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'Tous aux abris'

Le repas des anciens…

SourireDans la commune de mes parents, a lieu chaque année vers la fin de l’année, “le repas des anciens”. Quand j’étais petite on appelait cela “le repas des vieux”.

Tante Hortense et mon arrière grand-mère s’y rendaient toujours avec plaisir (la dernière nous a quittés à près de 100 ans en 1989), retrouver tous les anciens dont une majorité d’anciennes, car 14/18 était passé par là. Mon grand père n’y est lui, jamais allé, parce qu’il ne s’est jamais considéré comme “ancien”.

C’était la génération féminine de la flute de champagne en appéritif, du déjeuner classique, un doigt de liqueur après le café (à leur âge, point trop n’en faut). Sauf que le temps passant, les “anciens” changent et que les “vieux” ne sont plus ce qu’ils étaient…

Les anciens sont admis à partir de 70 ans. Mrs Bibelot assiste à ce repas en tant que bénévole depuis déjà 3 ans, mais cette année pour la première fois, Jean Poirotte y était convié avec son épouse bénévole et invitée. Il est parti en faisant “bof, c’est bien pour faire plaisir à ma femme”. En apparté il m’a prévenue : s’il s’emmerdait il rentrerait à la maison en lousdée…

Là évidemment il a retrouvé plein de potes de sa jeunesse à lui, tous plus ou moins revenus dès qu’ils en ont eu l’occasion dans le village de leur jeunesse. 70 ans, comptez bien, ils avaient 20 ans en 1957. C’est l’époque où dans le village il y a eu une floppée de mariages suivis d’une floppée de prématurés (dont moi). Devant la minuscule coupe de champagne de l’appéro, il y en a eu deux ou trois pour demander si un pastis c’était possible, ou un whisky alors, 5 pour demander s’il y avait d’autre champagne au frais, etc, les femmes n’étant pas de reste.

Si l’on compte toujours bien, c’est la génération qui est allée danser dans les caves rue de la Huchette ou ailleurs, qui a dansé le rock à n’en plus finir. Ce n’était pas les enfants du baby boom mais ceux juste avant guerre. Ce sont les enfants de Brel, Brassens, the king, les Platters, Mr 100.000 Volts. Les “mamies” ont porté des jupes larges en vichy, se sont fait une choucroute à la BB, ont mis les premières ballerines non pour danseuses et les premiers “black jeans” et de l’eye liner sur les paupières. Les “papy” ont scandalisé en aidant Bécaud à casser des pianos à l’Olympia, ils ont écouté les débuts de Jôôny et traumatisé leurs parents à vouloir une mobylette (m’en fiche de savoir pédaler), et comme leurs femmes, des jeans avec basket. Sans la guerre d’Algérie, ils se seraient vraiment bien marrés… (d’ailleurs à les écouter, ils se sont bien marrés à faire le mur pour aller danser le rock jusqu’à pas d’heures certains samedi et préparer la génération future grâce à la méthode Ogino qui faisait des ravages à l’époque…)

Alors quand l’animateur a commencé à chanter “c’est aujourd’hui dimanche, tiens ma jolie maman, voici des roses blanches toi qui les aime tant”, il y a eu comme un blanc et seulement peu de réponse (même des 90 ans égarés là et regroupés), ce n’était pas vraiment de leur génération.

Le maire est allée rechercher du picrate de rab dans sa cave personnelle et du champagne quand il a senti que certains allaient s’incruster le soir pour terminer les restes, parce qu’il y avait trop de restes et toujours une envie de danser… Tout le monde a dansé, surtout le rock et des madisons à n’en plus finir (à la grande stupéfaction de l’animateur qui, à environ 60 ans, avait été formé à autre chose…). Les mamies ont raconté des histoires lestes et rappelé les ragots de leur époque amplement justifiés, et les  papy se sont bien poilés en se rappelant que truc avait dragué leur femme avant eux, ce qui était parfaitement exact…

Parce qu’une femme de 70/75 ans n’a plus rien à voir actuellement avec sa grand mère à son âge, et son mari non plus, rien à voir avec son grand-père. Alors l’ambiance n’est pas vraiment la même qu’il y a encore 20 ans… Mrs Bibelot avait des courbatures d’avoir trop rocké et madisonné…

Alors nous avons bien rigolé en imaginant un repas des anciens organisé dans 10/15 ans pour les baby-boomer, les soixante-huitards qui ont dépavé des rues, bravé les CRS, fumé des joints, et déclaré “interdit d’interdire” “si dieu existe c’est son problème” (entre autres choses, je ne parle pas du sexe, je vous laisse imaginer leurs conversations). Horreur pour les organisateurs :

  • Tu as pensé au coca ?

  • Non pourquoi ?

  • Tu sais bien qu’ils boivent tous du whisky coca !

  • Non j’ai pris du jus d’orange et de la vodka. De toutes manières j’ai oublié le whisky, alors le coca…

  • Ce n’est pas suffisant. Et tu as pensé aux.. Enfin bref, tu as pu avoir une barette ou deux de sheet ?

  • Oui, mais mon petit fils n’était pas trop d’accord… Et je ne sais pas rouler ça…

  • T’inquiète, eux, ils savent très bien. Et pour la musique ?

  • Le rock non ?

  • Malheureuse ce sont les pink floyd, les doors, les stones, les beatles éventuellement à défaut de mieux.

  • Je vais voir dans la collection de vynil de mamie et je reviens…

  • Prends son électrophone au passage, le DJ, heu, l’animateur, n’a que sa guitare…

Quand je vous le dis que la vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 3 janvier '08 par Calpurnia, dans Tous aux abris. 1 Commentaire.

Les petits papiers de Maritza…

Les_petits_papiers__57210837_copierMaritza serait plutôt une littéraire, d’où le fait que l’évolution des poissons lui ait complètement échappée. Comme elle parle quasi uniquement l’anglais depuis des années, le français lui a échappé également (grande nouvelle d’un de ses derniers jours de séjour : dans “Investiture” il y a “vêtement”. Inutile de discuter  : “vesti” signifie “vestimentaire”… L’investiture c’est quand le gars ou la nana enfile de nouveaux vêtements…

Une de ses occupations favorites, est d’écrire à ses nombreuses relations, depuis Tintagel où elle se barbe légèrement il faut le dire, quand elle ne va pas vérifier si Trévor n’a finalement pas trépassé (ne la laissant point veuve puisqu’ils sont divorcés, damned !). Non ? toujours pas ? il prend son temps, c’est un rat…

Maritza ne peut pas envoyer uniquement une lettre de 2 4 pages, que Mrs Bibelot lit toujours avec plaisir en prenant tout d’abord son souffle, après avoir vérifié qu’elle n’a rien d’urgent à faire dans l’heure qui suit, et en ayant la lettre sous le coude depuis 6 jours…

Elle prend 4 pages et pas une de plus. Donc il y a de nombreux renvois. Au début de sa missive elle écrit normalement, puis le temps passant, c’est de plus en plus serré, avec des *, de l’écriture en travers, entre les lignes. Il faut du temps pour tout décrypter.

Mais Maritza ne peut pas se contenter de vous écrire, il faut qu’elle vous mette dans l’enveloppe des petits papiers qui forcément vont fort vous intéresser. Ce sont des articles, brèves, qu’elle découpe patiemment dans les journaux (anglais). A l’époque où Albert m’a quittée, Maritza était larguée pour la première fois par Trévor. Elle m’inondait (via Mrs Bibelot), d’articles sur les femmes seules, dont je n’ai jamais lu un traître mot ne lisant pas comme elle, l’anglais couramment (et n’ayant aucune intention de le faire un jour, je sais, c’est maaaaal).

Jean Poirotte trouve tout de même à cette marotte des petits papiers dans les courriers, un avantage certain. Pendant qu’elle lit le journal, elle se taît (sauf pour demander des précisions sur les poissons). L’autre jour elle bavait d’envie devant la pile de journaux que Mrs Bibelot garde pour allumer le feu ou autre utilisation. Généreux, il les lui a tous donnés pour qu’elle y découpe ce qu’elle voulait.

  • Ce que je veux ? Ah merci Jean Poirotte, c’est merveilleux ! Tu es certain ?

  • Maritza si je te dis que c’est ce que tu veux, c’est que tu peux faire les découpages que tu veux !!! (oui il finit par s’énerver et parfois par l’envoyer paître)

Charité bien ordonnée commence par soi-même dit-il toujours. Parce que pendant qu’elle épluchait le journal et faisait ses découpages, triant les petits bouts de papiers pour les uns et les autres, elle lui a fichu une paix royale et à Mrs Bibelot également. Ce, pendant 4 jours quasi pleins. Chaque jour suivant, Mrs Bibelot lui refourguait religieusement le journal du jour (après avoir fait ses mots fléchés en 5 minutes, je ne comprendrai jamais quel plaisir elle y prend, moi qui n’ai jamais terminé un mot fléché de “femme nouvelle”) (aïe mon Bécherelle resté au boulot… Il me faut y retourner, et en plus j’ai à y récuper un châle et un parapluie…)

Sinon Maritza se rabat sur le dictionnaire, et ce n’est pas moi qui vais l’en blâmer, puisqu’il m’arrive de m’y plonger… Sauf qu’elle prend des notes qui vont alimenter ses petits papiers… Je lui ai fait un plaisir immense en lui refourgant le trieur/parapheur de Charles Hubert (je ne peux plus supporter la vision de ce qui lui appartenait) : merveille des merveilles, elle va pouvoir y trier ses petits papiers par personne à qui les adresser.

Horrorrification abominable : deux cases du trieur pour “Mrs Bibelot” et “Coraline”…

Nous voilà ben avec les prochaines lettres, qui sont toujours entièrement scotchées de partout, pour éviter qu’un facteur malhonnête ne lise sa prose (chacun ses manies et ses angoisses, mais le scotch lui fait payer une taxe supplémentaire)…

D’un autre côté, nous pouvons nous dire que nous sommes dans les petits papiers de Maritza… Elle est gentille sinon… Juste un peu infernale…

Elle est repartie pour la perfide Albion. Bien fait pour eux d’avoir vaincu la France pendant la coupe du monde, z’ont que ce qu’ils méritent… (l’ouragan est arrivé sain et sauf le 7 novembre au soir…)

Edit : laissons les anglais avec leur ouragan, et allons soutenir Madame Patate (ici) !!!

Posté le 8 novembre '07 par Calpurnia, dans Tous aux abris. Pas de commentaire.

Tous aux abris…

Tous_aux_abris__53271695Oui, tous aux abris (la Castafiore va chanter…)

Non, je vous rassure, la Castafiore n’est pas prévue au programme. Tout simplement, ce soir JE SUIS EN VACANCES, et ce pour 3 semaines ! (+ un jour, je récupère le 15 août, je ne reprends JAMAIS un lundi) (et en plus mon chef préféré ne sera plus là…)

Je ne vous ai pas mis comme l’année dernière la photographie d’une hallucinée ressemblant traits pour traits à ma deuxième belle mère (sur 3, il faut suivre, mais c’était la mère de Charles Hubert, donc elle, elle a le rang n° 2 par rapport à sa belle mère (à Charles Hubert) qui arrivait troisième parce que c’était la deuxième femme du père, le furoncle ayant le privilège de rester n° 1) (eh oui d’être soudain en congés ça esquinte se disent ceux qui n’ont pas tout suivi…) En fait j’ai eu trois belles-mères et franchement ce n’est pas top. Me remarier ? Sous la menace d’un commando terroriste peut-être et pour peu qu’on me demande encore ma main… (oui je sais, ça esquinte…)

J’ai plein de projets que je ne réaliserai pas, donc je vous les épargne (ben non, je veux remettre l’appart à neuf, c’est un beau projet non ? enfin plein de beaux projets si l’on pense “pièce par pièce”) (oui je sais, ça esquinte…) (d’un autre côté si certains non-esquintés veulent venir me donner un coup de main…)

BREF ! (Albert me supportait parce qu’il était plus bavard que moi…) Ce qui m’inquiète, habitant en région parisienne et y restant pour les vacances, c’est que généralement le temps se détraque dès que je pose un jour de RTT et qu’il se détraque encore plus dès que débutent mes congés… En mai cela a été pourri de la mort qui pue à ramasser le muguet sous la pluie… Je me demande pourquoi le gouvernement français n’a pas exigé que je sois en congés dès début juillet (ou juin, moi je veux bien) pour m’expédier là où l’on meurt de chaud et où les incendies ravagent tout. Je me pointe, il pleut, c’est tout simple… Et finalement me payer 3 ou 4 mois de congés (pourquoi pas 5 ?) ça et là serait d’un coût modéré par rapport au reste… (et en plus je serais canonisée par le Vatican de mon vivant, ce serait top, même si je n’y crois pas, mes filles seraient tout de même les filles d’une sainte, cela pourrait les aider à postuler ça et la… (à radio Notre Dame par exemple…))

Là je sens qu’il y en a qui s’insurgent (et moi donc). L’autre mauvaise nouvelle étant que le temps se détraque également quand mon beau frère (le mari de ma soeur, Jean Pascal) débute ses congés également, quand il ne s’exile pas dans le sud l’été.

Hors cette année il ne s’exile pas dans le sud, il déménage (et ma soeur avec), et il est en congés en même temps que moi, à savoir ce soir… D’où cyclone annoncé, mais que météo france n’a pas encore repéré…

Alors reste à espérer que - + - = + (pas sur mon compte en banque) (je crois que c’est - x - = +, Dame Venezia va me repérer…), sinon s’il y a une tempête de neige aux alentours du 15 août, il ne faudra pas être étonné du tout. Jean Poirotte a fait remplir ses réserves de fuel, Mrs Bibelot a retrouvé une vielle doudoune qui peut toujours servir… Il faut être prêt à tout…

Moi perso, je crains le pire. Inutile d’espérer pouvoir aller me baigner au petit plan d’eau voisin. Il va vaser, venter, menacer… Je vais être obligée de remettre à neuf l’appartement, sans aucune excuse… Le temps sera splendide dès mon retour de congés… Comme depuis un moment…

M’en fous, je suis en congés… Exit Truchon qui était également en congés cette semaine : 4 semaines sans voir sa tronche : vous imaginez ?

La vie n’est qu’un long calvaire.

Comme je ne pars pas, bien entendu je vais vous bassiner régulièrement avec mes posts à la con… Comme le temps sera totalement détraqué tout le monde (en Ile de France) sera devant son ordi, à attendre  mes historiettes passionnantes…

Je n’ai pas la grosse tête, mais je me sens toute drôle : 3 semaines à VIVRE MA VRAIE VIE !!!!! J’ai peine à y croire…

Votre sorcière complètement déjantée… (mais bon pour l’histoire du temps qu’il fait quand je suis en congés, c’est tout vrai…)

Posté le 27 juillet '07 par Calpurnia, dans Tous aux abris. Pas de commentaire.

Quand la vie est un roman… part 1

Femme_fatale_57210723Je ne vous ai jamais parlé de Maritza, une amie de maman, qui quand elle débarque pour 8 jours flanque la migraine à Jean Poirotte de la veille de son arrivée au lendemain de son départ. (Je le comprends, elle est charmante, mais est très fatiguante, j’écourte mes visites quand elle est là, et il faut la sérénité distraite de Mrs Bibelot pour la supporter). D’ailleurs j’aurais l’occasion de vous reparler d’elle sur de nombreux sujets…

Cette femme a eu une vie hors du commun. Je ne vais même pas exagérer, je me demande, si je ne vais pas censurer quelques trucs d’ailleurs, sinon on ne me croira jamais…

Donc la voici partie fille au pair en angleterre, en, 1958, (elle est plus jeune que Mrs Bibelot). Mineure bien sûr, la voici tombant amoureuse d’un très beau Trévor. Ils décident de se marier sans l’accord des parents, à Gretna Green, où c’est un forgeron qui officie et où c’est officialisé partout. La sotte prévient sa mère par téléphone avant de partir pour l’écosse au lieu d’attendre pour lui apprendre par courrier la bonne nouvelle (je suis mariée, pouêt !).

La mère ne fait ni une ni deux, elle alerte Scotland Yard, qui rattrape les deux fugueurs à l’entrée du village fatal (Scotland Yard est une institution très efficace)… On ramène dare dare Trévor dans sa famille, et la petite à la frontière où sa mère l’attend. Mère qui a trouvé un excellent pensionnat en Suisse pour sa fille, qui va s’y tenir bien tranquille.

Que nenni, au cours d’une promenade dans un parc, Maritza séduit un homme marié qui lui fait dare dare un enfant (sans doute sur la pelouse du parc). La mère est enchantée d’apprendre qu’elle va être grand mère et maudit les suisses tout en intentant un procès au pensionnat pour défaut de surveillance. Pendant ce temps là, Maritza se trouve un travail, s’installe, et met au monde une fille qui passe comme une lettre à la poste. Et puis elle décide de rompre avec le père au bout de deux ans parce qu’un homme marié ce n’est pas possible.

Et puis d’ailleurs elle en a rencontré un autre, qui lui fait un enfant dans la foulée (et on parle de la lenteur suisse, elle en ricane). Ils se marient pour découvrir qu’ils ne sont pas fait pour la vie à deux. Ils divorcent donc au bout de 6 mois, tout en restant amants.  Elle accouche à nouveau, d’un fils (”mon fils, suisse allemand, les pires” dit-elle toujours) (cette opinion n’engage qu’elle).

Le temps passe, passe, et les amants avec (elle n’a jamais rien eu de séduisant, et rien à voir avec la photo, comme quoi les femmes fatales ne sont pas toujours celles que l’on soupçonne). Les enfants sont grands. Elle se demande ce qu’est devenu Trévor, elle se renseigne via amis communs (hasard, hasard). Et la voici partie un beau jour au volant de sa deudeuche pour rallier l’angleterre et Tintagel. Trévor est là célibataire comme annoncé, deux heures après les retrouvailles ils sont au plumard et décident en grandes personnes de se marier, comme 35 ans plus tôt (elle avait passé l’âge de se retrouver en cloque, un coup de bol). Ce qui est fait, au grand damned de la belle mère de Maritza qui ne peut pas la supporter et qu’elle ait voulu débaucher son fils jadis. Au grand damned des enfants de Maritza qui sont suisses dans l’âme et voient d’un mauvais oeil leur mère s’expatrier en angleterre loin du lac de Genève.

L’histoire d’amour dure… Puis Trévor travaillé par sa mère (et sans doute sa femme qui est, il faut bien le dire, invivable), disparaît un beau jour. Maritza a fait venir sa mère désormais gaga en angleterre dans une maison de retraite où elle travaille comme aide soignante. Elle est coincée. Comme Trévor ne paye plus rien, elle se réfugie dans la cabane de jardin pour y survivre, va se laver chez les voisins compatissants, se chauffe avec une couverture de survie, mais s’accroche. Cela dure jusqu’au décès de la maman (2 ans). Trévor retrouvé via une visite chez sa môman par la police locale auprès de laquelle elle a porté plainte, le divorce est prononcé à ses torts à lui. Avec l’argent qu’il a dû lui verser, elle décide de retourner en Suisse en emportant les cendres de sa mère pour les verser un jour, à l’occasion, dans le canal St Martin (elle ne se déplace jamais sans l’urne, dès fois qu’elle passe devant le canal lors d’un séjour en France) pour s’acheter une boutique à pas cher… Certes, à pas cher parce que celle qui la lui vend, oublie de la prévenir au passage que certains jeux ne seront plus possible dans cette boutique dans deux mois. Chute vertigineuse de la clientèle…

Deux années difficiles passent. Trévor la contacte. Il n’en peut plus sans elle… La voilà repartie pour l’angleterre avec tout son barda pour se remarier avec Trévor, non sans avoir au préalable fait établir par le “sollicitor” (trop d’années passées en angleterre, elle en a perdu son français) un contrat très strict. Et la belle doche est toujours là… Elle a l’âge de la reine mère et mourra à peu près en même temps qu’elle. Guerre ouverte entre les deux femmes. Trévor a des problèmes cardiaques graves et Maritza l’oblige à suivre son traitement et son régime. Il va se gaver d’apple pie et de pudding chez sa mère en douce…

La belle doche clamse enfin… Trévor passe sa vie au lit, malheureusement paraît-il, sans en avoir l’usage le plus agréable. Donc, l’orgasme mensuel promis sur contrat officiel ne risquant plus d’arriver, re-divorce aux torts de Trévor qui lui laisse tout et part s’installer dans une maison de retraite (où elle va le voir de temps à autre d’ailleurs)

On attend la suite. Elle est tranquille dans la maison de Trévor, elle a de l’argent devant elle (la vente de la maison de la belle doche…), elle est devenue anglaise à 100 %, mais un de ses vieux suisses va bien la retrouver un jour… On le sent, on le craint, on attend… Ou alors elle va se remarier avec Trévor et s’installer dans la maison de retraite. Elle a le temps de faire encore plein de bêtises, elle n’a que 65 ans…

Le suspense est haletant. Sauf pour Jean Poirotte qui en a ras le bol des périgrinations de Maritza qui a pour fâcheuse habitude de demander l’avis des gens pour faire exactement l’inverse, et se trimballe toujours avec les cendres de sa mère qui doivent impérativement être répandues dans le canal St Martin…

Qu’elle aille donc passer une journée à Paris dans ce but, ça lui fera des vacances la prochaine fois qu’elle viendra rendre visite 8 jours à sa vieille amie…

Comment vont les enfants de Maritza ? Adultes ils sont très perturbés et cumulent à eux deux 5 divorces. Sinon ils vont très bien…

Posté le 28 février '07 par Calpurnia, dans Tous aux abris. Pas de commentaire.

2007 bientôt…

Compte à rebours commencé. Pour une fois j’ai décidé d’y croire, après avoir lu le billet de Katia (ici) qui m’a remonté le moral. (Si j’ai loupé le lien Katia, pardooooonnnnnne moi !!!)

D’habitude je me demande ce que changer d’année va bien changer dans ma vie ou celle des autres. On se souhaite bien évidemment bonne année, bonne santé (important la santé, les jeunes ne comprennent pas) et plein de bonnes choses. Pour finir en décembre par avoir hâte de voir cette année de merde se terminer. C’est souvent comme ça.

Mais là, c’est sûr, 2007 rime avec plein de trucs sympa, dont “chouette” (je ne vous parle pas de l’oiseau de nuit…) et galipettes (je parle de sport, vous avez mauvais esprit)

  • 2007 donc sera une année chouette

  • 2007 pourra même être croquignolette

  • 2007 sera peut-être l’année où je terrasserais enfin la cigarette (je vais être d’une humeur de dogue si ça marche, je ne vais pas arrêter de rouspéter, vous êtes prévenus, pendant au moins 3 semaines)

  • 2007 verra enfin la mère et la fille arrêtez de se disputer à en être bêtes

  • Pour 2007 j’arrête de me prendre la tête

  • Dès début 2007 je signale à tous qu’il est inutile de me prendre la tête (ça marchera plus, c’est cassé)

  • En 2007 je me remets à faire moi même des chouquettes

  • En 2007 je me damne peut-être, mais je fais tout pour changer enfin ma moquette ou la recouvrir de carpettes

  • En 2007 j’apprends à faire la différence entre tournevis et clef à molette

Et vous, quelles sont vos bonnes résolutions ? J’ai essayé de ne pas en prendre trop, sinon, on ne les tient pas… La cigarette c’est le but important, de l’argent pour la moquette, etc…. Je n’ai pas dit quand, je me prépare psychologiquement…

BONNE FIN D’ANNEE A TOUS !!!
ET D’AVANCE : BONNE ANNEE 2007 !!!

Posté le 30 décembre '06 par Calpurnia, dans Tous aux abris. 1 Commentaire.

Le gâteau de riz

Le_g_teau_de_riz_50333728Je vous en ai déjà parlé, Jean Poirotte (papa), adore faire la cuisine (ici)

Vendredi 3 novembre, l’heure est grave, il lui vient à l’esprit de manger un gâteau de riz. Manque de bol, Mrs Bibelot s’esbigne avec une amie en séjour chez eux pour quelques jours, afin d’aller faire les boutiques et probablement éviter de faire le gâteau elle-même. Elle lui précise tout de même “la recette est dans le placard de droite au dessus des plaques gaz”.

Je suis arrivée à la fin de ce grand moment de l’histoire culinaire et je ne suis pas restée dîner, ayant des choses importantes à faire (pas l’envie de goûter la chose).

Ma mère est comme moi, (enfin je tiens d’elle) quand elle a fait un plat une fois elle se souvient de la marche à suivre. Comme moi elle note sur un papier les ingrédients et point barre + quelques codes éventuels que nul ne saurait décrypter et c’est à cause de cela que sa grand mère a emporté dans la tombe son exquise recette de rillettes de lapin… (quelle famille !)

Jean Poirotte s’est donc retrouvé avec un papier sur lequel était inscrit “180 g de riz, 1 litre de lait, 150 grammes de sucre etc…“.

En avant pour trouver le riz (au lieu de chercher un livre de recettes). Comme elle savait elle, qu’il faut du riz rond, elle ne l’a pas précisé sur le papier (d’ailleurs tout le monde sait cela). Jean Poirotte a donc fait cuire de l’incollable de chez l’eusse-tu cru dans le lait avec le sucre. Il a sorti un moule et s’est rappelé qu’il fallait faire un caramel (non indiqué sur le papier non plus, faisant certainement partie du etc… ce sont les proportions du riz au lait dont Mrs Bibelot ne se souvient jamais). Quand je suis arrivée il était en train de se brûler les doigts avec le moule en y répandant le caramel (c’est chaud).

Puis le dialogue du siècle : Elle/lui :

  • Où diable as-tu mis les raisins secs qui trempent dans le rhum ?

  • Quels raisins secs ? putain ça brûle ce truc ! passe moi un dessous de plat viiiite !

  • Tu sais bien qu’on met des raisins secs dans le gâteau de riz ! Remarque ça tombe bien, il n’y en a plus… Tiens le voilà ton dessous de plat fait gaffe à ma nappe.

  • Tu ne met pas toujours de raisins, ta grand mère n’en mettait jamais, d’ailleurs ce n’est pas écrit sur le papier

  • Et dis-moi qu’as-tu pris comme riz ? Il a une drôle d’allure ton riz au lait, arrête il y a assez de caramel  et fais attention à ma nappe !

  • J’ai pris le paquet de riz dans le placard de gauche

  • Mais non pas celui là, il faut du riz rond pour le riz au lait, pas du riz long !

  • Et il est où ton riz rond à riz au lait ?

  • Dans l’arrière cuisine sur l’étagère de gauche, tu sais bien qu’il faut du riz rond, tout le monde sait cela

  • Bon maintenant il te faut battre les oeufs en omelette

  • Quels oeufs ?

  • Ceux qu’il faut mettre pour que le gâteau tienne ! Il en faut 4

  • (moi) : non 6 : 4 entiers + 2 jaunes

  • Ah zut il n’en reste plus que 2. Comment cela se fait que je nous laisse manquer d’oeufs? Bon bah ça ira avec 2.

  • Je bats les oeufs et j’en fais quoi ?

  • Tu les mélange au riz refroidi ou tiède, tu mets dans le moule et tu fais cuire (soupir)

  • 45 minutes plus tard : c’est bon, tu peux sortir le gâteau du four

  • Il a une drôle de tête on dirait du riz au lait tout simple !

  • Evidemment il n’y avait pas assez d’oeufs. Ca nous fera du riz au caramel…

  • ….

  • Tu ne reste pas dîner ma chérie ?

La vie n’est qu’un long calvaire ! (et oui je sais je fais partie d’une famille un peu originale, c’est ce qui fait tout son charme)

Posté le 6 novembre '06 par Calpurnia, dans Tous aux abris. Pas de commentaire.

Les campagnes de pu…. électorales

Elections_53328783Je m’en vais devancer l’appel des prochaines élections présidentielles dont on va nous rebattre les oreilles jusqu’à ce qu’elles en soient rompues, et avant qu’au mot “électoral” vous ne me quittiez avec rage ce qui m’attristerait fort… Je reviendrai peut-être sur le sujet en avril, avec la bave aux lèvres (j’aime bien).

Je ne vais pas vous saoûler avec la politique, je pense que vous avez votre dose et que dans le cas contraire vous avez à faire ailleurs que sur mon blog (sortie autorisée, retour bienvenu pour d’autres thèmes).

Moi ce que j’aime tout particulièrement pendant les campagnes électorales, c’est le tour des marchés et les poignées de main que les candidats distribuent avec autant de générosité que leurs promesses qui n’engagent que ceux qui les recoivent.

JE TROUVE CELA BEAU
pour un peu j’en pleurerais d’émotion
(d’ailleurs je pleure rien que d’y penser).

Voici un homme ou une femme, qui vit benoîtement dans son 12 pièces ou hôtel particulier, quartier tranquille exposé plein ouest à l’abri des émanations des usines proches généralement positionnées à l’est rapport aux vents dominants, ou à Matignon, voire même carrément à l’Elysée et qui découvre soudain qu’il lui manque quelque chose d’essentiel dans sa vie morne : faire son marché et la tournée des boutiques.

C’est-y pas ballot tout de même ? Louper le marché ? Et les boutiques ? (encore qu’aucun ne se promène chez H&M ou Sephora ce qui est louche).

Et voici donc l’homme ou la femme (on dira l’homme rapport à l’Elysée pour simplifier) qui se découvre un soudain besoin de se rapprocher de la vie de tous les jours, du filet de boeuf non frelaté distribué par un marchand forcément souriant, des oeufs non en boîte, du poulet fraîchement plumé, et du poisson à l’oeil vif.

Et voilà ce beau monde faisant le marché avec 3 gardes du corps et la garde républicaine aux aguets, il faut ce qu’il faut.

Question piège : “votre poisson est-il frais ?” avec un grand sourire au poissonnier qui n’en revient pas et ne va surtout pas répondre “il a 8 jours, je vous le déconseille“. On se serre la main. L’homme politique qui lui, porte des gants l’hiver précise “vous avez les mains froides ! dans la glace les poissons sont bien conservés, vous êtes un homme de confiance“.

Là où mon coeur se serre c’est quand je réalise à la lueur qui s’allume dans les yeux du poissonnier, qu’il va forcément voter pour le crétin qui lui a demandé l’état de santé de ses daurades et des 3 sardines qui lui restent. Il va rentrer chez lui, émotionné et bouleversé d’être passé aux infos, et il sommera toute sa famille de voter pour cet homme tellement près du peuple qu’il fait son marché lui-même (mais sans panier).

Et vas-y que je te continue le marché. Les oeufs ont-ils survécu à la grippe aviaire et les volailles ont-elles été bien vaccinées ? Le boeuf est-il indemne de pyroplasmose et la trippe est-elle aussi fraîche que le maquereau ?

Je précise que tout doit être frais sur les marchés où l’on vient acheter de la daube qui a dépassé la date de péremption de 6 mois, sauf l’homme politique qui généralement n’est pas un perdreau de l’année. En France un jeune ça n’irait pas du tout, l’homme politique doit avoir minimum 50 ans (au pire) : le français est anti-jeune : un homme politique de 30 ans est un suicidaire : s’il vit en concubinage ou n’est pas marié, il ne lui reste qu’à commander le peloton d’exécution et à courir droit vers les fossés de Vincennes pour rappeler le bon vieux temps.

Rayon lingerie sur le marché maintenant. Il va prendre une super blouse sexy pour sa femme qui jardine régulièrement (si si). Vous voyez le look de la blouse ? Celle avec un mélange rayures verticales/pois/carreaux/rayures horizontales en caimaëu de vieux rose, vert, jaune et bleu des mers du sud ? Avec des bottes en caoutchouc c’est magnifique et à rétamer Albert si l’on porte la culotte gaine qui va avec (ne pas oublier de récupérer l’assurance vie quand il aura enfin clamsé à la vue de la blouse et de la lingerie fine).

Bon l’homme politique ne la prend pas tout de suite (la blouse), n’est-ce pas ? il a oublié son panier, mais choupinette jardine et il y pense très fort : deux électeurs de plus : le marchand de blouses + celui des culottes gaines juste à côté (on attend Choupinette en blouse à ses côtés pendant la campagne).

On se serre la main avec le sourire c’est important. En plus il y a un cameraman qui passait justement là par hasard, et qui ne filme jamais le marchand de poissons qui rétorque “eh ducon, t’as vu tes taxes glups, et jamais je ne te vois sur mon marché glups, je ne te serre pas la main et je ne vote pas pour toi glups,  d’ailleurs je l’avais bien dit à Germaine de ne pas voter pour toi glups” (du coup Germaine à lourdé sa blouse et sa culotte gaine, il est mal mais il assume)

Celui qui est finalement élu est au bord de la crise de foie, rapport aux saucissons, coups de rouge, harengs bretons, olives alsaciennes et choucroutes périgourdines qu’il a dégustés sur de nombreux marchés. Je n’évoquerais que brièvement sa tendinite du coude droit, son blocage du poignet droit et son épaule en louis XV, vu le nombre de paluches qu’il aura serrées… (bien fait !)

Moi je m’en vais voter généralement contre le poissonnier, le charcutier, le boucher, le volailler, en me demandant comment on peut être aussi… naïf pour basculer ainsi  et finir par voter pour un crétin qui fait semblant de faire son marché (à moins qu’il ne s’agisse du comptable de l’Elysée déguisé pour l’occasion pour toucher un 36ème mois, ce qui expliquerait tout).

Je ne glisse pas de hareng dans l’urne : cela ferait un vote blanc et c’est nul…

Ce qui m’afflige le plus est que le racolage est réprimé par la loi et que je ne vois jamais aucun gendarme venir verbaliser l’homme politique qui racole, alors que la pauvre fille qui gagne sa vie de bien triste manière, ne lui échappe pas…

Posté le 5 septembre '06 par Calpurnia, dans Tous aux abris. Pas de commentaire.