'Notre vie quotidienne à nous les femmes'
Il y a des choses que je déteste depuis ma plus tendre enfance : le cirque et particulièrement les clowns (mais j’ai appris que je n’étais pas un cas isolé), et les fêtes foraines qui me semblent trop chargées d’une joie artificielle et coûteuse.
Le reste de ce que je déteste fera l’objet d’un roman de 300.000 pages que la bible à côté c’est peanuts…
Pour la fête foraine j’ai fait longtemps une exception : celle qui se tenait JADIS, dans le village de mes parents.
Avec les auto-tamponneuses dans lesquelles j’ai dragué et me suis faite draguer, le stand de tir, et tout et tout.
Tant qu’elle a existé, je ne l’ai jamais loupée.
Il y avait la retraite aux lampions du samedi soir, avec la fanfare du village jouant les mêmes airs, et dans le même ordre depuis ma plus tendre enfance, et nous chantions tous en choeur.
Adulte, tout à coup c’était l’occasion de retrouver des copines et copains d’enfance.
- T’es marié(e) ?
- T’as des mômes ?
- Combien ?
- Et ton frère ? Comment va-t-il en gros, et combien de mômes ? 5, quel courage !
- Et ta soeur ?
- Et tes parents ?
- Et tes grands-parents (ils vivaient vieux et cela nous faisait plaisir de l’évoquer)
- Après coup : merde il/elle fait quoi dans la vie (pas important)
Je me souviens d’une retraite aux lampions alors que j’étais en cloque de Pulchérie jusqu’au menton, Albert et mon frère ayant enfilé un slip moule burnes sur leur jean pour rigoler, et d’une autre en cloque de Delphine quasi jusqu’au nez, avec deux copines retrouvées dans le même état que moi sauf qu’une commençait à compter les contractions..
C’était vraiment l’occasion de rencontrer un peu tout le monde. Papa lui-même ne loupait pas le ball-trap et de tailler une bavette avec les copains d’enfance (qu’il comptait bien battre en remportant le premier prix et lycée de Versailles) le soir quand tout le monde se retrouvait après la retraite aux flampions (Pulchérie).
Maman après son père, préparait les lampions de ses petits enfants, et s’empressait de les porter quand les gamins en avaient ras le bol, donc assez rapidement…
Vint le moment béni, où il nous fallut passer par le moment le plus exaltant de la fête (samedi soir ET dimanche après midi, nous allions faire croire aux gosses que le lundi c’était terminé) : regarder tourner la chair de notre chair sur un manège.
L’instant le plus glorieux de la vie d’une mère rapport à ses enfants n’est pas l’orgasme qui a fait qu’ils sont nés (chéri, c’est le jour où je t’ai arraché la peau du dos, ou celui où je suis grimpée aux rideaux en ruinant la tringle ?) ou quand elle chie sa pastèque, c’est QUAND elle s’avachit ENFIN sur un banc pour les regarder tourner sur un manège.
Même si elle est accompagnée de copines dans le même cas qu’elle, parfois enceintes à nouveau (comme elle).
Perso, je suis prête à exécuter de quelque manière que ce soit une personne qui menacerait la vie d’une de mes filles, puis de l’enterrer dans le jardin de mes parents à minuit une nuit de pleine lune après l’avoir percé de clous de girofle, plutôt que de revivre une épreuve pareille (chaque année renouvelée).
Il y a eu donc cette fête glorieuse où Pulchérie tournait sur le manège en flanquant des baffes à un pauvre gosse (dont la mère ne m’a jamais identifiée pour me demander des dommages et intérêts), sous prétexte qu’elle voulait tourner les DEUX volant de l’avant de la voiture.
Sa cousiiiiiiine était dans l’avion juste derrière et faisait la même chose. Les ainées de la famille de mon côté étaient de charmantes enfants…
J’étais en cloque de Delphine et ma belle soeur et moi avachies sur le banc destiné aux sacrifices humains pour le dieu du soleil sacrifié(e)s du manège, nous étions soulées grave par l’absence de nos conjoints partis faire des cartons au stand de tir, en nous laissant contempler notre progéniture en train de tourner (et d’imaginer comment plus tard, nous réglerions le cas de tueurs potentiels de nos petites filles, le temps passant nous rendant potentiellement de plus en plus dangereuses).
Mrs Bibelot, toujours généreuse, leur avait acheté un “abonnement”, le truc infâme qui fait que vous n’avez même pas l’excuse de ne plus avoir un sous pour que le cher bambin fasse un tour de plus.
D’ailleurs elle le leur avait précisé, aux chères trésors, qu’elles n’avaient pas à se faire de soucis et qu’elles pourraient tourner autant qu’elles le souhaitaient… Avant de remonter faire la soupe des chiens et préparer le diner (chacun sa croix, mais la sienne nous semblait légère)
Fans de tir également et nous débrouillant plutôt bien, nous regardions du côté du stand, et nos hommes ne nous voyaient soi-disant pas. Nous avons donc eu le temps en cogitant, légèrement énervées, de décider de flanquer la révolution rapport à :
- Le premier prix des dames (une pendule de merde avec des zozieaux à la place des chiffres)
- Le premier prix des hommes (une carabine)
A mesure que les mômes tournaient, il nous apparaissait de plus en plus qu’il était totalement injuste qu’une femme tirant aussi bien qu’un homme, soit classée dans une catégorie à part. C’était la révolution féministe qui nous rejoignait et nous avons eu gain de cause (cette fête là vit l’abolition des privilèges de la ségrégation homme/femme pour les prix au stand de tir, et cela fit plus d’UN vexé (surtout l’homme qui avait gagné la pendule).
Nous étions aussi remontées que la pendule du premier prix féminin quand les hommes firent l’erreur de venir nous rejoindre avec leurs cartons magiques :
- Tu as vu mon amour, j’ai trois mouches
- Et moi j’en ai 2 mais plus de bons coups que lui
Papa venu contempler sa descendance féminine en train de flanquer des bourres pifs à leurs compagnons d’infortune tourner, jugea plus sage de dissimuler ses cartons à lui, on sentait l’expérience… Comme j’étais en cloque en plus, il savait que j’avais un foutu caractère dans ces moments là, et a du remercier le ciel que je ne ponde pas 10 lardons… Cela aurait fait 10 ans de calvaire (comptez l’allaitement en ne comptant pas large, parce que moi c’était 6 mois ou rien)
Ma belle-soeur, exaspérée, explosa à ce moment là :
- Bon, asseyez vous sur le banc et regardez vos gamines tourner, Coraline et moi, on va tirer un coup ! Chacun son tour !
Certains, coincés du cul, nous regardèrent d’un drôle d’air, surtout moi, avec mon gros bidon (qu’est-il devenu snif !).
Le premier prix de tir cette année là a été classé “toutes catégories”. C’était cela ou l’émasculation pure et simple du chef de la fête…
Et remporté par une femme… C’est un homme qui a eu droit à la pendule de merde devenue 10ème lot… après plein de femmes !!!
Ca valait le coup d’aller tirer un coup en taxant de misogynie le chef de la fête foraine qui n’en menait pas large…
La vie n’est qu’un long calvaire.
PS : oui, j’aime bien cette photo représentant une faible femme sans défense
PPS : je pense que vous admirerez le fait que nonobstant les vacances scolaires, je ne fais pour l’instant pas de rééditions.
A n’importe quelle heure, j’ai le réveil difficile. Je ne saute jamais mutine et tout de mon lit (comme ma mère), que de manière très exceptionnelle…
Tellement exceptionnelle d’ailleurs, que je ne me souviens plus de la dernière fois où cet étrange phénomène s’est produit…
Si j’ai gardé encore le rythme “Grande Motte” (pas couchée trop tard le soir, mais pas levée trop tôt le matin non plus après une nuit pourrie), je n’en ai pas moins un rythme décalé par rapport à une bonne majorité.
Cette année, le chauffage a été rallumé assez tôt. Pas de madame Van Den Connasse qui tienne (qu’on croyait), dès les premiers froids du matin, hop, le chauffage.
Je pensais naïvement que la purge annuelle des radiateurs avait eu lieu en mon absence. Le système est en effet entièrement vidangé une fois l’an pour :
- Une purge normale parait-il, avec un petit détartrage d’usage,
- Permettre à ceux qui ont un robinet déficient (genre qui refuse de s’ouvrir) de le faire changer. A 250 Euros TTC le robinet, vous comprendrez que personne ne se précipite pour faire changer un ou des robinets. Moi-même les miens restent toujours ouverts, et je ne veux même pas savoir si on peut toujours les refermer… Je pense que je ne dois pas être la seule et que les seuls robinets changés sont ceux qui ne s’ouvrent plus…
Donc ce matin là (là là), j’ai comme un peu froid dans mon lit curieusement, alors que je cherche comment positionner mon bras droit pour ne plus avoir mal à l’épaule, que je me suis ruinée, il y a une quinzaine, en chutant dans l’escalier extérieur, sur une marche duquel avait été répandu malencontreusement du silicone par une personne en travaux chez elle.
Na, c’est dit, vous pouvez reprendre votre respiration…
Conformément à la loi de l’emmerdement maximum, évidemment cela touche l’épaule qui a déjà été opérée une fois et j’attends avec impatience un progrès.
Ruminant avec une mornitude absolue sur la fragilité des tendons de la coiffe des rotateurs, je sursaute tout à coup (ouille !) car au dessus de moi se déversent au moins 200 litres de flotte, dans l’appartement du dessus, donc cela ne devrait pas tarder à arriver chez moi.
Nan c’est plutôt 2000 litres, et c’est dans ma chambre maintenant. Je me lève pour aller vérifier : non ce n’est pas le radiateur qui a décidé de régurgiter son contenu et donc le contenu de tous les radiateurs de la colonne, sur ma moquette, en fait cela vient de tous les radiateurs.
Impression grandiose un moment d’être au milieu d’une chute d’eau. Toute la flotte redescend du dernier étage vers le bas, via tous les radiateurs. Le bruit est excellent : Diabolos va inspecter tous les robinets pour voir duquel la manne céleste H2O coule.
Enfer et damnation, c’est la purge annuelle. Un 14 octobre. Alors que l’on nous annonce que le beau temps ne va pas durer. Il va m’entendre le syndic…
C’est la vengeance de Madame Van Den Connasse, qui a dit au syndic qu’elle se chargeait de tout, et a commandé le plombier/chauffagiste pour cette date là, dépitée sans nul doute, d’avoir été contestée par la majorité des locataires et propriétaires l’an passé, sur les dates convenables à respecter pour chauffer (15 octobre/15 avril).
Parce qu’après la purge, les changements de robinets, et tout le tintouin, vient le re-remplissage des radiateurs, avec pendant des jours et des jours, des bruits de flotte dans TOUS. Le temps que l’air s’en aille totalement quoi… L’air ne pouvant être purgé lui, que des radiateurs du dernier étage, donc quand TOUS les occupants du dernier étage sont présents. Généralement rassembler les troupes demande une bonne quinzaine de jours…
(Passé 18 H et pendant les WE, le plombier/chauffagiste nous facture 100 % de pénalités…)
Jours passés à vivre sous bruits de fontaines caractérisés (et il y en a pour dépenser du fric pour s’acheter une fontaine qui fait exactement le même bruit pour le plaisir…)
Le syndic excédé par de nombreux appels (chauffage coupé dès la veille au soir), a décidé de brancher sa secrétaire en mode répondeur “je fais part de votre réclamation que vous êtes le/la Xème à transmettre”.
Elle quitte le mode répondeur pour préciser ce qu’elle pense finalement elle aussi de Madame Van Den Connasse, qui comme chaque année s’est envolée vers un pays chaud, quand on a besoin nous, de chauffage.
Une bonne moitié des résidents des immeubles ne lui dit plus bonjour depuis les problèmes de chauffage de septembre/octobre dernier + quelques uns de plus qui ont trouvé qu’elle charriait en avril également…
A son retour, je pense vu la manifestation qui se préparait sous mes fenêtres le soir du 14, que c’est 100 % des résidents qui vont lui faire la gueule. Et elle va se sentir isolée la pauvre bichette !
Les nouveaux arrivants découvrent qui est cette purge qui décide de tout pour tout le monde, et les anciens lâchent leur bile avec allégresse. Les nouveaux l’attendent de pied ferme, les autres sont un petit peu résignés sauf que…
L’année prochaine, nous n’aurons plus qu’à embaucher un tueur à gages… A la limite c’est moins cher que le plombier avec majorations…
Ou à envoyer le petit con avec son lance pierres, en lui spécifiant bien dans quelles vitres il doit tirer… Je ne sais pas si c’est la meilleure idée, mais quand on est énervé, ça soulage…
Oui, cela empire… Charles Hubert reste très calme et c’est moi qui appelle mon beau frère pour aller aux urgences. Charles Hubert a perdu son permis de conduire (papier) et ne l’a jamais fait refaire et en plus il est myope comme 4 taupes. Hors de question qu’il conduise ma voiture.
Aux urgences, on me met une perf d’anti-spamodique et d’antalgique. dans une quasie indifférence générale On me fait une prise de sang, et je suis tellement mal que même pas peur d’abord, et je dois passer à la radio. Le temps coule. La douleur s’estompe et les spasmes aussi. Charles Hubert est toujours aussi calme.
La radio ne montre rien de particulier (pas d’occlusion intestinale), les analyses ne sont pas parfaites mais bon ce dont je souffre est psycho somatique paraît-il (c’est pratique, ça sert à tout)… Grave erreur de ma part, je ne regarde pas les résultats de la prise de sang. Je peux sortir avec une ordonnance. Un taxi nous récupère et nous rentrons à la maison.
Charles Hubert s’endort comme un bienheureux non sans me signaler que je ne suis qu’une emmerdeuse qui s’écoute, et moi les spasmes me reprennent. Je vomis à en mourir, je vais mourir… Je vais me coucher dans l’ex chambre des filles avec une cuvette après avoir tout nettoyé sans qu’il n’ouvre un oeil malgré mes appels au secours. J’y laisse mes tripes.
Le lendemain matin Charles Hubert de mauvaise grâce, part m’acheter les médicaments prescrits par les urgences. Il n’a pas que ça à faire. Il va à Paris s’y changer les idées, s’y ressourcer, car il est au chômage lui. Et il me laisse seule après m’avoir fait mon thé du matin… Deuxième “tilt” dans ma tête… Jamais il ne m’a fait mon thé. Il va me le faire 2 ou 3 fois avant la fin…
Je souffre le mardi, le mercredi, le jeudi, le traitement prescrit par les urgences ne fait rien. Je n’en peux plus, Mrs Bibelot qui sait que je ne m’écoute pas, et s’inquiète, me trouve un RV chez un autre médecin qui peut me prendre tout de suite. Elle m’y conduit, je suis incapable de prendre ma voiture.
Le médecin sursaute devant l’analyse faite à l’hôpital “ils vous ont laissé sortir avec ça ?”. Oui. Je jette un oeil. 35000 globules blancs, et rien qui va, les plaquettes en chute libre et je ne parle pas du reste. Il me palpe le ventre. “vous souffrez d’un empoisonnement” me dit-il. Le dernier repas que j’ai pris c’est chez Belle maman. Je l’ai intégralement vomi dans la nuit du lundi au mardi dans ma cuvette donc tardivement… Charles Hubert va bien et belle maman aussi… Il m’indique qu’il va engueuler les urgences un max (ce qu’il fit, j’ai eu une copie de sa lettre incendiaire) et me demande au passage comment je m’entends avec mon mari. Autre “tilt” dans ma tête, dont je ne tiens aucun compte, je ne vois pas le rapport… ‘le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con” dagada tsoin tsoin….
Il me fait une intra veineuse de je ne sais quoi et je ne saurais jamais quoi. Il me prescrit une ordonnance à me faire ficher à la SS (la Sécu !), et me demande de ne manger que ce que j’aurais préparé moi-même. Nouveau “tilt” dans ma tête…
Naïvement tout de même je dis à Charles Hubert que le médecin pense à un “empoisonnement alimentaire”. Il ne moufte pas, mais son regard devient flou. Encore un tilt… Combien faut-il de tilts pour comprendre ? Jusqu’à quel point est-on con ? Qu’importe, le traitement prescrit fonctionne, la piqûre également sans doute, je suis guérie, et quand on s’est senti au bord du décès, se sentir guéri, cesser de souffrir, c’est le top du top.
3 semaines après, je découvre que Charles Hubert me trompe avec une américaine rencontrée le soir où il a découché. Je pars en Egypte avec Pulchérie pour y réfléchir tranquille (et tout haut, la pauvre) ; et en rentrant d’Egypte je le flanque à la porte devant son comportement… Et manu militari, je précise, 1,84 m ou pas, il a dégagé fissa. Telle une image d’Epinal, j’avais pris à la main le rouleau à pâtisserie…
Et le temps passe. Il m’a laissé un bordel pas possible que je trie dans la mesure où je dois garder ses affaires pendant 18 mois après le prononcé du divorce.
Je trie, je mets en cartons (bonne poire, mais bon c’était pour qu’il en embarque le plus possible à chaque visite), et un beau jour dans la cave, dans un de ses sacs plastiques, un flacon curieux.
Un liquide rose. Rose comme les granulés de mort aux rats dans la cave, il y a d’ailleurs des granulés dans le sac plastique, les tilts reviennent tout à coup, le puzzle se met en place, je comprends tout, j’admets enfin ce que mon inconscient avait soupçonné. Il y a de plus, un post it avec sa glorieuse écriture : 20 gouttes par jour avant la totalité de la dilution…
Pourquoi ? Parce qu’il croyait avoir l’usufruit de l’appartement. Que je lui avais retiré depuis qu’il était odieux, sans le lui dire. Parce qu’il héritait d’un quart de mes biens et que mon appartement vaut de l’argent. Parce que c’était un fou et un assassin en puissance. Il se voyait installant son américaine chez moi pour lui faire plein d’enfants…
Et bon, j’ai eu de la chance, mon organisme a réagit violemment aux “quelques gouttes”. Quand je lui ai dit que le deuxième médecin m’avait parlé d’empoisonnement (en toute innocence), il a pris peur sans doute… Et arrêté de mettre les quelques gouttes dans mon alimentation quotidienne (mon lait en particulier dont il ne buvait pas, préférant le 1/2 écrémé lui, et dont je ne peux me passer dans du thé, thé qu’il m’a fait plusieurs fois quand mon lait venait à manquer).
Je garde le flacon… Je ne sais pas ce qu’il vaut, mais je pense qu’il vaut quelque chose. Et je revois encore le médecin me demandant comment je m’entendais avec mon mari. Il ne pensait pas à un empoisonnement alimentaire. Il avait son idée… Il aurait dû me causer un peu plus directement, j’étais finalement prête à voir tous mes “tilts” se télescoper pour faire une idée réelle même si monstrueuse. Finalement, il y a un moment où l’on sait, mais où l’on refuse d’y croire…
Je pense qu’il s’en souvient…
Quant à moi j’ai toujours rêvé de faire femme fatale mais pas celle que l’on empoisonne…
La vie n’est qu’un long calvaire parsemée ça et là de mort aux rats…
SINON : Petit PS : j’ai réussi à faire analyser le produit en respectant les empreintes digitales d’Albert. Il y avait autre chose que de la mort au rat, mais le but de mon blog n’est pas de révéler les secrets de certains empoisonneurs…
Bon, comme j’en ai parlé, voici la véritable histoire. Bien évidemment je cède à vos demandes répétées et insistantes (ben si… que des emmerdeurs, pas capables de me préciser si répétés prend un e ou non avant le pluriel, on rêve tout debout…)
Je me suis remariée (quelle idée aussi que de se REmarier !) avec Charles Hubert en juin 2002.
Retour du voyage de noces au Kenya, et voiloù Charles Hubert décidé à jouer les militants syndiqués au boulot (boulot merdique, mais qu’il tenait depuis 15 ans en étant payé bien plus cher que moi, avec (mais je l’ai découvert trop tard) des chefs plus qu’indugents). Bilan, après 3 mois de luttes idiotes me plombant la santé (il était incapable de se débrouiller tout seul, même avec internenette, et je lui faisais tous ses courriers vu qu’il faisait tout pour se faire virer, donc il faisait jouer ma connaissance en droit du travail et certains employeurs écrivent vraiment n’importe quoi) : licenciement et me voici avec un époux au chômage et le vivant très mal. Il s’était vu portant le drapeau des trois glorieuses (sans les nénés de la nana qui porte le drapeau sur le tableau, et dont je pensais petite, que c’était une des trois glorieuses, je cherchais les deux autres) et n’était plus qu’à errer à la maison en ne faisant même pas le ménage (surtout pas, ça aurait pu le tuer).
Fin 2003 très gros problème familial. Priorité absolue à ce problème. Le mari et ses états d’âme je les mets de côté, mais non pas parce que je ne l’aime pas (encore que, maintenant je me pose la question de savoir si je l’aimais encore, ou pas, ou si j’aimais croire que je l’aimais (z’avez qu’à suivre d’abord…).
Parce qu’il dit être adulte alors qu’il ne peut rien faire sans moi sauf, avec un temps de retard, ses envois de mails. Car sa recherche de boulot, il la fait n’importe comment, c’est du n’importe quoi, des mails dantesques bourrés de fautes qu’il envoie n’importe où à n’importe qui, qu’il me demande de corriger. C’est le syndrôme “Cyrano”. Les employeurs convoquent celui qui a écrit qui est moi en fait…
Mes conseils pour êre lui il ne veut pas les écouter. Il est au chômage et commence à crier “tu ne sais pas ce que c’est”. Si je sais, j’ai vécu. Mais j’ai écouté les conseils moi. Le bilan il me faut le faire tout à coup (enfin petit à petit) : il n’est bon à rien. Sa place qu’il tenait depuis 15 ans se résumait à ouvrir le courrier le matin et l’affranchir le soir… Il l’a perdue bêtement en se prenant pour un révolutionnaire et en plus il me pourrit la vie. Je découvre qu’il m’a mentit sur son poste réel au travers des débats prud’hommes qui se déroulent. J’assume mon boulot, la maladie de l’âme d’un proche, mon mari malade tout court.
Le temps passe. Le problème familial s’estompe. Je suis seule avec Charles Hubert qui devient de plus en plus imbuvable. C’est l’enfer. La dépression me guette depuis un petit moment. Je me soigne. Je dois continuer à bosser. Je dois être forte. Je dois ignorer ses cris perpétuels “je suis au chômage, tu ne sais pas ce que c’est“. Il est fiché chez les voisins, on me regarde avec pitié. Je déteste. Moi du coup, on me soigne, car je suis au bout du bout du rouleau. Je suis au bord du gouffre, je n’ai plus qu’à faire un grand pas en avant…
Il veut que nous partions en voyage pendant mes congés. Je m’y oppose : nous n’avons pas l’argent. “On empruntera, je suis toujours parti en voyage”. Je ne cède pas. Et puis vient un soir de juillet, un samedi, qu’il va passer à Paris toutes les semaines. A bien y regarder il va à Paris tous les après midi. Soi-disant pour s’y distraire. J’apprendrai la vérité trop tard.
Ce dernier samedi de juillet, il ne rentre pas. 3 messages sur le répondeur. Il a rencontré des gens sympas, il rentrera plus tard (je ne suis pas rentrée de la piscine où je suis à la recherche d’une vraie détente avec meilleure amie). Il s’incruste avec les gens sympas il rentrera par le dernier train (je suis sous la douche déchlorante). Il a raté le dernier train, il rentrera par le premier (je dors).
Il rentre le dimanche matin vers 6 H 30, haineux en me voyant dans le séjour à me torturer l’esprit. Il file se coucher direct.
Si c’était à refaire, je fouillerais son porte feuille. Mais voyez-vous, votre sorcière est une sorcière stupide. Elle avait confiance tout de même… Elle n’a pas enquêté. Le dimanche en se levant il a adopté la tactique du “j’attaque avant l’autre”. Pour me hurler qu’il avait rencontré des gens BIENS, qu’il avait eu l’impression d’exister ENFIN depuis longtemps. Et il est parti faire son jogging avec son porte feuille, ce qui m’a semblé louche, me laissant donc très mal… Pas le temps de me remettre de tout pour y voir clair. Même ma psy s’est faite avoir sur ce coup là…
15 août je suis en congés. Le samedi nous allons diner chez sa mère qui sent un léger malaise mais juste léger entre son fils et moi. Le dimanche passe. Le lundi matin je suis prise soudain de spasmes atroces dans le ventre. Je vais mourir. Charles Hubert reste de marbre, alors que d’ordinaire quand j’ai un pêt de travers il est prêt à alerter le samu. Premier “tilt” dans ma tête. Il regarde les jeux olympiques pendant que je me tords de douleurs. Je cherche un médecin, le docteur Acromion étant en congés. J’en trouve un qui accepte de me prendre “entre deux”. En fait en voyant mon visage livide et couvert de sueur il me prendra tout de suite. Il me prescrit un anti spasmodique qui doit agir vite. S’il n’agit pas il m’intime l’ordre d’aller aux urgences. J’ai 3 heures devant moi. Ca ne passe pas. Ca empire….
Et Charles Hubert regarde la TV… Les jeux olympiques c’est important…
Eh oui, encore une rediffusion… (vous savez comment se portent les statistiques actuellement ?)
A l’attention des chefs en général et des patrons en particulier
- Cela me dérange effectivement de rester “un peu plus tard ce soir”
- Non, cela ne “m’arrange” pas de ne pas prendre ma pause déjeuner d’une heure et demie. Depuis le temps que je le dis qu’elle est trop longue cette pause déjeuner et que j’aimerais arriver plus tard le matin (ne parlons pas de partir plus tôt le soir)
- Serait-il possible que ce que vous me donnez à taper soit lisible ? Moi mec bourré deuxième langue je n’ai pas fait…
- Essayez de réfléchir à l’orthographe. Quand je trouve un fax avec un post-it écrit “faxé”, je le classe. S’il y a écrit “faxer”, je le faxe
- Prenez vos agendas au lieu de me téléphoner 10 fois par jour pour me demander le numéro de téléphone de trucmuche
- Non je ne peux pas décaler mes vacances d’une semaine, je pars en Turquie demain, et puis quand bien même…
- Je sais que vous ne prenez pas tous vos congés mais vous êtes payés 4 fois plus que moi (je ne parle pas du big boss)
- Mettez vous bien dans la tête que je ne peux pas photocopier votre dossier qui fait 8 classeurs, en 8 exemplaires en une journée, en plus du reste
- Essayez de comprendre que vous n’êtes pas unique : tout le monde est globalement débordé et prioritaire.
- Non je n’ai pas “eu trucmuche”. S’il avait appelé j’aurais laissé un message
- Arrêtez de hurler “Coraliiiinne !” sur un sale ton : j’ai l’impression d’avoir fait une connerie pour découvrir qu’en fait vous avez une super idiotie reçue par mail à me faire voir puisque vous ne savez pas faire “transférer”
- Eh oui, vous venez à 6 H 30 le dimanche matin : c’est votre boîte non ? Et quand bien même ce serait la mienne, il faudrait que je sois zynoptizée pour être au bureau à 6 H 30…
- Arrêtez de me téléphoner alors que vous êtes à 4 mètres : déplacez vous
A l’attention de mes collègues hommes en général
- Vos commentaires sur le match de la veille me saoulent et les autres filles aussi. Foot ET rugby. Quant à la formule 1 et au tour de France…
- Vos fantasmes sur la voiture idéale me gavent profondément
- Votre idée de la femme parfaite, comme vous avez tous des goûts différents finissent par m’indisposer
- Pour ceux qui savent faire “transférer” : vos mails cochons ne m’intéressent pas
- Si je chuchote avec Laurence on se raconte des trucs de filles on ne dit pas du mal de vous. Pour dire du mal de vous on s’appelle le soir de chez nous…
- Cessez de dire que les femmes sont toutes des cancanières : on vous entend très bien ricaner sur qui peut bien coucher avec qui (et on sait que vous avez tout faux)
- Les toilettes étant partagées, merci de viser juste et de remettre la lunette en place. Si vous n’avez pas visé juste, nettoyez.
- Dans la même rubrique, les hommes aussi peuvent remettre du PQ quand il vient à manquer, merci si vous aimez vous servir du carton, de vous le garder et de penser aux autres en leur laissant du papier…
- Toujours dans la même rubrique, arrêtez de tambouriner en demandant s’il y a quelqu’un. Evidemment qu’il y a quelqu’un. Et arrêtez d’attendre à la porte pour voir qui c’était….
- Tout le monde sait se servir d’une cafetière, alors arrêtez de prendre la dernière dose et de vous tirer en laissant à une femme de préférence, le soin de remettre du café en route
- Je ne sais pas ce que c’est que d’avoir des couilles. Désolée du terme. Mais moi pour remettre en place mon soutif j’attends d’être hors de vue. Alors arrêtez de vous les remettre en place sous mon nez quand je suis assise et vous debout devant mon bureau
- Comment polir un pot d’échappement ? M’en fous…. Avec de la farine et un chiffon devant la télé ? Je note que vous vous polissez le pot devant la TV avec de la farine…
- Vous êtes plus costauds que moi : alors montez les cartons de papier pour le copieur sans qu’on ait à vous le demander
- Vous trompez votre femme ? Merci d’être discret je l’ai tous les jours en ligne au moins une fois
- Vous aimez bien qu’il y ait des bonbons sur mon bureau. Vu votre salaire vous pourriez de temps à autre regarnir la boite…
- Ce n’est pas parce que vous faites 1 m 85 et que vous criez que cela vous rend plus crédible. Même pas peur… En plus plus vous criez plus vous avez tort
- Je sais que ma voiture est une poubelle, mais la vôtre est une voiture payée par la boîte…. J’accepte la même aux mêmes conditions…
- Pour certains (pas tous) arrêtez à 17 heures de dire “ça sent l’homme le vrai”. Ca pue et l’usage du déo n’a jamais castré un homme (même un vrai, puisqu’il y en a des faux sans doute…)
Et il paraît que les femmes sont des chieuses…
Devant le trop d’empressement des blogueurs en cette période, je me permets (et je fais ce que je veux d’abord), de rééditer ce post du 15 juin 2006, époque où je débutais et n’ai eu aucun commentaire…
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais généralement il ne viendra à l’idée de personne (à part une très bonne amie ou une mère (ces mères quelle plaie…)) d’aborder une jeune femme, femme tout court en lui disant :
- C’est quoi cette robe ?
- T’as vu ton look ?
- Il pue ton parfum
- Tu pue du bec
- T’as une gueule à faire peur aujourd’hui
- Dis moi ce que utilises comme crème de base que je n’achète pas la même
- Le mascara bleu laisse tomber
- T’as un poil là, et un autre là aussi d’ailleurs
- Je ne sais pas si tu as remarqué mais tu as un bouton
- Putain ta peau !!! Qu’est-ce qu’il s’est passé ? T’as voulu faire des UV avec ton micro-ondes ?
Par contre, dès qu’il s’agit de coiffure tout le monde se lâche, et avec un sans gène inimaginable. NE SURTOUT RIEN RAYER !
- J’aimais mieux avant
- C’est mieux maintenant
- Pourquoi pas plus clair ?
- Pourquoi pas plus foncé ?
- Pourquoi pas des mèches tricolores ?
- Quelle idée ces mèches tricolores ?
- Pourquoi pas plus court ?
- Pourquoi les avoir coupés ils étaient beaux ?
- Pourquoi dégradé ?
- Drôle de coupe, tu aurais dû faire dégradé…
- Tu as été coiffée par un stagiaire ?
- Ah tu t’es coupé les cheveux toute seule ? Non ? Pardon. Change de coiffeur
- Quelle drôle d’idée cette permanente…
- Quelle drôle d’idée de te faire défriser…
- La couleur est jolie mais on voit bien que ce n’est pas naturel du tout.
- Je dis ça, je ne dis rien…
- Arrghh, je ne t’avais pas reconnue…
Etre prévenue : cela ne plaira pas à tout le monde. Seul un être se taira : l’homme qui ne voit rien. Où s’il voit il dira “Combien ?”
Pourquoi le capillaire ne connaît-il aucune limite en ce qui concerne l’impolitesse ?
Pulchérie avait 18 mois pour sa première vraie fête des mères, à savoir un âge où l’on comprend un petit peu. Alors j’avais briffé Albert afin qu’il s’occupe de cette fête des mères qui lui passait un peu au dessus de la tête. Les traditions se doivent d’être instaurées tôt. Nous étions donc partis faire les courses du samedi, quand il disparu dans une boutique avec la petite après m’avoir fait signe que ce n’était pas pour moi.
Première difficulté : elle avait bien compris que c’était un cadeau pour maman, que c’était à elle de me le donner, mais pas forcément qu’il fallait le donner le lendemain. Elle ressortit donc de la boutique en hurlant, parce que son père avait gardé le petit paquet choisi par elle : “c’est pas pour toi, c’est pour mamannnn !” Devant ses sanglots et son désespoir, craignant une émeute des passants outrés de voir un enfant martyrisé devant tout le monde, Albert céda et lui donna le petit paquet tout en lui expliquant encore que c’était pour le lendemain, avant de la prendre dans ses bras parce qu’elle était fatiguée. Je suivais le père et la fille en faisant mine de rien, et la chipie le sourire retrouvé, me montrait régulièrement le paquet d’un air de “bisque bisque rage !” et nous avions du mal à garder notre sérieux. Albert eu toutes les peines du monde à lui faire “cacher” le cadeau et heureusement que je ne voyais rien ni n’entendais rien.
Le lendemain matin, du lilas dans une main, le paquet dans l’autre, Pulchérie déboula dans la chambre au son de “bonpète maman !” me donna le paquet et garda le lilas qu’Albert alla mettre dans un vase après m’avoir déposé sur les genoux, non sans une certaine violence, le plateau d’un petit déjeuner au lit.
Pour Delphine, elle avait été elle, briffée par sa soeur et sa réaction fut toute différente. Pulchérie avait son cadeau fait à la maternelle, Albert se colla à celui de Delphine. Elle comprit très bien, ressorti d’une boutique les mains derrière le dos en me regardant d’un air ironique, puis me tourna le dos pour rejoindre la voiture en tenant son père par la main… A peine rentrée à la maison elle alla elle-même cacher le dit cadeau, et passa le reste de la journée à me regarder en rigolant et chuchotant avec sa soeur. Fort heureusement je ne remarquais rien.
Maternelle. Ah ces petits visages angoissés des enfants sortant de l’école avec leur cadeau/surprise derrière le dos… Pourvu que maman loupe un épisode ! Pour ma part le vendredi soir (beaucoup d’enfants manquant le samedi matin) avant veille de fête des mères, je dépêchais Albert ou s’il n’était pas disponible, ma mère, ma soeur, ou mon père. Soulagement des filles en ne me voyant pas, rentrant à la maison pour filer dans leur chambre alors que j’étais “occupée ailleurs”. A chaque remise de cadeau elles étaient ravies de leur ruse et de leur habileté “tu n’avais rien deviné hein maman ?”.
Non mes chéries, je n’avais rien deviné, pas plus entendu la récitation répétée avec votre père, ni fait attention à vos sourires en coin et conciliabules multiples depuis quelques temps. Une maman, avant son anniversaire et la fête des mères, se doit d’être aveugle et sourde. Et ce plateau petit déjeuner au lit, avec une fleur et des croissants, je ne m’y attendais pas du tout non plus !
Bonne fête à toutes les mamans passées, présentes, et à venir !