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'Tous aux abris'

Serial Ecran Total

Coup_de_soleilAujourd’hui, avec ma meilleure amie (qui se cherche un surnom qui vaille le coup pour ce blog, mais on va trouver) et maman (Mrs Bibelot), nous avons profité d’un plan d’eau à 10 minutes de chez moi pour aller farnienter sur la plage (de sable rapporté, mais de sable), et nous baigner.

Moi la bronzette, c’est pas mon truc. D’abord je ne bronze pas, juste une vague teinte qui est encore trop claire l’hiver pour la plupart des femmes, et en plus, je brûle en 10 minutes (à savoir coup de soleil monstrueux, l’illustration étant de la petite bière à côté de ce que je suis capable de pondre : du carrément violet).

Quand on dit 10 minutes m’a expliqué un jour le dermato que j’ai écouté religieusement, c’est 10 minutes dans la journée, tout ce qui est rayon étant cumulatif au cours d’une vie (que dire d’une journée). Hors avoir pris le soleil 10 minutes, c’est vite fait aux heures dangereuses.

Donc je m’écran-totalise depuis l’âge de 30 ans, et je ne parle pas en l’air. En fait je me protège comme de la peste du soleil, avec ma peau de rousse qui crame sans jamais dorer.

L’écran total pour moi, c’est de l’indice maxi, étalé le moins possible, à savoir bien blanc (on voit s’il en reste ou pas). J’ai découvert en partant en Egypte avec Pulchérie il y a deux ans, le lait très haute protection indice 50 de chez Avène (résistant à l’eau) qui ne m’a jamais déçue. Avec cela je suis plus blanche que blanche : même dans les films d’horreur ils n’osent pas maquiller comme cela.

Je me tartine bien la figure, le décolleté qui est un endroit à privilégier pour éviter de fripper. Pour le reste comme je vais à la plage pour me baigner et rien d’autre, je suis soit dans l’eau, soit recouverte d’une chemise blanche pour éviter de me retrouver avec le dos façon steak tartare, de préférence sous un parasol (ne jamais oublier la réverbération qui tue). Aujourd’hui je n’ai pas manqué à cette habitude de me tartiner de total à mort, sans omettre les paupières que j’avais oubliées en Egypte et qui étaient devenues violettes, alors que j’étais à l’ombre.

Meilleure amie habituée n’a pas bronché, Mrs Bibelot s’est elle inquiétée : je risquais de faire peur aux enfants non ? Ben tant pis il faudra bien qu’ils s’y fassent et leurs parents avec.

Je précise que ce lait (moi je dirais crème), tient ses promesses et résiste parfaitement à l’eau. Dans les deux sens. Je peux suer sang et eau qu’il ne moufte pas d’un mm. J’ajoute qu’il n’est pas que waterproof, il est aussi huile-proof, savon proof et m’en débarasser le soir relève de la haute voltige. Je me tartine d’huile, j’émulsionne, je me savonne, j’émulsionne, je rince, il en reste toujours un petit quelque chose (mais qui me fait le teint uni, alors ça va). Quand je peux je vérifie dans mon miroir (utile pour étaler le plus uniformément possible) si je suis toujours blanche, quand je ne peux pas, je demande à la malheureuse personne qui m’accompagne de manière régulière (toutes les 5 minutes), si je suis bien blanche. La réponse est toujours “ouiii”

Car les choses se gâtent toujours quand je voyage, car j’ai une prédilection pour les pays chauds, tropicaux là où le soleil cogne très dur. J’ai donc : écran total + chapeau + lunettes de soleil. Le choc est toujours fatal pour le reste du groupe le premier matin du premier rendez vous pour la première excursion, quand je débarque (dans l’avion j’avais l’air normale). On me regarde curieusement, celui ou celle qui m’accompagne fait semblant de ne pas me connaître (je leur pardonne à tous). Je laisse courir, généralement cela passe dès le lendemain, et le méga premier coup de soleil sur le nez ou ailleurs, d’un quidam qui se payait ma blanche tête la veille et me demande le lendemain si je peux lui prêter un peu de mon produit. On s’habitue aussi à mon chapeau (tout le monde finit par en acheter un) et à ma manie de rechercher l’ombre à tout prix.

Mais bon, un choc vrai est toujours possible. Certains nageurs me croisant aujourd’hui m’ont soigneusement évitée (seule ma figure émergeant de l’eau, ça doit faire flipper, mais je peux faire une super ligne droite sans être dérangée). Me voyant débarquer ce soir de la plage pour récupérer ma voiture, Jean Poirotte (papa) a eu un bref instant de panique devant ma mine blafarde. A la précision de sa femme “ce n’est rien c’est de l’écran total”, il n’a pas manqué de me faire remarquer que si j’avais pris tout de même un coup de soleil, j’étais en droit de porter plainte.

Car la même marque fait le même produit, mais teinté. Je l’ai testé également. Il est teinté foncé… Cela me fait le visage et le décolleté marron et jurant avec le reste du corps, encore pire que blanc.

De temps à autre je réussi à faire un mélange des deux parfaitement dans mon teint. Mais du coup, je ne suis plus certaine d’être protégée comme il faut, je me remets du blanc et recommence à faire peur aux petits enfants…

Posté le 17 juillet '06 par Calpurnia, dans Tous aux abris. Pas de commentaire.

L’homme cuisine

10077549L’homme ne sera aujourd’hui, ni Albert, ni Charles Hubert, ni l’oncle Jules. Ce sera tout bêtement mon père surnommé à partir de ce soir Jean Poirotte pour des raisons que ses petites filles comprendront aisément (que tout le monde se rassure, il n’a pas internet, parce que pas d’ordinateur, n’a jamais été capable de maîtriser notre bête minitel et sait à peine se servir de son téléphone portable, pourtant sinon, c’est un homme cultivé qui devrait participer à “questions pour un champion”)

Jean Poirotte s’était épris d’un restaurant grec dans la petite ville estivale dans laquelle il allait passer tous ses mois de juillet avec ma mère (Mrs Bibelots) et s’était particulièrement amouraché d’une moussaka certe excellente. Devant cette clientèle régulière et agréable (Pulchérie mettant une certaine ambiance, et moi émouvant avec Delphine dans mon ventre) un beau jour la patronne du restaurant, lui offrant l’Ouzo (payé par la maison) s’est laissée aller à lui donner la recette de la MOUSSAKA. Femme maudite !!!!

Et c’est ainsi que Jean Poirotte a débuté en cuisine. Jusqu’à ce moment précis il avait montré tout son talent avec les oeufs sur le plat, l’omelette aux fines herbes ou aux cèpes (ramassés par lui, épluchés par sa femme), et Mrs Bibelot malade, avec du foie et des nouilles (4 enfants dégoutés du foie de veau à vie, après une angine diabolique ayant cloué au lit Mrs Bibelots pour 8 jours).

La première moussaka s’est plutôt bien passée pour ceux qui l’ont dégustée. La tête un peu crispée de Mrs Bibelot nous échappant quelque peu : il avait fait le dîner non ? Craignait-elle qu’il ne lui damne le pion en cuisine ? C’était Ex-CELLENT

Des revers de fortune m’ont ramenée un jour chez papa et maman. Je devais y passer 3 mois, j’y suis restée 4 ans, avec Pulchérie et Delphine en pleine époque de créativité.

Et j’ai découvert la moussaka infernale (aussi infernale que le grand ordinateur des impôts) un beau samedi où Mrs Bibelot s’était éclipsée (je ne savais pas pourquoi, mais elle voulait que je comprenne en fait) et où Jean Poirotte avait décidé de faire le dit plat.

J’ai donc découvert que :

Il décidait de faire une Moussaka
Ma mère faisait les courses, prévoyant les entrées grecques, le fromage et le dessert (grec de préférence)
Il s’asseyait en bout de table de cuisine pour demander :

  • Passes moi le sel, le poivre, le piment

  • Peux tu m’émincer cette échalotte ? Deux finalement… Un oignon aussi s’il te plaît

  • Peux tu me hacher la viande de mouton ? le hachoir est derrière moi

  • Il faut laver le hachoir sinon ta mère va nous tuer

  • Tu peux me trouver une poêle et y faire revenir les aubergines ? Doucement le feu sous les aubergines, la dame m’a dit “à feu doux”

  • Surveilles les aubergines s’il te plaît

  • Idem pour la viande de mouton hachée, à la poële en remuant constamment, il faut la faire griller en fait…

  • Laves les poêles s’il te plait

  • J’ai besoin de 5 gousses d’ail épluchées

  • Passes moi le presse ail

  • Trouves moi la sauce tomate, je ne sais pas ce que ta mère en a fait

  • Tu peux mélanger ? j’ai mal au bras là

  • Tu sais faire une béchamel ? Bien épaisse hein ? J’ai dit EPAISSE

  • Râpes moi ce morceau de gruyere (chez Jean Poirotte le râpé tout prêt c’est de la M….)

  • C’est-y pas beau MA MOUSSAKA (juste avant d’enfourner et juste avant qu’on ne lui plante le presse ail dans le coeur)

Le seul mot MOUSSAKA a déclenché chez Mrs Bibelots et moi même un réflexe de fuite absolu dès qu’il était prononcé à partir de ce jour là. C’est incroyable ce que l’on peut avoir à faire d’urgence, un samedi après midi…

Hélas Jean Poirotte ayant pris goût à la cuisine et ayant du temps pour la faire, il y a toujours urgence à fuir quand sont prononcés les mots :

  • Moussaka

  • Couscous

  • Paella

  • Aubergines, courgettes, tomates, le tout farci

  • Toïonnade, enchoïade, Tapennade (il aime la cuisine du midi)

  • Moules au barbecue (ON les ouvre, il les fait cuire)

  • Barbecue (on fait les courses, on fait les brochettes, il fait les braises et surveille vaguement la cuisson)

Dieu merci pour l’instant il n’a pas encore attaqué les desserts… Car Mrs Bibelots a de plus en plus de mal à trouver des prétextes pour fuir (et aller faire les boutiques). Généralement c’est moi qui suis :

  • Atteinte d’une crise de colite frénétique

  • Atteinte d’une crise de colite pathétique

  • En plein marasme sentimental

Sauf qu’elle fuit (ce que je comprends tout à fait) en omettant de me prévenir du prétexte…

Vous visualisez ma dégustation de la moussaka le lendemain d’une crise en “ite” dont je n’avait pas été avertie…

Posté le 12 juillet '06 par Calpurnia, dans Tous aux abris. Pas de commentaire.