Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

Où diable l’ai-je rangé ?

Egar__53273260Je suis bourrée de défauts, je l’avoue, je me suis assez ridiculisée ici…

Je tiens un trait de caractère pervers de Mrs Bibelot : l’idée saugrenue quand il s’agit de ranger quelque chose.

Pas n’importe quoi, entendons nous bien. Quand il s’agit de ranger la poêle à frire, je sais très bien où la mettre. Je parle du truc bidule chose, dont on se sert une fois tous les deux ans voire même moins souvent, que l’on doit juste mettre de côté pour quelqu’un d’autre…

Un exemple pour Mrs Bibelot, avant que ce ne soit mon tour. Mon frère faisait son service militaire en Allemagne et lui avait, je ne sais pourquoi “confié” des marks pour le cas où il y retournerait un jour (faire son service militaire du tourisme).

Elle s’est dit “tiens je vais les ranger là, c’est tellement biscornu comme endroit que je m’en souviendrai forcément”. Sauf qu’elle a cherché le fric partout le jour où mon frère a voulu aller faire un tour en Allemagne 18 mois plus tard. Il a été retrouvé le jour du déménagement vers la maison de tante Hortense, bien planqué derrière la TV. C’est vrai que l’endroit était biscornu, le problème, c’est qu’elle ne se souvient jamais à quel point. Quand elle dit “où diable ai-je bien pu le ranger”, Jean Poirotte se plonge dans ses mots croisés.

Je suis désordonnée de nature (ben voui) sur certains plans. Mais je déteste ça, j’aime que tout soit rangé. Donc régulièrement “je m’y colle”, pour tout ranger bien. Savoir que si je fais une méga crise et que j’ai tout rangé l’appart, je ne retrouve plus rien du tout… Quand ce n’est pas rangé je sais qu’à 15 cm de profondeur dans le tas de papier je vais retrouver la dernière lettre du GAN qui a comme de coutume tout perdu. Quand c’est rangé je peux chercher pendant des plombes…

Forcément je tombe sur un truc (voire plusieurs hein, faut pas radiner non plus !) dont je ne me sers jamais mais que je ne veux pas jeter, ou bien dont je me sers très rarement. Et là, je le range ailleurs que là où je l’ai trouvé (d’ailleurs je ne me souvenais plus de son existence). Erreur diabolique, parce que je vais forcément le ranger là où je n’irai jamais le chercher en cas de besoin.

Comme Mrs Bibelot, je me dis “tiens je vais le mettre là” (avec la boite à cirage), “je me souviendrais forcément que j’ai rangé le moule à cake là”. Comme j’étais en pleine crise de rangement j’ai rangé la boite à cirage dans le vieux meuble que je dois vendre, le contenu du vieux meuble qui doit remplacer l’autre dans le vieux placard de Delphine (enfin des filles), etc…

Donc pendant mes congés de mai, j’ai fait du rangement. Pas méga des masses parce qu’il fallait aller au muguet, mais tout de même, je me suis occupée de la cuisine, de la salle de bain et de certaines autres choses.

Je suis donc tombée sur des moules “mous”, les premiers à avoir été commercialisés. J’ai été ravie de retrouver le moule à cake que j’ai rangé illico presto avec les autres moules à cake sous l’évier comme il se doit. C’est comme ça, mes moules à cake je vais direct les chercher sous l’évier après avoir déménagé le vinaigre, l’huile et le reste : je SAIS qu’ils sont là.

J’avais acheté en même temps deux autres moules “mous” : un à muffins (dont je me suis servie une fois) et un autre pour faire des minis tartelettes comme si que j’étais traiteur, avec le truc à découper qui va avec. Je ne me suis jamais servie du moule à tartelettes et j’ai donc retrouvé le truc à découper avec mes semences de capucine. Je l’ai rangé dans un endroit où je suis certaine de le retrouver (tellement c’est biscornu comme idée, alors que le plus simple serait de le ranger avec le moule à tartelettes), ainsi que le moule à muffins…

Car celui-là, j’ai promis à Dame Venezia de le lui prêter. J’ai cherché partout. J’ai bien retrouvé le moule à tartelettes (dans un placard mais sans le truc à découper bien sûr…) mais pas le moule à muffins dont je me revois très bien le roulant (c’est mou) pour le mettre….

Où diable l’ai-je rangé ? Dans quel endroit biscornu vais-je le retrouver le jour où je m’en vas ranger un meuble ?

Une chose est certaine : je l’ai mis justement là parce que du coup, j’étais sûre de m’en souvenir…

Pas de bol : dame  Venezia en a besoin pour dans bientôt, très bientôt, et je ne vais pas non plus retourner tout l’immeuble pour retrouver ce PDBDM de moule à muffins… (et oui, j’ai vérifié, il n’est pas avec les serpillères ou tout bêtement avec les autres moules (c’était tellement simple que ça m’a échappé))

Edit du 21 au soir : j’ai laissé le moule un jour chez Mrs Bibelot qui l’a rangé dans un endroit particulier pour être certaine de se souvenir du dit endroit… La maison est grande ça fout les jetons…

Posté le 20 juin 2007 dans Nos grands moments de solitude.
1 Commentaire et vous ?

De la maternitude à la béatitude

La_maternitude_2_53329075Donc ma belle soeur était tombée dans la maternitude… Vint le deuxième où elle fut nettement plus décontractée, tout en accouchant toujours dans la clinique de rêve (de ses rêves à elle, moi j’aurais mis le berceau près de mon lit…)

Le top du top fut la naissance du troisième. Un accident (eh oui ça arrive). Un troisième n’était pas programmé après deux césariennes…

Elle accoucha là encore dans sa maternité de rêve (alors qu’elle en avait une très bien juste à côté de chez elle). Là, comme je devais officier comme photographe, elle me laissa le petit sur son lit pour aller voir les deux aînés. Il fut dûment photographié et bisouté par tatie… (gniarf gniarf, elle n’est pas là pour voir…)

Il a survécu j’atteste… Et à d’autres choses… Car sa mère était d’un décontracté pas possible avec lui, à ne pas la reconnaître…

Déjà et d’une, ma belle soeur n’avait plus le nécessaire minimum pour élever correctement un enfant, ayant tout bradé. Elle récupéra le minimum et changeait donc le chiard sur le coin de son lit en deux temps trois mouvements, avec juste une serviette éponge comme matelas à langer (exit la table à langer dernier modèle).

Tant qu’il tint dedans, il prit son bain dans le lavabo, et non pas dans une baignoire étudiée pour (bradée et non rachetée). Après il fila directement prendre son bain avec sa mère, dans la grande baignoire. Il a survécu, j’atteste.

La stérilisation à outrance, est-ce bien raisonnable, avec son frère et sa soeur qui lui donnent un doigt à têter pendant que le biberon chauffe, pour le faire patienter ? Elle a dû stériliser un mois maximum, et encore. De toutes manières il y a des microbes partout, il faut bien qu’il s’immunise ce petit.

Lui changer ses fringues 4 fois par jour parce qu’il régurgite comme les deux autres ? A quoi bon ? Un bon bavoir à changer c’est de la lessive en moins à faire. D’ailleurs le petit dernier peut rester en pyjama toute la journée, c’est super confortable le pyjama.

Fallait pas trop le toucher à la maternité, mais son frère et sa soeur le trimballent partout. Parfois en le laissant choir. La tête fait “bing” sur le carrelage : c’est solide un bébé.  On ne s’affole pas, on console le petit et on le masse avec une pommade spéciale achetée au kilo.

Comment ça les deux grands, vous laissez le benjamin jouer avec le couteau de chasse de votre père ? Vous êtes privés de dessert et au lit plus vite que ça…

Exit également les petits plats équilibrés, cuisinés par maman (pour l’ainée), les petits pots équilibrés (pour le deuxième). A 6 mois le benjamin trempe des frites dans le ketchup et finit le coca cola des ainées. Il a survécu, j’atteste.

Il braille ? C’est son droit. On ferme la porte de la chambre après s’être assuré qu’il se porte bien et que les ainés ne lui ont rien fait de mal. Il a bien le droit de s’exprimer ce bouchon, d’ailleurs, il s’exprime nettement moins que les ainés (le stress de la mère étant absent, le petit ne le ressent pas et n’est donc pas stressé)

Il a de la fièvre ? Un suppo de doliprane, on ne va pas rameuter la Faculté pour un petit 39° (pour l’ainée c’était SOS médecin à 38°, pour le deuxième le siège chez le pédiatre). Ca persiste : on l’emmène chez le pédiatre, après avoir vainement cherché le carnet de santé (resté chez le pédiatre)

Il est en retard pour marcher ? Pas grave, il a bien le temps de cavaler partout, et il saura bien assez tôt cavaler derrière les filles. Merde il marche, il va m’en faire des conneries…

Où comment passer de la maternitude à la béatitude.

Surprenant non ? Le dernier garçon de mon frère a survécu, avec une mère totalement cool (je ne veux pas dire mère indigne non plus, car elle s’est très bien occupée de ses enfants).

J’avais vécu la maternité inquiète pour Pulchérie, nettement plus décontractée pour Delphine, je regrette toujours le petit 3ème que je n’ai jamais eu, et avec qui j’aurais certainement été totalement décontractée (laissez-la jouer avec le tire bouchon, il faut qu’elle fasse son expérience cette petite (eh oui, je voulais une troisième fille))

Quand je vois ma belle soeur (ex) décontractée comme pas possible avec ses 3 grands maintenant, je me demande si la mère de ma première nièce n’a pas disparu dans une 4ème dimension pour être remplacée par une extra terrestre… Plus zen, on meurt…

Posté le 18 juin 2007 dans Dans la série Diabolique.
Un truc à dire ?

La maternitude…

La_maternitude_53329075Pour Pulchérie, je pensais avoir été une mère atroce. Pas pour elle hein, pour les autres…

J’avais tout le temps peur pour elle et j’avais mes raisons (j’y reviendrai). Au secours maman tout le temps… Mais…

Par exemple à la maternité, on m’avait mis la chieuse en puissance (oh combien !) dans un berceau transparent avec l’avis “je suis petit et fragile, seuls mon papa et ma maman ont le droit de me prendre“. Cause toujours… Si le père pouvait la prendre, tout le monde le pouvait, il apportait autant de microbes que les autres le papa… Et vu l’endroit par lequel passe l’enfant pour naître, c’est normal qu’il soit immunisé… J’avais lu plein de livres en plus, et je savais qu’un nourrisson est protégé par les anti-corps de sa mère pendant un mois après la naissance. S’il était au sein, aussi longtemps qu’il se serait (et elle l’était après une lutte corps et biens contre la maternité, j’y reviendrais également).

Donc à la maternité, tout le monde pouvait prendre cette enfant dans ses bras. Jean Poirotte s’empara d’elle le soir de sa naissance sous l’oeil horrifié d’une sage femme que Mrs Bibelot renvoya dans ses 15 mètres parce qu’elle attendait son tour…

Le lendemain, un samedi, tout le monde défila, c’est simple j’ai une photo de tout le monde avec la petite dans les bras !

  • Mon père

  • Ma mère

  • Mon frère et ma soeur (sans marteau je précise)

  • Sa copine de l’époque, ma belle soeur (ex, mais on se cause toujours)

  • Moi un coup : elle avait fait un couac !

  • Mon grand père

  • Son arrière arrière grand tante (tante Hortense)

  • Le père

  • La belle soeur

  • Le beau frère

  • Leur fille

  • Et j’en passe.

Vous n’allez pas le croire : Pulchérie a survécu à tous ces bras mercenaires et ces microbes atroces qui l’attendaient pour la terrasser (d’ailleurs elle va très bien, je confirme).

Ma belle soeur en cloque de la cousiiiiine et nous annonçant qu’elle allait accoucher dans la maternité de rêve. Pour elle c’était quand le môme est dans un endroit soi-disant stérilisé et isolé de sa mère (moi rien que la vue de la chambre de rêve me donnait envie de foutre le camp). Un truc très américain dans le style. On regarde le chiard derrière une glace car la chambre du dit chiard est isolée de celle de la mère avec baie vitrée obligatoire.

Puis elle acheva tout le monde en nous déclarant qu’elle n’était pas d’accord avec le fait que Pulchérie ait été dans les bras de tout le monde (dont les siens) et que du coup, sa fille (on savait ce que c’était), n’irait dans les bras de personne….

On pensait qu’elle nous faisait le coup classique de Trafalgar de la femme en cloque qu’il ne faut surtout pas contrarier sinon elle va faire serial killeuse, mais cela se précisa après la césarienne…

  • La môme était bien dans un berceau transparent dans une pièce théoriquement isolée de sa mère, derrière une vitre

  • Interdiction de se pencher au dessus du berceau sous peine de briser la glace (z’aviez qu’à lire plus haut).

  • La prendre dans les bras ? Vous rigolez vous ? Faut ouvrir la porte, les microbes vont s’engouffrer…

Nous étions à la fois ravis et frustrés. Le Hic fut de voir l’album photo quelques mois plus tard. Parce qu’il y avait des photos de la petite dans :

  • Les bras de son père (jusque là c’est normal)

  • Les bras de la mère de la belle soeur (là c’était moins normal vu que la mère du papa n’avait pas eu le droit)

  • Les bras du père de la belle soeur (idem avec Jean Poirotte qui en mourait d’envie)

  • Les bras de la femme du patron de mon frère…

  • Les bras de la future marraine, alors qu’Albert Parrain présumé n’avait pas eu le droit de la regarder autrement qu’au travers une vitre…

Il y a eu comme un couac général dans la famille. Et la sensation que mon frère n’avait pas apprécié, mais qu’il avait subi… Qui s’est confirmée plus tard lors de la séparation… Mais bon sur ce coup là il a fait solidaire avec sa femme et je pense que cela lui a coûté…

Ma belle soeur était tombée en maternitude… J’appelle ça comme cela. Les femmes qui en font trop, qui en rajoutent une couche, qui ont souffert plus que les autres et dont les enfants sont plus fragiles que les autres… Qui font tout bien et vous pas (pour Delphine qui s’intercalait entre la cousiiiiine et son frère, elle me fit la morale “ne laisse pas tout le monde la prendre” Ben si, et même la grande soeur, et je fais ce que je veux d’abord…. (Delphine est toujours vivante et en bonne santé je confirme…)

Effectivement parfois, plus fragiles que les autres, certains enfants sont (ça sonne bien non ?). A l’abri des microbes ils ne développent pas leurs défenses immunitaires. Séparés de leur mère dès leur naissance, ils n’apprennent pas ce je ne sais comment définir qui les rendra sociables…

Elle a persisté et signé pour le second, s’est un peu relâchée sur le troisième (que j’ai pu manipuler et bisouter parce que j’étais déléguée à la photo et qu’elle s’était absentée pour aller voir les aînés : le chiard a survécu à mes microbes (il est en parfaite santé, je confirme…)

N’empêche qu’il leur manque toujours à ces bayous peut-être, d’être passés de bras en bras à l’heure où ils connaissaient le monde, à leur grande surprise.

Je me trompe peut-être. Mais entre la maternité et la maternitude, je trouve qu’il y a un fossé. Finalement pour Pulchérie j’étais dans la maternité (tremblante), et ma belle soeur était dans la maternitude… Comme ces femmes qui marchent sur la route fières derrière leur landeau, alors qu’il y a un trottoir magnifique qui les attend…

De toutes façons, quel que soit le clan, la vie n’est qu’un long calvaire (surtout quand on a des chiards à gérer…)

Posté le 15 juin 2007 dans Dans la série Diabolique.
Un truc à dire ?

Moi aussi je faisais la cuisine

Je_faisais_la_cuisine_53329790Je tente le coup du postage à 11 H sans conviction.

Jour d’ennui sans doute, ou de lassitude devant la cuisine familiale, un beau jour j’ai décidé de me mettre à cuisiner. Je devais avoir environ 13 ans, maintenant les filles sont plus précoces.

En fait c’était chez mes grands parents paternels chez lesquels j’adorais passer mes vacances (ils avaient la télévision et en plus je les adorais, j’alternais avec Mrs Morgan chez qui c’était super aussi, et qui avait également la télévision, oui je sais on dit TV maintenant, mais mes parents étaient contre (il faudra que je le leur rappelle un beau jour d’ailleurs)). J’ai comme un souvenir très vague de mon grand père se forçant un peu pour me dire que c’était excellent. Tout ce dont je me souviens avec une certitude absolue, est que j’ai attaqué par un dessert.

Des iles flottantes caramélisées. Le pauvre homme détestait le lait et donc la crème anglaise, et le caramel (impossible pour moi de comprendre que l’on puisse détester le caramel, donc la nougatine). (Admirons au passage l’abnégation de cette génération qui avait connu la guerre et les privations et lui le stalag pendant 5 ans, et qui pouvait ingurgiter n’importe quoi sans broncher ou presque, ma grand mère ayant interdiction de lui servir des rutabatrucs)

Cela n’a l’air de rien mais c’est très difficile à faire (les îles flottantes), surtout si comme moi on a la fâcheuse habitude (pas perdue depuis) de ne pas lire une recette jusqu’au bout avant de commencer (pour découvrir à 16 heures qu’il faut laisser au frigo pendant 24 heures… avec des invités attendus pour 19 H 30, direction le boulanger qui n’a plus qu’une bombe glacée naze à me proposer)

J’ai donc fait tourner 2 crèmes anglaises (en gardant les blancs d’oeufs), avant d’aboutir à la crème parfaite (2 heures à touiller et ma grand mère inquiète pour ses oeufs de réserve, m’intimant toutes les 30 secondes de ne pas hausser le feu sinon “c’est l’échec assuré”).

J’ai lu trop tard qu’il fallait réserver un peu de lait pour y faire pocher les blancs (en quantité, on l’aura compris) et opté pour le pochage à l’eau sucrée habilement suggéré. Très réussi, sauf que la poêle était ruinée par le caramel se formant au fur et à mesure. Du coup j’ai abandonné la poêle pour faire mon caramel final et pris une casserole. Le téléphone a sonné, c’était pour moi : meilleure amie s’ennuyant en Bretagne (je l’aiiiiimeeuu ! il me manqueeeuuu !). Casserole défunte à son tour. Mais je suis arrivée au bout de ma recette que j’ai voulu agrémenter avec des amandes grillées. Vite une poêle ! Et vlan le programme TV de demain : j’y cours.

Rien ne brûle plus vite que des amandes effilées dans une poêle et la poêle avec (j’en ai ruiné 9 de poêles y compris 3 à Mrs Furoncle, je sais de quoi je parle). Ma grand mère stoïque me laissa achever. Jeta les récipients décédés à jamais, récura la cuisine et mangea la part de son mari au bord de l’évanouissement (il détestait vraiment le lait et le caramel).

Pas grave, le surlendemain je leur ai fait un gratin de crustacés un peu trop salé mais sinon pas mauvais… Pour eux qui avaient connu la guerre, c’était un calvaire de plus, mais bon les grands parents se doivent d’être indulgents…

Je ne sais plus le nombre exact de pannes de cuisinière, ou de coupures intempestives de gaz qu’elle a pu avoir ma grand mère, quand je prononçais le mot fatal “je nous ferais bien un petit plat”…

MAIS : la vie n’est qu’un long calvaire….

Posté le 8 juin 2007 dans Chroniques d'une vie ordinaire.
Un truc à dire ?

1 an déjà…

Mon petit blog a un an aujourd’hui… Le jour où j’ai posté mon tout premier message…

Même pas fait attention que j’avais débuté le jour du débarquement (oh la honte !), c’était le lendemain de la Pentecôte, et j’étais en colère d’avoir dû bosser la veille.

Merci à ma méchante de m’avoir poussée sur ce blog et de m’avoir fait de la pub. (Ici et ) (je vous épargne tous les là là là…)

Merci à mes lecteurs fidèles et à leurs commentaires, et même aux fidèles qui n’en laissent pas… Je sais qu’ils sont passés.

Un an déjà… Qu’à l’an qui se termine… comme on dit dans le midi “si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins”.

Posté le 6 juin 2007 dans Chroniques d'une vie ordinaire.
Un truc à dire ?

Le jour le plus long…

Ils_ont_d_barqu__73441768Nous connaissons tous l’histoire, nous avons tous vu “le jour le plus long” au moins 3 fois. Nous savons que ce n’était pas le jour idéal et que sinon il fallait reporter d’un mois.

Les conditions météo étaient mauvaises (c’était un mois de juin pourri), mais à 0 H 15 commence l’opération “Overlord”.

23 000 parachutistes lâchés sur la Normandie. A 3 H 14 c’est le bombardement aérien et à 5 H 30 la préparation de l’artillerie navale. A 6 H 30 les premières vagues d’infanterie d’assaut et de chars débarquent sur les plages d’invasion de la côte normande… Heure inhumaine et bien militaire : comment voulez-vous être à 100 % de vos performances éventuelles à 6 H 30 ? (c’est mon point de vue et je le partage)

130 000 hommes. Sur 17 km il y a un bateau tous les 70 mètres. Avec le jour naissant cette prodigieuse Armada se découvre. Des milliers de péniches de débarquement avancent, appuyées par 8 cuirassés, 22 croiseurs, 93 destroyers, 450 escorteurs et dragueurs, et 360 vedettes lance-torpilles. Quand les américains le veulent, c’est comme quand ils ne le veulent pas… (comme Albert)

Il y a des ratés, des endroits où la plage n’est pas la bonne. C’est la boucherie du siècle sur certaines, qui fut enfin révélée avec “il faut sauver le soldat Ryan”, autrement moins propre comme film que “le jour le plus long” qui reste lui, regardable (si, malgré le parachutiste qui tombe direct dans un puit, les morts font propres et John Wayne est impatient et joyeux d’aller au combat)…

Le soir de ce jour le plus long, 5 divisions américaines, 3 divisions britanniques, 2 divisions canadiennes ont débarqué entre l’Orne et la Vire. Il y a même des “bon dieu de merde d’Australiens” (rien contre les australiens mais il paraît qu’à l’époque leurs soldats étaient très grossiers, et se prénommaient ainsi, étant en grande minorité). Rommel est rappelé d’urgence. Il l’avait assez dit : “les 24 premières heures seront décisives”. Il avait raison, mais trop tard. Les allemands, Hitler, ne croyaient pas en la Normandie…

Après tant de combats, de fureurs, de douleurs, voici enfin venue la bataille de France, la bataille de la France, la vraie (pas celle de 40). Elle le sera. Les troupes avançant péniblement vers l’est s’en rendront compte en entrant enfin en Allemagne : la résistance française les a beaucoup aidées sur son territoire. En Allemagne la percée est moins nette, plus difficile…

Ce sont aussi les petites histoires qui me sont chères. Le papa de Mrs Bibelot, hurlant à sa femme étendant le linge dans le fond du jardin, au risque de se faire arrêter parce qu’il écoutait radio Londres “Ils ont débarqué !”. Là il a commencé à apprendre à Mrs Bibelot à dire aux américains qu’elle rencontrerait “chocolate please”… Elle ne savait pas ce que c’était. C’est ce qu’elle a dit quand Rambouillet a été libéré, et elle a eu sa première barre de chocolat de sa vie…

Ce sont mes arrières grands parents se retrouvant avec tous les voisins dans la rue principale du petit village pour chanter la marseillaise et parfois danser…

Jean Poirotte se souvient aussi du “Ils ont débarqué“. Tout le monde se sentait sauvé tout à coup. Là bas en Allemagne, son père ne savait rien. Sa mère a pleuré un coup (je tiens d’elle, une vraie fontaine), mais tout le monde était content (voir paragraphe précédent). Quand il a vu ses premiers américains également, il a reçu tout un tas de trucs à boulotter et n’a pas compris ce qu’était un chewing gum sur le coup (j’imagine bien la surprise des mômes)… Pendant ce temps là, son grand père en “Marcel” découvrait le “T shirt” qui protège les épaules du coup de soleil cuisant, avec envie…

Mais je laisse la parole à Tom, brancardier américain, qui avait connu une jolie infirmière française et s’est implanté en France, dans le petit village de mon enfance que je fréquente toujours, sans jamais perdre son accent terrible. Tom était brancardier pendant le débarquement et après… Un soir de cuite, il a parlé…

“La mer moussait rose… L’écume était rose de sang, il y avait du je ne sais quoi et je ne voulais pas savoir, qui flottait sur la marée montante puis descendante. Partout, des hommes parfois coupés en deux, atrocement mutilés, ou amputés d’un membre et perdant leur sang, criant, hurlant, et appelant leur mère… Nous n’avions déjà plus de morphine. Nous avions tous fait sous nous, après avoir vomi de trouille dans nos casques dans la péniche. Il y avait de la tripaille partout, de la cervelle sur la plage, des bras et jambes arrachés ça et là. Aucun mort propre sauf certains, semblant dormir, les pires… Combien avons nous laissé d’encore vivants sur cette maudite plage ? Ils avaient l’air morts mais ne l’étaient pas forcément… J’ai sû après qu’on en avait enterré d’encore vivants sans le savoir (véridique)… Trop pour ma conscience… Nous étions trop peu nombreux pour tous ces blessés. Brancardier ce n’était pas la planque, j’ai pété la gueule de tous ceux qui ont prétendu le contraire, jamais de quelqu’un d’autre”…

Non, brancardier Mr Tom on le sait que ce n’était pas une sinécure. Hommage à toi.

Et hommage à tous ceux qui sont morts ce jour là. Juste pour débarquer. La suite allait être longue. Songez qu’il y a des hommes qui ont débarqué le 6 juin 1944 et sont allés jusqu’au 8 mai 1945. Sont-ils rentrés complètement intacts chez eux ces vainqueurs ?

Posté le 6 juin 2007 dans J'aime bien l'histoire.
Un truc à dire ?

Bon anniversaire ma petite maman !

Coeur_LS015908Bon anniversaire à Mrs Bibelot, née juste avant l’anniversaire du débarquement et surtout, la pauvre, juste aux périodes “fête des mères”… (à un jour près elle cumulait les deux)

Que l’avenir nous accorde de t’avoir longtemps encore avec nous, avec ta fougue, ton côté un peu “à côté de la plaque” qui fait tout ton charme, ton amour de la vie, ton énergie qui parfois me manque, moi avec qui tu n’as que 21 ans de différence (mais nos vies ont été tellement différentes que j’ai décidé de ne plus culpabiliser)

Que l’espoir ne soit pas vain de te voir encore tailler avec amour tes rosiers dans 10 ans et voire même encore plus longtemps, pendant que je t’aide à tondre ta grande et vaste pelouse parsemée “ça et là” de plantations qui obligent à faire des détours pas possibles… (passer la tondeuse dans ce jardin magnifique est une horreur absolue…)

Que tes souvenirs restent, oui, qu’ils restent, toi qui est la mémoire de ta famille dans laquelle je puise souvent… Que tu sois encore là longtemps pour me recueillir le coeur en vrac ou la tête brisée, quand je viens m’abriter à l’ombre de l’amour tutélaire de mes parents qui savent faire ce qu’il faut, et dire ce qu’il faut.

Que je t’entende dire “gouzi gouzi arrheu il est mignon le tout petit” au prochain bébé qui sera de mes filles ou de leurs cousins/cousine…

Que tu garde encore pour longtemps ta démarche alerte, toujours de jeune fille, ton côté excentrique, ta passion des bibelots… Quoi que puisse en penser Pulchérie il y en aura que je récupérerai, certainement en larmes, en pensant à toi, le plus tard possible je l’espère…

Bon anniversaire ma petite maman. Tu n’as pas Internet alors je te téléphonerai bien sûr… Je n’aime pas te voir prendre un an de plus. Egoïstement je sais que je te suis à 21 ans à peu près, et surtout surtout, que le temps passe de plus en plus vite, qui fauche nos espoirs, nos amours, notre vie…

Pour moi tu es toujours la jeune maman de 30 ans, ces 70 ans, c’est une mauvaise blague du destin…

Tu es toujours la jeune grand mère de 44 ans couvrant ta première petite fille de vêtements, tu es toujours la femme enceinte de ma petite soeur, celle sur laquelle j’ai toujours pu compter. Je sais que tu sais que tu peux également compter sur moi. Enfin je l’espère.

J’ai mis le gros coeur sur Internet, car se dire “je t’aime” entre nous, comme je le fais avec les filles, cela n’a jamais été de mise. Je n’ai néanmoins jamais eu de doutes sur l’amour que tu me portais et en cela je te dis à jamais merci.

Bon anniversaire Mrs Bibelot (et bien SI, je lui ai offert un bibelot pour la fête des mère et son anniversaire…)

Posté le 4 juin 2007 dans Chroniques d'une vie ordinaire.
Un truc à dire ?