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'Notre vie quotidienne à nous les femmes'

L’homme est malade, épisode 2

L_homme_malade__pisode_2_53271854Réactualisation d’un précédent post…

Charles Edouard n’est JAMAIS malade, qu’on se le dise, même quand il rentre avec visiblement environ 40 de fièvre en toussant comme un malade, les yeux rouges et le teint blême, et déclare d’une voix graillonneuse qu’il regarde un match ce soir.

Quand il nous a expectoré ses bactéries dans la tronche pendant 10 jours, il s’étonne qu’on se couche. Lui ne se couche jamais, sauf pour dormir. “s’écouter” est incompatible pour lui avec l’idée qu’il se fait d’un homme, un vrai (parce que pour lui il y en a de faux), ce qu’il est.

La moindre bronchite le fait tousser deux mois. Ce n’est rien. Le fait que ce rien ait contaminé toute sa petite famille et tué Tante Hortense le laisse de marbre (d’ailleurs il a hérité au passage). Les faiblesses c’est bon pour ceux qui s’écoutent et lui ne s’écoute pas. Sa jambe curieusement gonflée depuis sa chute de vélo ? Ce n’est rien non plus, ça va passer tout seul.

Il a un doigt définitivement tordu (démis et non remis, ce n’était rien) et lui aussi cultive un truc en “ocque” depuis des années. C’est chez nous, vu qu’il nous le refile régulièrement, que la bête est devenue résistante.

Il a vaguement entendu parler du SIDA mais bon, heu, non lui ne l’aura pas vu qu’il mène une vie saine. Donc inutile de prendre des précautions (une capote en plus ça fait médical). De toutes manières les microbes et virus fuient d’instinct un homme, un vrai, un dur, qui n’est jamais malade et possède des défenses immunitaires de fer.

Lorsque tout de même Charles Hubert voulait bien reconnaître qu’il avait peut-être quelque chose (vu que je lui faisais squatter le canapé pour dormir), il s’arrêtait en sortant du boulot à la pharmacie, acheter le remède miracle : de l’aspirine vitamine C : c’est bon pour tout.

Et que je te croque 3 comprimés direct dans le train, sans vérifier que c’est du 1000 et que c’est à faire fondre dans un verre d’eau car effervescent. Il a avalé vite fait mais cela a continué à effervescer dans son estomac et il m’a vidé un litre de bière en rentrant (la bière c’est bon pour tout aussi).

Il m’a gonflé toute la soirée parce qu’il avait un drôle de goût dans la bouche, et toute la nuit parce qu’il ne pouvait pas dormir (rapport à la triple dose de vitamine C à 19 H 30). Preuve pour lui, non pas qu’il aurait dû lire la notice, mais que les médicaments c’est du poison et que ça ne sert à rien. Sur une foulure de cheville il a pris évidemment de l’aspirine, et s’est trempé le pied dans de l’eau brulante pendant 2 heures : moralité sa cheville et son mollet pouvaient faire concurrence à une vache normande.

Pour un début de tourista, il me piquait mon anti infection urinaire, et se plaignait encore que les médicaments c’était de la merde. La tourista, c’était le seul truc finalement qu’il acceptait dare dare de (mal) soigner… Quand la sécu lui a envoyé le papier lui demandant qui était son médecin “référend” (dire désormais “bonjour mon référend”), il a certainement ouvert un dictionnaire pour savoir ce que “médecin” voulait dire avant de jeter le papier.

Bon je ne l’ai supporté que peu de temps, mais c’était toujours bien assez trop… La vie n’est qu’un long calvaire, surtout quand on manque de discernement…

Posté le 29 septembre '06 par Calpurnia, dans Notre vie quotidienne à nous les femmes. Pas de commentaire.

L’homme est malade, épisode 1

hmL’homme est malade de différentes manières, et je m’en vais donc vous les expliquer après en avoir pratiqué plusieurs (actualisation du post du 4 juillet dernier)

Albert est malade (cas n° 1)

Albert a deux états : en bonne santé ou à l’article de la mort qui ne tardera guère.

Au moindre rhume il agonise immédiatement. S’il était croyant on ferait venir un prêtre en même temps que le médecin, car il relève de l’extrême onction au moindre virus ou microbe qui passe. Mais il refuse l’intervention du prêtre et geint “laisses moi tranquille éteints la lumière” d’un ton lugubre avant de plonger sous la couette.

Le gémissement lugubre (venant de sous la couette toujours) est son seul mode d’expression pendant tout le temps de la maladie et qui nous rassure quand on ouvre la porte de la chambre : il est toujours vivant. Par contre il faut faire taire les enfants (mission impossible), car le bruit le dérange dans sa méditation pré-mortem

Albert a une profonde aversion pour tout ce qui est médicament. Malgré son gabarit il prend de l’aspirine par quart de comprimé et renifle le verre dans lequel vous l’avez fait fondre avec suspiscion, ayant appris au cours de ses études à faire la différence d’un coup de narine entre la mort au rat, le cyanure, et le chlorure de potassium. Seules des gouttes inodores et sans saveur pourraient le berner, mais cela n’existe pas et c’est bien dommage, cela nous permettrait de le soigner en lui faisant son petit café.

Il se soigne avec un sirop (à la menthe et alcoolisé qui ressemble à un pousse café pour lequel je ne ferai pas de pub, détestant la menthe) et pas un autre, qu’il boit à la bouteille : cela lui donne l’impression de se soigner mieux et le rhume va lui très bien par contre, car la bouteille de sirop est un vrai bouillon de culture. Le grog lui plaît bien (sans eau, mais il veut bien une rondelle de citron pour désinfecter), le vin chaud aussi (avec de la canelle qui désinfecte aussi d’après lui). Une bonne suée c’est la preuve qu’il va bien.

S’il a été dans l’obligation absolue de prendre des antibiotiques (rhumatisme articulaire aigü faisant suite à une angine rouge soignée à coup de quart d’aspirine, ou abccès dans la gorge), il écoute avec attention le médecin lui expliquer pourquoi il faut continuer le traitement 10 jours, sans oublier une prise, et arrête ses cachets dès qu’il se sent mieux (le médecin étant comme nous, un âne).

Généralement il finit par avoir un streptoccoque ou un staphyloccoque (doré de préférence c’est plus chic), voire même les deux, et qui résistent à tout vu la manière dont il utilise les antibiotiques.

Mais comme il ne les voit pas, il n’y croit pas. Quand il les sent par contre, il agonise immédiatement.

Albert fuit comme la peste les prises de sang et autre joyeusetés. C’est le genre à se demander s’il va bien se marier vu qu’il y a une prise de sang à faire, alors que les bans sont publiés et le traiteur payé. S’il met les pieds dans un hôpital ou une clinique c’est pour y visiter un nouveau né et la maman. Et encore, l’odeur de l’hôpital le met au bord du malaise.

S’il consent un jour à se faire faire une prise de sang (une fois qu’il est tombé en catalepsie à la vue de la blouse blanche la laborantine peut exercer tout son art), il n’ira jamais chercher les résultats de peur que. La simple vision des résultats d’ailleurs, car on les lui donne, le rend malade car il n’y connaît absolument rien (et ne veut surtout pas savoir). Alors que tout est normal, il monte se coucher et se met à geindre parce qu’il a 5 millions de globules rouges et que c’est certainement trop.

D’abord demain il doit aller chez le dentiste. On n’ose l’imaginer s’avachissant dans le fauteuil et refusant d’ouvrir la bouche (ou la refermant comme Pulchérie, sur la main du dentise mordu grave). Il n’ira pas finalement, il sera mort avant.

C’est l’homme à qui il ne faut surtout pas confier un enfant malade : il ne le soignera JAMAIS.

Posté le 27 septembre '06 par Calpurnia, dans Notre vie quotidienne à nous les femmes. Pas de commentaire.

Petite histoire du shampoing

shampoing-2Devant l’affluence de requêtes gogoles ayant abouties chez moi après la question piège “shampoing”, je me sens dans l’obligation de faire un post non exhaustif sur le shampoing afin que les malheureux ne sachant pas comment se laver les cheveux n’arrivent pas chez moi en vain (donc je m’absente 18 jours NA ! pour les laisser lire et en prendre de la graine !). (Ce n’est pas la pire des requêtes mais je reste soft, sinon où irions nous ?…)

Pour l’histoire du shampoing je vais vous faire la machine à remonter le temps et cela va vous scier, parce que théoriquement, remonter le temps, c’est impossible (si je dis le contraire, la méchante me flingue et sera inculpée de mamanticide).

Donc, quand que j’étais petite, on nous lavait les cheveux deux fois par mois, avec du shampoing éventuellement à un jour fixé appelé “le jour du shampooing“. Le mot “Shampoing” (et vlan gogole remonte) est important et prouve que ma mère était moderne, car le shampoing avant, peu de temps avant, juste sur le coup, c’était du savon de marseille découpé en copeaux avec un économiseur à légume, mis à macérer dans de l’eau jusqu’à obtenir une bouillie lavante. Ou de la poudre de je ne sais plus quelle racine soit disant lavante (donc à sec), ou bien de l’infusion de lierre soit disant lavante également.

Lavez-vous les cheveux avec du savon de marseille et vous comprendrez ce que je veux dire ou bien avec de l’infusion de lierre si vous savez le reconnaître de l’ortie vulgaire… C’est comme cela que toutes mes copines se faisaient laver la tête (d’où l’expression d’ailleurs, car ce n’était pas plaisant du tout, pendant et après)  et moi avec le flacon acheté en pharmacie par maman (la grande surface perçait tout juste) je n’étais qu’une crâneuse. Maman mettait du vinaigre dans la dernière eau de rinçage pour faire briller (et ça, c’est toujours valable en cas d’eau calcaire)

Donc notre mère osait le “2 fois par mois“, contre toute logique car elle, de son temps, on lui autorisait le une fois par mois grand maximum, avec du savon de marseille ou, si les parents avaient les moyens, chez le coiffeur avec du shampoing, du vrai. Pour vous faire une idée, relisez cet excellent livre d’Agatha Christie (cherchez vous trouverez) où l’héroïne se décide à aller se faire faire un shampoing chez un coiffeur, ayant le cheveux plus que crade après 1 mois à chercher du boulot en Angleterre + 1 mois à chercher son chemin en Afrique du nord tout ceci sans se faire un seul shampoing (se lavait-elle le reste ? la question reste sans réponse) (en plus chez le coiffeur elle se fait enlever et décolorer en blonde, à la dégouter de se laver le scalp pour le restant de ses jours).

Ma mère m’avait autorisé, elle, à l’adolescence, le “une fois par semaine” avec force soupirs (genre “tu fais ce que tu veux ma pauvre petite” (ben oui), alors qu’actuellement elle se lave la tête tous les jours). Si l’on dépassait cette extrême limite c’était risquer de perdre tous ses cheveux, la desquamation du cuir chevelu en vue, la lèpre et la peste noire qui s’annonçaient, une vieillesse se pointant à se morfondre sans cheveux dans un hospice avec personne pour venir nous rendre visite (pour le cas où un homme aurait tout de même craqué pour nous et nous ayant fait un enfant découragé lui par notre crâne chauve). Les cheveux c’est quelque chose ! Mais c’était indiqué partout par de vrais spécialistes (!) : plus d’une fois par semaine était interdit sous peine de dégradation du bulbe capillaire et décès définitif du cheveux, sans parler des galères et du bagne toujours envisageables.

Hors j’avais (j’ai), le cheveux gras comme une majorité de personnes. Le cheveux gras n’existe plus désormais, il “regraisse vite”, c’est écrit partout. Et se laver les cheveux une fois par semaine dans ces conditions c’est 5 jours avec les cheveux huileux et l’horreur. Donc j’ai transgressé les règles et décidé de me les laver 2 fois par semaine (je les ai toujours, comment ce fait-ce ?).

Cette prise de position eut lieu au grand damn de mes grands mères ayant elles, connu le diktat absolu du “une fois par mois grand maximum“. Une fois par trimestre étant l’idéal ! Sans shampoing. Elles se faisaient un mélange jaune d’oeuf/rhum, laissaient poser, rinçaient, refaisait leur mélange, ou une autre mixture secret de famille. Pendant la guerre, le jaune d’oeuf valant de l’or, je ne sais pas comment elles ont fait (au savon fait maison sans doute : cendre + potasse). Le jaune d’oeuf était sensé nourrir et nettoyer le cheveux et le rhum à masquer l’odeur (testez… ça sent toujour l’oeuf).

Intéressée dès 12 ans par les cheveux, j’ai interrogé mes arrières grand mères qui elles se lavaient les cheveux une fois par an. C’était là encore le maximum autorisé. Pas pendant les règles, et jamais l’hiver… Pour entretenir une chevelure de 1 mètre environ que l’on ne coupait jamais sauf une fois par an en lune croissante de quelques centimètres (coupe effectuée traditionnellement par la grand mère, sinon on ne répondait plus de rien), il y avait le peigne qui dégraissait (d’où les peignes à dents rapprochées de nos ancêtres), la brosse qui enlevait la poussière (voici la raison du brossage quotidien et long, et des fameux 100 coups de brosse). Elles passaient des heures à brosser et peigner leur abondante (et grasse) chevelure. Elles rinçaient à l’eau de pluie, les puits et les citernes n’étant pas fait pour les chiens (et l’eau courant bien chlorée n’existant pas).

Le cheveux “propre” n’était pas de mise. La comtesse de Ségur relate dans “les deux nigauds” les beaux cheveux gras et pommadés de mademoiselle Sulpicie… Les malheureuses n’ayant pas des cheveux regraissant vite étaient condamnées à les enduire d’huile et de moëlle de boeuf… On les envie ! Les économies qu’on aurait fait ! (les bouchers ont manifesté contre le cheveux propre).

Je ne sais pas, n’ayant pu interroger aucun survivant, comment et combien de fois par an les cheveux étaient lavés au moyen âge… Encore que cette période ait été plus propre que la Renaissance où l’on a pensé que c’était l’eau qui véhiculait la peste, d’où l’absence de salle de bain dans les châteaux et l’originalité de Diane de Poitier se baignant tous les jours (elle en est morte à force, bien fait pour elle, si si, elle est morte je vous dit…)

J’ai connu l’époque du shampoing + vinaigre dans l’eau pour les faire briller. Jean Poirotte voulant des filles à cheveux longs et ma petite soeur, la veinarde, ondulant naturellement jusqu’à faire des anglaises, Mrs Bibelot se précipitat sur le premier démêlant sorti. En pharmacie, une ampoule à diluer dans 1 l d’eau. Cela puait atroce (cela s’appelait Lixel et a disparu depuis). Puis le parfum changeat (obligé : on ne voulait pas non plus puer le cadavre pour avoir le cheveu brillant et démêlé) pour le une fois par semaine, et un beau jour je trouvais à Monoprix un après shampoing, le tout premier, de chez “miss Helen” qui me permit de me démêler sans larmes et à petit prix (Miss Helen a disparu aussi et c’est bien dommage)…

Aujourd’hui il y a tellement tout ce qu’il faut que je me prends à rêver à ce qu’aurait été ma vie à 12 ans, s’il y avait eu tout cela, y compris l’autorisation de se laver les cheveux tous les jours si besoin…. Pour mes filles bien sûr, tous les shampoings et soins, quand elles le voulaient… Pour moi les spécialistes n’étaient plus que du n’importe quoi… (d’ailleurs les mêmes vous disent aujourd’hui qu’il faut laver sa tignasse tous les jours sous peine de galères et de bagne, l’échaffaud étant à la retraite…)

J’ai la recette du shampoing nourrissant pour cheveux gras ou sec et du soin qui va avec…. Somme prohibitive (mais vous en aurez pour votre argent), accepte carte bleue… Me contacter. Mes cheveux sont impecs malgré mon grand âge…

La chevelure c’est important, mais la vie n’est qu’un long calvaire (parsemée ça et là de shampoings…)

Posté le 22 septembre '06 par Calpurnia, dans Notre vie quotidienne à nous les femmes. Pas de commentaire.

Faut qu’on cause

Discussion_57539311“Chéri(e) il faut qu’on(moi) cause” est la phrase clef du couple, qui n’augure généralement rien de bon, surtout quand elle est prononcée à 23 H 30 au moment où l’on se couche avant une journée  marquée d’avance par une réunion importante.

Quand la femme la prononce c’est parfois pour un sujet totalement futile, relatif à l’incapacité de l’homme à reboucher le dentifrice, étendre les serviettes, rabaisser la lunette des WC, mettre son linge sale dans le panier, etc… Futile pour lui, car si nous précisons “il faut qu’on cause” c’est que la coupe est aussi pleine que le panier de linge sale.

Quand l’homme la prononce, c’est souvent pour asséner des coups de massue, on le reconnaît bien là : “je te quitte”, “j’ai une maîtresse”, “j’ai tout perdu au jeu” “j’aime pas Fernande, c’est elle ou moi”. Sinon l’homme a rarement à causer, sauf avec ses potes et ses collègues, de choses très précises : foot, sport en général, jeu vidéo super, film nul, voiture et femmes, loin de nos innocentes oreilles.

Le problème majeur est que l’homme et la femme n’ont pas le même sens de ce que peut bien être une “discussion”. La femme et l’homme ont des cerveaux structurés différement, et je m’en vais vous expliquer pourquoi (ce n’est pas moi qui ai scanné des cerveaux H/F, ni fait de hautes déductions, j’ai juste lu les comptes rendus). Ceci sans aucun racisme et surtout sans vouloir prétendre qu’un sexe est supérieur à l’autre.

Cela remonte à la préhistoire, la sélection naturelle ayant naturellement joué pour faire survivre l’homme et la femme les plus aptes à assurer la survie de l’espèce.

L’homme généralement partait chasser la dinde sauvage (et accessoirement le mamouth ou le bison en Europe), avec une bande de potes aussi affamés que lui. Toute la tribu derrière applaudissant et leur recommandant de ne pas rentrer bredouilles sous peine d’être exclus du groupe. Cela motive.

Peut-être que des femmes les accompagnaient. Probablement de temps à autre. Mais généralement les femmes s’occupaient de la marmaille, la leur, également celle des autre parties cueillir de la verveine sauvage pour calmer les chiards. Pour s’occuper de la marmaille en n’en perdant aucun de vue, tout en surveillant les copines, le sorcier gâteux et s’il ne s’approchait pas un prédateur, les femmes ont développé une vision périphérique super au point, et une énorme capacité à “écouter”. Ainsi elles savaient que leurs 3 mômes allaient bien, que la copine HB était tombée dans les orties et que le sorcier radotait une fois de plus.

Pendant ce temps là, le chasseur de dindes développait une vision en tunel pour bien viser, une appréciation exacte des distances, et une grande capacité à se repérer dans l’espace pour retrouver son chemin et rentrer à la caverne. Il apprenait également à se taire pour ne pas faire fuir les troupeaux de dindes dont l’approche était délicate, les dindes étant très crétines de nature et s’affolant d’un rien.

Aujourd’hui nous sommes toujours ce que la sélection naturelle a fait de nous. Les femmes sont capables de surveiller les enfants, tout en faisant la cuisine en papottant au téléphone avec Fernande, et en surveillant d’une oreille qu’Albert tond bien la pelouse. L’homme lui n’est pas “multi tâches”. J’en connais même au boulot qui sont incapables de réfléchir debout. Il leur faut s’assoir, sinon les talons “font contact avec le sol (oh !!!), cela fait remonter direct un courant électique au cervelet et leur bloque leur capacité à réfléchir” (c’est leur explication). En fait ils ne peuvent pas à la fois se tenir debout, respirer, faire battre leur coeur, et en plus réfléchir. Une fois assis, cela va mieux.

Par contre l’homme sait où est le nord même dans le tunnel du mont blanc, comment rentrer à la maison sans demander son chemin (surtout pas, quitte à se perdre pendant 4 heures), comment trucider un sanglier sans hésitation avec une lance, et apprécie mieux en voiture, vitesse, distances de freinage que la femme qui par contre est moins dangereuse aux carrefours rapports à son angle de vision supérieur à celui de Monsieur qui lui ne trouve pas le beurre dans le frigo s’il ne lui tombe pas sous l’oeil à l’ouverture de la bête (le frigo, je sais que les hommes ne suivent pas), rapport à sa vision en tunnel.

Pour discuter c’est pareil. Si vous voulez annoncer à Albert “j’ai un amant je te quitte”, attendez que le match de foot soit commencé, il ne vous entendra même pas, s’étant déconnecté d’une réalité qui soit autre que “pénalty, hors jeu, arbitre”. Vous pourrez toujours lui dire “je te l’avais dit” sans mentir. Dans les réunions de famille c’est pareil. Il se concentre pour écouter ce que dit son frère et n’entend plus rien d’autre, les papotages des femmes capables de suivre 3 conversations à la fois lui donnant l’impression d’être dans une infâme basse cours. Alors que l’on suit toutes les conversation, la cuisson du gâteau au four du nez, et du coin de l’oeil Pulchérie qui fait l’andouille dans l’escalier une fois de plus.

Ce n’est pas qu’il soit contre la discussion : il est à la recherche perpétuelle d’une zone “langage” sérieusement atrophiée chez lui par rapport à la nôtre (notre zone atrophiée étant celle du déplacement dans l’espace  d’où notre facilité à demander notre chemin). Donc il n’envisage pas la discussion comme nous du tout. Quand il parle c’est toujours du concret : l’arbitre est un con, le sélectionneur est un con, tous des cons, et le dernier jeu sur playstaichion est super où il a trouvé la sortie cachée du piège infâme.

Nous, les femmes pouvons très bien parler juste pour nous soulager d’un souci, d’un problème pour l’instant insoluble. Suffit qu’on en parle et cela va mieux. Nous appelons cela communiquer et les informations fusent en vrac et dans le désordre. Lui n’en voit pas l’intérêt. Il garde ses emmerdes pour lui tant qu’il n’a pas de solution, donc il ne nous les communique pas, même si on insiste car on voit bien que quelque chose le ronge. Pour lui, si nous lui disons que Truchon est décidément insupportable, c’est qu’on attend de lui une solution qu’il croit, solution qu’il s’empresse de nous donner alors que l’on n’en veut pas, le : “démissionne !” n’étant pas une option valable pour nous, ni la phalloïde dans le petit café. Nous aimerions qu’il compatisse où tout bêtement nous écoute, au lieu de faire semblant en suivant plutôt les infos de 20 H.

Habitué qu’il est par nos bavardages pour lui non productifs, l’homme n’entend pas le sous-entendu “j’en ai marre de toi, ça va craquer”. J’ai testé avec Charles Hubert : 2 semaines de “tu risque fort de prendre la porte” ce qui était tout de même plus qu’un sous-entendu, n’ont donné aucun résultat et il était tout surpris, le pauvret quand j’ai ouvert la porte en disant “dehors”. Il ne s’en est toujours pas remis. Je pense qu’il devait y avoir une grande compétition de foot à l’époque…

La discussion pour l’homme doit être productive : on trouve une solution au problème, si problème il y a. S’il ne met pas son linge sale dans le panier ad hoc, ce n’est pas un problème vrai, donc il n’écoute pas. Pire, il n’entend même pas, étant programmé pour entendre surtout l’approche d’un prédateur. Des feuilles mortes qu’on piétine, une branche qui craque ça l’interpelle, pas le bébé qui pleure la nuit dont on s’occupe très bien, qui n’est pas dangereux pour lui, et qui ne sait pas encore ce qu’est le foot.

Solution un peu salissante : avoir une grande provision de feuilles mortes, de branches bien sèches, et piétiner le tout avant de lui dire “il faut qu’on parle”. Vous aurez toute son attention… Son instinct joue enfin… (si vous êtes en appartement, méprisez la surprise des voisins de vous voir arriver avec votre fagot)

Garder son attention sera un autre problème et avoir une discussion vraie avec lui est souvent quasi impossible. En fait l’homme qui discute avec ses potes, monologue et eux avec… Ce n’est pas de la discussion. La phrase clef d’Albert quand je parlais de ses parents était “on parle d’autre chose” (oui mais de quoi ?), Charles Hubert avait la sienne aussi quand j’abordais le cas de ses tas de sacs plastiques qu’il entassait dans le salon “je ne comprends pas ce que tu me dis”. Et c’est vrai qu’il ne comprenait pas le pauvre bouchon : il était incapable d’écouter, et les informations suivaient toutes les circonvolutions de son cerveau avant de lui présenter le résumé : …

Sinon on peut faire comme lui et n’aborder que les vrais problèmes en ayant une solution “tu me fais ch…., je te quitte”. Garder les dialogues intéressants pour les copines qui partagent notre besoin de dire environ 6000 mots par jour. L’homme qui a un cerveau dont la zone langage est moins atrophiée que la moyenne (à 2000 mots par jour ils ont fait leur maximum) fait homme politique, journaliste ou avocat : il peut causer (enfin monologuer). De ce qui lui convient d’ailleurs, ce qui ne l’empêche certainement pas d’être muet chez lui n’éprouvant pas le besoin de dire “je t’aime” à sa titine adorée : s’il ne l’aimait pas il y a longtemps qu’il se serait tiré.

La vie n’est qu’un long calvaire et la sélection naturelle aussi…

Posté le 11 septembre '06 par Calpurnia, dans Notre vie quotidienne à nous les femmes. 1 Commentaire.

Pourquoi ne suis je pas plombière ?

889706_001C’est la question que je me pose depuis que j’ai posé le pied par terre ce matin, pour une fois débordante de courage. Le matin en effet, en dehors des jours chômés où je peux me lever quand je veux, on ne peut pas dire que je sois resplendissante d’énergie. Je dérive telle un animal marin vers la salle de bain où seule une douche peut me faire émerger en partie.

“MARIN” est le mot qui peut qualifier ce debut de dimanche qui ne peut que mal se terminer. Me levant à 8 heures un dimanche matin (curieux il ne pleut pas), arrivant dans ma cuisine pour m’y faire mon thé matinal sans lequel je ne peux pas rassembler deux idées, me voila constatant qu’une énorme flaque (le mot est faible) décorait mon sol de cuisine.

Cette vision m’a rendu toute ma lucidité d’autant que la flaque (enfin le lac) semblait partir de sous un meuble qui n’a rien à voir avec l’eau. J’avais eu le cas une fois avec mon frigo qui s’était mis en dégivrage automatique (une nuit également), mais là on voyait nettement d’où venait la flotte. Hors là, cela ne venait pas du meuble évier, ni du frigo, ni du lave linge qui n’a pas tourné hier, lave vaisselle itou.

Première chose à faire : éponger avant que l’eau ne pénètre prondément et ne décolle le papier peint du plafond de la cuisine du vieux du dessous (quelle idée aussi de mettre du papier peint au plafond). Pour éponger : une éponge (petite mais juré demain j’en achète une très grosse)  et une cuvette qui se remplissait rapidement. Au bout de 3 couvettes, la cusine était parfaitement nettoyée (cela faisait partie de mes projets pour ce dimanche, mais je ne pensais pas m’y mettre dès mon petit lever) et de l’eau suintait toujours légèrement de dessous ce fichu meuble contre lequel j’ai mis du tissu pour absorber, qui s’est retrouvé rapidement trempé. La moitié de ma réserve de chiffons y est passée.

J’ai vérifié le siphon de l’évier : on ne sait jamais l’eau prend parfois d’étranges passages. Non sec. Je suis restée un moment perplexe, et j’ai même fini par lever la tête pour vérifier si l’eau ne venait pas de l’étage du dessus. Non.

Après m’être séché les pieds, et avoir mis les chiffons à sécher sur le balcon (c’est fun) je me suis décidée à aller regarder derrière le lave linge et le lave vaisselle qui sont voisins, pour constater qu’effectivement, il y avait de l’eau là aussi. Et qu’un petit filet semblait se glisser sous mes meubles.

Me voilà partie à la recherche du mode d’emploi du lave linge qui m’a mise sur la paille en février dernier. En effet mon vieux lave linge a choisi de me laisser tomber un dimanche également, le lendemain du jour où je m’étais commandée un voyage sur Internet avec impossibilité de l’annuler. Prix du voyage en Egypte = un lave linge, et mon compte en banque ne s’en est pas remis (surtout que les impôts se sont manifestés APRES).

Bref il me fallait déplacer ce fichu lave linge pour éponger, le lave vaisselle étant cloué sur place car le four est dessus : on ne peut le bouger qu’avec deux costauds pour s’occuper du four.

Mode d’emploi retrouvé (à sa place donc je l’ai cherché partout parce que je n’ai pas spontanément eu l’idée d’y aller voir tout de suite), lave linge déplacé, j’ai recommencé à éponger en me creusant les méninges : d’où vient cette fichue flotte ? Pourquoi ne suis-je pas plombier diantre ?

Il faut dire que depuis que j’habite mon appartement (1995), je suis poursuivie par la fuite intempestive, les joints qui lâchent, les robinets qui se bloquent, les siphons qui fuient, les baignoires qui se bouchent (voir Conseils utiles aux ignorants qui ont mis au monde des filles), la chasse d’eau qui fuit. Le plombier de la résidence, le seul qui sache couper l’eau dans la canalisation centrale pour intervenir sans inonder toute la cage d’escalier, m’aime beaucoup, mais c’est un amour unilatéral car ses tarifs sont prohibitifs (vous en connaissez vous, des plombiers bon marché surtout le dimanche ?).

Les deux dernières fois, c’étaient le robinet de la baignoire qui refusait de se fermer complètement (200 Euros), et juste avant bien sûr, le changement de ma vanne d’arrivée d’eau dans la colonne qui refusait de se fermer (100 euros pour 10 minutes de travail, mais pourquoi je suis pas plombière ?)

Là il m’a fallu identifier la fuite, tout éponger, tout sécher (au sèchoir à cheveux, pas le choix, dans une position fort agréable, coincée entre le lave vaisselle et le lave linge. Et là 5 minutes d’attente pour voir si de l’eau revenait (à moins qu’elle ne suinte de chez le voisin du dessous ????).

Une goutte est tombée soudain et j’ai pu identifier qu’elle venait de l’arrivée d’eau alimentant le lave linge, posé par Farty en février dernier. Question : pourquoi avoir fonctionné parfaitement pendant 5 mois et demi et se mettre à fuir cette nuit ? Autre question, la fuite vient-elle du tuyau mal raccordé par Farty, auquel cas ils n’auront qu’à se déplacer (et me bloquer chez moi une demie journée car je fais toujours partie de la dernière de la liste “à faire”) ? Ou bien du robinet d’arrivée posé lors de mon arrivée dans l’appartement par un plombier qui a disparu depuis ? Auquel cas il me faudra faire appel à l’homme de l’art de la résidence qui me dira comme si c’était drôle “oh madame Dabra, il y avait longtemps !” en venant remplacer le dit robinet (300 euros pour 1/4 d’heure je présume)

En attendant ce jour glorieux j’ai pu constater qu’en fermant ce fichu robinet, la fuite cessait, enfin jusqu’à ce qu’il ne change d’avis. Donc je vais devoir passer ma vie à fermer ce fichu robinet dès qu’une lessive sera terminée, et entourer le coupable d’une chiffon conséquent pendant toute la durée du lavage (comme je suis en train de le faire en ce moment tout en écrivant des imbécillités).

Car je vois nettement d’où vient le problème. Sauf que si je dévisse je ne pourrai jamais revisser correctement. Je n’ai pas les outils nécessaires et aucun don particulier me permettant de maîtriser un robinet facécieux… Au passage j’ai pu constater que la vanne d’arrivée d’eau froide ne ferme plus…

Pourquoi ne suis-je pas plombière à 100 euros les 10 minutes ?

Posté le 9 juillet '06 par Calpurnia, dans Notre vie quotidienne à nous les femmes. 2 Commentaires.

F… Comme FILLES

J’ai élevé DEUX FILLES (actuellement 21 et 24).

C’est mon prochain post. Il ne faut surtout pas que je zappe des informations importantes pour les parents innocents… Alors soyez indulgents pour un retard éventuel.

Posté le 4 juillet '06 par Calpurnia, dans Notre vie quotidienne à nous les femmes. Pas de commentaire.

La merveilleuse vie de secrétaire

endoraDans mon jeune temps, quand j’ai passé mon bac pro, le secrétariat était encore un métier d’avenir.

“Le secrétariat mène à tout à condition d’en sortir” disait Joëlle GORON dans Cosmopolitan dans les années 1980. J’aurais dû la lire mieux.

Etre secrétaire peut nous entraîner dans de multiples sociétés plus ou moins grandes, et dans de multiples secteurs pour peu que l’on sache s’adapter. On découvre alors

  • Chez un médecin ou dans un hôpital, que la MEDECINE c’est le plus DUR, que c’est ce qui demande le plus d’ETUDES, que c’est un STRESS permanent, une RESPONSABILITE que l’on ne peut pas COMPRENDRE. On découvre également que la médecine a ses hiérarchies : le chirurgien cardiologue pèse plus cher dans la balance que le chirurgien généraliste qui fait surtout de l’abdominal. Le dentiste arrive en fin de courses et ne participe pas aux mêmes sauteries que les médecins, chirurgien, ophtalmo et autres.

  • Chez un avocat qu’être avocat c’est le plus DUR, que cela a demandé énormément d’ETUDES, que c’est un STRESS permanent, une RESPONSABILITE que l’on ne peut pas COMPRENDRE. S’il loupe sa plaidoirie, son violeur ira en prison c’est INSOUTENABLE. L’avocat d’assise est mieux coté que celui qui se consacre à la correctionnelle et moins que celui qui défend un député accusé à tort d’avoir piqué dans la caisse

  • Dans l’industrie pharmaceutique, que c’est le plus DUR, que cela a demandé énormément d’ETUDES, que c’est un STRESS permanent que d’attendre qu’il se passe quelque chose dans l’EPROUVETTE. Que c’est une RESPONSABILITE ENORME que de mettre un nouveau médicament sur le marché et que l’on ne peut pas COMPRENDRE. Le médicament anti cancer est mieux coté que celui qui terrassera définitivement le rhume et c’est comme ça.

  • Dans l’industrie tout court, que c’est le plus DUR, que cela a demandé énormément d’ETUDES, que les clients mettent une pression INSOUTENABLE, que c’est un STRESS que l’on ne peut pas comprendre, et les fournisseurs tous des imbéciles.

Quand on a travaillé avec tout un tas de personnes qui sont toutes : INDISPENSABLES, les PLUS TOP, les MEILLEURES, dont le monde ne pourrait pas se PASSER, on a aussi fait le tour de :

  • Toutes les écritures possibles et imaginables. Avis à celles qui ont encore envie de nos jours d’être secrétaires : gardez un échantillon de chaque écriture, cela fait au bout de quelques années une collection fort amusante. On sait évidement décrypter tout (sauf les hiéroglyphes hélas), même si l’on n’a pas fait “mec bourré” en troisième langue ce qui est une lacune lamentable.

  • Toutes les fautes d’ortographe possibles, pour peu qu’on soit un peu à cheval là dessus (normalement pour une secrétaire c’est normal). Mais quand on a un patron capable d’écrire “nez en moins nous ne pourront nous déplacez avant la semaines prochanes”, on lui suggère de se faire relire (avant d’envoyer, surtout les mails où tout le monde se lâche).

  • Toute la modestie dont l’être humain est capable

On saura enfin ce qu’est être une voiture balais, quand on a un chef par ailleurs adorable qui en deux jours :

  • Oublie sa gabardine dans le taxi

  • Oublie sa carte d’identité au poste de garde de l’entreprise CHOSECHOUETTE qui ne laisse pas rentrer n’importe qui

  • Oublie son téléphone portable dans le TGV

  • Laisse son agenda au tabac où il s’est arrêté

  • Part précipitemment de l’hôtel en laissant son ordinateur portable dans la penderie

  • Nous demande de tout récupérer, ce que l’on fait en perdant 5 heures au téléphone (coup de bol, la SNCF a bien le portable trouvé à la place 58 de la voiture n° 2)

On sait après quelques années, répondre d’une voie suave “je suis navrée il est en rendez-vous extérieur toute la journée” alors qu’il est là, juste en face de nous en train de nous faire l’énumération de tout ce qu’il a perdu en deux jours.

On se persuade que l’on est utile un peu, quand même, vu l’assistance que l’on sait faire auprès de toutes ces merveilleuses personnes, dans ces domaines si indispensables, et qui font de notre société ce qu’elle est…

Mais à ce qu’elle est justement notre société, ils n’y réfléchissent jamais…

Posté le 25 juin '06 par Calpurnia, dans Notre vie quotidienne à nous les femmes. 2 Commentaires.