'Tu l'as vue la spatule ?'
Depuis plusieurs années, Jean Poirotte et Mrs Bibelot font eux-même le foie gras pour les fêtes.
Ce foie gras a une particularité d’ailleurs, “il était toujours meilleur l’année dernière”…
Nous savions que papa bénéficierait d’une “permission” de sortie pour les fêtes, mais pas encore qu’il sortirait définitivement de sa maison de rééducation le 23 décembre.
Donc, il n’était pas question qu’il puisse faire les foies avec maman (qui voulait à tout prix les faire cuire le mercredi au plus tard), ce qui était bien dommage. Généralement quand j’entends le mot “terrine”, je prends la fuite, après avoir assisté aux tendres échanges concernant le sel, le poivre, les épices, l’alcool à mettre…
Là, je n’allais pas y couper, en me disant qu’après tout, je saurais à l’avenir, comment procéder.
Sauf que, maman est tellement habituée à se boutiquer avec papa pour des broutilles, que ça aussi m’est tombé dessus.
Deux foies de canard au départ. Maman a rouspété parce que le sien était moins propre que le mien et qu’elle avait plus à dé-veiner et dénerver. Du coup elle a échangé les foies, et là j’ai râlé qu’elle était gonflée.
Car moi je m’en tirais comme si j’avais fait des foies gras toute ma vie.
Est arrivé le moment où il fallait peser le plat avant d’y mettre les foies à mariner, pour savoir après remplissage du plat, combien nous avions de foies à assaisonner.
C’est tout simple, il suffit de faire une règle de trois. YAKA !
Ce qui n’était pas simple, car les deux balances de Mrs Bibelot se sont révélées être hors d’usage. Après 40 années d’utilisation, il est scandaleux de voir l’appareillage de cuisine tomber en panne.
Maman a donc appelé Marie Françoise, une de leurs amies, qui nous a gentiment prêté sa balance.
Donc nous avions 835 g de foies gras. Pour lesquels il convenait donc de mettre sel, poivre, armagnac, porto, 4 épices, en partant d’une base de “pour 500 g”.
Les règles de trois ont été faites non sans difficulté, le 5 g devant-il compter ou pas ? c’est après que nous avons attaqué un problème digne du certificat d’étude, concernant l’alcool, dont il fallait 5 cl… (si notre règle de trois était juste)
Ce soir là, nous aurions été recalées direct…
Maman avait sorti un de ses antiques tupperwares mesurant en ml.
- 5 cl d’alcool ça fait combien Coraline ?
- Un doute m’étreint
- 50 ml ?
- Maman, regardant d’un oeil un peu torve, le mesureur en ml, et ce que représente 50 ml : “ça ne fait pas beaucoup”. Tu es sûre que c’est 50 ml ?
- J’ai comme un doute, mais 500 ml cela ferait beaucoup trop…
En plus, j’ai une tare désormais, car ayant travaillé 9 ans dans le traitement des eaux, j’ai pris l’habitude de compter en m3/H, ce qui ne nous arrangeait pas spécialement (pour les m3/h ou m3 simples je suis vachement fortiche)
Car toutes les deux nous avions un doute en regardant la contenance indiquant 50 ml…
Du coup nous avons appelé Marie Françoise, qui a eu un doute elle aussi, et a demandé confirmation à son mari.
C’était bien 50 ml.
Ca ne faisait pas beaucoup. Nous avons donc hésité à téléphoner à l’homme de l’art à la Grande Motte, mais nous nous sommes dégonflées… D’autant que nous avions été prise d’un fou rire pas possible, à compter et recompter combien un litre contient de ml, de cl, de dl…
Nous avons donc versé les 50 ml, maman persistant à trouver que cela ne faisait pas beaucoup du tout, quand nous avons touillé délicatement la préparation, avant de la mettre au frais.
Et comme il faut mélanger plusieurs fois, et bien, à chaque fois, nous trouvions que cela ne faisait pas beaucoup, d’autant que le tout se fige au froid. Le lendemain matin, cela a paru sec à maman, et elle a remis, direct, 50 ml de mélange porto/armagnac.
Sur le coup nous n’en avons parlé à personne, nous attendions de savoir si les consommateurs trouvaient qu’il y avait trop de porto et d’armagnac.
Mais non. Le foie gras était délicieux et ne sentait pas du tout trop l’alcool.
Mais il était meilleur en 2010…
La vie n’est qu’un long calvaire
La dernière fois qu’ON avait fait des crêpes chez les parents, l’idée était venue de Delphine et la pauvre avait souffert.
Si elle n’a flanqué un coup de poêle à personne c’est que c’est une douce nature…
Etant en résidence chez les parents pendant que papa s’éternise à l’hôpital pour faire chier en faisant celui qui n’en a rien à faire pour n’inquiéter personne (loupé, tout le monde s’inquiète toujours), je ne me contente pas de dormir avec un flingue pour protéger la maison (z’êtes prévenus).
De temps en temps, je cuisine un peu, ce que je ne fais pas chez moi, vu que ma cuisine n’est qu’une ruine et mon appartement globalement un taudis qui ferait la fortune d’un plombier (et d’installateurs divers).
Je cuisine si maman me laisse faire, car elle reste persuadée que même des oeufs coques, elle est la seule de la famille à savoir les faire.
Il y a 4 semaines et demie approximativement environ, celle qui n’est pas comme les autres venait passer le WE et enfin voir son père en réa, et les visites étant limitées dans le temps et en nombre de personnes, je lui ai évidemment cédé ma place le dimanche après midi, laissant le prochain créneau horaire à mon autre soeur.
Depuis la veille j’avais envie de crêpes, ce qui est à souligner, car ce genre d’envie me prend environ une fois tous les deux ans, vu que les crêpes et ma vésicule, cela fait mauvais ménage.
Je pouvais préparer la pâte TRANQUILLE et sans COMMENTAIRES, et je savais que maman n’insisterait absolument pas pour faire les crêpes elle-même.
Faire la pâte cela a l’air simple, sauf qu’il faut réunir les ingrédients. Fastoche vous direz-vous, sauf que vous ne connaissez pas ma mère.
- Les oeufs sont dans le frigo, jusque là tout va bien.
- Sauf qu’il n’en reste que deux et qu’il m’en faut quatre, les autres oeufs étant dans le deuxième frigo, dans l’arrière cuisine, derrière des bières que personne ne boit jamais.
- Faut donc trouver les oeufs excédentaires dont on sait qu’ils existent vu que votre mère a brandi la douzaine sous vos yeux la veille.
- Après, il faut trouver la farine.
Alors là j’ouvre une parenthèse intéressante, car trouver la farine n’est pas si évident que cela.
Chez moi, quand j’en ai, elle est rangée avec le riz, les pâtes, les trucs dans le genre, toujours si j’en ai.
Chez Mrs Bibelot, les pâtes sont rangées à plusieurs endroits.
Les coquillettes par exemple sont au dessus des plaques gaz, à droite, au fond du placard, derrière le mixer (le mot mélangeur n’existant pas en français… Alors ne comptez pas sur moi pour dire “blinder” dont je me demande toujours d’où cela sort…).
Si vous voulez des tagliatelles elles sont elles, au dessus du four le plus sophistiqué, derrière le thé et trois sortes de chocolats.
Pour les spaghettis, inutile de vous dire qu’il n’y en a pas : il y en a. Dans le buffet à vaisselle, derrière les assiettes à soupe dans une boîte faite pour les spaghettis. Ne me demandez pas pourquoi ma mère ne regroupe pas les pâtes, elle n’en sait rien elle-même tout en vous précisant que de toutes manières, elle n’aime pas spécialement les pâtes.
Si vous voulez savoir où sont rangées les sauces diverses allant avec les pâtes, vous allez avoir la migraine.
Donc, il fallait que je trouve la farine, ce qui n’a pas été une mince affaire. En effet, comme Mrs Bibelot avait fait le plein dans ses réserves, elle avait mis deux kg de farine bien à l’abri dans une cocotte, dans l’arrière cuisine, qu’heureusement connaissant l’esprit tordu de ma mère, j’avais eu l’idée d’ouvrir (la cocotte).
- Oeufs OK
- Farine OK
- Lait OK (dans le deuxième frigo de l’arrière cuisine au fond derrière le cidre de réserve)
- Cidre OK
- Parfum…
Le rhum est donc dans l’arrière cuisine (qui peut vous sembler immense mais c’est faux) sur l’étagère où l’on range les spiritueux et le vinaigre d’alcool dont la femme de ménage fait un usage éhonté.
Sauf que le rhum agonisait et que la pâte était peu parfumée.
Je savais qu’il y avait de l’eau de fleur d’oranger quelque part. Il y en a toujours.
Restait à la trouver…
- Salle de bain ou maman stocke ses eaux d’Hamamélis, de bleuet, de fleur d’oranger ou de rose : NIET
- Bibliothèque du couloir donnant sur la chambre du RDC où maman aime bien égarer des trucs (j’ai ainsi retrouvé, parce que je voulais lire, une lampe de poche bien en évidence devant 2 Tagada Christine, alors qu’elle la cherchait depuis 3 ans (la lampe)) : NIET
- Dans tous les placards de cuisine, y compris dans la boîte à spaghettis, ma soeur aimant bien parfumer son thé avec de l’eau de fleur d’oranger : NIET
- Dans le meuble ou mon père stocke ses cartouches, la dynamite et les pièges à ours : NIET
Il m’a fallu attendre le retour de maman, pour parfumer ma pâte à crêpe de manière correcte.
Evidemment, elle et ma soeur étaient ravies à l’idée que nous allions manger des crêpes et que j’allais m’occuper de la chose.
Et maman m’a expliqué où est rangée désormais mais ce n’est pas définitif, l’eau de fleur d’oranger.
Comme elle aime bien s’en mettre un peu dans le cou et sur les bras avant d’aller se coucher, vous trouverez l’eau de fleur d’oranger dans le placard des toilettes du RDC, derrière le PQ de réserve.
Pas devant le PQ. Ce serait trop simple.
Et c’était vraiment ballot, c’était le seul endroit du RDC dans lequel je n’avais pas fourré mon nez en cherchant.
Sinon j’y aurais retrouvé le thermomètre à vin rouge qu’Albert et moi avions offert à Jean-Poirotte il y a 30 ans, et qu’il cherche régulièrement partout quand il attend du monde. Je l’ai retrouvé le lendemain quand j’ai décidé de vider ce placard pour en faire l’inventaire (deux balles perdues, deux…)
La vie n’est qu’un long calvaire.
Mes parents en cuisine, c’est toujours super…
Fort heureusement cela ne dégénère jamais, mais je préfère rester neutre, on n’est jamais trop prudent…
Sauf quand on me demande mon avis. Forcément, je le donne… Là j’ai été d’une imprudence folle !
Dimanche nous fêtons l’anniversaire de la petite dernière et il y aura donc :
- Un pâté fait maison par Jean-Poirotte
- Un gigot avec des haricots frais, et donc à écosser. Dans la famille nous appelons d’ailleurs cela des haricots écossais, depuis qu’un fermier du village avait mis un panneau “à vendre : haricots écossais”. (Tout le monde s’en fout…). Ce qui pourrait nous faire passer pour des ignares, aux yeux de ceux qui ne connaissent pas le gag…
On a commencé par les haricots écossais…
Chacun sa technique.
- Jean-Poirotte : pourquoi tu coupes l’extrémité des cosses Bibelot ? Regarde, ça se fend tout seul !
- Mrs Bibelot : parce que j’ai très mal à mon articulation du pouce droit, et que de couper l’extrémité c’est mieux pour ne pas forcer…
- Mais regarde : ça se fend tout seul !
- Evidemment quand on n’a pas mal à la main, ça va tout seul.
- Déjà que j’ai mal aux genoux…
- Je ne vois pas le rapport…
- Coraline… Toi aussi tu casses l’extrémité ?
- Oui, j’ai toujours fait comme ça…
- Pourtant, regarde, ça se fend tout seul.
- … … …
- Tu vas finir par terminer les 2 kg de haricots tout seul !
- Quel caractère ! mais je persiste à dire qu’il n’y a pas besoin de couper l’extrémité des cosses, regarde, je vais 2 fois plus vite que toi vous !
- Tant mieux tu pourras terminer tout seul.
Vlabadaboum, vla le pâté à faire maintenant.
Je vous épargne les détails concernant la quantité de sel à mettre, ou plus, ou moins, tu es sore ? tout à fait sore, et le moment où j’interviens tout de même en rappelant que pour éviter toute guerre nucléaire dans la cuisine en cas de pâté attitude, j’ai personnellement moi je, noté les quantités de sel dans le livre de cuisine phare de Mrs Bibelot… Ils vérifient et tombent d’accord sur mon dos, comme quoi j’écris comme un cochon, ce qui est totalement faux.
Au lieu de rectifier de leur écriture, ils sont donc obligés de ressortir l’antique livre de cuisine de la tante Marie, qui appartenait à mon arrière arrière grand-mère et qui est annoté de partout…
Il y a ensuite l’horrible choix à faire parmi les terrines de Mrs Bibelot, dont certaines ont 1 siècle et demi, car on garde tout dans la famille.
Elle revient toujours avec 3 terrines (je précise qu’elle en a en tout une dizaine, de toutes les tailles) :
- La trop petite
- La plus grande
- L’autre un peu plus grande, mais plus arrondie.
Le cérémonial diabolique du choix de la terrine ayant lieu environ 6 fois par an, je sais que la plus grande et l’autre plus grande mais plus arrondie, font exactement la même contenance, depuis que j’ai suggéré de vérifier en en remplissant une d’eau, et en reversant cette eau dans l’autre terrine.
Car Jean-Poirotte fait toujours des pâtés de la même taille. Pour le foie gras de fin d’année, c’est une autre guerre…
J’ai fait le même coup à ma mère qui refuse toujours malgré tout, de prendre un des jolis bols bleus à fleurs de son arrière grand mère, sous prétexte qu’ils sont trop grands pour le thé. Ils font exactement la même contenance que ses bols en pyrex, mais rien à faire. Si elle ne veut pas s’en servir, elle n’a qu’à aller les enterrer dans le fond du jardin ou carrément le dire.
- Cette terrine là est trop petite
- Bon alors essaye la plus grande
- J’ai l’impression qu’en fait elles font la même taille
- Ca m’étonnerait !
- Jean-Poirotte se lève et refait le coup de la flotte : les deux terrines contiennent exactement la même quantité
- Recommence, je n’ai pas vu ce que tu traficotais dans l’évier
Et là, je ne pouvais même pas m’esbigner, car je devais aller acheter le gigot avec maman, dès fois qu’elle se perde (mais c’est toujours un plaisir de faire des petites courses ensemble…)
Dans la voiture d’ailleurs, j’ai tout de même eu droit à un :
- Ton père est d’une mauvaise foi pas possible.
Je n’ai pas creusé pour savoir s’il s’agissait des haricots écossais, ou de la contenance des terrines…
Quand nous serons à la Grande Motte, j’ai prévu un carnet pour prendre des notes !
La vie n’est qu’un long calvaire !
J’entendais régulièrement parler de mascarpone. Tatie chérie nous avait fait des verrines exquises il y a un bon mois, aux fruits rouges et au mascarpone. Gendre n°1 m’avait servi un jour un tiramisu fait par lui, qui devait être délicieux pour une personne aimant le café, avec du mascarpone également.
Mais je n’avais jamais acheté cette denrée moi-même, et la dernière fois que je suis allée faire des courses à simply market, j’ai décidé de combler cette infâme lacune.
Et d’y gouter sans rajouter autre chose que du sucre. Normalement cela devait bien se passer : j’aime tous les laitages.
Le soir même j’ai trouvé la chose un peu dure dans son pot, j’en ai prélevé la moitié, et j’ai entrepris de la diluer avec un peu de lait pour rendre le mascarpone crémeux.
Gagné, ne me restait plus qu’à ajouter du sucre…
A la première sensation dans ma bouche dès la première cuillère, j’ai senti que j’avais enfin atteint le sommet de la diététique, le rêve du chef de drakkar dans “Astérix et les normands”, et que j’étais en train de manger de la crème à la crème.
Notez par ailleurs que j’adore la crème fraiche.
Heureusement…
Intriguée, j’ai consulté l’étiquette après avoir chaussé mes lunettes de lecture :-( pour voir les ingrédients :
- Fromage frais italien :
- Composition :
- Crème fraiche.
Point barre.
Je me suis rendue donc chez Wikipédia pour découvrir le secret de la fabrication de cette chose hautement diététique :
C’est un fromage à base de lait de vache, à pâte fraîche, particulièrement riche en graisse (effectivement, plus riche en matières grasses c’est du beurre).
À l’origine, le mascarpone provient du lait de bufflonne, mais on retrouve aussi sur le marché un mascarpone au lait de vache.
La technique de fabrication est simple : il suffit de chauffer la crème à 100 °C et d’y ajouter du jus de citron ou du vinaigre blanc. Une fois caillée, on fait égoutter la pâte un ou deux jours à travers une mousseline au réfrigérateur. Ensuite, on la met en pots.
C’est tout simple en effet. Je suppose que l’ébullition a pour but d’éliminer un maximum de matières non grasses, et donc, on mange bien de la crème à la crème ou bien de la crème concentrée…
C’est très bon, mais je n’en mangerais pas tous les jours, j’ai carrément eu l’impression que ma petite portion avait atterri directement sur ma vésicule qui a mis 3 heures à s’en remettre…
La curiosité est un vilain défaut, la gourmandise un des sept péchés capitaux, et la vie un long calvaire…
J’ai conseillé à Mrs Bibelot qui adore la crème fraîche, de tester le truc. Elle a trouvé cela très bon, et elle, elle n’a plus de vésicule, donc c’est passé comme une lettre à la poste (on devrait tous se faire enlever la vésicule dès notre adolescence, cela nous ferait un souci de moins…)
Je pense que nous n’avons pas fini de voir du mascarpone dans le frigo de mes parents…
Le tentateur a été trop tentant :-)
D’un autre côté s’il ne l’était pas, nous serions tous des saints !
Je vais maintenant m’attaquer à une espèce un peu plus rare mais qui n’est pas en voie d’extinction pour autant :
Celui qui croyait que, ou qui ne voyait pas cela comme cela.
Celui là je l’enverrais faire le tour du monde avec juste une paire de tongs de rechange, comme cela il verrait les choses comme elles le sont réellement.
J’ai vu le cas de figure plusieurs fois :
Une RRRRRRRusse qui avait décidé de faire un repas typiquement RRRRRRusse, tel que ceux qu’elle avait dégustés en RRRRRRRussie, jusqu’à l’âge de 20 ans…
Ses invités avaient deviné en lisant le menu, qu’il s’agissait d’elle (vu son accent, vous l’aurez compris :-)).
Parce que quand vous recevez le menu, vous devez deviner qui vous invite. Pour le premier repas, les questions stupides sont :
- A votre avis un homme ?
- Une femme ?
- De quel âge ?
Je ne vois pas ce que la cuisine a à voir avec le sexe ou l’âge, mais je dois me tromper, sauf qu’ils se plantent tous généralement.
Donc la malheureuse RRRRRRRRusse s’est donné un mal fou pour faire exactement les recettes qu’elle connaissait par coeur avec les bons ingrédients…
Pas de bol, parce qu’il y en avait deux qui n’ont pas apprécié du tout.
En effet :
- Notez que je n’ai jamais mis les pieds en Russie…
- Mais je ne vois pas du tout la cuisine russe comme cela…
- Je suis très décu(e)
- Du coup je suis obligé(e) de mettre une mauvaise note
- La cuisine russe c’est caviar, blinis, zakouskis, chachlik, on n’a rien eu de tout ça, c’est nul.
- Du coup je suis obligé(e) de mettre une mauvaise note.
On note nous, que la connerie règne sur tous les domaines, y compris donc, l’art culinaire.
La palme a été pour moi, à remettre aux invités d’une malheureuse chinoise qui avait décidé de faire manger chinois à ses hôtes.
Elle avait bien expliqué, en long, en large et en travers, que la cuisine chinoise que nous mangeons dans les restaurants chinois, n’en est pas vraiment voire même pas du tout. Que généralement il s’agit de recettes adaptées totalement au goût européen ou d’autres pays que la Chine (vietnamiennes, cambodgiennes, etc…) il n’y a rien eu à faire.
Elle aurait pissé dans un violon pour faire de la musique, en s’expliquant, que cela aurait fait le même effet (et en plus, nulle comme animation de faire de la musique comme cela).
- Notez que je n’ai jamais mis les pieds en Chine, ni en extrême orient d’ailleurs…
- Mais…
- Pour moi ce n’est pas de la cuisine chinoise
- Je n’ai pas du tout aimé ce repas qui pour moi n’avait rien de chinois
- Je suis très déçu(e)
- Je suis obligé(e) de mettre une mauvaise note…
Il y avait 4 convives ce soir là, qui méritaient d’aller réparer toutes les fissures éventuelles dans la grande muraille de Chine (en tongs en plus).
En mangeant local bien sûr.
Il ne faut pas faire ce que vous connaissez si vous êtes originaire d’un autre pays, mais ce que les autres imaginent comme cuisine locale pour ce pays.
Nuance. Ne confondez pas réalité et imagination…
Il y a une brésilienne et une mexicaine qui doivent s’en souvenir encore, mais je n’ai plus tous les détails en tête, sauf que la mexicaine n’avait pas fait de chili con carne… (honte à elle alors que les mexicains… notez que je ne suis jamais allée au Mexique mais à mon avis ils en mangent dès le petit déjeuner…)
Il serait intéressant d’ailleurs, de voir ce que nous pensons tous des cuisines non françaises, ce que sont nos a priori…
Car la vie n’est qu’un long calvaire…
Je suis d’une oreille
cette émission, l’heure à laquelle elle passe étant celle où je me promène sur la toile, ou prépare mes articles.
A une époque j’étais assez fan, espérant glaner des recettes à faire tester à mes parents, mais à la longue, on se lasse…
Il y a en effet les inévitables auxquels on ne peut pas couper (part 1) :
L’emmerdeur ou (l’emmerdeuse) de la semaine :
Parfois, le casting est loupé et il n’y a pas d’emmerdeur de la semaine, celui que l’on repère dès le lundi en début d’émission (sauf si c’est lui qui reçoit), et généralement, car il y a une justice, se retrouve en fin de semaine avec la note la plus basse. Il pense qu’en saquant tout le monde il va s’en tirer haut la main, mais souvent, non, bien au contraire…
La décoration ne lui convient jamais :
- C’était trop dans le thème
- Ce n’était pas assez dans le thème
- Je n’ai pas reconnu le thème
- C’était trop chargé
- Ce n’était pas assez chargé
- Je n’aime pas le rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet, donc je mets une mauvaise note
- C’était trop simple
- Cela manquait de sobriété…
L’animation ne lui convient pas plus (j’espère que quand vous recevez vous prévoyez une animation, sinon c’est zéro pointé)
- C’était dans le thème mais je me suis ennuyé
- Ce n’était pas dans le thème sinon j’aurais apprécié
- Je n’aime pas danser, chanter, la musique, les photos, le cinéma, je suis un emmerdeur de première
- Je n’ai pas aimé point barre et pas plus de précisions que cela…
Parti comme on l’est, la cuisine n’ira jamais :
- Je n’aime pas le sel, le sucre, le poivre, les épices
- Je déteste le poisson, les crustacés, les fruits de mer, la viande, les légumes, le riz, les pâtes, les patates, les sauces, le café, le chocolat, le caramel et les laitages
- C’était trop simple
- Il y avait trop de saveurs
- C’était trop gras
- C’était trop sec
- C’était trop cuit
- Ce n’était pas assez cuit
- Le thème n’était pas respecté
- Même si le thème était West Side Story, ce n’était pas une raison pour nous servir un hamburger
- J’aime bien les hamburgers mais cela n’est pas le truc à servir dans une émission comme celle-ci
- J’ai été obligé de rajouter du sel
- C’était trop salé, et quand il y a trop de sel on ne peut pas le retirer
- Un bon apéritif pour moi c’est du champagne et pas autre chose
- C’est la troisième fois cette semaine que l’on a droit au champagne
- Etc…
Les notes suivent les commentaires désobligeants que les autres verront un jour…
On ne sait pas si il aime les baffes.
Certainement pas. Pourtant après visionnage des commentaires, je me demande si certains ne se déplacent pas pour aller en coller une à l’emmerdeur de leur semaine, chez qui ils ont été reçus…
Quand on est énervé ça soulage…
La vie n’est qu’un long calvaire
J’ai déjà abordé mon problème personnel avec tout ce qui est fritures, et pour moi la puanteur qui va avec.
A tel point d’ailleurs, que depuis fort longtemps, je n’ai même plus de friteuse chez moi, à une époque cela tombait bien, les filles étant les rares enfants que j’ai connus à ne pas aimer les frites, et moi n’y tenant pas plus que ça.
Pour moi l’odeur s’insinue partout : dans les cheveux, les vêtements, j’ai l’impression d’être une frite géante quand j’ai assisté à la préparation de fritures multiples, celle des crêpes ne faisant pas exception à la règle.
D’ailleurs quand je fais des crêpes, je couvre mes cheveux, pour n’avoir à laver qu’un foulard, et non pas mes cheveux ou la taie d’oreiller si je me suis laissée aller…
Rentrant chez moi quand les parents ont fait des frites, je mets mes fringues dans le lave linge, et je me lave entièrement pour me débarrasser de l’odeur.
Mes parents se sont mis dans la tête que c’était dans la mienne (de tête).
L’avant avant dernière fois qu’ils ont fait des frites, j’étais là pour le dimanche, avec ma soeur qui n’est pas comme les autres. En voyant maman sortir la friteuse, j’ai fais une petite grimace que je croyais discrète et Mrs Bibelot agacée à précisé à Jean Poirotte “tu sais bien que c’est une fixette chez Coraline, l’odeur de friture”.
Comme si j’étais du genre à faire des fixettes… Sauf que quand un voisin fait de la friture, cela m’insupporte, via les gaines d’aération…. Le lendemain, comme cela persiste, je lave les serviettes de toilette, mises justement le jour des frites… Parce que vu la manière dont les appartements sont disposés, dans ma salle de bain et mes WC, les gaines sont communes avec les cuisines de l’autre côté…
On va piéger Coraline. Et au passage, lui prouver qu’elle fait une fixette liée au mot “friture”.
Comme je vais prendre le thé avec Mrs Bibelot tous les après midi, j’arrive chez mes parents environ 2 H 30 après la préparation du repas.
Donc l’avant dernière fois, en ouvrant la porte de leur cuisine, une odeur de friture m’a instantanément sauté au nez, comme un coup de pieds aux fesses. Pas de friteuse en vue, mais on ne m’aura pas, comme avec le café (j’en détecte une goutte dans un demi litre d’eau, test fait et approuvé par mes collègues ingénieurs de chez Truchon).
Je prépare tout pour le thé, maman se lève de sa petite sieste. Elle empeste la friture et à mon affirmation “vous avez mangé des frites ce midi !”, me répond “oui” d’un air contraint zut alors elle l’a senti, rien à redire.
Au moins elle est honnête. Elle avait planqué la friteuse sur la terrasse du jardin, que j’irais d’ailleurs récupérer pour engraisser les rosiers (jardin écolo/bio).
Bon, on n’a pas pu m’avoir avec la friteuse planquée, on va essayer un autre truc.
Planquer la friteuse, ET…
Donc, la dernière fois que mes parents ont fait des frites, en douce de moi bien sûr :
- Je suis arrivée pour préparer tout pour le thé, et une odeur de friture et de papier d’arménie + bougies parfumées + encens, m’a sauté au nez comme un coup de pied aux fesses.
- Deux bougies parfumées étaient traîtreusement dissimulées sur le plan de travail et cela m’a fait sourire.
- Aucune friteuse en vue et je n’ai pas cherché d’ailleurs. Mon nez m’était fidèle, ils avaient fait des frites.
- Maman s’est levée en sentant : l’aqua Allegoria de chez Guerlain à fond la dose même dans les cheveux + friture
- A mon affirmation “vous avez mangé des frites ce midi”, elle m’a répondu, toujours honnête mais consternavrée mais comment fait-elle ? “OUI”.
- La friteuse était planquée dans le coffre de la voiture de papa, au cazoù que j’appuie mes prétentions olfactives sur une simple vision de friteuse ayant servi.
Moralité :
- Il est désormais acquis que mon odorat concernant les frites ne sera plus remis en cause et en parallèle avec une quelconque fixette de ma part.
- Il leur reste à tester le Fébrèze ou du même genre et à écrire à la firme que c’est scandaleux mais que cela ne marche pas.
- Les sièges de la voiture de papa puent la friture, ce n’est pas demain la veille que je vais aller à la déchèterie avec…
La vie n’est qu’une frite géante qu’un long calvaire.
PS : tout à coup, en terminant ce post, je me demande pourquoi diable Mrs Bibelot a ressorti d’un placard, ses deux photophores…