Donc il fallait “brûler tout ça ma chérie” (le contenu des 3 sacs poubelles), et là j’étais piégée, car j’adore faire du feu.
Dans une vie antérieure, j’ai dû être pyromane ou vestale… Et ma mère le sait : je tiens d’elle…
Je ne peux pas résister…
DONC : j’ai sorti le brûleur (un truc en acier inox planqué dans une cabane).
DONC : j’ai commencé à entasser des journaux…
DONC : j’ai commencé à brûler les feuilles mortes qui hélas, tombaient plus vite que je ne brûlais celles tombées bien avant, donc j’ai compris ce qu’était le tonneau des Danaïdes…
Maman a DONC commencé à brûler dès potron minet (quand vous vous endormez en gros…) pour m’accueillir dès mon lever par des “aïe j’ai mal au dos, je me demande ce que j’ai fait“. Malgré tout le respect que je dois à ma mère, elle commençait à me gonfler avec ses feuilles…
Rester zen… Tout en n’oubliant pas malgré tout d’aller alimenter le feu de feuilles mortes bien mouillées.
Je pouvais, facile, faire des signaux de fumée, mais à qui ??? Et comment faire réellement SOS ???
Un matin, au réveil j’ai entendu les jardiniers passer leur soufflette. Oh joie, j’allais enfin être débarrassée des feuilles mortes…
Pas du tout.
Mrs Bibelot leur avait demandé de remplir ses fameux sacs qu’un de ces jours je m’en vas brûler, en oubliant que des hommes mesurent le poids d’un sac de feuilles mortes mouillées à leur manière.
Qui n’est pas la mienne, car pour charger les sacs dans la voiture avec la promesse d’aller moi-même décharger le tout (sauf les sacs, éternellement récupérables eux) à la déchetterie, j’en ai chié un russe.
Au moins.
L’homme de l’art passant par là, tout à fait par hasard, se proposa en toute innocence et avec galanterie : “t’inquiètes, je m’occupe de tes sacs mardi”.
Sauf qu’il ne savait pas (et moi non plus), qu’il y avait des sacs de rab que Mrs Bibelot avait fait planquer par les jardiniers (sans doute en imaginant mes cris d’horreur) dans un endroit très obscur et peu fréquenté, vaguement du côté de la chaudière, entre des lilas et un mur qui s’écroule…
En plus, POUR MON PLAISIR, elle avait fait entasser le solde de tous comptes des feuilles, dans le milieu du jardin. Un gros tas…
“Que tu brûleras avec plaisir ma chérie”…
L’homme de l’art s’étant fait prendre dans un PAC* digne de ma mère, et qui m’était destiné au départ, se sentit le devoir de tout emporter à la déchetterie. Moyennant d’utiliser le break de papa à son maximum, y compris le siège passager…
Et le temps se dégradant, faire du feu me devenait de plus en plus difficile (un journal = 10 feuilles mortes).
DONC :
- Le tas n’avait diminué QUE de moitié en quelques jours
- Mrs Bibelot, de voir ce tas dégradant sa pelouse à coups sûr, en était à nouveau malade
- DONC la femme de ménage a mis ce qu’il restait dans 77 sacs
- Puis les a chargés dans la voiture
Et ma soeur et moi sommes allées porter le tout à la déchetterie ce dernier samedi, en maudissant les feuilles mortes…
Maintenant c’est mon tour. Pour 50 euros de plus par an, seulement, les jardiniers emportent eux-mêmes les déchets verts à la déchetterie.
J’ai épluché les devis…
Je suis donc en train de mener une opération psychologique de grande envergure, parce que maman doit signer son contrat 2012 avant le 25 décembre, et que 50 euros, ce n’est pas cher ! (oh que non ! car je ne vous raconte pas l’histoire des déchets de tonte de gazon…)
La vie n’est qu’un long calvaire…
*Piège A Cons ou Couillons, c’est selon d’où vous venez et l’état d’esprit dans lequel vous êtes…
A vivre avec Mrs Bibelot au quotidien, autrement qu’en WE prolongé, ou vacances, force m’a été de constater que :
- Si dans la famille Jean-Poirotte a la réputation d’être têtu (comme tout le monde), sa femme, ma mère, la grand-mère de tous ses petits enfants, etc… le bat d’une bonne encolure.
- NOUS bat TOUS d’une bonne encolure !
- Qu’elle bat tout le monde… Inutile de vous décrire la longueur de l’encolure, vous m’avez bien comprise.
- Et que si mon père la boucle parfois, c’est pour avoir la paix, ou ne pas avoir à se fâcher devant témoins, avec sa moitié depuis 54 ans (54 ans de mariage avec maman).
- Et qu’après notre départ, ils règlent cela comme ils veulent, cela ne nous regarde pas (après 54 ans de mariage, ils connaissent toutes les ficelles, hi hi, j’en ricane…)
Tout a commencé de manière anodine, comme dans un film qui va virer au cauchemar rapidement, avec la chute des feuilles.
J’aurais dû sentir que le scénario allait tourner au film d’horreur, mais je me suis faite avoir.
Le sage chinois dit moi, je (moi-je-d’abord) dis :
- A l’automne les feuilles tombent et celui qui a un grand jardin aura plus de feuilles que celui qui a un petit jardin.
- Et pouêt !!!!
Mes parents ont un grand jardin (et pouêêêêteuuuuu…)
Et je ne savais pas à quel point la chute des feuilles pouvait déclencher chez ma mère, un symptôme qui à mon avis ne se soigne pas, sauf si l’on embauche une personne qui ramasse les feuilles les unes après les autres, dès leur chute (nuit comprise, faut ce qu’il faut).
Le fait qu’elles atterrissent (les feuilles) sur la pelouse, rend Mrs Bibelot hystérique. Ce serait (la pelouse) du gazon anglais entretenu depuis 2000 ans, qu’elle ne réagirait pas de manière différente (ma mère).
Cela a commencé petitement avec Mrs Bibelot loupant systématiquement son sudoku du jour en regardant le jardin par la fenêtre de la cuisine, que j’aurais volontiers occultée au bout de 3 jours…
- Mon dieu, quand je vois toutes ces feuilles, cela me rend malade !
- Mais maman, c’est l’automne, c’est NORMAL !
- Oui mais cela va me pourrir ma pelouse ! (du gazon anglais que mes ancêtres sous les gaulois entretenaient déjà !!!)
- Maman, tu as toujours de la pelouse et les feuilles tombent tous les ans.
- Oui mais cela va me pourrir ma pelouse…
- Tu as loupé ton 4, tu en as 3 dans le même carré…
- Ah un beau carré de pelouse !!!!
Je sentais l’allusion grosse comme ça : que j’aille ratisser les feuilles. Sauf que l’entreprise de jardinage devait passer dans 10 jours, et qu’elle est payée pour s’occuper des feuilles mortes à l’automne, entre autres, ce que j’ai dit.
Du coup, Mrs Bibelot n’a pas osé me faire le coup du ratissage en toussant, comme en 1993 où elle avait une bronchite carabinée, que papa exaspéré m’avait expédiée dans le jardin pour la récupérer, et qu’à ma demande : “qu’est-ce que tu fous ?”, elle m’avait répondu en crachant ses poumons :
- Je trime… (c’était dans la maison précédente, et je l’avais renvoyée se recoucher manu militari)
Par contre elle a très bien su expédier sa femme de ménage, Louisa, s’occuper des feuilles mortes dans la cour, parce que Louisa n’a que ça à faire et adore se servir de la soufflette… (chacun ses vices…).
C’était le vendredi. Louisa s’était amusée comme une folle avec la soufflette, le ménage n’était pas fait et la poubelle était pleine car :
- “J’ai demandé à Louisa de mettre les feuilles mortes dans la poubelle verte (pour machins trucs ne se recyclant pas). C’est interdit (il y a une déchetterie pour les déchets verts), alors ma chérie, il faudra bien faire attention à recouvrir les feuilles avec les sacs poubelle”.
- Comme nous ne sommes que deux, j’ai eu comme des doutes sur notre capacité à réellement recouvrir les feuilles mercenaires qui occupaient 99 % de la poubelle, pour les dissimuler aux poubellistes du secteur, aux aguets…
- Le mardi j’ai descendu la poubelle verte qui pesait son poids.
- Le mercredi matin, je l’ai remontée, pesant toujours son poids, parce qu’il ne faut pas prendre tout le monde pour un con, qu’ILS avaient bien vu qu’il y avait des feuilles, et n’avaient pris que les sacs poubelles.
Qui s’est attelé à coucher la poubelle, vider les feuilles dans un deux trois sacs ? C’est bibi.
- Il va falloir brûler tout ça ma chérie ! Et quand je vois tout ce qui est tombé dans le jardin EN PLUS de tout ça, j’en suis MALADE !
Le sage chinois le dit :
La vie n’est qu’un long calvaire.
Car, vous l’imaginez bien, ce n’était pas terminé… En plus, Mrs Bibelot se portait, par ailleurs, comme un charme…
Avec tous nos soucis, nous aurions pu zapper le retour annuel de Maritza, mais fort heureusement elle a pensé à téléphoner pour nous prévenir qu’elle arriverait le lundi 18 octobre.
Si elle nous rendait visite au printemps et si nous étions adeptes du grand nettoyage, ses retours pourraient rimer avec “détergent”, mais non, elle revient en automne.
Et les sanglots longs des violons de l’automne…
Comme le 18 octobre (joyeux anniversaire Albert!) tombait un mardi, nous étions mal barrées, d’autant que dans le combiné, Maritza s’obstinait à nous préciser “à lundi” et “oui j’arrive le 18″.
Maman s’était dit que cette visite allait lui changer les idées, mais je ne sais pas pourquoi, elle et moi étions légèrement irritables à cette époque là (papa lui, squattait le service de réanimation…). Et nous avions décidé que le “tu es sûre ?” ne passerait pas cette année…
- Ah mon dieu ton aînée, déjà 30 ans, tu es sûre ?
- Ah ton frère, 50 cette année, tu es sûre ?
- 8 petits enfants Bibelot, tu es sûre ?
- Tu sais faire les crêpes, tu es sûre ?
- Etc… (et je suis sûre…)
Le lundi, point de Maritza joignable à son hôtel dans Paris, dont l’hôtesse fort aimable nous précisa que la Suissesse ne repartait que le lendemain, mardi.
Et je suis sûre. Et également qu’elle a débarqué le mardi 18, fort heureuse de nous retrouver, et nous également.
Maritza toujours égale à elle-même, s’est installée dans la chambre verte (et j’en suis sûre), vu que moi je squatte la rose depuis notre retour de la Grande Motte.
Puis elle a demandé à maman si elle avait une cuite de prévue pour les jours à venir, avant de nous préciser qu’il s’agissait d’une lessive.
Parce que, Suisse d’adoption et de nationalité, Maritza a retrouvé ses expressions suisses tout en gardant ses anglicismes nombreux.
Et je suis sûre. Et également qu’il faut suivre, car les conversations ne sont pas toujours évidentes…
Bref, en fin de journée, nous avions déjà eu droit à de nombreux “tu es sûre ?” et maman est passée à l’attaque…
Il faut dire que nous avons été aidées sur ce coup là, par une histoire qu’elle venait de nous raconter, concernant une ex amie à elle qui l’avait traitée de menteuse.
Maritza est capable de tout :
- Avoir Interpol à ses trousses
- Se marier deux fois avec le même anglais
- Enterrer les cendres de sa belle-mère dans une lande protégée
- Se faire refouler à la frontière anglaise à cause du révolver d’ordonnance de son père (ou de son premier mari, il nous restait à mettre au point pas mal de détails, et en apprendre de nouveaux)
- Piétiner son passeport anglais (c’est fou ce qu’elle a eu comme nationalités changeantes, si l’on suit bien), sous l’oeil flegmatique d’un britannique salarié par Interpol en le traitant de sale con (en anglais dans le texte d’origine, mais je n’ai pas retenu)
- Voyager pendant 15 ans avec les cendres de sa mère
- Etc…
Mais elle est incapable de mentir. Elle est d’une franchise extraordinaire, qui lui a souvent joué des tours, et même un pieux mensonge, elle ne sait pas faire…
Alors la traiter de menteuse…
Bref, elle était désormais fâchée avec cette amie. Puis, comme nous discutions bouffe, parce qu’il ne faut pas oublier qu’elle est végétarienne, maman a eu droit, concernant un plat qu’elle allait faire le lendemain, à un “tu es sûre ?” alors qu’elle précisait qu’il n’y aurait pas de viande dedans.
- Maritza, je suis sûre, et je suis sûre aussi que c’est un tic de langage chez toi, de dire cela tout le temps.
- Tu es sûre ?
- La preuve ! Comme le monsieur de cet après midi, qui t’a déclaré avoir 91 ans, et à qui tu as demandé s’il en était sûr…
- Oui, mais il ne les faisait pas…
- Ce n’est pas une raison… Tu dis cela tout le temps, c’est agaçant !
- Tu es s…. ?
Sadiquement, j’en ai rajouté une couche, en lui disant qu’à chaque fois qu’elle nous assenait son fameux “tu es sûre ?”, c’était comme si elle nous traitait de menteuses.
Honte à elle ! Elle est devenue toute rouge…
Et croyez le ou non, mais pendant les deux semaines de son séjour, nous n’avons plus eu droit à son apostrophe favorite…
Si je suis sort ?
Tout à fait saure…
C’est un bleuet, sobriquet donné par les poilus à la classe 17*, parce que les soldats de cette classe n’ont connu que le bleu horizon pour uniforme.
Tout jeune soldat en bleu horizon, il a déjà connu les horreurs de la guerre, et dans sa tranchée, il médite, redoutant le jour qui vient.
Il pense à sa fiancée à qui il a promis, en y croyant vraiment, de rentrer. Il sait maintenant que cette promesse n’était qu’une utopie. Les plus anciens dorment, réfugiés dans la crasse imposée, en proie à la vermine qui les dévore, sous des abris de fortune pour se protéger de la pluie. La vie ici, n’a pas plus de sens que sa promesse d’innocent ne sachant plus ce que peut être “rester vivant”.
C’est la nuit, c’est la trêve, c’est le moment où l’on peut se donner le luxe de penser de différentes façons. Quelques uns qui ne peuvent plus dormir, s’occupent à forger de jolis souvenirs. D’autres écrivent. Pour tous, il est le bleuet. Le petit jeune, celui qui ne sait pas tout, mais qui a tout compris très vite et qui en sait de toutes manières bien trop pour son âge.
L’inconnu auréolé d’une drôle de lumière apparait tout à coup, il pense que c’est une intox de l’allemand de la tranchée d’en face le bleuet, mais pénétré soudain d’une tranquillité suspecte, il renonce à soupçonner n’importe quoi.
Car l’inconnu parle tout à coup, et il faut lui répondre.
- Soldat, de quoi as-tu peur ?
- De mourir. Demain, j’en suis certain, nous partirons à l’assaut. J’ai peur de ce jour à venir qui sera peut-être mon dernier jour.
- Et pourquoi as-tu peur de mourir ?
- Mais parce que la mort c’est horrible, c’est le rien, le néant, c’est l’absurde… J’ai ma fiancée qui m’attend, des enfants en devenir, ma vie à vivre bordel !!!
- La mort c’est horrible ?
- Oui.
- Tout le monde meurt. Tous les êtres vivants meurent. C’est le destin de la vie, sans la mort, il n’y a pas de vie.
La non existence représente bien plus que l’existence. Les vivants sont rares…
- C’est con. Ca fait peur. C’est moche. Ca pue. C’est le néant, le rien, c’est horrible !!
- Oui peut-être…
- Tu es venu là pour m’empêcher de penser ?
- Non, justement, pour te faire penser autrement.
- Je préfère m’allumer une cigarette que de t’écouter…
- Ta cigarette ne me dérange pas Bleuet… tu te souviens de tout ce temps où tu n’étais pas né ?
- Non
- Pourtant, je peux te dire que cela représente un sacré bout de temps, une éternité presque. Tu vois un peu ce que c’est que l’éternité ?
- Non
- Et l’éternité où tu n’existais pas, tu ne t’en souviens donc pas ?
- Non
- Et cela te fait peur ? Cela t’a laissé de la peur ?
- Non
- Pourtant c’était le rien, le néant
- Oui mais je ne m’en souviens pas, alors cela ne compte pas.
- Et quand tu vas mourir, tu vois cela comment ?
- Tu m’emmerdes
- Oui, et c’est pour cela que je veux que tu me répondes.
- Je le vois… je le vois, comme un moment soudain que je n’aurais pas vu venir, un moment où je vais tout oublier.
- Oublier quoi ?
- Que j’ai vécu. Je vais même oublier ce putain de bordel de merde de moment où un mec étoilé et lumineux sera venu me parler ici bas où nous sommes déjà en enfer mes compagnons et moi.
- Pourquoi dis-tu “déjà en enfer”… Tu ne crois en rien après la mort…
- Non. Quand on a vécu ici, Dieu est tout simplement impossible. Il ne reste que l’enfer, mais…
- Alors pourquoi as-tu peur ? Puisque tu vas tout oublier…
- Tais toi ! puisque je vais tout oublier, et j’y pensais avant ton arrivée maudite, ce sera comme si je n’avais jamais vécu !
- Précisément. Et puisque que l’avant de ta venue dans la vie ne te fais pas peur, pourquoi avoir peur de l’après ?
- Parce que…
- Parce que tu ne te souviendras plus de rien ?
- Oui
- Parce que finalement, pour toi, tu n’auras jamais existé ?
- Ouiiiiiiiii
- Mon petit gars, tu te fais du mauvais sang pour rien. Tu l’as compris finalement. Dès que tu auras exprimé ton dernier soupir, ce sera comme si tu n’avais jamais existé. Dans ton souvenir en tous cas. Qui n’existera plus quand ton crâne explosera et que ton cerveau se putréfiera…
- Tu es venu pour me remonter le moral ? C’est réussi !!!
- Non, je suis simplement venu te dire, que quoiqu’il advienne, d’après toi, vous êtes déjà tous morts… Tous les êtres vivants sont morts avant même d’avoir vécu, c’est une triste fatalité.
- Je te remercie de ta visite, et je ne te retiens pas…
- Alors je te laisse… Mais de ce que je t’ai dit, retiens le “d’après toi…”
Le Bleuet est rentré intact. Quoique… Effectivement…
Il est rentré pour vivre sa vie, faire des enfants, mais en étant déjà mort… Il n’a laissé qu’un journal commentant cette étrange visite dans les tranchées, qui l’avait laissé à la fois plein d’espoir et de résignation devant la mort et la vie.
Cette année, le 11 novembre, date de l’armistice 1918 tombe un vendredi et vous permet de bénéficier d’un WE prolongé.
J’espère que vous aurez tout de même une petite pensée pour ces millions de morts, ces vies brisées, ces vies gâchées, qui vous font bénéficier de congés…
Je sais, je radote, mais cette guerre inutile et stupide, n’aura fini de me tourmenter que le jour où j’aurai tout oublié.
Mes peines et mes joies… Et mes vieilles dames, porteuses de souvenirs et d’hommages… (ICI)
* je précise pour le bleuet, le symbolisme du coquelicot ne vous ayant bien évidemment pas échappé :-(
** Tous morts, parce que tous ceux qui l’ont vécue cette guerre, sont désormais partis, et que seuls parfois, leurs enfants se souviennent encore d’un mauvais cauchemar d’enfance… Pour moi, ils sont tous morts…
Mais moi, j’adore tout particulièrement trouver ce genre de commentaire en attente de modération… ou dans mes spams…
Je vais toujours tout vérifier, parfois un lecteur assidu se retrouve en spams, alors je reste vigilante, et ai donc la joie de lire un truc dans ce style…
REXsfj hyraffnmphhr, [url=http://ajlautxhmnfk.com/]ajlautxhmnfk[/url], [link=http://blbgdgullcgp.com/]blbgdgullcgp[/link], http://nbtpghcjzlwi.com/
Si quelqu’un sait de quoi il s’agit, qu’il me fasse signe…
Si quelqu’un sait également ce que cela rapporte à l’envoyeur, qu’il m’explique…
Et faisez gaffe les gens, c’était dans les spams, donc théoriquement, suspect… Alors vous cliquez ou pas, mais moi, c’est OU PAS, et direct poubelle…
C’est encore tout pour aujourd’hui, car ce n’est pas le tout, mais je dois faire mes compte-rendus de la dernière visite de Maritza…
Donc, n’est-ce pas…
Je n’ai pas grand-chose à vous dire.
Tout est tellement difficile parfois, et tellement compliqué, et tellement dur, et si contraignant…
Alors, du coup, je me prépare aux prochaines élections présidentielles…
Ca me requinque tout de suite… C’est le truc qui rend la santé à tout le monde.
J’ai hâte…
J’ai une réplique toute faite. Mais je ne suis pas fière, elle n’est pas de moi…
Elle servira concernant n’importe quel candidat.
Parce que je suis bien emmerdée.
Parce qu’il ne va pas falloir voter pour un con.
Parce que je ne sais pas pour qui voter.
Parce que papa survit toujours tant qu’il a le sens de l’humour, et qu’il dit que justement, ne pas voter pour un con, va être difficile.
Parce que je ne suis d’aucun bord…
Je vais vous citer Talleyrand…
C’est facile…
Cet homme était tellement intelligent qu’il nous en flanque toujours des complexes, les jetons, et tout ce qui va avec…
Et il était tellement en avance tout en étant en retard et à l’heure… Et finalement toujours d’actualité…
“Et pourquoi ces hommes(femmes) ne sauveraient–ils pas la France ? Les oies du Capitole ont bien sauvé Rome”
Vous pourrez le placer quand vous le voudrez, avec qui vous voudrez, et concernant le parti qu’il vous plaira, quand il vous plaira.
C’est–t-y pas beau ça ?
La vie n’est qu’un long calvaire et un manque d’inspiration…
*J’ai fait le minimum, c’est déjà beau
Il n’y a pas que ma boîte qui a disparu (mais qu’est-ce que j’ai fichu de cette boîte fichtre diantre ?).
Mes photos également, ont le don de se volatiliser, enfin, si l’on peut dire.
Par exemple, il y a 4 ou 5 ans, Pulchérie venue à la maison, m’avait emprunté une trentaine de chefs-d’oeuvre (farpaitement, toutes mes photos sont ultra réussies) au son de “je les scanne et je te les ramène dans 3 semaines” (la prochaine fois, je fais signer une décharge).
Donc, 5 ans après, comme elle devait déménager, je l’ai menacée de porter plainte contre elle pour vol aggravé de photographies, en lui précisant qu’elle avait intérêt à me les rendre avant de les perdre en faisant ses cartons, et que sinon je la déshéritais.
Le fusil de chasse chargé sur la tempe Pulchérie a dû s’exécuter, mais a ramené les photos chez mes parents, parce que chez moi, il n’y a que moi qui peut mal dormir.
Moralité, Mrs Bibelot s’est attendrie sur les photos, en en mettant la moitié de côté au son, elle, de : je les fais dupliquer par le photographe dans les 2 semaines et je te les rends (la prochaine fois je fais signer une décharge).
Les photos sont restées environ 5 mois sur le buffet de la cuisine, bien en vue, jusqu’à notre départ à la Grande Motte.
Et quand je dis 5 mois, je suis d’une gentillesse extrême…
Quand nous sommes revenues, après des vacances que vous savez ayant été charmantes (faut suivre un peu), beaucoup dans l’urgence, j’ai bien vu que les photos n’étaient plus sur le buffet, mais j’avais le chauffage à allumer et l’eau chaude à remettre en route, le fusil à charger alors n’est- ce pas, bien sûr.
Après la deuxième hospitalisation de papa, 5 jours après son retour de Montpellier, alors qu’il était mourant (sans exagération, d’où le : IL EST COSTAUD des médecins, ce qui rassure toujours) j’avais un peu scrupule à demander à maman ce qu’étaient devenu MES photos qui n’étaient plus sur le buffet de cuisine (la prochaine fois je fais signer une décharge que je fais enregistrer aux impôts avec timbre fiscal de rigueur).
Pour finalement mettre le sujet sur la table de cuisine, où il est toujours, car les photos sont introuvables. La femme de ménage se souvient très bien les avoir vues sur le buffet, tout le monde se souvient les avoir vues sur le buffet, personne ne se souvient les avoir changées de place…
La prochaine fois je fusille direct dans le jardin, celui qui veut m’emprunter UNE photo.
Bref, le temps a passé, et derrière la ligne bleue des Vosges, mes photos ne pointent point, et du haut de sa tour, soeur Anne ne voit rien venir.
Et puis bon, je regarde ma TV toute seule dans ma chambre, le fusil à porté de main, rassurée sur le sort de maman, car vu la manière dont elle met le son de sa TV en bas, personne n’osera jamais rentrer avant qu’elle n’aille se coucher (d’où le fait que je regarde ma TV toute seule dans ma chambre, mais intelligents comme vous l’êtes, vous aviez compris).
J’ai donc revu “Alamo”, film classique, mais je me méfie désormais, quand je vois que John Wayne figure au générique en acteur, ET réalisateur ou producteur.
Avec lui c’est toujours le héros absolu, la joie du légionnaire d’aller en gambadant mourir au combat, le patriotisme à outrance, etc… Donc, même si je n’ai rien contre l’héroïsme et le patriotisme, je me suis documentée sur cet épisode du rattachement du Texas aux USA (pour découvrir que bon, les héros n’avaient pas trop le choix, mais ce n’est pas le but de ce post).
Le dernier à mourir à Alamo (dans le film) est Jim Bowie, célèbre aventurier qui a donné son nom à mon couteau de chasse préféré. Il meurt héroïquement bien sûr, alors que ça et là, on mentionne que, malade, il se serait planqué sous son matelas, mais là n’est pas le sujet non plus.
Me voici donc partie vers une des 36 bibliothèques de mes parents, pour feuilleter une biographie de cet aventurier “la maîtresse de fer” (c’est le couteau en fait), biographie qui m’avait passionnée quand j’avais 15 ans (déjà ?).
J’ouvre le livre et paf : je tombe une photo de Delphine. Que fout cette photo dans ce bouquin ? Je feuillette vraiment, pour récupérer 22 photos, mises à priori là pour bien les oublier aplatir, alors qu’elles ne semblaient pas en avoir besoin.
J’ai pensé immédiatement “merde, s’ils ont mis des photos partout à s’aplatir dans des livres, vu la taille des bibliothèques, nous ne sommes pas sortis de l’auberge”.
Au bas mot, cela fait environ 2000 livres à feuilleter (parce que parfois en ouvrant un livre on ne retrouve qu’UNE photo ! (car c’est déjà arrivé : oh, tante Hortense !!!)).
Ils ne se souviennent pas avoir mis des photos dans ce livre. Ni dans les autres d’ailleurs… Mais moi du coup, j’ai comme un doute.
Les photos se planquent où elles le veulent, par l’opération du St Esprit…
Je ne mettrai aucun livre de côté et tous me les farcir finalement (pas le choix) (et je ferai signer une décharge pour toute photo trouvée)
La vie n’est qu’un long calvaire…
PS : à l’heure où j’édite ce post, Mrs Bibelot a retrouvé hier soir, dans un vieux pichet de l’arrière grand-mère Marie, la boîte de médicaments qu’elle a cherché vainement il y a 2 ans. Alors vous pouvez compatir (et moi je me demande ce que je vais trouver un peu partout, car maintenant que j’ai vidé le placard des WC du bas, je sens avec fatigue que j’ai du pain sur la planche…)
PPS : chez moi il n’y a qu’une boîte qui a disparu, je signale comme ça, au passage…