vers l’estrade pour recevoir son prix, au moment où il remercie sa mère qui n’est plus là (sans bénir l’Amérique) avec son élocution si difficile, au moment où tout le monde se lève pour l’applaudir, j’étais répandue sur mon canapé, Diabolos me léchant une main en se demandant si je serais en état de lui redonner un jour des croquettes.
Quand à la fin on apprend que John Glen lui a remis en 1998 le premier prix du courage destiné aux handicapés, je pense que si Diabolos avait pu le faire, il aurait décroché le téléphone pour alerter le SAMU.
La fontaine chez moi, c’est quand vous rentrez et regardez directement vers la droite. Je suis là, sur le canapé et la mère de Bambi vient d’être tuée…
Sinon, bon anniversaire ma petite soeur ! Comme je te précède de 11 ans, je ne m’apesantirai pas sur ton changement de dizaine…
Faites gaffe à ce que vous dites quand vous prenez les transports en commun. C’est mon conseil à moi, qui les emprunte deux fois l’an environ, en craignant un déraillement, une agression, n’importe quoi de mauvais, une phobie c’est une phobie, ça ne se contrôle pas.
Il y a longtemps, longtemps de cela (”30 ans déjà ?” “30 ans je suis certaine”), meilleure amie était déjà mariée avec celui qui partage toujours sa vie (la veinarde…) depuis ses 18 ans.
Elle avait une tante qui habitait Paris, Tante Alberte, et qu’elle allait voir régulièrement, une fois par mois.
Tante Alberte habitait dans le 16ème. C’était une jeune vieille dame dynamique, qui habitait un appartement de luxe, mais avec dans la cuisine un poêle à bois ancien qu’elle avait tenu à conserver en surplus de sa cuisine flambant neuve, dans lequel elle ne faisait brûler que… je ne ne sais plus quelle essence. Elle gardait religieusement les cendres du poêle pour tout le monde, car c’était réputé pour les plantes vertes.
Meilleure amie m’entraîna un jour chez elle pour prendre un thé. Au passage nous avons fait les boutiques, et nous disposions à continuer d’ailleurs, après le thé. C’était l’époque où j’étais normale et adorais faire du shopping et claquer mon découvert en fringues et chaussures.
Meilleure amie, se découvrait la main verte et avait donc de quoi asphyxier la nuit une famille de 6 personnes si elle n’ouvrait pas les fenêtres. C’était quasi la jungle en rentrant chez elle, et donc tante Alberte lui gardait une jolie provision de cendres.
Qu’elle emporta avec elle, dans un sac kraft anodin, après le thé, du papotage à 3 bien sympathique, et en tête pour elle comme pour moi, l’idée de se faire pour le plaisir des yeux la rue du faubourg St Honoré, en songeant au jour où, ayant gagné au loto, on viendrait y claquer un peu de notre fric.
Métro pour 3 stations. Elle tient son sac en papier anonyme bien serré contre elle. Monte un gougnafier qui la bouscule, le sac lui échappe et tombe à terre, les cendres se répandent à n’en plus vouloir.
- “AAAHHHHH MON DIIIIEU !” s’écrie-t-elle avec horreur. “LES CENDRES DE TANTE ALBERTE !“
Nous avons eu tout de suite plus de place, et tout le monde nous a regardées descendre à la station suivante, avec l’air de ne pas y croire :
Nous leur avions laissé les cendres de tante Alberte. Et n’avons réalisé que trop tard ce qu’elle avait pu dire et ce que tout le monde avait pu croire…
A tenter un jour de grève pour vous faire de la place… Nous on en rigole encore, 30 ans après !
Donc la première mésaventure de Cendrillon fut close sur un : “Tu es contente hein ? Tu as gagné ! Si il y a une chose qui est certaine c’est que les joints c’est plus jamais ! J’espère que tu as compris !“.
Sauf qu’elle n’allait pas tenir parole. De 6 ans plus âgée que sa soeur, elle débuta ses études supérieures avec plusieurs handicaps :
- Un mère pas marrante du tout d’où son surnom de marâtre (elle en parlait toujours comme cela il y a deux ans)
- Une petite soeur préférée et ultra gâtée, ce qui la poussait elle, à se dépasser et parfois à oublier qu’il lui fallait se dépasser.
- Un père prof dans son IUT, impossible de falsifier les notes ou autres
- Les parents se détestant cordialement depuis leur divorce 12 ans plus tôt et l’arrivée d’une demie-soeur chez le père elle aussi chouchou gâté.
Cendrillon était plutôt branchée math, chimie et autres joyeusetés généralement plus masculines (si si, c’est la raison pour laquelle certaines sections très scientifiques sont une mine à mecs pour les filles).
Cendrillon se dirigea vers le “génie chimique” (qui vaut mieux que le génie militaire) et fit la connaissance de Bob qui allait devenir son mari. Et Bob, lui, les joints, il en fumait souvent, pas trop mais, assez pour que Cendrillon y goûte à nouveau sans être malade.
Elle incrimina donc des tomates moisies pour son malaise vieux de 4 ans et Bob et elle réussirent à se procurer un plan de cannabis lorsqu’ils s’installèrent ensembles, hélas, non loin de chez la marâtre qui, finançant le deux pièces exigeait d’en avoir la clef (je me vois m’introduire chez les filles en leur absence, cela ne me viendrait même pas à l’esprit).
Et donc le cannabis prospérait grandement.
- “Vous avez une plante verte admirable dans votre salon” déclara un jour le furoncle la marâtre
- “D’ailleurs je vous en ai pris une branche, je vais essayer de la bouturer”
- “Ca s’appelle comment ? Jamais vu ça chez Jardineyland”
- “C’est joli, et touffu, et tout et tout”.
Bob marmonna un nom en “um” et “us” pour faire savant, et s’en alla faire le café. Cendrillon, elle, ne connaissait bien évidemment pas le nom de la plante qu’une copine très sympa lui avait ramenée d’Amsterdam offerte pour son anniversaire.
Et puis la marâtre constata au fil de ses visites officielles ou officieuses, que la plante périclitait. Elle perdait anormalement ses feuilles, malgré un arrosage lui semblant correct, alors que chez elle la bouture prospérait. Feuilles d’ailleurs dont on ne retrouvait jamais les cadavres sur la moquette, elle pouvait féliciter sa fille pour sa conscience à bien passer l’aspirateur tous les jours…
Elle leur apporta même de l’engrais dont ils se débarrassaient à petite dose dans l’évier pour faire croire qu’ils s’en servaient. On ne sait jamais l’engrais, à fumer c’est peut-être redoutable…
Et le cannabis termina sa vie déplumé, malgré l’engrais, des soins constants, et même la marâtre qui venait lui mettre de la musique de temps à autre puisqu’il paraît que les plantes aiment la musique… (ça doit être pour ça que mon ficus survit dans l’entrée…)
Et la revanche de Cendrillon était toute prête : elle avait encore la clef du domicile maternel (comme beaucoup d’enfants qui se respectent), et la plante verte qui prospérait si bien chez sa mère, commença à perdre ses feuilles aussi. Le dilemne était grave car ils étaient quasi certains de fumer AUSSI de l’engrais, mais bon… le raisin est sulfaté à y bien réfléchir et ça ne les empêchait pas de boire du vin…
Feuilles qui disparaissaient également, et la marâtre d’en chercher les cadavres partout (bien fait !). Jusqu’au jour où elle ne retrouva que les branches sans rien comprendre : plante verte morte, pas de feuilles mortes par terre…
Je n’ai pas tout compris (faisaient-ils sécher les feuilles encore vertes ou avaient-ils un moyen pour qu’elle sèchent sur pied, je suis nulle dans la culture et l’utilisation du cannabis).
L’affaire dura 2 ans. Puis Cendrillon et Bob décidèrent d’être parents une fois leurs études terminées et un travail trouvé, et là, plus royalistes que le roi, ils cessèrent alcool, cigarettes, et bien sûr cannabis ou tout autre truc malsain. Depuis la naissance de Jack, ils font la morale à tout le monde d’ailleurs, en ce qui concerne ce genre de produits, et ont même arrêté le café.
Rien n’est pire qu’un converti. Et les serments pathétiques donc, vous imaginez ce que j’en pense !
“Tu es contente hein ? Tu as gagné ! Si il y a une chose qui est certaine c’est que les joints c’est plus jamais ! J’espère que tu as compris !”
D’un autre côté la marâtre n’en a rien su… et je trouve que c’est bien dommage…
Cela m’a pris le 11 octobre, au petit matin. J’émerge d’une longue hibernation et toute ma vie et mon organisation ne sont qu’un scandale immonde. Tout doit être rangé, ordonné, rangé au cordeau, et rien ne peut souffrir d’un retard forcément non excusable. Tout le monde sent que ça bout quelque part et en théorie j’ai juste le droit de légumiser sur mon canapé. Ma mère est venue faire le ménage, le repassage, sans comprendre ce qu’il m’arrivait, pendant que j’allais faire le plein à Carrouf. Et quand je dis “le plein”, il s’agit du plein. Toute une famille doit pouvoir survivre avec les réserves que je fais. On peut tenir 3 mois d’hiver, bloqués par la neige ou une Xème glaciation. Mon mari, Pulchérie, Moi, et éventuellement tout le reste de la famille.
Maman repasse, elle adore (je ne comprendrai jamais). En surveillant Pulchérie qui adore grimper dans les plantes vertes. En fait elle adore faire des conneries et les grands parents trouvent cela super… Même en repassant…
Ma mère se fait toujours piéger. Je lui avais fait le coup avec Pulchérie. Mais elle n’a jamais souffert du syndrôme du nid. Elle s’avachissait dans un fauteuil en se disant que c’était pour bientôt… Moi je retrouvais toute mon énergie pour tout bien aligner. Bordélique comme je le suis, c’est le signe qu’il s’agit d’un instinct très sûr.
11 octobre 1984 : je ne suis pas réellement satisfaite de mes réserves, du repassage de ma mère, et de la tenue de Pulchérie qui doit renoncer définitivement au Ficus pour faire des “je grimpe à l’arbre”. D’ailleurs vers midi, je suis prise par les contractions et je n’ai rien d’autre à faire que de déambuler en supportant les contractions.
En fait, tout est là, je ne le sais pas, mais, je vais chier ma 2ème pastèque...
12 octobre 1984, 1 H 35 du matin…
Cela ne s’oublie pas. Si cela s’oublie, c’est que la mémoire part en vrille et que cela fait peine et qu’il ne faut pas en vouloir à maman si sa mémoire flanche…
Bon anniversaire ma Delphine !!!!
Je sais bien sûr que tu es du 12 à 1H05, mais j’avais envie de me souvenir de la veille. Tu sais bien que pour le vrai jour, je n’oublierai jamais, sauf si ON décide de me couper ce qui fonctionne dans le QG, mon cerveau quoi…
Je t’aime ma chérie, et dans ma tête, il y a toujours le bébé que l’on m’a mis dans les bras. C’était un commencement, et c’est déjà tellement loin… Le souvenir reste inoubliable, et que du bonheur, avec les petites larmes que bien sûr je verse en te dédiant ce post.
Bon anniversaire Estelle !
N’oublie pas : c’est le 12 à 1 H 35….
C’était bien avant d’être coincée dans mon manteau (ici)…
En fait, j’ai des dents de sagesse incluses (tout le monde s’en fout), je le sais depuis l’âge de 10 ans, quand on m’a fait faire un panoramique dentaire pour espérer vainement faire dépenser plein de fric à mes parents en orthodontie.
J’ai bien suivi l’histoire, je sais que si celles du bas se manifestent il me faudra aller me les faire retirer au marteau et au burin, après incision de la gencive à la tronçonneuse (ça fat envie), illico, presto. Par contre celles du haut semblaient normales…
Du coup, un jour, il y en a une qui est sortie. J’étais enfin sage, Albert en a ricané… (il riait moins quand il lui a fallu faire extraire deux des siennes qui faisaient abcès, personne n’est parfait)
Elle est bien sortie. Tellement d’ailleurs, qu’elle était sortie à un endroit pas prévu pour elle, et qu’elle venait blesser la gencive en dessous (et tout le monde s’en fout toujours).
Cela faisait un moment que j’avais une petite blessure perpétuelle sur la gencive du dessous, comme un aphte, quand je suis allée faire ma visite de routine chez le dentiste, comme tous les 24 mois (je sais, c’est mal, je devrais y aller tous les ans).
- Je m’écroule comme tout le monde (enfin je m’insinue…) dans le siège qui bascule vers l’arrière, descend et me met quasi sur le dos (allez vous tirer de là, avec grâce et sans passer pour une folle…)
- Le dentiste examine tout bien : même pas besoin de détartrage, tout va bien
- Sauf que…
- Il y a une dent de sagesse en haut qui blesse la gencive en dessous (grande nouvelle) et qu’à la longue ce genre de liaison, heu pardon, de lésions, peut se cancériser. Ouais… Un jour… J’ai 25 ans : un jour, c’est loin…
- Il faut arracher la dent de sagesse dont il prend une radio pour bien m’expliquer comment ça va se passer (et il a vu la vierge aussi ? dans son micro ondes ?)
- Moi je suis toujours coincée dans mon fauteuil, et j’obtempère dans la joie et la bonne humeur “ouvrez la bouche ! fermez ! ne respirez plus !”
- Il me montre la radio sur son ordi, on n’arrête pas le progrès. C’est une petite dent de sagesse pyramidale, avec des racines normales qui ne s’entricoinent pas dans les racines d’autres dents (quelle chance j’ai !) (pour l’expression entricoiner, voir les bérichons qui comprendront, c’est du Mrs Bibelot tout craché et c’est kif kif avec s’emberlificoter). Au prochain RV (dans 50 ans), il me la retire en deux temps trois mouvements.
- Il me précise de prendre RV pour cette importante mutilation opération la semaine prochaine
- Je réponds “oui”, d’un ton convaincant et convaincu…
- Son assistante sadique, qui a bien compris comme lui que je prendrais RV peanuts , précise que le RV après moi s’est annulé…
- Je suis coincée dans mon fauteuil. Je hais cette femme.
- Le dentiste s’empare d’un marteau piqueur d’une seringue et m’anesthésie la mâchoire supérieure droite (je suis certaine que cette précision vous enchante, vous vous demandiez où se trouvait la pyramide…), sans que je puisse dire “OUF !”. Pourquoi “OUF” d’ailleurs, comme le disait Marcel Pagnol ? Moi en fait je pensais plutôt “MERDE”.
- Une fois que je me suis rendue compte que je ne sentais plus ma mâchoire supérieure droite et le sinus qui allait avec, il a dit “passez moi le pied de biche” à l’assistante sadique. J’ai dû m’évanouir un instant…
- 5 secondes après, sans douleur aucune of course, il me présentait ma jolie petite pyramide ensanglantée en me demandant si je la voulais en souvenir. Mon rictus lui a fait comprendre que non.
- Par contre j’ai marmonné que je voulais un point de suture parce que pour le trou dans la gencive, je connaissais des gens qui avaient donné. Dentiste et assistante 2 : moi 2.
- Il a fait le point de soudure avec une bulle au dessus de la tête “quelle emmerdeuse”, et a enfin relevé le siège. Tout content il m’a précisé que j’avais droit à de la glace à volonté jusqu’au lendemain matin.
- Je lui ai précisé que je n’aimais pas la glace (réel). Dentiste et assistante 2 : moi 3.
- En fait je n’ai pas sucé de glaçons, eu aucune suite, aucune douleur, aucun saignement (vive le point de soudure, exigez-le)
- Le dentiste avait peut-être raison, parce que la liaison de la gencive du dessous a mis 6 mois à guérir, malgré le baume miraculeux et coûtant une dent, non remboursé par la SS (LA SECU !), qu’il m’avait prescrit.
N’empêche que, rien de cela ne m’est arrivé quand je me suis retrouvée coincée dans mon manteau, et non pas dans le fauteuil du dentiste.
La vie n’est qu’un long calvaire…
Edit du 24 au soir : un grand remerciement à Louisianne pour son unique commentaire. Franchement, je ne suis pas connectée à mes stats, mais plus le temps passe, et plus je me demande si je ne vais pas arrêter ce blog qui finit par me flanquer le bourdon… Parce qu’au bout du compte je me dis que je ne suis pas à la hauteur…
Edit du 26 au soir : finalement le premier edit était du 25, j’ai passé toute la journée à me croire le 24. Et puisque que le coup de mou est passé grâce à vous, à demain si vous le voulez bien !
Le cabinet chargé de m’aider à retrouver du boulot a plein de trucs pour m’aider et les autres avec d’ailleurs.
Il s’agit des ateliers. On se croirait presque dans un club de loisirs…
J’ai fait de ma propre volonté “l’atelier CV” pour découvrir que le mien était très mal conçu et moche, et celui des autres aussi d’ailleurs. J’ai rectifié le tir bien sûr, je suis têtue, mais pas butée.
Mon “coach” m’a inscrite d’office à “l’atelier entretien d’embauche”, et là j’ai été vraiment ravie de m’être déplacée. Je ne savais pas ce que pouvait bien être un entretien d’embauche, je n’en avais jamais passé (j’eusse dû râter le dernier d’ailleurs, car j’ai été embauchée par Truchon pour y souffrir pendant 9 années).
Une fois bien intégré le fait que l’entretien d’embauche est primordial pour décrocher le poste (personne n’y avait pensé), les conseils pleuvent.
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S’habiller correctement, neutre, pour les femmes ne pas en faire de trop (sauf pour hôtesse d’accueil), être coiffé correctement, bref : bien présenter. Alors là personne n’y avait pensé. Moi j’envisageais sereinement de me rendre au premier entretien que l’on me proposera en jean crade, pull troué et taché, baskets dégueu (m’acheter des baskets), le cheveu gras et la peau luisante. Ben non, je ne dois pas c’est écrit sur la notice que l’on me remet.
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Etre aimable avec la personne qui vous reçoit. Le monde du travail grouille en effet de chômeurs au bord de la dépression ou en plein dedans, qui arrivent dans la boîte qui les a convoqués un fouet à la main, en hurlant “j’ai rendez-vous avec Truchon salope, préviens-le et plus vite que ça”, avec de la bave aux lèvres.
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S’asseoir quand on nous l’a proposé, en se tenant bien droit, ne surtout pas s’avachir. Manque de bol pour moi une fois de plus, j’adore m’avachir dans un fauteuil de bureau en mettant les pieds sur le dit bureau (quand les baskets puent, c’est mieux d’ailleurs) aussitôt après avoir franchi le pas de la porte.
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Ecouter attentivement ce que l’on nous dit, répondre clairement et de façon concise. Dommage pour ceux qui adorent raconter leur vie en détail (”ouais mais Zézette ne m’aime pas au chômage” “j’ai été violée par mon oncle quand j’étais petite”), ou qui aiment à siffloter l’air de rien parce que leur interlocuteur les rase profondément.
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Regarder son interlocuteur bien en face. Non non non, on ne regarde pas les petits zosieaux dehors et pourtant qu’ils sont mignons…
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Ne pas se curer les dents, les oreilles, se ronger les ongles et éviter de se farfouiller le nez ou de se ronger les ongles. Ahhhh ! sage conseil, pas même les ongles de pieds ? Ca fait sortir du rang non ? Non !!!
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En règle générale, éviter de montrer que l’on est nerveux : donc prendre un tranxène 50 sauf si vous êtes comme moi et que passer un entretien d’embauche ou un examen ne vous a jamais fait d’effet particulier (pour une fois que j’ai de la chance). Par contre si vous êtes du genre nerveux, évitez d’ingurgiter une bouteille de blanc juste avant, c’est écrit sur la notice “entretien d’embauche”. Répondre “hips”, ce n’est pas top du tout.
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Prendre des notes mais pas trop. Personnellement je n’ai jamais pris de notes pendant mes entretiens mais bon, cela remonte maintenant. Quant au “pas trop”, il reste à définir.
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Ne pas bailler, roter non plus. Rien d’autre n’est précisé donc péter on peut, apparement. J’imagine le candidat qui se relève légèrement de sa chaise, en lâche un merveilleux et précise à son interlocuteur “celui-là je lui mets 18/20″.
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Rester positif, souriant. Eviter de préciser que le dynamisme est une de vos principales qualités, en baillant, avachi dans le fauteuil en regardant les petits zosieaux…
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Etc…
L’atelier a duré 3 heures, nous sommes tous ressortis consternés de n’avoir rien appris de particulier, sauf que péter pendant l’entretien était apparement autorisé…
La vie du chômeur est comme un long fleuve tranquille…