Réédition d’un post du 28 mars 2008 - Et oui ce sont les vacances…
Mes parents sont des personnes totalement masochistes qui passent une partie de leur vie devant des mots fléchés. Des mots croisés. Des mots croisés dans lesquels il faut mettre les cases noires soi-même (le comble de l’horrorrification extrême)… Le tout avec des définitions tarabiscotées, des mots qu’on ne connaît pas, je ne vous raconte même pas le pire du pire que je n’arrive pas à retenir (un exemple connu sinon : “tire les braises du feu” = “héritier”, moi je peux sécher 1000 ans sur la définition) (et une autre dernièrement “sort noir de la cave = sang. Eh oui, il s’agissait de la VEINE cave”… Et là je sèche pendant l’éternité…)
Pour moi c’est l’horreur absolue, (n’ayant jamais été fichue de résoudre des mots fléchés dans femme nouvelle, eh oui, je ne peux pas avoir que des qualités), que ces mots croisés dont il faut mettre les cases noires en place, au dernier niveau (plus difficile n’existe pas), et de regarder ma mère s’attaquer à 12 H 05 aux mots fléchés de son quotidien favori, pour les terminer à 12 H 08 pour vérifier la cuisson des rognons. D’un autre côté, devinez qui écrit la lettre bien sentie qu’ils doivent envoyer aux impôts ? hein ?
Delphine en visite chez ses grands parents, n’a pas pu s’empêcher d’y mettre son grain de sel. J’ai vu son oeil s’allumer. Elle a pris un “cases noires en place” en cours, et a commencé à “compléter la grille” d’un air sérieux. “t’inquiète mamie, je vous avance un peu”.
Mrs Bibelot, innocente comme toujours, buvait son thé en toute tranquillité. Une petite fille qui fait un master de psycho, ça sait remplir des grilles de mots croisés sadiques. Sauf que si la fille tient de moi, cela va être mortel…. Elle n’a même pas fait attention d’ailleurs, au fait que Delphine ne regardait même pas les définitions et avait juste ses beaux yeux pétillants de malice…
Jean Poirotte arrive pour se remettre à la grille de la mort qui tue, depuis 2jours qu’il est dessus, il voudrait en finir la terminer enfin. Il lui a fallu un certain temps pour réaliser. On le sentait hésitant tout de même.
Delphine imperturbable, touillant sa tisane, sa grand-mère réalisant tout à coup….
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“C’est maman, ça collait avec les cases !
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“Ta mère ! Je sais bien qu’elle est nulle, et là en plus, ça ne correspond pas du tout à la définition (perplexe le grand père, qui gomme frénétiquement)
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“Papy retire là également le “ouf” en bas à droite, et le boudin qui va avec…
- “Tu as quel âge ?”
- “BON, alors cette définition…” (le canon en a une comme l’homme = âme)
La vie n’est qu’un long calvaire (enfin pour moi les mots fléchés, croisés et tout et tout, ça en est un).

Arrivée chez les parents qui sont rentrés hier. Tout le monde est content de se voir, Pulchérie n’est pas venue depuis fin juillet en gros… Le gentil ricane un peu en quittant le petit bois lonlère et tralala, parce que Pulchérie pensait pouvoir tirer un fil électrique entre la maison de ses grands parents et le petit bois pour lui donner du jus… On peut en rire sans qu’elle ne le prenne mal…
Mrs Bibelot trépigne d’impatience de savoir ce que nous avons bien pu dire sur ce “futur éventuel mariage”, avec les parents du gentil.
Pendant que je désembourbe mes ballerines (le petit bois lonlère est très glaiseux, d’ailleurs le lieu dit s’appelle “les marnes”), j’écoute pour savoir si ce terrain là (ma mère) est favorable ou non… Et ma mère se fait avoir sur ce premier coup là : pourquoi ai-je besoin de nettoyer mes chaussures en rentrant de chez les futurs beaux-parents de Pulchérie ? (bonne question), puis à son habitude elle passe rapidement à autre chose :
- “Alors ma puce, vous avez parlé de ce futur éventuel mariage ?
- “Mais mamie ce n’est pas éventuel, c’est décidé, sauf qu’on ne sait pas quand !
- “Ah bon, ce n’est pas pour l’été prochain ? (2008) (ton déçu) (+ 50)
- “On voudrais bien se marier dans le secteur, mais c’est très cher, et déjà très pris, ça risque de reporter à 2009 (+ 100)
- “Ah mais ça fait loin 2009, moi je pensais l’été prochain (+100)
- Je termine mes ballerines et je fais signe à Pulchérie “tu peux y aller”. Mère/fille : il y a des signaux 100 % recevables…
- “Pour 2009, j’ai une solution que j’ai bien potassée : on fait ça dans ton bois (attaque directe : + 500)
- “Dans mon bois ? Quelle idée ! Ce ne serait pas mieux dans mon jardin ? (+ 50) (t’es cuite maman, je rigole doucement et le gentil aussi qui voit ma tête…)
- “Mamie on ne va pas piétiner ton jardin à 80 personnes !
- “80 personnes ? Ah non pas dans mon jardin. Mais dans mon bois, il n’y a pas d’eau ni d’électricité… (elle flanche, elle va flancher, je la connais ma mère, quand c’est niet, c’est niet direct et tout de suite)
- “Je t’explique… (le boulot dans le bois que le gentil se régale à l’avance à faire, l’arbre à couper mais il est moche, les tentes louées avec plancher, la groupe électrogène, etc)
- “Et on va se garer où ? (gagné, si c’est sa seule objection…)
- “Mamie il y a plein de place pas loin et pour remonter le chemin, on mettra ce qu’il faut, à pas cher, pour que personne ne se fasse mal au pied !
- Jean Poirotte ! Tu peux venir voir une minute ? Il te faut t’asseoir… Tu es assis mon chéri ? Tu sais où Pulchérie veut faire son mariage ? Dans mon bois !
- “Ah bah pourquoi pas ? (gagné !) (même pas surpris le grand père, il regardait le match de rugby d’un oeil et écoutait de l’autre, c’est bien mon père…)
- “On reviens le WE prochain pour le canapé de Mouth (la saga du canapé fera l’objet d’une rediffusion en ces vacances de la zone C où tout le monde déserte). On pourra aller prendre des mesures ?
- “Sans problème ma chérie ! J’ai d’ailleurs un super mètre de métreur qui va être bien utile” (la grand mère, KO avant le début du combat, mais finalement, que cela se passe dans son bois…)
Donc ce sera dans le petit bois de mamie…
Sauf que naturellement, la vie n’est qu’un long calvaire…
Avec une sorcière en mère de la mariée, vous n’êtes pas près d’insomniaquer…
A peine avions-nous quitté les parents du gentil (à 16 H 30, après un accueil vraiment chaleureux), à peine Pulchérie avait-elle posé ses petites fesses (mais de qui elle tient ?) dans ma nouvelle voiture, après avoir précisé qu’il n’y aurait pas de plan de table parce que ce serait buffet et que tout le monde irait s’asseoir où il le voudrait, le tout en moins de 30 secondes :
- “Dis maman, je peux te demander un truc ? Mais tu ne le dis à personne hein ?
- “Oui ma chérie ?
- “Promis ?
- “Juré craché ?
- “Promis !
- “Tu peux nous emmener voir le petit bois de mamie ?”
CAR : première grande nouvelle, Pulchérie a dans la tête de faire un mariage sortant de l’ordinaire. Elle se renseigne depuis 2 semaines, elle n’en dort plus la nuit. Et une idée de génie : faire le mariage dans le petit bois que possède Mrs Bibelot, via héritage de son père (l’apiculteur)…
Je reste perplexe 2 minutes : déjà le petit bois de ma mère, je ne l’aime pas, je le trouve sinistre et sombre. Son accès n’en est pas facile du tout. Mais je ne dis rien, contrarier Pulchérie c’est se préparer de mauvais jours… Et puis après tout, ce sera leur jour, c’est à eux que reviennent tous les choix.
Pas d’eau courante dans le petit bois lonlère et tralala, pas d’électricité non plus… Elle a tout prévu. Sur un site et même plusieurs, on vous loue les tentes avec planchers ou dortoirs (une tente de prévue pour ceux qui voudront dormir sur place), des toilettes, le groupe électrogène ad hoc, etc… Dans le petit bois de mamie, sur un site archéologique que la mairie a déplacé de l’autre côté de la route en refaisant le cadastre et en se trompant, ce serait parfait et tellement inhabituel (en fait le petit bois de mon grand père, donc de ma mère abrite un cimetière mérovingien, et effectivement à ma connaissance, personne n’y a fêté son mariage).
Nous voici donc remontant le chemin pour voir le petit bois. Il y a de la place (suite au nettoyage obligatoire après la tempête de 1999) à plusieurs endroits. Sauf que sur la place la plus grande pour mettre la plus grande tente, il y a un arbre qui dérange (le pauvre, sera-t-il sauvé de la tempête qui se prépare ?). Le gentil se voit très bien coupant l’arbre et le tronçonnant pour que Mrs Bibelot le brûle dans sa cheminée, nettoyant tout aux alentours, rassemblant les buches au même endroit, et mettant le sol à l’équerre… (il est quasi prêt à planter de la pelouse). Petite dispute : on ne va pas couper un arbre ! Il gêne ! Ah oui il est moche en plus, je pensais que tu parlais du chêne ! Mais non, je te parle de ce truc là, qu’est moche et qui gêne…”
Retour à la voiture, on va aller faire un petit coucou aux grands parents. comme prévu Je signale à Pulchérie qui bouillonne en son fort intérieur, mais je la connais comme si je l’avais faite, que c’est moi qui pourrais juger s’il est adéquat d’en parler maintenant ou non (je connais ma mère mieux qu’elle, mais maintenant qu’elle a constaté que c’était possible, elle trépigne !), et en route pour la grande aventure !
Avec en mère de la mariée, une gentille sorcière, la vie n’est qu’un long calvaire…
En mai, fais ce qu’il te plaît, sauf que cela ne me plaît plus de prendre un an de plus.
Je prépare mon cafard d’anniversaire à l’avance si je veux, d’abord.
Donc, ce lundi, nous discutions âge, Mrs Bibelot m’a précisé que Jean Poirotte et elle étaient de vieux croutons (!), et j’ai rigolé doucement parce que ma mère fait tout, sauf vieux crouton. Mon père avec sa colonne verticale en vrac n’a plus, comme elle, la démarche alerte, mais ne fait pas vieux crouton non plus…
D’un autre côté mes parents ont toujours 50 ans pour moi, c’est là que je les ai bloqués…
Elle parlait fatigue (les grandes réunions familiales elle a du mal à supporter désormais et lui aussi), artères, défibrillateur, etc…
J’ai tout de même compatis, parce que je sais que 20 ans cela passe vite (ben vi les jeunes, 20 ans, cela passe terriblement vite !) et que j’aurai leur âge sans avoir eu le temps de dire merde (normalement c’est “ouf”, ici c’est “merde”)
Je lui ai précisé que certainement elle préfèrerait avoir 53 ans comme moi dans quelques semaines, et que je le comprenais parfaitement. Alors qu’à 30 ans je ne comprenais pas ma grand-mère qui disait “mon dieu, que j’aimerais avoir encore 30 ans !”
- Tu n’as pas 53 ans m’a dit ma mère
- Je vais les avoir dans moins d’un mois ai-je rétorqué enjouée et tout et tout morose, c’est pareil
- Non c’est 52 que tu vas avoir (elle traque les années maintenant)
- Non 53 !
- Tu es de 1958, nous sommes en 2010, 8 et 2 = 10
Ca c’est un truc sympathique. J’étais VRAIMENT persuadée que j’allais avoir 53 ans.
Du coup, le 9 mai prochain, je vais avoir un an de moins.
Faut être une sorcière vraie de vraie pour réussir un coup pareil !
Comme elle en a parlé chez elle, voici en parallèle la triste rigolote saga de la mère de la mariée qui débute (car il y aura d’autres posts bien entendu)
Il planait dans les airs depuis longtemps le mariage de Pulchérie et du gentil. 2007 très exactement.
D’ailleurs j’avais été invitée à déjeuner chez les parents du gentil le dimanche 30 septembre 2007 très exactement, pour parler de ce fameux mariage, et, je le craignais, du fait qu’ils se refusent à aller à l’église.
Vous allez vous dire (concernant la date) : cette sorcière, quelle mémoire de dinosaure d’éléphant ! En fait c’est vachement facile, ce déjeuner a eu lieu la veille du lundi 1er octobre 2007, jour où Truchon m’a signifié mon départ après 9 ans de bons et loyaux services, et ça, ça ne s’oublie pas quand ça a traumatisé.
En fait, il n’a pas été question du mariage du tout ce jour là (le dimanche, suivez un peu !) (ni d’église : ouf !). J’ai découvert des gens charmants et hospitaliers, passé un excellent moment, et puis avec ma fille et mon futur gendre, nous sommes repartis vers chez mes parents rentrés de la Grande Motte la veille, que les “enfants” voulaient saluer.
Cela date un peu bien sûr. A l’époque le mariage était fixé pour 2009, puis il a été repoussé, le gentil devant en 2009 préparer son internat parfaitement réussi.
Donc de septembre 2007 à 2010 à l’horizon droit devant, il y a de quoi faire et vous rompre les rétines avec l’histoire du mariage qui n’est pas encore terminée (à partir d’une certaine date vous aurez droit à des chroniques quasi en direct et je sens d’avance votre enthousiasme).
Si si…
Souvenez vous que la vie n’est qu’un long calvaire…
Avec la sorcière en mère de la mariée, vous n’aurez plus jamais d’insomnies…
Je pense que vous pourriez me trouver un adage qui rime, bien meilleur que mon pauvre commentaire en gras ci-dessus. Après tout, vous pouvez bosser un peu, non ?
Mes parents recevant des amis et ayant décidé de faire un cassoulet, pour rien au monde je n’aurais manqué la préparation du plat.
Je vous épargne le J-1 et la cuisson des haricots au son de “je sais qu’il faut faire cuire les haricots”, “il faut faire cuire les haricots”, “je sais qu’il faut faire cuire les haricots”. J’ai eu par contre l’idée saugrenue de leur suggérer la recette trônant dans un livre à moi que je leur laisse en dépôt et qui leur semblait plus sympathique que celle qu’ils s’apprêtait à faire.
Donc il y a eu, en plus de la cuisson des haricots le “quant-est-ce-que tu vas acheter ce qui manque ?” Et les réponses qui allaient avec. Avant la mise en route du cassoulet…
Jean Poirotte
Mrs Bibelot
Moi. Vous remarquerez que mes réponses sont généralement succinctes, j’ai mes raisons…
- Il faut mettre la sauce tomate dans les haricots
- Je sais, je m’en occupe, quand j’aurais fini mon thé
- Ah finalement tu prends du concentré ?
- Oui mais je vais le diluer dans le bouillon des haricots, comme indiqué sur la recette
- Tu crois qu’il faut que je recoupe les morceaux de confit ?
- Non
- Passe moi mon couteau, je vais recouper les morceaux de confit
- Tiens le voila ton couteau. Tu crois qu’il faut mettre les haricots dans deux jattes pour mette la sauce ?
- Non
- Coraline tu peux aller me chercher une deuxième jatte STP ?
- grumphf
- Voila, c’est touillé.
- J’ai l’impression qu’il n’y a pas assez de haricots
- Tu es fou ? Une fois toute la viande mise ça va déborder de partout. Il faut prévoir un deuxième plat
- Tu crois ?
- J’en suis certaine. Tiens voilà le deuxième plat…
- Effectivement, mais du coup j’ai un doute, il faudrait peut-être mettre le reste de haricots. Qu’est-ce que tu en pense Coraline ?
- A mon avis il y en a largement assez
- Bibelot, met de la sauce dans le reste des haricots !
- Voila c’est fait
- …
- Qu’est-ce que tu fais alors que tu devrais faire cuire les saucisses ?
- Bah la vaisselle
- Mais laisse moi MA vaisselle et occupe toi des saucisses !
- Coraline tu trouve que c’est bien disposé ?
- Grumphf
- Redispose moi les morceaux de confit autrement
- Voila madame
- Bon mes pommes pour mes tartes… Ton couteau ne coupe plus, tu devrais l’affuter
- Il coupe très bien mon couteau !
- Ah non, effectivement il faut que j’aille l’affuter
- Tu ne pouvais pas m’attendre pour le découpage des pommes ?
- Non j’étais lancée. Tu ferais mieux de mettre les plats de cassoulet dans le four
- Pas celui là, c’est celui que je vais utiliser pour mes tartes
- C’est la même chose
- Non, j’aime mieux me servir de ce four là
- Aïe, mais qu’est-ce que c’est que ce rasoir ?
- C’est mon couteau, je viens d’aller l’affuter
- Et moi je me suis coupée !
- Tu n’es jamais contente !
- On n’a pas idée d’affuter un couteau à ce point là. Tiens, occupe toi des pommes, je les disposerai dans les moules…
- EN CHOEUR : “Tu t’en vas déjà ma chérie ?”
Pour le lendemain j’avais raison : il leur restait un plat sur deux…
La vie n’est qu’un long calvaire !
Nous avons tous bien rigolé concernant les armes défensives qui pourraient être utiles à une faible femme roulant seule de nuit… (ou de jour d’ailleurs…).
N’empêche que c’était dans l’air et comme je suis dans une période de chance, il fallait bien que cela tombe sur moi (ça c’est mon côté positif qui ressort).
Le dimanche midi chez mes parents, après un plantureux repas, il m’est généralement impossible de manger mon dessert. Je le remporte donc pour le déguster le soir.
Dimanche de pâques, une petite faim sur le coup de 21 H : qu’à cela ne tienne, la tarte au citron que j’ai rapporté fera parfaitement l’affaire (j’ai dit une petite faim probablement psychologique vu ce que j’ai mangé le midi).
Elle n’est pas dans le frigo, j’ai dû l’oublier dans la voiture (j’oublie souvent des trucs dans ma voiture). J’enfile en vitesse un slim correct en lieu et place de l’immonde caleçon devenu sarouel que je porte chez moi, je prends mes clefs et je descends.
Normalement la résidence est calme. Là c’est vraiment calme, un peu partout les lumières signalent que tout le monde regarde la TV. Sur ma gauche pas très loin, une silhouette à laquelle je ne prête pas attention : les jeunes du coin aiment bien trainer dans ce secteur (en clopant visiblement en douce de leurs parents). Ou bien quelqu’un promène son chien pas toujours visible.
J’ouvre ma portière, j’attrape la tarte au citron bien emballée, je referme la portière et la voiture, et je me retourne pour rentrer chez moi.
Là, tout va très vite. Quelqu’un en face de moi, je ressens un coup abominable sous le menton, et mon seul réflexe est de serrer mon trousseau de clefs et de m’appuyer à la voiture pour ne pas tomber, me sentant complètement sonnée. Je crie tout de même, alors que le quelqu’un détale à vive allure et s’engage dans la rue adjacente, comme si j’étais en état de lui courir après, alors que bêtement je ne sais que penser “je vais être belle demain”…
J’attends de reprendre mes esprits. Aucune fenêtre ne s’est ouverte, personne ne se manifeste. Ai-je vraiment crié, et assez fort ? A quoi bon crier à nouveau IL est parti en courant…
Je regagne mon hall avec précaution car la tête me tourne et je réussis à rentrer chez moi, non sans vérifier que je ne suis pas suivie. Je n’ai pas vraiment peur, pas eu le temps de réaliser, c’est un étrange état second. Je ne comprends pas. Pourquoi cet uppercut et cette fuite immédiate ? Il voulait quoi ce type qu’il n’a pas demandé ? Mes clefs ? me piquer ma voiture ? Non, il semblerait qu’il voulait juste m’en flanquer une et là, il ne m’a pas loupée.
Je suis consciente qu’il n’a pas frappé de toutes ses forces, car sinon il m’aurait pété la mâchoire, mais je me demande pourquoi, pourquoi, pourquoi, et j’appelle la police.
Ils prennent note. Ils veulent bien se déranger puisque moi je ne peux pas venir les voir, mais si je suis incapable de leur décrire l’agresseur, cela ne va pas servir à grand chose (ils ne sont pas juste à côté). Une agression exactement similaire a eu lieu il y a 3 semaines dans une autre résidence, là aussi, pas de description possible.
Tout est noté sur le registre (mon appel et les faits), et cela en reste là.
Je précise que mon parking n’est pas éclairé et que c’est en arrivant au niveau de l’escalier du hall que se déclenche la minuterie. Je n’ai donc pas vu du tout mon agresseur, juste une silhouette. Sauf qu’il m’a semblé jeune et sportif, et qu’après coup (à tous les sens du terme) j’ai eu l’impression qu’il avait une capuche de sweet comme en portent beaucoup de jeunes.
Le lendemain matin, en me réveillant, j’étais encore dans le gaz, et je me demandais pourquoi j’avais si mal au menton, à la mâchoire.
Et puis je me suis souvenue et là, enfin, j’ai pleuré, avant d’aller constater les dégâts curieusement peu visibles (sous le menton, il devait avoir une bague, je ne sais quoi, qui m’a fait une belle entaille), alors que la douleur menton/mâchoire était elle, bien présente…
Le même coup dans le nez et j’aurais été belle pour le mariage de Pulchérie… C’est ma seule consolation…
Il est parti en courant, heureusement. Car en fait s’il avait voulu me piquer mes clefs j’aurais été incapable de faire quoi que ce soit pendant plusieurs secondes pour me défendre, même avec un fer à repasser, que je n’avais pas de toutes manières…
Comme quoi, rien n’est évident.
La vie n’est qu’un long calvaire, car je sais que je ne pourrai plus jamais rentrer de nuit chez moi, sans appréhension, et en toute confiance, comme avant…
Tarte au citron : à consommer avec modération…