'Notre vie quotidienne à nous les femmes'
Oui, cela empire… Charles Hubert reste très calme et c’est moi qui appelle mon beau frère pour aller aux urgences. Charles Hubert a perdu son permis de conduire (papier) et ne l’a jamais fait refaire et en plus il est myope comme 4 taupes. Hors de question qu’il conduise ma voiture.
Aux urgences, on me met une perf d’anti-spamodique et d’antalgique. dans une quasie indifférence générale On me fait une prise de sang, et je suis tellement mal que même pas peur d’abord, et je dois passer à la radio. Le temps coule. La douleur s’estompe et les spasmes aussi. Charles Hubert est toujours aussi calme.
La radio ne montre rien de particulier (pas d’occlusion intestinale), les analyses ne sont pas parfaites mais bon ce dont je souffre est psycho somatique paraît-il (c’est pratique, ça sert à tout)… Grave erreur de ma part, je ne regarde pas les résultats de la prise de sang. Je peux sortir avec une ordonnance. Un taxi nous récupère et nous rentrons à la maison.
Charles Hubert s’endort comme un bienheureux non sans me signaler que je ne suis qu’une emmerdeuse qui s’écoute, et moi les spasmes me reprennent. Je vomis à en mourir, je vais mourir… Je vais me coucher dans l’ex chambre des filles avec une cuvette après avoir tout nettoyé sans qu’il n’ouvre un oeil malgré mes appels au secours. J’y laisse mes tripes.
Le lendemain matin Charles Hubert de mauvaise grâce, part m’acheter les médicaments prescrits par les urgences. Il n’a pas que ça à faire. Il va à Paris s’y changer les idées, s’y ressourcer, car il est au chômage lui. Et il me laisse seule après m’avoir fait mon thé du matin… Deuxième “tilt” dans ma tête… Jamais il ne m’a fait mon thé. Il va me le faire 2 ou 3 fois avant la fin…
Je souffre le mardi, le mercredi, le jeudi, le traitement prescrit par les urgences ne fait rien. Je n’en peux plus, Mrs Bibelot qui sait que je ne m’écoute pas, et s’inquiète, me trouve un RV chez un autre médecin qui peut me prendre tout de suite. Elle m’y conduit, je suis incapable de prendre ma voiture.
Le médecin sursaute devant l’analyse faite à l’hôpital “ils vous ont laissé sortir avec ça ?”. Oui. Je jette un oeil. 35000 globules blancs, et rien qui va, les plaquettes en chute libre et je ne parle pas du reste. Il me palpe le ventre. “vous souffrez d’un empoisonnement” me dit-il. Le dernier repas que j’ai pris c’est chez Belle maman. Je l’ai intégralement vomi dans la nuit du lundi au mardi dans ma cuvette donc tardivement… Charles Hubert va bien et belle maman aussi… Il m’indique qu’il va engueuler les urgences un max (ce qu’il fit, j’ai eu une copie de sa lettre incendiaire) et me demande au passage comment je m’entends avec mon mari. Autre “tilt” dans ma tête, dont je ne tiens aucun compte, je ne vois pas le rapport… ‘le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con” dagada tsoin tsoin….
Il me fait une intra veineuse de je ne sais quoi et je ne saurais jamais quoi. Il me prescrit une ordonnance à me faire ficher à la SS (la Sécu !), et me demande de ne manger que ce que j’aurais préparé moi-même. Nouveau “tilt” dans ma tête…
Naïvement tout de même je dis à Charles Hubert que le médecin pense à un “empoisonnement alimentaire”. Il ne moufte pas, mais son regard devient flou. Encore un tilt… Combien faut-il de tilts pour comprendre ? Jusqu’à quel point est-on con ? Qu’importe, le traitement prescrit fonctionne, la piqûre également sans doute, je suis guérie, et quand on s’est senti au bord du décès, se sentir guéri, cesser de souffrir, c’est le top du top.
3 semaines après, je découvre que Charles Hubert me trompe avec une américaine rencontrée le soir où il a découché. Je pars en Egypte avec Pulchérie pour y réfléchir tranquille (et tout haut, la pauvre) ; et en rentrant d’Egypte je le flanque à la porte devant son comportement… Et manu militari, je précise, 1,84 m ou pas, il a dégagé fissa. Telle une image d’Epinal, j’avais pris à la main le rouleau à pâtisserie…
Et le temps passe. Il m’a laissé un bordel pas possible que je trie dans la mesure où je dois garder ses affaires pendant 18 mois après le prononcé du divorce.
Je trie, je mets en cartons (bonne poire, mais bon c’était pour qu’il en embarque le plus possible à chaque visite), et un beau jour dans la cave, dans un de ses sacs plastiques, un flacon curieux.
Un liquide rose. Rose comme les granulés de mort aux rats dans la cave, il y a d’ailleurs des granulés dans le sac plastique, les tilts reviennent tout à coup, le puzzle se met en place, je comprends tout, j’admets enfin ce que mon inconscient avait soupçonné. Il y a de plus, un post it avec sa glorieuse écriture : 20 gouttes par jour avant la totalité de la dilution…
Pourquoi ? Parce qu’il croyait avoir l’usufruit de l’appartement. Que je lui avais retiré depuis qu’il était odieux, sans le lui dire. Parce qu’il héritait d’un quart de mes biens et que mon appartement vaut de l’argent. Parce que c’était un fou et un assassin en puissance. Il se voyait installant son américaine chez moi pour lui faire plein d’enfants…
Et bon, j’ai eu de la chance, mon organisme a réagit violemment aux “quelques gouttes”. Quand je lui ai dit que le deuxième médecin m’avait parlé d’empoisonnement (en toute innocence), il a pris peur sans doute… Et arrêté de mettre les quelques gouttes dans mon alimentation quotidienne (mon lait en particulier dont il ne buvait pas, préférant le 1/2 écrémé lui, et dont je ne peux me passer dans du thé, thé qu’il m’a fait plusieurs fois quand mon lait venait à manquer).
Je garde le flacon… Je ne sais pas ce qu’il vaut, mais je pense qu’il vaut quelque chose. Et je revois encore le médecin me demandant comment je m’entendais avec mon mari. Il ne pensait pas à un empoisonnement alimentaire. Il avait son idée… Il aurait dû me causer un peu plus directement, j’étais finalement prête à voir tous mes “tilts” se télescoper pour faire une idée réelle même si monstrueuse. Finalement, il y a un moment où l’on sait, mais où l’on refuse d’y croire…
Je pense qu’il s’en souvient…
Quant à moi j’ai toujours rêvé de faire femme fatale mais pas celle que l’on empoisonne…
La vie n’est qu’un long calvaire parsemée ça et là de mort aux rats…
SINON : Petit PS : j’ai réussi à faire analyser le produit en respectant les empreintes digitales d’Albert. Il y avait autre chose que de la mort au rat, mais le but de mon blog n’est pas de révéler les secrets de certains empoisonneurs…
Bon, comme j’en ai parlé, voici la véritable histoire. Bien évidemment je cède à vos demandes répétées et insistantes (ben si… que des emmerdeurs, pas capables de me préciser si répétés prend un e ou non avant le pluriel, on rêve tout debout…)
Je me suis remariée (quelle idée aussi que de se REmarier !) avec Charles Hubert en juin 2002.
Retour du voyage de noces au Kenya, et voiloù Charles Hubert décidé à jouer les militants syndiqués au boulot (boulot merdique, mais qu’il tenait depuis 15 ans en étant payé bien plus cher que moi, avec (mais je l’ai découvert trop tard) des chefs plus qu’indugents). Bilan, après 3 mois de luttes idiotes me plombant la santé (il était incapable de se débrouiller tout seul, même avec internenette, et je lui faisais tous ses courriers vu qu’il faisait tout pour se faire virer, donc il faisait jouer ma connaissance en droit du travail et certains employeurs écrivent vraiment n’importe quoi) : licenciement et me voici avec un époux au chômage et le vivant très mal. Il s’était vu portant le drapeau des trois glorieuses (sans les nénés de la nana qui porte le drapeau sur le tableau, et dont je pensais petite, que c’était une des trois glorieuses, je cherchais les deux autres) et n’était plus qu’à errer à la maison en ne faisant même pas le ménage (surtout pas, ça aurait pu le tuer).
Fin 2003 très gros problème familial. Priorité absolue à ce problème. Le mari et ses états d’âme je les mets de côté, mais non pas parce que je ne l’aime pas (encore que, maintenant je me pose la question de savoir si je l’aimais encore, ou pas, ou si j’aimais croire que je l’aimais (z’avez qu’à suivre d’abord…).
Parce qu’il dit être adulte alors qu’il ne peut rien faire sans moi sauf, avec un temps de retard, ses envois de mails. Car sa recherche de boulot, il la fait n’importe comment, c’est du n’importe quoi, des mails dantesques bourrés de fautes qu’il envoie n’importe où à n’importe qui, qu’il me demande de corriger. C’est le syndrôme “Cyrano”. Les employeurs convoquent celui qui a écrit qui est moi en fait…
Mes conseils pour êre lui il ne veut pas les écouter. Il est au chômage et commence à crier “tu ne sais pas ce que c’est”. Si je sais, j’ai vécu. Mais j’ai écouté les conseils moi. Le bilan il me faut le faire tout à coup (enfin petit à petit) : il n’est bon à rien. Sa place qu’il tenait depuis 15 ans se résumait à ouvrir le courrier le matin et l’affranchir le soir… Il l’a perdue bêtement en se prenant pour un révolutionnaire et en plus il me pourrit la vie. Je découvre qu’il m’a mentit sur son poste réel au travers des débats prud’hommes qui se déroulent. J’assume mon boulot, la maladie de l’âme d’un proche, mon mari malade tout court.
Le temps passe. Le problème familial s’estompe. Je suis seule avec Charles Hubert qui devient de plus en plus imbuvable. C’est l’enfer. La dépression me guette depuis un petit moment. Je me soigne. Je dois continuer à bosser. Je dois être forte. Je dois ignorer ses cris perpétuels “je suis au chômage, tu ne sais pas ce que c’est“. Il est fiché chez les voisins, on me regarde avec pitié. Je déteste. Moi du coup, on me soigne, car je suis au bout du bout du rouleau. Je suis au bord du gouffre, je n’ai plus qu’à faire un grand pas en avant…
Il veut que nous partions en voyage pendant mes congés. Je m’y oppose : nous n’avons pas l’argent. “On empruntera, je suis toujours parti en voyage”. Je ne cède pas. Et puis vient un soir de juillet, un samedi, qu’il va passer à Paris toutes les semaines. A bien y regarder il va à Paris tous les après midi. Soi-disant pour s’y distraire. J’apprendrai la vérité trop tard.
Ce dernier samedi de juillet, il ne rentre pas. 3 messages sur le répondeur. Il a rencontré des gens sympas, il rentrera plus tard (je ne suis pas rentrée de la piscine où je suis à la recherche d’une vraie détente avec meilleure amie). Il s’incruste avec les gens sympas il rentrera par le dernier train (je suis sous la douche déchlorante). Il a raté le dernier train, il rentrera par le premier (je dors).
Il rentre le dimanche matin vers 6 H 30, haineux en me voyant dans le séjour à me torturer l’esprit. Il file se coucher direct.
Si c’était à refaire, je fouillerais son porte feuille. Mais voyez-vous, votre sorcière est une sorcière stupide. Elle avait confiance tout de même… Elle n’a pas enquêté. Le dimanche en se levant il a adopté la tactique du “j’attaque avant l’autre”. Pour me hurler qu’il avait rencontré des gens BIENS, qu’il avait eu l’impression d’exister ENFIN depuis longtemps. Et il est parti faire son jogging avec son porte feuille, ce qui m’a semblé louche, me laissant donc très mal… Pas le temps de me remettre de tout pour y voir clair. Même ma psy s’est faite avoir sur ce coup là…
15 août je suis en congés. Le samedi nous allons diner chez sa mère qui sent un léger malaise mais juste léger entre son fils et moi. Le dimanche passe. Le lundi matin je suis prise soudain de spasmes atroces dans le ventre. Je vais mourir. Charles Hubert reste de marbre, alors que d’ordinaire quand j’ai un pêt de travers il est prêt à alerter le samu. Premier “tilt” dans ma tête. Il regarde les jeux olympiques pendant que je me tords de douleurs. Je cherche un médecin, le docteur Acromion étant en congés. J’en trouve un qui accepte de me prendre “entre deux”. En fait en voyant mon visage livide et couvert de sueur il me prendra tout de suite. Il me prescrit un anti spasmodique qui doit agir vite. S’il n’agit pas il m’intime l’ordre d’aller aux urgences. J’ai 3 heures devant moi. Ca ne passe pas. Ca empire….
Et Charles Hubert regarde la TV… Les jeux olympiques c’est important…
Eh oui, encore une rediffusion… (vous savez comment se portent les statistiques actuellement ?)
A l’attention des chefs en général et des patrons en particulier
- Cela me dérange effectivement de rester “un peu plus tard ce soir”
- Non, cela ne “m’arrange” pas de ne pas prendre ma pause déjeuner d’une heure et demie. Depuis le temps que je le dis qu’elle est trop longue cette pause déjeuner et que j’aimerais arriver plus tard le matin (ne parlons pas de partir plus tôt le soir)
- Serait-il possible que ce que vous me donnez à taper soit lisible ? Moi mec bourré deuxième langue je n’ai pas fait…
- Essayez de réfléchir à l’orthographe. Quand je trouve un fax avec un post-it écrit “faxé”, je le classe. S’il y a écrit “faxer”, je le faxe
- Prenez vos agendas au lieu de me téléphoner 10 fois par jour pour me demander le numéro de téléphone de trucmuche
- Non je ne peux pas décaler mes vacances d’une semaine, je pars en Turquie demain, et puis quand bien même…
- Je sais que vous ne prenez pas tous vos congés mais vous êtes payés 4 fois plus que moi (je ne parle pas du big boss)
- Mettez vous bien dans la tête que je ne peux pas photocopier votre dossier qui fait 8 classeurs, en 8 exemplaires en une journée, en plus du reste
- Essayez de comprendre que vous n’êtes pas unique : tout le monde est globalement débordé et prioritaire.
- Non je n’ai pas “eu trucmuche”. S’il avait appelé j’aurais laissé un message
- Arrêtez de hurler “Coraliiiinne !” sur un sale ton : j’ai l’impression d’avoir fait une connerie pour découvrir qu’en fait vous avez une super idiotie reçue par mail à me faire voir puisque vous ne savez pas faire “transférer”
- Eh oui, vous venez à 6 H 30 le dimanche matin : c’est votre boîte non ? Et quand bien même ce serait la mienne, il faudrait que je sois zynoptizée pour être au bureau à 6 H 30…
- Arrêtez de me téléphoner alors que vous êtes à 4 mètres : déplacez vous
A l’attention de mes collègues hommes en général
- Vos commentaires sur le match de la veille me saoulent et les autres filles aussi. Foot ET rugby. Quant à la formule 1 et au tour de France…
- Vos fantasmes sur la voiture idéale me gavent profondément
- Votre idée de la femme parfaite, comme vous avez tous des goûts différents finissent par m’indisposer
- Pour ceux qui savent faire “transférer” : vos mails cochons ne m’intéressent pas
- Si je chuchote avec Laurence on se raconte des trucs de filles on ne dit pas du mal de vous. Pour dire du mal de vous on s’appelle le soir de chez nous…
- Cessez de dire que les femmes sont toutes des cancanières : on vous entend très bien ricaner sur qui peut bien coucher avec qui (et on sait que vous avez tout faux)
- Les toilettes étant partagées, merci de viser juste et de remettre la lunette en place. Si vous n’avez pas visé juste, nettoyez.
- Dans la même rubrique, les hommes aussi peuvent remettre du PQ quand il vient à manquer, merci si vous aimez vous servir du carton, de vous le garder et de penser aux autres en leur laissant du papier…
- Toujours dans la même rubrique, arrêtez de tambouriner en demandant s’il y a quelqu’un. Evidemment qu’il y a quelqu’un. Et arrêtez d’attendre à la porte pour voir qui c’était….
- Tout le monde sait se servir d’une cafetière, alors arrêtez de prendre la dernière dose et de vous tirer en laissant à une femme de préférence, le soin de remettre du café en route
- Je ne sais pas ce que c’est que d’avoir des couilles. Désolée du terme. Mais moi pour remettre en place mon soutif j’attends d’être hors de vue. Alors arrêtez de vous les remettre en place sous mon nez quand je suis assise et vous debout devant mon bureau
- Comment polir un pot d’échappement ? M’en fous…. Avec de la farine et un chiffon devant la télé ? Je note que vous vous polissez le pot devant la TV avec de la farine…
- Vous êtes plus costauds que moi : alors montez les cartons de papier pour le copieur sans qu’on ait à vous le demander
- Vous trompez votre femme ? Merci d’être discret je l’ai tous les jours en ligne au moins une fois
- Vous aimez bien qu’il y ait des bonbons sur mon bureau. Vu votre salaire vous pourriez de temps à autre regarnir la boite…
- Ce n’est pas parce que vous faites 1 m 85 et que vous criez que cela vous rend plus crédible. Même pas peur… En plus plus vous criez plus vous avez tort
- Je sais que ma voiture est une poubelle, mais la vôtre est une voiture payée par la boîte…. J’accepte la même aux mêmes conditions…
- Pour certains (pas tous) arrêtez à 17 heures de dire “ça sent l’homme le vrai”. Ca pue et l’usage du déo n’a jamais castré un homme (même un vrai, puisqu’il y en a des faux sans doute…)
Et il paraît que les femmes sont des chieuses…
Devant le trop d’empressement des blogueurs en cette période, je me permets (et je fais ce que je veux d’abord), de rééditer ce post du 15 juin 2006, époque où je débutais et n’ai eu aucun commentaire…
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais généralement il ne viendra à l’idée de personne (à part une très bonne amie ou une mère (ces mères quelle plaie…)) d’aborder une jeune femme, femme tout court en lui disant :
- C’est quoi cette robe ?
- T’as vu ton look ?
- Il pue ton parfum
- Tu pue du bec
- T’as une gueule à faire peur aujourd’hui
- Dis moi ce que utilises comme crème de base que je n’achète pas la même
- Le mascara bleu laisse tomber
- T’as un poil là, et un autre là aussi d’ailleurs
- Je ne sais pas si tu as remarqué mais tu as un bouton
- Putain ta peau !!! Qu’est-ce qu’il s’est passé ? T’as voulu faire des UV avec ton micro-ondes ?
Par contre, dès qu’il s’agit de coiffure tout le monde se lâche, et avec un sans gène inimaginable. NE SURTOUT RIEN RAYER !
- J’aimais mieux avant
- C’est mieux maintenant
- Pourquoi pas plus clair ?
- Pourquoi pas plus foncé ?
- Pourquoi pas des mèches tricolores ?
- Quelle idée ces mèches tricolores ?
- Pourquoi pas plus court ?
- Pourquoi les avoir coupés ils étaient beaux ?
- Pourquoi dégradé ?
- Drôle de coupe, tu aurais dû faire dégradé…
- Tu as été coiffée par un stagiaire ?
- Ah tu t’es coupé les cheveux toute seule ? Non ? Pardon. Change de coiffeur
- Quelle drôle d’idée cette permanente…
- Quelle drôle d’idée de te faire défriser…
- La couleur est jolie mais on voit bien que ce n’est pas naturel du tout.
- Je dis ça, je ne dis rien…
- Arrghh, je ne t’avais pas reconnue…
Etre prévenue : cela ne plaira pas à tout le monde. Seul un être se taira : l’homme qui ne voit rien. Où s’il voit il dira “Combien ?”
Pourquoi le capillaire ne connaît-il aucune limite en ce qui concerne l’impolitesse ?
Pulchérie avait 18 mois pour sa première vraie fête des mères, à savoir un âge où l’on comprend un petit peu. Alors j’avais briffé Albert afin qu’il s’occupe de cette fête des mères qui lui passait un peu au dessus de la tête. Les traditions se doivent d’être instaurées tôt. Nous étions donc partis faire les courses du samedi, quand il disparu dans une boutique avec la petite après m’avoir fait signe que ce n’était pas pour moi.
Première difficulté : elle avait bien compris que c’était un cadeau pour maman, que c’était à elle de me le donner, mais pas forcément qu’il fallait le donner le lendemain. Elle ressortit donc de la boutique en hurlant, parce que son père avait gardé le petit paquet choisi par elle : “c’est pas pour toi, c’est pour mamannnn !” Devant ses sanglots et son désespoir, craignant une émeute des passants outrés de voir un enfant martyrisé devant tout le monde, Albert céda et lui donna le petit paquet tout en lui expliquant encore que c’était pour le lendemain, avant de la prendre dans ses bras parce qu’elle était fatiguée. Je suivais le père et la fille en faisant mine de rien, et la chipie le sourire retrouvé, me montrait régulièrement le paquet d’un air de “bisque bisque rage !” et nous avions du mal à garder notre sérieux. Albert eu toutes les peines du monde à lui faire “cacher” le cadeau et heureusement que je ne voyais rien ni n’entendais rien.
Le lendemain matin, du lilas dans une main, le paquet dans l’autre, Pulchérie déboula dans la chambre au son de “bonpète maman !” me donna le paquet et garda le lilas qu’Albert alla mettre dans un vase après m’avoir déposé sur les genoux, non sans une certaine violence, le plateau d’un petit déjeuner au lit.
Pour Delphine, elle avait été elle, briffée par sa soeur et sa réaction fut toute différente. Pulchérie avait son cadeau fait à la maternelle, Albert se colla à celui de Delphine. Elle comprit très bien, ressorti d’une boutique les mains derrière le dos en me regardant d’un air ironique, puis me tourna le dos pour rejoindre la voiture en tenant son père par la main… A peine rentrée à la maison elle alla elle-même cacher le dit cadeau, et passa le reste de la journée à me regarder en rigolant et chuchotant avec sa soeur. Fort heureusement je ne remarquais rien.
Maternelle. Ah ces petits visages angoissés des enfants sortant de l’école avec leur cadeau/surprise derrière le dos… Pourvu que maman loupe un épisode ! Pour ma part le vendredi soir (beaucoup d’enfants manquant le samedi matin) avant veille de fête des mères, je dépêchais Albert ou s’il n’était pas disponible, ma mère, ma soeur, ou mon père. Soulagement des filles en ne me voyant pas, rentrant à la maison pour filer dans leur chambre alors que j’étais “occupée ailleurs”. A chaque remise de cadeau elles étaient ravies de leur ruse et de leur habileté “tu n’avais rien deviné hein maman ?”.
Non mes chéries, je n’avais rien deviné, pas plus entendu la récitation répétée avec votre père, ni fait attention à vos sourires en coin et conciliabules multiples depuis quelques temps. Une maman, avant son anniversaire et la fête des mères, se doit d’être aveugle et sourde. Et ce plateau petit déjeuner au lit, avec une fleur et des croissants, je ne m’y attendais pas du tout non plus !
Bonne fête à toutes les mamans passées, présentes, et à venir !
Cette liste j’avais également grande envie de la remettre à jour…
Il vous trompe. Vous le savez, vous le soupçonnez, vous en êtes certaine, ou bien il vous gave méga grave alors….
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2 gouttes de nuoc mam dans son après rasage et son eau de toilette, voire même s’il en utilise, dans son déodorant (juste au moment de la séparation, quand il s’en va)
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Une boule puante sous chaque tapis de sa voiture… Ou/et sous sa moquette au passage, quand vous allez récupérer vos dernières affaires.
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Ecrire “t’es moche” sur le miroir de courtoisie passager (quand vous êtes encore ensemble, cela s’entend, c’est super pour lui faire louper un WE de séminaire en fait crapuleux)
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Mettre du dépilatoire dans sa lotion capillaire, en secouant bien et en affirmant avec mauvaise foi que “ce trouble dans la lotion est tout à fait normal vu la pression atmosphérique” On peut aussi tester le désherbant foudroyant, pas certaine que ça marche…
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L’abonner à “femme actuelle” à son bureau, ou bien à une revue gay bien hard voire même les deux. Il sera définitivement fiché… Il y a peut-être mieux que “femme actuelle”… A creuser… S”il s’est installé avec une autre (ce rat), ne pas hésiter à l’abonner à une revue gay à son nouveau domicile…
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Demander à votre collègue Paul qui se meurt d’amour pour vous de lui laisser de torrides messages sur son portable, bien mieux, qu’il téléphone au boulot de l’affreux en pleurant “dites-lui que c’est Paul, s’il me largue je m’ouvre les veines, qu’il me rappelle viiiiite c’est urgent”…
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“Bon (pleure Paul) il n’est pas joignable, mais dites lui que je l’aiiiimmmmme !”
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Déclarer que l’abstinence finalement c’est bien tout en se mettant à porter de la lingerie ultra sexy. Changer de parfum au passage, normalement c’est louche.
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Piéger ses boutons de braguette ou de chemise pour qu’ils claquent au mauvais moment.
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Vider systématiquement sa bombe à raser neuve dans le lavabo pendant qu’il dort, la veille d’un rendez-vous d’affaire important et planquer ses rasoirs neufs…
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Récupérer les longs cheveux bruns que perd votre collègue Sophie, les répandre sur sa veste et lui faire une scène justifiée ! “Je le savais que tu me trompais salaud, retourne chez ta mère !”
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Devenir la meilleure amie de sa mère (oui je sais c’est dur, mais bon, ça en vaut la peine, c’est elle qui glapira dans le téléphone qu’il a manqué une femme formidable et qui vous communiquera l’adresse à laquelle l’abonner à la revue Gay/sado-maso..)
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Appeler régulièrement son patron en sanglotant. Ben voui, c’est un saligaud de première, autant qu’il le sache. D’ailleurs il prospecte chez le concurrent… “Désolée, je lui avais promis de ne pas en parler, je ne vous ai rien dit snif”
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Perdre la télécommande de la TV. Mieux : la trafiquer avec du vernis à ongle incolore. Elle a l’air normale mais ne fonctionne plus.
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Saboter l’antenne systématiquement avant un match de foot, de l’extérieur de l’appartement bien entendu, sinon il réparerait en moins de deux…
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Rayer sa belle voiture de fonction avec votre propre clef de voiture, incognito. Un paf dans le pare-brise peut se comprendre mais on fait ça moyen discrètement, à moins d’habiter un bled paumé…
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Ecrire anonymement à l’horrible boudin de la compta de sa boîte qu’il est en réalité fou d’elle mais qu’il faut le violer un peu et surtout insister…
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Vider ses gélules de tranxène pour y mettre du laxatif démoniaque (cherchez, vous trouverez). Pratique les gélules, on peut en faire ce que l’on veut… (j’ai une copine qui s’est fait prescrire une coloscopie rien que pour mettre la poudre à vidanger dans toutes les gélules de son mec : il prenait beaucoup de gélules anti tout + du tranxène… et se préparait un semainier…)
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Remplacer son somnifère dont il n’use que peu, certes, par de l’énervant ressemblant (cherchez, vous trouverez)
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Lui déclarer un soir “j’ai un amant il faut que tu me quitte”, et lui ouvrir la porte… (si vous êtes chez vous bien sûr…
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S’il résiste à tout, revient confus et repentant après une fugue, lui claquer la porte au nez avec dédain en essayant de lui coincer le nez dans la porte…
La vie n’est qu’un long calvaire, n’avait qu’à le savoir aussi que les femmes sont capables de tout…
Alphonsine se retrouva donc mère de famille avec 4 fils nés respectivement en 1911, 1912, 1913, 1914, tous les quatre un 15 août (pratique pour fêter les anniversaires), comme je l’ai déjà précisé, mais il y a des distraits…
La grande guerre interrompit ses galipettes avec l’oncle Jules qui partit au front d’où il revint intact à la fin, sans avoir fait de petit permissionnaire. Pendant son absence, elle avait apprit certains trucs (je reparlerai des “trucs” de la tante Alphonsine en règle générale, et non, ce n’était pas l’avortement) et renonça à tenter la petite fille qui ne viendrait peut-être jamais.
Elle avait Mrs Morgan sa nièce qui habitait 3 maisons plus loin (depuis que Jules et elle avaient émigré sur Rambouillet), et se faisait martyriser par ses 4 cousins, et elle lui servit de deuxième mère et de mère tout court au décès de mon arrière grand mère, bien trop précoce, Mrs Morgan n’ayant que 15 ans et sa mère 38.
5 mâles à la maison, les 4 fils sur le modèle du père… Qui grandirent rapidement et s’incrustèrent un peu chez leurs parents. A une certaine époque, elle se retrouva nantie d’un mari, et de quatre fils de 20, 19, 18 et 17 ans. L’horreur absolue, pour moi en tous cas…
Elle avait beau avoir “une domestique”, elle n’en était pas moins débordée et la guerre des boutons, la grève du sel, cela allait un moment, il fallait se renouveler, ce qu’elle faisait constamment, sans abandonner pour autant l’arme de préférence (les boutons). Mais tante Alphonsine avait de la ressource et plus d’une, je peux vous l’assurer.
Dès l’ouverture de la chasse (c’était une famille de chasseurs), elle devait passer ses weeks end toute seule, ses 5 hommes étant tranformés en 5 déserteurs le samedi et le dimanche, qui rentraient le soir harassés par une dure journée, en costume faisant “splotch” en tombant par terre dans l’entrée, en bottes crottées qui traînaient ça et là, et qui lui laissaient 5 lapins à vider et dépouiller et 7 faisans à plumer… Ceci sans compter les deux chiens de chasse dont elle s’occupait toute la semaine, et qui s’écroulaient cannés, devant la cheminée en embaumant le chien mouillé.
Un jour de fermeture de la chasse, elle avait bien précisé que “qui tue, se débrouille avec son gibier” “et qui chasse s’arrange avec son costume”… Naturellement le mâle fut sourd à l’allusion, on le reconnaît bien là…
Cette année là, là là là, les hommes rentrèrent le samedi soir pour laisser tout en vrac dans l’entrée de la jolie maison, et déposèrent glorieusement leurs victimes sur la table de la cuisine. Alphonsine attendait tout le monde avec le sourire, et après leur douche, les 5 hommes trouvèrent l’appéritif servi et une mère et épouse souriante devant le champagne offert. Ce soir là, on dînait dans la salle à manger et non pas à la cuisine. C’était la fête ! Chic elle n’était pas fâchée d’avoir passé sa journée seule !
Je me dois de préciser qu’à l’époque on se devait de manger ce qui était servi à table et qu’un “berk” était inadmissible, même de la part du chef de famille qui se devait de donner l’exemple (ce dernier n’étant pas du genre à mettre une trempe à sa femme pour cause de poulet trop cuit…). Il y avait eu la grande guerre et une autre menaçait, quant à l’argent il se gagnait difficilement. Bref on terminait son assiette et son pain.
Dans la joie et la bonne humeur devant la belle nappe sortie, les 5 hommes virent arriver une soupière fumante. Les deux survivants, Louis et Léon, s’en souviennent encore. DE LA SOUPE AU POTIRON, POTIRON CUIT DANS LE LAIT. Ils détestaient tous cela. Mais mangèrent tout de même sans piper, l’assiette bien LARGE servie par leur mère et épouse. Tante Alphonsine elle, se régalait. Elle ADORAIT la soupe au potiron et s’en privait régulièrement.
Après ENDIVRES AU GRATIN. Ils détestaient également les endives (elle non), elle les avait choisies bien grosses, avait un peu-beaucoup pleuré la béchamelle, le jambon n’était qu’une mince lamelle insuffisante, et elle n’avait pas mis de fromage pour ne pas “tuer” le goût de l’endive.
Pour terminer du RIZ AU LAIT trop cuit. Ils détestaient le lait tous les 5, elle était la seule à en consommer. Le repas s’acheva sur un mal de tête atroce de la tante Alphonsine qui s’excusa en gémissant d’aller se coucher en les laissant défaire le couvert, dépités, car ils savaient à peine comment faire…
Le lendemain matin, leur mère et épouse ne s’étant pas levée la première comme de coutume, ils retrouvèrent la vaisselle sale dans l’évier, le gibier sur la table de la cuisine et les costumes figés par la boue dans l’entrée, ainsi que le café pas fait… Ils méprisèrent et enfilèrent leur costume de la veille en soupirant, pour aller prendre leur café au troquet du coin. Ils avaient tort de mépriser…
Le soir : FIN DU POTIRON EN SOUPE, CERVELLE DE BOEUF AUX EPINARDS, TARTE AUX POTIRONS (une recette venue d’amérique mes amours…). Le gibier commençait à sentir légèrement dans la cuisine et la migraine d’Alphonsine s’incrustait (et apparement quand elle avait la migraine, elle avait la migraine… l’oncle Jules avait du mal à supporter).
Le lundi soir : Alphonsine couchée et dolante, avec une envie de vomir anormale. Rien pour le diner que des restes de cervelle de boeuf aux épinards figés. Conciliabule des mâles : enceinte (elle avait encore l’âge) ? Malade ? Le gibier étant la cause des nausées vu qu’il était grand temps de s’en occuper ? et les costumes et bottes toujours figés dans l’entrée… Les 5 hommes se mirent à vider, dépouiller, plumer, au bord de la nausée “mais comment fait-elle ?”. Ils s’occupèrent de leurs costumes de chasse et nettoyèrent même l’entrée jusqu’à ce qu’elle brille. Au passage ils firent la vaisselle en maugréant que ce n’était pas un travail d’homme, et qu’avait donc fait la domestique ce beau lundi ? (elle avait nettoyé toutes les lampes comme si c’était urgent…)
C’était donc ça. Le mard : exit une grossesse de plus : rillettes de lapin (où est passée cette P… de recette ?), faisans fricassés au chou et aux lardons, tarte aux pommes.
La saison de chasse se passa bien… Sauf quelques boutons ça et là, qui fuguèrent des costumes, mais les fils étaient plus avisés que le père….