Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

'Chroniques d'une vie ordinaire'

Les joies de l’hiver…

Cela faisait un moment que l’on n’avait pas eu froid comme ça dans la région. Il y a 5 ans environ, il y a eu en janvier 10 jours à -10° s’accrochant, et les routes en patinoires, mais depuis, cela restait soft. Comme la planète se réchauffe, on a forcément oublié que peut-être qu’elle n’a eu qu’un coup de palu, ou bien que tout bêtement ce n’est pas parce qu’elle se réchauffe globalement, qu’en France il fera forcément tout le temps plus chaud.

Une probabilité pour nous étant des hivers de plus en plus froid, et des étés pourris… Mais bon, je ne suis pas l’ange de l’annonciation non plus…

Alors forcément on oublie…

Donc j’avais oublié, les joies de l’hiver…

  • Merde, il neige. Oui quand on est obligé de prendre sa voiture pour bosser, la neige n’est pas forcément très appréciée, même si cela rend le paysage plus joli.
  • Merde il continue à neiger. En plus le froid s’incruste et les collègues en voiture précisent que c’est une vraie patinoire.
  • Le lendemain il fait moins 7. Où : comment faire abstraction de 15 minutes de sommeil pour consacrer 15 minutes à décongeler Copine qui s’est révélée très décevante en conduite sur patinoire, par rapport à Titine qui tenait toujours la route. Copine chasse du cul, c’est une dragueuse…
  • La neige a durci. Forcément, elle ne risque pas de fondre. C’est patinoire, congères durcies, et risque grave de se tôler dans l’escalier de ma résidence. Parce qu’il y a 5 ans, il y avait des marches granitées et tout et tout, mais que le syndic a voulu nous faire dépenser des sous à refaire les entrées (avec escalier amenant au rez-de-jardin). Tout ça pour mettre du marbre qui glisse de peur à la moindre gelée…
  • On opte donc, quand on peut, comme moi, pour des chaussures style confortables et non glissantes, qui font la silhouette légère et genre “je m’en fous de ce qu’on pense de moi”.
  • Et puis le thermomètre continue à descendre. Je suis du style à épier météo France et à maudire les 20 minutes de sommeil en moins qu’implique la température prévue pour le lendemain matin. Temps de dégivrage et de roulage sur patinoire Y COMPRIS EN CENTRE VILLE (et que fait la commune ? je vous le demande)
  • Tout cela pour arriver au boulot et ne pas pouvoir débloquer la grille de fermeture, coincée par le gel/neige fondue reglacée. A mort. Il a fallu deux hommes arrivant en ricanant pour en venir à bout. Après l’avoir décoincée, ils ricanaient nettement moins.
  • Le 7 janvier à 7 H 25, Copine affichait - 12°, mes collègues en pleine Beauce sont allés jusqu’à - 17°. Là, Copine était carrément coincée dans la neige durcie, un peu fondue, redurcie du parking, qu’on se demande ce que fiche le gardien à ne saler que les escaliers, et jamais les places de parking libres la journée. Il faut faire exactement la même manoeuvre que la veille au soir, pour que Copine trouve ses marques à sa place, sinon elle broute…. (de toutes manières, Copine est une chieuse)
  • En plus avec les temps de chauffage, c’est le réservoir d’essence qui en prend un coup. J’ai même craint une fuite d’essence…
  • Mais le 7 janvier à 7 H 30, alors que j’attendais que copine chauffe un peu et que cela dégivre, j’ai eu une immense joie.

Si : immense. Vous ne devinerez jamais…

Cherchez un peu…

Si si, c’est elle.

C’est toujours elle…

Madame Vampire, évidemment déjà levée (elle est à la retraite, peut pas rester couchée sous sa couette par des températures pareilles ?).

Avec, à la main, pour son pare brise : SA SALIERE !

Faut dire que l’année des -10° elle avait pété son pare brise avec de l’eau bouillante. Moi je prends de l’eau très chaude dans une bouteille plastique solide (bouteille de lait, rien de tel, ça ramollit bien) que je promène à l’intérieur de mon pare-brise. C’est très efficace…. Mais jamais au grand jamais, je ne verserais de l’eau bouillante sur un pare-brise par - 12°…. Eventuellement de l’eau chaude + alcool à brûler en cas d’urgence, mais ça ruine les balais d’essuie-glace…

Et là, elle a commencé à saupoudrer son pare brise avec son sel de Guérande, et j’ai cru mourir de rire…

Sel sans additif + glace, c’était l’ingrédient indispensable des sorbetières d’antan.

Je suis partie alors qu’elle avait une espèce de mousse glacée sur son pare-brise, dont elle actionnait les essuies glace à fond la caisse. Moralité, le soir tout le monde a pu l’entendre pleurer/hurler dans le téléphone que ses balais d’essuie glace étaient DCD.

Faudrait pas rire comme ça… Mais là ça m’a rappelé qu’elle nous gonflait déjà il y a 5 ans, car quand elle avait pété son pare brise avec son eau bouillante sous mes yeux n’émerveillés, je n’avais pas du tout compati…

Je m’étais juste demandé où elle pouvait bien aller se promener à des heures pareilles…

Idem le jour des - 12°…

J’m'en vas enquêter à mon tour…

Et aujourd’hui c’est l’anniversaire de quoi ? (la chieuse)

Posté le 21 janvier '09 par Calpurnia, dans Chroniques d'une vie ordinaire. 23 Commentaires.

J’adore le latin…

Surtout depuis que je n’en fais plus…

Mrs Bibelot avait fait “ses deux bacs” (il y en avait deux à l’époque et l’on rentrait glorieusement en “philo”) avec latin-grec comme options principales. Il n’était pas question que je coupe au latin, malgré ma mine peu enthousiaste.

Elle voulait faire médecine et tout le monde lui avait dit que pour faire médecine il fallait savoir le latin (pour dépister pasteurella pestis, c’était n’importe quoi, mais tout le monde y croyait)… Elle a donc galéré comme pas possible en PCB (Physique, Chimie, Biologie, à son époque) avant de débuter ses études en fréquentant le quartier latin, car il lui fallait se mettre à niveau par rapport à ceux qui avaient fait “moderne” (pas de latin et surtout pas de grec, mais ce qui était nécessaire et lui manquait).

Elle traduisait Homère dans le texte. Tout se perd un jour à ne pas le pratiquer et elle a quasi oublié son grec (elle s’est plantée dernièrement sur une définition de mots croisés sadiques où il faut mettre la case noire soi-même, mais j’y reviendrai…)… Pour le latin elle était vraiment chiante donc elle n’a pas eu vraiment l’occasion de perdre la main, via moi, ma soeur cadette, et Pulchérie qui ADORAIT le latin…

Oui, Pulchérie adorait le latin qu’elle n’a abandonné qu’en terminale pour se consacrer à ses maths chéries (oui c’est ma fille…). Elle adorait en effet également les maths et particulièrement le théorème de machingore, la physique quantique et les équations au 16ème degré (j’ai mis au monde une enfant anormale, je le réalise tout juste). Tout cela pour finir comme designer chez X très coté… Elle adorait à tel point le latin qu’elle n’arrêtait pas de nous faire des citations latines à une certaine époque. D’où la riposte fameuse (dans la famille), de Delphine exaspérée qui lui lança un beau jour “va dans le métro Satanas” !

Donc Mrs Bibelot m’obligea à prendre “latin” en option… J’étais contre, les déclinaisons je ne percutais pas vraiment et ces salauds de latins en avaient des tas. Elle m’a refait le coup avec l’allemand et là encore des déclinaisons, quasi les mêmes mais quand on n’aime pas le café, on n’aime pas le café… C’est le truc que je ne supportais pas. Je ne supporte d’ailleurs toujours pas, je n’arrive pas à décliner dans ma tête spontanément, autre chose que des conneries… (nominatif, vocatif, accusatif, génitif, datif, ablatif, poil au pif)

Mais j’adore l’éthymologie, et là, forcément le latin me rattrape. Le grec aussi d’ailleurs. S’il ne fallait pas apprendre un nouvel alphabet à mon âge, je m’y mettrais bien, en plus ils étaient normaux, ils ne déclinaient pas eux…

J’adore lire que la “manipule” était un morceau d’armée de 10 hommes, donc, facile à “manipuler” (d’où l’expression), qu’être “légion” c’est forcément beaucoup, que le grand égout de Rome s’appelait “cloaqua maxima”, que le triomphe était une fête, gloire maximum pour celui qui avait vaincu ou fait quelque chose qui en valait la peine : c’était la récompense maximum à Rome, que décimer vient de la punition la plus dure dans l’armée : la décimation à l’unité qui a reculé : on prend un homme sur 10 et on les exécute tous coupable ou non… et j’en passe.

Malgré ma haine du latin en bas âge (11 ans), j’ai par contre toujours adoré l’histoire de Rome, Romulus et Remus, et les citations, petites histoires, ou réflexions sages :

  • “Si tu veux la paix, prépare la guerre’ (ci vis pacem para belum) (que me cita Mrs Bibelot quand adolescente je croyais que la guerre était là parce que la France peaufinait son capital bombe A et H) : qui est toujours resté d’actualité

  • Je préfère être le premier dans ce village que le second dans Rome- JC  (Jules César, pas Jésus Christ !)

  • La roche tarpéïenne n’est pas loin du capitole (à traduire, c’est la question piège du post)

  • N’oublie jamais que tu n’es qu’un homme (à celui qui avait mérité son “triomphe”)

  • Ils ont vécu (pour ne pas dire : ils sont morts : on vient de les trucider)

  • Mieux vaut laisser s’enfuir un coupable que de condamner un innocent

  • Il faut rendre à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu (à vous de juger)

  • Il faut détruire Carthage (Delenda est Cartago) pour le rabâchage ! Ah oui les filles Caton était atteint de radotage bien avant moi, qui commençait tous ses discours par cette phrase et les terminait par la même (mais il a eu, je le pense, plus de résultats que moi… car il n’était pas question de pince à épiler. Mais c’est tout de même à force de l’entendre déclarer “il faut détruire Carthage, que le sénat s’est résolu à faire quelque chose). L’horreur de la chose étant que Carthage a été effectivement totalement détruite, mais que je ne reverrai jamais mes chères pinces à épiler…

Donc régulièrement je m’y colle (au latin et à l’histoire de Rome), en restant complètement nulle sur l’histoire concernant “de Napoléon à 1958″. C’est simple moi c’est : l’Egypte (ancienne bien sûr), l’histoire de Rome, le moyen âge, la guerre de 100 ans, la renaissance, la révolution et très vaguement, de loin, Napoléon… La deuxième guerre mondiale est une exception parce qu’on m’en a beaucoup parlé dans mon enfance…

Je suis aussi anormale que Pulchérie qui adorait ses maths, en adorant mon latin… Mais j’ai du mal… Avec l’âge la capacité d’apprentissage n’est plus la même qu’à 12 ou 13 ans (c’est là que l’on est con, et on ne le sait même pas)

La vie n’est qu’un long calvaire quand on veut se mettre finalement, à décliner (rosa, rosa, rosam…)

Trop tard ma vieille, t’es trop vieille !

Posté le 19 janvier '09 par Calpurnia, dans Chroniques d'une vie ordinaire, Histoire de sorcière. 15 Commentaires.

Et la solidarité, on s’asseoit dessus ?

13 janvier 2009. Journée un peu morose au boulot, date anniversaire pour ma collègue d’en face, du jour où elle a enterré son fils ainé qui n’avait eu que 16 années à vivre. Il pleut, il fait moche même si le froid s’éloigne un peu, et la voir se perdre de toute évidence dans ses souvenirs me fait un peu mal.

Il y a des journées comme celles-ci. A 17 H tout bâclé, je pars vers la maison, enfin mon appartement, mon immeuble, mon chez moi douillet pour moi.

La route privée de ma résidence, fait pour moi un U avant que je ne puisse me garer. Un petit rondpoint gère les déplacements et joue les ralentisseurs. J’ai une place privée. Puis, conception de l’immeuble oblige, il y a une marche à monter, puis un petit escalier à descendre pour rejoindre le hall. Cela a permis de mettre des appartements en rez de jardin et de ne pas sacrifier un appartement pour faire hall d’entrée (sauf que bien évidemment l’architecte a fait n’importe quoi en mettant une marche à monter et non pas une de moins à descendre, ne cherchez pas, ce sont les architectes…). Ne vous en foutez pas c’est important : le ralentisseur, et la topographie des lieux…

Donc à peine arrivée à hauteur de ma place pour me garer, je la vois. La vieille dame. Elle est assise sur la petite marche et il est clair pour moi qu’elle est tombée et n’arrive pas à se relever. Je fais ma manoeuvre rapidement : elle ne quitte pas ma voiture des yeux, et en me voyant en descendre, me fait un signe tremblant de la main.

Evidemment, je me dirige vers elle. Sa main droite saigne, elle a du sang plein le visage, elle tremble.

Oui elle est tombée, et n’arrive pas à se relever. 4 voitures sont passées sans s’arrêter dont une qui s’est garée un peu plus loin, de laquelle sont sortis 4 jeunes qui sont rentrés direct dans le hall d’à côté.  Il fait encore jour, on ne peut pas ne pas la voir. Elle a froid, elle a peur, elle ne pourra jamais se relever toute seule. Elle sert étroitement son sac et sa canne.

Aïe, elle pèse plus lourd qu’il n’y paraît. Je n’arriverai jamais à la relever toute seule. Je vais poser mon sac et mon parapluie dans l’entrée et elle crie “ne m’abandonnez pas”. Non je ne l’abandonne pas, je lui ai dit “je reviens”. Arrive un minot rescapé du collège, je le connais bien. Il s’arrête près de la dame et sur un signe de moi, la rassure. Non je ne l’ai pas abandonnée, elle n’est pas abandonnée, il reste à côté d’elle après m’avoir crié que son père n’est pas rentré, d’un air navré.

Des jeunes hommes valides (3 désormais) dans le hall, aucun n’est rentré. Je remonte le petit escalier, et j’essaye en la prenant à bras le corps, aidée du minot qui semble terrifié et affolé. C’est un poids mort qui tremble et là, passe une voiture sans s’arrêter.

Si mes yeux avaient été des pistolets je lui flinguais ses roues et sa carrosserie à ce connard. Il ne va pas me faire croire qu’il n’a pas vu une vieille dame assise sur la petite marche, les fesses dans l’eau, et moi et le minot essayant de la relever ? Si il me le fera croire si je le retrouve et il ne faut pas que je le retrouve, alors que 4 pneus c’est si vite dégonflés…

Et là, elle pleure, elle se voit mourant là de froid et d’injustice. J’épie les fenêtres et qui est chez lui. Miracle, le voisin du dernier étage s’il n’est pas de prime jeunesse, est un homme visiblement encore très bien portant. Je sonne chez lui et le voici qui arrive avec sa femme, tous les deux catastrophés.

Difficile à nous deux de relever la vieille dame et il y a l’escalier à descendre. Le minot toujours un peu pâlot prend la canne et le sac à main, et péniblement nous arrivons à la faire arriver dans le hall. Combien de pas hésitants et tremblants, d’arrêts ? Qu’importe.  A chaque marche c’est la peur de la chute pour elle et nous, l’impression qu’un brancard serait bien utile. Elle pèse combien cette dame ? 45 kg tout mouillé, mais c’est le poids mort. Dans le hall cela s’anime un peu. La femme du voisin est là, qui a averti une autre vieille dame qui a toute sa tête. Faut-il appeler les pompiers ? Non pas à notre avis. Elle s’est juste ouvert la main sur une arête coupante de marbre contre lequel tout le monde vocifère depuis 4 ans, et le sang sur le visage c’est quand elle s’est essuyé les yeux. Quand elle a pleuré.

Ma voisine la connaît bien, et se précipite pour aller prévenir les enfants qui sont proches et dont elle a les coordonnées. Elle a les coordonnées de tout le monde et Je la soupçonne d’avoir les numéros de portables des filles, dieu sait comment. Mais la dame ne peut pas rentrer toute seule chez elle, personne ne l’envisage. Hésitante et toujours tremblante, elle s’accroche à mon bras, et lâche le monsieur, qui s’assure qu’à nous deux cela ira.

Aller jusqu’à l’ascenseur, la faire entrer, récupérer son sac et sa canne. Puis ouvrir chez elle. C’est joli comme tout. Pas mon petit nid douillet, les meubles ce n’est pas trop mon style, mais les 5 pièces dans ma résidence sont terriblement bien conçus.

Je l’aide à déboutonner sa veste de fourrure, elle n’y arrive pas. Elle tremble tellement… Elle est bien mise et coquette et en moi chemine la question “et si ?”

“J’avais mis de la fourrure pour ne pas avoir froid. Je sais que ce n’est pas bien, mais que voulez-vous, cette veste me vient de ma mère…

Passe un temps réellement mort…

“J’ai Parkinson mademoiselle. Normalement je n’ai pas le droit de sortir, ce sont toujours mes enfants qui m’emmènent et m’accompagnent quand je le désire. Mais là, après cette neige et ce froid glacial, j’ai eu envie d’aller en ville toute seule, d’être autonome. J’ai réussi à aller boire une tasse de thé “chez Dorothée”, et je suis revenue doucement, j’étais contente”

“Mais j’ai Parkinson mademoiselle. Et on ne sait jamais quand ça reprend. Ma jambe a tremblé comme je voulais monter cette maudite petite marche et je suis tombée. Comme un bébé qui apprend à marcher, sauf qu’un enfant ça se relève tout seul mademoiselle. Et je suis restée là, toute seule, assise, à regarder les voitures passer alors que je leur faisais signe. Quand je vous ai vue vous garer, je n’avais qu’une peur : que vous passiez à côté de moi en faisant semblant de ne pas me voir”

Elle tremblait toujours “de froid” et pleurait à nouveau, contemplant sa main coupée avec étonnement. Elle m’a indiqué comment nous faire une bonne tasse de thé, je l’ai installée dans ce qu’elle m’a indiqué comme étant SON fauteuil et sur ses indications je suis allée chercher une compresse dans la salle de bain pour désinfecter une coupure nette et pas grave. Et une autre pour laver ce sang de ce visage, dont je voulais m’assurer qu’il n’était pas le résultat d’une blessure.

Et puis elle a bu sa bonne tasse de thé avec un plaisir évident, et moi la mienne pour ne pas la désobliger (au jasmin, berk…) en faisant comme tous les Parkinsoniens, en s’aidant de son autre main. Elle a un peu arrêté de trembler et m’a déclaré ne plus avoir froid mais qu’elle avait un châle dans sa chambre à tel endroit, que je suis allée lui chercher. Je n’ai pas voulu le lui mettre, (elle s’est parfaitement débrouillée toute seule) pour ne pas l’humilier d’avantage. Si elle n’avait pas réussi, bien sûr que je l’aurais enveloppée dedans…

J’étais ennuyée de la laisser seule, donc, ne voulais pas la laisser seule, mais apparemment les enfants sont vraiment disponibles pour leur mère. A peine le châle mis, sa fille débarquait, en alarme “maman !” et s’est confondue en excuses et remerciements à mon égard pour m’offrir une deuxième tasse de thé au jasmin…

Et moi je regardais l’appartement si bien arrangé, cette vieille dame avec toute sa tête et encore une bonne dose d’inconscience, et je me disais enfin : “et si… et si c’était moi ?”.

Oui peut-être qu’un jour ce serait moi, la vieille dame inconsciente, voulant se prouver qu’elle le peut. Et je serais condamnée à rester à terre jusqu’à ce qu’une âme charitable normale s’inquiète de moi ?

Quand je suis redescendue, dieu soit loué, il y avait des gens qui m’attendaient pour me demander des nouvelles. Mais bien sûr, eux, dans leur appartement, devant la TV, ils n’avaient rien pu voir ni entendre et cela je le comprends tout à fait. Ma voisine m’a donné les n° de tel des deux enfants au caz’où et j’ai pu rentrer chez moi, un peu glacée malgré le thé (au jasmin, berk).

Car les autres, ceux qui sont passés sans seulement ralentir, donnant au fil des minutes certainement longues vu le sang qui décorait la dalle de marbre, à cette dame des angoisses à n’en plus finir. Eux ? Qui sont-ils ?

La solidarité on s’asseoit dessus ? Chacun pour soi et dieu pour tous ? Dieu reconnaitra les siens ? Moi d’abord, moi jamais ? Qui est seul au monde ?

Une main tendue, de la gentillesse, de la compassion, savoir être rassurant, demander de l’aide, rester à l’écoute, aider surtout, n’est-ce pas la moindre des choses ? N’avons nous pas appris à nos enfants à se mettre “à la place des autres ?” et même  au travers e des animaux, quand, telle Sophie ils découpaient des mouches ?

Le connard aveugle dans sa BM qui m’est passé sous le nez, alors que le minot faisait signe, qui est-il ?

Comme le dis la chanson des enfoirés “aujourd’hui nos paupières et nos portes sont closes, les autres sont toujours, toujours en over dose”. Une vieille dame assise sur un trottoir, un soir de janvier pluvieux et encore froid, c’est vraiment l’over dose ?

Je suis rentrée chez moi triste pour elle, mais la conscience en paix… En moi s’insinue juste la peur, la vraie. “Et si ?”. J’ai réalisé après qu’elle m’avait tout le temps appelé “mademoiselle”. Pour elle je suis une demoiselle. Que serais-je dans 10 ou 20 ans ?

Posté le 14 janvier '09 par Calpurnia, dans Chroniques d'une vie ordinaire, Coup de gueule. 29 Commentaires.

Le temps relatif…

Oui, j’ai pensé qu’il valait mieux vous faire les comptes rendus des fêtes APRES les fêtes. Donc je suis dans l’obligation de vous barber avec la relativité du temps…

Je suis bien évidemment incapable de comprendre la théorie de la relativité, telle qu’elle a été posée par Einstein qui reste mon savant favori.

Mais, et je ne suis certainement pas la seule, la relativité du temps, je la vis tout le temps, au quotidien, dans ma vie.

Un exemple : l’enfance se traîne. Et même dans nos souvenirs c’est un temps qui semble fort long dans notre vie plus ou moins avancée. Que cela a été long avant d’être “grand”. Et puis quand on devient “grand”, le temps se met à passer plus vite. Et plus le temps passe, plus on avance en âge, et plus il semble passer vite.

C’est ce que l’on ressent. Une minute reste une minute, une semaine une semaine, un an un an, mais il y a un moment où l’on se dit “déjà”.

Déjà Noël qui revient, déjà Pâques, encore une année de plus depuis que la dernière aïeule nous a quittés, et la petite née hier qui rentre déjà à la maternelle, en primaire, en 6ème, à la fac, qui trouve son premier job.

Déjà dimanche soir, déjà vendredi soir. Le temps s’accélère mais parfois semble se ralentir, et de cela il faut profiter.

Je le vis tous les jours de la semaine. Chez Truchon je terminais à 18 H. Pour peu que je puisse terminer à l’heure sans soirée de prévue, sans courses à faire, et j’étais chez moi à 18 H 15/20. Actuellement je commence plus tôt, et je termine à 17 H. Quand je termine (souvent) à l’heure, je suis chez moi à 17 H 10.

Et il incroyable ce que cette heure de plus qui m’est accordée tous les soirs, me semble longue à meubler, sans ennui aucun bien sûr, mais c’est comme une faille dans mon espace spatio temporel personnel qui ne se referme pas depuis le 18 août, une heure que je savoure particulièrement. A 18 H 15 mon ancienne perception du temps me rattrape et le temps passe “normalement”.

Idem, mes horaires me font faire 37 H 1/2 par semaine, et j’ai donc le premier lundi de chaque mois en récupération. Et ce lundi, ce temps comme volé sur mon temps passé, me semble long. Je le savoure dans sa totalité et jamais je ne me dis “déjà”. Et ce quoi que je fasse. La soirée arrive lentement et là, le temps me rattrape et ce sera une soirée comme les autres…

Alors que comme tout le monde j’ai l’impression d’avoir attendu DES HEURES à la banque (en fait 15 minutes), ou à la caisse (maintenant je regarde ma montre et je suis toujours surprise de voir à quel point 10 minutes ont pu me sembler aussi longues…).

Alors que quand je suis en congés payés, le temps file à la vitesse de l’éclair…

Alors que, mes 8 mois et 2 semaines de chômage sont dans mon souvenir comme deux années pleines et glauques, et bissextiles en plus, avec un maximum en hiver…

Et vous, le temps qui passe vous laisse-t-il de ces plages merveilleuses, où il passe doucement, sans heurt, en vous laissant encore du temps devant vous à savourer ?

Posté le 30 décembre '08 par Calpurnia, dans Chroniques d'une vie ordinaire. 8 Commentaires.

MERCI DOM ! (ET Sainte Rita) (ET le désormais non inconnu qui m’a proposé ses services personnellement en échange de mes écrits…) ET…

Le vendredi 5 décembre, le midi, je prends vaguement connaissance des messages sur mon blog. Depuis la veille, je suis en contact avec un lecteur inconnu (qui s’est révélé depuis, mais a été bloqué par wordpress, alors que je recevais ses mails, et j’avais autre chose à faire qu’à aller regarder les spams dans wordpress…) qui me propose de m’aider. Cela ne sent pas l’arnaque, nous dialoguons donc.

Comme je réponds toujours le soir sur mon blog, je survole les commentaires et celui de Dom m’interpelle. Effectivement au boulot j’ai un Dell également, avec une étiquette dessus. Jamais fait attention depuis la mise en place de mon PC qui remonte à 2002, à cette étiquette.

Evidemment ça me travaille tout l’après midi, je suis légèrement obsessionnelle pour certains trucs et que mon ordi me lâche à nouveau, je n’ai vraiment pas envie.

La soirée est longue. Poste après le boulot (mon Truchon actuel n’a jamais poireauté 3/4 d’heure à la poste pour envoyer un recommandé et non, nous n’avons pas de machine à affranchir, et oui, je dois y aller après mon temps de travail, moralité à chaque fois que je vais à la poste, je fais des heures sups. Et en plus je déteste les postières de mon secteur), courses du vendredi, appéro traditionnel frère/soeurs chez les parents, et RV chez le Dr Acromion pour une révision, et chez lui on attend un max, j’ai presque pu terminer mon livre.

Je pense toujours au commentaire de Dom : y a-t-il une étiquette ? En rentrant, le temps de me préparer, et me revoici devant l’ordi. Je tourne la grosse boîte noire dans laquelle on met les disquettes vers la droite : rien. Vers la gauche : j’entrevois quelque chose.

Je tire la grosse boîte noire, et je constate qu’il y a bien une étiquette et que décidément :

  • Je suis presbyte (et casse couilles, je préfère la faire avant vous…)
  • Il fait sombre dans mon entrée. D’ordinaire ça ne me gène pas, là, si.

Demain dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne, j’irai emprunter leur lampe de poche et une loupe aux parents. C’est ma mère qui va être surprise, vu que le samedi matin je me lève à 10 H midi. J’ai jusqu’à dimanche 22 H pour activer windows…

On sonne chez moi. Madame Vampire qui n’aime pas ma musique ? où est mon cric ? (à sa place dans la voiture). Non, c’est mon nouveau voisin, en short aussi moche que mon caleçon de maison qui s’est transformé tout seul en sarouel, et en panne de beurre et de lait… Il entre dans l’entrée et visualise immédiatement la grosse boîte noire anormalement positionnée, et mon écran sur lequel s’inscrit la procédure pour activer Windows.

“Vous avez un problème ?”

J’explique et difficile de faire bref. Il file chez lui chercher sa lampe de poche, se met à 4 pattes pour déchiffrer la clef (sans avoir besoin d’une loupe, la vie n’est qu’un long calvaire), tape la clef, et active windows. J’ai eu à peine le temps de dire “ouf” et de noter le code au fur et à mesure (sous coffre désormais). Il jette un oeil sur mon fichier “program files” et me dit qu’il y en a de trop mais pas alarmant.

Et il repart avec son beurre et son lait, content de m’avoir aidée. Ca lui a pris, on va dire 5 minutes…

D’un autre côté, il y a eu Dom ET sainte Rita ! Car comme par hasard (et Einstein lui même ne disait-il pas que le hasard est le nom que prend Dieu quand il veut rester anonyme ?), c’est quand c’était le souk côté ordi que le voisin et sa femme se sont aperçus qu’ils manquaient de denrées essentielles, à une heure où généralement on ne va sonner chez les voisins qu’en cas de crise cardiaque. A 1/4 d’heure près, j’étais toujours dans la panade…

Après son départ, j’aimais tout le monde. Sauf Madame Vampire, faut pas pousser, dont on a entendu qu’elle entrouvrait sa porte pour écouter ce qu’il se passait… Et là nous avons bien rigolé !

PS : pour ceux qui un jour sont amenés à réinstaller Windows XP, le code à rentrer quand c’est demandé est sur l’ordinateur, petite étiquette à laquelle on n’a jamais fait attention ! Le noter donc soigneusement en gros caractères (pour les presbytes) et le mettre en évidence dans le dossier concernant l’ordi.

Car comme moi, bien sûr, vous avez un dossier “ordi”. C’est là que je me rends compte que pour certains trucs, je suis super organisée. Faut que ça m’intéresse quoi… (les charges de copropriété et les impôts ça reste bof…)

PPS : l’inconnu est Oliver, qui s’est lancé à laisser son premier com sur le post précédent, qui a été bloqué je ne sais pourquoi par mon anti-spam (qui l’a laissé passer la fois d’après), et qui a su avant vous, que j’étais sauvée… C’était la moindre des choses. Et il l’a su avant Pulchérie… ENCORE MERCI Oliver ! Bien sûr j’ai remercié le voisin de vive voix, mais il m’a mal répondu (à mon avis)

“Surtout si vous avez à nouveau des problèmes, n’hésitez pas…”.

On le plaint…

Posté le 7 décembre '08 par Calpurnia, dans Chroniques d'une vie ordinaire, Histoire de sorcière. 13 Commentaires.

Les odieuses vengeances de Madame Vampire…

Madame Vampire a parfaitement compris qu’elle n’était pas appréciée de ses voisins. Pour cela elle montre une once de lucidité.

Par contre, elle semble persuadée être victime d’un affreux et injuste complot. Je l’ai compris l’autre soir, alors qu’elle braillait dans le téléphone à sa fille que ses voisins s’étaient coalisés injustement contre elle. Oui je l’ai entendue car elle hurle dans son téléphone qui est dans l’entrée et donc toute la cage d’escalier résonne de ses lamentations. Ce ne fait jamais qu’un bruit de plus me direz-vous.

Il ne lui vient bien évidemment pas à l’esprit que si tous ses voisins lui ont gentiment (en premier lieu), puis un peu plus sèchement, fait remarquer qu’elle était bruyante comme pas possible, c’est qu’il y avait peut-être une raison…

Non. Nous sommes tous des cons. Parfaitement, je l’ai entendu.

Donc elle a ses vengeances.

  • Maintenant elle ne dit plus du tout bonjour, et ne nous répond pas. Bien fait pour nous !
  • Elle claque la porte séparant l’entrée de la cage d’escalier, au moment où vous allez la suivre après avoir refermé votre boîte aux lettres… le temps que vous vous serviez de la serrure…
  • Elle décolle avec l’ascenseur sous votre nez. Là elle montre bien qu’elle vous a vu et qu’elle le fait exprès
  • Elle s’arrange en se garant avec son art habituel, pour me coincer moi sur ma place de parking ou mon voisin de pallier (puisque sa place est entre les deux nôtres). A chacun notre tour. Comme elle manoeuvre comme moi je sais faire voler un air bus, ça lui prends 1 plombe, mais elle est contente : elle s’est collée à mon pare choc avant ou au pare choc arrière du voisin. Elle doit se demander comment on arrive à sortir.
  • Elle garde soigneusement toutes ses publicités pour en inonder au hasard une boîte aux lettres un beau jour. Elle a été prise en flagrant délit par son voisin de pallier, qui lui non plus ne supporte pas son robinet de cuisine et qui descendait relever sa boîte alors qu’elle accomplissait son forfait.
  • Quand elle descend promener son chien désormais sans queue, le matin, elle détraque tous les rétroviseurs. Là c’est moi qui l’ai surprise, partant avec 5 minutes de retard (enfin en retard de 5 minutes sur mes 15 minutes d’avance)

MAIS IL Y A LE TOP DU TOP ! Que vous n’auriez pas imaginé.

  • Elle fait cuire du chou et du chou fleur tous les jours. Ca c’est vraiment mesquin, on se croirait dans un immeuble en Allemagne de l’Est dans les années 50/60…. Et cette certitude, c’est le résultat d’une petite conversation entre voisins qui eux, s’entendent bien. Tout le monde a le droit de faire cuire du chou ou du chou fleur c’est entendu, mais il semblait suspect à celui qui fait gaines communes avec elle que cette odeur immonde (oui ça puire vraiment…) l’infeste tous les jours tout à coup et pour le restant de la journée. Tout le monde trouvait bien que ça puirait dans la cage d’escalier de toutes manières…
  • Alors comme il est à la retraite aussi, il l’a espionnée pendant qu’elle faisait ses courses à Rampion (et là je me marre, parce que c’est trop drôle aussi), pour découvrir qu’elle achetait choux et choux fleurs d’une manière suspecte pour quelqu’un vivant seul…
  • Poursuivant son enquête, à chaque fois qu’il a entendu madame Vampire descendre son sac poubelle, il est allé vérifier le contenu des poubelles (et là j’avais du mal à ne pas me coucher par terre pour rigoler, parce que c’est quand même une enquête de malade…)
  • Pour constater qu’elle jetait du chou ou chou fleur cuit en grandes quantités, ce qui infeste également le local poubelles…
  • Et qu’il n’y a pas de règlement de copropriété contre ça…

Donc je me marre. Moi je m’en fous j’ai du poil au pattes, quand je m’ennuie je leur fais des petites nattes, elle ne fait plus de bruit la nuit et son téléphone ne m’enquiquine plus depuis que je ne suis plus à la maison toute la journée. C’est vrai que le chou ça puire vraiment, mais bon, j’utilise des huiles essentielles pour contrer l’odeur quand elle est vraiment trop envahissante…

Mais j’imagine tous les retraités par ailleurs charmants, qui ne la supportent plus parce qu’eux ils n’ont pas retrouvé de boulot, et qui la pistent pour tout savoir…

Parce que le coup du chou, faut tout de même être vicieux…

Ou alors elle a des actions dans une boîte vendant des parfums d’intérieur…

Posté le 26 novembre '08 par Calpurnia, dans Chroniques d'une vie ordinaire, Histoire de sorcière. 20 Commentaires.

Rencontre mystique…

Comme beaucoup, j’ai naïvement trainé sur ce site. En fait ce n’était pas vain, car certaines rencontres valaient leur pesant de noix de cajou et quelques années après cela laisse de bons souvenirs. Qu’est-ce qu’on peut se poiler… après…

Le premier d’une petite liste, avait l’air tout à fait normal. J’aurais dû me méfier, un homme normal c’est louche par définition, il a forcément quelque chose à cacher, ou une tare inavouable.

Après quelques échanges téléphoniques (j’avais son numéro mais pas réciproquement), il avait été décidé d’une rencontre. J’étais telle un iceberg à l’idée de m’engager pour un dîner, et avais proposé de boire un coup quelque part et après on voit : restaurant ou pas. Lui insistait pour un dîner, au son de “je t’invite”. Mais invitée ou pas, je n’étais toujours pas chaude. Et puis j’ai fini par céder, et j’avais à la fois raison et tort, raison parce qu’on ne m’y reprendra plus jamais. Et tort parce que finalement j’avais raison…

Donc RV devant tel restaurant. J’avais garé ma voiture de manière à pouvoir m’esbigner au caz-où discrètement sans être suivie et le lieu était neutre.

J’ai vu arriver une voiture dont le coffre touchait quasi terre. J’étais tombée sur un journaliste (ça je le savais), qui profitait d’être allée chercher un maximum d’exemplaires de son dernier magasine parce qu’il changeait d’éditeur, pour me fixer rendez-vous (ça je l’ignorais). Bon on a le droit de rouler en voiture surchargée le problème n’était pas là.

Physiquement il était assez loin de ce que j’imaginais d’après sa photo, et pour cause, en 10 ans un homme peut perdre tous ses cheveux et attraper des lunettes. Je n’ai rien contre le physique des autres, mais quand il y a tromperie manifeste je me hérisse. J’ai donc un peu hésité, mais il m’a précisé que même journaliste il ne se prenait jamais en photo et que son dernier photomaton remontait à 12 ans. Je me suis dit que j’aurais pu mettre sur le site une photo de moi étudiante et que j’étais bien stupide, mais je n’ai rien osé dire. Là encore on ne m’y a pas reprise et la fois suivante apprenant que le gnome qui me frappait sur l’épaule après avoir annoncé 1,80 m avait mis la photo de son frère nettement mieux, j’ai tourné les talons et je suis repartie.

Nous sommes donc rentrés dans le restaurant, nous sommes installés. Il avait l’air assez content lui, et m’a donc fait la totale pour me montrer qu’il était un homme, un vrai, un dur, un tatoué.

  • En premier lieu sans me demander mon avis, il a demandé deux kirs. J’aime bien le kir, mais la moindre des choses était de me demander mon avis.
  • Il a levé son verre “à nous”, malgré mon air un peu crispée de celle qui se demande s’il y a une fenêtre dans les toilettes pour s’échapper (réponse négative après enquête, et je fuis désormais tout restaurant qui ne dispose pas d’une fenêtre dans les toilettes).
  • Il m’a demandé ce que je voulais comme plat dans ce restaurant de poissons. M’a précisé que le saumon c’était de la daube partout, et m’a commandé du Bar. J’aime bien le bar mais pas que l’on choisisse à ma place : c’est simple, je me fige.
  • A la demande du garçon, il a précisé que nous prendrions de la Saint Yorre j’adore, alors que je déteste tout ce qui est pétillant, limite même le champagne d’ailleurs. Il a tiré la tronche quand j’ai demandé un demi de blanc, vu qu’il invitait… Ce qui ne l’a pas empêché de piocher copieusement dedans.
  • C’était bien parti et je suis donc restée un peu silencieuse. Pour qui me connait c’est mauvais signe sauf si j’ai annoncé la fièvre aphteuse en arrivant.
  • Comme je me taisais, il m’a raconté ses déboires avec sa salope d’ex femme qui l’avait dépouillé de tout et à qui il avait laissé sa maison, ses meubles et même ses photos d’enfance. Mais il n’était pas amer, non, une relation amoureuse doit être axée sur la con-fiance. Moi je me disais qu’il me mentait ou qu’il était vraiment con.
  • Comme je n’étais pas totalement d’accord avec sa confiance à 100 % accordée à quelqu’un qu’on connait depuis 3 semaines, il m’a répondu que je n’y connaissais rien et qu’il allait m’expliquer.
  • Le temps qu’il m’explique, il a pu commander, toujours sans me demander mon avis, deux iles flottantes.
  • Après m’avoir expliqué il a pris un air pincé quand je lui ai précisé que je n’étais toujours pas d’accord et que je ne me remarierais que sous la contrainte d’abord. Contrairement à beaucoup d’hommes, il était accro au mariage et venait de divorcer pour la 4ème fois, envisageant avec impatience de se remarier une 5ème fois.
  • Il m’a déclaré que j’étais têtue et que c’était insupportable. Comme il avait 2 ans de plus que moi, il avait plus d’expérience que moi, il en savait plus que moi, et d’ailleurs si nous étions ensemble il me mettrait au pas et plus vite que ça. Là il a pris l’air satisfait de celui qui a marqué un point et m’a demandé si on allait à l’hôtel ou chez moi.
  • Je lui ai précisé qu’il allait à l’hôtel s’il le souhaitait, mais que pour ma part je rentrais chez moi toute seule et plus vite que ça également.
  • Sentant le roussi, le garçon dont on peut admirer l’instinct, a apporté la note et là, l’homme, le vrai, le dur, le tatoué, a précisé sans rougir “c’est pour madame”
  • Il n’était pas question de que je me dégonfle, même s’il m’avait gonflé à un point pas imaginable. Je me suis levée, j’ai pris mon sac, ma veste et je me suis dirigée vers la porte avec toute la dignité dont j’étais capable, non sans avoir dit bien distinctement “pauvre crétin !” en créant un petit silence dans la salle. De l’extérieur j’ai pu le voir, tétanisé sur sa chaise, attendant visiblement que je revienne : on n’avait jamais dû lui faire ce coup là.

Une fois dans ma voiture, je me suis promis de continuer à ne jamais donner un numéro de téléphone quel qu’il soit et à ne jamais m’engager pour autre chose que boire un verre, et après on verra si on dine ou non…

Je ne sais pas si son “aura” de journaliste lui permettait de se comporter comme il le voulait… J’ai tout de même eu avec lui, ma plus belle expérience de rencontre mystique…

Après peu de temps, j’ai arrêté…

Je vous l’ai déjà dit (je crois) mais la vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 3 septembre '08 par Calpurnia, dans Chroniques d'une vie ordinaire. 26 Commentaires.